vendredi 15 décembre 2023

Mathieu Bock-Côté sur la perte de liberté, l'université « vermoulue », la délation devenue vertu

Au menu :

  • 00:00 - Intro
  • 04:13 - Est-il temps de fermer les universités ?
  • 16:00 - Le club de la gauche
  • 19:36 - Dénonçons nous les uns les autres, bienvenue dans la société des balances
  • 26:00 - Le totalitarisme mou
  • 31:13 - S'opposer aux revendications diversitaires
  • 36:51 - Frôler la mort pour trouver l’inspiration
  • 42:11 - France-Québec : Mathieu Bock-Côté va-t-il un jour rentrer chez lui ?
  • 48:00 - Se sentir étranger dans son propre pays
  • 57:00 - La perte de nos repères essentiels
  • 1:04:56 - L'extrême-droitisation : une manière de disqualifier ses adversaires ?


jeudi 14 décembre 2023

Le Livre de Noël de Selma Lagerlöf

Chouette un livre, un site qui conseille des lectures pour les enfants, propose Le Livre de Noël de Selma Lagerlöf.


« Nulle part ailleurs dans la région qu’à Mårbaka on distribue ainsi les cadeaux de Noël après avoir mangé le riz au lait traditionnel. Mais à Mårbaka subsistent d’anciennes coutumes et qui nous conviennent. Rien ne peut égaler cette attente qui, des heures durant, tout au long de la veille de Noël, se prolonge parce que l’on sait que le meilleur reste à venir. » Le meilleur, c’est pour la petite Selma, dix ans, ce n’est pas vraiment la boîte à ouvrage et ses accessoires, devant rappeler à la demoiselle qu’elle n’est pas très douée pour coudre et broder. Non, ce qu’elle attend, c’est un livre qu’elle lira à la lumière de sa bougie… Mais ce livre commence par « Il était une fois un roi » — en français ! 

Après ces souvenirs aigres-doux, Selma Lagerlöf conte la légende christianisée de sainte Lucie, celle de la manière dont la gorge du rouge-gorge devint rouge, celle du Nouvel An des animaux, et plusieurs autres, parfois un peu moralisatrices, mais pleines de cet inimitable charme des Noëls scandinaves. 

Avec quelques illustrations de Carl Larsson.

Dès 12 ans


Selma Lagerlöf, Le Livre de Noël, Actes Sud, 2007, 107 p., 6,60 €
2e édition, 2018, 133 pages, 15 €, ISBN-13 : 978-2330114435.


Elon Musk prévoit ouvrir une nouvelle université à Austin

La fondation caritative du PDG de Tesla et résident du Texas a déposé une demande de création d’une nouvelle école « axée sur l’éducation au plus haut niveau ».

La fondation caritative d’Elon Musk, PDG de Tesla et SpaceX, a déposé une demande pour créer une nouvelle université à Austin. 

Elon Musk, qui s’est récemment établi au Texas, envisage de créer une université à Austin, selon les déclarations fiscales de l’une de ses organisations caritatives, rapportées pour la première fois par Bloomberg News.

L’organisation de bienfaisance, appelée The Foundation, prévoit d’utiliser un don de 100 millions de dollars de Musk pour créer et lancer une école primaire et secondaire à Austin, axée sur l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. Une fois qu’elle sera pleinement opérationnelle, l’école se concentrera sur la création d’une université. L’école a l’intention de briguer l’accréditation de la Southern Association of Colleges and Schools Commission on Colleges, une première étape nécessaire au lancement de l’école.

Selon la déclaration fiscale, l’université enseignerait aux étudiants en personne « ainsi qu’à l’aide de technologies d’enseignement à distance ». Elle prévoit d’accueillir 50 étudiants au départ et d’augmenter ses effectifs au fil du temps. L’école financerait ses activités par des dons et des frais de scolarité, mais le dossier indique également que si un élève n’est pas en mesure de payer les frais de scolarité, l’école pourrait lui fournir une aide financière. L’école recrute actuellement un directeur général, des enseignants et des administrateurs.

