lundi 18 février 2019

Exodus de Paul Collier, comment l'immigration et le multiculturalisme changent le monde


Exodus: l’immigration et le multiculturalisme au XXIe siècle est un livre de 2013 de l’économiste Paul Collier sur la manière dont la migration affecte autant les migrants que les pays d’origine et de destination de ces migrants. L’ouvrage se penche sur les effets économiques de l’immigration internationale et la lutte contre la pauvreté. Le livre de Collier affirme également que l’exode des cerveaux est l’un des inconvénients, souvent négligés, de la migration. Selon Colin Kidd, Collier soutient que la politique d’immigration occidentale a été guidée non par la raison, mais par des réactions émotionnelles face à la culpabilité postcoloniale occidentale « tout en étouffant la prise en compte de problèmes plus vastes de pauvreté dans le monde ».

L’ouvrage qui vient d’être traduit en français est déjà considéré comme un classique dans le monde anglo-saxon. Sans céder à l’émotion, le professeur à Oxford y décrypte les conséquences de l’immigration, aussi bien pour les pays d’accueil que de départ. Loin d’être une chance, celle-ci fragilise l’Europe et appauvrit l’Afrique.

Pour Collier, si l’immigration ne frappe pas les nations d’obsolescence, son accélération continue, conjuguée à une politique de multiculturalisme assumé, pourrait menacer leur viabilité. L’absorption s’est révélée plus difficile que prévu. Tout indiquerait que l’accroissement continu de la diversité pourrait, à un moment ou à un autre, mettre en péril les accomplissements fondamentaux des sociétés modernes.

Si beaucoup d’économistes vantent les bienfaits de l’immigration, pour Collier c’est en grande partie une position incantatoire. Ces économistes répondent à la mauvaise question : « L’immigration est-elle une bonne chose ? » plutôt que « Quel est le meilleur niveau d’immigration ». Nous ajouterions une question sur le type d’immigration, toutes les immigrations à même effectif ne se valant pas. Deuxièmement, ces économistes mettent généralement en avant les effets à court terme sur le PIB, alors que les effets à long terme importent davantage. Troisièmement, les recherches les plus fiables sur l’effet de l’immigration sur les salaires moyens ont montré qu’il est nul, ou très proche de zéro. Quatrièmement, cela a un coût social, notamment en matière de logement. Cinquièmement, les effets économiques sont probablement moins importants que les effets sociaux, qui n’ont pas fait l’objet de suffisamment de recherches.

L’un des messages que ce livre tente de véhiculer, c’est que les cultures, ça compte. La culture, c’est ce qui sépare les diasporas des autochtones, et certaines cultures sont plus que d’autres éloignées de celle de la population indigène.

Paul Collier
Exodus
Immigration et multiculturalisme au XXIe siècle
aux éditions L’ARTILLEUR,
en février 2019,
411 pages


Extrait de la recension de la démographe Michèle Tribalat :


[...] [D] ans la première partie de son ouvrage intitulée « Les questions et le processus », Paul Collier aborde frontalement la question idéologique qui a fait de l’immigration un tabou dans nombre de pays d’accueil, tout en soulignant la nécessité d’en sortir. Il y explicite aussi pourquoi, laissée à elle-même, l’immigration va s’accélérer.

À gauche, l’immigration est vue comme un sujet tabou, la seule opinion permise étant la déploration de l’antipathie des classes populaires à son égard et un discours positif vantant ses mérites économiques. À droite, l’opposition reste vague afin de ne pas être taxée de raciste. La culpabilité liée aux actions passées des nations européennes a fait de l’identité nationale une menace et façonné la perception actuelle des immigrants. La façon la plus sûre d’exprimer son antiracisme a été d’affirmer son soutien à l’ouverture des frontières. Si toute demande de limitation de l’immigration est vue comme l’expression d’un racisme, alors un débat ouvert sur l’immigration est impossible. Paul Collier pense qu’il est possible d’envisager la question migratoire en la débarrassant des « associations toxiques » qui mobilisent l’émotion, mais peu de connaissances établies.

