vendredi 13 janvier 2012

États-Unis — les écoles religieuses ont le droit de licencier pour raisons religieuses leur personnel

La Cour Suprême des États-Unis a rendu mercredi à l'unanimité une décision favorable aux confessions religieuses en affirmant leur droit d'embaucher et de licencier leurs collaborateurs sans droit de regard des pouvoirs publics.

Dans cette affaire Cheryl Perich, une femme atteinte de narcolepsie, avait voulu retourner dans l'école évangélique luthérienne Hosanna-Tabor de Redford, au Michigan, à l'issue de son arrêt de travail, pour reprendre son poste d'enseignante. Il lui fut répondu qu'elle avait été remplacée pour l'année. Elle menaça alors de porter l'affaire devant les tribunaux, et fut licenciée sur-le-champ.

Mme Perich porta alors plainte en justice pour faire reconnaître le caractère illégal, selon elle, de son licenciement décidé en réponse à sa première menace de saisir le juge. L'école avait expliqué que Mme Perich avait été licenciée pour un motif religieux, puisque l'Église dont elle dépendait s'engage à la résolution interne des conflits. Cheryl Perich avait néanmoins un dossier solide puisqu'elle s'appuyait sur la loi protégeant les « Américains handicapés » et c'est la Commission pour l'égalité des chances à l'emploi qui poursuivit l'école Hosanna-Tabor.

La Cour Suprême a suivi l'argumentation de l'école qui a invoqué les clauses religieuses du 1er amendement de la Constitution américaine en reconnaissant que le fait d'obliger une Église à conserver à son emploi un « ministre » constituerait une « ingérence dans la gouvernance interne de ladite Église » en l'empêchant de choisir « ceux qui devaient incarner ses croyances ». La Cour ajouta que cette exception ne concerne pas seulement le « ministre » chef d'une assemblée religieuse mais aussi tous ceux qui par leur rôle d'enseignement agissent comme « ministres ». Mme Perich donnait notamment des leçons d'instruction religieuse et dirigeait la prière avec des élèves.

Premier amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique

« Le Congrès ne pourra faire aucune loi concernant l'établissement d'une religion ou interdisant son libre exercice, restreignant la liberté de parole ou de la presse, ou touchant au droit des citoyens de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour le redressement de leurs griefs. »

Même si – à la manière américaine – l'arrêt de la Cour de Suprême donne un luxe de détails précis sur le cas d'espèce, les juristes spécialisés estiment que la décision a une grande portée puisqu'elle rejette la conception très étroite du champ de l'exception religieuse défendue par le gouvernement Obama, et ce d'autant plus qu'elle a été prise à l'unanimité.

Mark Rienzi, juriste du Becket Fund pour la liberté religieuse, qui a apporté son soutien aux responsables de l'Église évangélique luthérienne dans cette affaire, souligne que cette décision aura de nombreuses et conséquences face à un gouvernement Obama qui a constamment adopté une « vision mesquine » de ce qu'est la religion dans le cadre de la Loi. Il en veut pour preuve la définition très restrictive de l'exemption pour raisons religieuses qui permet au ministère de la Santé d'imposer aux prestataires de l'assurance maladie de couvrir les frais de contraception.

L'évêque catholique chargé de la commission ad hoc des évêques des Etats-Unis, Mgr William E. Lori, a salué la décision en la qualifiant de « victoire pour la liberté religieuse et pour la Constitution des Etats-Unis », soulignant l'importance de la liberté d'embauche pour les églises.




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jeudi 12 janvier 2012

Changer la femme pour en faire un homme comme un autre, quel qu'en soit le prix

Élizabeth Badinter constate dans son dernier essai « un repli inquiétant sur le terrain des droits des femmes », lequel se manifeste, par exemple, selon l'auteur, par la forte baisse de la natalité dans tous les pays développés (bien moins nettement en France comme on sait), la hausse conjointe du nombre de femmes qui ne veulent pas avoir d'enfant (en dix ans, la proportion a doublé), le regain des discours naturalistes visant à river les femmes à leur rôle de mère, et plus spécifiquement par le biais d'un diktat concernant l'allaitement.

