samedi 15 août 2020

Université — Liste de lecture anti-blanche de Sciences Po fait polémique

L’école de Sciences politique a partagé sa liste de livres anglais à lire pour l’été 2020. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est très orientée idéologiquement.

Sciences Po a partagé une drôle de liste de lectures sur son compte Instagram officiel. Fidèle aux préoccupations de l’année, on y retrouve des œuvres relatives à la race — George Floyd et Adama Traoré obligent — et seulement relatives à... La couleur de peau. Problème : c’est toujours à charge anti-blanc.

La liste des lectures de l’été de la prestigieuse (à la réputation surfaite à notre avis) école a, certes, été constituée par les abonnés au compte de l’école — comme précisé sur la légende, sur leurs recommandations de lecture — mais ce n’est pas tout.

Le compte de l’école assume son parti pris idéologique, en proclamant que la liste de livres « célèbre le militantisme, l’action, la diversité, et la jeunesse », avant de remercier ses abonnés pour ces bons conseils. Hélas, l’esprit critique n’est pas à l’ordre du jour : les lectures recommandées font la part belle à l’antiracisme, au militantisme de déconstruction du privilège blanc et autre... 

Au détriment même des personnes de peau blanche. Nous pouvons trouver dans cette liste prétendument éclairée : How To Be An Antiracist (Comment être antiraciste, en français), Me and White Supremacy (que l’on peut traduire par : Moi et la suprématie blanche), Why I'm No Longer Talking to White People About Race (Pourquoi est-ce que je ne parle plus de race à des Blancs, NDLR), ou encore White Fragility (La fragilité blanche, en français). Un parti pris particulièrement catégorique pour une école d’une telle envergure...

Une autre preuve de l’américanisation (et de la fascination de l’anglais) de la France.

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Covid-19: le système immunitaire a la mémoire longue

Pour mieux comprendre la mise en place de cette mémoire immunitaire, Simon Fillatreau, de l’Inserm, met en place un suivi de l’évolution des lymphocytes mémoire chez trente patients guéris. 
 
 Cellule infectée par la Covid 2019

Le fait que la majorité des populations infectées par le Sars-CoV-2 ne présente pas de symptômes notables pourrait être dû à la bonne mémoire de notre système immunitaire, selon plusieurs études indépendantes dont deux sont publiées dans la revue Nature. Ces travaux menés à Singapour, en Allemagne, aux Pays-Bas ou aux États-Unis ont découvert que le système immunitaire de 10% à 50% des personnes n’ayant jamais été en contact avec le virus était capable de le reconnaître. 

 Cette mémoire se met en place quand des lymphocytes T, cellules immunitaires dans le sang et la lymphe, se spécialisent pour reconnaître des parties du virus à la surface des cellules infectées. Pivots de la réponse immunitaire adaptative, ils activent alors les lymphocytes B, producteurs d’anticorps contre le virus, et d’autres lymphocytes T, chargés de tuer les cellules infectées. Une fois l’infection éradiquée, des lymphocytes B et T vétérans vont perdurer dans l’organisme et former la mémoire immunitaire contre le virus, prêts à intervenir rapidement en cas de nouvelle infection.

Lymphocytes vétérans

De tels lymphocytes T capables de reconnaître le Sars-CoV-2 ont bien été trouvés par les chercheurs chez des personnes vierges de tout contact avec ce virus. Ces cellules réagissaient à des parties du virus communes à quatre autres coronavirus qui circulent chaque hiver et sont responsables d’environ 20 % des rhumes. Une telle réaction croisée pourrait expliquer pourquoi le système immunitaire n’est pas toujours pris au dépourvu par le Sars-CoV-2.

Ce type de mémoire immunitaire s’avère aussi très stable dans le temps. À Singapour, par exemple, les chercheurs ont trouvé que les personnes infectées par le SarsCoV-2 en 2003 portaient encore des lymphocytes T «mémoires» capables de s’activer en présence de ce virus, soit dix-sept ans plus tard. Pour mieux comprendre la mise en place de cette mémoire immunitaire, Simon Fillatreau, de l’Inserm, met en place un suivi de l’évolution des lymphocytes mémoire chez trente patients guéris.

