lundi 7 octobre 2024

Si la Terre est dégradée, c’est la faute de l’homme blanc, chrétien et hétérosexuel, selon un cours de l’Université de Liège

Si la terre est dégradée, c’est la faute de l’homme blanc, chrétien et hétérosexuel, selon un cours de l’ULiège: « Qu’est-ce que la couleur de peau, la religion et l’orientation sexuelle viennent faire là-dedans ? ! »


Une phrase dans un nouveau cours de l’Université de Liège suscite la colère de la députée Stéphanie Cortisse (MR) : « La pensée wokiste envahit à présent nos universités », fulmine-t-elle.

Durabilité & Transition. Un nouveau cours unique et transversal portant sur les questions de durabilité et de transition a été lancé, lors de cette rentrée 2024, à l’Université de Liège. Il s’agit d’un cours unique et transversal repris au programme de l’ensemble des étudiants et étudiantes inscrits en bachelier.

Défis

« Les défis actuels exigent une modification en profondeur de nos modes de vie. Pour répondre aux enjeux de la nécessaire transition sociale et environnementale, l’Université de Liège fait évoluer ses enseignements et programmes de formations, en s’appuyant sur une recherche scientifique de pointe qui aborde selon des modalités variées les différentes dimensions de la durabilité », explique l’ULiège sur son site.

« Une formation qui, vu les enjeux écologiques actuels, me paraît a priori tout à fait pertinente », applaudit la députée de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Stéphanie Cortisse (MR). Un cours qui va toutefois la faire tomber de sa chaise. Quelques mots en tout cas au détour d’un paragraphe.

« Il y a aujourd’hui un consensus scientifique sur la dégradation des conditions d’habitabilité de la terre et sur la responsabilité de l’homme », est-il écrit dans le cours (…) « Ce serait l’action d’une espèce qui pourrait faire croire que l’origine du basculement est l’humanité alors qu’il s’agit de l’homme « occidental » blanc, chrétien, hétérosexuel. Évitons ainsi de masquer les profondes inégalités quant aux responsabilités intrinsèques face aux perturbations environnementales à l’échelle planétaire. »

Chrétien et hétéro

« Alors qu’il s’agit de l’homme « occidental » blanc, chrétien, hétérosexuel »… « Qu’est-ce que la couleur de peau, la religion et l’orientation sexuelle viennent faire là-dedans ? ! », interroge la députée libérale qui a été alertée par plusieurs étudiants. « Il est inadmissible de bourrer le crâne de nos jeunes étudiants avec de tels propos discriminatoires ! De plus, il s’agit d’une simple affirmation qui n’est nullement étayée », tempête-t-elle. « Force est de constater que la pensée wokiste envahit à présent nos universités, avec toutes les dérives qui suivent. »

Elle promet d’interroger la ministre-présidente de la Fédération, Elisabeth Degryse (Les Engagés) qui est en charge de l’enseignement supérieur. « Je lui demanderai aussi de prendre contact avec la rectrice de l’ULiège pour lui demander des éclaircissements. »

Source : SudInfo

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dimanche 6 octobre 2024

Sondage. importance de lutter contre les « changements climatiques » : chute de 14 points en un an

Du 19 au 25 septembre 2024, Abacus Data a mené un sondage national auprès de 1 701 adultes canadiens (18 ans et plus) afin d'examiner leurs points de vue sur le changement climatique et leurs priorités dans le contexte de défis immédiats pressants, tels que le coût de la vie et l'accessibilité au logement. Les résultats révèlent que l'accent est mis sur l'aide à court terme, de nombreux Canadiens donnant la priorité aux problèmes socio-économiques immédiats plutôt qu'à l'action climatique à long terme.

62 % des Canadiens sont préoccupés par le changement climatique et son impact potentiel sur notre avenir, tandis que seulement 13 % ont indiqué qu'ils n'étaient pas du tout inquiets. Les partisans du Parti libéral (76 %) et du NPD (74 %) sont les plus préoccupés par le changement climatique (plus que les électeurs du Parti vert!), alors que seulement 49 % des partisans du Parti conservateur et 63 % de ceux du Bloc Québécois partagent les mêmes inquiétudes. En outre, près d'un sympathisant conservateur sur quatre indique qu'il n'est pas du tout préoccupé par le changement climatique et son impact potentiel sur notre avenir (22 %). 

