mardi 4 février 2025

Étude : la plupart des partis politiques traditionnels sont beaucoup plus favorables à l'immigration que la majorité de leurs électeurs

Résumé : selon une étude,la plupart des partis politiques traditionnels sont beaucoup plus favorables à l'#immigration que la majorité de leurs électeurs ...Sur presque toutes les questions culturelles, telles que le multiculturalisme ou les relations hommes-femmes ...les électeurs sont plus conservateurs que leurs députés.

 La montée des partis dits « populistes » de droite se poursuit dans les pays occidentaux, et nombreux sont ceux qui s'interrogent sur la manière dont les partis traditionnels pourraient y répondre. Cette situation s'explique en partie par le fait que les partis politiques ne parviennent pas à répondre à l'opinion des électeurs sur l'immigration par des mesures politiques.

L'Allemagne en est un bon exemple. En 2013, elle ne comptait aucun parti identitaire de droite notable. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) existait déjà, mais elle n'était pas fortement anti-immigration. Toutefois, l'immigration en Allemagne était en augmentation.

Avant 2013, plusieurs centaines de milliers de demandeurs d'asile originaires d'Afrique et du Moyen-Orient entraient chaque année dans le pays. De nombreux Allemands souhaitaient une diminution de l'immigration, mais les partis politiques allemands ne proposaient pas de politiques correspondantes. L'opinion publique et les celle des parlementaires divergeaient déjà.

Pour mesurer ce désaccord, les chercheurs ont posé la question suivante à des échantillons représentatifs de parlementaires allemands et de citoyens ordinaires en 2013 : « L'immigration des étrangers devrait-elle être plus facile ou plus difficile ? »

Ils avaient le choix entre 11 réponses, allant de « 0 - l'immigration des étrangers devrait être beaucoup plus facile » à « 10 - l'immigration des étrangers devrait être beaucoup plus difficile ».

Les résultats montrent que la plupart des Allemands souhaitaient restreindre l'immigration en 2013. Malgré cette demande du public, la quasi-totalité des parlementaires des quatre grands partis souhaitaient faciliter l'immigration.

Attitudes à l'égard de l'immigration en 2013 :

Évolution du fossé de représentation sur la question de l'immigration. L Guenther, CC BY-ND

Deux ans plus tard, en 2015, la crise des réfugiés a commencé. En l'espace de quelques années, deux millions de demandeurs d'asile sont entrés en Allemagne. En réaction, les Allemands ont considéré l'immigration comme une question de plus en plus importante et ont de plus en plus voté en fonction de leur attitude à l'égard de l'immigration. La plupart des Allemands souhaitant une diminution de l'immigration, la demande d'un parti anti-immigration s'est accrue.

Au cours de cette période, l'AfD a modifié son programme politique pour devenir le seul parti allemand à réclamer clairement une diminution de l'immigration. L'AfD est ainsi devenu le seul parti à représenter la volonté de nombreux Allemands sur la question qu'ils considèrent comme la plus importante.

Attitudes à l'égard de l'immigration en 2017 :

Comment le fossé de représentation est apparu sur l'immigration. L Guenther

De ce point de vue, il n'est pas surprenant que l'AfD ait fortement augmenté sa part de voix lors des élections de 2017 et soit devenu le premier parti à la droite des conservateurs à entrer au parlement fédéral.

Dans le cadre de ses recherches, l'auteur a constaté que des tendances similaires se manifestent dans toute l'Europe. Dans 27 pays, la plupart des grands partis politiques sont beaucoup plus favorables à l'immigration que ne l'exigent la majorité de leurs électeurs et de leurs citoyens.

L'écart de représentation n'est pas seulement systématique d'un pays à l'autre, mais aussi d'une question politique à l'autre et d'un sous-groupe d'électeurs à l'autre. Sur presque toutes les questions culturelles, telles que le multiculturalisme ou les relations hommes-femmes, j'ai constaté que les électeurs sont plus conservateurs que leurs parlementaires.

Dans toute l'Europe, la différence entre l'électeur moyen et le parlementaire moyen est aussi importante que la différence entre le parlementaire moyen conservateur et le parlementaire moyen socialiste.

Même les électeurs ayant le même niveau d'éducation, ou les électeurs bien informés sur la politique, sont beaucoup plus conservateurs sur le plan culturel que leurs représentants. Les immigrés eux-mêmes sont beaucoup plus opposés à l'immigration et au multiculturalisme que le parlementaire moyen.

Bien que ces écarts de représentation culturelle existent depuis longtemps, c'est l'augmentation de leur visibilité et de leur importance perçue qui contribue à la montée du populisme de droite. L'importance accrue de l'immigration en est le principal moteur.

L'un des principaux arguments des politiciens traditionnels contre les populistes est qu'une fois que les populistes arrivent au pouvoir, ils cherchent à établir des dictatures et à gouverner contre l'intérêt du peuple. Toutefois, cet argument sonne creux si les partis traditionnels ne sont pas disposés à reconnaître les questions considérées comme les plus importantes par les citoyens et à agir en conséquence.

