jeudi 28 octobre 2010

La cause ECR en Cour suprême du Canada suivie attentivement en Espagne

Comme on se le rappellera, les parents espagnols luttent contre l'imposition par leur gouvernement socialiste d'un programme d'éducation à la citoyenneté. Les parents ont présenté plus de 55 000 demandes d'exemption à ce programme. De nombreux juges locaux ont exempté les parents d'élève alors que la Cour suprême du pays a émis un jugement très controversé et politique empêchant ces recours au nom de l'objection de conscience. Décision qui n'a pas empêché des tribunaux régionaux de continuer d'accorder des exemptions.

Le 19 mars dernier, 305 Espagnols ont présenté un recours contre l’État au Tribunal européen des droits de l’homme à Strasbourg pour atteinte aux droits fondamentaux. Le recours inclut 105 cas de jeunes élèves pris à partie pour avoir contesté les matières enseignées au cours d'éducation à la citoyenneté comme la promotion de l'homosexualité comme un comportement normal (c'est aussi le cas au Québec).

Il est donc normal que les Espagnols s'intéressent aux combats des parents québécois qui s'opposent à l'imposition par un gouvernement d'une formation morale, philosophique et religieuse obligatoire donnée à tous les enfants qu'ils soient inscrits dans une école publique ou privée.

Nous reproduisons le début de l'article qui dresse un parallèle entre le combat des parents espagnols et québécois :



Coalitin pour la Liberté en ÈducationDesde hace dos años, los padres de Quebec (Canadá) libran una tenaz batalla muy parecida a la de los padres españoles para defender el derecho a educar a sus hijos según sus propias convicciones. Si aquí las amenazas se llaman Educación para la Ciudadanía (EpC) y educación sexual obligatoria de la Ley del Aborto, allí son los ‘Cursos de Ética y Cultura Religiosa’. En diferentes latitudes, estas iniciativas gubernamentales responden, en definitiva, a una misma pretensión:imponer a todos en la escuela una ética relativista, sin respetar el derecho de los padres a ser ellos quienes elijan en libertad la educación de sus hijos. Y aquí como allí, un ‘ejército de davides’ se enfrenta a Goliat con todos los medios legítimos a su alcance.
Ahora los padres canadienses, apoyados en su lucha por la Coalition pour la Liberté en Èducation (CLE) están de enhorabuena: el Tribunal Supremo de Canadá por fin les va a escuchar en su petición de que sus hijos queden exentos de cursar la materia escolar adoctrinadora.
El diario L’Express acaba de publicar esta buena noticia, que ofrecemos a continuación traducida al español por el equipo de Profesionales por la Ética.

Lire la suite de l'article en espagnol




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La politique québécoise des garderies risque de coûter encore plus cher

Les grèves tournantes entamées hier par les responsables de services de garde en milieu familial (RSG) se poursuivront cette semaine. Aujourd'hui, à Montréal, ce sera au tour de 1500 gardiennes d'enfants de débrayer et de manifester devant les bureaux montréalais du ministère de la Famille.


Ces débrayages des 12 800 travailleurs des services de garde en milieu familial affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) visent à augmenter la pression sur le gouvernement Charest.

Québec a entrepris en février dernier des négociations avec les puéricultrices en milieu familial pour la signature d'une première convention collective.

Les syndiqués réclament de meilleurs salaires et un régime de protection sociale qui leur donne droit à des vacances, à des congés payés, à des assurances collectives et à un régime de retraite.

Qui va payer ?

Les syndiqués réclament de meilleurs salaires. Mais qui paiera si ce n'est le Trésor public alors que c'est avec l'État qu'elles entament des négociations, demandent plus de subventions et ne peuvent demander plus des parents puisqu'il existe un réseau public de garderies qui facture à 7 $ la journée un service pour lequel il reçoit près de 42 $ de subventions quotidiennes. La concurrence est faussée et la solution pour le gouvernement actuel ne pourra que passer par un supplément de subventions.

Garderies non universelles

Rappelons que les garderies ne sont pas universelles, certains parents ne trouvent pas de place, d'autres préfèrent garder eux-mêmes leurs enfants pour des raisons affectives ou pédagogiques mais se voient discriminer financièrement pour ce choix légitime.

