samedi 15 février 2025

France — Instruction en famille : victoire en Cour d’appel de Versailles

Il aura fallu plusieurs années de persévérance à un couple franco-américain en IEF (instruction en famille) pour obtenir gain de cause. Accompagnés par notre association, notre président-avocat et la HSLDA (ligue du homeschooling aux Etats-Unis), la Cour d’appel de Versailles leur a donné raison avant-hier.

Bernard, Tracy et leur fils Emmanuel ont passé outre un refus d'instruction à la maison.

Le rectorat de Versailles dans une décision du 3 juillet 2023, suivi par le tribunal administratif de Versailles le 6 novembre 2023, avaient rejeté leur demande d’instruction en famille alors même qu’il faisait état que c’était la seule solution pour permettre à leur fils de rester bilingue, du fait de l’impossibilité pour l’enseignement public, de garantir le maintien de son bilinguisme.

Le père ayant eu des fonctions militaires importantes était également appelé à déménager très souvent et l’instruction en famille était un facteur de stabilité pour l’enfant.

L’enfant était également très précoce et diagnostiqué haut potentiel intellectuel. Les parents avaient finalement obtenu l’autorisation 2024-2025 mais ont persévéré pour demander l’annulation de la décision de refus de 2023-2024 devant la Cour administrative d’appel de Versailles.L’État ne peut contraindre à des frais de scolarité élevés

Par un arrêt rendu le 12 février 2025, la Cour administrative d’appel de Versailles a enfin reconnu que l’enfant avait bien une situation propre et a cassé le jugement de première instance validant celle du recteur d’académie et du DASEN des Yvelines.

Parmi les apports intéressants de cet arrêt, l’État ne peut, sous couvert de l’obligation scolaire, contraindre une famille à exposer des frais dans une école hors-contrat.

Les requérants auraient en effet étaient tenu de mettre leur enfant dans une école bilingue, exposant des frais de scolarité élevés, alors même que cette école était située très loin de leur domicile.

Une ouverture pour le choix d’une pédagogie alternative

Ceci pourra servir à des familles qui choisiront une pédagogie spécifique pour leur enfant, comme par exemple le choix la pédagogie Montessori, ne trouvent pas d’école publique adaptée, souhaitent donc choisir l’instruction en famille et sont confrontés à des frais très élevés des écoles hors contrat.

Le maintien du bilinguisme est donc ici considéré comme un critère pouvant justifier une situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif.

Ceci ne doit pas faire oublier que toutes les familles sont confrontées aujourd’hui à de grandes difficultés avec de nombreux refus selon les académies, une discrimination territoriale doublée d’un grand flou sur les refus, avec une absence de chiffres au niveau régional et local, et donc un limpide manque de transparence, motif par motif, académie par académie, département par département.

…Malgré la chute vertigineuse de ce libre choix de l’instruction

Rappelons ainsi que nous sommes passés de 72.000 enfants instruits en famille en 2021 à 35.000 enfants instruits en famille en 2025, soit une chute de 57% de ce libre choix de l’instruction, et -36% par rapport à l’année dernière, selon le ministre de l’Education nationale le 16 janvier dernier à l’Assemblée nationale, au moment de l’évaluation de la loi par la Commission des lois.

Cette victoire masque également toute la difficulté de la jurisprudence du Conseil d’État qui nécessite de démontrer la plus-value de l’instruction en famille par rapport à la scolarisation à l’école. Une difficulté de plus pour les familles, qui doivent chaque année établir un dossier de plusieurs dizaines de pages sans aucune garantie toutefois d’obtenir l’autorisation, alors que s’ouvre de nouveau, à partir du 1er mars et jusqu’au 31 mai seulement, la période d’annualisation, elle-même liberticide.

Cette situation de précarité administrative doit cesser pour le bien de tous les enfants et pour éviter des marathons judiciaires comme celui-ci, qui ne sont pas suspensifs des décisions des recteurs d’académie et sont très onéreux en frais d’avocats. Comment admettre qu’une famille puisse avoir gain de cause après trois ans de procédures ?

Par ailleurs, comme l’a tweeté hier un autre avocat spécialiste d’éducation et d’instruction en famille, Me Fouret, d’autres victoires ont été obtenues devant les tribunaux administratifs de Nancy et Melun…, sans compter les situations de désobéissance civile, qui se multiplient (*).

Nous luttons pour une juste cause, celle de nos enfants, et tôt ou tard, nous finirons par l’emporter définitivement contre cette loi inique, à rebours de toutes les conventions internationales, comme l’ONU l’a rappelé à la France.

(*) Mardi prochain 18 février 2025 à 14h, le couple leader de l’association Enfance Libre, comptant plus de 140 familles en IEF et en désobéissance civile sur le territoire national, sont convoqués pour la seconde fois au tribunal correctionnel de Foix. Ils avaient déjà été condamnés à 500€ d’amende avec sursis chacun pour ne pas avoir déposé de demande d’autorisation. 

Source : Liberté éducation

Discours de J.-D. Vance devant les apparatchiks européistes à face de carême

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Le discours de J. D Vance en français : 

Merci à tous les délégués, sommités et professionnels des médias rassemblés, et merci tout particulièrement à notre hôte de la Conférence de Munich sur la sécurité d’avoir pu organiser un événement aussi incroyable. Nous sommes, bien sûr, ravis d’être ici.

L’une des choses dont je voulais parler aujourd’hui, ce sont bien sûr nos valeurs communes.

C’est formidable d’être de retour en Allemagne. Comme vous l’avez entendu tout à l’heure, j’étais ici l’année dernière en tant que sénateur des États-Unis. J’ai croisé le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy qui plaisantait en disant que nous avions tous les deux des postes différents l’année dernière de ceux que nous avons maintenant.

Mais il est désormais temps, dans nos pays, pour tous ceux qui ont eu la chance de se voir confier un pouvoir politique par nos peuples respectifs, de l’utiliser à bon escient pour améliorer leur vie. Et je tiens à dire que j’ai eu la chance, pendant mon séjour ici, de passer un peu de temps en dehors des murs de cette conférence au cours des dernières 24 heures. Et j’ai été très impressionné par l’hospitalité des gens alors qu’ils sont encore sous le choc de l’horrible attentat d’hier. La première fois que je suis venu à Munich, c’était avec ma femme, qui est ici avec moi aujourd’hui pour un voyage personnel. J’ai toujours aimé la ville de Munich et j’ai toujours aimé ses habitants.

Je tiens à dire que nous sommes très émus et que nos pensées et nos prières vont à Munich et à toutes les personnes touchées par le mal qui a été infligé à cette belle communauté. Nous pensons à vous, nous prions pour vous et il va de soi que nous vous soutiendrons dans les jours et les semaines à venir.

(Applaudissements)

J’espère que ce n’est pas la dernière salve d’applaudissements que je recevrai. Mais nous sommes réunis à cette conférence, bien sûr, pour discuter de sécurité.

La veille de l’ouverture de la Conférence de Munich sur la sécurité, jeudi 13 février, un conducteur a percuté volontairement un groupe de personnes dans la ville, faisant au moins une trentaine de blessés. Selon les autorités allemandes, l’auteur de l’attentat aurait été motivé par des revendications religieuses, criant « Allah Akhbar » à la suite de son arrestation.

