Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
dimanche 19 juin 2022
samedi 18 juin 2022
Le Bescherelle se prononce contre le point médian de l'écriture inclusive
La référence en matière de grammaire et de conjugaison, publiée chez Hatier depuis 1913, jouit d’une notoriété qui ne faiblit pas. Certains de leurs manuels de conjugaison dépassent le million d’exemplaires vendus.
Le point médian
Ce signe veut marquer dans l’écriture inclusive une égalité entre masculin et féminin, comme dans « les artisan·e·s » (exemple tiré d’un manuel scolaire de 2017). Mais d’après le Bescherelle, il « ne contribue pas à simplifier l’orthographe » — ce qui n’est pas son but — et, plus fâcheux, « ne correspond pas à une prononciation ». Si le Bescherelle est irremplaçable pour apprendre la conjugaison de moudre, est-il une référence aujourd’hui ? Pour beaucoup de parents et d’enseignants, oui. Les éditions Hatier, qui revendiquent la place de numéro un en France du parascolaire (ouvrages destinés aux élèves en dehors de leur établissement), font vivre la marque avec succès depuis 1913.
Une référence… mais pas la seule
Le bibliothécaire et grammairien Louis-Nicolas Bescherelle (1802-1883) n’a pas laissé sur la langue la même empreinte qu’Émile Littré, Pierre Larousse, Maurice Grevisse ou même Édouard Bled. Un grand linguiste de notre siècle, Alain Rey, interrogé par l’AFP en 2013, s’étonnait même de la popularité de la marque.
Mais le succès d’une parodie, en 2014, a prouvé son immense notoriété, voire sa cote d’amour. Son créateur Sylvain Szewczyk avait eu l’audace de s’approprier le nom d’utilisateur @Bescherelle sur Twitter, de créer la marque « Bescherelle ta mère ». Il corrigeait les fautes de français les plus absurdes. Bescherelle avait alors créé son compte, @BescherelleFR. « C’était notre entrée sur les réseaux sociaux. Et c’était sympa de voir combien de gens s’intéressaient à la langue et aux fautes de français », dit à l’AFP Véronique Cabon-Tournier, des éditions Hatier.
Par moments, ce compte passe pour trop directif. En mars, il écrivait que « le mot après-midi est masculin et invariable ». Or, le féminin est fréquent à l’oral comme à l’écrit, ce que même l’Académie française reconnaît. Et la très officielle réforme orthographique de 1990 adoube « les après-midis ». « On connaît le système français, l’enseignement très centralisé, l’attachement au bien-parler et au bien-écrire… Ce besoin de références se fait ressentir. Mais nous ne sommes pas un dictionnaire ni une autorité qui légifère », commente l’éditrice du Bescherelle.Louis-Nicolas Bescherelle et son frère avaient pourtant publié en leur temps un Dictionnaire national tombé en désuétude face à ses concurrents. Ils affirmaient en introduction : « La langue a besoin non pas d’être bornée, mais fixée, ce qui est une tout autre chose. » Leurs successeurs se sont lancés dans d’autres aventures. Il y a 25 ans, ils s’attaquaient aux langues étrangères : l’espagnol d’abord, puis l’anglais, l’allemand, l’italien et le chinois. Ils publient, mercredi également, deux premiers ouvrages de mathématiques, Bescherelle maths école et collège.
« Pourquoi il faut rejeter le projet Century Initiative »
Texte de Rodrigue Tremblay, professeur émérite de sciences économiques à l’Université de Montréal et ancien ministre de l’Industrie et du Commerce québécois, paru dans Le Devoir.
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| « Il est établi aussi que les niveaux de vie dans le monde ne sont nullement liés à la taille démographique des pays. La réalité est plutôt l’inverse », affirme l’auteur. |
On prévoit que la population du Canada (37 millions d’habitants au recensement de 2021) atteindra 53 millions en l’an 2100, selon une progression démographique naturelle normale et une politique d’immigration moyenne. Or, le groupe d’hommes d’affaires et de quelques journalistes de Toronto baptisé Century Initiative propose plutôt que ce dernier chiffre soit doublé pour atteindre 100 millions d’habitants en l’an 2100. Pour ce faire, il faudrait que le gouvernement de Justin Trudeau adopte une politique d’immigration ultra-massive. [En réalité, Trudeau adopte déjà ces recommandations : 401 000 immigrants en 2021, 411 000 en 2022, 421 000 en 2023. Les conservateurs du Canada (anglais) sont d’accord : Pierre Poilièvre (et ses concurrents) ne s’oppose pas à l’augmentation de l’immigration annuelle à plus de 400 000 par an].
Avec un tel scénario démographique, la population du [Grand] Toronto passerait de 8,8 à 33,5 millions d’habitants, celle d[e l’agglomération de] Montréal gonflerait de 4,4 à 12,2 millions d’habitants, etc.
On peut prévoir que la mise en œuvre d’un tel projet, en plus de chambarder profondément le Canada dans sa composition démographique, provoquerait de multiples autres conséquences : congestion, pollution, surcharge des services publics en santé, en éducation et dans les infrastructures de transport, ghettoïsation, conflits linguistiques, criminalité, insécurité, etc.
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| Nombre d'immigrants au Canada 2000-2021 (avec prévision en pointillés pour 2022) |
Un argumentaire faible
Examinons de plus près les objectifs et arguments mis en avant par le groupe de pression de Toronto. Le premier objectif cité est la hausse du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) du Canada. Est-ce que la « grosseur pour la grosseur » peut être un objectif valable pour transformer de fond en comble la structure démographique d’un pays ? Avec un tel argument, on en arrive à l’idée douteuse que le niveau du produit intérieur brut (PIB) et une croissance boulimique devraient être au centre des politiques publiques. Qu’en est-il de la qualité et du niveau de vie de la population et de son bonheur ?