L’enjeu est important car leur détection s’avère une marque plus fiable d’une exposition passée au Sars-CoV-2 que celle des anticorps. C’est ce qui se dégage d’une étude mise en ligne sur le site MedRxiv menée par l’équipe du Pr Samira Fafi-Kremer, des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. « Nous avons trouvé que des personnes exposées au sein de leur couple ont eu des symptômes typiques du Covid-19 en moyenne sept jours après leur partenaire, puis développé une réponse T spécifique, mais sans produire d’anticorps », précise la chercheuse. Cette absence a été aussi rapportée par une étude chinoise montrant que certains malades peu symptomatiques du Covid-19 ne développent pas ou que très peu d’anticorps contre le virus. Des éléments qui suggèrent que la détection des anticorps dans le sang n’est pas un moyen très fiable de recenser la majorité des personnes ayant été infectées.

Deux conclusions se dégagent de l’ensemble de ces résultats. D’une part, le développement d’une immunité durable contre le Covid-19 repose en premier lieu sur la réponse des lymphocytes T mémoire. D’autre part, «le succès des vaccins anti-Covid-19 en cours de test clinique dépendra de leur capacité à induire non seulement des anticorps neutralisants mais aussi une réponse immunitaire T robuste contre le virus », souligne le Pr Fafi-Kremer. 

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Confinement : des effets parfois dramatiques sur les enfants

Un texte de Gaël Campan, économiste principal à l’IEDM, et Alexandre Massaux, chercheur associé à l’IEDM. Ils signent ce texte à titre personnel.

Greta Thunberg et les grèves pour le climat ont mis en avant les jeunes. Pourtant dans la crise du Covid-19, la jeunesse semble avoir été ignorée et même sacrifiée. Pas un jour ne passe sans que les actualités n’évoquent les décès de la Covid-19.

Un des principaux leitmotivs qui a dirigé la conduite de cette crise a été que la santé devait primer sur l’économie. Une approche qui a poussé à un confinement sévère et généralisé.

Terrain de jeu fermé pour cause de coronavirus

Néanmoins, ce dernier démontre des effets néfastes en matière sanitaire et particulièrement auprès des populations vulnérables. Selon l’UNICEF, 99 % des enfants et adolescents de moins de 18 ans vivent dans un environnement où des restrictions ont été adoptées et 60 % vivent dans des pays ayant pris des mesures de confinements.

Un confinement aux effets désastreux sur les enfants

Un certain nombre de données démontrent que le confinement a des effets dramatiques sur les enfants. Au niveau mondial, l’ONU prévient qu’avec la fermeture des classes, ce sont 310 millions d’enfants dépendants des cantines scolaires qui vont être sous-alimentés.

Du fait de l’arrêt partiel de l’économie globale et de la concentration des efforts médicaux sur l’épidémie, les campagnes de vaccinations contre la polio, qui concernent 80 millions d’enfants, sont interrompues, anéantissant les progrès des deux à trois dernières années en ce qui concerne la réduction de mortalité infantile.

Le directeur de la santé de l’UNICEF considère que les confinements généralisés sont inadaptés et contreproductifs. Pire, ces mesures et l’obsession des services de santé vis-à-vis du Coronavirus peuvent causer davantage de décès en empêchant l’accès aux soins pour combattre pneumonie, diarrhée et rougeole.

En outre, il ne faut pas croire qu’un tel phénomène touche uniquement les pays pauvres et en voie de développement. En Italie, 700 000 enfants rencontrent des difficultés alimentaires. Ainsi au cœur de l’UE et au sein de la troisième économie européenne, les mesures de lutte contre la pandémie ont réussi à créer une situation de grande précarité.

Au-delà de ces aspects dramatiques, d’autres effets pervers du confinement commencent à être relevés. L’American Academy of Pediatrics révèle que la fermeture des écoles a renforcé de nombreux risques psychologiques et physiques pour les enfants et adolescents comme les abus physiques ou sexuels, la toxicomanie, l’anxiété, la dépression et les idées suicidaires.

Ces éléments risquent de marquer à long terme, voire à vie, les enfants et les jeunes. Ainsi, sous prétexte de sauver des vies, on a sous-estimé les coûts cachés de cette lutte contre la pandémie pouvant aboutir à des conséquences dévastatrices.

Laissons la jeunesse s’épanouir

Ce sont les enfants d’aujourd’hui qui construiront le monde de demain. Le fait qu’ils soient peu concernés par la dangerosité du virus doit pousser les décideurs à ne pas sacrifier leur avenir.

De plus, maintenir une approche indifférenciée au sein de la population risque de provoquer une réaction de la jeunesse et des tensions sociales profondes. Et celles-ci ont peut-être déjà commencé.

Avoir fait subir le confinement à la jeunesse peut, en partie, expliquer l’importance des mouvements sociaux après la mort de George Floyd.

