Joëlle Quérin parle à Jean-Claude Labbé de la station radio Info Québec 800 AM au sujet du programme d'éthique et de culture religieuse.
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Une étude-choc convainc le PQ de rejeter le cours Éthique et culture religieuse. L’ADQ en profite pour réitérer sa demande — datant de 2008 — de suspendre ce cours. La ministre Michelle Courchesne refuse de commenter pour l’instant.
Québec — Craignant que le cours Éthique et culture religieuse en soit un de « multiculturalisme », ce qu’une nouvelle étude conclut, Pierre Curzi a réclamé hier qu’on l’élimine purement et simplement. « Il faut qu’on mette fin à ce cours », a laissé tomber le critique péquiste en matière d’éducation en entrevue au Devoir. « Si l’étude est juste, et je crois qu’elle l’est, on est clairement dans une dérive », a-t-il affirmé à propos de ce cours entré dans les curriculums primaire et secondaire en septembre 2008.
Publié la semaine dernière par l’Institut de recherche sur le Québec (IRQ), le document de 30 pages intitulé Le cours Éthique et culture religieuse : transmission des connaissances ou endoctrinement ? est signé par Joëlle Quérin, candidate au doctorat en sociologie à l’UQAM.
Selon elle, le cours Éthique et culture religieuse (ECR) impose une « nouvelle définition de l’identité québécoise fondée sur le "chartisme" qui interdit, dans le cadre du sacro-saint "dialogue", l’expression des opinions nationalistes ». Elle soutient que le cours ECR n’est pas seulement « antinationaliste », mais aussi « antidémocratique, car il s’inscrit dans une stratégie d’endoctrinement de la jeunesse permettant l’imposition du multiculturalisme à l’abri du débat public et au mépris de l’opposition populaire ». Axé sur les compétences, le cours ECR ne transmettrait que peu de connaissances sur les religions, note la chercheuse.
Pierre Curzi dit avoir été bouleversé par le texte de Mme Quérin. Il dénonce le « chartisme » qu’elle y met en lumière. Selon celle-ci, « être Québécois signifie tout simplement de respecter la Charte des droits et libertés ». À ses yeux, une des « conditions fondamentales de notre ouverture, c’est une profonde connaissance et transmission de notre histoire, de ce qu’on est ». Par conséquent, il souhaite qu’une commission parlementaire se penche sur la question et plaide pour qu’il soit remplacé à terme par un cours d’histoire enrichi. « On doit revenir à un enseignement de l’histoire réel, articulé, qui intégrerait une histoire des religions », a-t-il soutenu.
Il s’agit d’une rupture avec la position antérieure du PQ, prise par Pauline Marois lors de la dernière campagne électorale, le 14 novembre 2008. À l’époque, c’est l’ADQ qui réclamait un moratoire sur ce cours, qui n’a cessé de soulever la controverse depuis qu’il est entré dans les curriculums primaire et secondaire, en septembre 2008. Mme Marois défendait alors la présence de ce cours. À l’ADQ, hier, l’étude de Mme Quérin a été bien accueillie. Le chef de l’ADQ, Gérard Deltell, a à son tour exigé la « suspension » du cours. « Le travail de la sociologue a confirmé les craintes que nous avions exprimées il y a un an », a déclaré M. Deltell, qui plaide pour que les parents aient la « liberté de choix » en ces matières. Selon lui, il faut cesser d’« avoir peur de notre histoire, de nos racines, de notre patrimoine [...] et oui, la religion catholique a été très forte chez nous. Il faut le comprendre, l’expliquer. » Il s’est dit du reste lassé que les élèves québécois servent de « cobayes, comme moi, dans ma jeunesse, j’ai servi de cobaye pour l’écriture au son, la fameuse méthode du sablier, par exemple ».
La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a refusé de commenter l’étude hier, soutenant qu’elle n’avait pas eu le temps de la décortiquer. Elle s’est dite surprise de la position de M. Curzi, qu’elle estime en contradiction avec celle de sa chef. Le bureau de la ministre a soutenu du reste que l’histoire des religions au Québec était l’une des composantes fondamentales du cours. L’attachée de presse Tamara Davis a aussi souligné que la ministre Courchesne « était en train progressivement de réintégrer les connaissances » dans tous les cours afin de corriger des aspects de la « Réforme Marois ».
L’IRQ, qui a publié l’étude de Mme Quérin, a dans son « comité scientifique » le sociologue de l’UQAM Jacques Beauchemin, l’historien de la Télé-Université Éric Bédard et l’ex-ministre et sociologue Joseph Facal.
La sociologue Joëlle Quérin rebaptiserait « accommodement 101 », le cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR) offert aux élèves du primaire et du secondaire. Endoctrinement une génération est l'unique but de ce cours qui devrait être aboli, selon la chercheuse.M. Watters ne semble pas avoir suivi : les exemples donnés par Mme Quérin portent sur des années antérieures.