Avec le libre-échange avec les États-Unis depuis le 1er janvier 1989, le Canada n’a pas besoin d’une très grande population pour que son économie fonctionne efficacement. Dans ce contexte commercial, les entreprises canadiennes ne sont nullement limitées au seul marché canadien pour écouler leur production. Elles sont en position d’atteindre des niveaux de production élevés, générateurs d’économies d’échelle, en exportant une partie de leur production vers le grand marché américain.
Quand une population croît trop rapidement, cela peut fort bien s’accompagner d’une baisse générale du niveau de vie.
Une population fortement en progression exige des infrastructures supplémentaires (logements, hôpitaux, écoles, universités, infrastructures de toutes sortes, installations industrielles, etc.) et il faut des épargnes et des capitaux pour les réaliser. On calcule que, dans un pays industrialisé, les capitaux d’infrastructure représentent quatre fois le revenu national annuel.
Il est établi aussi que les niveaux de vie dans le monde ne sont nullement liés à la taille démographique des pays. La réalité est plutôt l’inverse. C’est ce que montre l’indice de développement humain des Nations unies, ce dernier étant une mesure des niveaux de vie et de la qualité de vie dans le monde.
En 2019, par exemple, les trois pays en tête de liste pour le niveau de vie et la qualité de vie étaient tous les trois des pays de moins de 10 millions d’habitants : la Norvège (5,3 millions), l’Irlande (5,0 millions) et la Suisse (8,5 millions).
Le deuxième objectif poursuivi par la coalition est de permettre au gouvernement canadien de jouer un rôle plus important sur la scène internationale. Il existe de nombreux pays qui sont très peuplés dans le monde, mais ce sont souvent des pays relativement pauvres, et leur poids démographique ne leur garantit guère une place enviable sur la scène internationale. Un pays de relative petite taille comme la Suisse a plus d’importance dans le monde que beaucoup de pays très peuplés.
Le troisième objectif consiste à remédier au vieillissement de la population et à la pénurie de main-d’œuvre. Les études montrent pourtant que l’immigration en tant que telle ne modifie guère la structure des âges d’une population, essentiellement parce que la majorité des immigrants arrivent au pays à l’âge adulte et à cause du programme de réunification des familles, lequel fait en sorte de faire venir des personnes immigrantes déjà âgées (époux, parents, grands-parents, etc.)
Quant à la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs, une immigration massive suscite une demande accrue de main-d’œuvre pour construire et équiper des infrastructures supplémentaires, ce qui est de nature à accentuer la demande globale de main-d’œuvre. L’économie peut alors faire face à une spirale sans fin de pénuries de main-d’œuvre avec des marchés du travail tendus en permanence, créés artificiellement et gonflés par une population qui croît trop rapidement par l’immigration.
Le groupe Initiative du siècle ne s’est guère préoccupé des conséquences de son projet migratoire extrême sur les Canadiens français en général, et sur la seule majorité politique qu’ils occupent au Québec. Si le gouvernement canadien allait poursuivre sur la voie d’un « Canada de 100 millions d’habitants » en faisant appel à une immigration ultra-massive, la place des Canadiens français au Canada ne pourrait que chuter considérablement au cours des décennies à venir.
En ce qui concerne le Québec, une des quatre provinces fondatrices du Canada en 1867, son poids démographique dans l’ensemble du Canada pourrait tomber en dessous de 10 % à la fin du siècle. Au Québec même, les francophones pourraient se retrouver en minorité sur le territoire de leurs ancêtres, pour la première fois en 500 ans.
À tout prendre, le gouvernement fédéral canadien devrait officiellement rejeter le projet du lobby Century Initiative. S’il devait s’en inspirer implicitement ou explicitement pour élaborer sa politique d’immigration, c’est à un véritable tsunami migratoire programmé que la population canadienne devra faire face au cours des prochaines décennies.
Voir aussi
L’Ontario perd des terres agricoles à un rythme effréné à cause de la croissance démographique
Canada — Faire passer l’immigration de 300 000 personnes par an à un million
L’initiative du Siècle (dont un des cofondateurs est Dominic Barton, actuellement ambassadeur du Canada en Chine populaire). En anglais uniquement.
Le patronat québécois reprend de plus belle sa campagne en faveur de l’immigration massive : 64 000 par année au Québec ! (1er avril 2021, ce n’est hélas pas un poisson d’avril)
Les Canadiens français deviendraient minoritaires au Québec en 2042 (long billet, graphiques)
Montréal : en 2031 les minorités visibles représenteront 31 % de la population
Natalité baisse au Québec depuis 7 ans, mais CS de Montréal devrait accueillir 5000 élèves de plus d’ici cinq ans [impact de l’immigration]
Chute importante prévue du français dans les foyers québécois
Québec — Trois nouveau-nés sur dix ont au moins un parent né à l’étranger
Canada — un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?
Institut Fraser : L’immigration massive nuit au bien-être des Canadiens en général ; les politiques d’immigration doivent être revues (étude de 264 pages)
« Le français pourrait disparaître de la fonction publique au Québec »
Extrême-Orient et Occident : le boum des femmes sans enfants
Disparaître ? de Jacques Houle : Regard franc sur l’immigration
Le monde a maintenant plus de grands-parents que de petits-enfants
La démographie vouerait la Loi 21 à l’échec à long terme selon Idil Issa
Démographie : Le gouvernement bruxellois lève en partie l’interdiction du port de signes religieux dans l’enseignement (article de 2019)
L’Ontario perd des terres agricoles à un rythme effréné à cause de la croissance démographique
La Fédération de l'agriculture de l'Ontario affirme que la province fait face à une augmentation des pertes de terres agricoles alors que l'étalement urbain engloutit des zones auparavant utilisées pour la production.