Pour cela, il commence par expliquer pourquoi les flux migratoires s’accélèrent.

Les départs des pays pauvres sont motivés par les écarts de revenus, mais il faut disposer des moyens de partir. C’est un investissement qui se voit réduit par les diasporas déjà présentes dans les pays d’accueil. L’amélioration du niveau de vie dans les pays d’origine favorise la migration tant que les écarts de revenus entre pays riches et pauvres restent conséquents. Les migrations produisent des diasporas qui engendrent d’autres migrations. Ce qui compte pour définir une diaspora, ce n’est pas le pays de naissance, mais le nombre de personnes qui ont gardé des liens au pays d’origine avec des migrants potentiels et qui sont prêtes à les aider. Le taux d’absorption dans le pays d’accueil régule la taille de la diaspora. Laissés à eux-mêmes, ces mécanismes risquent de se traduire par une accélération des flux migratoires. Le seul frein qu’ils peuvent rencontrer réside dans la politique migratoire conduite par les pays d’accueil. Or, jusque-là, les décisions prises en la matière ont été « furtives et embarrassées » (p. 80). Un cercle vicieux s’est mis en place dans lequel les partis traditionnels, en désertant leurs responsabilités, ont ouvert un espace à des « brochettes d’hurluberlus : racistes, xénophobes et psychopathes [qui] ont attiré à eux des citoyens ordinaires de plus en plus inquiets du silence des partis traditionnels » (p. 81). Ce qui a renforcé la crainte de ces partis traditionnels de traiter la question. Si toutes les restrictions sont déclarées a priori illégitimes, alors les taux d’immigration à venir seront bien plus élevés que ceux connus au cours des dernières décennies.

Trans — Médecins inquiets que des enfants s'exposent à des "dégâts à long terme" en raison de groupes de pression et de parents agressifs

Les médecins de la seule clinique publique d’identité sexuelle s’inquiètent de ce que les jeunes patients de celle-ci pourraient être exposés à des « dégâts à long terme » en raison de groupes de pression et de parents agressifs.

L’hôpital « de développement de l’identité de genre » de Tavistock, située dans le nord de Londres, est « incapable de résister aux pressions » des militants et des parents qui exigent des transitions de genre rapides, ont déclaré plusieurs médecins.

L’hôpital fournirait également des soins « terriblement inadéquats », certains membres du personnel ont évoqué des « préoccupations éthiques très sérieuses » concernant leur lieu de travail, selon un rapport récent.

Le rapport, rédigé par l’ancien directeur du personnel, David Bell, a déclaré que certains enfants « adoptent l’identité trans comme une solution » à « de nombreux problèmes, tels que la maltraitance des enfants dans la famille, le deuil, l’homophobie et une incidence très importante de troubles du spectre autistique. »



Selon des membres de l’établissement, l’hôpital de développement de l’identité de genre Tavistock, dans le nord de Londres, est « incapable de résister aux pressions »  des militants et des parents qui exigent des transitions de genre rapides.

Selon le Sunday Times, les enfants pourraient avoir été « encadrés » par des groupes de pression et que l’historique de patients « extrêmement perturbés ou complexes » n’avait pas fait l’objet d’une enquête approfondie.

Le rapport Bell déclare que de nombreux enfants qui s’interrogent sur leur identité ont peut-être « appris grâce aux ressources en ligne [ou] aux conseils de leurs parents ou de leurs pairs, exactement ce qu’il faut dire pour obtenir les résultats souhaités » à la clinique.

Un membre du personnel a déclaré : « Vous voyez soudainement des groupes d’enfants qui, lors de l’entretien initial, récitent exactement la version des détails de la transition, des raisons qui les poussent à venir, etc. que j’ai entendu leurs parents souffler dans le couloir leurs enfants juste avant l’entretien tout en les grondant. »

« J’ai l’impression d’avoir laissé tomber un grand nombre d’enfants ».

Le rapport de Bell a également indiqué que, dans certains cas, des sentiments assez typiques chez des jeunes avaient été renommés « désir de changer de sexe ».