« Le but, c'est de l'abolir, considère celle qui a analysé le contenu du cours ÉCR pour l’Institut de recherches sur le Québec. Permettre aux parents qui le désirent de retirer leur enfant de ce cours n'évitera pas l'endoctrinement. Il faut remplacer ce cours par du français, par exemple. »
L'auteure de plusieurs articles sur la question du multiculturalisme et des accommodements raisonnables au Québec qualifie « de sans contenu », ce cours imposé à tous les élèves de la 1re année du primaire à la cinquième année du secondaire depuis septembre 2008. « L'objectif n'est pas qu'ils connaissent les religions, mais qu'ils les respectent, constate-t-elle. C'est de la répétition jusqu'à ce que ça leur entre dans la tête. Ce n'est pas obligatoire dans le programme d'apprendre les religions en détail. »
Les professeurs doivent seulement s'assurer que les élèves soient accommodants à la fin du programme, poursuit celle qui effectue un doctorat en sociologie à l'UQAM. Pour Mme Quérin, il ne fait aucun doute que le gouvernement du Québec a conçu ce cours pour ne plus se heurter à des chicanes sur les accommodements raisonnables. Une burka, un niqad ou le kirpan doivent devenir des symboles familiers pour les enfants du Québec, selon la sociologue. « Dans l'un des manuels utilisés pour le cours, il y a une photo prise à la rentrée scolaire d'un professeur entouré de trois élèves, dont l'une porte un niqad (un voile qui ne permet de voir que les yeux), donne pour exemple la chercheuse. Il est toujours question des pratiques alimentaires et vestimentaires, deux choses qui sont toujours matière à des accommodements raisonnables. »
La sociologue considère même que ce cours puisse donner du fil à retorde aux parents. « Dans le manuel de première secondaire, il y a l'image d'une jeune fille gothique. On mentionne que cette tenue vestimentaire permet à la jeune fille de s'exprimer, relate Mme Quérin. Imaginez un parent qui dit à sa fille de ne pas s'habiller ainsi. Dans le cours ECR, ça dit que c'est un moyen de s'exprimer" lui répondra-t-elle. »
Cette dernière a aussi vu dans un manuel du 1er cycle du primaire, un exercice qui apprend aux jeunes à faire la file devant le taille-crayon s'il y a d'autres compagnons devant eux. « Est-ce qu'on a besoin d'un cours pour ça ? », s'interroge-t-elle.
Joëlle Quérin est catégorique, ses lectures du programme ministériel d'ÉCR et celle des écrits des rédacteurs de ce cours lui font dire que le but recherché "est que tous les enfants adoptent une opinion commune, lance-t-elle. Il n'est pas question de développer l'esprit critique. Il faut que tout le monde se taise et accepte."
La [ex-] présidente de la Coalition pour la liberté en Éducation, la Granbyenne, Marie-Josée Croteau [le nouveau président de la CLÉ est Sylvain Lamontagne], qui milite pour l'abolition du cours [en fait, le libre choix], ne cache pas que cette étude fournira des munitions à l'organisation qu'elle préside. « C'est intéressant qu'il y ait des intellectuels qui s'intéressent au sujet, soutient-elle. Ça va brasser les gens. »
Quant à Denis Waters, qui a présidé l'ensemble des travaux ayant mené à la rédaction du cours d’ÉCR, les propos de Mme Quérin sont injustifiés. « Dans ses propos, je ne reconnais pas le programme déplore-t-il. Il n'est nullement question d'accommodements raisonnables, sauf peut-être en secondaire IV et V, où la question de la tolérance est abordée. »
Le cours d'éthique et culture religieuse (ECR), obligatoire depuis l'automne 2008 dans les écoles du Québec, n'instruit pas les élèves, mais sert plutôt à les endoctriner pour en faire des « enfants accommodants », conclut une nouvelle étude de l'Institut de recherche sur le Québec, qui demande que la formation soit retirée des écoles.
« J'ai voulu vérifier si le cours donne des connaissances aux enfants ou s'il les endoctrine. J'ai constaté que c'est la deuxième option qui prime », dit la sociologue Joëlle Quérin, qui a mené l'étude.Pour Mme Quérin, l'objectif du cours d'ECR est clair : rendre les enfants plus accommodants. La formation « abandonne les connaissances pour se consacrer exclusivement à la promotion du multiculturalisme, rebaptisé pluralisme », dit-elle.
N'hésitant pas à parler de « propagande à l'école », Mme Quérin croit que le cours d'ECR « passe par les enfants pour transformer la société ». Sous prétexte de favoriser le « vivre-ensemble », la formation « anéantit tout débat », plaide Mme Quérin, qui martèle que le cours doit être aboli.
Porte-parole de la Coalition pour la liberté en éducation, Richard Décarie est du même avis. « Ça confirme ce qu'on a toujours dit : le cours d'ECR impose une stratégie de pluralisme endoctrinal et ça doit cesser », affirme-t-il.
Le sociologue Mathieu Bock-Côté qualifie la formation en ECR de « cours d'accommodement 101 ». « L'enseignement des religions sert de prétexte à la rééducation thérapeutique de la société québécoise », croit-il.