Les données du Recensement de l'agriculture de 2021 suggèrent que l'Ontario perd 319 acres (130 hectares) de terres agricoles par jour, ce qui équivaut à la perte d'une ferme familiale moyenne par jour ou encore 180 terrains de football (soccer) par jour.
Le vice-président de la Fédération de l'agriculture de l'Ontario, Mark Reusser, affirme que l'étalement urbain et les nouveaux quartiers d'habitation sont des facteurs majeurs contribuant à la perte de terres agricoles en Ontario, où seulement 5 % de la superficie terrestre constitue des terres agricoles exploitables.
Il ajoute que la COVID-19 et la guerre en Ukraine ont montré à quel point les chaînes d'approvisionnement peuvent être facilement perturbées et ont souligné l'importance d'une production alimentaire canadienne indépendante.
Son organisation, dirigée par des agriculteurs, demande aux gouvernements municipaux et à la province de mieux protéger les terres agricoles et la production alimentaire au cours de la planification de nouveaux secteurs résidentiels pour atténuer la crise du logement née de la croissance démographique très rapide née d'une immigration massive.
Selon M. Reusser, les terres agricoles ont des limites, mais elles peuvent constituer une ressource alimentaire perpétuelle lorsqu'elles sont bien traitées.
vendredi 17 juin 2022
France — Les élèves du hors contrat victimes d’une organisation chaotique du bac
Comme tous les autres candidats, les élèves de terminale des écoles hors contrat ont passé pour la première fois le nouveau baccalauréat. De nombreux dysfonctionnements sont pourtant pointés du doigt dans l’organisation de leurs épreuves.
À l’instar des événements du Stade de France, le passage du baccalauréat pour les élèves du hors contrat montre, lui aussi, les limites de l’État en matière d’organisation. Trois ans après l’entrée en vigueur du fameux « bac Blanquer », l’édition 2022 était la première à ne pas être impactée par l’épidémie de Covid-19. Pour la première fois, les nouvelles modalités du bac sont organisées pour les plus de 700 000 candidats : épreuves de spécialité, grand oral, part importante de contrôle continu,… Pourtant, les 4 000 élèves de terminale scolarisés dans le hors contrat ont jusqu’ici été confronté à différentes injustices, allant d’une différence de traitement dans les épreuves à la désorganisation de l’État.
De graves défaillances dans l’organisation
« En mai, lors des épreuves de spécialité, on a fait face à de nombreux dysfonctionnements, » signale à Famille Chrétienne Anne Coffinier, présidente de l’association Créer son école. Dans un communiqué publié il y a peu, l’association dénonce même « une négligence qui s’apparente à de la maltraitance. » En cause ? Les conditions d’organisation déplorables de nombreuses épreuves. Les exemples sont légion. Anne Coffinier cite par exemple celui-ci : « Alors que des élèves étaient convoqués dans l’immense Parc des expositions de Villepinte, il n’y avait aucune signalétique pour les guider. Pire : l’entrée indiquée sur leur convocation était fermée à clef. Les candidats n’ont pu y pénétrer qu’en entrant par un grillage déchiré… »
Pap Ndiaye à l’Éducation nationale, la mauvaise surprise
Le père d’une lycéenne passant son bac cette année raconte également le passage d’une épreuve orale de latin. Convoquée avec des camarades à 14 heures à la maison des examens d’Arcueil, sa fille se retrouve confrontée à une administration ne connaissant pas l’existence de cette épreuve et à l’absence de l’examinateur. Ce dernier arriva finalement avec deux heures de retard et divisa alors le groupe en deux. La première partie put passer l’épreuve, l’autre devait revenir le lendemain. Ces défaillances ne sont malheureusement pas des exceptions regrette Anne Coffinier qui expose d’autres exemples hallucinants. « Lors des épreuves de spécialité, les convocations ont souvent été envoyées au dernier moment aux établissements. Par exemple au collège Stanislas, à Paris, lors des premières épreuves, l’établissement avait été prévenu qu’il était centre d’examen la veille à 20 heures… Le lendemain à 9 heures, quand les candidats se sont rendus sur place, rien n’était prêt bien sûr ! » Antoine, élève de terminale dans un établissement hors contrat de région parisienne a conscience du désintérêt de l’Éducation Nationale pour eux : « On est la cinquième roue du carrosse ! À presque toutes mes épreuves, je sentais l’exaspération des examinateurs de devoir faire passer l’examen à des élèves du hors contrat ! »
« Un bac à deux vitesses »
Dans le nouveau baccalauréat, 40 % de la note finale est attribuée au contrôle continu. Pourtant, cette nouveauté ne concerne pas les candidats du hors contrat. Les notes reçues pendant l’année dans ces établissements ne sont pas reconnues par l’Éducation Nationale. Les élèves ont donc dû passer des « épreuves ponctuelles » dans chaque matière afin de remplacer le contrôle continu. Antoine témoigne : « On a le sentiment que les épreuves que nous avons passées sont plus dures que le contrôle continu dans les lycées publics et sous-contrat… La perspective de jouer toute sa note sur une épreuve plutôt que sur l’ensemble des notes de l’année est tout de même assez stressante ! » « On a donc un bac à deux vitesses, dénonce Anne Coffinier. Tout le monde a le même diplôme mais les gens le passent différemment. Cela montre bien que ce sont des élèves de seconde zone pour l’Éducation Nationale ».