L’établissement, qui est le plus grand fournisseur de services d’identité sexuelle pour enfants au Royaume-Uni, aurait également recommandé aux patients des hormones bloquant la puberté après une seule séance. La clinique nie que ce soit le cas.

L’administration de l’hôpital a émis un long communiqué en réponse au rapport, elle y accepte certaines des accusations du rapport Bell et y formule un certain nombre de recommandations.


Source : Times de Londres

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samedi 16 février 2019

Étude — École non mixte n'augmente ni résultats ni intérêt des filles pour les sciences, mais bien pour les garçons

Dans de nombreux pays, les résultats scolaires des garçons sont inférieurs à celui des filles, mais celles-ci sont toujours sous-représentées dans les sciences, les techniques, l’ingénierie (génie) et les mathématiques (STIM).

Cette tendance a suscité un regain d’intérêt pour la mise en place d’écoles non mixtes pour améliorer les résultats des filles en STIM.

Des chercheurs coréens ont utilisé le cadre unique de Séoul, où les enfants sont affectés aléatoirement à une école secondaire, pour les uns, mixtes ou, pour les autres, non mixtes. Grâce à des données administratives pluriannuelles provenant des examens nationaux d’entrée au collège et une enquête longitudinale auprès des élèves de dernière année, les auteurs de l’étude ont évalué les résultats des élèves et leurs intérêts dans les STIM selon la mixité ou non de leur école. Les résultats sont publiés dans le numéro de février d’Economics of Education Review.

Cette étude n’a révélé aucun effet de la fréquentation d’une école non mixte sur les résultats ou l’intérêt des filles pour les sciences, les techniques, l’ingénierie (génie) et les mathématiques (STIM). Les chercheurs constatent que les écoles pour garçons ont des effets significatifs positifs pour les garçons dans ce domaine.

Ces résultats ne concordent pas avec l’idée reçue chez certaines féministes selon laquelle, pour diverses raisons, la présence de garçons nuit aux résultats et à l’intérêt des filles pour les STIM. L’étude étaye plutôt la thèse de Christina Sommers selon laquelle le système éducatif pourrait faire plus pour les garçons, notamment grâce à des écoles ou des classes pour garçons. Christina Sommers est l’auteur de La Guerre contre les garçons : comment des politiques malavisées nuisent à nos jeunes hommes (The War Against Boys: How Misguided Policies are Harming Our Young Men).

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mercredi 13 février 2019

France — « père » et « mère » à l'école, des « modèles sociaux et familiaux un peu dépassés », « arriérés »

Malgré l’opposition du gouvernement Macron qui estimait que la mesure ne relevait pas du ressort législatif, un amendement à la loi sur la réforme de l’école a été voté, remplaçant « père et mère » par « parent 1 et parent 2 » sur les formulaires scolaires.

L’Assemblée a adopté le 12 février en première lecture un amendement qui consacre l’homoparentalité dans les formulaires scolaires qui devront porter les mentions « parent 1 et parent 2 » et non plus « père et mère », dans le cadre du projet de loi sur « l’école de la confiance ».

« Cet amendement vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école », a expliqué la député La République en marche (LREM, parti de Macron) Valérie Petit, à l’origine du texte.

L’élue du Nord a rappelé que nombre de formulaires d’état civil, d’inscription à la cantine ou d’autorisation de sortie scolaire portent toujours les mentions père et mère, en ne tenant pas compte du vote de la loi pour le « mariage pour tous » [terme novlangue, autant de gens pouvaient se marier avant son passage, certains mariages sont toujours interdits] et de l’existence de familles homoparentales.

« On a des familles qui se retrouvent face à des cases figées dans des modèles sociaux et familiaux un peu dépassés. Aujourd’hui, personne ne devrait se sentir exclu par des schémas de pensée un peu arriérés. Pour nous, cet article est une mesure d’égalité sociale », a défendu dans l’hémicycle sa collègue Jennifer de Temmerman (LREM, parti de Macron).



Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer et le rapporteur Anne-Christine Lang (LREM) ont donné un avis défavorable à cet amendement, estimant que le changement réclamé ne relevait pas du domaine législatif.

