vendredi 17 octobre 2008

13,5 millions de $ de subventions pour les manuels ECR du primaire

Selon un document émanant du Monopole de l'Éducation (MELS) en date du 6 décembre 2007, l'investissement total prévu pour financer les manuels d'ECR du primaire s'élève à 13,5 millions de dollars.

Le ministère avait alloué 3 700 000 $ à ce poste en 2006-2007. Pour l'année scolaire 2007-2008, une somme de 5,3 millions de $ est consentie par le ministère. À cette somme s'ajoute la participation des commissions scolaires qui devrait atteindre 4.500.000 $, soit le tiers de l'investissement total de 13,5 millions de dollars.

jeudi 16 octobre 2008

Le cours d’Éthique et culture des religions à l’école : qu’en penser ?

Un dossier complet de Sel et Lumière sur l'implantation du cours d'éthique et culture des religions au Québec. Rencontres avec M. Pierre Bergevin du Ministère de l'éducation, Mme Marie-Josée Croteau de la Coalition pour la liberté en éducation, Mgr Pierre Morissette de l’AECQ et M. Paul Donovan, Directeur de l'école secondaire Loyola.

Cours d'ECR : redessiner le drapeau québécois sans croix !

Joëlle Quérin, de l'UQAM, disait du nouveau cours d'éthique et culture religieuse entré en vigueur en septembre 2008 qu'il consistait « en un véritable lavage de cerveau multiculturaliste auquel les enfants auront droit [sic] de leur entrée à l'école primaire jusqu'à leur sortie de l'école secondaire. »

Un exemple de ce à quoi ce multiculturalisme (pardon, ne fachons pas MM. Bouchard et Taylor, d'interculturalisme) mène : redessiner le drapeau québécois sans croix pour ne pas heurter tous les nouveaux immigrants (euh, comme les Antillais, les Rwandais, Congolais et les Latinos chrétiens ?)

Même M. Martineau trouve cela un peu débile.



Maire de Saguenay au sujet du programme ECR : « C'est fou ! »

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, s'entretient avec Richard Martineau au sujet du laïcisme, de la véritable laïcité et du cours d'éthique et de culture religieuse qu'il oppose à l'école.




(Le son est légèrement désynchronisé par rapport à l'image, nos excuses)

mercredi 15 octobre 2008

Benoît XVI pour la liberté de choix entre cours de religion et cours d'éthique...à Berlin

Depuis toujours, les cours de catéchisme font partie intégrante du système scolaire allemand. Mais il y a deux ans, les collèges et lycées berlinois, ville fortement à gauche, ont décidé de les remplacer par des cours d'éthique, un mélange de philosophie, de valeurs morales et d'histoire des religions.

Pour Karim Hassan, professeur d'éthique dans un lycée berlinois, cette décision répond au mélange des cultures dans la capitale : « Nos élèves sont d'origines diverses, chaque groupe religieux devait donc participer à un cours de religion différent. Or il est essentiel d'apprendre à vivre ensemble et de découvrir les différences des autres. »

Il n'y a donc plus de catéchisme à l'école : pour étudier leur religion, les élèves peuvent profiter d'un enseignement religieux, mais en dehors des heures de cours.

Pour les associations chrétiennes, il y a là une volonté de marginaliser la religion. Selon elles, les élèves devraient avoir le choix entre éthique et religion dans leur emploi du temps, comme dans d'autres régions allemandes. Les églises berlinoises ont donc lancé fin septembre une initiative dont l'objectif est d'organiser un référendum dans la capitale. Le pape Benoït XVI a annoncé la semaine dernière qu'il leur apportait son soutien.


Selon le docteur Christoph Lehmann, fondateur de la campagne Pro-Reli : « Les églises ont la possibilité d'offrir des cours de religion dans les écoles mais ces cours n'ont pas le même statut qu'un cours normal. Beaucoup d'élèves choisissent de ne pas y participer parce qu'ils sont souvent tard l'après-midi ou très tôt le matin. »

Les lycéens sont en effet très pragmatiques sur les désagréments et les avantages du cours d'éthique unique et obligatoire. Un élève explique : « Je suis pour le retour des cours de religion, comme ça, j'aurai moins d'heures par jour, et puis les autres auront cours aussi et ne pourront pas rentrer chez eux. » Pour un autre : « Dans le cours d'éthique, on apprend plein de choses et puis on n'a pas beaucoup d'examens. C'est vraiment sympa et on discute beaucoup. »

La religion retrouvera-t-elle sa place à l'école ? Tout dépendra de l'issue de cette initiative. Les partisans de l'enseignement religieux à l'école publique doivent récolter 170 000 signatures avant le 21 janvier 2009 pour obtenir l'organisation d'une consultation populaire.

