dimanche 24 mars 2013

France — Des centaines de milliers de manifestants mobilisés contre « l'autisme » idéologique du gouvernement


Reportage de KTO sur la manifestation



Reportage de la Voix de la Russie sur la manifestation
(la Russie veut interdire l'adoption d'enfants russes par des Français si la loi passe)


Des centaines de milliers d’opposants au « mariage » entre personne de même sexe et à l’adoption par les couples homosexuels se sont rassemblés dimanche à Paris contre le projet de loi sur le prétendu1 « mariage pour tous » en voie d’adoption par le Parlement.

Ils étaient 300.000, estime la préfecture de police, selon laquelle les chiffres définitifs ne seront connus qu’en début de semaine. Les organisateurs revendiquent pour leur part 1,4 million de participants.

Des heurts ont éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants qui tentaient de rejoindre la place de l'Étoile et l’avenue des Champs-Elysées que le gouvernement se refusait de voir occuper par les manifestants, sans doute pour éviter que l'ampleur de la manifestation soit encore plus visible.

Les manifestants, dont de nombreuses familles, des jeunes et des élus ceints de leur écharpe tricolore, ont afflué en début d’après-midi sous une marée de drapeaux roses, blancs et bleus sur l’avenue de la Grande Armée pour demander à François Hollande de retirer le texte et de le soumettre à référendum.


Vue de l'axe principal de la manifestation
à partir de l'Arche de la Défense jusqu'à l'Arc de Triomphe à 5 kilomètres de distance


Vue de l'axe principal de la manifestation
à partir de l'Arc de Triomphe jusqu'à l'Arche de la Défense à 5 kilomètres de distance


Une foule compacte et bigarrée


Slogans : du boulot, pas de l'idéologie homo

« On veut du boulot, pas du mariage homo » ou « Occupe-toi d’Aulnay [usine automobile qui ferme], pas du mariage homo », proclamaient des pancartes en faisant allusion à la fermeture programmée et très médiatisée de cette usine du constructeur automobile PSA.


D’autres pancartes étaient à la gloire de la « famille PME » (« papa, maman, enfant ») ou sommaient François Hollande d’entendre les opposants au « mariage pour tous ».

« Les Français ont besoin de travail, les Français ont besoin de logements, ils n’ont pas besoin du mariage homo », a déclaré la présidente du Parti chrétien démocrate, Christine Boutin.

« Je dis au président de la République: si vous n’entendez pas le peuple de France, il va se révolter », a-t-elle ajouté, tandis que les manifestants scandaient : « François, ta loi on n’en veut pas ! »

Policiers chargent la foule et poivrent une mémé, puis la foule 

Lacrymogènes, enfants gazés

L’avenue de la Grande Armée, qui prolonge les Champs-Elysées au-delà de l’Arc de Triomphe en direction de Neuilly, a vite été saturée et les manifestants ont débordé sur l’avenue Foch, puis sur la place de l’Étoile. Selon Hervé Mariton, ci-dessous à partir de 2:00, on avait accordé le droit aux manifestants d'y être avant que le ministre de l'intérieur Valls intervienne personnellement pour empêcher la chose.

C’est alors que plusieurs centaines d’entre eux ont tenté de forcer le passage vers les Champs-Elysées. Les forces de l’ordre en tenue anti-émeute les ont repoussés avec des boucliers en plexiglas et des jets de gaz lacrymogènes et ont évacué manu militari certains d’entre eux.

Les forces de l’ordre « ont été contraintes de faire usage ponctuellement de gaz aérosols compte tenu du comportement très agressifs de certains manifestants », a expliqué à la presse le directeur de cabinet du préfet de police, Laurent Nunez.



Des manifestants, parfois des pères ou mères de familles, ont vigoureusement protesté contre l’usage de ces gaz. Certains ont commencé à scander « Hollande démission ! »

« C’est inacceptable d’envoyer des gaz contre des enfants. Est-ce qu’il est normal qu’on ait des forces de l’ordre dans la République qui tirent sur des familles et des enfants ? » s’est indigné l’ancien ministre UMP [centre-droite] Laurent Wauquiez.

« C’est juste le reflet de la violence avec laquelle le gouvernement traite ce mouvement. C’est inacceptable. Il faut que la préfecture de police soit sanctionnée », a-t-il ajouté.

Henri Guaino, ancien conseiller spécial de l’ex-président Nicolas Sarkozy, a pour sa part qualifié de « honte  » le fait que les autorités n’aient pas autorisé les opposants au « mariage pour tous » à manifester sur les Champs-Élysées.


En fin d’après-midi, les forces de l’ordre ont déployé sur la place de l’Étoile des véhicules pour tenter de contenir les manifestants qui s’y trouvaient encore.

Le 13 janvier, la précédente manifestation contre le « mariage pour tous » avait réuni à Paris 340.000 participants, selon la police, un million selon les organisateurs.


L'ancienne ministre Christine Boutin a demandé dimanche soir sur i-télé la démission de Manuel Valls et du préfet de police suite aux incidents en marge de la manifestation contre le mariage gay à laquelle elle a participé.

« Un jeune de 14 ans a été mis KO par des gaz lacrymogènes », a assuré la présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD, associé à l'UMP), en ajoutant avoir elle-même été « ciblée » par les forces de l'ordre.

La députée Christine Boutin au sol après avoir été « ciblée » par les policiers

Certains manifestants affirmaient qu'un car de police avait sciemment renversé ou écrasé une jeune manifestante, voir ci-dessous.


Mobilisation

« Si aujourd’hui il y a autant de monde, c’est aussi parce que les gens sont en colère », a déclaré Laurent Wauquiez à BFM-TV. « Et ils sont en colère sur la façon dont le gouvernement a traité ce mouvement. Il l’a traité avec mépris. »

« Un gouvernement républicain ne peut pas rester sourd à une mobilisation pareille », a renchéri Henri Guaino, qui avait lancé un appel à « censurer le gouvernement dans la rue ».

Le président de l’UMP, Jean-François Copé, avait quant à lui appelé les adhérents du principal parti d’opposition à participer à ce rassemblement.

Le texte de loi, qui ouvre aux homosexuels la possibilité de se marier et d’adopter, a été voté le 11 février par les députés à l’issue d’un débat marathon émaillé d’incidents parlementaires.

Il sera examiné en séance publique par les sénateurs à partir du jeudi 4 avril, l’objectif du gouvernement étant que la réforme soit définitivement adoptée avant les vacances d’été.

La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a estimé sur BFM-TV que les opposants au texte étaient dans leur droit quand ils manifestaient mais que cela n’empêcherait pas cette réforme d’être votée par le Parlement.


Une figure du mouvement contre le « mariage pour tous », Frigide Barjot, a cependant déclaré sur i-Télé que les opposants au texte n’entendaient pas désarmer.