Source: The Conversation

France — Deux records battus en 2024

Deux records battus en 2024:
  • 663.000 bébés nés en France, le chiffre le plus bas depuis 1945.
  • 336.700 premiers titres de séjour délivrés (immigration légale), le chiffre le plus haut depuis 1945.

Québec — le droit d'instruire ses enfants à la maison a été retiré plus de 1000 fois

Le gouvernement du Québec a demandé à plus de 1000 élèves scolarisés à la maison de retourner en classe depuis 2021, notamment parce que certaines exigences administratives n’avaient pas été remplies par leurs parents, a constaté Le Devoir.

Entre le début de l’année scolaire 2021-2022 et le 30 octobre dernier, ce sont exactement 1079 enfants qui ont été rappelés sur les bancs d’école après avoir perdu l’autorisation de suivre un enseignement à la maison, montre une demande d’accès à l’information rendue publique sur le site Web du ministère de l’Éducation. La dispense dont ils disposaient pour pouvoir apprendre à la maison leur a été retirée à la suite de « non-conformités » au Règlement sur l’enseignement à la maison relevées par les fonctionnaires de l’État.


« Ça peut exister, des parents qui ont retiré leurs enfants sans avoir mis en place un vrai projet d’apprentissage », relève la professeure Christine Brabant. Or, l’encadrement de l’éducation à domicile est bien ficelé au Québec et compte notamment des suivis auprès des parents en cours d’année. Ainsi, lorsque ceux-ci sont incapables de répondre aux exigences de l’État, l’autorisation d’enseigner à leurs enfants à la maison peut leur être retirée, explique l’experte.

Par courriel, le ministère de l’Éducation rappelle qu’il a comme mandat de veiller « au respect du cadre juridique applicable, notamment au respect des programmes d’études établis par le ministre et de l’obligation de réaliser les épreuves ministérielles ».

Ainsi, même s’il privilégie « une approche de soutien et de collaboration avec les familles en enseignement à la maison », lorsque le règlement encadrant cette pratique n’est pas respecté, « le Ministère informe le parent que leur enfant ne fait plus l’objet d’une dispense de l’obligation de fréquenter une école aux fins de recevoir à la maison un enseignement approprié pour l’année scolaire en cours et qu’il doit, par conséquent, être inscrit dans une école afin que cette obligation soit respectée », ajoute-t-il.
 
Québec faisait état de 8104 enfants suivis en enseignement à la maison en date du 27 décembre dernier.

Croissance du nombre d'enfants instruits à la maison

Le nombre d’enfants québécois qui sont scolarisés à la maison a augmenté à un rythme beaucoup plus rapide que celui de la population étudiante en général au cours des dernières années. Les doléances de parents qui enseignent à leurs enfants à domicile sont aussi nombreuses à l’endroit du réseau scolaire, qui peine à répondre à leurs demandes en contexte de pénurie de main-d’œuvre. État des lieux.

Après avoir atteint un sommet en 2020-2021, pendant la pandémie, le nombre d’élèves suivis en enseignement à la maison est en diminution depuis. Il s’établissait à 8104 en date du 27 décembre dernier, selon des données fournies par le ministère de l’Éducation à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Ce nombre demeure néanmoins 63,12 % plus élevé que celui de 4968 observé lors de l’année scolaire 2018-2019. Pendant cette même période, le nombre total d’élèves au primaire et au secondaire, qui dépasse le million, a augmenté de 9,64 %, montrent des données tirées du tableau de bord du ministère de l’Éducation.

« La croissance qui n’est pas liée à la pandémie, elle est assez stable », confirme en entrevue Christine Brabant, professeure à l’Université de Montréal et chercheuse spécialisée en éducation à domicile. Selon elle, le nombre d’enfants scolarisés à la maison serait sans doute le même actuellement, même si la crise sanitaire n’avait pas eu lieu.

Cet attrait grandissant pour l’école à la maison est notamment associé à l’incapacité du réseau scolaire, aux yeux de plusieurs parents, de répondre aux besoins de leurs enfants. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile constate d’ailleurs qu’environ la moitié des enfants dont les parents comptent parmi ses membres présentent des défis d’apprentissage ou encore un problème de santé psychologique ou physique.

Des demandes de parents (contribuables...) sans réponse

Christine Brabant souligne que les études réalisées à l’échelle internationale font état, en général, d’un niveau de socialisation et de réussite scolaire similaire pour les enfants qui suivent l’école à la maison et ceux qui se rendent en classe. « Il y a peu d’études qui ont réussi à trouver des inconvénients et des résultats négatifs » rattachés à l’école à la maison, souligne-t-elle.

Il est toutefois difficile d’avoir un état des lieux clair en la matière au Québec en raison du manque de données publiques disponibles, évoque la professeure.

L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) constatait cependant, au terme d’un sondage mené l’an dernier auprès de 200 familles, que 68 % des demandes effectuées par des parents membres de son association pour avoir accès à des services auxquels ils ont droit en vertu du Règlement sur l’enseignement à la maison auraient été refusées par leur centre de services scolaire. Ces requêtes portaient notamment sur l’accès à des locaux, à du matériel pédagogique et à des services professionnels — de la part d’orthopédagogues ou de psychoéducateurs, par exemple.