Comme le fait remarquer Timothy P. Carney de l’American Entreprise Institute : « Des millions de jeunes sont sans écoles. Les bars, les restaurants et les cafés sont fermés. Les villes ont retiré les jantes des terrains de basket et menacé d’infliger des amendes pour s’être réunies avec trop d’amis. Sans loisirs ni travail, coupés de leurs amis, et sans rien à faire, les gens seront plus à cran. L’oisiveté poussera également les gens à des actions extrêmes et imprudentes. »

Une analyse qui devrait faire réfléchir les dirigeants, et qui doit se concrétiser par la nécessité de trouver des moyens de luttes contre la pandémie autre que le confinement sévère et généralisé.

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vendredi 14 août 2020

Climat désormais 11e préoccupation sur 12 aux États-Unis

En décembre dernier, Harris avait sondé : les adultes américains avaient alors déclaré que le changement climatique était le problème numéro un auquel la société était confrontée.

Aujourd’hui, le changement climatique a dégringolé en avant-dernière place, juste devant la surpopulation, parmi douze priorités ou préoccupations. Parmi les hommes de la génération X, en fait, plus du tiers considèrent le changement climatique comme sans importance. Le COVID-19 et la récession ont bien entendu chamboulé les priorités dans le monde. Incidemment, le réchauffement climatique est une plus grande préoccupation pour les femmes d’âge de la retraite que pour tout autre groupe d’âge, à l’exception des hommes de la génération Y.



Le barrage de Warragamba — la principale source d’eau de Sydney — approche de sa capacité maximale alors que d’autres barrages débordent. Les militants climatiques ont longtemps prédit que les rivières d’Australie se tariraient...

Harris a également posé des questions sur les politiques que le gouvernement pourrait adopter pour lutter contre le réchauffement climatique ou aider l’environnement en général.

Une seule des neuf initiatives proposées a été approuvée par une majorité : 51 % approuvent des crédits d’impôt ou des rabais pour une plus grande efficacité énergétique dans les bâtiments.

De plus, 13 % des répondants affirment que le gouvernement ne devrait rien faire pour améliorer l’environnement, un point de vue qui s’élève à près d’un sur cinq de tous les participants à l’enquête dans le Sud des États-Unis.

Nous savons d’après cette enquête, menée le 24 juillet, que les adultes américains consomment moins de carburant qu’avant le déclenchement de la pandémie.

Dans l’Amérique pré-COVID-19, 77 % des adultes déclaraient qu’ils avaient l’habitude de conduire. Aujourd’hui, avec plus de personnes travaillant à domicile ou ne travaillant pas du tout, seuls 61 % déclarent utiliser leur voiture pour se déplacer.


Récolte exceptionnelle prévue dans les Prairies canadiennes en 2020

De même, seuls 14 % des adultes déclarent encore prendre l’avion, contre 21 % l’hiver dernier. C’est un bienfait pour les écologistes, car cela signifie que nous pompons moins de gaz à effet de serre dans l’air.

Mais la pandémie s’accompagne également d’un regain dans la production de déchets. Les hommes jeunes, en particulier, commandent davantage de plats à emporter, emballés dans des sacs en plastique à usage unique et des boîtes jetables, souvent avec ces pailles en plastique naguère méprisées.

Nous emportons moins souvent des sacs réutilisables lors des courses. Probablement parce que nous sommes plus nombreux à la maison, nous consommons également plus d’énergie pour garder nos maisons plus fraîches en été et plus chaudes pendant les mois froids qu’auparavant.

Et lorsque la pandémie prendra fin — ou du moins maîtrisée — les adultes américains disent qu’ils se comporteront de manière à augmenter leur empreinte carbone.

D’après l’enquête Harris, les Américains vont conduire autant qu’avant, utiliseront moins les transports en commun, marcheront moins ou feront moins du vélo, achèteront plus de vêtements et feront emballer et expédier plus de choses chez eux.

Et la plupart d’entre eux prévoient de faire monter davantage la climatisation et le chauffage à la maison.


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Ministère de la Justice accuse Yale de discrimination raciale contre blancs et asiatiques

Ancien vitrail du collège Calhoun de Yale
Brisé par un employé de cuisine
Alors que le sujet des discriminations raciales bat son plein aux États-Unis, le ministère américain de la Justice a accusé la prestigieuse université Yale, jeudi 13 août, de violer les droits civiques en pratiquant une discrimination contre les candidats blancs et asiatiques.