« Au Sénat, la commission des lois a failli ne pas adopter cette loi à deux voix près », a-t-elle dit. « C’est toute la France qui est en train de se réveiller et donc nous allons dire au sénateur, ‘c’est ton heure’ et au président de la République (…) retirez-là pour la soumettre au peuple qui se lève. »

Seuls 37 % des Français pour le mariage homo et ses droits

Au lendemain du vote en première lecture par l’Assemblée nationale du projet de loi sur le mariage des personnes de même sexe déposé par Mme Taubira, Alliance VITA a demandé à l’Ifop de réaliser un sondage sur l’adhésion réelle des Français à ce projet. Les résultats montrent que seulement 37 % des Français adhèrent au projet de la loi Taubira (mariage plus adoption) contre 34 % favorables à une union civile (sans adoption) et 24% opposés à ces deux solutions.

Question : Vous savez qu’actuellement en France, le mariage ouvre automatiquement le droit à l’adoption, c’est-à-dire qu’on ne peut dissocier mariage et adoption. Dans ces conditions, êtes vous plutôt favorable … ?




La police poivre la foule qui déborde et qui veut accéder aux Champs-Élysées





Voir aussi

Mariage pour tous : 170 professeurs de droit interpellent les sénateurs

Raz-de-marée contre le prétendu « mariage pour tous » (janvier 2013)

Éric Zemmour sur le mariage homo, l'union civile (PACS), l'immigration et l'avenir de la France






[1]  Le caractère orwellien du terme « mariage pour tous » est évident puisqu'il exclut notamment les couples polygames ou incestueux, il s'agit juste du « mariage » homosexuel.

Éric Zemmour sur le mariage homo, l'union civile (PACS), l'immigration et l'avenir de la France

France 2, On n'est pas couché, 23/III/2013


Zemmour fait allusion au mariage au Moyen-âge (voir ici sur le mariage avec consentement)




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Comment Pauline Marois modifie une constitution... et une charte

Les « ténors » du gouvernement Marois s’insurgent contre le projet du nouveau chef libéral Philippe Couillard d'adhérer à la Constitution sans consulter directement la population.

Il est bon de vouloir consulter par référendum (pas par « des sommets » pipés) la population pour des décisions d'importance.

Il serait bon de rafraîchir les mémoires : Pauline Marois ne s’est jamais gênée pour faire des changements constitutionnels sans consulter la population.

  1. En 1997, Pauline Marois, alors Ministre de l’Éducation, a obtenu une modification de l’article 93 de la Constitution canadienne (en vue d’abolir les commissions scolaires confessionnelles), sans consultation directe de la population;
     
  2. En 2005, lors de l’étude du Projet de loi 95 en commission parlementaire, Pauline Marois pose des questions au témoin Pierre Bosset pour connaître les conditions pour modifier la Charte québécoise. Le témoin Bosset lui répond : « Je confirme que, pour modifier la charte, une majorité simple est requise, mais que, pour nommer les membres de la commission, les deux tiers sont requis.  »


    Documents

    Le décrochage scolaire pour Pauline Marois en 1996

    Projet de loi 95

    Le Projet de loi 95, opérant cette modification à la Charte, a été adopté sans vote par appel nominal 1 de l’Assemblée nationale, de sorte qu’on ignore combien de députés ont voté cette modification à la Charte.

    Lors de l’étude du Projet de loi 95 en commission parlementaire, au printemps 2005 la question du nombre de votes nécessaire pour modifier la Charte avait été abordée lors d’un échange entre M. Pierre Bosset et la députée de Taillon, Pauline Marois :
    Mme Marois — (…) Les modifications apportées à la charte doivent se faire avec l'appui de deux tiers des... Non? Ce n'est pas ça? C'est parce que j'essayais de me souvenir, là. Je le sais pour la nomination des personnes mais pas nécessairement pour les changements à la charte. D'accord. Je dis «pas nécessairement» parce que j'écoute le non-verbal... je constate le non-verbal. Pas écouter mais voir le non-verbal. 
    Le Président (M. Chagnon)  — Vous faites bien de le dire. Vous faites bien de le dire, Mme la députée de Taillon, parce que ce serait dur, pour les gens qui vont vous lire dans sept ou huit ans, dans 25 ans, de comprendre. 
    Mme Marois  — C'est ça, de comprendre. Mais j'aimerais vous entendre maintenant sur cela. Alors,on comprendra mes propos sans avoir à les interpréter.
    Le Président (M. Chagnon)  — M. Bosset.
    M. Bosset (Pierre)  — Je confirme que, pour modifier la charte, une majorité simple est requise, mais que, pour nommer les membres de la commission, les deux tiers sont requis. 2

    Pourtant, des assurances, émanant des deux paliers de gouvernement, avaient été données dans le passé aux parents quant au caractère fondamental de cette liberté, notamment lors de l’amendement à la
    Constitution canadienne de 1997.

    Pauline Marois, alors Ministre de l'Éducation, déclarait le 26 mars 1997 à l'Assemblée nationale :
    « L'école publique se doit donc de respecter le libre choix ou le libre refus de la religion, cela fait partie des libertés démocratiques. » 
    « Le libre choix entre l'enseignement moral et l'enseignement religieux catholique et protestant continuera d'être offert, en conformité avec la Charte québécoise des droits et libertés. » 
    «  Cette école devra être capable d'offrir le libre choix aux parents qui la fréquenteront... c'est-à-dire aux parents des enfants qui la fréquenteront, soit la possibilité d'une formation religieuse catholique, protestante ou une formation morale. » 
    « Je répète, M. le Président, que l'école publique doit respecter le libre choix comme le libre refus de la religion qu'expriment les parents. »3

    Stéphane Dion, alors Ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, déclarait le 22 avril 1997 à la Chambre des Communes :
    Si les Québécois approuvent une déconfessionnalisation des structures, un grand nombre tient à l'instruction religieuse. La ministre de l'Éducation du Québec, madame Pauline Marois, a déjà indiqué que les écoles qui le désirent pourront conserver leur orientation confessionnelle. De surcroît, le droit à l'enseignement religieux demeure garanti par l'article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.
    Le 1er octobre 1997, il renchérissait en déclarant, toujours à la Chambre des communes :
    Qui plus est, le droit à l'enseignement religieux demeure garanti par l'article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, un document ayant une valeur quasi constitutionnelle selon la Cour suprême du Canada.
    L’ancien ministre Jacques Brassard commente ainsi les événements de 1997 et le changement à l’article 41 de la Charte québécoise :
    Lorsque j'étais, dans une vie antérieure, ministre des Affaires intergouvernementales, j'ai contribué, avec Pauline Marois et Stéphane Dion, à faire adopter par les deux Parlements un amendement constitutionnel qui avait pour effet de déconfessionnaliser les commissions scolaires. Le but recherché était d'en faire des structures linguistiques.