Le député Les Républicains Xavier Breton a dénoncé un amendement relevant « d’une pensée unique et politiquement correcte qui ne correspond pas à la réalité ». « Quand j’entends dire que c’est un modèle dépassé, je rappelle qu’aujourd’hui, dans les unions célébrées, mariages ou PACS, plus 95 % qui sont des couples homme-femme », a-t-il dit.

En revanche, pour son collègue socialiste Joaquim Pueyot, cette réforme « est une question de respect et de dignité ». « Vous n’imaginez pas les conséquences lorsque des enfants ne se sentent pas traités comme les autres », a-t-il lancé.


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dimanche 10 février 2019

Oxford réorganise les études classiques pour réduire inégalités entre hommes et femmes

Après 900 ans, l’université Oxford réorganise ses études classiques pour réduire les inégalités entre hommes et femmes. La faculté a décidé de passer à l’action alors que les jeunes hommes sont deux fois plus nombreux que les filles à obtenir une mention très bien.

Les professeurs de la faculté de lettres classiques ont déclaré que les résultats des examens de l’an passé révélaient un écart troublant entre les sexes : 46,8 % des hommes obtenaient une mention très bien (16/20 ou plus) alors que seules 12,5 % de leurs camarades féminines entraient dans cette catégorie.

Les universitaires ont noté que l’écart entre les sexes lors des examens finaux — qui était « déjà très perceptible » — avait « considérablement augmenté » avec la dernière cohorte d’étudiantes.

Par ailleurs, si 38 % des jeunes hommes obtenaient une mention très bien lors des examens de deuxième année seules 19,3 % des femmes l’obtenaient.

Luke Pitcher, président de la faculté des lettres classiques, a déclaré qu’une équipe était sur le point de « refondre » le programme afin de « remédier à la disparité entre les sexes ».

Cette décision a été reçue de façon mitigée par les étudiants d’Oxford. L’un d’entre eux a affirmé qu’il s’agissait d’une mesure « draconienne et inutile ». Cet étudiant en troisième année de lettres classiques a ajouté : « Au lieu de reformuler tout le programme, le département devrait se pencher sur le fait que le style d'enseignement conviendrait plus aux garçons qu’aux filles. »

Alex Nash, un autre étudiant de troisième année en classiques, a déclaré : « La réforme devrait viser à réduire l’écart entre les candidats qui ont étudié le latin et le grec au secondaire et les autres. » « La vraie différence réside dans la maîtrise de la langue, certains étudiants débutants étant nettement désavantagés », a-t-il ajouté.

Cette matière, également connue sous le nom de Literae Humaniores ou les Grands, est enseignée à Oxford depuis plus de 900 ans. Parmi les anciens diplômés, on retrouve Oscar Wilde, CS Lewis et Boris Johnson.

Le projet de réforme du programme d’études classiques constitue la dernière parmi de nombreuses « ouvertures » des facultés d’Oxford envers les femmes.

L’an dernier, la faculté de philosophie d’Oxford a introduit plusieurs modifications destinées à accroître l’attrait de ce domaine pour les étudiantes. La faculté a présenté un nouveau cours de premier cycle sur la philosophie féministe et a suggéré que 40 % des auteurs recommandés sur les listes de lecture de philosophie soient des femmes. La liste des grandes philosophes dans l'histoire est pourtant bien courte. On a également invité les professeurs à utiliser les prénoms des auteurs plutôt que leurs initiales lors de la compilation de ces listes de lecture, afin de faire ressortir les auteurs de sexe féminin. On ne sait pas ce qui est prévu pour les auteurs transgenres.

En 2017, Oxford a introduit un examen final d’histoire « à emporter à la maison », destiné à améliorer les résultats des étudiantes car elles ont moins de chances d’obtenir un diplôme avec distinction en histoire que leurs camarades masculins.

Les étudiantes qui passaient des examens de mathématiques et d’informatique à l’été 2017 disposaient de 15 minutes supplémentaires pour terminer leurs copies, après que les professeurs aient déclaré que « les candidates pourraient être plus susceptibles d’être affectées par la pression du temps ».