Le projet de Musk de créer une nouvelle université à Austin — qui abrite déjà l’université fleuron du Texas à Austin et de multiples autres universités privées — intervient alors qu’une autre nouvelle université privée prévoit d’ouvrir officiellement ses portes aux étudiants à l’automne 2024 dans cette même ville.

En effet, dans un contexte d’agitation croissante sur la situation de l’éducation aux États-Unis, Austin s’apprête également à accueillir un autre établissement ambitieux, l’université d’Austin (UATX).

Les partisans de l’UATX, dont l’investisseur en capital-risque Joe Lonsdale et l’homme d’affaires Larry Summers, affirment que cette université a l’intention de combler le « fossé béant entre la promesse et la réalité de l’enseignement supérieur ».

Il n’est pas certain que Musk choisisse d’engager son université dans une voie similaire, mais cela semble probable compte tenu de ses remarques passées selon lesquelles les établissements d’élite endoctrinent les étudiants avec du « communisme à outrance ».

Lors d’un entretien avec le Texas Tribune mercredi, le président de l’université d’Austin, Pano Kanelos, a déclaré qu’il espérait que l’établissement serait le champion de la liberté d’expression et de l’ouverture d’esprit.

« Nous vivons un moment où les choses semblent se désagréger, où les gens semblent s’éloigner les uns des autres, où les institutions semblent trembler dans leurs fondations », a déclaré M. Kanelos. « La meilleure réponse est de construire de nouvelles choses.

La nouvelle université de Musk n’a pas encore de nom. La Fondation n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.


Sources : Daily Mail et Texas Tribune

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États-Unis — Des profs lancent une université afin de lutter contre l’idéologie woke dans l’enseignement supérieur (UATX)

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L’université Harvard, un asile psychiatrique à ciel ouvert ? (satire)

mercredi 13 décembre 2023

Chute de 5 % dans les intentions de vote pour Poilièvre, forte augmentation des gens opposés à l'immigration de masse

Les dernières données d'Abacus Data révèlent une baisse de cinq points de pourcentage du soutien aux conservateurs de Poilièvre, une augmentation de ceux qui ont une opinion négative de Poilièvre et un désintérêt à son égard de la part de ceux qui pensent qu'il est temps de changer de gouvernement.

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

En avril dernier, Abacus a demandé aux Canadiens ce qu'ils pensaient qu'un gouvernement Poilièvre ferait s'il était élu et ce qu'il devrait faire. Ce mois-ci, Abacus a reposé les mêmes questions.

Les résultats.

Tout d'abord, les perceptions sur ce qu'un gouvernement Poilièvre ferait ou ne ferait pas n'ont pas beaucoup changé SAUF pour :

  • Éliminer la taxe sur le carbone (+14 %)
  • Rendre le logement plus abordable (+9%)
  • Réduire les impôts (+6%)
  • Prendre au sérieux les changements climatiques (+5 %)
  • Le fait que la suppression de la taxe carbone et le logement aient été si importants témoigne de la discipline implacable dont les conservateurs et M. Poilièvre ont fait preuve sur ces deux questions.

Mais qu'est-ce que les Canadiens pensent qu'un gouvernement Poilièvre DEVRAIT faire, et qu'en pensent les partisans conservateurs actuels ? N'oublions pas que la composition des électeurs conservateurs est aujourd'hui beaucoup plus large qu'elle ne l'était en avril après la forte montée récente du PCC.

Nous n'avons pas vu beaucoup de changements dans la plupart de ces domaines lorsqu'on pose la question à TOUS les Canadiens.

  • Peu d'entre eux souhaitent une réduction des services de garde d'enfants ou des soins dentaires.
  • 4 sur 10 veulent que le financement de la chaîne anglaise CBC soit réduit.
  • La plupart veulent qu'un gouvernement du PCC prenne au sérieux les changements climatiques et équilibre le budget.
  • Tout le monde veut plus de logements abordables.
  • Toutefois, le soutien à l'élimination de la taxe sur le carbone a augmenté de 10 points depuis le mois d'avril.
  • Et une chute de 14 points dans l'idée d'"accueillir autant d'immigrants au Canada que les libéraux".