Fait notable, l'inquiétude à l'égard du changement climatique a diminué de 14 points depuis octobre 2023, date à laquelle 76 % des Canadiens se disaient préoccupés par cette question.

Les religions font-elles plus de bien que de mal ?

Les religions sont-elles à l’origine des conflits ? Mènent-elles à la violence, ou bien pacifient-elles les rapports humains ? Font-elles plus de bien que de mal ?

Ce débat oppose Pierre Conesa, historien, ancien administrateur civil au ministère de la Défense, auteur de nombreux essais sur les fondamentalismes religieux, et Rémi Brague philosophe et historien de la philosophie, membre de l'Institut de France.


jeudi 3 octobre 2024

Dépenses en éducation dans les écoles publiques au Canada (Québec champion !), édition 2024

 

Du rapport de l'Institut Fraser:

  • Les dépenses totales en éducation dans les écoles publiques au cours des dix dernières années sont passées de 61,5 milliards de dollars en 2012/13 à 82,5 milliards de dollars en 2021/22. Cela représente une augmentation des dépenses nominales de 34,1 %.
  • Les dépenses par élève corrigées pour l'inflation (variations de prix) ont augmenté de 5,1 % au niveau national entre 2012/13 et 2021/22.
  • Les plus fortes augmentations des dépenses par élève corrigées pour l'inflation ont été enregistrées dans les provinces du Québec (33,7 %), de l'Île-du-Prince-Édouard (21,6 %), de la Nouvelle-Écosse (12,3 %) et de la Colombie-Britannique (6,7 %). Les données ne font pas de distinction entre les dépenses temporaires liées au COVID-19 - qui peuvent avoir entraîné un retour plus rapide des enfants en classe - et les dépenses permanentes.
  • Trois provinces ont connu une baisse des dépenses par élève ajustées à l'inflation : l'Alberta (17,2 %), la Saskatchewan (14,9 %) et Terre-Neuve-et-Labrador (9,8 %).
  • Le Québec, qui avait le plus faible niveau de dépenses par élève dans les écoles publiques en 2012-2013, affiche maintenant le plus haut niveau. L'Île-du-Prince-Édouard est passée du neuvième au troisième rang des dépenses par élève. En revanche, la Saskatchewan est passée de la première à la septième place en termes de dépenses par élève, et l'Alberta est passée de la troisième à la dixième place (la plus basse).
  • Même si la Colombie-Britannique a enregistré la quatrième plus forte croissance des dépenses ajustées par étudiant, elle se classe toujours au huitième rang des dépenses par étudiant au Canada.
  • Les effectifs étudiants au Canada ont augmenté en moyenne de 5,1 % entre 2012-2013 et 2021-2022. Trois provinces ont vu leurs effectifs diminuer : Terre-Neuve-et-Labrador (5,8 %), le Nouveau-Brunswick (1,8 %) et l'Ontario (0,1 %).
  • La rémunération demeure l'aspect le plus important et le plus coûteux des dépenses en éducation et a contribué le plus à la croissance des dépenses totales en éducation au Canada.

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« Ce sont des copies d’histoire, de philosophie qu’on ne comprend plus » : les professeurs face à la chute dramatique du niveau de langue

En théorie, l’orthographe ou la grammaire ne relèvent pas du bagage qu’ils doivent transmettre à leurs élèves. Mais les professeurs rivalisent d’ingéniosité pour remédier à la baisse du niveau de français.


« J’ai toujours eu des collègues qui ne prêtaient pas attention au niveau de langue des copies. Ils sont de moins en moins nombreux », lance d’emblée Aude Denizot, professeure de droit à l’université du Maine. « Cette question ne peut plus rester accessoire. Dans aucune des disciplines qui demandent de la rédaction. Parce qu’au-delà d’un défaut d’orthographe, ce sont désormais des copies qu’on ne comprend plus », continue l’auteure de « Pourquoi nos étudiants ne savent-ils plus écrire ? » (Enrick).

Si les enseignants de littérature ont pu, un temps, être seuls à tirer la sonnette d’alarme, ce sont désormais tous les professeurs du secondaire et de l’université qui font les frais de cette chute du niveau. « Mes élèves de Terminale deviennent incapables de construire une phrase avec logique. Ils ont du mal à structurer leur pensée, non pas qu’ils soient moins intelligents qu’avant, mais à cause d’une défaillance syntaxique » explique Emmanuelle*, professeure de philosophie en région parisienne.