Un porte-parole d’une université a déclaré : « La Faculté des lettres classiques est en train de créer un nouveau groupe de travail chargé d’étudier certains aspects du cours de lettres classiques. »

« Le groupe examinera un certain nombre de questions, notamment le déséquilibre hommes-femmes dans les résultats des examens. Aucune proposition n’a encore été faite, discutée par la faculté ou adoptée. »

On ne connaît pas d'initiatives pour améliorer la réussite des hommes dans les domaines où ils obtiennent de moins bons résultats que les femmes.

Source : Sunday Telegraph

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Université d'Oxford : plus de temps donné aux femmes pour compléter l'examen

Étude de 2018 (n=2064) : pas d'effet de menace du stéréotype sur résultats en maths des filles

Hongrie — Exonération fiscale à vie pour les mères d'au moins 4 enfants

Le gouvernement hongrois augmente considérablement son aide financière et ses subventions aux familles de plusieurs enfants, a annoncé dimanche le Premier ministre Orban.

Les mesures annoncées par Viktor Orban lors de son discours sur l’état de la nation visent à encourager les femmes à avoir plus d’enfants et à enrayer le déclin de la population en Hongrie.

Les avantages comprennent une exonération à vie de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les femmes qui donnent naissance et qui élèvent au moins quatre enfants ; une subvention de 2,5 millions de forints (11 500 $ canadiens, 7 800 euros) en faveur d’un véhicule de sept places destiné aux familles de trois enfants ou plus ; et un prêt à faible taux d’intérêt pour les femmes de moins de 40 ans qui se marient pour la première fois.

Le gouvernement a également déclaré qu’il dépensera davantage pour le système de santé hongrois et qu’il créera 21 000 places en crèche. De plus, les grands-parents seront admissibles à des frais de garde d’enfants s’ils s’occupent de jeunes enfants à la place de leurs parents, a dit Orban.

« Il y a de moins en moins d’enfants nés en Europe. Pour l’Ouest, la réponse (à ce défi) est l’immigration. Pour chaque enfant disparu, on devrait en faire venir un et alors les chiffres seront bons », a déclaré M. Orban, selon Reuters.

« Mais nous n’avons pas besoin de bons chiffres. Nous avons besoin d’enfants hongrois “, a-t-il dit en annonçant le programme d’incitation.

Source : The Independent

mercredi 6 février 2019

Des écoliers (5 à 9 ans) hospitalisés après avoir consommé du cannabis

Lundi, au moins 14 enfants d'une école primaire située à Cleveland, dans l'Ohio, ont consommé des oursons en gélatine qui auraient contenu du cannabis. Neuf d'entre eux ont dû être hospitalisés.

Source

lundi 4 février 2019

Étude de 2018 (n=2064) : pas d'effet de menace du stéréotype sur résultats en maths des filles

Stéréotype sociologique moderne :
« Les femmes et les mathématiques,
un exemple de stéréotype négatif désinvestissant. »
Le concept de menace du stéréotype relève de l’étude des stéréotypes dans le domaine de la psychologie sociale. Il représenterait l’effet psychologique qu’un stéréotype aurait sur une personne visée par celui-ci. Face à certaines situations, un individu aurait la sensation d’être jugé à travers un stéréotype négatif visant son groupe ou craindre de faire quelque chose qui pourrait confirmer ce stéréotype. Dès lors, cela pourrait provoquer une diminution des performances de cet individu, dans un domaine où il est impliqué personnellement.

Selon cette théorie, quand une femme passe un test en mathématiques, son résultat serait possiblement affecté par le stéréotype selon lequel les femmes ont des capacités en mathématiques inférieures à celles des hommes. Cette conséquence de la menace du stéréotype aurait été démontrée, selon ses partisans, par Spencer, Steele et Quinn en 1999. De plus, les résultats montreraient que le stéréotype n’intervenait pas quand il était précisé au préalable que les femmes réussissaient le test aussi bien que les hommes. Ensuite, seules les performances dans ce domaine seraient impactées : un test en anglais de difficulté équivalente est tout aussi bien réussi par les femmes que par les hommes. Enfin, si le test en mathématiques est facile, les femmes ne seront pas non plus influencées par la menace.