 

Si l'on isole uniquement ceux qui soutiennent actuellement les conservateurs... 

  • Nous constatons une baisse statistiquement significative des partisans du PCC qui souhaitent que le gouvernement du PCC mette fin au système national de garde d'enfants, réduise l'accès à l'avortement et supprime les subventions accordées à la chaîne anglaise de Radio-Canada.
  • Nous constatons une augmentation de ceux qui veulent qu'un gouvernement du PCC prenne le changement climatique au sérieux.
  • Notez la contraction inhérente ou le problème de communication concernant la taxe sur le carbone.
  • 86 % des partisans conservateurs souhaitent l'élimination de la taxe sur le carbone et 78 % souhaitent qu'un gouvernement PCC prenne les changements climatiques au sérieux... Ces données mettent en évidence le défi que doit relever le PCC pour maintenir la cohésion de sa nouvelle coalition.
  • Ce qu'une partie ou la totalité de la base (historique) du PCC souhaite VRAIMENT - réduire le budget de Radio-Canada, mettre fin aux programmes nationaux, voire réduire l'accès à l'avortement - ne sont pas populaires auprès d'une partie importante de son nouveau groupe d'électeurs. 
  • La proportion d'électeurs du PCC qui souhaite qu'un gouvernement accueille autant d'immigrants que le prévoient les libéraux a chuté de 10 points depuis le mois d'avril. Et malgré (ou à cause de?) l'élargissement de la base du PCC, 73 % des électeurs du PCC s'opposent à accueillir autant d'immigrants que sous Trudeau.


On constate une baisse statistiquement significative des partisans du PCC qui souhaitent que le gouvernement mette fin au système national de garde d'enfants, réduise l'accès à l'avortement et supprime les subventions accordées à la chaîne anglaise CBC.

En revanche, on observe une augmentation de ceux qui souhaitent qu'un gouvernement du PCC prenne le changement climatique au sérieux.

Notons la contradiction inhérente, ou le problème de communication concernant la taxe sur le carbone:

86 % des partisans conservateurs souhaitent l'élimination de la taxe sur le carbone et 78 % souhaitent qu'un gouvernement PCC prenne les changements climatiques au sérieux...

Ces données mettent en évidence le défi que doit relever le PCC pour maintenir la cohésion de sa nouvelle coalition.

Ce qu'une partie ou la totalité de la base (historique) du PCC souhaite VRAIMENT - réduire le budget de Radio-Canada, mettre fin aux programmes nationaux, voire réduire l'accès à l'avortement - ne sont pas populaires auprès d'une partie importante de leurs nouveaux électeurs.

Comme nous le soulignons plus haut, la proportion d'électeurs du PCC qui souhaite qu'un gouvernement accueille autant d'immigrants que le prévoient les libéraux a chuté de 10 points depuis le mois d'avril avec 73 % qui s'opposent à une immigration aussi importante.

Et malgré cela, Poilièvre évite de parler d'immigration ou affirme qu'il n'a pas de souci avec les hauts taux d'immigrations actuels imposés par les Libéraux... 

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Pierre Poilièvre ne s'oppose pas à l'augmentation de l'immigration annuelle à plus de 400.000 par an

Le gouvernement de gauche australien annonce des mesures draconiennes pour limiter l'immigration

Pierre Fortin : l'immigration de masse provoque la crise de l’habitation
 

Les ⅔ des Québécois contre une hausse du nombre d’immigrants (sondage mai 2022)

Crise du logement : le tabou des seuils d’immigration trop élevés 

Canada, champion de l’augmentation du prix du logement depuis 2000, aussi un pays à très forte immigration… 

Bloomberg: les salaires canadiens stagnent en raison de l’immigration de masse alors que l’inflation grimpe 

lundi 11 décembre 2023

Le gouvernement de gauche australien annonce des mesures draconiennes pour limiter l'immigration

L'Australie a dévoilé lundi un plan draconien de réduction du nombre de migrants arrivant dans le pays, dans l'espoir de ralentir une hausse de l'immigration postérieure à la pandémie et d'apaiser la colère suscitée par l'augmentation du coût de la vie. 