Une mesure nataliste douteuse

On prétend encore souvent que les garderies auraient permis d'augmenter la natalité, l'ennui c'est que la chose n'est en rien prouvée, car s'il y a bien eu une légère augmentation de la natalité (en rien un « baby boom »!) :
  • rien ne prouve que ce ne soit pas un effet de l'embellie économique des années 2000 (depuis 2009 et la crise financière, la natalité stagne au Québec, voir Baisse du nombre de naissances au Québec de janvier à juin 2010 et Essoufflement du « mini baby-boom » ?) ;
  • qu'on n'ait pas assisté à une simple anticipation des naissances, les familles ayant eu plus tôt les enfants qu'elles auraient eu plus tard (on avait fait ce reproche à la politique d'allocations à la naissance distribuées à la fin des années 80 et du début des années 90, alors que la natalité avait également rebondi);
  • que l'immigration croissante en provenance de pays féconds n'ait pas fait augmenter le nombre de naissances (avec ou sans garderies subventionnées donc).
Rappelons aussi que les garderies et les congés parentaux sont des mesures de retour au travail des femmes plutôt que des éléments d'une politique nataliste et c'est pourquoi les femmes qui veulent avoir des enfants, mais ne retournent pas au travail après la naissance de leur enfant, ne sont pas soutenues par l'État de manière aussi généreuse que leurs congénères qui retournent au bureau.

Investissements croissants dont le rendement s'effouffle ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 43 $/enfant par jour de subventions) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.



Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2010 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.


Voir aussi

Le Régime québécois d'assurance parentale, un gouffre sans fond, craint la FCEI

Garderies à 50 $, nouvelle promesse du PQ au coût de 1,5 milliard de $.

Les garderies ruineuses et non universelles (elles avantagent les femmes qui retournent travailler, pas les autres) du Québec augmentent-elles la natalité, font-elles des enfants mieux préparés ?

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école.






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mercredi 27 octobre 2010

France — Plus de notes en classe, mais l'évaluation des compétences ?

Alors que le Québec, après Genève, en revient de ses bulletins par compétences et rétablit après dix ans d'expérimentation des bulletins chiffrés plus compréhensibles pour les parents sans être dénués de défauts, voilà qu'en France certains voudraient se lancer dans cette aventure qui a si souvent échoué.







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Merci aux parents d'aller en Cour suprême

Nous reproduisons ci-dessous la lettre d'une mère d'écoliers de la région de Granby parue dans la Voix de l'Est de ce jour.

Merci à ces parents de Drummondville qui continuent à se battre en Cour suprême contre le cours d'Éthique et de culture religieuse afin que nous puissions retrouver nos droits pour la liberté de choix en éducation, et par le fait même pour la protection de la foi de nos enfants, quelle qu'elle soit.

Merci pour tous ces parents qui ont rempli une demande d'exemption qui a été refusée et qui continuent à se battre pour leurs convictions. Merci aussi aux parents qui ne l'ont pas fait, mais qui retirent quand même leurs enfants du cours. Oui, il y en a, mais peu de monde le sait parce qu'ils restent discrets.

Merci aussi à tous les professeurs qui prennent leurs droits de réduction de tâche pour éviter d'enseigner le cours ÉCR parce que ce cours va à l'encontre de leur conviction profonde. Ils sont nombreux à le faire pour ne pas avoir à subir des pressions de la part de leur direction, mais il y a peu de monde qui sait ça aussi. J'en ai quelques-uns dans mon entourage qui me l'ont confirmé.

Chers parents je ne veux pas oublier vos enfants vous êtes tous et pour tous un exemple de courage, de volonté et de ténacité. J'admire votre détermination à rester debout et à poursuivre vos démarches en Cour suprême pour la liberté de choix en éducation et nos droits parentaux. Je ne pense pas choquer personne en vous disant «soyez grandement bénis pour tout ce que vous faites!» puisque le mot «bénir» signifie «dire du bien». Alors, je vous souhaite tout le bien possible et le succès de vos démarches. Nous sommes avec vous.

Jeannelle Cantin, Farnham




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Les droits parentaux avant tout

Nous reproduisons ci-dessous la lettre d'un jeune cégépien parue dans le Tribune de ce jour au sujet du fait que la Cour suprême a décidé de se saisir de l'affaire des parents de Drummondville qui demandaient pour leurs enfants l'exemption au cours ECR.

C'est avec soulagement que j'ai appris que la Cour suprême a accepté d'entendre l'appel des parents de Drummondville, lesquels demandent que leurs enfants soient exemptés du très controversé cours d'Éthique et culture religieuse (ECR), considéré incompatible avec leurs valeurs familiales.

