lundi 11 septembre 2023

Programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) contient des notions de « discrimination systémique », un concept rejeté par Legault...

Le cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), qui remplacera l’an prochain celui d’Éthique et culture religieuse (ECR), contient des notions de « discrimination systémique », un concept longuement rejeté par le gouvernement de François Legault.

Selon des documents pédagogiques fournis aux enseignants cet été, cette idée fera partie des notions qui pourront être enseignées dans les classes de 4e secondaire lorsque se mettra en branle l’année 2024-2025. Même chose pour l’« appropriation culturelle », l’« ethnocentrisme », ou encore le « profilage racial », des notions qui apparaissent toutes dans le cursus de cinquième secondaire du Programme de formation de l’école québécoise.

Le premier ministre François Legault n’a jamais reconnu les termes « racisme systémique » et « discrimination systémique ».

Appelé à le faire à plusieurs reprises en 2020, il s’est contenté de répéter comme un leitmotiv qu’« il y a du racisme au Québec », mais que « la majorité des Québécois ne sont pas racistes ». Et surtout : « on ne peut pas prétendre que le système dans son ensemble est raciste », a-t-il maintes fois affirmé.
 
« Développer l'esprit critique face à ses concepts »  ?

Jeudi, la porte-parole [du parti d'extrême gauche] Québec solidaire en matière d’éducation et candidate au poste de co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal, a incité le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, à ne pas s’immiscer dans le dossier, même si la discrimination systémique n’a pas été reconnue par son gouvernement.

« Le programme a été pensé par des experts, des spécialistes de ces enjeux qui vont être enseignés aux élèves. S’ils trouvent que c’est pertinent de l’enseigner, c’est important que ça reste », a-t-elle dit en entrevue au Devoir.

Lancé à ce sujet, le cabinet de M. Drainville a assuré qu’aucun changement ne serait apporté au cours. « Les concepts présentés font partie du débat public et sont donc sujets à la discussion et à la réflexion critique. Il est donc souhaité que de tels concepts soient abordés afin que les élèves puissent en discuter et en débattre, développer un esprit critique face à ces concepts, et en bout de ligne, se faire une tête par eux-mêmes », a indiqué dans une réponse écrite l’attachée de presse du ministre, Florence Plourde.

Selon le porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Pascal Bérubé, le gouvernement doit à tout prix « faire en sorte que le nouveau cours de Culture et citoyenneté ne soit pas empreint d’une idéologie particulière ». « On peut certes enseigner le débat autour de ce terme, mais pas le présenter comme notion éducative, alors que plusieurs sont d’avis que cette théorie n’est pas du tout applicable au Québec », a affirmé l’élu péquiste dans une déclaration écrite.

La présidente de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse, Line Dubé, rappelle que les concepts enseignés dans le cadre du nouveau cours de CCQ seront « objectivés ».

« Ce qui est demandé à l’enseignant, c’est que, peu importe le sujet à l’étude, il a une obligation de neutralité. On tend le plus possible à rester dans ces paramètres. Parce que presque tout le programme porte sur des questions socialement vives ou sensibles », a-t-elle souligné au Devoir. « Donc, comme prof, on ne doit pas exprimer son opinion. »

Les écoles du Québec dispenseront le cours de CCQ à partir de la prochaine rentrée automnale. Quoique dès cette année, une période de transition offre aux enseignants le choix de donner l’ancien cours d’ECR ou le nouveau. Il vise à transmettre aux élèves des aptitudes pour « participer de manière éclairée et active à la discussion collective ». Les sujets abordés vont des violences sexuelles aux institutions démocratiques et juridiques, en passant par la diversité de genre et l’écocitoyenneté.

Source : Le Devoir

Des puces sous-cutanées pour remplacer les cartes magnétiques, les clés ou le passeport ?

Une entreprise avait proposé à ses employés de leur implanter la puce de leur badge d’accès directement sous la peau. Désormais, des sociétés comme comme Vivokey ou Walletmor proposent de greffer une puce sur le dos de la main pour remplacer les cartes bancaires, les clés de voiture, ou même les passeports biométriques et la carte vitale.

Jusque-là il s’agissait de simples transpondeurs, mais de l’« intelligence » et des fonctions de cryptage ont en effet été ajoutées aux puces.