Le gouvernement travailliste de gauche a annoncé une série de mesures, notamment des exigences plus strictes en matière de maîtrise de l'anglais, visant à rendre plus difficile l'entrée dans le pays, des étudiants étrangers aux personnes peu qualifiées.

Environ un demi-million de migrants temporaires sont entrés en Australie l'an dernier, soit une augmentation substantielle après des années de fermeture des frontières.

Le gouvernement estime que ses réformes, ainsi que les tendances à court terme, permettront de diviser par deux ce nombre de migrants en 2024-2025.
 
Selon un rapport de l'Institut pour les affaires publiques d'Australie, l'immigration de masse a provoqué la pénurie de logements

 

«Nous allons faire en sorte de reprendre la maîtrise de ces chiffres», a déclaré la ministre de l'Intérieur, Clare O'Neil, en esquissant certaines parties d'une stratégie de 100 pages consultée par l'AFP.

Malgré des taux d'emploi quasi record, les Australiens sont de plus en plus frustrés par la flambée des prix et du marché immobilier.

Le Grattan Institute, un groupe de réflexion, fait partie de ceux qui ont établi un lien entre les niveaux élevés d'immigration et la hausse des coûts de la location.

Mme O'Neil a souligné que l'immigration était essentielle à la prospérité de l'Australie, décrivant les ouvriers étrangers comme ceux ayant fait la grandeur du pays.

Mais compte tenu du mécontentement croissant de l'opinion, elle s'est engagée à «construire un système mieux planifié autour de choses essentielles comme le logement».

Dimanche, son gouvernement a annoncé qu'il imposerait une augmentation spectaculaire des frais pour les étrangers qui achètent des maisons et les laissent vides.

Les prix des loyers dans certaines zones de Sydney et de Melbourne ont augmenté d'environ 25% l'an dernier.

Selon Rachel Stevens, experte en histoire de l'immigration à l'Université catholique australienne, le gouvernement travailliste garde à l'œil les chiffres des sondages de l'opposition conservatrice en vue des élections attendues d'ici 2025.

«Les sondages sont bons», dit-elle, mais «c'est vraiment dangereux et assez imprudent de tout mettre sur le dos des migrants».

Le chef de l'opposition conservatrice, Peter Dutton, a accusé le gouvernement d'avoir un «grand programme migratoire».

«Nos villes sont pleines, les routes sont encombrées, les infrastructures ne peuvent pas suivre le rythme», avait-il déclaré au début du mois, tout en suggérant de réduire le nombre d'immigrés.

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Les étudiants étrangers affluent de nouveau en Australie (en 2023), ils seront peut-être moins nombreux après les annonces du gouvernement, au grand dam des universités pour qui ces étudiants sont une manne...
 
 
 


Les étudiants étrangers affluent de nouveau en Australie

 

LE PREMIER étudiant étranger, originaire de Chine, s’est inscrit à l’université de Sydney il y a un siècle. Aujourd’hui, ses bâtiments de grès bruissent de langues étrangères : près de la moitié des étudiants de l’université viennent de l’étranger. « Nous, Asiatiques, accordons beaucoup d’importance aux classements », explique l’un des étudiants chinois de l’université, qui a demandé à rester anonyme. Les universités australiennes obtiennent de bons résultats : l’université de Sydney est l’une des neuf institutions classées parmi les 100 meilleures du monde. L’Australie bénéficie également d’un meilleur climat que la Grande-Bretagne ou le Canada, et d’un taux de criminalité par arme à feu inférieur à celui de l’Amérique. Lorsque l’étudiant s’est inscrit en 2015, le pays « semblait être l’un des plus accueillants du monde occidental ».