Cette situation ne surprend pas le président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, Jacques Landry. « Déjà, ce qu’on voit, c’est que même quand les enfants sont à l’école, on n’arrive pas à leur offrir le service adapté, alors imaginez quelqu’un qui est à la maison, la marche est encore plus haute », tente-t-il d'expliquer.

Des résultats variables

C’est dans ce contexte qu’au sein du CSS de Laval, pendant l’année scolaire 2023-2024, la note moyenne à l’examen ministériel de lecture en français, administré en quatrième année du primaire, a été de 14,76 % inférieure chez les élèves scolarisés à la maison.

Pendant cette même période, ceux-ci avaient aussi obtenu une note moyenne de 17,39 % inférieure à celle obtenue par leurs collègues fréquentant les bancs d’école pour l’examen de mathématiques en sixième année du primaire. La différence était de 13,28 % en 2022-2023.

« En raison du grand écart entre le nombre d’élèves qui fréquentent nos établissements et ceux qui font l’école à la maison, la comparaison devient difficile », nuance toutefois par courriel le centre de services scolaire, qui appelle à la « prudence » dans l’interprétation de ces données.

La réponse du CSS Marguerite-Bourgeoys, quant à elle, montre que ceux-ci ont obtenu des résultats moyens sous la note de passage pour l’ensemble des épreuves dans les matières à sanction en 4e et 5e secondaire. La moyenne était aussi une note d’échec pour les examens de français en quatrième année du primaire.

Au CSS de la Pointe-de-l’Île, les élèves scolarisés à la maison ont à l’inverse mieux réussi  que les autres dans une majorité d’examens, en 2022-2023 comme en 2023-2024. Le bilan est plus partagé dans les commissions scolaires anglophones de Montréal, où les élèves scolarisés à la maison semblent réussir davantage dans certaines matières, comme le français, tout en ayant une moyenne moindre dans d’autres, par rapport à ceux qui se rendent sur les bancs d’école.

lundi 3 février 2025

Ministère des affaires étrangères des É-U : plus de LGBTQI+ mais des LGB



Le département d'État (Ministère des Affaires étrangères américains) a supprimé les informations destinées aux personnes transgenres de la page de conseils aux voyageurs internationaux en ligne.

La section « Voyages internationaux » du département d'État comporte une page « Voyageurs LGB », dans ce qui était auparavant un avis destiné aux voyageurs LGBTQI+. LGBTQI+ signifie lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers et intersexes.

« Les voyageurs LGB peuvent être confrontés à des défis particuliers à l'étranger », peut-on lire dans cette section. « Les lois et les attitudes de certains pays peuvent avoir une incidence sur la sécurité et la facilité de voyage. De nombreux pays ne reconnaissent pas le mariage homosexuel.

Le département d'État a ensuite ajouté une section qui dit : « De nombreux pays ne reconnaissent également que les marqueurs de sexe masculin et féminin dans les passeports et n'ont pas de systèmes informatiques aux points d'entrée qui peuvent accepter d'autres marqueurs de sexe ».

Depuis que le président Donald Trump a pris ses fonctions la semaine dernière, il a publié de nombreux décrets qui annulent les lois relatives aux personnes transgenres qui ont été promulguées sous l'ancien président Joe Biden. Une directive connexe interdit au département d'État de délivrer des passeports avec des marqueurs de genre « X », annulant une politique qui est entrée en vigueur en 2022.

En outre, certaines agences ont supprimé des pages entières d'informations concernant les personnes transgenres.

Selon le Washington Post, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont supprimé ou modifié les références aux personnes transgenres et à l'identité de genre sur leur site web, afin de respecter le délai de vendredi imposé par l'Office fédéral de gestion du personnel. Des pages entières du site web fournissant des informations sur le dépistage du VIH pour les personnes transgenres et des lignes directrices sur l'utilisation des médicaments contre le VIH n'étaient plus disponibles vendredi en fin de journée.

La page « Let's Stop HIV Together » a disparu, ainsi que d'autres pages relatives au sida, mais d'autres pages et ensembles de données du CDC sur des sujets tels que le COVID-19 et le sida étaient encore fonctionnels.

Selon le rapport, le personnel du CDC a reçu une liste d'une vingtaine de mots et d'expressions à utiliser comme « guide » des mots à supprimer, notamment : genre, transgenre, personne enceinte, personnes enceintes, LGBT, transsexuel, non binaire, assigné à un homme à la naissance, biologiquement masculin, biologiquement féminin, il/elle/eux/elles. Les références à la diversité, à l'équité et à l'inclusion devaient également être supprimées.

« L'OPM (Office of Personnel Management) a envoyé des instructions aux agences pour qu'elles suppriment de leurs sites web tout contenu lié à l'idéologie du genre avant 17 heures aujourd'hui, dans le cadre des efforts déployés pour défendre les femmes et soutenir la vérité du sexe biologique face aux revendications radicales des activistes du genre », a déclaré vendredi la directrice de la communication de l'OPM, McLaurine Pinver, dans un communiqué de presse. « Cela a pu être interprété à tort comme signifiant que nous fermerions les sites web du gouvernement qui n'étaient pas en mesure de se conformer, mais ce n'est pas le plan pour continuer à mettre en œuvre cet effort important ».