Habituellement, nous parlons des menaces qui pèsent sur notre sécurité extérieure et je vois de nombreux hauts gradés réunis ici aujourd’hui. Mais alors que l’administration Trump est très préoccupée par la sécurité européenne et croit que nous pouvons parvenir à un règlement raisonnable entre la Russie et l’Ukraine, nous pensons également qu’il est important que l’Europe prenne des mesures importantes dans les années à venir pour assurer sa propre défense.

Car la menace qui m’inquiète le plus vis-à-vis de l’Europe n’est pas la Russie, ce n’est pas la Chine, ce n’est aucun autre acteur extérieur.

Et ce qui m’inquiète, c’est la menace de l’intérieur : le recul de l’Europe sur certaines de ses valeurs les plus fondamentales. Des valeurs partagées avec les États-Unis.

Or j’ai été frappé qu’un ancien commissaire européen puisse récemment s’exprimer à la télévision pour se réjouir que le gouvernement roumain annule une élection présidentielle. Il a averti que si les choses ne se déroulaient pas comme prévu, la même chose pourrait se produire en Allemagne également.

Ces déclarations cavalières sont choquantes pour les oreilles américaines.

Pendant des années, on nous a dit que tout ce que nous financions et soutenions l’était au nom de nos valeurs démocratiques communes. Tout — de notre politique envers l’Ukraine au numérique — est présenté comme une défense de la démocratie.

Mais lorsque nous voyons des tribunaux européens annuler des élections et de hauts fonctionnaires menacer d’en annuler d’autres, nous devons nous demander si nous nous imposons des normes suffisamment élevées. Et je dis « nous » parce que je crois fondamentalement que nous sommes dans la même équipe. Nous devons faire plus que parler de valeurs démocratiques. Nous devons les vivre maintenant, dans la mémoire vivante de beaucoup d’entre vous dans cette salle.

La guerre froide a opposé les défenseurs de la démocratie à des forces beaucoup plus tyranniques sur ce continent. Considérez le camp dans ce combat qui a censuré les dissidents, qui a fermé les églises, qui a annulé les élections : étaient-ils les gentils ? Certainement pas. Et Dieu merci, ils ont perdu la Guerre froide. Ils ont perdu parce qu’ils n’ont ni apprécié ni respecté tous les bienfaits extraordinaires de la liberté. La liberté de surprendre, de faire des erreurs, d’inventer, de construire. Il s’avère que l’on ne peut pas imposer l’innovation ou la créativité, tout comme on ne peut pas forcer les gens à penser, à ressentir ou à croire. Et ces deux choses sont sans aucun doute liées. Malheureusement, quand je regarde l’Europe aujourd’hui, on ne sait pas toujours très bien ce qui est arrivé à certains des vainqueurs de la Guerre froide.

Je regarde Bruxelles, où des commissaires européens avertissent les citoyens qu’ils ont l’intention de fermer les réseaux sociaux en période de troubles civils dès qu’ils repèrent ce qu’ils ont jugé être, je cite, du « contenu haineux ».

Ou bien dans ce pays même, où la police a mené des descentes contre des citoyens soupçonnés d’avoir publié des commentaires antiféministes en ligne dans le cadre, je cite toujours, de la lutte contre la misogynie sur Internet.

Je me tourne vers la Suède, où le gouvernement a condamné il y a deux semaines un activiste chrétien pour avoir participé à des incendies de Corans, qui ont entraîné le meurtre de son ami. Comme l’a fait remarquer de manière effrayante le juge dans son affaire, les lois suédoises, censées protéger la liberté d’expression, n’accordent pas, et je cite, « un laissez-passer » pour faire ou dire n’importe quoi sans risquer d’offenser le groupe qui détient cette croyance.

Peut-être plus inquiétant encore, je me tourne vers nos très chers amis du Royaume-Uni, où le recul des droits de conscience a mis en péril les libertés fondamentales des Britanniques, en particulier des croyants. Il y a un peu plus de deux ans, le gouvernement britannique a accusé Adam Smith Connor, un kinésithérapeute de 51 ans et ancien combattant, du crime odieux d’avoir prié en silence pendant trois minutes à 50 mètres d’une clinique d’avortement. Il n’a gêné personne, n’a interagi avec personne ; il a simplement prié en silence. Après que les forces de l’ordre britanniques l’eurent repéré et lui eurent demandé pour quelle raison il priait, Adam a répondu simplement qu’il priait pour le fils qu’il aurait pu avoir avec son ex-petite amie et qu’ils avaient fait avorter des années auparavant.

Les agents sont restés de marbre et Adam a été reconnu coupable d’avoir enfreint la nouvelle loi gouvernementale sur les « zones tampons », qui criminalise la prière silencieuse et d’autres actions susceptibles d’influencer la décision d’une personne dans un rayon de 200 mètres autour d’un centre d’avortement. Il a été condamné à payer des milliers de livres de frais de justice à l’accusation.

J’aimerais pouvoir dire que c’était un hasard, un exemple unique et fou d’une loi mal écrite, promulguée contre une seule personne — mais non.

En octobre dernier, il y a quelques mois à peine, le gouvernement écossais a commencé à distribuer des lettres aux citoyens dont les maisons se trouvaient dans des zones dites « d’accès sécurisé », les avertissant que même la prière privée chez eux pouvait constituer une infraction à la loi. Naturellement, le gouvernement a exhorté les lecteurs à signaler tout citoyen soupçonné de crime d’opinion en Grande-Bretagne et dans toute l’Europe.

La liberté d’expression, je le crains, est en recul.

Et dans un souci d’humour, chers amis, mais aussi dans un souci de vérité, je serai prêt à admettre que parfois, les voix les plus fortes en faveur de la censure ne viennent pas d’Europe, mais de mon propre pays — où l’administration précédente a menacé et intimidé les réseaux sociaux pour qu’ils censurent ce qu’elle appelait la désinformation. La désinformation, notamment l’idée que le coronavirus s’était probablement échappé d’un laboratoire en Chine. Notre propre gouvernement a encouragé les entreprises privées à faire taire les personnes qui osaient dire ce qui s’est avéré être une vérité évidente.

Je viens donc ici aujourd’hui non seulement avec une observation, mais aussi avec une proposition. L’administration Biden semblait prête à tout pour faire taire les gens qui exprimaient leur opinion : l’administration Trump fera exactement le contraire. Et j’espère que nous pourrons travailler ensemble à Washington.

Il y a un nouveau shérif en ville.

Sous la direction de Donald Trump, nous pouvons être en désaccord avec vos opinions, mais nous nous battrons pour défendre votre droit de les exprimer sur la place publique. Êtes-vous d’accord ? Nous en sommes au point où la situation est devenue si critique qu’en décembre dernier, la Roumanie a carrément annulé les résultats d’une élection présidentielle sur la base des vagues soupçons d’une agence de renseignement et des énormes pressions de ses voisins continentaux.