Au cours des deux dernières décennies, le nombre d’étudiants étrangers en Australie a presque quadruplé, pour atteindre 440 000 en 2019. Ses universités attirent aujourd’hui plus de candidats étrangers que celles de n’importe quel pays, à l’exception des États-Unis et de la Grande-Bretagne. L’éducation est le quatrième poste d’exportation de l’Australie, avec une valeur d’environ 3 % du PIB. Cette situation a rendu ses universités dépendantes des frais de scolarité plus élevés payés par les étrangers, ce qui a suscité des inquiétudes lorsque l’Australie a fermé ses frontières en 2020 et, plus tard dans l’année, lorsqu’une guerre commerciale a éclaté avec la Chine, qui fournit environ un tiers des étudiants étrangers. Pourtant, la plupart des universités ont géré ces chocs assez facilement. Cette année, les étudiants étrangers sont revenus en masse, et 425 000 d’entre eux se trouvent actuellement en Australie.

Les universités ont été largement épargnées par la querelle commerciale. Tout en imposant des restrictions aux exportations australiennes, du vin au charbon, la Chine n’a pas dissuadé ses citoyens de fréquenter les universités du pays. Lorsque la pandémie a frappé, les étudiants chinois étaient également plus enclins que d’autres à suivre un enseignement en ligne, note Peter Varghese, chancelier de l’université du Queensland. « Il est paradoxal de constater que les universités les moins touchées financièrement sont celles qui comptent le plus grand nombre d’étudiants chinois », explique-t-il. Mark Scott, vice-chancelier de l’université de Sydney, abonde dans le même sens : « Un point de vulnérabilité est devenu un point de force ».

L’investissement public dans l’enseignement supérieur australien est l’un des plus faibles de l’OCDE. Les universités sont donc particulièrement dépendantes des revenus générés par les étudiants étrangers, dont 41 milliards de dollars australiens (27 milliards de dollars) en droits d’inscription et autres dépenses au cours de l’année qui s’est achevée en septembre. Selon le professeur Scott, « l’établissement de relations constructives avec certains des citoyens les plus brillants du monde présente également un intérêt diplomatique durable ».



Mais il y a un revers à la médaille. Certaines universités ont été accusées de réprimer les critiques à l’égard de la Chine. Des étudiants chinois espionneraient les campus et intimideraient leurs camarades de classe. En 2019, des échauffourées ont éclaté dans plusieurs universités entre des nationalistes chinois et des militants pro-démocratie. Les universités ont fait l’objet d’une « campagne soutenue d’intimidation, de harcèlement, de censure et de collecte de renseignements », a tonné l’année dernière un sénateur conservateur, James Paterson.

C’est en partie pour cette raison que les universités deviennent un peu moins dépendantes de la Chine. Selon Rory Medcalf, de l’Université nationale australienne, les scandales liés à l’ingérence étrangère ont été un véritable signal d’alarme. Les vice-chanceliers courtisent désormais de nouveaux marchés. L’université de Sydney accueille un nombre record d’étudiants de Malaisie et du Viêt Nam. Depuis 2018, le nombre d’Indiens étudiant en Australie a augmenté d’un tiers. Les étudiants chinois représentent désormais 33 % de la cohorte étrangère, en baisse par rapport à un pic de 38 %.


Les tensions géopolitiques persistantes conduisent entre-temps à un examen plus approfondi de la recherche universitaire et des partenariats. Les lois sur l’ingérence étrangère adoptées par l’ancien gouvernement conservateur obligent les universités à informer les agences de sécurité des « arrangements » conclus avec des « entités étrangères ». Lorsqu’en 2019, l’université Monash a signé un partenariat avec l’entreprise publique Commercial Aircraft Corporation of China pour développer des technologies aéronautiques, cela a soulevé un tollé. L’année dernière, un examen parlementaire a demandé l’annulation de ce partenariat, car les travaux pourraient avoir des applications militaires.