Les conclusions du ministère, qualifiées de « sans fondement » par Yale, suivent une enquête de deux ans sur le processus d’admission en licence [baccalauréat au Québec] de cet établissement du Connecticut membre de l’Ivy League, club ultra-select regroupant huit excellentes universités du nord-est du pays. La Cour suprême américaine a déjà autorisé les universités à prendre en considération l’origine ethnique des candidats, mais le ministère de la Justice souhaite que cela soit fait « dans des circonstances limitées ».

«Il n’existe pas une bonne forme de discrimination raciale», a déclaré le procureur général adjoint Eric Dreiband de la Division des droits civils.

« L’usage de la race [dans le processus d’admission] à Yale est tout sauf limité », accuse le ministère, pour lequel « la race est le facteur déterminant dans des centaines d’admissions chaque année ». « Les Asiatiques et les Blancs ont de quatre à dix fois moins de chances d’être admis, à dossier comparable, que des candidats afro-américains ». « Les bonnes formes de discrimination raciale, ça n’existe pas », a déclaré l’adjoint du ministre de la Justice Eric Dreiband. « Diviser de manière illégale les Américains en catégories raciales et ethniques encourage les stéréotypes, l’amertume et la division », a-t-il ajouté. Lire aussi « Il y a une obsession américaine pour la couleur de peau »

Nouveau vitrail pour le Collège Calhoun
désormais Collège Hopper

L’enquête sur Yale a été ouverte par le gouvernement Trump il y a deux ans, à la suite d’une plaine par des groupes d’étudiants asiatiques. Cela pourrait avoir un impact sur les politiques de discrimination positive mises en place pour favoriser les minorités, comme les Noirs américains.

Dans un communiqué, Yale a rejeté « catégoriquement » ces accusations. « Nous nous intéressons à l’ensemble de la personne quand nous choisissons qui nous admettons », a déclaré la faculté, se disant « fière » de ses critères de sélection. Comme Yale, d’autres universités des États-Unis, un pays où les statistiques ethniques sont autorisées, sont accusées de discrimination anti-asiatique. L’une d’entre elles, Harvard, revendique des critères plus larges que l’excellence académique, y compris des critères de personnalité, au nom du maintien de la « diversité » de son campus.

Financement public sujet à la non-discrimination raciale

Comme condition d'obtention de millions de dollars de financement public, Yale a expressément accepter de se conformer au titre VI du Loi sur les droits civils de 1964 qui interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur ou l'origine nationale dans les programmes et les activités qui reçoivent une aide financière fédérale. Le ministère de la Justice a notifié aujourd'hui à l'Université de Yale ses conclusions selon lesquelles Yale discrimine illégalement les candidats d'origine asiatique et blanche dans le cadre de son processus d'admission au premier cycle en violation du titre VI de la Loi de 1964 sur les droits civils. Les conclusions sont le résultat d’une enquête de deux ans en réponse à une plainte déposée par des groupes américano-asiatiques concernant la conduite de Yale.

Yale s'expose donc à perdre le financement public qu'il reçoit des contribuables américains.

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jeudi 13 août 2020

Des parents envisagent l’option des « microécoles »

Des parents québécois qui hésitent à envoyer leur enfant à l’école à cause de la COVID veulent embaucher des tuteurs.

Des familles déçues des mesures annoncées par le ministre de l’Éducation en vue de la rentrée scolaire tentent de se regrouper pour embaucher des profs qui feraient l’école à la maison à leurs enfants.

Depuis quelques jours, Fernanda Goldfarb (ci-contre) est à la recherche d’autres parents qui voudraient créer une « microécole » qui ne compterait que cinq ou six élèves, dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

La réponse à sa publication dans un groupe Facebook du quartier l’a surprise : une vingtaine de personnes se sont montrées intéressées.

« Pourtant, c’est vraiment un plan d’urgence. Si je pensais que c’était sécuritaire, j’enverrais tout simplement mon garçon à l’école », dit la mère de Lorenzo, 8 ans, qui commencera sa troisième année loin de ses camarades de classe habituels.

Le dévoilement du nouveau plan de la rentrée a convaincu Fernanda Goldfarb, comme d’autres parents, de ne pas renvoyer son fils à l’école.

Elle espérait avoir accès à de l’enseignement à distance, mais cette option ne sera pas offerte aux familles dont aucun membre n’est à risque de contracter le virus.

L’école à la maison au sens traditionnel — où un parent enseigne à son enfant — ne convenait pas à son horaire de travail comme consultante en informatique ni à celui de son mari. L’idée d’une microécole s’est alors imposée.

« Il faut vraiment faire confiance aux autres, parce que certaines familles ont des problèmes de santé », reconnaît-elle.