« Il y a quelques années, on trouvait ridicule de payer avec son téléphone. Qui sait ? Peut-être que demain, on trouvera génial de payer avec le dos de la main ».

Un « pouvoir de contrôle social »

« Voilà des années qu’on en implante aux chiens pour les identifier ». Pour autant, tout le monde ne sera pas prêt à se faire implanter de telles puces. « Une technologie ne doit pas simplement être pratique. Elle doit aussi être acceptée socialement et culturellement ».

Se rend-on compte du « pouvoir de contrôle social et de domestication de l’individu » qui accompagne ce type de technologie ?, interroge l’éditorialiste Mathieu Bock-Côté qui « redoute l’effet politique d’un changement technologique auquel par ailleurs plusieurs consentent ». En Suède, 4000 personnes utilisent déjà un dispositif de ce type.

« La prochaine étape est le consentement au fait de devenir des cyborgs d’une certaine manière », anticipe-t-il. « L’individu accepte désormais d’être fiché, pucé, parce qu’apparemment ça va lui simplifier la vie, dénonce l’éditorialiste. Le big brother bienveillant se présente à nous. »

 

Sources : France Info, Anicet Mbida (4/IX/2023) ; CNews (5/IX/2023)

New York noyée sous une déferlante historique de soi-disant réfugiés

Depuis quatre mois, des immigrants sans papiers débarquent au rythme de 2 400 personnes par semaine, par bus ou par avion, en groupe ou isolément. Sur une année, le chiffre, effarant, s’élève à 110 000 âmes errantes. Selon le maire de la ville cette vague « menace de détruire New York ».

Soi-disant réfugiés attendent, fin juillet, à Manhattan, d'être logés à l'hôtel Roosevelt

New York étouffe. Une vague de chaleur accablante écrase la cité en pleine rentrée scolaire, rattrapée par un scandale aux proportions imprévues. Depuis quatre mois, des immigrants sans papiers débarquent au rythme de 2 400 personnes par semaine, par bus ou par avion, en groupe ou isolément. Sur une année, le chiffre, effarant, s’élève à 110000 âmes errantes. Ils sont encore 62000 à dépendre des services municipaux, tandis que les autres sont redirigés vers des communautés rurales, à une ou deux heures de route, dans des hôtels épars. Leurs origines ? À 41% vénézuéliens, 18% équatoriens, 13% colombiens, sans compter quelques centaines de Russes transitant par le Mexique, eux aussi.

dimanche 10 septembre 2023

Congrès du Parti conservateur du Canada: pour la protection des mineurs contre les chirurgies de changement de sexe

Les militants conservateurs réunis en congrès à Québec ont envoyé à leur chef le message que le parti devrait sauter à pieds joints dans le débat sur les droits des personnes transgenres et non binaires.

Les délégués conservateurs ont massivement appuyé deux propositions, dont une interdisant les chirurgies de changement de sexe chez les mineurs, à 69% contre 31%. Même les délégués du Québec ont voté pour cette proposition à 58 %.

Les militants ont aussi voté, à 87%, pour interdire aux hommes biologiques d'avoir accès aux espaces intimes des femmes (tels que les toilettes, les douches et les prisons) et aux sports féminins. 

Une politique anti-euthanasie plus ferme a été adoptée, avec 71 % de votes positifs. Elle s'oppose explicitement à l'extension du régime de mort sur demande de Trudeau aux personnes déprimées, aux malades mentaux, aux pauvres et aux handicapés, ainsi qu'aux personnes qui ne sont pas en phase terminale. Cette complétée par une politique de soins palliatifs et une politique nationale de soins aux personnes âgées qui, si elles étaient mises en œuvre par un gouvernement conservateur, réduiraient la demande d'euthanasie.

Une autre proposition notable qui promeut le respect des enfants à naître et de la maternité, bien qu'indirectement, provient de l'association de Louis-Saint-Laurent. Elle engage le PCC à éliminer la taxe fédérale sur les «produits essentiels pour la maternité et les nouveau-nés».

Les 30 résolutions débattues par les militants ce samedi sont non contraignantes. C’est-à-dire que M. Poilièvre pourra les ignorer s’il le souhaite au moment de l’élaboration de la prochaine plateforme électorale.  