Si j’ai bien compris, l’argument était que la désinformation russe avait infecté les élections roumaines. Mais je demanderais à mes amis européens de prendre du recul : vous pouvez penser qu’il est mal que la Russie achète des publicités sur les réseaux sociaux pour influencer vos élections. Nous le pensons également. Vous pouvez même le condamner sur la scène mondiale. Mais si votre démocratie peut être détruite avec quelques centaines de milliers de dollars de publicité numérique provenant d’un pays étranger, alors c’est qu’elle n’était pas très solide au départ.

La bonne nouvelle, c’est que je pense que vos démocraties sont nettement moins fragiles que ce que beaucoup de gens craignent apparemment.

Et je pense fondamentalement que permettre à nos citoyens d’exprimer leur opinion les rendra encore plus forts.

Ce qui, bien sûr, nous ramène à Munich — où les organisateurs de cette conférence ont interdit aux législateurs représentant les partis populistes de gauche et de droite de participer à ces conversations.

Or, là encore, nous ne sommes pas obligés d’être d’accord avec tout ou partie de ce que les gens disent, mais lorsque des personnes, lorsque des dirigeants politiques représentent une circonscription importante, il nous incombe au moins de dialoguer avec eux. Or pour beaucoup d’entre nous, de l’autre côté de l’Atlantique, tout cela ressemble de plus en plus à de vieux intérêts bien établis qui se cachent derrière des mots hideux de l’ère soviétique tels que désinformation et mésinformation, et qui n’aiment tout simplement pas l’idée que quelqu’un ayant un point de vue différent puisse exprimer une opinion différente ou, Dieu nous en préserve, voter différemment ou, pire encore, gagner une élection.

Nous sommes à une conférence sur la sécurité.

Et je suis sûr que vous êtes tous venus ici prêts à parler de la manière exacte dont vous comptez augmenter les dépenses de défense au cours des prochaines années, conformément à un nouvel objectif que vous vous êtes fixé. Et c’est très bien, car, comme le président Trump l’a clairement indiqué, il estime que nos amis européens doivent jouer un rôle plus important dans l’avenir de ce continent.

Nous ne pensons pas que vous entendiez bien ce terme de partage du fardeau — mais nous pensons qu’il est important, dans le cadre d’une alliance commune, que les Européens prennent le relais pendant que l’Amérique se concentre sur les régions du monde qui sont en grand danger. Mais laissez-moi également vous demander comment vous allez même commencer à réfléchir aux questions budgétaires si nous ne savons pas ce que nous défendons en premier lieu ?

J’ai eu de très nombreuses conversations intéressantes avec beaucoup de personnes réunies ici dans cette salle. J’ai beaucoup entendu parler de ce dont vous avez besoin pour vous défendre — et, bien sûr, c’est important. Mais ce qui m’a semblé un peu moins clair, et certainement à de nombreux citoyens européens, c’est la raison exacte pour laquelle vous vous défendez : quelle est la vision positive qui anime ce pacte de sécurité partagé que nous considérons tous comme si important ? Or je crois profondément qu’il n’y a pas de sécurité si vous avez peur des voix, des opinions et de la conscience qui guident votre propre peuple.

L’Europe est confrontée à de nombreux défis, mais la crise à laquelle ce continent est actuellement confronté, la crise à laquelle nous sommes tous confrontés ensemble, je crois, est une crise que nous avons nous-mêmes provoquée. Si vous craignez vos propres électeurs, l’Amérique ne peut rien faire pour vous. D’ailleurs, vous ne pouvez rien faire non plus pour le peuple américain qui m’a élu et qui a élu le président Trump. Vous avez besoin de mandats démocratiques pour accomplir quoi que ce soit de valable dans les années à venir. N’avons-nous rien appris ? Que les mandats faibles produisent des résultats instables ? Mais il y a tant de choses utiles qui peuvent être accomplies avec le type de mandat démocratique qui, je pense, viendra d’une plus grande écoute des voix de vos citoyens.

Si vous voulez profiter d’économies compétitives, si vous voulez profiter d’une énergie abordable et de chaînes d’approvisionnement sûres, alors vous avez besoin de mandats pour gouverner, car vous devez faire des choix difficiles pour profiter de toutes ces choses. Nous le savons très bien en Amérique : on ne peut pas obtenir un mandat démocratique en censurant ses adversaires ou en les mettant en prison, qu’il s’agisse du chef de l’opposition, d’un humble chrétien en train de prier ou d’un journaliste qui tente de rapporter l’actualité.

On ne peut pas non plus en obtenir un en ignorant son électorat de base sur des questions aussi centrales que celle de savoir qui peut faire partie de notre société commune.

Et de tous les défis urgents auxquels sont confrontés les pays représentés ici, je crois qu’il n’y a rien de plus urgent que l’immigration de masse.

Aujourd’hui, près d’une personne sur cinq vivant dans ce pays est venue de l’étranger. C’est bien sûr un record historique. C’est un chiffre similaire, d’ailleurs, aux États-Unis, également un record historique. Le nombre d’immigrés entrés dans l’Union en provenance de pays non membres de l’Union a doublé rien qu’entre 2021 et 2022. Et bien sûr, il a encore augmenté depuis.

Et nous connaissons cette situation. Elle ne vient pas de nulle part. C’est le résultat d’une série de décisions conscientes prises par des politiciens de tout le continent et d’autres à travers le monde sur une période d’une décennie. Nous avons vu les horreurs engendrées par ces décisions hier dans cette ville même. Je ne peux pas en parler sans penser aux terribles victimes qui ont vu une belle journée d’hiver à Munich gâchée. Nos pensées et nos prières les accompagnent et les accompagneront toujours.

Mais pourquoi cela s’est-il produit ? C’est une histoire terrible, mais que nous avons entendue bien trop souvent en Europe et, malheureusement, bien trop souvent aussi aux États-Unis. Un demandeur d’asile, souvent un jeune homme d’une vingtaine d’années, déjà connu de la police, fonce dans une foule avec sa voiture et détruit une communauté. Combien de fois devrons-nous subir ces revers épouvantables avant de changer de cap et de donner une nouvelle direction à notre civilisation commune ? Aucun électeur de ce continent n’est allé aux urnes pour ouvrir les vannes à l’entrée non contrôlée de millions d’immigrés.

Les Anglais ont voté pour le Brexit. Que vous soyez d’accord ou non, ils ont voté pour. Et de plus en plus, partout en Europe, les gens votent pour des dirigeants politiques qui promettent de mettre fin à une immigration incontrôlée. Il se trouve que je partage bon nombre de ces préoccupations mais vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec moi. Je pense simplement que les gens se soucient de leur foyer, de leurs rêves, de leur sécurité et de leur capacité à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants.

Et ils sont intelligents. Je pense que c’est l’une des choses les plus importantes que j’ai apprises au cours de mon bref passage en politique.