900 enfants, non merci

Cependant, si son Lorenzo fréquentait l’école primaire de Notre-Dame-de-Grâce comme à son habitude, il côtoierait potentiellement 900 autres enfants, ajoute la femme de 42 ans.

Elle a déjà trouvé une tutrice de français, mais cherche encore un enseignant de mathématiques, d’anglais et de musique pour enseigner au groupe d’enfants quelques heures par semaine.

À quelques jours de la rentrée, Susy Jarra, mère de trois enfants, hésite encore.

Gavin, son plus vieux âgé de 9 ans, serait probablement admissible à l’enseignement à distance, puisque sa petite sœur souffre de problèmes de santé importants. « Sauf que si on ne faisait que l’école à distance, on perdrait l’aspect social », estime la femme de 41 ans.

« Déchirée »

Avec deux de ses amies, Susy Jarra a donc discuté de la possibilité de créer un petit groupe d’apprentissage (« cellule d’instruction ») pour leurs trois garçons en quatrième année, et d’embaucher des tuteurs pour leur enseigner. « On serait assez stable financièrement pour se le permettre. Mais je me sens déchirée », admet-elle.

D’autres, comme Cindy Turgel, de Blainville, aimeraient séparer la tâche d’enseignement entre quelques parents et avoir l’aide d’un tuteur au besoin, car l’embauche d’un enseignant à temps plein n’est pas dans ses moyens.

Dans tous les cas, il s’agit d’une solution de dernier recours pour les parents à qui Le Journal a parlé. « Dès que ça ira mieux, mon fils retournera à l’école », affirme Fernanda Goldfarb.

◆ En 2019-2020, 5964 enfants ont officiellement été scolarisés à la maison au Québec.

Marine Dumond, présidente de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile, comprend l’attrait d’autres solutions éducatives, comme l’enseignement dispensé par un tuteur à quelques enfants à la fois. « Tous les parents ne se sentent pas à l’aise de créer un curriculum de A à Z », explique-t-elle.

La spécialiste des enjeux entourant l’école à la maison Christine Brabant, de son côté, ne voit pas les microécoles d’un mauvais œil, tant qu’elles restent dans le meilleur intérêt de l’enfant.

Intérêt supérieur de l'enfant

« Même si on peut avoir l’impression que les parents se retirent d’un système, ils se cassent la tête pour trouver le meilleur pour leurs enfants », souligne Mme Brabant.

Et des études ont démontré que le degré d’engagement des parents dans l’éducation de leur enfant est relié à leur réussite scolaire, ajoute la professeure de l’Université de Montréal.

Le risque de créer une éducation à plusieurs vitesses est toutefois bien réel, souligne pour sa part Mme Dumond. « Ce sont clairement les familles favorisées qui auront accès à ce genre d’éducation. » Une solution serait le chèque-éducation : l'État rendrait l'argent qu'il utilise dans l'école publique pour instruire ces enfants aux parents qui font un autre choix...

Pas donné

Par exemple, une compagnie de tutorat montréalaise que Le Journal a contactée prévoit facturer entre 11 000 $ et 14 000 $ par enfant pour un encadrement de cinq demi-journées par semaine pendant l’année scolaire.

Les parents des élèves qui fréquenteront une microécole restent tout de même responsables de l’éducation de leurs enfants aux yeux de la loi, rappellent les deux spécialistes.

Ils devront répondre aux mêmes exigences que les parents qui scolarisent leurs enfants à la maison.


Le Dr Knock et la médecine profondément moderne

« – Toute personne bien portante est un malade qui s’ignore.  

[...]

— Tomber malade ? Vieille notion qui ne tient plus devant les données de la science actuelle. La santé n’est qu’un mot qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide. [...] Théorie profondément moderne. »

lundi 10 août 2020

Port du masque obligatoire dès la 5e année du primaire au Québec

Le ministre Jean-François Roberge en conférence de presse.

Tous les élèves devront porter le masque à partir de la 5e année du primaire, a expliqué le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge.

La rentrée 2020 se fera sous le signe du masque. Québec a revu son plan pour l’année scolaire et tous les élèves devront le porter à partir de la 5e année du primaire.

Une première version du plan de Québec pour la rentrée avait été présentée en juin. Le gouvernement Legault calque maintenant son approche sur celle du Canada, dont l’Agence de la santé publique recommande le port du masque dès l’âge de 10 ans dans les écoles.

La nouvelle mesure touche évidemment tous les élèves du secondaire aussi, ainsi que ceux qui suivent de la formation professionnelle et de la formation générale aux adultes.