Pour Mme Badinter, la barque de la maternité est aujourd'hui chargée de trop d'attentes, de contraintes, d'obligations. L'auteur prend clairement le parti de défendre tout ce qui s'oppose au naturalisme : femme au foyer, allaitement... Elle va même jusqu'à dire que l'enfant est une aliénation pour la femme qui doit entrer en religion dès lors qu'elle se retrouve enceinte: arrêter de boire, de fumer, s'occuper à plein temps de son chérubin lorsqu'il a vu le jour selon la célèbre formule « Mères, vous leur devez tout ». Elle cite également l'exemple de mères non épanouies, qui n'aiment pas leur enfant contestant fortement la notion d'instinct maternel.

Pour elle, les années 1980-2010 marquent une « involution » (mot utilisé dans le premier paragraphe de son livre) qui serait synonyme dans le contexte de « régression ». Le retour au naturalisme est pour elle une grave erreur qu'elle va chercher à prouver.

Éric Zemmour revient sur ces thèses :







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États-Unis — Réduction draconnienne du nombre d'établissements scolaires catholiques à Philadelphie

Le nouvel archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie), Mgr Charles Chaput, a décidé de prendre le taureau par les cornes…

« Nous ne pouvons plus nous permettre de nous raconter des histoires. Nous devons apporter une réponse honnête aux pertes graves que nous avons enregistrées dans certains de nos écoles année après année. Et cela continuera si nous ne faisons rien », déclarait-il le 6 janvier lors d’une réunion convoquée à l’archevêché sur la question des établissements scolaires catholiques à Philadelphie.

Le système scolaire catholique de l’archidiocèse compte 68 000 élèves, c’est-à-dire exactement le même nombre qu’en 1911. De 2001 à 2010, la perte des enfants scolarisés a été de plus du tiers (35 %). Faute de recrutement, 30 écoles ont dû fermer depuis cinq ans. Les changements démographiques y sont sans doute pour quelque chose, mais l’augmentation des frais de scolarité est le phénomène essentiel.

Il est vrai qu’au début du XXe siècle, l’enseignement était assuré par des congrégations religieuses féminines ou masculines dont les enseignants… n’étaient pas payés ! Aujourd’hui, la situation a changé du tout au tout, et l’archidiocèse doit payer les salaires de ses 1 700 enseignants et du personnel administratif.

Rappelons que les écoles catholiques luttent contre un réseau publique payé par les impôts de tous et qui fausse le marché de l'enseignement.

La charge financière pour les paroisses est aujourd’hui arrivée à un niveau insupportable : en dix ans la subvention moyenne de chaque paroisse de l’archidiocèse destinée à financer les écoles catholiques, est passé de 255 000 $ à 320 000 $. On a calculé, par exemple, que dans les écoles élémentaires les frais de scolarité demandés aux familles pour un enfant, sont inférieurs de 1 500 $ au coût réel (en moyenne 3 383 $ aux États-Unis).

L’archidiocèse compte encore 178 écoles (primaire et secondaire) : il va falloir en réduire le nombre de 25 % dans le secondaire et 30 % dans le primaire. Il y aura 4 écoles secondaires et 44 écoles primaires de moins à la rentrée de 2012, ce qui va entraîner le déplacement de 24 000 élèves et le chômage pour 300 enseignants.

La situation de l’archidiocèse de Philadelphie n’est pas exceptionnelle aux États-Unis où l’on estime qu’entre l’année 2000/2001 et 2010/2011 le système d’éducation catholique a perdu 587 000 élèves (-22 %) et du fermer 1 165 écoles (-14,3 %).




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Québec vu de France — garderies sans religion ou mort économique

« Au Québec, certaines garderies et Centres de la petite enfance (CPE), équivalents de nos crèches, sont gérés par des organismes confessionnels, catholiques, juifs ou musulmans.