Réactions des universités américaines à la promesse de Donald Trump de mettre fin aux programmes de DEI

Arrachage de messages pro-DEI
à l'Académie du FBI à Quantico

Depuis sa récente investiture, le président des États-Unis, Donald Trump a promis de faire la guerre à la DEI (Diversité, équité et inclusion) dans les établissements d'enseignement supérieur « wokes ». Il a également donné l'ordre de mettre fin aux programmes fédéraux de DEI. Enfin il a décrété la mise en congé et le licenciement potentiel de tout le personnel fédéral en DEI.
 
Impacts et réactions des universités

Les nouveaux décrets de la Maison Blanche interdisent les politiques de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) dans les programmes qui reçoivent des fonds fédéraux. Dans l'ensemble de l'enseignement supérieur, les établissements dépendent du financement fédéral pour les subventions de recherche, les projets et les contrats.

Alors qu'elles cherchent à s'adapter, certains établissements restent discrets. Le président Donald Trump a demandé que des enquêtes de conformité soient menées dans certaines universités dont les dotations dépassent le milliard de dollars.

D'autres ont promis de résister.

La présidente du Mount Holyoke College, un établissement d'enseignement des arts libéraux situé dans le Massachusetts, a déclaré qu'elle espérait que ses collègues de l'enseignement supérieur ne capituleraient pas face à la vision de M. Trump pour le pays. Danielle Holley a déclaré qu'elle pensait que les décrets de M. Trump étaient susceptibles de faire l'objet de contestations judiciaires.

« Tout ce qui est fait pour simplement déguiser ce que nous faisons n'est pas utile », a déclaré Danielle Holley, qui est noire. « Cela valide l'idée que nos valeurs sont erronées. Et je ne crois pas que la valeur qui consiste à dire que nous vivons dans une démocratie multiraciale soit erronée ».

M. Trump a déclaré que les programmes de DEI équivalait à de la discrimination. Pour inciter les universités à mettre fin aux programmes de diversité, il a déclaré pendant la campagne qu'il « proposerait une mesure visant à leur imposer une amende pouvant aller jusqu'à la totalité de leur dotation ».

Changement de nom des programmes de DEI

L'université de Northeastern a changé le nom de ce qui s'appelait le « Bureau de la diversité, de l'équité et de l'inclusion » en « Appartenir à Northeastern », qu'elle décrit comme une « approche réimaginée » qui englobe tous les membres de l'école.

« Si les structures et les approches internes doivent être ajustées, les valeurs fondamentales de l'université, elles, ne changent pas. Nous pensons que l'acceptation de nos différences et la création d'une communauté d'appartenance rendent l'université Northeastern plus forte », a déclaré Renata Nyul, porte-parole de l'université.

Selon Paulette Granberry Russell, présidente de l'Association nationale des responsables de la diversité dans l'enseignement supérieur, les ordonnances ont un effet dissuasif dans de nombreux établissements.

« Nous voyons également des établissements réévaluer préventivement des cours, des programmes et même des postes administratifs », a-t-elle déclaré. « Les conséquences à long terme de ces changements pourraient être profondes, tant pour l'enseignement supérieur que pour l'ensemble de la population active et de la société.

Certains changements échappent au contrôle des établissements d'enseignement supérieur.

À l'université Rutgers, Marybeth Gasman, professeur, s'est réveillée le 23 janvier avec un courriel d'un entrepreneur lui demandant d'annuler une conférence sur les stages d'étudiants. Le financement, provenant du ministère du travail, passait par le contractant et était destiné aux programmes DEI qui ont été suspendus. Une centaine d'étudiants et de membres du personnel de collèges et d'universités historiquement noirs avaient prévu d'assister à la session en ligne.

Cameron Jones, professeur à l'école polytechnique de Californie, a déclaré qu'il s'inquiétait de savoir s'il obtiendrait encore une bourse de 150 000 dollars du National Endowment for the Humanities pour étudier l'histoire des descendants africains dans les débuts de la Californie, même s'il ne s'agit pas d'une bourse de l'IED. Il s'inquiète également de l'effet de l'interdiction sur ses étudiants, en particulier sur les étudiants de couleur.

« Nous craignons qu'une pression, même indirecte, n'incite les administrateurs à renoncer à des programmes qui profitent aux étudiants de couleur (et) aux étudiants de première génération », a déclaré M. Jones, “alors que je suis un homme blanc, cisgenre et pratiquant”. M. Jones a internalisé la terminologie woke quand il utilise le terme "cisgenre".

Des universités ont déjà été confrontées à des restrictions en matière de DEI dans plusieurs États dirigés par des républicains, dont l'Oklahoma.

Source : dépêches de l'AP

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dimanche 2 février 2025

Le 2 février : la Chandeleur

(D’après « La Tradition », paru en 1904)

La fête de la Chandeleur, qui aujourd’hui n’est plus chômée en France, a pour objet de rappeler la présentation, au Temple, de l’enfant Jésus né quarante jours plus tôt la nuit de Noël, et la purification de la Sainte-Vierge. Son nom lui vient des cierges bénits qu’on y portait en procession à l’église.