Pour saisir toute l'ampleur du débat portant sur le cours d'ECR, il faut comprendre qu'il n'y a pas que des catholiques qui sont mal à l'aise avec celui-ci, mais aussi des citoyens évangéliques, des coptes (chrétiens égyptiens), des juifs et même des musulmans.

L'imposition du cours d'ECR a aussi été décriée par plusieurs individus athées et par divers groupes de pression laïcistes, le Mouvement laïc québécois notamment. Par ailleurs, des professeurs de philosophie ont critiqué le cours d'ECR comme étant une mauvaise approche pédagogique.

Le milieu nationaliste se sent également concerné par la question et identifie à juste titre ce cours comme une menace à notre identité. L'ADQ s'est prononcée pour un moratoire dès 2008, et en décembre 2009 une étude de l'Institut de recherche sur le Québec a clairement démontré que ce programme est un véritable endoctrinement multiculturel. La modification du cours d'ECR était à l'ordre du jour du Congrès des jeunes péquistes il y a trois semaines.

Même Québec solidaire, pourtant épris de diversité culturelle, a qualifié ce cours comme «problématique» dans un communiqué publié le 19 octobre dernier où il affirme qu'il faut en rediscuter. Bref, ce cours a été dénoncé par tous les segments de la société québécoise. Il n'est donc pas surprenant que le plus récent sondage indique que 76 % des Québécois sont en désaccord avec son caractère obligatoire (Léger marketing, mai 2009).

Soulignons que pour obliger les enfants à suivre des cours qui vont à l'encontre des convictions morales de leur famille, le gouvernement a supprimé le libre choix en matière d'éducation religieuse en altérant l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (et cela sans jamais consulter la population).

L'attitude du ministère de l'Éducation a été condamnée l'été dernier par le juge Dugré qui a tranché en faveur du Collège Loyola de Montréal (lequel avait demandé d'être exempté de cette partie du régime pédagogique en expliquant que le refus acharné d'accorder l'exemption «revêt un caractère totalitaire».

Espérons que le jugement de la Cour suprême sera favorable aux droits parentaux, ce qui permettrait à tous les Québécois de recouvrer le droit fondamental de déterminer la nature de l'éducation religieuse que reçoivent leurs enfants à l'école.

Clément

Étudiant en histoire et civilisation

Cégep de Sherbrooke




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Jean Morse-Chevrier on the Ethics and Religious Culture course going to the Supreme Court

DR. JEAN MORSE-CHEVRIER, psychologist and president of the Catholic Parents Association of Quebec, was talking on October 26th on Roadkill Radio, a B.-C. radio, about the Supreme Court of Canada’s recent leave to hear one of the most important cases concerning parental rights in Canada. The show is hosted by Terry O'Neill and Ron Gray.

Listen :

(50 minutes)





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mardi 26 octobre 2010

Ah, si la France avait rendu obligatoire le cours d'éthique de culture religieuse !

Rediffusion (première parution 28/XI/2007)

Selon le philosophe Georges Leroux, auteur du controversé nouveau programme obligatoire d'éthique et de culture religieuse, le cours sera axé sur le pluralisme, une façon de prévenir la violence survenue dans d'autres pays. De quels pays ? M. Leroux en cite un : la France. Selon lui, son cours, obligatoire l'année prochaine dès la première année du primaire, serait la seule solution pour éviter les heurts ethniques au Québec ! Vraiment ? Les écoles publiques françaises ont-elles enseigné l'intolérance, le refus du dialogue et le repli religieux des jeunes musulmans ? Et si le pluralisme et le relativisme moral faisaient en fait plus sûrement le lit du repli identitaire ethnique que les religions monothéistes universelles ?


Que dira Georges Leroux si l'intolérance venait à croître maintenant que son désir d'imposer le cours d'éthique et de culture religieuse a été exaucé ? Qu'il faut encore plus de rééducation, encore plus tôt ?

Europe — Tant les politiques d'assimilation « républicaines» que celles multiculturelles ont échoué

Émission de France Culture Du Grain à moudre du 25 octobre 2010.

C’est tombé comme un couperet, et c’est venu de la bouche de la chancelière allemande : « L’approche multikulti a échoué, complètement échoué ». 