La présidente du Mouvement laïque québécois, Marie-Michelle Poisson, croit elle aussi qu'il y a « un élément de propagande flagrant » dans le cours d'ECR. « On impose un modèle de laïcité ouvert aux religions qui est soi-disant celui qu'ont choisi les Québécois. Or, ce modèle n'a jamais fait l'objet de débat », dit-elle.
Alarmée par les résultats d’une étude, l’opposition péquiste plaide pour l’abolition pure et simple du programme d’étude controversé d’éthique et de culture religieuse.Affirmation qu'il faudrait prouver : de quelles valeurs parle cette dame ? Rappelons que les évêques catholiques du Québec prétendaient l'inverse (très peu sur la tradition chrétienne et son histoire au Québec) et l'analyse des manuels montre également que l'exotisme religieux est souvent majoritaire [voir ici et ici] et que le cours ECR sert souvent de prétexte à un peu tout le prêt-à-penser gauchiste, féministe, et de la théorie du genre.
Chercheure à l’Institut de recherche sur le Québec, la sociologue Joëlle Quérin a mis le feu aux poudres avec la publication récente d’une analyse concluant que le cours d’ECR occulte les valeurs québécoises et « endoctrine » les élèves en faveur du multiculturalisme.
« Si je prête foi à l’étude, et j’ai tendance à le faire passablement, je suis d’avis qu’on devrait cesser d’enseigner ce cours », a soutenu aujourd’hui en entrevue à La Presse Canadienne le député de Borduas, Pierre Curzi.
Publiée le 3 décembre, l’analyse d’une trentaine de pages avance que le cours d’ECR est non seulement « antinationaliste » mais aussi « antidémocratique car il s’inscrit dans une stratégie d’endoctrinement de la jeunesse permettant l’imposition du multiculturalisme à l’abri du débat public et au mépris de l’opposition populaire ».
Enseigné à grande échelle depuis 2008 au primaire et au secondaire, le cours d’éthique et de culture religieuse « abandonne les connaissances pour se consacrer exclusivement à la promotion du multiculturalisme, rebaptisé pluralisme », écrit la chercheure qui a scruté le contenu du programme.
En outre, elle estime que l’identité québécoise y est évacuée de tous ses codes, ses pratiques et ses coutumes pour être réduite à une simple notion civique.
« Il s’agit de dire aux enfants qu’ils sont tous Québécois et qu’être Québécois signifie tout simplement respecter la Charte québécoise des droits et libertés ! Aussi bien qualifier de Québécois tous les touristes qui, durant leur séjour, n’enfreindront pas la Charte ! », ironise l’auteure.
D’après Mme Quérin, les petits Québécois en sauront bien peu sur les différentes cultures religieuses après avoir suivi le cours.
En effet, remarque-t-elle, « l’endoctrinement » a préséance sur « les connaissances ». En revanche, les élèves auront appris que « toutes les conceptions de la vie sont valables » et que la politicienne Françoise David est une « personne modèle » au même titre qu’un « médecin sans frontières » ou que le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains.
[...]
Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, le député Curzi presse la ministre en titre, Michelle Courchesne, de «refaire ses devoirs».
« Il faut revoir tout ça en commission parlementaire. Il faut examiner ce qui est en train d’être enseigné parce que cela n’a pas de sens », a-t-il estimé.
M. Curzi propose que le cours d’éthique et de culture religieuse soit remplacé par un cours d’histoire élargi où serait abordé le fait religieux.
La ministre de l’Éducation a refusé de commenter l’étude, faisant savoir par son attachée de presse, Tamara Davis, qu’elle ne l’avait pas encore lue.
« Mais je peux vous dire que le cours insiste beaucoup sur les valeurs historiques du Québec », a indiqué Mme Davis.
« Je pense qu'il est temps qu'on se penche là-dessus. On a fermé les yeux, on a fermé les yeux sur ce qu'était ce cours-là. Et on a oublié que les gens qui s'y intéressent au point de créer ce cours-là ont ce qu'on appelle des agendas cachés et ce sont des gens qui font de la politique aux dépens de la population en général.Écoutez l'extrait audio de son intervention :
Je crois que, effectivement, que ce sont des tenants du relativisme absolu. Tout est égal à tout et tout est pareil et tout est bon. Allez dire ça à des petits enfants. C'est aussi pire que de dire que ça à des enfants que de leur dire que ça c'est péché, ça c'est pas péché. Il y a le bien et le mal. Mais ça c'est péché et ça c'est pas péché comme on l'apprenait à l'époque. C'est pas mieux. Et l'un remplace l'autre. Et c'est une nouvelle religion. Je vais vous dire, elle est pire que l'autre, car c'est une religion dont on ne voit pas la figure. Et c'est bête à dire, mais dans certains cas c'est couvert de la tête aux pieds... »

Page 10 du cahier d'activités Voyage vers les valeurs pour la 2e année du 1er cycle du secondaire des éditions École nouvelle