Le pape Gélase (472) jugeant plus sage de christianiser un usage païen que d’essayer de le détruire, l’aurait substitué, d’après Bède le vénérable, moine et historien anglais du VIIe siècle, aux antiques Lupercales romaines, ou, d’après d’autres auteurs, aux fêtes de Proserpine et de Cérès, qui se célébraient à la même époque et où l’on portait aussi des torches allumées.

Aujourd’hui, la Chandeleur n’est plus fêtée que par l’Église catholique, le 2 février, et les paysans chez qui se sont encore conservées les traditions ancestrales. Et ces traditions ont quelque chose de curieux que nous voulons raconter.

C’est une des superstitions et des coutumes de la vieille France qu’à la Chandeleur on fait des crêpes dans l’âtre du laboureur et que chacun doit retourner la sienne. « À la Chandeleur, dit Abel Hugo, si les paysans ne faisaient point de crêpes, leur blé de l’année serait carié. Et celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber dans les cendres, ou qui ne la rattrape point dans la poêle, sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur — de l’argent, cette forme tangible du bonheur — jusqu’à la Chandeleur de l’année suivante. »

Qu’elle est jolie, cette coutume des crêpes. Le laboureur de France, qui bat sa farine pour en faire de légères pâtes dorées qu’il retourne avec soin afin que son blé de la moisson prochaine soit bon et dense, se doute-t-il qu’il rend, comme le firent ses ancêtres perdus dans la nuit des siècles, un hommage à la blonde Cérès ? Que de traditions de ce genre dans nos mœurs et qui — devenues inexplicables aujourd’hui — subsistent encore, en dépit des années et des révolutions ! Il y a l’atavisme des coutumes comme il y a l’atavisme des tempéraments, des caractères et de la chair.

Depuis que la Chandeleur existe, il y a eu des parties de crêpes homériques. Nous en connaissons du temps de Henri II et aussi du XVIIIe siècle qui seraient toutes intéressantes à raconter. Citons seulement cet exemple qui doit, il le faut, passer à la postérité :

Avant de partir pour la campagne de Russie, Napoléon, fêtant la Chandeleur, faisait une partie de crêpes. Arriva son tour de « tenir la queue de la poêle ».

— Si je retourne celle-ci, dit-il, je gagnerai la première bataille !

Et la crêpe se retourna ronde comme une lune.

— Si je retourne cette autre, je gagnerai la deuxième !

Et encore la crêpe tournoya comme un louis d’or. La troisième fit de même ; quant à la quatrième, comme un torchon boueux, elle roula dans la cendre. Celle-là, c’était la Bérézina ! Peut-être, durant l’incendie de Moscou, qui éclairait ses premiers revers, l’empereur se rappela-t-il la quatrième crêpe du palais des Tuileries.

Dans nos campagnes, on fait encore bénir le jour de la Purification un cierge neuf. On l’allume et on essaie de le rapporter « tout clairant » à la maison : s’il ne s’éteint pas, c’est un heureux présage, et celui qui le tient est sûr de ne pas mourir dans l’année.

Le cierge de la Chandeleur passe pour le plus précieux des talismans contre les sortilèges et les maléfices. Quand un animal domestique est malade, on fait couler trois ou quatre gouttes du cierge dans son breuvage. On l’allume pour conjurer la foudre lorsque l’orage gronde On l’allume aussi pour bénir les premiers communiants et les fiancés avant leur départ pour l’église : de même lorsque le prêtre vient administrer les derniers sacrements à un mourant.

La fête de la Chandeleur est aussi consacrée aux amoureux. Les jeunes filles et jeunes garçons qui veulent savoir ce que l’avenir leur réserve, font une neuvaine à la chapelle de la Vierge. Le dernier jour écoulé, le jeune homme, une fois endormi, verra en rêve celle qui sera son épouse, et inversement. Dans la Haute-Saône, les fiancés devaient se rendre, le 2 février, à la source la plus voisine pour y échanger des gâteaux. Toutes ces coutumes, dont le sens symbolique échappe souvent, remontent à la plus haute antiquité. Enfin, les proverbes nous affirment que, s’il fait beau le jour de la Chandeleur, l’hiver reprendra pendant quarante jours.

samedi 1 février 2025

Les descendants d'immigrés extra-européens présentent bien souvent des taux de criminalité plus élevés que ceux de leurs parents.

On pourrait penser que les descendants d'immigrés seraient moins criminogènes que leurs parents.

Les statistiques disponibles en Europe disent pourtant bien souvent le contraire.

L'intégration fonctionnant peu ou moins, le lien entre immigration et délinquance semble ne faire qu'empirer.





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Le taux de crimes violents et contre les biens du Canada dépasse désormais celui des États-Unis

Suède — Des enfants exécutent une vague de meurtres sous contrat alors que les gangs exploitent une faille dans la loi

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Suède — Échec de l’intégration des immigrés, ce n’est pas faute de moyens ou de bons sentiments

La non-exception scandinave : la prospérité et les bons côtés ont précédé l’État-providence 

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Pays-Bas — Plus les non-Occidentaux y vivent depuis longtemps, plus leur confiance envers autrui diminue

Vaste étude confirme que la diversité ethnique a des effets négatifs sur la cohésion sociale 

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Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l’augmentation du nombre d’étrangers

 « À long terme, une politique nataliste est plus efficace qu’une politique d’immigration »

jeudi 30 janvier 2025

Donald Trump bannit le changement de « genre » des mineurs

Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé mardi un décret visant à restreindre les procédures de changement de sexe « chimiques et chirurgicales » pour les mineurs.