Par souci de cohérence, le port du masque pour les enfants de 10 ans et plus deviendra obligatoire à compter du 24 août prochain dans le transport en commun, dans le transport scolaire, dans tous les lieux publics intérieurs ainsi que ceux extérieurs qui ne permettent pas une distanciation physique de 2 mètres. L’âge minimal est actuellement de 12 ans.

Dans les écoles, tout le personnel devra porter le masque, de l’enseignante au concierge.

« Il devra être porté dans les lieux communs, dans les halls d’entrée, dans les corridors, mais pas dans les classes. On veut préserver cette facilité de communiquer visage à visage. Les expressions sont importantes », a déclaré le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Seuls les visiteurs devront porter un masque dans la salle de classe. Le but étant de garder le groupe le plus étanche possible.

Un tableau intitulé « À l’école, je me protège et je protège les autres ! » qui illustre les scénarios où le port du masque est obligatoire à l’école. Dans quelles circonstances les élèves, le personnel et les visiteurs devront-ils porter le couvre-visage à l’école ? 

 

 

D’ailleurs, le concept de groupe-bulle est évacué du plan. La bulle, c’est maintenant la classe. Au primaire comme au secondaire, ce seront les professeurs qui changeront de local, et pas les élèves.

Pour les récréations, les horaires seront un peu chamboulés afin que tous les élèves ne se côtoient pas en même temps. C’est donc dire que les enfants du même groupe se verront beaucoup et ne verront pas ou très peu les autres élèves de l’école.

Pour les élèves de 4e et 5e secondaire, Québec a accouché d’un compromis pour préserver l’étanchéité du groupe. Comme il existe des cours à option à ce niveau, il y aura des journées d’alternance à l’école et à la maison.

« Il y a des cours différents en science, en physique, en mathématique et ça amène les élèves à changer de classe, à se promener. Ce qui fait qu’au lieu d’être avec 25 élèves, j’ai peut-être côtoyé 100 élèves si je change de groupe deux ou trois fois. On priorise la santé et la sécurité et c’est pour ça qu’on a ce compromis de l’alternance », a expliqué le ministre. Autant M. Roberge que le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, ont insisté lundi sur l’importance de cette stabilité, qui minimisera la transmission du virus et qui facilitera le travail de la santé publique en cas d’éclosion.

Les exceptions

Tous les élèves sont attendus pour la rentrée. Le ministre Roberge l’a répété quatre fois plutôt qu’une : pas question de ne faire que de la révision ou du rattrapage cette année. Tout le programme sera enseigné. On fait le choix d’avoir une rentrée à temps plein, avec des groupes pleins, on enseigne 100 % du programme, a-t-il dit et redit.

Ceux dont les parents sont à risque, ou qui sont eux-mêmes malades, par exemple, pourront toutefois être dispensés de venir à l’école. Mais ils ne seront pas dispensés de faire les apprentissages.

Ceux qui ont une véritable vulnérabilité documentée par un médecin auront donc droit à l’enseignement à distance. Le centre de service scolaire vous garantira un service, des enseignants superviseront vos enfants, leur donneront des cours à distance, seront disponibles pour répondre à leurs questions, leur donneront des devoirs et tout l’accompagnement nécessaire, a assuré le ministre.

dimanche 9 août 2020

Zemmour : La gauche au pouvoir, Macron, l'endoctrinement de l'école, aux médias, en passant par les chansons

Entretien-fleuve avec Éric Zemmour, paru dans Valeurs actuelles (double numéro d’été).

— Il y a un paradoxe d’apparence dans votre succès sur CNews : la télévision n’est-elle pas le média qui incarne l’inverse des valeurs que vous défendez ? N’est-elle pas le lieu privilégié de la superficialité et de l’immédiateté ?

— La télévision n’a pas toujours été au service de la superficialité. Dans les années 1970, j’ai été nourri par les débats politiques d’une grande qualité entre Mitterrand, Giscard, Couve de Murville, Lecanuet, Barre, Michel Debré ou encore le truculent Georges Marchais. Je me souviens de FR3 qui opposait des intellectuels brillantissimes comme Steiner et Boutang. Pivot recevait Soljenitsyne et opposait BHL à Maurice Bardèche. Les adaptations télévisées des grandes œuvres littéraires comme Illusions perdues m’ont poussé à les lire, de même que les séries historiques comme les Rois maudits ou Jacquou le Croquant ou Schulmeister, l’espion de l’empereur m’ont donné le goût de l’histoire. À l’époque, la télévision tenait son rôle d’instituteur du peuple. Et l’instituteur enseignait l’histoire de France et les grands écrivains, pas la théorie du genre.