    Lors des débats parlementaires, cependant, tout le monde insistait pour dire que la création de commissions scolaires linguistiques n'abolissait pas le droit à l'enseignement religieux garanti par la Charte des droits et libertés. Jusque-là, pas de problème!

    Quand le ministère de l'Éducation a concocté et imposé à tous les jeunes du primaire et du secondaire un cours d'éthique et de culture religieuse, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que l'Assemblée nationale avait modifié à l'unanimité et à toute vapeur, en juin 2005 sans vote nominal la Charte des droits. Résultat: abolition, à toutes fins utiles, de la liberté de choix des parents en matière d'enseignement religieux et moral. (…)

    On dit que la Charte des droits et libertés a plus de valeur et d'importance qu'une loi ordinaire. Et que, par conséquent, il ne faut lui toucher qu'avec grande précaution et après un large débat permettant une décision éclairée. Ce ne fut évidemment pas le cas sur cette question délicate. 
    (…)

    Tout cela s'est fait pratiquement en cachette et à toute vapeur. Une telle désinvolture en matière de droits et libertés est pour le moins offensante et méprisante à l'égard des parents du Québec.

    Notes

    [1] Procès-verbal de l'Assemblée nationale du 15 juin 2005 (n° 169) : page 1723 pour l’adoption du projet de loi 95, Annexe pour les votes par appel nominal aux pages 1725-1726 : le projet de loi 95 n’y figure pas.
    http://m.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/37-1/journal-debats/20050615/2799.html#_Toc106700301


    [2] Travaux parlementaires — Commission permanente de l'éducation, 2 juin 2005, http://www.assnat.qc.ca/FRA/37legislature1/Debats/journal/ce/050602.htm

    [3] Journal des débats, 26 mars 1997, Déclaration ministérielle de la Ministre de l’Éducation à l’Assemblée nationale,
    http://www.assnat.qc.ca/Archives-35leg2se/fra/Publications/debats/JOURNAL/CH/970326.htm

    Nombre de « grands lecteurs » en baisse

    « Le nombre des vrais lecteurs, ceux qui prennent la lecture au sérieux, se réduit. C’est comme la calotte glaciaire », a lancé le romancier américain Philip Roth, dans une interview au Monde reprise dans nos pages vendredi dernier. Inquiétant, le phénomène n’a cependant rien d’inéluctable.

    Le constat que le romancier fait est confirmé dans certaines études sur les pratiques culturelles au Québec. En 2004, un rapport mettait en relief la « diminution des grands lecteurs au profit des petits lecteurs. En outre, cette progression de la lecture de livres n’est pas le fait des jeunes générations, mais des plus âgées ».



    Cet étudiant en médecine qui affirmait la nécessité d'une aristocratie des lecteurs et regrettait le livre de poche doit être content


    Philip Roth a déjà soutenu qu’il y a même là un risque d’extinction pour le roman. Le patient tueur, on le connaît : l’ère numérique, qui a bien des qualités, mais qui propage le virus du « déficit d’attention ». C’est une ère de dispersion, de papillonnage, de messages surgissants, d’alertes, etc. Autant dire un complot contre les longues heures de concentration qu’exigent le roman. L’essai aussi, en passant, nécessite cette ascèse. Le véritable essai. Non pas la juxtaposition de textes proposée le plus souvent par les universitaires de cette même époque distrayante. Tout le monde est atteint par le mal ; même – ou plutôt surtout – les professionnels de la pensée. Comme ceux de l’information : nous !

    (Il faut lire à ce sujet l’intéressante entrevue de Québec Science avec Nicholas Carr, « Internet menace l’intelligence ».)

    Les optimistes diront qu’une autre culture, nouvelle, émerge, « non linéaire », multitâche, qui vaut bien l’ancienne. Tout n’est certainement pas perdu en effet. Le catastrophisme et l’annonce de la fin du monde sont des postures courantes parce que commodes. Il y a assurément des avantages au monde culturel en devenir.

    Rien, du reste, ne nous oblige à tout relativiser. Et rien ne nous empêche de réagir pour contrer les défauts qui semblent se développer. Car rien n’est inéluctable dans l’évolution culturelle. A-t-on vraiment besoin de dire quelles richesses seraient perdues si les grands lecteurs disparaissaient de nos sociétés ? Ces « têtes bien faites » habituées à suivre de longs récits, des démonstrations complexes et exigeantes.

    La suite sur Le Devoir


    Voir aussi

    Essai sur les méfaits de la télévision

    Le « Tout numérique : du slogan à la réalité




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    Études sur la réforme pédagogique : « plus de mal que de bien », portrait sombre

    Au début 2012, les chercheurs Jean-François Cardin et Érick Falardeau de l’Université Laval ont interrogé 427 enseignants du primaire et du secondaire pour savoir ce qu'ils pensaient de la réforme, rebaptisée «renouveau pédagogique» en cours de route.

    Les objectifs des États généraux

    Les enseignants interrogés dressent un portrait sombre de la réforme. Elle n’aurait pas permis aux élèves de mieux réussir alors qu'il s'agissait pourtant de l'un des objectifs centraux de ce vaste bouleversement pédagogique. Au milieu des années 1990, les États généraux de l’éducation avaient fait consensus sur l’importance de mettre l’accent sur les matières de base (français, anglais, mathématiques, histoire et sciences) et d’être plus exigeants, tout en se donnant les moyens d’y parvenir. L’enseignant restait maître du choix de ses méthodes. Ce n’est pas ce qui est arrivé.

    Sujet sensible

    Le sujet est toujours sensible. Plusieurs commissions scolaires ont demandé à leurs enseignants de ne pas participer à l’enquête. Malgré cela, l’échantillon de répondants obtenu est suffisamment ample pour que les résultats de l’étude soient significatifs et «valables sur le plan méthodologique».
    Selon Jean-François Cardin, « On pense que ces résultats sont très représentatifs du portrait global. Et le sentiment général n'est pas très positif. Les enseignants sont en désaccord avec tous les énoncés qui affirment qu'ils ont été capables d'améliorer les résultats de leurs élèves ».

    Résultats très négatifs auprès des enseignants

    Au primaire, les enseignants ont répondu non dans les proportions entre guillemets à des questions visant à savoir si les enfants étaient maintenant en mesure de mieux apprendre (69 %), mieux réussir (72 %), plus motivés (69 %), plus disciplinés (88 %) et plus autonomes (69 %). Le jugement est encore plus sévère chez les enseignants du secondaire, puisqu'ils sont en désaccord avec les affirmations précédentes dans une proportion qui dépasse souvent les 80 %. Cette réforme prétendait aussi, souvenons-nous, aider particulièrement les élèves en difficulté. Les enseignants estiment, dans une proportion de 81 %, qu’elle n’améliore pas la réussite des plus faibles.