« Dans tout le pays aujourd'hui, des professionnels de la médecine mutilent et stérilisent un nombre croissant d'enfants impressionnables sous l'affirmation radicale et fausse que les adultes peuvent changer le sexe d'un enfant par une série d'interventions médicales irréversibles », indique le décret, intitulé “Protéger les enfants de la mutilation chimique et chirurgicale”. « Cette tendance dangereuse sera une tache dans l'histoire de notre pays et doit cesser.

« D'innombrables enfants regrettent rapidement d'avoir été mutilés et commencent à comprendre l'horrible tragédie qu'ils ne seront jamais en mesure de concevoir leurs propres enfants ou de les nourrir par l'allaitement », poursuit l'ordonnance. « En outre, les factures médicales de ces jeunes vulnérables risquent d'augmenter tout au long de leur vie, car ils sont souvent pris au piège de complications médicales à vie, d'une guerre perdue d'avance contre leur propre corps et, tragiquement, de la stérilisation. »

En conséquence, les États-Unis ont pour politique de ne pas financer, parrainer, promouvoir, aider ou soutenir la soi-disant « transition » d'un enfant d'un sexe à l'autre, et d'appliquer rigoureusement toutes les lois qui interdisent ou limitent ces procédures destructrices et qui altèrent la vie », peut-on lire dans le décret.

Sur Truth Social, M. Trump a déclaré : « Aujourd'hui, j'ai eu le grand honneur de signer un décret interdisant la castration chimique et la mutilation médicale d'enfants innocents aux États-Unis d'Amérique. Notre pays ne financera plus, ne parrainera plus, ne promouvra plus, n'assistera plus et ne soutiendra plus les soi-disant « soins d'affirmation du genre », qui ont déjà ruiné beaucoup trop de vies précieuses. Mon décret ordonne aux agences d'utiliser tous les moyens disponibles pour mettre fin à la participation financière du gouvernement fédéral aux institutions qui cherchent à fournir ces procédures médicales barbares, qui n'auraient jamais dû être autorisées à avoir lieu !»

Mark Trammell, directeur exécutif et avocat général du Center for American Liberty, qui représente certains détransitionneurs dans des procès, a salué l'action de Trump.

« Le président Trump doit être félicité pour son incroyable initiative visant à protéger les enfants vulnérables du complexe industriel du genre », a déclaré M. Trammell. « Ce décret démarque à juste titre les agences fédérales de l'Association professionnelle mondiale pour la santé transgenre (WPATH), qui est discréditée, tout en refusant le financement fédéral d'institutions qui mutilent chimiquement et chirurgicalement les enfants. »

« Il est navrant que Joe Biden n'ait pas eu la lucidité morale et intellectuelle de prendre un tel décret, préférant la politique à la santé des enfants vulnérables », a-t-il ajouté.

Un dénonciateur texan inculpé par le ministère de la justice

Le Dr Eithan Haim avait été inculpé par le ministère de la justice (DOJ) sous la présidence de M. Biden après avoir dénoncé des procédures transgenres pratiquées sur des mineurs à l'hôpital pour enfants du Texas.  

Vendredi, le ministère de la Justice de Trump a abandonné les poursuites contre le Dr Eithan Haim, qui avait dénoncé la médecine transgenre pratiquée sur des mineurs au Texas.

Le mois dernier, la Cour suprême des États-Unis a entendu les arguments oraux concernant une loi du Tennessee interdisant les traitements médicaux transgenres pour les enfants en décembre. Une décision dans cette affaire très médiatisée est attendue pour juillet 2025.

Plus de deux douzaines d'États ont adopté des interdictions similaires restreignant l'accès des mineurs aux traitements médicaux pour les personnes transgenres.


Le livre « Génération anxieuse » du chercheur Jonathan Haidt

Dans un livre majeur, « Génération anxieuse », le chercheur américain Jonathan Haidt montre les dégâts des téléphones portables sur la jeunesse née après 1995 : dépression, privation sociale, fragmentation de l’attention, dépendance. Les preuves sont là, il est temps d’agir.

C’est un livre absolument majeur, qui devrait être mis entre les mains de tous nos responsables politiques, mais aussi des patrons des réseaux sociaux (même s’ils savent déjà très bien ce qu’ils font) et des parents. Génération anxieuse, succès de librairie aux États-Unis et enfin traduit en français, vient de paraître aux Éditions des Arènes. Son auteur, Jonathan Haidt, a été un des premiers à documenter les ravages du wokisme à l’université : dans The Coddling of the American Mind (« Le maternage intellectuel des jeunes américains »), il décrivait comment une nouvelle génération était arrivée à l’université au mitan des années 2010, qui réclamait une « protection » contre des discours selon eux offensants. Ces jeunes « flocons de neige » (aussi fragiles que ceux-ci), surprotégés par leurs parents, ne supportaient plus la contradiction, et avaient troqué l’esprit de découverte qui sied à la jeunesse contre un esprit de défense et de repli.