Pourtant, ces difficultés ont-elles été mises volontairement sur la route des candidats du hors contrat ? « La question de l’intentionnalité est toujours compliquée… Ce que je sais c’est que l’Éducation Nationale ne souhaite pas le développement des écoles indépendantes. On cherche à leur compliquer l’existence pour les décourager, ça c’est clair ! » Afin de faire toute la lumière sur les défaillances du bac 2022, l’association Créer son école a demandé la constitution d’une commission d’enquête afin de définir les responsables d’une telle désorganisation et obtenir une compensation pour les élèves ayant subi des préjudices. Affaire à suivre donc…
Source : Famille chrétienne
jeudi 16 juin 2022
Justin « La Science » s'accroche inexplicablement à l'obligation vaccinale pour voyager au Canada (m à j)
Mise à jour du 16 juin
L’avocat Keith Wilson conteste devant les tribunaux l’obligation vaccinale imposée par le gouvernement Trudeau en invoquant la Charte des droits et des libertés.
Alors que le gouvernement fédéral exhorte M. Wilson à abandonner sa poursuite, celui-ci refuse. « C’est clairement un sujet sur lequel le tribunal doit se prononcer. Le gouvernement a dit à plusieurs reprises… qu’il réinvoquera sans hésitation l’obligation vaccinale pour voyager, il réinvoquera sans hésitation cette obligation envers les travailleurs fédéraux et les travailleurs des aéroports. Nous allons donc le prendre au mot et nous voulons que l’affaire soit portée devant les tribunaux », a déclaré M. Wilson.
Étonnamment, M. Wilson affirme que lors de son contre-interrogatoire de l’épidémiologiste en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, celle-ci a admis que l’agence n’avait jamais recommandé la vaccination des voyageurs aériens au gouvernement fédéral comme stratégie d’atténuation. « Elle a de son propre gré affirmé que la raison [pour laquelle la vaccination ne fut pas recommandée] était qu’il n’y avait pas de preuves scientifiques que cette mesure serait efficace », a déclaré M. Wilson.
[Voir aussi : Le dernier signataire survivant de la Charte poursuit en justice le Canada pour son imposition de la vaccination aux voyageurs]
Mise à jour du 14 juin 2022
Le gouvernement Trudeau renonce à l’obligation de vaccination contre la Covid pour les voyages intérieurs en avion et en train au Canada, les voyages en avion vers l’étranger et les travailleurs sous réglementation fédérale.
Cependant, le gouvernement Trudeau applique toujours l’obligation vaccinale pour les voyageurs entrant au Canada. Les camionneurs transfrontaliers ne sont toujours pas exemptés non plus.
Pourquoi Trudeau ne peut-il pas simplement abandonner tout ce cinéma Covid et mettre fin aux obligations pour de bon ?
On apprend par ailleurs que la Dre Theresa Tam, chef de l’Agence de la santé publique du Canada
Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic Leblanc, a en effet menacé que ces assouplissements pourraient être annulés si, selon le gouvernement, la situation s’aggravait à nouveau sur le front de la COVID-19. Dans un tel scénario, le retour à l’obligation vaccinale pourrait se faire sur la base de la triple ou quadruple vaccination, a évoqué le ministre Duclos du gouvernement Trudeau.
Message du Conseil des aéroports du Canada, le 7 juin 2022
Billet du 30 mai 2022
L’Italie lève toutes les restrictions Covid-19 à partir du 1er juin
Après l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne et plus de 70 autres pays dans le monde (voir la liste ci-dessous), un autre pays européen a décidé de lever des restrictions imposées aux voyageurs dans le cadre de la lutte contre le covid-19. Il s’agit de l’Italie, selon ce que rapporte le site spécialisé SchengenVisaInfo.
Lundi 30 mai, les autorités italiennes ont décidé de lever toutes les restrictions imposées dans le cadre de la lutte contre la propagation du covid-19, à partir du 1er juin. Selon le ministre italien de la Santé, cité par SchengenVisaInfo, « l’obligation de présentation d’un passeport Covid-19 à l’arrivée en Italie ne sera pas prolongée ». Voir pour plus de détails Il Sole 24 Ore.
En effet, l’obligation de présentation d’un certificat Covid-19 prendra fin ce mardi 31 mai 2022, ce qui fait que les nouvelles mesures d’allégement entreront en vigueur dès demain, mercredi 1er juin.
À partir de cette date, tous les voyageurs, quel que soit leur pays d’origine, ne seront plus tenus de détenir « un certificat de vaccination, de guérison ou de test valide lorsqu’ils arriveront en Italie », a indiqué le ministre. Tous les voyageurs seront autorisés sans aucune restriction.
Le 15 juin, l’obligation du port du masque devrait également être abolie dans les cinémas, théâtres et spectacles en salle. Mais l’obligation pourrait encore subsister pour les transports, du moins longue distance.
Face au mot « ludique », des lycéens en détresse
Face au mot « ludique », de nombreux lycéens qui passaient ce mardi leur épreuve du bac de français sont restés pantois.
Ce mardi marquait le début des épreuves du baccalauréat pour près de 187 000 élèves du cursus professionnel. La première d’entre elles, l’épreuve de Français, comportait le sujet suivant : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? »
Si l’on en croit Twitter, au sortir de cette épreuve de nombreux étudiants ont buté sur le terme « ludique » dont ils ne comprenaient pas la signification.