Contrairement à ce que l’on peut entendre à Davos, les citoyens de tous nos pays ne se considèrent généralement pas comme des animaux éduqués ou comme des rouages interchangeables d’une économie mondiale. Et il n’est guère surprenant qu’ils ne veuillent pas être ballotés ou impitoyablement ignorés par leurs dirigeants. C’est le rôle de la démocratie de trancher ces grandes questions par les urnes. Je crois que rejeter les gens, rejeter leurs préoccupations ou, pire encore, fermer les médias, interrompre les élections ou exclure les gens du processus politique ne protège rien. En fait, c’est le moyen le plus sûr de détruire la démocratie. S’exprimer et exprimer ses opinions n’est pas une ingérence électorale, même lorsque les gens expriment des opinions en dehors de votre propre pays, et même lorsque ces personnes sont très influentes.

Et croyez-moi, je dis cela avec humour, si la démocratie américaine peut survivre à dix ans de réprimandes de Greta Thunberg, vous pouvez survivre à quelques mois d’Elon Musk. Mais ce à quoi aucune démocratie, qu’elle soit allemande, américaine ou européenne, ne survivra, c’est de dire à des millions d’électeurs que leurs pensées et leurs préoccupations, leurs aspirations, leurs demandes d’aide sont invalides ou ne méritent même pas d’être prises en considération. La démocratie repose sur le principe sacré que la voix du peuple compte. Il n’y a pas de place pour les cordons sanitaires. Soit vous défendez le principe, soit vous ne le faites pas.

Le peuple européen a une voix. Les dirigeants européens ont le choix.

Je suis fermement convaincu que nous n’avons pas à avoir peur de l’avenir. Vous pouvez accepter ce que votre peuple vous dit, même si c’est surprenant, même si vous n’êtes pas d’accord. Et si vous le faites, vous pouvez affronter l’avenir avec certitude et confiance, en sachant que la nation vous soutient tous. C’est là, pour moi, que réside la grande magie de la démocratie. Elle ne se trouve pas derrière les murs en pierre épaisse de ces bâtiments ou ces beaux hôtels. Elle ne se trouve même pas dans les grandes institutions que nous avons construites ensemble en tant que société partagée.

Croire en la démocratie, c’est comprendre que chacun de nos citoyens a de la sagesse et une voix. Et si nous refusons d’écouter cette voix, même nos combats les plus fructueux n’aboutiront à rien. Comme l’a dit un jour le pape Jean-Paul II, qui est à mon avis l’un des plus grands défenseurs de la démocratie sur ce continent ou ailleurs : n’ayez pas peur. Nous ne devons pas avoir peur de notre peuple, même lorsqu’il exprime des opinions qui ne sont pas en accord avec ses dirigeants. Merci à tous. Bonne chance à vous tous. Que Dieu vous bénisse.

Pour McGill maintenant, l'exigence de compétence en français pourrait devenir un plus


L'exigence de compétence pourrait être une « caractéristique distinctive » pour l'université

Après avoir d'abord clamé que les nouvelles exigences en matière de français pour les nouveaux étudiants non québécois pourraient dissuader les recrues potentielles, l'Université McGill affirme maintenant que cette politique pourrait devenir une « caractéristique distinctive » de l'université plutôt qu'un obstacle à l'inscription.

« Cela pourrait être un avantage », a déclaré Christopher Manfredi, doyen de l'université, lors d'une réunion publique la semaine dernière.

« Nous pouvons prendre quelque chose dont nous pensons qu'il va nous nuire et dire qu'il s'agit en fait d'une caractéristique distinctive de Mcgill - que vous viendrez à McGill et que vous deviendrez compétent dans une autre langue », a-t-il ajouté.

M. Manfredi a cité en exemple les étudiants qui s'intéressent à l'industrie aérospatiale. Il s'agit d'une industrie internationale, avec des centres à Montréal, en France, au Brésil et aux États-Unis.

« Quelqu'un qui étudie l'ingénierie aérospatiale à McGill et qui apprend l'anglais et le français, le monde s'ouvre à lui », a-t-il déclaré.

« C'est pourquoi (l'université peut envisager) cette question comme un moyen de distinguer Mcgill plutôt que comme une raison d'éviter McGill ».

Le président de l'université, Deep Saini, a ajouté : « L'apprentissage d'une autre langue est une bonne chose et, à Mcgill, nous sommes particulièrement bien placés pour tirer parti de cette situation », car l'université est située dans une province francophone.

À partir de l'automne 2025, 80 % des étudiants non québécois nouvellement inscrits dans les (trop nombreuses) universités anglaises du Québec devront atteindre un niveau intermédiaire de compétence orale en français avant d'obtenir leur diplôme.  (Il s'agit d'un niveau de base (B2) pour un universitaire...) L'Université McGill et l'Université Concordia se verront imposer des pénalités financières si elles n'atteignent pas cet objectif. [Voir Les cris d'orfraie lassants des universités anglophones au Québec et étudiants non québécois atteindront un niveau B2 de français au diplôme.]

La politique a été annoncée en décembre 2023 par la ministre de l'Enseignement supérieur, Pascale Déry, et concerne les trois universités anglophones du Québec.

Elle est intervenue quelques semaines après que McGill, Concordia et Bishop's ont proposé que 40 % des étudiants non francophones inscrits à des programmes de premier cycle atteignent un niveau de français intermédiaire au moment de l'obtention de leur diplôme.

Leur proposition visait à convaincre le gouvernement Legault d'annuler la hausse de 8 000 $ des frais de scolarité pour les étudiants du reste du Canada qui étudient au Québec.

Par la suite, M. Déry a cédé et a ramené cette hausse à 3 000 dollars, mais a imposé une exigence plus stricte en matière de français, déclarant que le pourcentage d'étudiants devant atteindre un niveau de français intermédiaire serait de 80 %.

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a déclaré que la hausse des frais de scolarité était nécessaire pour réduire le nombre d'étudiants non francophones dans la province, suggérant que les étudiants canadiens non québécois contribuaient à angliciser Montréal.

Immédiatement après l'annonce, M. Saini a qualifié le plan de M. Déry de « totalement irréaliste ».

« De nombreux étudiants sont attirés par la culture unique et riche du Québec et s'efforcent d'apprendre le français afin de pouvoir construire leur vie ici après l'obtention de leur diplôme », a déclaré M. Saini dans un communiqué publié en décembre 2023.

Repenser l'école à l'heure de l'IA

Chronique de Luc Ferry paru dans le Figaro du jeudi 13 février.

J’évoquais il y a peu ici même l’échec de « Lucie », cette IA soutenue par l’éducation nationale qu’on a dû retirer d’urgence tellement elle était nulle. L’idée de départ, pourtant, était bonne, car il va bien falloir un jour s’emparer sérieusement du sujet. Avec l’IA, certains s’imaginent qu’on pourra enfin donner chair à l’idéal porté dans l’après-68 d’un monde scolaire où tout deviendrait ludique, un monde où on supprimerait enfin toute forme d’ennui à l’école, fût-ce au prix d’un anéantissement de la notion même de perfectibilité par le travail. Avec l’IA tout deviendrait facile, il suffirait de questionner un modèle de langue de grande taille (MLGT) enfin débarrassé des «hallucinations» qui caractérisaient ses premiers pas pour avoir réponse à toutes les questions ou peu s’en faut, qu’il s’agisse de faire un devoir d’histoire, de science, de littérature ou de philosophie. Plus de travail à faire à la maison, plus d’ennui à l’école! Victoire du «jeu interactif» universel vers lequel l’IA pourra emmener tous ceux qui veulent « jouir sans entraves » !