Dans Génération anxieuse, le chercheur remonte à la source du problème. Il s’est aperçu qu’entre 2010 et 2015, à la faveur de la diffusion du téléphone intelligent (l’iPhone est inventé en 2007), a eu lieu ce qu’il appelle un « grand recâblage » de l’enfance. La génération née après 1995 (qu’on appelle génération Z) est la première à avoir grandi intégralement connectée aux réseaux sociaux (près de 40 h par semaine pour un ado entre 13 et 18 ans). Et ce alors qu’aucune étude d’impact n’a jamais été menée par les grandes entreprises technologiques sur les conséquences d’une enfance connectée. « Les jeunes de la génération Z sont les premiers de l’histoire à traverser la puberté avec un portail en poche qui les éloigne de leur entourage et les attire dans un univers alternatif excitant, addictif et instable. » Ce sont les cobayes d’une éducation totalement inédite aux conséquences dévastatrices.

Les résultats sont là, incontestables. « Un déferlement de souffrance. » À partir de 2010, quelque chose a changé dans la santé mentale des jeunes. Les troubles anxieux et dépressifs ont explosé : + 145 % de cas de dépression majeure chez les adolescentes américaines depuis 2010 ; +161 % pour les jeunes hommes (qui partaient de plus bas) ; + 140 % chez les jeunes adultes de 18-35 ans depuis 2010. Le taux de suicide des adolescents a commencé à augmenter en 2008 : + 167 % pour les filles. Vous en voulez encore ? +188 % de visite aux urgences pour cas d’automutilation pour les jeunes filles depuis 2010.

Pourquoi l’impact des réseaux sociaux est-il plus grave sur les adolescents que sur les adultes ? Parce que le cortex frontal, essentiel pour la maîtrise de soi, la gratification différée et la résistance à la tentation arrive à maturité à la vingtaine : les jeunes peuvent moins réfréner leur dépendance. De plus, à la puberté, le cerveau est particulièrement plastique, et la sensibilité des jeunes à la comparaison sociale s’accroît. D’ailleurs les Facebook Leaks ont documenté que l’entreprise de Mark Zuckerberg a intentionnellement cherché à rendre les adolescents accros par le biais de techniques comportementales.

Les quatre dégâts fondamentaux causés par les téléphones dits intelligents sont : la privation sociale (les jeunes voient moins physiquement leurs amis), le manque de sommeil (en moyenne les adolescents dorment 7 h, ce qui n’est pas assez pour la construction de leur cerveau), la fragmentation de l’attention et l’addiction.

Les réseaux sociaux ont été « la cause majeure d’une épidémie internationale de maladie mentale chez les adolescents ». Celle-ci a des conséquences différentes chez les garçons et chez les filles (preuve au passage que, contrairement à ce que pensent les idéologues du genre, il existe bien des différences entre les sexes). Les réseaux sociaux nuisent davantage aux filles : elles y sont davantage accros, notamment à Instagram, où elles se comparent en permanence à leurs congénères, ce qui entraîne des troubles dépressifs, alimentaires, et parfois du mimétisme dans la dysphorie de genre. Les garçons, eux, auront tendance à devenir toxicomanes aux jeux vidéo et à la pornographie, ce qui peut entraîner décrochage scolaire et retrait du réel. Le monde virtuel blesse les filles et consume les garçons.

Jonathan Haidt souligne le paradoxe de notre temps : nous surprotégeons les enfants dans le monde réel alors que nous les sous-protégeons dans le monde virtuel. Nous refusons de les laisser sortir seuls de peur qu’ils croisent un pédophile avec un sac de bonbons, alors qu’internet et les réseaux sont aujourd’hui le lieu numéro un de la prédation sexuelle. Nous les laissons vaquer des heures dans l’océan illimité du web, mais craignons de les laisser jouer à l’air libre. C’est encore pire aux États-Unis, société hyperjudiciarisée, qu’en Europe : les tourniquets ont été supprimés de la plupart des aires de jeu, car jugés trop dangereux.

Conclusion du chercheur : les parents doivent laisser de l’air à leurs enfants et les pousser le plus possible à pratiquer le jeu libre, essentiel dans la construction de soi. Haidt insiste aussi sur la nécessité de recréer des rituels. Dans toutes les sociétés, on a créé des rites initiatiques de passage de l’adolescence vers le monde adulte, nous sommes les premières sociétés à les avoir abolis. Nous laissons à la place nos enfants se perdre dans l’enfer numérique. La vie numérique entraîne une dégradation spirituelle, aussi bien chez les adultes que chez les adolescents. Il nous faut réapprendre l’incarnation, l’immobilité, et cette belle faculté que Simone Weil disait être la plus belle : l’attention. Réapprendre à être lent à la colère et prompt à pardonner, tout l’inverse que ce nous enseigne l’immédiateté des réseaux.