Un débat plus vif sur la sécurité dans les campus se prépare. Dans le cadre d’AUKUS, un pacte de sécurité trilatéral, l’Amérique et la Grande-Bretagne partageront avec l’Australie des technologies de propulsion nucléaire. Ce pacte débouchera également sur des collaborations dans le domaine des technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle et l’informatique quantique. Les autorités australiennes estiment que les universités du pays deviendront ainsi une cible plus importante pour l’espionnage. Le gouvernement travailliste dirigé par Anthony Albanese a rédigé un projet de loi qui interdirait aux universitaires de partager des recherches sensibles avec des étrangers, à l’exception des Américains et des Britanniques, sans l’accord du gouvernement. Les universités craignent de voir leurs libertés universitaires étouffées. Pourtant, pour l’instant, de telles mesures semblent être un frein assez modeste à leur impressionnante ouverture.

Source : The Economist

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Australie — La bulle des étudiants étrangers a éclaté (2020)

Australie : il existe un lien manifeste entre l’accessibilité au logement et le taux de fécondité

Wokeries dans les universités australiennes : « marche des privilèges » pour les étudiants blancs, séduisants ou de famille aisée

Australie — Camps de « quarantaine » pour non-positifs, qui l’aurait cru il y a 2 ans ?

Ces Kényans qui aident les étudiants anglophones à tricher

 

 

 

 

dimanche 10 décembre 2023

Histoire — Le privilège blanc

Josie (6 ans), Bertha (6 ans) et Sophie (10 ans), écailleuses d’huîtres à la conserverie Maggioni, à Port-Royal, Caroline du Sud, en 1912.

Le travail commençait à 4 heures du matin et elles gagnaient toutes les trois entre 9 et 15 dollars par semaine.

Sophie faisait six pots d’huîtres par jour et sa mère, qui travaillait aussi avec elle, disait : « Elle ne va pas à l’école, elle travaille tout le temps. Elle travaille tout le temps ».    

Grâce à ces photos, Lewis Hine a documenté les dures conditions de travail de milliers d’enfants, qui étaient envoyés travailler dès qu’ils savaient marcher et étaient payés en fonction du nombre de seaux d’huîtres qu’ils écaillaient chaque jour.    

M. Hines a écrit au sujet d’une des photographies : « Tous les enfants, à l’exception des plus petits bébés, travaillent. Ils commencent à travailler à 3 h 30 du matin et sont censés travailler jusqu’à 17 h ». Il a parcouru environ 50 000 miles par an, photographiant des enfants de Chicago à la Floride qui travaillaient dans les champs, des mines de charbon et des usines.    

Annie Card (plus tard épouse Lavigne) dans une filature du Vermont à l'âge de 12 ans en 1910.

Remontée des mineurs (l'ascension du blantriarcat) dans un charbonnage de Belgique entre 1905 et 1913.


Parmi les milliers d’immigrants canadiens-français qui peinent dans les usines de la Nouvelle-Angleterre, on trouve des enfants. Le sociologue et photographe Lewis Hine documente leurs conditions de travail. Il note à l’oreille leurs noms. Ici «Jo Bodeon», Joseph Beaudoin, photographié à la Chace Cotton Mill de Burlington, au Vermont, en 1909.




samedi 9 décembre 2023

Anne Coffinier : « Face à l'effondrement culturel, on peut vraiment compter sur les écoles indépendantes »


En France, il faut bien le reconnaître, malgré tout l’argent qu’on y consacre, l’Éducation nationale ne fonctionne plus : harcèlement, violences physiques, effondrement du niveau académique des élèves, endoctrinements…

➤ Je ne prendrai que l’exemple de la lecture. L’enquête PIRLS publiée en mai 2023 montre que les petits Français de CM1 ont un niveau de compréhension de ce qu’ils lisent inférieur à la moyenne européenne : avec un score de 514 points, la France se situe en dessous de la moyenne européenne qui est de 527 points. 

➤ Les tests des jeunes de 16-25 ans qui effectuent la Journée de défense citoyenne ont montré que 21% d’entre eux ont de lourdes difficultés pour comprendre ce qu’ils lisent, et 11% sont même incapables de lire. 

La bonne nouvelle, c’est que face à cela, partout en France, des hommes et des femmes refusent de se résigner à cet effondrement culturel et se mobilisent pour créer des écoles vraiment libres.