Alors le niveau de vocabulaire de la génération Z est-il en train de péricliter ? On a posé la question à une autrice, un professeur de français et une doctorante en Sciences du langage.
Ils étaient, ce mardi, 186 200 étudiants de la filière professionnelle à se lancer dans le grand bain. La saison officielle du bac pro a débuté dès 9 heures avec un examen de Français. Une épreuve qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, notamment à cause de la question suivante : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? ». À en croire Twitter, de nombreux lycéens ont séché : impossible pour eux de mettre une définition derrière le mot « ludique ».
« En effet, beaucoup parmi les élèves que je surveillais ne connaissaient pas le mot ludique, d’autres ont buté aussi sur le mot sanglot », constate Frédéric Martel, professeur dans un CFA hôtelier. Domitille Rivière, professeur de français, explique : « Connaître un mot et savoir l’employer est différent de le comprendre sans l’utiliser ». Elle poursuit : « un élève de 17 ans ne se sert pas de ce terme au quotidien, il parle plutôt de quelque chose de “fun”, d’autant que dans ces conditions, il manque souvent de confiance en lui, et le stress de l’épreuve joue aussi ». L’enseignante tempère néanmoins : « Un jeune de cet âge est malgré tout censé maîtriser ce mot, surtout que le texte de Leïla Slimani donnait de nombreux indices. Un élève qui avait bien compris le texte se trouvait parfaitement en mesure de répondre ».
« Je ne suis pas étonnée, tranche d’entrée de jeu, Aude Denizot, autrice de Pourquoi nos étudiants ne savent-ils plus écrire ? Je constate de véritables lacunes en vocabulaire depuis vingt ans que j’enseigne ». Voir « épique à la place d’hippique », « balisé à la place de banalisé » ou encore « invoqué à la place d’évoqué » est ainsi devenu monnaie courante dans les copies que corrige l’enseignante depuis quelques années.
Ce qui est « écrit est acquis »
La raison ? « L’usage massif, dès les plus petites classes, des photocopies ou des supports préremplis », confie celle qui est aussi professeure de droit à l’université du Mans. Ces polycopiés empêchent les élèves de s’exercer à l’écriture : « Si l’on reprend l’exemple du mot “ludique”, il a probablement été utilisé dès le CM2 [3e année du primaire]. Mais était sûrement déjà préinscrit sur un polycopié de travail », argumente Aude Denizot, ajoutant que ce qui est « écrit est acquis » et non l’inverse.
Un autre frein à la richesse du champ lexical ? Le manque de lecture. « C’est dans l’objet livre traditionnel que l’on puise une grande partie de son vocabulaire », note l’autrice. Un constat que partage, Frédéric Gendarme, professeur de français dans un collège privé parisien : « Mes élèves n’ont pas perdu le goût de la lecture, mais se sont éloignés des classiques, pourtant toujours au cœur des programmes scolaires. » Les mangas l’emportent sur les romans et, dès le collège, Honoré de Balzac et la richesse de son vocabulaire ne font pas le poids face à One Piece.
Si le professeur de français note bien la « difficulté des élèves à varier de vocabulaire ou à apporter de la nuance dans leur rédaction », il ne les réprimande pas pour autant. « Il faudrait revoir certaines œuvres du programme et dans le contexte de cette épreuve, contester la cohérence de l’énoncé avec le public concerné », explique-t-il.
Un vocabulaire qui aurait mué… vers le franglais ?
« Je m’interroge. Le terme ludique est-il si courant en 2022 ? Je n’en suis pas convaincue », s’interroge alors Auphélie Ferreira, doctorante en Sciences du langage. La sociolinguiste, pour qui il est important de remettre l’église au milieu du village, le mot « ludique » ne fait tout bonnement pas partie du quotidien des lycéens : « Le vocabulaire a changé. Il ne recouvre pas les mêmes zones et les mêmes âges. »
Une question de génération et d’usages qui poussent notre doctorante à se poser une autre question. « Une personne âgée connaît-elle le terme “disrupter” ? Ou “distanciel” ? Pour autant, dit-on de cette même personne âgée que son niveau de français dégringole ? ». La réponse est non (le Trésor de la langue française ne connaît pas ces mots). Mais encore faut-il se demander si « disrupter », par exemple, est du français ou simplement du franglais. En français on traduit « to disrupt » depuis des siècles par « interrompre », « déranger », « perturber », etc. Il en va de même pour « ludique » remplacé depuis quelques années en France par « fun » anglais. L’anglais déplacerait simplement le français chez les jeunes dont les sources sont massivement en ligne et souvent (mal) traduites de l’anglais.
En sociologue, avant de conclure, la chercheuse affirme qu’il faut d’abord faire une recherche : « À ce jour, il n’existe aucune étude qui compare le niveau de vocabulaire des jeunes de même profil sociodémographique sur différentes générations. »
Au Québec, ceci ne se passerait pas
Ce genre d’embarras ne se produirait pas au Québec. En effet, les élèves peuvent consulter le dictionnaire (papier ou électronique) lors des examens de français… Il suffit de baisser la barre.
France — Les lycées hors contrat s’estiment lésés
L’association Créer son école veut la mise en place d’une commission d’enquête sur la gestion de l’examen. Article du Figaro.