C’est avec ces mots qu’Angela Merkel a enterré le week-end dernier ce qui a façonné pendant des années l’idée que nos voisins se faisaient d’un pays moderne ouvert à l’immigration ; le « multikulti », traduction gentille et ironique du concept de « multiculturalisme », avait été théorisé par les Verts à la fin des années 1980 comme le droit de chacun à conserver ses traditions religieuses et culturelles. Les débats du milieu des années 2000 sur la Leitkultur, cette culture de référence à laquelle les conservateurs allemands demandaient aux immigrés de se conformer, avait déjà brisé ce consensus.

Mais depuis l’été, c’est une polémique enflammée et désinhibée, – inédite dans sa forme comme dans son fond - qui traverse l’espace public allemand  ; depuis deux mois, il ne se passe pas un jour sans un émission d'affaires publiques où viennent s’affronter conservateurs, progressistes, intellectuels d’origine turque ou travailleurs sociaux sur la question de l’intégration ou de l’immigration. Au cœur de cette agitation, se trouve un livre, devenu en quelques semaines un énorme best-seller, un livre signé par un ténor du Parti social-démocrate, Thilo Sarrazin, qui prétend que l’immigration fait courir l’Allemagne à sa perte.

Écoutez :

(39 minutes)

Invités :
  • Anne-Marie Le Gloannec , spécialiste de l’Allemagne Directrice de recherches au CERI ;
  • Julien Landfried, cofondateur et directeur de l’Observatoire du communautarisme ;
  • Béatrice Durand, enseignante au Lycée français et à la Freie Universität de Berlin.

Extraits :
« Les Verts Allemands ont pour consigne de ne plus utiliser le terme “multiculturel”, il est très dévalorisé. »
« Il y a des causes économiques [à cet échec de l'intégration], mais il y a aussi des causes culturelles. » Référence à l'ouvrage d'Hugues Lagrange.
« Le multiculturalisme est critiqué pas uniquement parce qu'on considère que les immigrés ne s’intégreraient pas ou ne s'assimileraient pas, ce qui est tout à fait différent. C'est aussi parce que les sociétés d'accueil n'y gagnent pas ce qu'on leur avait promis. La société apaisée, métissée, couverte de toutes les vertus n'existe pas. C'est un mensonge. C'est une idéologie. Les classes populaires qui en paient le prix se révoltent contre cela. »
« Les principes républicains tournent à vide, si on ne comprend pas que la France n'est pas née en 1789. Elle s'enracine autrement. »





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Supplément éthique : l'interruption volontaire de vieillesse (IVV)

Nestor Turcotte, le philosophe de Matane, a publié cette lettre ouverte.

Des voix, de plus en plus nombreuses, demandent que l'État légifère pour que l'on puisse mettre fin à la vie terrestre de grands malades, voire d'enfants anormaux. Elles demandent une législation du « meurtre par pitié » ou « meurtre par compassion ». La question est de savoir si cette permission légale servirait le bien commun, si cette loi serait un gain pour la société ?

Photo Gregory Younger/Flickr
Le docteur Crick

Sauf une ou deux exceptions, aucun pays n'a osé légaliser explicitement l'euthanasie. « La moindre tolérance à l'égard du meurtre euthanasique, affirme un médecin bien connu en France, aboutirait infailliblement à une interprétation large, ouvrant la porte aux pires excès. » Devant le vieillissement de la population, l'État ne serait-il pas tenté par une certaine euthanasie « sociale » ou « eugénique » ? Ne serait-il pas attiré par un monde « meilleur » où toutes traces de déficience, de tares plus ou moins graves, devraient être éliminées chez les humains ?

Selon certains, devant un bébé à naître mal formé, un pied-bot, un bec de lièvre, un strabisme, un angiome lie-de-vin qui défigure le visage humain, l'État devrait encourager les parents à procéder à l'illimitation de cet être portant des infirmités qui affligent l'enfant naissant et qui perturbent la vie des adultes en leur occasionnant bien des souffrances. Puisqu'il est possible maintenant de déceler les malformations du foetus avant la naissance, ne faudrait-il pas rendre l'avortement obligatoire dans tous ces cas et, dans l'hypothèse où les parents refuseraient de prendre cette direction, l'État ne devrait-il pas supprimer les prestations sociales accordées à la mère, comme l'a suggéré un médecin européen ?