Le mois dernier, la ministre de la Famille, Yolande James a présenté un projet de loi visant à retirer, le 1er juin prochain, les subventions à toutes les structures pratiquant l’« ap­prentissage religieux », c’est-à-dire « le fait qu’un enfant soit soumis de façon répétée à des activités visant à lui inculquer la croyance, le dogme ou la pratique d’une religion spécifique ».

La réalité numérique est limitée – une centaine d’établissements accueil­lant environ 2 000 enfants sont concernés –, mais le projet est symptomatique des débats qui agitent la Belle Province.

(…) L’interdit ne concerne pas les manifestations culturelles liées à une fête religieuse, les régimes alimentaires ou la participation à une activité inspirée par une coutume.

Les fabrications de crèches à Noël ou de hanoukkiot (chandeliers à neuf branches pour la fête juive de Hanoukka) resteront autorisées à condition d’en taire le sens religieux ! Et les employés pourront conti­nuer à prier ou chanter leur foi, mais sans pouvoir inciter les enfants à faire de même…

Des responsables religieux et du dialogue interculturel ont exprimé leur désarroi ou leur colère, accusant la ministre d’avoir pris la décision avant de les inviter autour de la table. Que certains ont d’ailleurs quittée, comme un représentant juif qui juge, de plus, la mesure inapplicable.

Sœur Ethel Rousselle, religieuse salésienne, fait remarquer que dans les CPE qu’elle dirige, le programme religieux représente vingt minutes par semaine, ce qui paraît peu pour un bourrage de crâne prosélyte. [Note du carnet : incidemment Sœur Ethel Rousselle a été relevée de ses fonctions sur ce dossier après qu'elle se soit exprimée publiquement...]

« On se croirait dans un état totalitaire », se plaint Jean Morse-Chevrier, présidente de l’Association des parents catholiques du Québec, « puisque nos représentants élus s’arrogent le droit de décider à la place des parents du mode d’éducation des enfants. Le Québec vire de plus en plus vers la répression religieuse et la discrimination contre les croyants de toutes religions ? »

(…) Derrière la question des crè­ches apparaît celle de l’école. Actuellement, l’enseignement religieux (pas uniquement catholique) est financé par l’État dans les classes primaires et secondai­res. « Les six mois qui viennent vont permettre de négocier, espère M. Lemieux-Lefevre pour qui rien n’est définitif. La pente est glissante. Mais quel parti prendra le risque politique de remettre en cause le statut des écoles religieuses ? » [Depuis lors, une contestation judiciaire est en cours, les « négociations » n'ayant pas abouti, bien pire le gouvernement a décider de s'attaquer avec le soutien des syndicats aux garderies familiales qui oseraient parler de religion aux bambins.]

Commentant une anecdote dans le même esprit – un sapin de Noël et une hanoukkia retirés de l’entrée d’un immeuble cossu de Montréal –, l’éditorialiste vedette du quotidien La Presse, Pierre Foglia résume les mœurs nouvelles de son pays : « Le Canada est le royaume planétaire du politiquement correct ? »

Source : Témoignage chrétien

Voir aussi :

Syndicats et gouvernement pour interdire la religion dans les garderies familiales

Québec — Contestation judiciaire contre l'interdiction d'explications et allusions religieuses dans les garderies (m-à-j)

Une juge force des parents à socialiser leurs enfants dans une garderie d'État

«  Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires

Garderies québécoises : un enfant sur 6 déprimé ou anxieux

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

 



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mardi 10 janvier 2012

France — les propositions chocs de la Fondapol

Autonomie, écoles pour élèves en difficulté, doublement des salaires, sélection à l'université… Le cercle de réflexion proche de l'UMP prépare la présidentielle.

La Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), laboratoire d'idées proche de l'UMP et se présentant comme « progressiste, européen et libéral », entend peser dans le débat éducatif pendant la campagne présidentielle. Partie notamment du constat que la proportion d'élèves en retard à l'entrée en sixième dépend très fortement de la catégorie sociale des parents, elle vient de rendre publiques ces propositions pour rendre le système « plus juste ». Pour former des citoyens libres et responsables, l'école « doit être placée sous le signe de l'autonomie et de la responsabilité », affirme ce groupe de réflexion, qui propose ainsi « d'instituer l'autonomie des établissements d'enseignement secondaire »: les moyens doivent être transférés aux établissements eux-mêmes, la formation des responsables doit être repensée pour recruter « les plus compétents » et s'ouvrir à de « nouveaux talents » pas forcément issus de l'éducation nationale.

Lapsus de la Presse : « environnement multiculturel, de crimes haineux, de viol » ?

Mario Roy, éditorialiste de La Presse très conformiste, semble avoir commis un lapsus révélateur dans son éditorial sur l'affaire de l'itinérant immigré mort à Montréal à la suite d'une altercation violente avec la police.

Mario Roy semble en effet mettre sur le même plan « l'itinérance, de maladie mentale, d'intoxication, de violence conjugale, d'agression envers les aînés, de délinquance adolescente, d'environnement multiculturel, de crimes haineux, de viol. »

L'environnement multiculturel serait donc une calamité comme les crimes haineux ou non d'ailleurs, le viol, l'intoxication, etc ?

M. Roy n'a visiblement pas eu de cours d'endoctrinement multiculturel obligatoire dans sa jeunesse (aussi appelé ECR)... On lui aurait appris que le multiculturel est d'office une richesse, même si plusieurs sociologues (Pierre-André Taguieff, Robert Putnam ) en doutent.


Voir aussi

L'immigration essentielle pour combler le manque de travailleurs au Québec... Vraiment ?





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vendredi 6 janvier 2012

Soutenez la liberté en éducation, commandez des stylos !

Soutenez la CLÉ et la liberté en éducation en commandant des stylos (encre noire) au logo de la CLÉ au prix de 3 $ la pièce. Contactez Jacques Beauséjour au no de téléphone 450-250-6762 ou par courriel : beause3@maskatel.net


Vue de côté, on peut lire les phrases : « Allez sur le site de la CLÉ pour vous renseigner. Pour la liberté des parents engageons-nous ! »




Autre côté, le logo :



Et autre côté la phrase : Pour la liberté des parents engageons-nous !





Autre côté le logo et une phrase : Allez sur le site de la CLÉ pour vous renseigner.





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Rétrospective 2011

Marc Hillman est l’auteur de 2 livres d’aphorismes humoristiques : Mots en Mêlée, et Petites annonces en folie (Ixelles Editions). Voici sa rétrospective pour l'année 2011.

JANVIER

Le cycliste Alberto Contador lavé des accusations de dopage: Alberto, tu vois bien qu’on t’adore!


FÉVRIER

Faillite d’un État: on aimait la Grèce Antique, voici la Grèce en toc !


MARS

Un raz-de-marée provoque une catastrophe nucléaire : le Japon traversé par une Honda de choc.

Le peuple Japonais fait l’impossible pour éviter les fuites radio-actives   : on ne pourra leur reprocher un excès de Zen.

Depuis, tout est rentré dans l’ordre et redevenu nikkeï   !


AVRIL

La contagion gagne tous les pays du Maghreb : c’est la loi des Syries   !

En Lybie, les réfugiés qui ont faim doivent se contenter de tirs nourris.

Hélas les révolutions arabes font que les « mollah sont » à la place des dictateurs…

MAI

— Affaire DSK: Alors qu’il s’apprêtait à sauver la Grèce, DSK a vécu un drachme personnel… et le Pirée encore à venir, puisqu’on ne parlera que de cela pendant des mois.

— Ben Laden est abattu. Le chef d’Al Qaïda a été immergé au fond de l’océan, où il fut accueilli par des Omar.

Dans la foulée, le Sofitel lance les suites FMI = Femme de Ménage Incluse.

JUIN

Remplacement à la tête du FMI: DSK rassuré sur le sort de la Grèce depuis qu’il sait que Christine la Garde !