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| Quelque 4 000 élèves venant de lycées hors contrat ont été interrogés à l’écrit, la semaine passée, dans les matières du tronc commun. |
« On est au-delà de l’irrespect, ce n’est même plus une discrimination idéologique, c’est un manque absolu d’organisation pratique », dénonce Anne Coffinier, présidente de l’association Créer son école. Établissements d’accueil fermés à l’arrivée des élèves, examinateurs oraux absents ou mal informés, sujets de première distribués à des élèves de terminale : les lycées privés hors contrat dénoncent des conditions d’examen du bac désastreuses pour leurs élèves. « Le jour de sa convocation, ma fille a dû attendre tout l’après-midi dans un centre d’examen. On lui a finalement demandé son numéro de portable pour la reconvoquer par SMS le lendemain », s’indigne une mère de famille. Elle apprendra plus tard que les deux examinateurs prévus pour la journée ne se sont pas déplacés.
Le ministère de l’Éducation nationale a confirmé des dysfonctionnements en Île-de-France, mais aussi en province. Contrairement aux lycées publics et privés sous contrat, qui passent 60 % des épreuves au contrôle continu, les élèves du privé hors contrat doivent passer l’intégralité des épreuves du bac en contrôle terminal. Ils sont évalués dans toutes les matières du programme en terminale, mais aussi en première. Après avoir passé les épreuves de spécialité comme leurs camarades du privé et du public, les quelque 4000 élèves concernés ont été interrogés à l’écrit dans les matières du tronc commun cette semaine. Ainsi Jeanne, élève en terminale à Ipesup à Paris, a passé l’anglais ce vendredi à la Maison des examens d’Arcueil. Cela fait plusieurs semaines qu’elle doit jongler entre quatre centres d’examens, très éloignés les uns des autres : Arcueil (92), mais aussi Villepinte (93), les 13e, 19e et 16e arrondissements de Paris. Un marathon, devenu une épreuve en raison de retards systématiques : « Ce matin par exemple, je devais sortir à 12 h 30 et j’ai terminé à 13 h 30 », raconte la jeune fille.
Rupture d’égalité
Pour Michel Naniche, directeur de l’école Diagonale, les examinateurs n’ont souvent pas été informés que certains élèves bénéficiaient de tiers-temps en raison de handicap. Les élèves ayant des épreuves aménagées pour composer sur ordinateur ont aussi souffert, avec des problèmes récurrents de logiciels, d’imprimantes et de clés USB. Des problèmes d’importance quand on sait que certains établissements hors contrat sont justement choisis pour leur capacité à s’adapter aux élèves handicapés ou dyslexiques qui en bénéficient.
« On a vraiment eu des problèmes tous les jours », résume Jean-Marc Fitoussi, directeur de l’école Progress qui compte une centaine d’élèves de terminale dans son établissement. L’association Créer son école a demandé la mise en place d’une commission d’enquête en vue de faire la lumière sur la gestion de l’examen, mais aussi pour obtenir une compensation du préjudice subi par les élèves ainsi que des sanctions pour les responsables des dysfonctionnements. Pour Jean-Marc Fitoussi, les causes de cette désorganisation sont évidentes : « On oblige nos élèves à passer toutes les épreuves en présentiel, mais, comme ils ne représentent qu’une quantité marginale de lycéens, on ne prend pas la peine d’organiser des conditions de passage adéquates. »
Au-delà des problèmes d’organisation, Créer son école dénonce une rupture d’égalité dans un examen national et demande que les élèves du hors contrat bénéficient du contrôle continu s’il est de mise partout ailleurs. « Même les élèves du Cned, qui peuvent se faire aider chez eux, bénéficient du contrôle continu. Les élèves du hors contrat doivent être traités comme les autres », déclare la présidente, Anne Coffinier.
Venu d’Albi pour passer son bac à Ipesup et ainsi mieux s’entraîner pour intégrer une classe préparatoire, Colin, 18 ans, est admis l’an prochain en prépa ECG (commerce) à Sainte-Geneviève à Versailles. S’il comprend cette volonté de contrôle de l’éducation nationale vis-à-vis du hors contrat, il regrette que les épreuves soient bien plus dures que celles passées par les autres lycéens. « En éducation morale et civique (EMC) par exemple, nous devons faire quatre exposés, le grand oral est bien plus simple », estime-t-il.
Le gouvernement justifie sa défiance à l’égard des écoles hors contrat par une volonté de lutter contre le séparatisme islamiste. « Les établissements hors contrat sont régulièrement inspectés et contrôlés et c’est une bonne chose », souligne Hervé Rolland, président de la Fondation pour l’école. Mais, pour lui, cette suspicion systématique est infondée. « Je rappelle que la majorité des écoles hors contrat ne sont pas confessionnelles. On y retrouve 12 % d’écoles catholiques, 3 % d’écoles protestantes et 3 % d’écoles musulmanes », précise-t-il.
mercredi 15 juin 2022
15 juin 1215 — Signature de la Grande Charte (Magna Carta)
Contexte : revers cuisants du roi d’Angleterre en France
Après l’échec des alliés de Jean sans Terre à la bataille de Bouvines, Philippe de France garda tous les territoires de Jean sans Terre en France du Nord, y compris la Normandie, fief ancestral des souverains anglo-normands. L’Aquitaine devait rester aux mains des Anglais jusqu’en 1453 qui marqua la fin de la guerre de Cent Ans. Jean, piètre chef militaire, avait ainsi perdu de considérables revenus. La perte des territoires français, surtout la Normandie, avait considérablement réduit le revenu de l’État et il aurait fallu lever des impôts énormes pour essayer de les reconquérir. Quelques barons d’Angleterre furieux de ses défaites et de ses exigences financières, se réunirent et s’emparèrent de Londres par la force le 10 juin. Ils contraignirent le roi Jean à accepter les « Articles des Barons », auquel son Grand Sceau fut apposé dans le pré de Runnymede le 15 juin 1215. En échange, les barons renouvelèrent leurs serments de fidélité à Jean le 19 juin.