La thèse du Docteur Crick fait de plus en plus d'adeptes. Celui-ci suggère une interruption de vieillesse légalisée et une sortie, dans la dignité, de cette vallée de larmes. Que faire avec les malades qui vivent dans nos hôpitaux psychiatriques ? Que faire avec ceux qui croupissent dans nos prisons et qui coûtent fort cher aux contribuables ? Devrait-on les éliminer pour sauver des sous ? Et en ce sens, pourquoi pas, afin d'assurer l'idéologie de la mort programmée, trouver ainsi de subtils moyens pour faire disparaître des ennemis politiques? Voilà, en quelques mots, la thèse de l'interruption de la vieillesse structurellement programmée.

On le voit bien: lorsque l'on commence à toucher à l'être humain, à manipuler la vie, le risque est grand de ne plus trouver les limites où s'arrêter. Selon une sommité en médecine européenne, «il faut bien se garder de mettre le doigt dans l'engrenage, car le meurtre est contagieux. À partir du moment où il est possible, tout est possible, y compris le génocide; pis, la glorification du génocide ». Le XXe siècle nous fournit plusieurs exemples. J'ai vu, en Pologne, les horreurs des camps d'Auschwitz !

Jean Rostand affirmait un jour : « Peut-être peut-on aimer assez pour commettre un crime, mais il faut que, légalement, cela reste un crime. » Est-il permis de tuer par amour ? La réponse ne doit pas venir d'une loi qui l'autoriserait, car ce serait affirmer que certaines catégories de meurtres peuvent être légalisés. L'euthanasie active ? Non ! « Dès que le respect de la vie n'est pas un absolu, les conséquences peuvent être terribles. En ce sens, nous sommes tous condamnés à la vertu », affirme toujours Jean Rostand. « Les forces de la vie doivent résister aux forces de la mort, celles qui poussent à des solutions de désespoir, comme supprimer la vie humaine, qu'elle soit encore en germe, ou qu'elle arrive à son terme. » C'est toujours l'agnostique Jean Rostand qui parle.

De la mosquée au Vatican

Quelle est la doctrine des trois grandes religions monothéistes (musulmane, juive et chrétienne orthodoxe et catholique) sur l'euthanasie?

L'Islam, par la voix du Coran, est explicite. La sourate 2 déclare qu'« il est interdit de donner la mort, si ce n'est à bon droit » ; à bon droit, c'est-à-dire la peine de mort pour un criminel si la sauvegarde de la société l'exige. Hors de ce cas, le meurtre est formellement condamné par l'Islam. La sourate 3 précise encore: « Ne vous tuez pas, car Dieu est plein de compassion pour vous. Quiconque tue sera passible de la géhenne éternelle. » La doctrine générale du respect de la vie s'applique également à l'avortement. Toute vie humaine doit être respectée du début à la fin. La vie et la mort dépend de Dieu.

Le judaïsme est tout aussi formel au sujet du respect de toute forme de vie humaine. Pour le monothéisme juif, c'est Dieu qui donne la vie. Aucune autorité humaine ne peut se permettre, pour quelque motif que ce soit, d'en disposer d'une façon délibérée, qu'il s'agisse de sa propre vie, dans le suicide, ou de celle d'un autre, dans l'homicide. « Toutes les vies m'appartiennent. L'âme du père comme celle du fils, c'est à Moi qu'elles appartiennent », lit-on au livre d'Ézéchiel.

Les chrétiens orthodoxes, par la voix du théologien russe de l'émigration Olivier Clément va dans le même sens: « L'euthanasie n'a pas de sens dans la mesure où nous croyons que la vie terrestre est seulement un moment du destin de l'homme, que ce destin traverse la mort, et que, en Christ, la mort est vaincue. L'euthanasie est essentiellement le problème que peut poser une société nihiliste pour laquelle la seule réalité est la vie terrestre et qu'il faut avant tout éviter la souffrance. »

La doctrine catholique romaine sur le respect de la vie est la même que celle des chrétiens orthodoxes. Le pape Pie XII l'a rappelé d'une façon non équivoque le 29 octobre 1951 : « Tout être humain - même l'enfant dans le sein de la mère - tient le droit à la vie essentiellement de Dieu, non de ses parents ni de quelque société ou autorité humaine que ce soit. Il n'y a donc aucun homme, aucune autorité humaine, aucune indication médicale, eugénique, sociale, économique, morale, qui puisse disposer directement et délibérément d'une vie humaine innocente en vue de sa destruction. »