Ces écoles sont indépendantes de l’Éducation nationale avec laquelle elles n’ont pas passé de contrat. Elles sont contraintes de se financer par elles-mêmes, mais elles peuvent recruter soigneusement leurs équipes et choisir leurs méthodes pédagogiques par rapport au besoin réel des enfants. Des relations de confiance et de respect se construisent entre les familles et ces écoles qui, bien souvent, changent la vie des enfants ayant la chance d’y être scolarisés. 

Les fondateurs et fondatrices de ces écoles sont vraiment courageux, mais accablés de difficultés de tous ordres : inspections à répétition, problèmes financiers, surenchère des normes de construction, risques juridiques difficiles à anticiper…

Certes indépendantes, les écoles vraiment libres ne doivent pas être laissées seules face aux difficultés administratives et judiciaires. Elles contribuent au bien commun. Elles doivent être soutenues. 

C’est pourquoi notre association Créer son école se tient fidèlement à leurs côtés depuis 20 ans.

Notre directrice juridique, Guyonne, est joignable 24h/24. Elle s’appuie sur un solide réseau d’avocats spécialisés. Elle aide notamment les écoles à se préparer aux inspections académiques et les conseille pour la rédaction de leurs documents administratifs. 

      ➝ Ainsi, cette année, elle a préparé 17 écoles aux inspections. 

Créer son école pilote et finance des recours contentieux pour défendre les droits et libertés des écoles. 

      ➝ Ainsi, nous agissons actuellement pour que les candidats au bac ne soient pas discriminés par l’Éducation nationale. C’est un diplôme national et tous les candidats, d’où qu’ils viennent, devraient pouvoir le passer dans des conditions égales. Or ce n’est pas le cas. Nos élèves ont 20 épreuves à passer sur deux ans, tandis que ceux de l’Éducation nationale n’en ont que 6 et valident tranquillement les autres matières au contrôle continu.

Nous concevons et mettons à la disposition des écoles des guides juridiques de droit social, de droit administratif, des contrats types et un kit juridique au service de leur sécurité juridique. À l’écoute de leurs besoins concrets, nous organisons des formations et accompagnements sur mesure, en allant sur le terrain pour être au plus près de leurs attentes.

      ➝ Ainsi, Alban, notre responsable réseau, s’est rendu dans 130 écoles cette année pour construire avec elles des plans de renforcement de leurs capacités et leur permettre d’être toujours plus robustes.

Pour motiver et soutenir moralement les écoles, nous organisons chaque année les Rencontres nationales de directeurs et directrices d’école indépendante. 

      ➝ Le 23 octobre dernier, nous avons ainsi réuni pas moins de 150 directeurs et experts à Paris pour une journée mémorable, au cours de laquelle les directeurs ont pu partager leur quotidien, échanger sur leurs expériences, trouver des solutions ensemble. À titre d'exemple, l’un de nos partenaires a pu leur présenter un outil révolutionnaire destiné à faire reculer la dyslexie.

Cet événement est la seule rencontre nationale de directeurs libres qui existe aujourd'hui en France, et elle a rencontré un succès fantastique.


Depuis la création de Créer son école, nous avons accompagné plus de 900 établissements scolaires par nos conseils, 700 par nos formations, 95 par nos dons. 

Et chaque année, grâce à Laurent, ce sont aussi des dizaines d’écoles qui reçoivent gratuitement des milliers de livres d’occasion pour permettre aux enfants d’accéder à la littérature française classique qui fait notre culture commune et nourrit leur maîtrise et leur amour de la langue française.

C’est pourquoi je vous le demande aujourd’hui : pouvez-vous nous aider à continuer à soutenir et défendre ces écoles indépendantes en faisant un don à l’association Créer son école ? 

Votre don permettra d’insuffler le courage et d’apporter le soutien technique, pédagogique ou juridique indispensable aux écoles. Des enfants, grâce à vous, retrouveront le sourire et verront leur vie transformée. Votre don contribuera à préparer une France de demain qui soit cultivée et responsable.