    Les chercheurs ne sont pas étonnés par ces résultats puisque, au départ, le renouveau pédagogique a été davantage conçu pour le primaire, où l'organisation de la classe permet davantage de souplesse.

    Au secondaire, on a tenté d'adapter les mêmes modèles d'enseignement – travail d'équipe, pédagogie par projet, transversalité – sans toutefois changer la structure des classes, qui sont toujours dirigées par des enseignants spécialistes, expliquent-ils.

    Les enseignants ne croient pas non plus que l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières a été un succès. Au contraire, 75 % considèrent que cette intégration a fait fuir les élèves plus forts vers le réseau privé ou les programmes d'éducation internationale du réseau public (83 %), alors que 68 % estiment que cette intégration n'a pas permis aux élèves faibles de s'améliorer. Selon les éducateurs interrogés, «l'intégration n'a aidé personne», résume M. Falardeau.

    Concernant la maîtrise du français, les réponses ne sont guère plus reluisantes. Les enseignants interrogés considèrent que depuis la réforme, les élèves ne maîtrisent pas mieux la lecture (66 %), l'orthographe et la grammaire (77 %) de même que l'écriture (58 %). Seule note positive au tableau, 61 % des instituteurs estiment que les élèves sont meilleurs en communication orale.

    Un détournement

    Pour l’ancien ministre Joseph Facal, « c’est l’histoire d’un détournement. J’ai écrit des centaines de pages là-dessus. Des fois, on est triste d’avoir raison. Petite misère… »

    Constat confirmé par une autre équipe

    Simon Larose, professeur-chercheur à l'Université Laval dirige une équipe ayant reçu le mandat d'évaluer les retombées de la réforme scolaire. Cette enquête nommée projet ERES (Évaluation du renouveau à l'enseignement secondaire) représente l'évaluation de la réforme la plus importante menée à ce jour par une équipe de chercheurs. Elle y travaille depuis cinq ans.

    Même si Simon Larose évoque quelques réserves sur le plan méthodologique de l’étude de Jean-François Cardin et Érick Falardeau – notamment sur le nombre d'enseignants interrogés par ses collègues – il considère, cependant, que ce « portrait assez sombre » dressé par les enseignants concorde avec ce qu'on observe aussi chez les élèves et les parents interrogés par sa propre équipe de recherche.

    Ce constat ne repose pas seulement sur des perceptions, mais aussi sur les résultats des élèves aux examens ministériels, ajoute M. Larose, dont les travaux permettent de comparer une cohorte de jeunes n'ayant pas été exposés au renouveau pédagogique avec deux autres cohortes d'élèves de la réforme. Enfin, pour autant que les examens ministériels ou leur barème de correction n’aient pas changé…

    « Plus de mal que de bien »

    M. Larose promet que les résultats d’une étude qui sera publiée sous peu démontreront que les résultats des élèves en difficulté sont loin de s'être améliorés, alors que la réforme avait pour principal objectif de faire réussir un plus grand nombre de jeunes. « On est en train de faire plus de mal que de bien », résume le chercheur.



    Réactions pires dans les écoles ayant le plus mis en œuvre la réforme

    Pour la présidente de l'Association québécoise des professeurs de français, Suzanne Richard, tient à apporter quelques bémols à l'étude menée par Érick Falardeau et Jean-François Cardin. Si la réforme n'a pas donné les résultats espérés, c'est peut-être parce qu'elle n'a pas été véritablement mise en œuvre dans les salles de classe, avance-t-elle.

    M. Larose écarte cette hypothèse. En effet, dans les écoles où les directions affirment avoir implanté la réforme, les perceptions des parents et des élèves sont encore pires qu'ailleurs: « Ça ne donne pas des munitions à ceux qui pensent qu'une implantation plus avancée donnerait de meilleurs résultats », avance le chercheur.

    Pour l'instant, la seule étude qui ait permis de documenter concrètement comment le français est enseigné au secondaire est celle réalisée par Suzanne-G. Chartrand, didacticienne du français à l'Université Laval. Cette enquête conclut que depuis 25 ans, l'enseignement du français a peu changé, malgré la réforme.

    Forte chute en lecture entre 2007 et 2010

    Rappelons que dans une étude récente du Programme pancanadien d’évaluation (PPCE) indiquait une très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010.

    Le français, la légère exception ?

    «Parmi tous les effets négatifs de la réforme, il y a une exception : le français.» L'équipe de Simon Larose, professeur-chercheur à l'Université Laval, a scruté à la loupe les résultats à l'épreuve ministérielle de français de cinquième secondaire, en comparant les élèves d'avant la réforme à ceux qui y ont été plongés. Verdict : les jeunes réussissent un peu mieux en grammaire et en orthographe, notamment les élèves en difficulté. Quelqu'un peut-il suggérer à M. Larose qu'une partie de l'explication de ce phénomène se trouve peut-être dans le fait que le Monopole d'Éducation a changé à l'époque la facture et l’évaluation de cet examen ?

    «Il y a eu de modestes gains en français pour les élèves à risque depuis la réforme. Ça va un peu à l'encontre de ce que les enseignants rapportent», affirme M. Larose. Le seul déclin observé chez les élèves concerne leurs capacités d'argumentation à l'écrit. Il y a toujours une forte proportion de jeunes qui réussissent ce volet de l'examen, mais le nombre d'élèves qui obtiennent des notes élevées a diminué avec la réforme.

    Coût de la réforme ?

    « À la lecture de ces réponses, on peut se demander : tout ça pour ça ?, lance M. Falardeau. On n'arrivera probablement jamais à mettre un coût sur l'implantation de la réforme, mais peu importe combien ça a coûté, les profs disent que ça ne marche pas. »

    Voir aussi

    Polémique autour d'un examen de français au rabais

    Québec — Examen de français au rabais en secondaire V ?

    Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010 

    Le constructivisme radical ou comment bâtir une réforme de l'éducation sur du sable

    Relativisme, déracinement et constructivisme, visiblement les critiques turlupinent les pères du cours ECR





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    samedi 23 mars 2013

    Jacques Brassard : nouvelles embarrassantes pour les réchauffistes

    Chronique de l'ex-ministre Jacques Brassard en l'honneur cette Heure pour la Terre

    Je sais bien que j’exaspère le Grand Conclave des Gourous réchauffistes lorsque, avec un sans-gêne de mécréant, j’ose mettre en doute le dogme du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat), ce gros machin enfanté par l’ONU pour culpabiliser l’humanité d’être la cause du réchauffement climatique planétaire par ses émissions de CO2  résultant de ses activités industrielles.