Critiques

L’explication proposée par le concept de menace de stéréotype a très tôt attiré les critiques. Selon les chercheurs Paul R. Sackett, Chaitra M. Hardison et Michael J. Cullen, les médias et la littérature savante ont conclu à tort que l’élimination de la menace du stéréotype pourrait complètement éliminer les différences de performance entre les Américains européens et les Afro-Américains. Sackett et al. ont souligné que, dans les expériences fondatrices de Steele et Aronson (1995) où la menace de stéréotype était supprimée, un écart d’environ un écart-type restait entre les groupes sans usage de covariances, ce qui est très proche de la différence moyenne observée entre les Afro-Américains et les Européens aux scores sur des tests standardisés à grande échelle tels que le SAT.

Gijsbert Stoet et David C. Geary ont examiné les preuves justifiant le concept de la menace stéréotypée et notamment des écarts de réussite en mathématiques entre les hommes et les femmes. Ils ont conclu que les recherches sur les stéréotypes comportaient de nombreux problèmes méthodologiques, comme l’absence de groupes de contrôle, et que la littérature sur les menaces stéréotypées était faussement présentée comme « prouvée ». Ils ont conclu que les preuves avancées étaient très faibles.

L’ampleur et la nature de l’effet de menace de stéréotype ont également été remises en question. Flore et Wicherts ont conclu, dans une grande méta-analyse, que l’effet rapporté est faible, mais aussi que son importance est artificiellement augmentée par un biais de publication, pour expliquer les différences de résultats en mathématiques et en sciences entre les sexes. Ils soutiennent que, après correction du biais de publication, les effets de la menace de stéréotype étaient plus probablement proches de zéro. Ce biais signifie que les chercheurs ont tendance à publier ou à citer des effets positifs importants liés à une hypothèse ou une théorie, car les études montrant un manque d’effets ou des effets négligeables attirent moins d’attention. Dans le cas de la menace du stéréotype, on aurait accordé beaucoup d’importances à des effets (faussement) positifs dans des études insuffisantes alors que de grandes études similaires bien contrôlées trouvent des effets plus petits, voire non significatifs. (Voir Colleen M. Ganley, Leigh A. Mingle, Allison M. Ryan et Katherine Ryan, « An examination of stereotype threat effects on girls’ mathematics performance. »)

Étude (n=2064) de 2018 : aucune confirmation d’un effet de menace du stéréotype

Les auteurs (Flore, Mulder et Wicherts) d’une étude publiée en janvier 2019 ont mené une expérience de menace stéréotypée à grande échelle dans des écoles secondaires néerlandaises (n = 2064) pour étudier la généralisabilité de l’effet de menace du stéréotype.

Dans cette étude, les scientifiques ont tenté de reproduire l’effet global parmi les filles du secondaire des Pays-Bas et d’étudier quatre modérateurs théoriques principaux, à savoir l’identification du domaine, le sexe, l’anxiété liée aux mathématiques et la difficulté des tests. Chez les filles (13-14 ans), ils n’ont trouvé aucun effet global de la menace stéréotypée sur les performances en mathématiques ni aucun effet modéré de la menace stéréotypée.

L’étude a révélé un écart entre les sexes au test de mathématiques, les garçons ayant de meilleurs résultats que les filles. Mais cela ne semble pas être dû à la manipulation de la menace stéréotypée (« Grâce à une série d’analyses, nous concluons que nos données ne montrent aucun signe de baisse de performance due à la manipulation de la menace stéréotypée. »)

Brève — L'écart de rémunération entre les sexes reflète les décisions de la famille que nous pouvons ou ne voulons pas changer

L’écart de rémunération entre les hommes et les femmes reflète les décisions de la famille que nous pouvons ou ne voulons pas changer.