Pie XII, le 24 février 1957, devant une assemblée internationale de cinq cents médecins et chirurgiens précise sa pensée. La douleur n'a pas de valeur comme telle; elle ne prend sa dignité morale que dans la mesure où elle sert d'expression à l'amour de Dieu. Par conséquent, l'usage des anesthésiants pour calmer la douleur est légal. Toute forme d'euthanasie directe - administrer un narcotique dans le but de provoquer la mort - est illicite. Si, entre la narcose et l'abrègement de la vie, n'existe aucun lien causal direct causé par la volonté des intéressés, ou la nature des choses, et si, au contraire, l'administration du narcotique n'entraîne pas elle-même deux effets distincts (soulagement des douleurs et abrègement de la vie), elle est licite.

C'est la morale de la règle du double effet. Le médecin vise (effet direct) le soulagement la douleur mais entraîne (effet indirect) un raccourcissement de la vie terrestre. Il est donc possible, selon la pensée catholique romaine, de donner des calmants (effets directs) à un malade souffrant, sachant très bien que cela peut diminuer ses nombres de jours à vivre (effets indirects). Cette position est logique et totalement humane. Je l'adopte totalement. Sans passer par la commission sur le droit de mourir dignement !





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Suisse — Un guide de montagne sciait les croix des sommets, les « libres penseurs » pensent qu'elles devraient disparaître

En mars de cette année, un guide de montagne de 48 ans, Patrick Bussard, domicilié dans la région de Gruyère, avait été interpellé.

Il disait avoir agi pour des raisons spirituelles et souhaité ouvrir un débat public sur l'utilité des croix érigées sur les sommets des montagnes. Il avait précisé avoir demandé à sortir de l'Église. L'homme a admis avoir vandalisé en octobre dernier la croix érigée au sommet du Vanil-Noir, à Grandvillard. Le guide avait par ailleurs scié net, en février dernier, la croix des Merlas, située sur la commune de Bas-Intyamon, au-dessus de Grandvillard.

Reta Caspar
Cette fin de semaine,dans la presse dominicale alémanique, l'Association des libres penseurs suisses explique qu’elle veut limiter au maximum le nombre de croix ornant les sommets helvétiques. Contactée par le Blick, Reta Caspar, directrice de l’association, donne le ton. « Nous ne voulons pas de croix supplémentaires. La plupart ont été posées avant 1969. Aujourd’hui, il faut des autorisations pour en poser de nouvelles et nous voulons que les autorités soient le plus strictes possible. »

Les chrétiens bientôt minoritaires

Pour les libres penseurs, les montagnes sont un espace public qui n’a pas à être marqué par des symboles religieux. « D’autant plus dans un pays où les chrétiens ne seront bientôt plus majoritaires. Je suis sûre que le prochain recensement de la population montrera que la Suisse compte au moins 20 % de personnes sans confession », poursuit Reta Caspar. 20 % cela ne fait pas une majorité... Faut-il comprendre que cette association s'associe aux musulmans pour constituer cette nouvelle majorité ?

Polémique mesquine

Urs Wellauer fait justement partie de ces Suisses qui ne revendiquent pas d’appartenance religieuse. Mais ce guide de montagne n’en trouve pas moins l’idée des libres penseurs absurde : « En quoi ces croix gênent-elles ? Combien sont-ils, dans leur association, à monter régulièrement sur les sommets ? Ces croix font partie de notre culture. Elles sont là depuis des siècles pour certaines, et doivent rester pour des siècles encore. »

Le drapeau suisse, bientôt ?

« Ces gens qui luttent contre les croix cherchent à se donner une importance qu'ils ne méritent pas, conclut le valaisan Theodor Wyder, de la fondation Croix aux sommets. Responsable de l'érection d'une dizaine de croix depuis 1993. Il y a une minorité qui cherche à imposer sa volonté à la majorité des chrétiens qui compose ce pays. On est quand même encore dans un pays chrétien ! » Ironique, il conseille aux « libres-penseurs » de s'attaquer à la croix du drapeau suisse, quand ils en auront fini avec celles des sommets ou des salles d'école.

On se rappellera qu'au Québec, un professeur d'éthique et de culture religieuse a déjà demandé de supprimer la croix du drapeau québécois à ses jeunes élèves captifs qui lui étaient confiés.



Sources : Basler Zeitung, Blick (avec vidéo micro-trottoir unanime : gardons les croix, sondage du journal, moins de 10 % veulent l'élimination des croix).




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