Que le niveau d’orthographe continue de baisser n’est pas une nouvelle fraîche. Qu’on ne puisse rien construire sur du sable non plus. Car comment bâtir des fondamentaux sur un roc à ce point effrité ? Apprendre les déclinaisons latines à des élèves ne maîtrisant pas les fonctions grammaticales ? Les rouages de l’argumentation philosophique à des étudiants mauvais en syntaxe ? « Je ne comprends pas. Les professeurs alertent, les journalistes font des articles, des spécialistes écrivent des livres. Mais au niveau du ministère, on continue à se demander s’il faut être exigeant ou non avec l’orthographe et la grammaire », dénonce Aude Denizot.

La campagne publicitaire anglomane d'Évian en France, mais en français à Montréal

La première photo a été prise dans le métro de Montréal, à la station Longueuil. La deuxième photo fait partie de la campagne d'affichage en France.

Moralité : Évian respecte la langue française au Québec, mais s'en moque dans son pays d'origine (la France, pradon la start-up nation chère à Macron).



Voir également la vidéo ci-dessous (tous les slogans sont en anglais, « evian » n'a pas d'accent car trop alpestre et français sans doute, la musique est un machin en anglais, la traduction des slogans (vu la Loi Toubon détournée, est reléguée à de petites inscriptions sur le site web).

Ces publicitaires sûrement surpayés manquent totalement d'imagination et de créativité : on sait à l'avance qu'on aura droit à de l'anglais, de la zizique anglais, des acteurs « déjantés » issus de la diversité ethnique.


Pour les ploucs selon Évian (pardon evian), les traductions fournies en tout petit par la marque:

evian® dévoile sa nouvelle campagne : Mountain of Youth*. Partez à la découverte de ce lieu magique, inspiré par les Alpes, où l'eau minérale naturelle evian® prend sa source. Rencontrez ses habitants qui incarnent l'état d'esprit Live Young. 


Welcome to the Mountain of Youth!


Live young = Vivons jeune  [plutôt vivez ou vivre jeune]

Mountain of Youth = Montagne de Jeunesse 

Welcome to the Mountain of Youth = Bienvenue à la Montagne de Jeunesse

 

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mercredi 2 octobre 2024

Sondage : 6 Français sur 10 pensent que l'immigration n'est pas une chance pour la France



Selon un sondage CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1, publié ce mercredi 2 octobre, près de 6 Français sur 10 (58%) estiment que l'immigration n’est pas une chance pour la France.

Alors que Michel Barnier a exposé ce mardi ses «cinq chantiers prioritaires», dont l’immigration fait partie, un sondage CSA pour CNEWS, le Journal du dimanche et Europe 1 révèle ce mercredi que près de 6 Français sur 10 estiment qu’elle n’est pas une chance pour la France.

Ces derniers ont en effet répondu «non» à 58% à la question : «D’après vous, l’immigration est-elle une chance pour la France ?». A l'inverse, 41% des interrogés ont répondu «oui», tandis que 1% ne se sont pas prononcés.

La part du «non» est la plus importante chez les 50 à 64 ans, à 63%, et dépasse les 55% dans presque toutes les tranches d'âge, excepté chez les 18 à 24 ans. Les jeunes sont en effet divisés sur cette question, le «oui» l'emportant légèrement à 52%.

L’idée que l’immigration ne représente pas une chance pour la France est en majorité plébiscitée chez les personnes se revendiquant le plus à droite de l'échiquier politique, à 88% en moyenne (87% chez les sondés proches du Rassemblement national).

Chez les répondants se réclamant d'une droite plus classique, le «non» l’emporte à 74%. Au centre, les soutiens de la majorité présidentielle, quant à eux, creusent l’écart, à 49%.
 
Une question qui divise

À gauche, c’est le «oui» qui l'emporte avec des scores similaires, dont 77% pour les électeurs du Parti socialiste, 76% chez les électeurs d'Europe Écologie-Les Verts et ceux de la France insoumise.