Faire un don à Créer son école

Les recettes de l'Estonie, première de la classe en Europe, autonomie des écoles, discipline et respect

L'Estonie, qui compte 1,3 million d'habitants, arrive en tête des pays européens au classement Pisa, et à la quatrième place au niveau mondial. D'excellents résultats qui découlent d'un système très différent du nôtre, comme le détaille Kristina Kallas, ministre de l'Éducation estonienne.

Rentrée des classes à Tallinn (anciennement Réval en français) en Estonie


L'Estonie arrive en tête du classement, quel est votre secret ?

KRISTINA KALLAS. Tout repose, selon nous, sur le processus d'apprentissage. En Estonie, les écoles comme les enseignants ont beaucoup d'autonomie, à la fois dans leur façon d'enseigner mais aussi dans leur fonctionnement. Ce sont eux qui connaissent le mieux les élèves, et c'est notre force. Le ministre de l'Éducation n'a que très peu de pouvoir de décision. Ce ne sont pas les bureaucrates ou le ministère qui disent comment apprendre les maths aux enfants. Nous ne donnons pas, par exemple, les livres à étudier, ni les programmes à suivre. En revanche, nous avons des attendus très ambitieux sur les compétences que doivent maîtriser les élèves selon leur âge.

Chez vous, pas de réforme de l'enseignement ?


Certains principes n'ont pas changé depuis des décennies, c'est le cas de l'autonomie qui est fondamentale et qui n'a jamais été remise en cause. Les enseignants touchent le salaire moyen estonien, et ils sont très respectés dans la société. Même si cela change, comme ailleurs. Il y a une pression des parents mais nous les impliquons dans l'école pour qu'ils aident les élèves à atteindre les objectifs.

Les mathématiques sont-elles une discipline majeure de l'enseignement ?


En 6e, il y a quatre heures de maths par semaine, et en 5 e et 4 e, c'est plutôt cinq heures. Mais ceci est une moyenne. Encore une fois, chaque collège et chaque enseignant sont libres d'utiliser certaines heures pour d'autres matières, étudier la presse ou faire davantage de mathématiques.

L'école n'est pourtant obligatoire qu'à partir de 7 ans...

Nous sommes le pays d'Europe où l'école obligatoire commence le plus tard, en effet. Mais l'importance n'est pas le nombre d'années que vous passez à l'école, c'est comment vous apprenez. La preuve : à 15 ans, nos élèves ont tout à fait le niveau. Nous sommes aussi l'un des pays où il y a le moins de jours de classe par an : 175 en moyenne. De même, les journées terminent généralement vers 14 heures ou 15 heures. Le nombre d'élèves par classe est limité par la loi à 24 en primaire. Mais il est exceptionnel d'atteindre ce chiffre, cela doit arriver uniquement dans des écoles de la capitale, Tallinn. En moyenne, nous sommes à 18 élèves par classe. Au lycée, les classes sont de maximum 36 élèves, mais la plupart des enseignements se font en demi-groupes. L'une de nos forces, c'est que nous ne faisons pas de groupes de niveau, tous les élèves sont dans la même classe, il y a très peu de séparations des plus faibles qui sont entourés d'élèves qui les stimulent.

Le numérique a-t-il une grande place à l'école ?


Le numérique n'est pas magique, c'est un outil comme un autre. Nous ne parlons pas de marque de tablette mais seulement des compétences que cela peut apporter aux élèves et ce que ça peut apporter en termes d'enseignement aux professeurs. Nous avons commencé à travailler sur les compétences numériques il y a cinq ans, en proposant aux enseignants d'y être formés. Ainsi, quand ils ont dû donner des cours en ligne au moment de la pandémie de Covid, en 2020, ils ont su faire et ils avaient le bagage pédagogique. Il en va de même avec l'intelligence artificielle, elle ne doit pas être bannie de l'école mais il faut voir quels outils pédagogiques elle peut apporter. Cela peut, par exemple, donner le temps au professeur pour faire de la pédagogie individualisée. Je ne crois pas qu'il faille réguler son utilisation mais garder un esprit ouvert sur tout ce que cela peut nous apporter.



Source : Le Parisien

vendredi 8 décembre 2023