En travaillant à notre place, l’IA pourra nous débarrasser de toute forme de pénibilité. Le problème, c’est qu’on peut bien faire travailler quelqu’un (en l’occurrence quelque chose, une machine) à sa place, mais on ne peut pas penser à notre place. Si l’IA devait non seulement supprimer une quantité faramineuse d’emplois salariés, mais en outre ôter à nos enfants le soin de penser par eux-mêmes, d’acquérir des connaissances et plus encore d’en comprendre le sens, les IA génératives faisant quasiment tout le travail scolaire pour eux, nous risquerions tout simplement de voir en quelques générations l’humanité sombrer dans la bêtise et l’obscurantisme. Il est crucial ici de bien comprendre la différence entre « sens » et « connaissance ».

L’IA est des millions de fois plus savante que moi grâce aux connaissances qu’on lui a fait ingurgiter, mais comme elle ne possède par elle-même ni valeurs ni émotions, pour elle tout se vaut! Car ce sont nos valeurs qui donnent du sens aux connaissances. Quand on écoute la radio le matin, on s’indigne, on s’attriste, on rit, bref, on donne du sens à ce qu’on entend à partir de ses valeurs. Pour L’IA, tout est équivalent, ses codes éthiques, esthétiques et politiques n’étant pas vécus par elle mais imposés par un programmateur. D’où le caractère irremplaçable du travail personnel, comme le notait déjà Kant dans ses Réflexions sur l’éducation : il est, écrivait-il, « de la plus haute importance que les enfants apprennent à travailler… C’est une idée fausse de s’imaginer que si Adam et Eve étaient demeurés au Paradis, ils n’auraient rien fait d’autre que d’être assis ensemble, chanter des chants d’Arcadie et contempler la beauté de la nature. L’ennui les eût bien vite torturés… »
Je suis convaincu qu’interdire tout usage de l’IA dans le cadre scolaire serait aussi vain qu’au final nuisible. Il me semble plus intelligent d’adapter la pédagogie à cette nouvelle donne en demandant par exemple aux étudiants de poser leurs questions à l’IA multimodale, de citer ses réponses, puis de les résumer avant d’en faire la critique, de les discuter et de les compléter, un exercice qui pourrait être tout à fait pertinent sur un plan pédagogique
On peut engager une personne pour faire le ménage ou pour entretenir son jardin, on ne peut pas engager quelqu’un pour penser et construire sa vie à sa place. Pas davantage une IA… La valorisation républicaine [pas au Royaume-Uni ou au Royaume de Belgique ?] du travail marque ainsi comme par avance une rupture radicale avec l’idéal de ces patrons de l’IA qui plaident pour un revenu universel de base. Pour autant, je suis convaincu qu’interdire tout usage de L’IA dans le cadre scolaire serait aussi vain qu’au final nuisible. Il me semble plus intelligent d’adapter la pédagogie à cette nouvelle donne en demandant par exemple aux étudiants de poser leurs questions à L’IA multimodale, de citer ses réponses, puis de les résumer avant d’en faire la critique, de les discuter et de les compléter, un exercice qui pourrait être tout à fait pertinent sur un plan pédagogique.

Pour en donner une autre illustration à l’école primaire, on montre aux enfants une carte de Noël et on leur demande de la décrire à l’IA pour qu’elle génère une image identique. On compare ensuite le résultat avec l’original et en général, les différences proviennent du fait que les enfants n’ont pas utilisé les mots exacts et les phrases correctes pour décrire ce qu’ils voyaient. On les invite alors à recommencer en employant les mots justes jusqu’à ce que la ressemblance soit convaincante – un exercice qui les obligera à soigner leur expression. On pourrait bien sûr donner bien d’autres exemples dans le domaine de la biologie, de la géographie, de la physique ou de la chimie, où les jumeaux numériques permettent de visualiser et même de pratiquer des expériences de manière extraordinaire, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a urgence à organiser la complémentarité entre l’IA et l’élève, car, en toute hypothèse, on n’arrêtera pas le raz de marée…
 

IA; 300 millions d’emplois menacés - Luc Ferry
(Ferry pratique goulûment l'anglicisme, ainsi prompts = invites, affinages, requêtes). Luc Ferry exagère à notre avis la précision de l'IA actuelle qui, malgré son savoir encyclopédique, peine à composer des programmes d'informatique corrects dès que la tâche est un tant soit peu complexe et originale. Les IA, même les dernières versions, hallucinent encore (c'est notamment dû aux transformateurs qui sont très bons pour générer du texte qui semble cohérent mais n'est pas nécessairement exact.)

Voir aussi

Le Chat — Un agent conversationnel français très félin


vendredi 14 février 2025

Saint-Josse (Bruxelles), son communautarisme, son enrichissement culturel et politique

On a revoté le 10 février dernier dans la commune [bruxelloise] de Saint Josse et le résultat  est encore pire [pour Alain Destexhe] qu'en octobre !

La gauche obtient  28 sièges sur ... 29. (Liste du bourgmestre turc Emir Kir exclu du PS).

Le cartel [des autres partis] (MR - Engagés - CDV - VLD) : 1 siège seulement (7,7%), alors qu’en 2006, les mêmes obtenaient encore ... 32% des voix !

Sur la liste PS, les 6 élus sont d'origine étrangère. Écolo se distingue également, sa tête de liste Ahmed Mouhssin avait œuvré pour la libération des geôles irakiennes d'Oussama Atar, l'organisateur des attentats de Paris et de Bruxelles. Qu'à cela ne tienne !

Rappelons aussi qu’il y a quelques mois Emir Kir
(ci-contre)  s'était illustré en tenant d'interdire une conférence avec le premier ministre hongrois Viktor Orban, Nigel Farage et Éric Zemmour.

Appelez-cela comme vous voulez : « Grand remplacement » (Cohn-Bendit) ou encore « submersion migratoire » (Bayrou), il est notable que l'avenir de Bruxelles (et de la Belgique ?) est inscrit dans ces chiffres.

Soulignons par ailleurs  qu'aucun média belge ne semble se soucier de cette dérive. Pour le Soir qui s’en réjouissait il y 20 ans déjà (article de 2003 !) : «  80 % de la population de Saint-Josse ont des grands-parents non belges. Le mouvement, irréversible, est une source d'enrichissement pour la société ».

Source : PAN

jeudi 13 février 2025

Bruxelles, sculpture classique remplacée par une œuvre plus féministe sublimant « des déchets de chantiers »

 

La sculpture en marbre de Carrare de l’artiste Victor Rousseau (ci-dessus) sera déplacée du square où elle trône depuis un siècle, près la gare Centrale, après le refus du gouvernement bruxellois de la classer en tant que patrimoine protégé. Une nouvelle œuvre sera placée sur le site.

La polémique qui entoure le déplacement prochain de la Maturité n’est pas près de s’éteindre.