En moyenne, les soutiens des partis politiques de gauche ont répondu «oui» à 75% à la question «D’après vous, l’immigration est-elle une chance pour la France ?»

Au plan politique, malgré la volonté de Michel Barnier de faire de l’immigration l’une de ses grandes priorités, son discours prononcé mardi n’a pas convaincu ses opposants.

Pour une partie de la gauche et les défenseurs des droits des étrangers, ses lignes directrices sur la question ne sont pas maîtrisées «de manière satisfaisante» et ont même été qualifiées de «floues».

De son côté, Marine Le Pen exhorte à aller plus loin sur la question et demande une nouvelle loi «immigration restrictive, reprenant a minima les dispositions censurées par le Conseil constitutionnel» de la dernière loi votée en janvier 2024.

mardi 1 octobre 2024

Fécondité aux États-Unis par État et par race (2022 et 2023)

Attention les échelles de couleurs ne sont pas les mêmes d'un groupe ethnique à l'autre et d'une année à l'autre.

Détail


lundi 30 septembre 2024

« Des Libanais me disent que la France est en voie de libanisation »

Selon Éric Revel, « Des Libanais me disent que la France est en voie de libanisation, qu'on intègre un tel flux de migrants qu'on aura les mêmes problèmes de partition ethnique et religieuse. »


Gel des frais d'inscription et baisse du nombre d'étudiants étrangers entraînent des difficultés pour les universités britanniques

Le parti travailliste britannique a peu évoqué l'enseignement supérieur pendant la période précédant les élections générales de juillet. Au gouvernement, les problèmes des universités sont plus difficiles à ignorer. Le 10 septembre, Sir Keir Starmer, le Premier ministre, a inclus les universités dans une liste de services publics qui, selon lui, « s'effritent “ et sont ” en pire état que ce à quoi nous nous attendions ».

L'augmentation des coûts, combinée à la baisse du nombre d'étudiants étrangers, plus lucratifs, impose des coupes budgétaires : quelque 70 établissements réduisent leurs effectifs d'une manière ou d'une autre, selon une liste établie par l'Union des universités et collèges, un syndicat. En mai, l'Office for Students (OfS), une autorité de régulation, a déclaré que 40 % des universités et collèges s'attendaient à être en déficit à la fin de l'exercice financier 2023-24. Dans un « scénario raisonnable le plus pessimiste », ce chiffre pourrait atteindre 80 % des universités et collèges dans trois ans. Au moins une ou deux universités seraient proches de l'insolvabilité. Le 17 septembre, la BBC a rapporté que Universities UK, un groupe de pression, avait demandé davantage de fonds pour combler les déficits financiers.

Les difficultés des universités s'expliquent par l'insuffisance des fonds alloués aux étudiants britanniques de premier cycle (voir le graphique 1). Les frais d'inscription qu'elles peuvent demander aux étudiants britanniques ont été plafonnés à 9 000 livres (11 880 dollars américains) par an en 2012 et n'ont pratiquement pas augmenté depuis. L'inflation a grignoté leur valeur : ces frais représentent aujourd'hui moins de 6 500 livres sterling aux prix de 2012.


La crise aurait pu survenir plus tôt sans un afflux soudain et important d'étudiants étrangers, dont les frais non plafonnés payent souvent le double de ce qui est demandé à leurs camarades anglais. Leur nombre a commencé à grimper en flèche il y a cinq ans, à la suite d'un changement dans les règles d'attribution des visas, qui a permis aux étudiants étrangers de rester en Grande-Bretagne pendant deux ans après la fin de leurs études. Cette mesure a déclenché la demande d'étudiants originaires de pays tels que l'Inde et le Nigeria (qui estiment qu'il est beaucoup plus facile de payer des cours dans le monde riche s'ils sont assortis du droit de rester et de travailler une fois qu'ils ont terminé). Ils ont afflué dans des universités qui, jusqu'alors, n'avaient pas accueilli beaucoup d'étrangers, et se sont inscrits pour la plupart à des maîtrises d'une durée d'un an.