— La télévision est-elle le seul moyen de s’adresser à tout le monde ?

— Cela reste en tout cas le média de masse par excellence. Mais j’ai découvert qu’elle était devenue un instrument de propagande au service des minorités et du politiquement correct. C’était un peu par hasard que je suis tombé chez Laurent Ruquier le samedi soir. J’ai compris alors que les émissions dites de divertissement — comme la fiction d’ailleurs — sont devenues des machines de propagande. Guy Lux ne faisait pas la promotion du mariage homosexuel et ne comptait pas les Noirs dans la salle. Alors, chez Ruquier, j’ai retourné la machine contre elle-même. Les gens étaient aux anges et on faisait des audiences énormes. Au bout de cinq ans, ils s’en sont rendu compte, et ils m’ont viré.


— Comment définiriez-vous la recette de Face à l’info ? S’agit-il d’une forme de contre-programmation ?

— Double contre-programmation, à la fois dans la forme et dans le fond. Dans la forme, on n’ouvre pas le robinet à info maison privilégie l’analyse, le débat contradictoire, le recul historique, voire la confrontation idéologique. Sur le fond, j’oppose au politiquement correct macronien de BFM un discours conservateur et patriotique, bref ce que le système médiatique appelle « populiste ». Je fais ce que je sais faire. Je n’ai jamais été un journaliste d’information. Quand j’étais jeune, mon chef du service politique au Quotidien de Paris me taquinait toujours : « Zemmour, il connaît le XYZ du journalisme, mais pas l’ABC. » Cela n’a pas changé. L’information ne m’intéresse pas par elle-même. Ce qui m’intéresse, c’est l’analyse et la bataille idéologique et politique. Mais il me faut donner une dernière précision : ceux qui prétendent ne faire que de l’information sont les plus grands idéologues. Simplement, ils se dissimulent hypocritement derrière le paravent de l’info.

L'Église catholique prise au piège de la religion du migrant

Un texte de Laurent Dandrieu auteur Église et immigration, le grand malaise, paru aux Presses de la Renaissance, 316 pages, 17,90 €. (Voir recension de l’ouvrage).

L’incendie criminel de la cathédrale de Nantes, perpétré par un immigré rwandais, est le triste symbole de la naïveté suicidaire de l’Église sur la question.

 

 

Sous la pression des enquêteurs, Emmanuel A., le bénévole catholique rwandais chargé de la fermeture de la cathédrale de Nantes la veille de son incendie, le 18 juillet dernier, a donc avoué avoir allumé les trois départs de feu qui ont causé des dommages irréparables. Âgé de 39 ans, vivant en France depuis 2012 et à Nantes depuis plusieurs années, il s’était vu refuser à plusieurs reprises le statut de réfugié. Faisant l’objet depuis 2019 d’une obligation de quitter le territoire, il n’avait pas obtempéré, soutenu par le diocèse de Nantes qui avait tenté d’obtenir de la préfecture qu’elle revoie sa position. Ce n’était visiblement pas assez aux yeux d’Emmanuel A., qui venait de se plaindre par courriel auprès de plusieurs personnalités du diocèse de ne pas être soutenu. L’incendie qu’il a déclenché dans la cathédrale n’est pas seulement un acte de vandalisme criminel, c’est aussi un geste d’ingratitude envers l’Église, bien mal payée de sa bienveillance.

Il n’est certes pas question de généraliser, d’étendre la suspicion à tous les immigrés qui rejoignent les rangs clairsemés des messes catholiques ou d’oublier que dans les innombrables atteintes à des lieux de culte chrétiens — incendies, profanations, vols ou simples vandalismes — les autochtones ont aussi leur part. Il n’en reste pas moins qu’en incendiant une cathédrale pour punir la société française d’un accueil jugé insuffisant, Emmanuel A. adonné à son geste une dimension on ne peut plus symbolique : le symbole d’une immigration qui considère l’accès à la France comme un droit imprescriptible, et tout refus de ce droit comme une injustice qui justifie les rétorsions les plus violentes.

Le symbole est d’autant plus frappant qu’il a été rendu public le jour même où l’Église commémorait l’assassinat du père Jacques Hamel, victime il y a quatre ans de ce terrorisme islamiste qui est, chez nous, un pur produit d’importation. Si les deux événements ne sont pas comparables, dans les deux cas l’Église est punie par là où elle a péché : une confiance aveugle dans le migrant en tant que damné de la terre, un refus obstiné de voir que l'immigration de masse n’est pas seulement l’occasion d’une « culture de la rencontre », mais aussi un bouleversement radical des équilibres culturels et sociaux, une révolution démographique et anthropologique porteuse de menaces sérieuses, et peut-être mortelles, pour nos civilisations.