Les prétendus « droits des personnes transgenres et non binaires » font l’objet d’un débat politique de plus en plus intense au Canada anglais.  

Le Nouveau-Brunswick a récemment adopté une loi qui oblige les enfants de moins de 16 ans à obtenir le consentement parental avant de changer leur prénom ou leur pronom à l’école.

Le premier ministre Justin Trudeau a vertement critiqué le gouvernement de Blaine Higgs, qu’il a associé à la droite dure américaine.  

En réponse, Pierre Poilievre a demandé au premier ministre canadien de «laisser les provinces gérer les écoles, et les parents élever leurs enfants». 

Contre la discrimination positive

Les délégués conservateurs ont aussi voté massivement en faveur d’une résolution visant à abolir la discrimination positive dans les embauches au sein d’organismes de recherche recevant des fonds fédéraux, à 95% contre 5%.  

«Il faut se débarrasser de ces politiques wokes», a dit au micro un militant d’origine asiatique, qui souhaite «être reconnu pour ses compétences, et non pour son origine ethnique».  

Ils ont aussi voté à 80% en faveur d’une résolution visant à abolir les ateliers obligatoires de sensibilisation à la diversité et à l’inclusion en milieu de travail. 

La partialité de Radio-Canada 

Reportage de la SRC ci-dessous, évidemment, Radio-Canada n'a invité aucun opposant aux traitements et aux chirurgies (stérilisation, castration, ablations des seins) avant 18 ans, ni aucune personne ayant regretté sa transition. Et bien sûr, les commentaires sont désactivés.

 


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Euthanasie — une femme belge étouffée avec un coussin

Le 29 mars 2022, les produits utilisés pour euthanasier une femme belge âgée de 36 ans n’étant « pas suffisants », le médecin et les deux infirmières présentes l’ont étouffée avec un coussin. Le parquet en a été informé et les faits ont pu être constatés par un médecin légiste avant ses funérailles.
 

En décembre 2021, les médecins avait annoncé à Alexina, originaire d’Oupeye, qu’elle était atteinte d’un cancer incurable et qu’il ne lui restait qu’un an à vivre. Son état s’est dégradé de manière critique en mars 2022. Les deux infirmières qui s’occupaient d’elle à domicile ont alors appelé le médecin de famille pour l’euthanasier.

Mais la procédure ne s’est pas passée « comme prévu » et Alexina a été étouffée sous un coussin. Son compagnon et sa fille se sont constitués partie civile contre le médecin et les deux infirmières.

 

Sources : 7 sur 7 (06/09/2023) ; RTL (06/09/2023)

11 septembre 1758 — Gaspé est réduite en cendres par les Anglais

Le 21 août 1758, James Wolfe reçut l’ordre de se rendre dans la Baie de Gaspé et de tout détruire. Ce sera fait le 11 septembre: désertée de ses habitants, Gaspé est réduite en cendres. Tous les bateaux, entrepôts, filets et poissons séchés furent brûlés par Wolfe et ses hommes.


samedi 9 septembre 2023

Kayla/Kerry Lemieux, l'enseignant aux prothèses mammaires XXXL, suspendu ; les parents soulagés (m à j)

«Kayla» Lemieux, l'enseignant qui se disait être une femme, s'est présentée à l'école habillé en homme et sans ses prothèses mammaires de taille Z, alors qu'on apprend qu'il s'identifie désormais comme un homme et qu'il utilise son vrai nom, "Kerry".

Un garde a escorté "Kayla" Lemieux jusqu'à l'école et on l'a vu sans sa perruque blonde caractéristique et sans ses prothèses mammaires gigantesques qui avaient semé le trouble l'automne dernier.

L'année passée, Lemieux avait proposé comme excuse qu’il était atteint de « gigantomastie » et que ses seins n’étaient pas faux...



 Billet du 8 mars 2023

Kerry « Kayla » Lemieux, l’enseignant prétendument transgenre d’Oakville en Ontario qui paradait dans son école avec des prothèses mammaires massives et un accoutrement impudique, aurait été mis en congé payé.

Kerry Lemieux en classe (à gauche) et dans la rue (à droite) selon le New York Post
 

Une enquête du New York Post a conclu que « l’expression de genre » féminin de Lemieux était incohérente ou non sincère. Lemieux a proposé comme excuse qu’il était atteint de « gigantomastie » et que ses seins n’étaient pas faux.