JUILLET

— Crise financière : les dirigeants européens ne savent plus où donner de la dette !

— Royaume Uni : William et Kate font la noce. Ils n’ont pas eu besoin de faire la Kate pour la liste de mariage.

AOÛT

Les indignés défilent aux 4 coins de la planète: les haltères mondialistes prennent du poids !

SEPTEMBRE

— Une primaire entre Hollande, Au Brie, Valls qui rit, Monteboursin et le Port Royal   : il y en avait forcément plusieurs qui allaient se prendre une raclette!

Surtout Segolène qui, le soir de sa défaite, n’avait pas l’air en fourme !

— On avait Jean Marie le Pen, maintenant on a la fille : c’est la double Pen…

OCTOBRE

— Apple est en deuil: les Américains n’avaient déjà plus de travail, maintenant ils n’ont plus de Jobs   !

— Vainqueur des primaires, François veut nous faire croire Hollande mains qui chantent…

NOVEMBRE

— À la suite d’un numéro de Charlie Hebdo rebaptisé Charia Hebdo, Les locaux du journal sont incendiés. Leurs journalistes se retrouvent Allah rue…

— Les révélations sur sa double vie affluent, et DSK se plaint du lynchage médiatique : « Dans la presse, il n’y en a que pour moi : je suis partouze à la fois ».

On découvre que sa vie personnelle coïncidait avec sa doctrine économique: le libre échangisme.

DÉCEMBRE

— La coupe Davis et L’Euro dévisse !

— La crise financière menace l’Europe, les taux se resserrent…

À bientôt et joyeuses fêtes!

2vous à mOi, les meilleures années sont comme les huîtres: par12 !




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La Comtesse de Ségur déchiffrée : son vocabulaire est-il encore compris aujourd’hui ?

Michel Legrain, auteur de La comtesse de Ségur, mots, silences et stéréotypes, éclaire la lecture de la Comtesse.

Les livres de la Comtesse de Ségur ont inspiré Michel Legrain qui s’aventure dans ses mots muni du Dictionnaire de la langue française de Pierre Larousse publié en 1856. Il raconte les valeurs implicites auxquelles renvoient les écrits de l’époque du Second Empire… bien éloignées parfois de celles du code moral d’aujourd’hui.

Partant de l’hypothèse que nombre de mots utilisés par la comtesse de Ségur ne seraient pas compris comme ils l’étaient alors et que les valeurs implicites auxquelles ils renvoient aujourd’hui ne seraient pas celles du code moral et social du Second Empire, l’auteur propose une lecture de ses œuvres complètes à la lumière du Dictionnaire de la langue française de P. Larousse, publié en 1856.

Si les romans de la comtesse de Ségur sont réputés être aujourd’hui décalés, c’est davantage en raison de l’univers qu’ils décrivent et des valeurs auxquelles ils se réfèrent que pour une difficulté particulière à y décoder mots et expressions. Nous pouvons toutefois faire l’hypothèse que la langue de la comtesse n’échappe pas au sort de toute langue et que des glissements s’y sont opérés sans que nous y prenions garde. Nombre de mots utilisés naguère ne seraient pas compris comme ils l’étaient alors et les valeurs implicites auxquelles ils renvoient aujourd’hui ne seraient pas celles du code moral et social en vigueur sous le Second Empire. Nous rencontrons chez la fille de Rostopchine des pestards, des busons, des cafards, des capons, des grigous qui ne se gênent pas pour prendre un coup de fil en quatre ; quant aux dames et demoiselles, n’en doutez pas, ce ne sont pas toutes des petites filles modèles et nous croisons des pies-grièches, des pécores, des oisons bridés, des péronnelles qui font les renchéries. Passons tout de même à table, puisqu’il y a toujours fricot dans les bonnes maisons. Connaissez-vous le potage de gélinottes et becfigues ? Encore un peu de langue fumée fourrée à la pistache ? Talmouses, croquembouches ou croquignoles ? Sac à papier ! Ce n’est pas de la gargote ! Vous ne suivez pas ?







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