Mais le flambée des étrangers est en train de se transformer en débâcle. Les arrivées en provenance de l'étranger ont atteint leur maximum au cours de l'année universitaire 2022-23 et chutent rapidement (voir graphique 2). Depuis le début de l'année, le gouvernement a accordé 17 % de visas d'étudiants en moins qu'au cours de la même période en 2023. Un vice-chancelier pense que les universités les plus touchées pourraient être confrontées à des baisses de 30 à 50 %. Certaines des raisons, comme la crise économique au Nigeria, échappent à tout contrôle. Mais la politique gouvernementale a également joué un rôle. Au début de l'année, les conservateurs, soucieux de réduire le solde migratoire, ont commencé à interdire à la plupart des étudiants étrangers de faire venir leur conjoint ou leurs enfants. Cette mesure a eu un impact plus important que prévu.

Le problème ne concerne pas seulement les universités qui dépendent fortement des étrangers. Pour se prémunir contre les problèmes, de nombreux établissements ont cherché cette année à inscrire plus d'étudiants britanniques qu'ils ne le feraient habituellement. Les établissements prestigieux ont trouvé la solution la plus facile : le nombre de jeunes Britanniques qui ont obtenu une place dans des établissements à « tarifs élevés », tels que ceux du Russell Group, a augmenté d'environ 13 % cet automne. Les universités situées plus bas dans la chaîne alimentaire sont donc à court de nouveaux candidats nationaux. (L'augmentation du coût de la vie rend la vie étudiante moins attrayante, ce qui n'arrange rien).

Les risques financiers augmentent en conséquence. « Je serais surpris si, à l'issue de cette série de rapports annuels, aucune université ne devait faire l'objet d'une intervention importante sous une forme ou une autre », déclare Jonathan Simons, de Public First, un groupe de réflexion. Les choses seront un peu plus claires à la rentrée, lorsque les universités seront en mesure de compter le nombre de candidats retenus, mais des discussions avec les créanciers sont déjà en cours. « Certains établissements discutent avec les banques d'éventuelles ruptures de contrat de prêt », explique John Rushforth, secrétaire exécutif du Comité des présidents d'université, une organisation caritative qui conseille les dirigeants d'université. « Et nous savons qu'il y a eu des discussions avec les commissaires aux comptes sur la question de la continuité de l'exploitation ».

Échecs et frais

Pour les travaillistes, deux questions se posent : comment gérer une université qui n'a plus d'argent et comment redresser le secteur. En ce qui concerne la première question, la ligne officielle est que les établissements en difficulté ne doivent pas s'attendre à une aide du gouvernement. Le 15 août, Jacqui Smith, ministre des compétences, a déclaré que « si cela s'avérait nécessaire », le gouvernement laisserait une université faire faillite.

Cette approche pourrait être maintenue en cas de problèmes dans des établissements relativement petits ou dans une ville comme Londres, qui compte plusieurs douzaines d'universités susceptibles d'accueillir les étudiants déplacés. Dans de nombreux cas, cependant, le gouvernement trouverait probablement intolérables les retombées d'un effondrement. Les administrateurs ne donneraient pas la priorité au remboursement des étudiants et ne feraient pas beaucoup d'efforts pour les aider à poursuivre leurs études ailleurs. Les grands patrons locaux, terrifiés à l'idée de perdre l'un de leurs plus gros employeurs, appelleraient à l'aide. Effrayer les étudiants étrangers ne ferait qu'aggraver le malaise des universités.

Pendant la pandémie de covid 19, le gouvernement de l'époque a mis en place un processus, le « régime de restructuration de l'enseignement supérieur », par lequel les universités qui risquaient d'avoir des problèmes financiers pouvaient discuter de leurs options avec le gouvernement. Nick Hillman, du Higher Education Policy Institute, un groupe de réflexion, pense que les travaillistes devraient créer quelque chose de similaire. « Ce n'était pas un processus parfait, loin s'en faut, mais c'était un processus - et ce que nous avons pour l'instant, c'est rien. Si le gouvernement est vraiment prêt à envisager des liquidations, il devrait mettre en place un régime « d'administration spéciale » du type de celui qui existe déjà pour les établissements de formation continue, estime M. Simons. Les administrateurs seraient ainsi autorisés à prendre en compte les intérêts des étudiants, en plus de ceux des grands créanciers.

Même si les travaillistes évitent une faillite d'université dans les mois à venir, le parti devra encore décider de ce qu'il convient de faire en ce qui concerne la situation financière globale du secteur. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a confirmé qu'il n'avait pas l'intention de durcir davantage les règles en matière de visas. Mais il est très peu probable qu'il revienne sur l'interdiction faite aux étudiants étrangers d'emmener des membres de leur famille avec eux.