Comme l’a rapporté le Toronto Sun, « si ces affirmations de Lemieux ne sont pas certifiées par un docteur, il est impossible pour que cet enseignant retourne en classe. »

Ce dernier chapitre de la saga a suscité la colère politique et embarrassé davantage le conseil local scolaire qui a longtemps défendu le comportement outrancier de Kerry Lemieux.

« Cela aurait dû arriver il y a six mois », a déclaré Celina Close, parent d’Oakville, au New York Post jeudi. Al Saplys, dont l’enfant est en 12e année à l’école, partage cet avis. « C’est la bonne chose à faire », a-t-il déclaré. « Je suis heureux qu’il ait été mis en congé administratif. » Le père a ajouté : « Très franchement, c’est une distraction dont personne ne voulait plus et cela aidera à ramener l’école à un niveau de normalité. »

L’école a fait l’objet d’alertes à la bombe incessantes et d’avertissements de violence armée depuis que des images de Lemieux portant des prothèses mammaires gigantesques dans sa salle de classe sont devenues virales l’année dernière.  

Les parents espèrent que les menaces s’atténueront avec l’absence de Lemieux. 

Source

vendredi 8 septembre 2023

Comment l'école prive nos enfants d'instruction

Dans « La Grande Garderie »*, Lisa Kamen-Hirsig (ci-dessous) raconte ses batailles quotidiennes pour accomplir sa mission : transmettre des connaissances à ses élèves. Malgré les consignes de l’Éducation nationale, déterminée à leur épargner les contraintes du par cœur et de la discipline pour rendre l’enseignement « ludique ». Extraits.

ÉDUCATION SEXUELLE

Puisque l’école est considérée comme un domaine régalien en France et qu’elle doit dispenser 36 séances d’éducation sexuelle à chaque élève du CP (6 ans) à la terminale (17/18 ans), l’éducation sexuelle des petits Français devient, de fait, un domaine régalien. Le prétexte tout trouvé est la « lutte contre les inégalités de genre ». Sous couvert de promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons et de lutter contre les violences faites aux femmes, armés de chiffres massues (il y a 75 millions de grossesses non désirées dans le monde, 81 % des femmes ont déjà été harcelées dans un lieu public en France…), on impose à tous les gamins dès le CP de parler de sexe à l’école. Le domaine le plus intime de la vie privée est aujourd’hui entre les mains de l’État.

jeudi 7 septembre 2023

Sondage — Parents sont très favorables au retour de l'autorité, s'opposent à l'éducation sexuelle au primaire

L’édition n° 3 du Baromètre IFOP/SOS Éducation - Les parents notent l’école est sorti. 

Les parents sont très majoritairement favorable à des réformes qui permettent le retour de l'autorité, afin d'enrayer cette baisse du niveau.

Les parents demandent à l’école d’instruire et de protéger pas d’endoctriner ni de mettre en danger. Il faut que cela change!

70% des parents d’élèves de primaire sont contre l’éducation sexuelle à l’école. Les parents attendent de l’École qu’elle instruise dans un cadre protecteur. 

 


Cliquez sur les images ci-dessous pour les agrandir










mercredi 6 septembre 2023

« L'Éducation nationale est gangrénée par l'égalitarisme »

Professeur des écoles, exerçant son métier dans un établissement privé sous contrat, Lisa Kamen-Hirsig tape du poing sur le bureau. Dans un entretien sans fard, elle décrit la dégradation de l’école à laquelle elle a assisté. Elle est aussi l’auteur d’un livre choc contre l'idéologie qui a conduit au naufrage des élèves français dans les classements internationaux.

Lisa Kamen-Hirsig (ci-contre) raconte dans « La Grande Garderie » comment l’école a abandonné sa mission fondamentale : transmettre le savoir.

— Emmanuel Macron a donné des indications sur ce qu’il voulait faire de l’école la semaine dernière dans « Le Point ». Que pensez-vous de ses déclarations ?