Car s’il y a une chose qui caractérise le regard de l’Église sur l’immigration, c’est bien la naïveté. Une naïveté poussée jusqu’à la cécité. Depuis des décennies, la hiérarchie catholique ne veut voir dans l’immigration de masse qu’une source d’enrichissement culturel et humain, une occasion de charité et de dépassement des égoïsmes. Toutes les mises en garde contre les dangers induits par cette arrivée massive de populations subitement déracinées et plongées sans préparation dans des sociétés qui ne veulent plus entendre parler d’assimilation au nom du droit de chacun à rester fidèle à ses origines, toutes ces mises en garde sont balayées par la hiérarchie, pape François en tête, comme autant de fantasmes ou de manifestations de racisme. Tout en défendant, à propos des Indiens d’Amazonie, le respect dû aux « peuples autochtones menacés dans leur identité et leur existence même », le pape dénie le même respect aux Européens, jugeant illégitimes leurs inquiétudes face à une immigration de peuplement massive. « Je ne vous cache pas, déclarait-il ainsi en 2017, ma préoccupation devant les signes d’intolérance, de discrimination et de xénophobie que l'on constate dans diverses régions d’Europe. Ceux-ci sont souvent motivés par la méfiance et par la crainte à l’égard de l’autre, celui qui est différent, l’étranger. Je suis encore plus préoccupé par la triste constatation que nos communautés catholiques en Europe ne sont pas exemptes de ces réactions de défense et de rejet, justifiées par un vague “devoir moral” de conserver leur identité culturelle et religieuse d’origine. »

Ce « migrantocentrisme » se refuse d’autant plus volontiers à regarder en face les conséquences concrètes de l’immigration (souvent désastreuses pour les migrants eux-mêmes et leurs pays d’origine) qu’il a donné naissance à une « théologie du migrant » où celui-ci n’est plus véritablement regardé comme une personne concrète, mais comme une figure rédemptrice permettant d’accéder enfin à « l’unité du genre humain », selon le souhait de Jean XXIII à Vatican II, les difficultés liées aux migrations n’étant que le « travail d’enfantement d’une humanité nouvelle » (instruction Erga migrantes caritas Christi, 2004). Les migrations ne sont plus un phénomène humain ou géopolitique, mais, « parmi toutes les expériences humaines, [celle choisie par Dieu] pour signifier son plan de rédemption de l’homme » (Jean-Paul II, 1988), et « la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu » (Benoît XVI, 2010). « Notre théologie est une théologie de migrants », assénait le pape François en ouverture de son livre Politique et société (2017). Ce nouveau rédempteur, François l’a célébré en installant place Saint-Pierre une sculpture monumentale représentant un groupe d’immigrés puis, sur les murs du Vatican, un crucifix où un gilet de sauvetage de migrants a été substitué au corps du Christ…

 

 Cette canonisation du migrant a, entre autres conséquences, celle de piétiner le respect dû à la loi. Le « droit à migrer » étant devenu, dans le discours ecclésial courant, une sorte d’absolu théologique, le droit des États à y opposer une législation restrictive est sans cesse dénié, et le migrant encouragé à le transgresser par l’immigration illégale : dans un message d’août 2017, le pape réclamait même des États qu’ils accordent les mêmes droits aux clandestins qu’aux immigrants légaux. L’Église peut-elle dès lors s’étonner lorsqu’on retourne contre elle cette incitation à ne pas respecter le droit, comme l’a fait, d’une manière extrême, le bénévole rwandais de Nantes ?

Le dernier communiqué du diocèse paraît surtout marqué par la crainte que l’incendie ne remette en cause cette sacralisation du migrant : « Nous veillerons à ce qu’à la meurtrissure subie par notre église-cathédrale ne s’ajoute celle infligée à l’Église du Christ par la haine et le déni de fraternité. » Il est édifiant de comparer le ton de ce communiqué avec celui qu’emploie habituellement la communication épiscopale dans ses dénonciations récurrentes de ceux qu’elle qualifie de « catholiques identitaires », où le souci de fraternité disparaît bien facilement des termes qui ne dissimulent pas leur hostilité. À force de sembler ainsi choisir son camp, qui n’est pas celui, hélas, du peuple de France, l’Église peut-elle s’étonner si ce peuple se détourne d’elle, de plus en plus massivement ?

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