Poursuite en justice à Drummondville

Le nonce apostolique très réticent envers le cours d'éthique et de culture religieuse

Extraits d'une lettre envoyée par M. Luciano Dorotea, ex-représentant du gouvernement à la délégation du Québec à Rome, parue dans La Presse du 14 octobre 2008.
Normalement, les ambassadeurs en poste sont contraints à un devoir de réserve dans leurs déclarations publiques et s'expriment par la voie diplomatique (notes et rencontres). Il est donc surprenant de voir le Nonce apostolique au Canada (l'ambassadeur du Saint-Siège), Son Excellence Mgr Luigi Ventura, déclarer le 2 octobre dernier, dans Avvenire que la loi québécoise sur le Programme d'éthique et de culture religieuse « apparaît contraire aux normes constitutionnelles (canadiennes) et peut-être aussi à la Charte des droits de l'homme, en ce qui concerne la liberté des parents à éduquer ». Selon le Nonce, cela amène, dans les faits, à « construire une religion laïque, l'État s'érigeant en organisme d'éducation morale, en maître d'une doctrine qui a comme dogme : personne n'a le monopole de la vérité ».

Réponse à M. Blouin enseignant au secondaire

Réponse à M. Blouin, enseignant à l'école secondaire Wilfrid-Léger de Waterloo. Cette lettre ouverte fut publiée dans La Voix de l'Est.
Monsieur Dominic Blouin,

J’ai été surpris de la teneur de votre lettre parue mardi dernier. Que la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) utilise les médias pour promouvoir la cause qu’elle promeut, il n’y a là rien d’autre qu’un procédé que tous les groupes citoyens utilisent et qui renvoie à la liberté d’expression dont vous profitez vous-même allègrement. Quant aux critiques acerbes que vous exprimez sur la religion, c’est justement à cause de telles opinions et attitudes que la CLÉ a raison de combattre le nouveau cours obligatoire d’Éthique et de culture religieuse.

Guy Durand
Professeur retraité de l’Université de Montréal
Durham

mardi 14 octobre 2008

Éthique religieuse : la mobilisation des parents se poursuit

Extraits d'un article de la Tribune de Sherbrooke du 11 octobre 2008 (p. 51) :

WINDSOR – Dans la continuité du mouvement de Valcourt, les tenants du boycott du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) s'organisent peu à peu à Windsor. Une cinquantaine de personnes ont assisté cette semaine à une soirée d'information pour réclamer le droit de dire non au programme d'ECR. Des parents, grands-parents, prêtres et quelques enfants venus d'un peu partout en région ont écouté attentivement les arguments de la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), un regroupement qui mène de front la mobilisation contre le nouveau programme qui remplace l'enseignement confessionnel et moral au primaire et au secondaire. « Il est temps que le gouvernement veille au bien-être de nos enfants et qu'il cesse de se servir de l'école pour transmettre l'état du monde », a dit Annie de Champlain, enseignante et membre fondatrice de la coalition.

[...]