Cette sculpture du célèbre sculpteur Victor Rousseau trône depuis un siècle dans un square proche de la place Marché au Bois, au cœur de Bruxelles. L’œuvre est menacée par le réaménagement du site et, en septembre, la Commission Royale des Monuments et Sites avait demandé le classement de « la Maturité » en tant que patrimoine protégé.

Le gouvernement bruxellois avait refusé et s’était contenté d’inscrire cette œuvre sur la liste de sauvegarde, ouvrant ainsi la porte à son transfert en direction du square Gutenberg [plus éloigné du centre-ville].

La Ville de Bruxelles a refusé de classer l’œuvre de Victor Rousseau parce qu’« elle véhicule des valeurs qui ne sont plus en phase avec celles de la société actuelle ». Le monument se compose de six figures en marbre, représentées totalement nues ou presque, et reliées entre elles par une guirlande de fleurs et de fruits. Au centre, un homme barbu se tient assis sur un drap blanc ; il est entouré à gauche d’une femme qui porte une corbeille de fleurs et d’une jeune fille agenouillée qui en hume le parfum ; à droite, un jeune couple se tient la main tandis qu’un jeune homme assis tourne le dos aux autres personnages.

La Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) avait alerté la Ville sur l’état de ce groupe sculpté, encrassé par la pollution et par le temps, dégradé par le vandalisme, mais aussi par les travaux de rénovation de la station de métro voisine qui ont provoqué le démontage d’une partie de la balustrade originale. Des engins et barrières de chantier obstruent régulièrement l’espace (ill. 2) ; les parterres sont dénudés, les pelouses pelées, les plantations non entretenues ont laissé place à une végétation sauvage, si bien que le monument n’est presque plus visible. Son état est alarmant et sa conservation menacée, la CRMS a donc proposé de classer la totalité du square en raison de son intérêt artistique, esthétique, historique, urbanistique et paysager.

Les différentes raisons pour lesquelles le classement n’est pas souhaitable sont sidérantes : la sculpture de Rousseau ne correspond pas aux « valeurs contemporaines d’égalité des genres, de pouvoir et de famille  » bien au contraire, elle offre « une vision patriarcale des rapports sociaux et familiaux […], avec des stéréotypes figés sur la famille et le pouvoir masculin ». Cette œuvre qui n’est pas adaptée au plan d’action de « gender mainstreaming [l’anglais fait chic à Bruxelles] et d’égalité entre les femmes et les hommes, […] met en lumière l’importance d’éliminer les stéréotypes de genre hérités du passé, et de rendre visible la contribution des femmes à la culture matérielle et à l’histoire urbaine. Cette réévaluation des œuvres publiques est nécessaire pour favoriser une représentation plus inclusive et équilibrée de l’histoire de notre ville. »

Remplacée par une œuvre réalisée à partir de débris de chantiers

On y apprend ainsi qu’une nouvelle œuvre d’art, réalisée par l’artiste plasticienne Aglaïa Konrad, une artiste née en Autriche qui vit à Bruxelles, sera installée sur la partie sud du Marché au Bois, proche de l’endroit où trône actuellement la Maturité.

Le style de l’œuvre « Rückbaukristalle : un Monument pour la ville », dont un aperçu a été donné par l’architecte Bas Smets dans l’enquête publique (via une œuvre déjà existante) tranche assez franchement avec le néo classicisme de la sculpture en marbre blanc de Carrare de Victor Rousseau.

« La sculpture se présente comme deux colonnes fabriquées à partir de débris provenant de divers chantiers de démolition dans la ville. L’artiste sublime ces déchets de chantiers pour leur rendre hommage sous une forme tendre et sculpturale », peut-on lire dans la note explicative de l’enquête publique.

Style de l’œuvre qui devrait remplacer le monument « La Maturité »


Sources : La Dernière Heure, La Tribune de l'Art

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Les conservateurs du Canada anglais sont en panne de sens et leur logiciel idéologique tourne à vide

Le chef conservateur est compétent en économie, reconnaît l’historien Éric Bédard, mais Pierre Poilièvre doit encore définir ce qu’est le Canada, selon lui, et ce qui le distingue de son voisin. Texte paru dans La Presse de Montréal. Éric Bédard est historien et professeur à l’Université TELUQ. Il a récemment fait paraître Figures marquantes de notre histoire. Volume II : Lutter (VLB)

En temps normal, la politique se confond avec l’administration : améliorer les services rendus à la population, équilibrer les budgets, lancer des projets économiques structurants. De bons managers font l’affaire.

Mais en temps de crise, ces gestionnaires sont bien démunis. Car pour traverser des temps difficiles, il faut des politiques capables de mobiliser des affects et des mythes, proposer un récit qui donne un sens fort à l’aventure collective, dessiner des horizons inspirants.

En temps de crise, il faut s’élever au-dessus de la partisanerie et passer de la politique à la métapolitique. Jusqu’à maintenant, Pierre Poilièvre a complètement raté ce passage.

Il n’est cependant pas le seul responsable.

Depuis leur virage « continentaliste » des années 1980 et leur adhésion enthousiaste au libre-échange avec les États-Unis, les conservateurs sont en panne de sens et leur logiciel idéologique tourne à vide.

Longtemps, les conservateurs ont été les porteurs d’un nationalisme qui se définissait par la négative. Être Canadien, c’était refuser le modèle américain, c’est-à-dire un type de société qui se fondait sur une rupture avec l’ancien monde européen, une foi illimitée dans le progrès, un égalitarisme et un individualisme qui pouvait mener au désordre et à la guerre civile.

Héritage britannique

Être conservateur canadien, c’était être fidèle à l’héritage britannique, à ce monde d’avant l’âge d’un progrès débridé, technique, déshumanisant, des tares qu’incarnait la grande république américaine et qu’avaient rejeté les loyalistes à la fin du XVIIIe siècle. Jusqu’aux années 1960, le conservatisme canadien est un antiaméricanisme.

En 1962, John Diefenbaker est le seul dirigeant politique occidental à exiger une enquête indépendante durant la crise des missiles de Cuba. L’année suivante, il déclenche des élections précipitées parce qu’il refuse que le Canada accueille des missiles américains à tête nucléaire. Lors du débat sur l’unifolié, Diefenbaker, redevenu chef de l’opposition, affiche son patriotisme en se drapant dans le Red Ensign – l’ancien drapeau où les armoiries canadiennes côtoyaient la croix britannique.

L’ancien premier ministre du Canada, John Diefenbaker, en 1957

Dans Lament for a Nation, un essai crépusculaire publié en 1965, le philosophe conservateur George Grant pressentait la fin de ce Canada attaché à son passé et à ses traditions.

À ses yeux, la complaisance et la complicité coupable des élites canadiennes à l’endroit du géant américain annihilaient ce qu’il restait d’original dans l’identité canadienne, ou la vidaient de sa substance.