    Mais je ne peux m’empêcher de vous faire part de nouvelles « dérangeantes » en matière de climat, nouvelles que la médiacratie québécoise, toute entière assujettie au credo réchauffiste, n’a pas jugé utile de vous communiquer.

    Pachauri
    Et d’abord, une primeur : Rajendra Kumar Pachauri, Président du GIEC (ce n’est pas rien !) a déclaré en Australie que, depuis 17 ans maintenant, le réchauffement s’est arrêté. Tout un revirement! Il faut dire qu’il n’avait guère le choix, car le Met Office britannique, pourtant voué au réchauffisme, l’avait déjà reconnu en octobre 2012. Sans beaucoup d’enthousiasme, il est vrai.

    Pourquoi a-t-on tant tardé à reconnaître un fait aussi …significatif? C’est parce que, ce faisant, on se trouve à disqualifier les scénarios issus de modèles informatiques qui, tous, prévoient un réchauffement continu. Et le voilà en panne ! Situation plutôt embarrassante, car c’est le dogme du réchauffement d’origine humaine qui se trouve du même coup sérieusement ébranlé. [Les réchauffistes expliquent que le réchauffement se ferait désormais par plateaux...]

    Mais ce n’est pas tout. La dernière mouture du prochain rapport du GIEC (le 5e) s’est retrouvée sur internet. Et on y trouve plein de graphiques qui confirment que les données réelles de température ne coïncident pas avec les projections des modèles informatiques. Comme l’écrit Jacques Duran, du site Pensée Unique, « les prévisions des modèles successifs du GIEC se révèlent défaillantes lorsqu’on les compare avec la réalité objective ».

    Les carrés représentent les températures observées. Les barres sont les intervalles de confiance.
    Les couleurs donnent les augmentations prévues par différents modèles,
    tous prédisaient des augmentations nettement plus grandes que celles observées.

    Et il y a aussi un graphique, pour le moins surprenant, concernant le méthane (CH4), ce gaz à effet de serre provenant surtout des rizières et des flatulences des bovins. Ce qu’anticipait le GIEC, c’était une augmentation substantielle de ce gaz avec un effet de réchauffement catastrophique. De là, d’ailleurs, les recherches les plus farfelues pour inciter les vaches à moins péter.

    Or, ne voilà-t-il pas que l’ont constate que « la concentration du méthane dans l’atmosphère n’a varié que très peu ». Et le graphique montre bien, comme pour le CO2, une distorsion manifeste entre les modèles et la réalité.

    Les carrés représentent les concentrations de méthane observées. Les barres sont les intervalles de confiance. Les couleurs donnent les augmentations prévues par différents modèles,
    tous prédisaient des augmentations nettement plus grandes que celles observées.

    Enfin, surprise de taille, l’on reconnaît, avec réticence sans doute, que le Soleil pourrait jouer un rôle majeur dans les changements climatiques de notre planète. Le GIEC s’y était toujours refusé. On y évoque l’existence d’un mécanisme amplificateur possible entre les rayons cosmiques galactiques (en hausse lorsque le Soleil est moins actif) et les nuages.

    C’est ce que le Danois Svensmark et l’Israélien Nir Chaviv ont mis en relief. Selon eux, il y aurait une corrélation plus significative entre les températures du globe et l’activité du Soleil qu’avec les niveaux de CO2. Et des expériences tendent à démontrer que cette corrélation pourrait bien être causalité.

    Modèle de Svensmark

    Mais il s’agit là de la version n° 2 du futur rapport. Elle doit être revue par les experts du GIEC et les délégués gouvernementaux.

    La version finale du 5e rapport contiendra-t-elle ces divers éléments qui fragilisent les fondations du dogme réchauffiste ? S’ils demeurent, ce sera un coup fatal à la bien-pensance climatique. Et si on les expurge, c’est la crédibilité du GIEC qui sera sérieusement amochée.

    Dans les deux cas, c’est une chausse-trappe pour les gourous du réchauffement.

    Jacques Brassard

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    Complément ECR et les questions éthiques liées au climat : L'intox autour des glaciers himalayens

    Réchauffistes censurent le débat autour du climat dans un cégep

    Seize éminents savants dans le Wall Street Journal : « Réchauffement climatique ? Nul besoin de paniquer !»





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    Une heure pour la Terre : la grande noirceur

    De Nathalie Elbrably-Lévy (IEDM/Journal de Montréal), ce billet en l'honneur de l'Heure pour la Terre

    C’est ce samedi, de 20 h 30 à 21 h 30, que se tiendra l’événement Une heure pour la terre, un rituel annuel instauré par le Fonds mondial pour la nature (WWF). À cette occasion, les particuliers, les entreprises et les gouvernements de partout à travers le monde sont invités à éteindre leurs lumières non essentielles pendant une heure afin de signifier aux pouvoirs politiques la nécessité de lutter contre les changements climatiques. L’an dernier, des millions de personnes dans 152 pays avaient obéi à la consigne. Cette année, les organisateurs espèrent que le mouvement s’intensifiera. Je le leur souhaite, mais qu’ils ne comptent pas sur moi ! Si j’y pense, j’allumerai même peut-être toutes mes lumières en guise de protestation.

    Toronto pendant l'Heure pour la Terre (en haut) et plus gaie, en bas, en temps normal

    Message mensonger

    Pourquoi contester une initiative en apparence si louable ? Tout simplement parce qu’en véhiculant un message mensonger, elle symbolise la « grande noirceur », au sens propre comme au sens figuré. Par leur geste, les organisateurs diabolisent l’électricité en particulier, et l’énergie en général. Pire encore, ils exploitent la méconnaissance des populations quant au rôle crucial que joue l’énergie dans nos vies. Le WWF affirme qu’une réduction des émissions de CO2 de 80 % au-dessous du niveau de 1990 serait un minimum pour « sauver la planète ». Comme environ 70 % de nos besoins énergétiques sont comblés grâce à l’énergie fossile et que les énergies vertes sont loin de pouvoir répondre à la demande, il faudrait nécessairement réduire notre consommation énergétique de manière draconienne pour satisfaire l’objectif du WWF. C’est facile d’éteindre une lumière non essentielle pendant une heure, surtout lorsqu’on en profite pour organiser un souper aux chandelles ou pour participer à une festivité nocturne au cours de laquelle tout le monde chante en cœur une bougie à la main. En entretenant une vision romantique de la noirceur, le WWF laisse entendre que se priver d’énergie serait non seulement simple, mais aussi amusant. Or, il n’en est rien, et il faut refuser de se sentir coupable chaque fois que nous avons recours à l’électricité.