Sur le terrain


Dans la salle, les parents qui ont été tentés par le boycott du cours ont attendu jusqu'à la toute fin de la conférence pour partager leur expérience. « Au début, on a eu droit au chantage et au harcèlement par la direction de l'école, mais on s'est vite aperçu que c'était juste pour nous faire peur », a indiqué Sylvain Lamontagne, le porte-parole de la CLÉ dans la région. Brigitte Meunier et Rock Cliche, originaires de Magog et parents de trois enfants, ont également eu à faire face aux menaces en public de la part du directeur d'école de leur fille. « Même si elle a eu peur de ne pas passer son secondaire, ça ne nous a pas empêchés de la retirer des cours », confirme cette mère. À Valcourt, le réseau de bénévoles mis en place à la rentrée pour aller chercher et encadrer les jeunes pendant les cours d'ÉCR tient toujours. Après avoir vu toutes les demandes d'exemption refusées, les parents ont opté pour le retrait du cours en motivant tout simplement l'absence de leurs enfants. Du côté de Windsor, l'organisateur de la séance d'information, Michel Labonté, aurait souhaité une plus grande mobilisation de la population et prie pour que les Windsorois se rendent en masse à la marche provinciale de la coalition qui aura lieu le 18 octobre prochain, à Montréal. « On n'a pas eu accès aux écoles pour mettre des affiches sous prétexte que c'était contraire au règlement pédagogique des établissements d'enseignement. »

lundi 13 octobre 2008

Des commissaires tentent de museler des parents et leur avocat

Repentigny, jeudi 9 octobre, trois parents avaient rendez-vous avec les commissaires de la C.S. des Affluents qui formaient le comité d’appel pour les demandes d’exemption au cours d’éthique et culture religieuse. Alors que les comités d’appel sont habituellement formés de trois ou quatre commissaires, la Commission scolaire des Affluents en avait réuni dix.

Les trois parents étaient accompagnés d’un avocat chargé de faire entendre leur point de vue auxdits commissaires, comme cela s’est fait devant les autres commissions scolaires.

Les commissaires ont refusé d’entendre Me Côté. Ils désiraient que celui-ci se restreigne à « compléter » les dires des parents présents. Ils ont alors soumis un des parents, Madame Bélisle, à la question sur les motifs écrits accompagnant sa demande d'exemption pour son enfant au cours d'éthique et de culture religieuse. Déstabilisée et très intimidée par ces dix commissaires, Mme Bélisle a passé un très mauvais quart d’heure.

Me Côté s’est insurgé contre ces procédés et a informé les commissaires qu’ils commettaient là une grave violation du droit d’être entendu (et représenté), et que ceci risquait fort d’invalider toute décision prise par les commissaires.

Pendant ce temps, une autre famille de parents qui demandaient la dispense était tenue à l’écart dans la salle du personnel, alors que la veille la secrétaire de la commission scolaire les aurait informés que les deux familles devaient être entendues simultanément, leurs dossiers et arguments étant semblables.

Me Côté ne s’est pas laissé intimider et comme celui-ci s’obstinait à défendre Madame Bélisle, les commissaires leur ont demandé de sortir de la salle pour délibérer. Les commissaires devaient se réunir « 5 ou 10 minutes ». Leur délibération dura plus d’une demi-heure.

Ce délai écoulé, un des commissaires est venu chercher les parents et leur avocat pour leur annoncer qu'ils seraient tous entendus en même temps.

Une fois revenu dans la salle, le président du comité de révision a résumé à sa façon la situation : l’ordre du jour avait été dérangé par la présence de Me Côté !

La séance de révision a donc été ajournée jusqu’à ce que siège le prochain conseil des commissaires qui décidera s’il permet aux parents d’être représentés par un tiers ou si ce tiers doit se restreindre à « compléter » les dires des parents qu’il représente.

« Pour le bien de la Commission scolaire et des parents » de justifier le président du comité de révision, « et pour le bien des enfants » d’ajouter l’un des commissaires.

Une fois de plus, on voit à l’œuvre cette prétention de la machine éducative qui s'arroge le droit de décider à la place des parents ce qui est bon pour leurs enfants. À l’écoute de cette justification paternaliste, un des parents a signifié en termes vigoureux à toute l’assemblée présente que « les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, de le noter et de bien en tenir compte dans leurs prochaines délibérations et décisions ».

Le conseil siègera le 28 octobre et prendra alors une décision sur la façon dont les parents peuvent désormais être entendus et représentés. À l’issue de cette réunion, le conseil fixera la date du comité de révision ajourné. Les parents pourront-ils être accompagnés par leur conseil juridique ? Notons qu’un des commissaires est pour sa part avocat. Les commissaires prendront-ils des dispositions afin que les parents soient de plus en plus isolés face à un comité nombreux — qui lui accueille un avocat — et qui est visiblement hostile ?