À la même époque, l’antiaméricanisme canadien passe à gauche. La jeunesse rejette la guerre du Viêtnam, le complexe militaro-industriel et les valeurs capitalistes des grandes corporations américaines. Pour cette gauche, ce qui distingue désormais le Canada des États-Unis, ce sont ses programmes sociaux beaucoup plus généreux, notamment son système de santé universel et gratuit, et une plus grande tolérance pour la diversité qu’incarnerait cette doctrine du multiculturalisme conceptualisée par des penseurs en vogue et inscrite dans la Loi constitutionnelle de 1982.

[Le Premier Ministre conservateur de 1984 à 1993] Brian Mulroney avait de belles qualités, mais il ne croyait pas beaucoup à la force des idées et à la contribution des intellectuels. Ce qu’il allait proposer aux Canadiens, c’était moins un nouveau programme idéologique qu’une simple alternance partisane. Car sur le fond, il souscrivait aux grands principes de la refondation de 1982 et ne proposait que des amendements mineurs (ex. : Accord du lac Meech). Le conservatisme canadien n’est devenu qu’économique et fiscal.

Un besoin d’élévation

Lorsqu’on écoute certaines entrevues de fond de Pierre Poilièvre, on constate vite ses compétences en économie et sa volonté sincère d’accroître le niveau de vie des Canadiens. Mais lorsqu’il doit réagir à la crise existentielle provoquée par les décisions erratiques du président Trump, il est incapable de mettre de côté la partisanerie et de montrer un peu d’élévation.

Au micro de Jordan Peterson pendant deux heures, il conclut son entretien de fond en répétant qu’il rêve d’améliorer le pouvoir d’achat du Canadien moyen. Dans sa réaction aux menaces de Donald Trump, il rappelle que les libéraux, avec leurs dépenses incontrôlées, ont brisé la « promesse canadienne » de prospérer et d’aspirer à une ascension sociale.

Ces objectifs sont certes nobles, mais Pierre Poilièvre devra nous expliquer : en quoi ils se distinguent de l’« American Dream » ?

Si le Canada des conservateurs n’est qu’une déclinaison du rêve américain, pourquoi ne pas accepter la proposition de Donald Trump de devenir le 51e État des États-Unis ?

Sinon, qu’est-ce que le Canada au juste, et quel serait son destin, son ambition, sa « vocation » selon lui ?

Pour répondre à ces questions, Pierre Poilièvre devra rouvrir ses livres d’histoire, laisser tomber un moment la partisanerie et passer de la politique à la métapolitique, c’est-à-dire à des considérations plus élevées sur le sens qu’il faut parfois donner, dans des circonstances hors de l’ordinaire, à une aventure collective. A-t-il les ressorts qu’il faut pour y arriver ?

mercredi 12 février 2025

Royaume-Uni — employée d'une école anglicane licenciée pour avoir critiqué l'idéologie transgenre gagne son procès

La Cour d’appel du Royaume-Uni a statué que l’expulsion de Kristie Higgs en raison de publications critiquant l’éducation sexuelle et l’idéologie transgenre dans l’école de son fils constituait une « discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Kristie Higgs, au centre, a été rejointe par plusieurs sympathisants lors de l’audience en octobre dernier

Une employée d’une école anglicane a obtenu une victoire importante devant la Cour d’appel à la suite de son licenciement pour avoir exprimé son opinion sur l’enseignement des relations LGBT+. Kristie Higgs, anciennement administratrice pastorale et responsable de l’expérience professionnelle à la Farmor’s School, dans le Gloucestershire, a été licenciée en 2019 après avoir partagé sur Facebook des messages critiquant les projets visant à enseigner les relations LGBT dans les écoles primaires.

La mère de deux enfants a d’abord essuyé un verdict contre elle en juin 2023 de la part du tribunal d’appel de l’emploi.

Dans un jugement remarquable rendu mercredi, les juges de la Cour d’appel ont donné raison à Mme Higgs, estimant que l’instruction précédente de renvoyer l’affaire devant le tribunal du travail était « illégalement discriminatoire ». Exprimant le point de vue de la Cour, le juge Underhill, accompagné du juge Bean et du juge Falk, a expliqué : « Dans la présente affaire, la demanderesse, qui était employée dans une école secondaire, avait posté des messages et avait cité principalement d’autres sources, s’opposant à la politique du gouvernement en matière d’éducation sexuelle dans les écoles primaires en raison de sa promotion de la “fluidité des genres” et de l’assimilation du mariage homosexuel au mariage entre un homme et une femme. »

Le tribunal a reconnu que les opinions de la demanderesse sur le genre et le mariage homosexuel relevaient de la protection de la loi sur l’égalité, déclarant : « Il n’a pas été contesté […] que les convictions de la plaignante selon lesquelles le genre est binaire et que le mariage homosexuel ne peut être assimilé au mariage entre un homme et une femme sont protégées par la loi sur l’égalité ».

Les juges ajoutent : « L’école a cherché à justifier son licenciement sur la base que les publications en question étaient exprimées de manière intempestive et comprenaient des références insultantes aux promoteurs de la fluidité des genres et à “la bande LGBT” qui étaient susceptibles de nuire à la réputation de l’école dans la communauté : les publications avaient été signalées par un parent et pourraient être vues par d’autres personnes. »

Le tribunal a toutefois jugé insuffisant le motif d’atteinte potentielle à la réputation de l’école pour justifier le licenciement : « Toutefois, ni le langage utilisé dans les messages ni le risque d’atteinte à la réputation ne pouvaient justifier le licenciement de la plaignante alors qu’elle n’avait rien dit de tel au travail et qu’elle n’avait manifesté aucune attitude discriminatoire dans sa façon de traiter les élèves ».

À la suite du jugement rendu devant la Cour royale de justice, Mme Higgs a exprimé son espoir : « Je prie pour qu’aujourd’hui soit un jour marquant pour les libertés chrétiennes et la liberté d’expression ».

Elle a poursuivi son plaidoyer en faveur du droit des chrétiens à partager leurs opinions sans encourir de sanctions sur leur lieu de travail : « Les chrétiens ont le droit d’exprimer leurs croyances sur les médias sociaux et dans d’autres contextes non liés au travail sans craindre d’être sanctionnés par leur employeur. »

Mme Higgs s’est retrouvée plongée en pleine tourmente après avoir publié un contenu en ligne critiquant le programme d’éducation relationnelle « No Outsiders In Our School » (Pas d’étrangers dans notre école), destiné aux élèves de l’école primaire, qui comprenait l’apprentissage de la loi anti-discriminatoire (pro-LGBT) par le biais de livres.

Mme Higgs, qui a utilisé son nom de jeune fille pour publier des messages sur une page privée, a partagé deux messages en octobre 2018 avec une centaine d’amis. Une plainte anonyme a conduit l’école à suspendre Mme Higgs et, à la suite d’une audience disciplinaire, elle a été licenciée pour faute grave.

L’école a précédemment réfuté les allégations selon lesquelles Mme Higgs avait été licenciée en raison de ses convictions religieuses, déclarant que le langage utilisé dans ses messages était la raison de son licenciement. Dans un jugement rendu en 2020, un tribunal du travail avait reconnu que la religion de Mme Higgs était une « caractéristique protégée » en vertu de la loi sur l’égalité, mais avait soutenu que le licenciement de l’école était légal.