    Avancées spectaculaires contre pensée rétrograde

    L’énergie abondante et bon marché est à l’origine des plus spectaculaires avancées du XXe siècle et des inventions les plus libératrices. Sans énergie, pas de réfrigérateur ni de cuisinière, pas de chauffage ni d’air climatisé, pas d’eau chaude, pas d’eau courante purifiée dans une usine d’épuration, pas de cellulaire ni d’ordinateur, pas de laveuse ni de sécheuse. Sans énergie, nous ne pourrions compter ni sur les appareils médicaux sophistiqués pour sauver des vies, ni sur l’agriculture moderne pour nourrir généreusement des populations entières, ni sur les équipements sanitaires actuels pour éviter la prolifération des maladies infectieuses. Essayez donc de vous priver de toutes ces commodités ne serait-ce qu’une journée. Imaginez le temps et les efforts nécessaires qu’il faudrait pour laver son linge et préparer un repas en l’absence d’électricité. Imaginez devoir vous chauffer avec un foyer au bois ou vous faire soigner dans un hôpital sans électricité. Voilà de quoi voir l’énergie sous un éclairage nouveau ! Il ne fait aucun doute que l’environnement est une ressource précieuse qui doit être préservée. Toutefois, renoncer à l’électricité n’est pas la solution. Mépriser l’énergie comme le fait le WWF, c’est entretenir l’ignorance et faire la promotion de la pauvreté et d’une philosophie antihumaniste. Voulez-vous vraiment prendre part à ce mouvement ?


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    Cérémonie, prière, danse sacrées dans une école laïque publique (Rediff)

    Hérésies, le nouveau livre de Jacques Brassard (m.-à-j. vidéo)

    Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

    Bjørn Lomborg : L'Écologiste sceptique

    Bjørn Lomborg: The whole idea of Earth Hour is not too bright (en outre l'heure pour la Terre n'économise pas d'énergie...)

    C'est officiel : l'écologisme est une religion (congé religieux accordé par juge à un écologiste athée)





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    Yukon — Interdiction d'enseigner la doctrine catholique sur l'homosexualité dans les écoles catholiques

    Le ministre de l’Éducation du Yukon a interdit, de manière publique, l’enseignement traditionnel catholique sur l’homosexualité dans les écoles catholiques subventionnées. Par une lettre ouverte envoyée le 19 mars à l’évêque local, Mgr Gary Gordon, Scott Kent a explicitement ordonné que cet enseignement ne soit plus donné.

    Dans un premier temps, la semaine dernière, Mgr Gordon avait donné un début de suite aux injonctions ministérielles en acceptant de ne plus faire figurer sur le site d’une école catholique le contenu de cet enseignement, tout en précisant que cet enseignement serait bien donné aux élèves au sein des écoles catholiques dépendant de son diocèse. Le ministre Scott Kent a donc réagi en disant que cela ne suffisait pas.

    En clair : la loi du territoire prime l’enseignement religieux dans toutes les écoles confessionnelles du Yukon. Ou encore : la morale dite progressiste a préséance sur la morale confessionnelle (ou naturelle).

    Le ministre rappelle que les écoles « séparées » (confessionnelles) bénéficiant de fonds publics doivent respecter « toutes les obligations statutaires et légales ».  À la « société épiscopale » de fournir tout « matériel religieux » destiné à instruire les élèves en matière de « religion et moralité catholique romaine ». Mais cette société s’est statutairement engagée à respecter « toutes les lois en vigueur dans le Yukon », à la fois pour le fonctionnement des écoles et pour le contenu de l’instruction religieuse.

    « Au titre de ma responsabilité de ministre de l’Éducation, je dois établir et communiquer les buts et les objectifs au système d’éducation du Yukon. La Loi sur l’éducation m’oblige expressément à promouvoir la reconnaissance de l’égalité parmi toutes les personnes du Yukon d’une manière qui soit conforme à la fois à la Charte canadienne des droits et libertés et la Loi sur les droits de la personne.


    École Vanier de Whitehorse
    L’Éducation du Yukon a entrepris un certain nombre d’initiatives destinées à mieux remplir cet objectif, et parmi elles la moindre n’aura pas été le développement de politiques comme la  Politique sur les écoles sûres et accueillantes et la Politique relative à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre. Ces politiques ont été intégrées dans la Loi sur l'Éducation et en tant que telles s’appliquent à toutes les écoles bénéficiant de fonds publics dans le Yukon, y compris les écoles séparées catholiques.

    Ces deux politiques reconnaissent que des environnements scolaires accueillants, respectueux et sûrs sont essentiels afin que les élèves puissent apprendre et acquérir un développement personnel et social sain. 
    [...] 
    Dans plusieurs domaines, la politique de la Corporation épiscopale ne cadre pas avec les politiques en éducation du Yukon et n'en remplit pas toutes leurs exigences, et il en va probablement de même par rapport à d’autres lois en vigueur dans le Yukon telles que la Loi sur les droits de la personne et la Charte canadienne des droits et des libertés, ainsi que d’autres jurisprudences sur les droits à l’égalité.

    […] 
    Je reconnais que toute politique scolaire et d’instruction religieuse développée et mise en œuvre dans les écoles séparées catholiques peut et doit respecter des valeurs catholiques plus générales et utiliser une terminologie acceptable dans ces écoles, toutefois elle doit d’abord et avant tout respecter et remplir les exigences des politiques du ministère de l'Éducation au Yukon ainsi que ses lois. J’ai donné ordre au ministre délégué de l’Éducation du Yukon de rendre disponible le personnel nécessaire afin de travailler en collaboration avec votre communauté scolaire afin de l’aider à remplir ces objectifs, ce qui pourra se faire, je l’espère, d’une manière acceptable pour tous. »

    Derrière l’apparente courtoisie du ton, le caractère totalitaire de la demande semble incontestable.

    Mgr Gary Gordon, évêque de Whitehorse


    Tout part d’une « controverse » au début du mois autour d’un document de Mgr Gordon adressé aux professeurs de l’école Vanier qui rappelle l’enseignement catholique sur l’homosexualité, expliquant – avec le Catéchisme de l’Église catholique – « le caractère gravement et intrinsèquement immoral des actes homosexuels et l’attirance homosexuelle désordonnée ». L’évêque incitait également les professeurs à ne pas utiliser les termes « gay » et « lesbienne ». En même temps, le document qualifiait de « déplorable » la « malice violente, en parole ou en action » dont des personnes homosexuelles ont pu faire l’objet. Le prêtre « catholique » interrogé au début de cet incident par Radio-Canada, Claude Gosselin de Whitehorse, vaut son pesant d'or : « les réponses ne sont pas juste du  côté de l'Église catholique ou des principes de l'Église catholique. »

    Tout en affirmant qu’il ne veut pas s’immiscer dans les croyances des gens, le ministre Scott Kent assure qu’il intervient pour garantir que chacun, dans n’importe quelle école, puisse se sentir « en sécurité, bien accueilli, protégé et respecté ».