La réponse est aussi politique. On débat beaucoup ces jours-ci sur la nécessité de limiter et de contrôler la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. Plutôt que de faire la police des tweets des adultes, les responsables politiques devraient limiter drastiquement l’accès aux réseaux sociaux des plus jeunes pour corriger un scandale sanitaire qui a déjà trop duré. Jonathan Haidt est très clair sur les solutions à mettre en œuvre. Elles doivent être collectives, car les parents ne peuvent se battre seuls pour assumer des privations à leurs enfants face à la pression sociale du monde extérieur. Il faut fixer la majorité numérique à 16 ans et obliger les plateformes à mettre de vraies mesures de vérification d’âge. Il faut soutenir des écoles vraiment sans téléphones cellulaires, c’est-à-dire avec dépôt dans un casier à l’entrée jusqu’à la fin des cours. Les résultats sont là, il ne faut plus tergiverser ni faire des « expérimentations ».

Une génération a été sacrifiée, agissons vite pour sauver les suivantes.

Source : Le Figaro

Génération anxieuse
par Jonathan Haidt,
publié aux Arènes,
le 16 janvier 2025,
à Paris,
424 pp,
ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037513090 


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mardi 28 janvier 2025

29 janvier 1717 — Naissance de Jeffery Amherst

Jeffery Amherst, officier britannique. 
 
En 1731, il s’enrôle dans l’armée et, en 1741, devient aide de camp du général John Ligonier (1680-1770). Ligonier est issu d’une famille noble de huguenots de Castres émigrée en Angleterre à la fin du XVIIe siècle. Au cours de la guerre de Succession d’Autriche, il participe à la défaite anglaise lors de la bataille de Fontenoy en 1745. Il est promu au grade de lieutenant-colonel. Après la signature du traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, il repasse en Angleterre, et la période de paix qui suit réduit ses chances d’avancement. 

Il planifia l’attaque contre Montréal en 1760. En 1763, il reprend les armes contre Pontiac et les autochtones, qu’il méprise. Dans une correspondance, il évoquera l’idée d’utiliser la variole pour tuer les autochtones.
 
Détails
 
Nommé commandant en chef en Amérique du Nord en remplacement de James Abercrombie, il passe l’hiver suivant à New York à faire des plans pour la campagne de l’été suivant. Il remonte en 1759 le lac Champlain avec une armée de 11 000 hommes, et se rend jusqu’à Crown Point (pointe à la Chevelure) où il construit un fort. Il lance quelques attaques sur l’île aux Noix sur la rivière Richelieu, où s’est réfugié le commandant français Bourlamaque. Cette tactique reste néanmoins sans effets notoires et est abandonnée après la prise de Québec par Wolfe en septembre.

Durant l’hiver suivant, Amherst planifie l’attaque de trois armées contre Montréal : James Murray remontant le Saint-Laurent à partir de Québec, William Haviland venant du lac Champlain et Amherst lui-même attaquant à partir du lac Ontario. Au début de septembre 1760, la jonction des trois armées fonctionne parfaitement et aboutit à la capitulation des Français le 8 septembre. Amherst nomme alors trois gouverneurs militaires pour les trois districts du Canada : James Murray, confirmé dans le poste qu’il occupait déjà à Québec, Ralph Burton à Trois-Rivières et Thomas Gage à Montréal.

Cependant, la guerre n’est pas terminée, et Amherst, à titre de commandant en chef, organise au cours de 1761 et 1762 des expéditions à la Dominique, en Martinique et à Cuba. En 1762, une armée française dirigée par Charles-Henri-Louis d’Arsac de Ternay débarque à Terre-Neuve. Elle ravage la colonie britannique avant d’être repoussée par une armée britannique commandée par William Amherst, frère de Jeffery Armherst qui l’a nommé à ce poste. Depuis New York, Jeffery Amherst supervise cette opération militaire. La bataille de Signal Hill (à Terre-Neuve) et la capitulation du fort de Saint-Jean mettent fin à l’aventure française en Amérique du Nord.
 
Vue perspective de la descente des François à l’île de Terre-Neuve du côté de Saint-Jean en 1762.


Pendant son séjour à Montréal, ce dernier développe une haine incontestable envers les Amérindiens, il les déteste rien de moins. Il constate avec frustration que quelques tribus indiennes des Grands Lacs, dans la région de Détroit, sous le chef Pontiac font la vie difficile aux troupes britanniques.

En 1763, il écrivit à son subalterne, Colonel Bouquet, avec une suggestion qui révolte plus d’un aujourd’hui. Amherst lui ordonna de faire le nécessaire pour transmettre la variole parmi les populations indiennes à l’aide de couverture infectée par le virus.

Au cours des mois suivants, des épidémies de variole causèrent des ravages dans les tribus Delaware, Mingos et Shawnees. Selon le journal de guerre de Bouquet, ce dernier n’aura jamais mis à exécution les ordres du Commandant en chef. Les coïncidences avec l’épidémie parmi les troupes de Pontiac sont toutefois étranges. Lors de son retour en Europe, il s’installa sur des terres qui lui furent offertes à titre de récompense dans la ville de Sevenoaks dans la région du Kent.

Il fut le premier gouverneur sous l’occupation militaire de la Nouvelle-France, de 1760 à 1763. 

Il décéda le 3 août 1797, à Sevenoaks, à sa résidence appelée Montréal.