Les femmes sans enfants qui n’ont jamais été mariées gagnent 117 % des salaires de leurs homologues masculins (contrôlés pour l’éducation, l’âge et les heures travaillées et l’âge). Pourquoi ? Parce que les décisions des femmes jamais mariées sans enfants ressemblent davantage à celles des hommes (par exemple, elles travaillent plus longtemps et n’abandonnent pas leur carrière, c'était déjà vrai au début du XXe siècle...), et les hommes jamais mariés ressemblent davantage à des femmes (carrières dans le domaine des arts, notamment). Le résultat ? Ces femmes gagnent plus que ces hommes.

Les décisions familiales sont la variable cruciale qui explique l’écart salarial. Et la variable familiale la plus importante est la division du travail après la naissance des enfants : la présence d’enfants conduit le père s’investir davantage dans le travail et maman intensifie ses engagements familiaux.

Le changement de la division du travail une fois les enfants arrivés implique-t-il que les mères sacrifient leur carrière à contrecœur ? Pas vraiment. Les sondages auprès des gens dans la vingtaine montrent que les deux sexes préféreraient sacrifier leur salaire pour plus de temps en famille. En fait, les hommes dans la vingtaine sont plus disposés que les femmes à sacrifier la rémunération de leur famille (70 % des hommes ; 63 % des femmes).

Toutefois, les femmes ne gagnent-elles pas moins que les hommes occupant le même emploi ? Oui et non. C’est ainsi que, pour les médecins, le Bureau of Labor Statistics amalgame sous la même rubrique des médecins et des chirurgiens. Le médecin de sexe masculin est plus susceptible d’être le chirurgien, d’exercer en cabinet privé, pendant des heures plus longues et moins prévisibles, et pendant plusieurs années. Alors que les femmes ont plus tendance à être médecins avec des autres moins longues et prévisibles. Lorsque ces variables sont prises en compte, le salaire est exactement le même. Ce qui semble être le même travail (médecin) n’est, dans les faits, pas le même travail.

S’agit-il d’un choix fait par les femmes ou de la discrimination ? Pour Warren Farrell qui a enseigné à la faculté de médecine de l’Université de Californie à San Diego : « j’ai vu mes étudiantes s’intéresser à des spécialités qui comportent des heures de service moindres et prévisibles (dermatologie, psychiatrie). Inversement, elles évitaient les spécialités avec beaucoup de contact avec le sang et la mort, telles que la chirurgie. »

Source

Voir aussi

« Les femmes en couple qui travaille à temps partiel ont un niveau élevé de satisfaction à l'emploi, un faible désir de changer les horaires de travail et vivent dans des couples où la production des ménages est très sexiste... et vivent en partenariat où la production du ménage est très sexuée... les résultats suggèrent que les emplois à temps partiel sont ce que veulent la plupart des femmes néerlandaises. » (Source)

« Pour Ellen de Bruin, auteur du succès de librairie Ces Hollandaises qui ne ne dépriment pas... Comment font-elles ? (Un clin d’œil au Ces Françaises qui ne grossissent pas... : Comment font-elles ? de Mireille Guiliano) la Néerlandaise typique est naturellement belle, n’est pas esclave de la mode, enfourche son vélo pour faire ses courses, passe beaucoup de temps avec ses enfants et son mari, suit des cours d’art en milieu de semaine, passe avec décontraction l’après-midi à boire du café avec ses amies. Elle aime travailler à temps partiel, gagne moins que son mari, mais ça lui va parfaitement : il paie les factures.

Le livre d’Ellen de Bruin soulignait ensuite que les femmes néerlandaises, comparées aux autres femmes occidentales, se retrouvent constamment au bas des palmarès qui classent les pays en fonction du taux de femmes qui occupent des postes supérieurs dans les entreprises et l’administration, mais qu’elles sont systématiquement classées en haut de ces listes sur le plan du bonheur et du bien-être. En fait, presque tout le monde aux Pays-Bas semble content du statu quo. En 2009, les Pays-Bas arrivaient en tête de tous les pays de l’OCDE pour ce qui est du bien-être global...» (plus de détails)



Faiblesse des revenus masculins, une des causes de l'effondrement du mariage ?