    En clair : là où est énoncé l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité et sa condamnation morale des actes homosexuels, il est des personnes qui ne pourront pas se sentir en sécurité, bien accueillies, protégées et respectées, mais qui au contraire seront – ou se sentiront – en danger, rejetées, attaquées et méprisées.

    La CBC fait état de la révolte de certains professeurs de l’école secondaire Vanier contre les directives de l’évêque, accusant Mgr Gary Gordon de promouvoir la « discrimination » à l’égard des élèves homosexuels. Une représentante d'un syndicat enseignant, Katherine Mackwood, accuse l’évêque d’avoir poussé trop loin ses choix pastoraux qui n’ont pas été faits en « concertation » avec les enseignants, l’affaire de l’enseignement sur l’homosexualité ayant été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

    Yukon News rapporte que de nombreux étudiants et professeurs seraient contre le rappel de la doctrine catholique à l'école catholique Vanier. De méchantes langues pourraient se demander pourquoi ils fréquentent cette école.






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    vendredi 22 mars 2013

    Cérémonie, prière, danse sacrées dans une école laïque publique (Rediff)

    Rediffusion

    Nous avions déjà droit à la Journée de la Terre. Samedi 27 mars, nous avions la nouvelle Heure de la Terre. Il s’agit d’un évènement mondial écologiste annuel, créé en 2007 par le WWF (World Wide Fund for Nature, le Fond mondial pour la nature), qui consiste à couper les lumières et débrancher les appareils électriques non essentiels pendant une heure.

    À cette occasion, l’école Wilfrid-Léger de Waterloo, dans les Cantons-de-l'Est, en collaboration avec l'Atelier 19 et la maison des jeunes l’Exit (voir l’annonce) organisait une manifestation « artistique et communautaire ». Cette manifestation « par la magie du conte, la profondeur d'un rituel amérindien et la création d'un cercle de lumière » permettrait, selon les organisateurs, de poser « un geste significatif pour votre communauté et le reste de la planète ».

    Nous avons donc envoyé un reporter qui pourrait témoigner de cette manifestation organisée par une école publique et laïque dans ses locaux.

    Des jeunes élèves à l’accueil, aux tambours

    Dès la porte principale de l’établissement, on est accueilli par une série de jeunes élèves de l’école Wilfrid-Léger grimés en vert. Un d’entre eux, un placier, écarte un grand rideau et découvre la « place centrale » de l’école. Au centre, un tapis oriental entouré de branches de sapin, devant quelques tatamis où viendront s’asseoir les jeunes enfants. Enfin aux quatre coins de cette scène des peintures trônent sur leur chevalet. Un énorme capteur de rêves pend au plafond. Au fond de la pièce, une dizaine de jeunes sous la conduite de leur chef battent du tambour. La pièce baigne dans une lumière verte. Une soixantaine de personnes sont assises, plusieurs arborent dans leurs cheveux gris un bandeau indien.




    La manifestation va bientôt commencer. On invite les enfants à s’asseoir au centre. Environ quinze jeunes enfants prennent place sur les tatamis. On tamise les lumières. Les tambours entonnent différents chants. Voilà le rythme à quatre temps de la Terre, quatre temps pour les quatre éléments fondamentaux : terre, eau, feu et air. Ensuite un rythme plus rapide, celui de l’Homme. La pièce est envahie de ces résonnances viscérales, parfois assourdissantes même. Le public est invité à applaudir. Il applaudit.

    Une jeune fille, élève de l’école Wilfrid-Léger, s’avance. Elle fait partie du Comité vert de l’école. Le comité est formé d’élèves qui « ont la protection de l’environnement à cœur ». La jeune écologiste annonce que la réunion est organisée par trois organismes : l’Atelier 19, la Maison des jeunes locale et l’école Wilfrid-Léger.



    Maude Arsenault de l’Atelier 19 s’avance. Elle remercie l’école et ses jeunes. Elle annonce le programme et décrit l’Heure de la Terre : « C’est le plus grand rassemblement environnemental dans l’Histoire ».  Mme Arsenault rappelle qu’en 2010 le Canada sera l’hôte du G20 et que nous sommes réunis pour faire comprendre à nos dirigeants que l’environnement est important pour nous.

    Hommage aux quatre directions de la Roue de médecine

    Alors que l’année passée, lors de cérémonie pour la Journée de la Terre à Granby, l’animatrice avait ouvert la réunion par une prière aux quatre animaux totémiques, aux quatre éléments et aux quatre directions, cette année-ci elle insiste sur la dimension « artistique » de la cérémonie : on allume d’abord une chandelle entourée de quatre animaux totémiques, puis on passe en revue quatre « œuvres » artistiques qui étrangement ont les attributs associés aux quatre directions amérindiennes.

    Réincarnation libératoire

    Vient ensuite, la même conteuse, Michèle Rousseau, qui comme lors des cérémonies de la Journée de la Terre narra avec un talent certain un autre conte autochtone. Cette année-ci il s’agit de la souris qui à force de curiosité et de sacrifices devient « Souris-qui-bondit » puis enfin un aigle… L’histoire est emplie d’animaux aux pouvoirs magiques, bison et loup qui servent de guides vers les montagnes sacrées et le Lac de Grande médecine. Comme lors de son intervention à la Journée de la Terre dans son conte de la « femme chamane », Michèle Rousseau insista sur l’importance de la réincarnation et de la métempsychose. Pour elle, c’était visiblement ce qui comptait le plus dans son conte, car cette croyance serait libératrice : « Vous savez les enfants, on n’est jamais mort pour toujours. Quand on est mort, ce n’est pas pour toujours. On se transforme. On ne revient pas comme on était avant, mais on se transforme. C’est vraiment très intéressant de découvrir ça. Ça donne confiance. » La souris qui bondit se transforme finalement en aigle et de conclure la conteuse « Vous savez ce sont les autochtones qui savent nous faire comprendre ce que c’est que de devenir aigle. »

    Applaudissements.

    Prière sacrée

    Samania, habillée d’une robe indienne en cuir à franges, et d’une paire de lunettes rectangulaires qui lui cernent les yeux de noir et de blanc, s’avance. Elle se dit amérindienne et d’un métissage du plus bel aloi : par sa mère elle serait un mélange d’Agnier (Mohawk) et d’Odjibway et par son père un quart abénaquis et un quart micmac.

    Elle demande aux enfants-rois de s’approcher et de former un cercle sacré : « Je vais demander aux enfants de se lever et de venir avec moi. On va se donner la main. Chez nous les Amérindiens, les enfants sont nos maîtres… » « Je demanderais aux gens, s’ils veulent bien se lever debout… On va faire un petit cercle sacré juste autour »… « Je demanderais à mon groupe de chant (de venir). « On va faire une prière ensemble. » « On va donner la main aux enfants. On fait juste un cercle ».