Le problème n'est pas seulement que les personnes à charge font grimper les chiffres de la migration nette : entre 2019 et 2022, le nombre de personnes à charge arrivant avec des étudiants est passé de 16 000 à 134 000. On craignait également que le système ne soit détourné. Sous l'ancien régime, les conjoints étaient autorisés à travailler en Grande-Bretagne pendant que leurs partenaires étudiaient, ainsi que pendant les deux années suivant l'obtention de leur diplôme. Les responsables politiques ont commencé à s'inquiéter du fait que les étudiants des pays les plus pauvres s'inscrivaient dans les universités britanniques dans le seul but d'obtenir ces autorisations de travail.

L'autre moyen évident de redresser la barre serait d'augmenter le financement des étudiants britanniques de premier cycle. Il y a deux façons d'y parvenir. Le gouvernement distribue actuellement environ 1 milliard de dollars par an sous forme de « bourses d'enseignement » destinées à financer des formations coûteuses telles que la médecine et l'odontologie. L'élargissement et l'augmentation de ces paiements plairaient à ceux qui pensent que la Grande-Bretagne fait peser sur ses étudiants une part trop importante du coût de l'enseignement supérieur (les subventions publiques ne représentent qu'environ 25 % du financement total des universités et des établissements d'enseignement supérieur, contre une moyenne de 67 % dans le club des pays riches de l'OCDE). L'augmentation des bourses d'enseignement était l'une des recommandations du dernier grand examen gouvernemental du financement des universités, en 2019.

L'approche la moins coûteuse, et donc la plus probable, consiste à augmenter les frais de scolarité. L'Institute for Fiscal Studies, un autre groupe de réflexion, estime que cette mesure ne coûterait au gouvernement qu'un quart environ de l'augmentation des bourses d'enseignement (parce que les diplômés se partageraient la majeure partie de l'argent supplémentaire sous forme de remboursements de prêts étudiants). Il y a quelques années encore, les travaillistes promettaient d'abolir complètement les frais d'inscription ; ils n'apprécieraient pas la perspective de les augmenter. Mais les décideurs politiques ont surestimé le tollé que cela provoquerait, déclare M. Hillman : « Le système de financement n'est pas défaillant ; ce qui l'est, c'est le courage des hommes politiques. »

S'il s'engageait dans cette voie, le parti travailliste pourrait peut-être atténuer le mécontentement en associant une augmentation des frais d'inscription à une réforme du système de prêts. Dans l'opposition, Bridget Phillipson, aujourd'hui secrétaire d'État à l'éducation, a déclaré qu'elle s'intéressait aux moyens de réduire les remboursements mensuels pour les nouveaux diplômés, afin de leur donner plus de « répit au début de leur vie professionnelle ».

Mme Phillipson a également affirmé que les changements apportés par les conservateurs l'année dernière, qui ont augmenté le montant de la dette étudiante que les diplômés à faible revenu remboursent au gouvernement tout en réduisant les coûts à vie pour les diplômés bien rémunérés, sont « désespérément injustes ». Le parti serait intéressé par des modèles de remboursement alternatifs qui pourraient utiliser des taux d'intérêt dégressifs pour augmenter considérablement les sommes demandées aux diplômés à hauts revenus. En théorie, cela pourrait générer de l'argent que le gouvernement pourrait alors dépenser pour réintroduire des bourses destinées à couvrir les frais de subsistance des étudiants les plus pauvres, que le gouvernement précédent avait supprimées en 2016.

Les universités craignent que les travaillistes ne finissent par décider que toutes ces options ne sont pas attrayantes et ne repoussent les décisions en mettant en place un comité d'examen indépendant indécis. Le 12 septembre, Lady Smith, la ministre des compétences, a tenté de rassurer la Chambre des Lords en affirmant que son parti ne traînerait pas les pieds. Il faudra du temps pour régler le problème du financement des universités, a-t-elle déclaré. « Mais je ne pense pas que cela prendra autant de temps que certains le craignent. Si les établissements commencent à rencontrer de réelles difficultés, les travaillistes n'auront peut-être pas d'autre choix que d'agir rapidement.



Source:The Economist