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| La Grande Charte conclut une longue suite de défaites infligées au roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande et duc d’Aquitaine, Jean sans Terre, par le roi de France Philippe Auguste |
Des droits concédés à la noblesse et aux hommes libres et non aux serfs
Cette « Grande Charte des libertés d’Angleterre » garantit le droit à la liberté individuelle principalement pour la noblesse anglo-normande et de rares « hommes libres », mais elle en exclut la majorité de la population, les serfs. Elle limite l’arbitraire royal et établit en droit l’habeas corpus qui empêche, entre autres, l’emprisonnement arbitraire. Le texte garantit les droits féodaux, les libertés des villes contre l’arbitraire royal et institue le contrôle de l’impôt par le Grand Conseil du Royaume.
Une grande partie de la Magna Carta a été copiée, presque textuellement, de la Charte des Libertés (déjà !) d'Henri Ier, publiée quand Henri était monté sur le trône en 1100, et qui soumettait déjà le roi à certaines lois concernant la façon de traiter les fonctionnaires ecclésiastiques et les nobles, et accordant de façon réelle certaines libertés individuelles à l’Église et à la noblesse anglaise.
mardi 14 juin 2022
Études de médecine : la fin de l’eldorado belge pour les Français ?
Les étudiants français sont toujours plus nombreux à tenter leur chance en Belgique en 2021, ils étaient près de 35 % à présenter l’examen d’entrée là-bas. Mais le remplacement de cet examen par un concours pourrait changer la donne, d’autant qu’il devrait s’accompagner de la baisse du nombre de non-résidents, donc de Français, autorisés à étudier.
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| Examen d’entrée aux études de médecine en Belgique (francophone) en 2007 |
Petite révolution en Belgique francophone. Qui pourrait rejaillir sur les très nombreux étudiants français qui y vont pour tenter médecine. À partir de 2023, l’examen d’entrée en études de médecine-dentisterie en Fédération Wallonie-Bruxelles sera remplacé par un concours d’entrée. Une réforme qui reverrait à la baisse le pourcentage d’étudiants étrangers autorisés à y faire leur cursus. Ce n’est pas la première fois que nos voisins belges modifient les modalités de sélection en médecine. Au milieu des années 1990, la décision est prise de réglementer l’offre médicale en fixant chaque année un nombre de médecins agréés par l’institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami). Sans tergiverser, la Flandre met en place un examen d’entrée, qui devient en 2017 un concours, respectant ainsi le nombre de numéros Inami qui lui est accordé. À l’inverse, la Fédération Wallonie-Bruxelles teste différents filtrages (en fin de troisième année, en fin de première année), passe plusieurs années sans aucune sélection, avant d’instaurer en 2017 un examen d’entrée. Mais les francophones diplôment toujours un nombre de médecins dépassant le nombre de numéros Inami qui leur est attribué, piochant chaque année dans le stock de numéros des années suivantes et constituant ainsi une « dette » grandissante. « Il faut bien le reconnaître, cela a constitué une certaine cacophonie », admet Vincent Blondel, le recteur de l’université catholique de Louvain.
Satisfaction des universités
Pendant plus d’un demi-siècle, cette dichotomie entre les néerlandophones et les francophones empoisonna la vie politique belge. Les tensions étaient telles que, en 2021, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, tapa du poing sur la table. Via un projet de loi, il menaça de mettre en place un système de délivrance d’attestations de contingentement en fin de première année d’études, qui seules permettraient d’obtenir un numéro Inami, laissant ainsi les autres étudiants ayant réussi leurs examens sans perspective. Un projet inacceptable pour les francophones. Des négociations s’ouvrirent entre le gouvernement fédéral, compétent sur les questions de santé, et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, chargé de gérer l’enseignement supérieur dans la partie francophone du pays. Les deux parties parvinrent finalement à un accord au printemps 2022. En échange de la garantie que tous les étudiants recevraient bien un numéro Inami à l’issue de leurs études, et d’un calcul « plus fin » des besoins en matière d’offre médicale par la commission de planification fédérale, la Fédération Wallonie-Bruxelles s’engagea à remplacer à partir de 2023 son examen par un concours d’entrée, comme le pratique déjà la Flandre. Pour 2028, les quotas sont fixés à 744 pour la partie francophone et 1 104 pour la partie néerlandophone. Ils évolueront en fonction des besoins pour les années suivantes.
« Je ne dis pas que c’est le grand soir, mais je pense que cela va apaiser les relations entre les communautés. On a la preuve qu’on est capables de fonctionner ensemble sur la base d’un fédéralisme mature », se réjouit auprès du Figaro Valérie Glatigny, ministre du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, notamment chargée de l’enseignement supérieur.
« Nous clôturons un chapitre épineux qui s’est éternisé pendant plus de vingt-cinq ans. Nous repartons d’une feuille blanche sur la base d’une estimation objective des besoins par la commission de planification fédérale », réagit le ministre fédéral de la Santé. Les universités concernées, au nombre de cinq, se disent également satisfaites. « C’est la solution la plus respectable au vu de l’épée de Damoclès qui planait au-dessus de la tête des étudiants », commente Nicolas Mavroudakis, doyen de la faculté de médecine à L’ULB [Bruxelles]. « C’est une bonne solution, je suis heureux de l’issue de ces négociations », renchérit Vincent Blondel, le recteur de L’UCL [Louvain-La-Neuve, mais avec un hôpital universitaire à Bruxelles]. « Ça permet aux étudiants d’étudier sereinement », complète Françoise Smets, doyenne de la faculté de médecine de L’UCL.