— Je les ai trouvées floues et souvent contradictoires. Le président emploie une rhétorique très martiale – l’école appartiendrait au « domaine réservé » du président – qui dément sa volonté affichée d’accorder plus d’autonomie aux établissements. Mettre les élèves à genoux en classe, pour reprendre l’exemple qu’il donne en matière de liberté pédagogique, ne me paraît pas relever du régalien ! Il ne dit rien de neuf quand il annonce qu’il veut fabriquer des citoyens respectueux de notre République. Plus urgent, il faut s’attaquer à ces nouvelles religions que sont l’égalitarisme, l’antiracisme, l’écologisme… Ce que l’Éducation nationale appelle désormais les « valeurs républicaines ». Pour atteindre ces objectifs, encore faut-il que l’école dispense le savoir, forme l’intelligence des enfants, les rende libres et responsables. Si elle produit des générations d’analphabètes, rétifs à l’effort et ignorants de leur histoire et de leurs institutions, ils finissent par ne plus rien respecter !

— Justement, le président insiste sur l’importance des savoirs fondamentaux…
 
— Pourquoi pas mais lesquels ? Quid, par exemple, de cette étude hebdomadaire d’un « grand texte fondamental sur nos valeurs » qu’il a évoqué ? J’attends avec curiosité sa liste ! Je crois au contraire qu’il faut maintenant alléger, et vite, les programmes. Ce retour aux fondamentaux n’est pas, lui non plus, une nouveauté. de nombreux ministres de l’Éducation ont essayé et ont échoué, faute d’avoir pris la mesure des obstacles ! La lâcheté d’une partie des enseignants, qui n’osent plus exiger de leurs élèves un travail digne de ce nom, n’arrange rien. Il faut y ajouter le pouvoir de nuisance des inspecteurs généraux, dont Jean-Pierre Chevènement disait « Quand j’étais ministre de l’Éducation nationale, j’ai tout de suite vu que la moitié était à pendre, et l’autre à fusiller. » tout cela illustre la force d’inertie de la bureaucratie et des multiples « directions » très représentatives du millefeuille administratif français. À l’Éducation nationale, il y a 850 000 professeurs, et en plus 350 000 non-professeurs, un ratio délirant qui n’a pas d’équivalent chez nos voisins. N’oublions pas le pouvoir des syndicats… Quand Jean-Michel Blanquer a voulu réhabiliter la méthode syllabique, nombre d’enseignants ont refusé, se disant dépossédés de leur liberté pédagogique. Ils l’ont même écrit en toute impunité sur les réseaux sociaux, sans crainte d’être sanctionnés. Le problème de l’illettrisme a été pointé dès 1996 dans un rapport que François Bayrou a enterré pour ne pas insulter les instituteurs. Les ministres ont peur des grèves. En fait, les parents ne se rebellent que lorsqu’il n’y a personne devant leurs enfants. Certains montent même des collectifs « Un prof devant chaque classe ». Ils veulent que leurs enfants soient gardés, d’où le titre de mon livre, La Grande Garderie.

— L’influence du « pédagogisme » est-elle toujours aussi prégnante ?

— Elle subsiste à travers l’héritage des gourous comme Philippe Meirieu ou Jean Foucambert, le promoteur de la méthode globale. M. Foucambert reprochait à l’école de Jules Ferry d’être un instrument aux mains des bourgeois, destiné à « saigner » les classes laborieuses et qui aurait favorisé une philosophie de la réussite individuelle fondée sur le mérite pour écarter la réussite collective. Les pédagogues restent puissants donc nuisibles car la pédagogie se revendique comme une science et, vertu suprême, postule l’égalité intellectuelle des enfants. Il suffirait de les usiner pour les rendre aptes à apprendre !

— Certains ministres ont pourtant donné des directives pour simplifier les enseignements dans les quartiers dits « difficiles », pour ne pas « stigmatiser » les enfants issus de milieux modestes. N’est-ce pas là une forme de mépris social ?