    Puis dans cette école laïque, vient la prière en cette Heure de la Terre : « Alors ce qu’on va faire, on va faire un cercle de prière. C’est un chant. Ça s’appelle « Wa wé wa wé o ». « Vous allez tous répéter avec nous. C’est une prière sacrée. » Alors, tous chantent « Wa wé waaaaaaa wa wé wa we ooooooo »… Le chant répétitif est entonné par l’assemblée pendant près de deux minutes.



    Une fois la prière terminée, Maude Arsenault annonce que nous allons procéder à la cérémonie de purification et qu’ensuite nous réaliserons « une œuvre d’art collective ».



    Heure de la Terre, école Wilfrid-Léger, le 27 mars 2010.


    Feu sacré, cercle sacré, prière au Grand Esprit

    Samania demande alors à l’assistance de former un serpent : « On va faire la danse du serpent ; quand on va sortir, tout le monde va se tenir la main. » On va aller à l’extérieur « allumer le feu sacré. »

    En file indienne, parents et écoliers sortent pour aller sur le terrain de sport de l’école au centre duquel brûle un feu de camp. Une fille armée d’un grelot qu'elle secoue fortement clôt la longue file et invite à ne pas couper le serpent. « C’est très important ! » Un serpent à sornettes apparemment.

    Une fois les participants assemblés autour des flammes, Samania annonce qu’il s’agit d’une « cérémonie sacrée alors nous allons faire le cercle de purification. » Elle présente Jacques et Jane « les gardiens du tambour sacré… qui a 300 ans ». « Les chasseurs ont fait de la chasse spirituelle, justement aux bisons. Les peaux qui sont dessus sont de la peau du bison. »

    Suit une longue litanie de « sacré » : « Ce soir on va faire une cérémonie sacrée », « Sylvie, c’est la gardienne du tabac sacré. », « Renée gardienne de la sauge, une herbe sacrée. »

    Samania continue : « Danielle est avec moi et va faire la moitié du cercle avec moi pour pouvoir purifier les gens...», elle fait appel à cinq femmes ou jeunes filles de l’assistance. Elle répète son laïus de l’enfant-maître et l’adulte-élève dans la société autochtone. « La cérémonie vient de commencer, moi je vais sortir à l’extérieur du cercle pour faire l’offrande au Grand Esprit avec ma coquille. » Elle présente aux gens le coquillage de mer avec la sauge. « La sauge c’est pour vous purifier. » Alors quand… on fait l’offrande aux quatre directions…c’est qu’on demande au Grand Esprit, que la fumée… les gens qui sont ici ce soir, qui se réunissent ensemble, que nos prières se réunissent et qu’ils demandent au Grand Esprit qu’elles soient exaucées. »

    Moment de silence. Nouvelle prière. L’officiante invite les gens à crier « WAO ». Un grand « WAO » retentit. On prie pour la Terre et on demande pardon pour ceux qui n’en prennent pas soin.

    L’office continue. La célébrante saupoudre le feu de sauge, demande le silence total. La prêtresse met le feu à la sauge dans son coquillage, elle s’encense de fumée sacrée.



    Interruption de la cérémonie sacrée

    Puis soudain, l’officiante s’interrompt : « Je viens d’avoir une information, on m’a demandé de ne pas faire le cercle au complet parce que… Où est-ce qu’elle est Maude ? » Francine Charland de l’Atelier 19 intervient : « Ce qu’on aimerait c’est si c’était possible que votre cérémonie de purification puisse être avec ceux qui sont dans le premier cercle, parce qu’après on va avoir à faire les cercles de lumières… et on sait qu’il y a peut-être des gens ici qui sont réticents quand même à ce qui se passe. C’est quand même nouveau. Ça appartient à votre culture amérindienne. Pour nous, ce serait de respecter les gens qui sont autour ».

    Visiblement, cette cérémonie sacrée met mal à l’aise des personnes dans l’assistance comme l'avoue Mme Charland.



    Cérémonie de purification des âmes par le Grand Esprit

    Nonobstant cette intervention, le rituel de purification commence : l’officiante amérindienne se déplace d’une personne à l’autre en présentant le coquillage de sauge sacrée et les gens éventent la fumée sacrée autour du visage. La cérémonie dure 15 minutes. Les organisateurs allument ensuite des chandelles dans des boîtes de conserve, les disposent par terre pour former le cercle sacré de lumière.

    Où Radio-Canada persécute l'auteur

    Ayant déjà assisté à la même cérémonie des lumières l’année passée, votre reporter retourne à sa voiture. La route est encore longue. Il s’assied dans sa voiture, allume la radio et tombe sur Jacques Languirand, le gourou octogénaire du Nouvel Âge qui officie encore sur la chaîne d’État. Au menu, Le cinquième accord toltèque écrit par le fils d'une guérisseuse du Mexique et petit-fils d'un chamane. On n’y échappe décidément pas. Bienvenu à ce Québec laïque en pâmoison devant tout ce qui est amérindien et empreint d’une vague spiritualité écolo-nouvel-âgeuse.

    Laïcité très variable

    Rappelons que l’année passée un cégep de Sherbrooke avait tout fait pour empêcher un créationniste de parler à des étudiants après les heures de classe. Ici une école publique laïque et une maison des jeunes participent à une cérémonie au cours de laquelle on explique la dimension spirituelle d’« œuvres » d’inspiration autochtone, un grand capteur de rêves couronne l’auditoire, des tambours égrènent des sons répétitifs autochtones, on allume une chandelle ornée de quatre animaux totémiques, on insiste sur la réincarnation en la qualifiant de chose « très intéressante » à découvrir et dont la prise de conscience est libératoire, on participe à des prières où le sacré se bouscule : cercle, coquillage, sauge, tabac, tambour, feu, tout est sacré. On y prie même pour les pécheurs qui ne prennent pas soin de la Terre. Un office complet, et pas un mot de protestation de la part des professeurs ou de la direction de l’école. Non, on aide plutôt l’Atelier 19 qui n’en est pas à son premier office du genre à monter l’événement « artistique et communautaire ».

    Voir aussi : Nos ancêtres, les Amérindiens







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    Heure pour la Terre et l'école

    Comme chaque année depuis près d'un lustre, les écoles québécoises, relayées par les médias conformistes, célèbrent l'Heure de la Terre.

    Cette célébration cadre bien avec la nouvelle idéologie qui règne en maître dans l'école québécoise et imposée en partie par l'État : celle d'écologisme, de l'Indien premier écologiste, de la vénération de la Terre-Mère, du cours d'éthique et de culture religieuse.


    Gagnant de l'Heure de la Terre
    chaque année à chaque heure :
     la Corée du Nord

    Voir aussi

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