Les étudiants sont quant à eux partagés. Si tous se félicitent de la garantie d’obtenir un numéro Inami à la sortie de leurs études, certains rappellent leur opposition à toute forme de sélection, qu’elle prenne la forme d’un examen ou d’un concours. « Les étudiants soulignent que l’enseignement secondaire en Belgique est très inégalitaire et donc que, s’il y a une sélection dès l’entrée en études de médecine, ceux qui ont été moins favorisés dans le secondaire seront pénalisés », résume Françoise Smets.
« L’enseignement secondaire belge est connu pour être l’un des plus inégalitaires de L’OCDE », insiste Yazdan, en deuxième année à L’UCL. Ceux qui ont le plus de chance de réussir « sont ceux qui viennent d’un milieu favorisé. Le concours va renforcer le caractère élitiste des études de médecine et favoriser un entre-soi social dans la profession », estime Lucas van Molle, président de la Fédération des étudiants francophones (FEF). « Nous pouvons comprendre cette position, reprend Françoise Smets. Mais nous pensons qu’une sélection reste indispensable pour plusieurs raisons. Et qu’il vaut mieux qu’elle ait lieu à l’entrée pour éviter à ceux qui échouent de perdre un an, deux ans ou trois ans, et pour faire disparaître toute idée de compétition entre étudiants par la suite. » Tiziana, en quatrième année à l’ULB, est également d’avis qu’« il faut bien sélectionner quelque part ». « Il y a beaucoup de jeunes qui veulent faire médecine. On ne peut pas prendre tout le monde… De toute façon, le vrai problème, ce n’est pas “concours ou examen ?” Pour moi, la question, c’est de savoir si, sur le long terme, le nombre de médecins sera suffisant. »
Côté flamand, les réactions sont plus que mitigées.
« Pas certain que tous les doyens flamands voient cet accord d’un bon œil », glisse un francophone. « Certains sont encore très rancuniers, parce que la Fédération Wallonie-Bruxelles ne s’est pas mise en ordre aussi vite et efficacement que la Flandre. » Par la voix de sa vice-présidente, Valérie Van Peel, le parti [nationaliste flamand] N-VA dénonce quant à lui un « pardon général », et ce « seulement en échange de la promesse d’organiser un concours d’admission ». La ministre Valérie Glatigny l’assure pourtant : l’examen d’entrée en médecine en Fédération Wallonie-Bruxelles aura bel et bien lieu cet été pour la dernière fois. Ou plutôt pour les dernières fois, puisque deux sessions sont organisées, une le 5 juillet, l’autre le 27 août. Les candidats peuvent se présenter soit à la première, soit à la deuxième, soit aux deux. L’examen est composé de deux épreuves comportant chacune quatre matières : une de connaissance et compréhension des matières scientifiques (chimie, biologie, physique, mathématiques), l’autre de communication et analyse critique de l’information. Pour être reçu, un candidat doit obtenir une moyenne supérieure à 10 sur 20 dans chacune des deux parties, avec un minimum de 8 sur 20 dans chacune des huit matières. Cet examen est extrêmement sélectif. En 2021, 5443 candidats s’étaient présentés à la session de juillet, 3975 à la session d’août. 483 avaient été retenus à la première session (soit 8,9 %), 744 à la seconde (soit 18,7 %).
Adieu aux notes minimales
Dès 2023, l’examen sera remplacé par un concours d’entrée, qui devrait avoir lieu en une session unique organisée à la fin du mois d’août. Les modalités de ce concours ne sont pas encore totalement définies, mais les huit matières qui composaient déjà l’examen d’entrée devraient être maintenues. « La vraie différence, c’est que, plutôt que de prendre tous ceux qui ont plus de 10/20, on prendra le nombre d’étudiants qui a été négocié », explique Vincent Blondel. Autre différence de taille : adieu les notes minimales dans chacune des matières. Troisième différence : la baisse du pourcentage d’étudiants non-résidents autorisés à suivre des études de médecine en Fédération Wallonie-Bruxelles. « Le gouvernement envisage une réduction du nombre maximal (de non-résidents, NDLR), passant de 30 % à 15 %, afin de garantir une offre de soins suffisante à la population et de limiter le risque de pénurie lié à des praticiens qui quittent le territoire au terme de leurs études, et ne contribuent donc pas au renouvellement de la force de travail », est-il indiqué dans le communiqué du 26 mai. Ce changement « envisagé » pourrait bouleverser la donne pour les jeunes étrangers désireux de devenir médecins. Notamment les étudiants français, qui sont de plus en plus nombreux à tenter leur chance en Belgique, attirés par la proximité des universités, la qualité de la formation et l’utilisation du français comme langue d’études et de travail. En 2017, 13,4 % des jeunes qui présentaient l’examen d’entrée en études de médecine étaient de nationalité française ; en 2021, ils étaient près de 35 %. Plus globalement, aujourd’hui, la moitié des candidats à l’examen d’entrée sont non-résidents. Le quota maximum de 30 % d’étudiants non-résidents a été atteint pour la première fois l’année dernière. À l’avenir, si ce quota diminue de moitié, il pourrait être atteint chaque année. La fin de l’eldorado belge pour les étudiants francophones, venus de France et d’ailleurs ?
Le concours va renforcer le caractère élitiste des études de médecine et favoriser un entre-soi social.
Lucas van MOLLE, président de La Fédération des étudiants Francophones FEF

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