— Philippe Meirieu, qui reste l’une des éminences grises du ministère, préconisait d’apprendre à lire dans les notices des appareils ménagers parce que c’est ce qui intéresse les masses… Si ça n’est pas du mépris de classe ! On prend les pauvres pour des idiots, incapables de s’intéresser à autre chose qu’à leur quotidien. On cherche à se rapprocher de ce qu’on suppose être leurs préoccupations : on ne leur parle que de leurs difficultés au lieu de leur offrir la mythologie, les contes fondateurs de notre civilisation et la littérature classique ! La culture est vue comme un fétiche qu’il suffirait d’arracher à la classe dominante. On ignore volontairement le cheminement individuel et les efforts qu’il suppose. François Dubet, un autre penseur du ministère, l’homme des IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) et du « socle commun », disait que les contenus du collège devaient être adaptés à « ce que doit savoir le plus faible des élèves quand il en sort »… On croit rêver ! L’Éducation nationale, institution toute-puissante, est gangrenée par le gauchisme et l’égalitarisme. Le plus terrible c’est que lorsqu’on constate l’échec de cette pédagogie catastrophique, au lieu de revenir au savoir et à la didactique, on prétend que c’est parce qu’elle n’a pas été appliquée avec assez de rigueur. Au lieu de s’inspirer des réussites du privé, de libérer l’école du monopole du ministère en ouvrant les écoles libres aux plus modestes par un financement public type chèque scolarité ou défiscalisation, on tente de supprimer le patrimoine culturel des classes dites « favorisées ». C’est le lit de Procuste (1) pédagogique et c’est aussi un signe de mépris social.

— Le problème ne se situe-t-il pas aussi à la source, c’est-à-dire dès la formation des profs ?

— Si, bien sûr ! Les formations des enseignants consistent essentiellement à leur expliquer qu’ils ne doivent pas imposer leur savoir : ce serait faire violence aux élèves, qui possèdent tout en eux ! Le mode de recrutement et le statut de fonctionnaire des professeurs participent eux aussi à la médiocrité du système. En quoi un concours passé à 20 ou 25 ans garantit-il des compétences et une motivation à vie ? Pourquoi ne pas laisser les collectivités libres de recruter sur contrat des élèves du supérieur, experts dans leur discipline et formés pour l’enseigner ? De nombreux pays le font, parmi lesquels la Finlande [moins récemment] qui squatte le haut des classements Timms (2) et Pisa (3) depuis longtemps… Et bien sûr, un directeur devrait pouvoir licencier un mauvais professeur. Les enseignants, qui sont sur un marché où la demande est supérieure à l’offre, y gagneraient aussi. Ils pourraient négocier leurs salaires et s’affranchir de la carte scolaire.

— Emmanuel Macron défend le collège unique, que vous critiquez. Par quoi faudrait-il le remplacer ?

— Le collège unique est un échec depuis sa création, en 1975 ! Pourquoi s’échiner à regrouper les enfants par âge, plutôt que par besoins ? On voit bien qu’en sixième, certains lisent couramment alors que d’autres ânonnent ! Fixons des objectifs de fin de troisième, avec un examen pour vérifier qu’ils sont atteints, mais laissons les établissements libres d’essayer ces groupes de niveau.

— Vous êtes particulièrement sévère avec les moyens mis en place par Jean-Michel Blanquer pour détecter et combattre le séparatisme. Il ne faudrait rien faire ?

— Le dispositif mis en place par Jean-Michel Blanquer revient à donner des coups d’épée dans l’eau. Il ne suffira pas de former les enseignants à la laïcité ou de mettre en place des « carrés régaliens » dans les écoles. Quant à l’interdiction de fait de l’instruction en famille et à l’obligation de scolarisation à 3 ans, elles réduisent les libertés de tous dans l’espoir de sanctionner les contrevenants. On a beaucoup entendu parler du lycée musulman Averroès, dans le Nord, où de nombreuses dérives ont été détectées. Eh bien, il est sous contrat avec l’État. Avant de pister les familles qui ont décidé d’instruire leurs enfants à la maison – et qui sont inspectées également – l’Éducation nationale devrait balayer devant sa porte.

Notes
 
(1) Procuste, brigand de l’Antiquité, étendait les voyageurs sur un lit trop court et leur coupait la partie du corps qui dépassait. 
(2) Timss (Trends in International Mathematics and Science Study) est une étude comparative qui mesure le niveau des connaissances scolaires des élèves de CM1 et de 4e en mathématiques et en sciences. 
(3) Le Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) est un ensemble d’études menées par l’OCDE auprès des jeunes de 15 ans, visant à mesurer les performances des systèmes éducatifs.

Source : Le Figaro Magazine