Cette décision a été annulée par le tribunal d’appel de l’emploi en 2023, et l’affaire a été renvoyée pour réexamen. Toutefois, Richard O’Dair, qui représente Mme Higgs, a fait valoir dans des observations écrites adressées à la Cour d’appel en octobre dernier que le Tribunal d’appel de l’emploi avait fourni des « directives très insatisfaisantes », ce qui risquait de nuire une fois de plus au droit de Mme Higgs à un procès équitable.

Il a déclaré que ses messages étaient « un discours politique contribuant au débat en cours sur une question d’intérêt public » et « une manifestation de ses convictions religieuses ». Il a également noté que Mme Higgs, qui nie être homophobe ou transphobe, avait travaillé avec des élèves qui se disaient LGBT sans qu’aucune allégation de discrimination n’ait été formulée à leur encontre.

Argument de l’avocat de l’école

Me Sean Jones, représentant l’école, a suggéré dans ses observations écrites au tribunal que le renvoi de l’affaire était « la voie appropriée », car des « raisons plus complètes » pour la décision étaient nécessaires.

Il a ajouté : « (Mme Higgs) n’a pas été licenciée pour avoir manifesté (ses convictions), mais parce que la manière dont elle les a manifestées aurait pu raisonnablement amener et a effectivement amené d’autres personnes à penser qu’elle exprimait des opinions homophobes ou transphobes ».

Réaction du Christian Legal Centre

« La décision confirme que la loi sur l’égalité protège les croyances chrétiennes traditionnelles sur les questions sociales, telles que l’opposition aux idées de transgenrisme et de “fluidité de genre” et l’opposition au mariage homosexuel », a déclaré le Christian Legal Centre qui soutenait Mme Higgs.

La Cour a également noté dans sa décision qu’il n’y avait pas eu de plaintes concernant un traitement discriminatoire potentiel des élèves par Mme Higgs.

Le tribunal a annulé la décision du tribunal d’appel du travail qui avait demandé un nouveau procès de l’affaire et a conclu que « nous devrions nous-mêmes conclure que le licenciement du demandeur constituait une discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Andréa Williams, directrice générale du Christian Legal Centre, a déclaré : « C’est une grande victoire pour Kristie, qui a perdu son emploi et son gagne-pain pour n’avoir fait qu’exprimer sa consternation face aux idées absurdes de fluidité de genre enseignées à son enfant dans une école primaire de l’Église d’Angleterre. »

« C’est aussi une victoire pour beaucoup d’autres qui ont précédé Kristie, comme Victoria Wasteney et le regretté Richard Page, qui ont également été licenciés pour leurs croyances chrétiennes dans les années passées, et ont cherché justice en vain », a-t-elle poursuivi. Pourtant, d’un trait de plume, des décennies de décisions injustes qui ont nié la justice aux chrétiens ont maintenant été réinterprétées par la Cour d’appel et expliquées comme de simples exceptions qui confirment la règle.

« Pour tous ceux qui se sont tenus à nos côtés pendant des jours beaucoup plus sombres de notre bataille de 16 ans pour la liberté, il est maintenant temps de se réjouir et de rendre grâce à Dieu », a conclu Williams.

Unilinguisme et féminisme — Peu de femmes dans les usines parce « manufacture » fait penser à « man »

La députée démocrate Janice Schakowsky (Illinois, 80 ans) se demande si la raison pour laquelle les femmes ne sont pas plus nombreuses à se lancer dans l’industrie manufacturière serait parce que « le nom “manufacturière” fait penser à un “man” (homme) »…

En français (manufacture, fabrication, usine), en espagnol (fabricación), en japonais (製造 – seizō), en russe (производство – proïzvodstvo), et dans bien d’autres langues, le mot désignant la fabrication ou la production industrielle n’a pas de connotation lexicale avec le sexe masculin.

Cela suggère clairement que la sous-représentation des femmes dans l’industrie manufacturière ne peut pas être attribuée uniquement à la terminologie utilisée en anglais. Car, si le mot « manufacturing » avait une influence déterminante sur l'emploi des femmes, on ne devrait pas observer les mêmes tendances dans des langues où ce terme est sans rapport avec le sexe masculin.

Or, la faible présence des femmes dans ce secteur est un phénomène transnational, davantage lié à des facteurs sociaux, culturels et économiques qu’à une simple allitération ou une fausse étymologie (manufacture est un mot relativement récent dérivé du latin classique manū facere « faire à la main », sans rapport avec homme en latin vir pour le sexe masculin, ni homo pour l'humain peu importe son sexe).


Ce que l'Occident doit au christianisme

Christophe Dickès, historien et journaliste français spécialiste du catholicisme et du Vatican. Il est fondateur de ‪@storiavoce2091‬, un podcast dédié à l'histoire. Il vient d'écrire "Pour l'Église", ouvrage dans lequel il rappelle ce que nous Occidentaux devons à la religion chrétienne.

Les chapitres :

00:00 Intro
00:58 Présentation de l’invité et pourquoi avoir écrit Pour l’Église aujourd’hui ?
06:31« L’ombre de l’Église est partout et alors que nous la croyons nulle part » : des Occidentaux encore inconsciemment chrétiens ?
10:13 Le christianisme fut une révolution
12:06 L’Église a scolarisé l’Europe
18:10 La laïcité est une idée chrétienne
23:39 L’Église romaine, prototype de l’État moderne
28:40 L’Église et les femmes : une relation loin des clichés historiques
36:53 L’Église et les arts : le génie du christianisme ?
41:27 L’Église, la lecture et l’écriture
43:23 L’Église et la science, la foi et la raison. Oppenheimer a écrit : « le christianisme était nécessaire pour donner naissance à la science moderne »
51:00 Le wokisme, une idée chrétienne devenue folle ?
56:10 Le pape se désintéresse t-il de l’Europe ?
58:44 Conseils de lecture

Présentation de l'ouvrage par l'éditeur

Scandales en tous genres, abus de pouvoir, abus sexuels, escroqueries..., l’Église - c'est le moins que l'on puisse dire - n'a pas bonne presse. Critiquée, voire méprisée, elle évolue par ailleurs dans un contexte de déchristianisation généralisée. Déshonorée par son passé et paralysée dans une crise qui présente n'en finit plus, elle semble n'avoir aucun avenir. Et si elle trouvait justement dans ce passé des motifs d'espérance ? Dans cet essai argumenté et passionné, Christophe Dickès livre un véritable plaidoyer en expliquant ce que le monde lui doit, sans que nous ne le sachions vraiment. À travers dix tableaux enlevés, il révèle l'influence considérable de ces hommes et femmes d’Église qui ont marqué l'histoire des sociétés, l'intelligence politique, les sciences et l'éducation - jusqu'à l'organisation du même temps. À l'opposé de l'image obscurantiste que l'anticléricalisme a souhaité lui accoler, l’Église nous apparaît d'une fécondité rare dans l'histoire des civilisations. Sans occulter les pages sombres de sa longue histoire, l'auteur montre qu'elle peut bel et bien cultiver un sentiment de fierté, sans complexe ni arrogance, tant son apport a été et demeure indéniable. Un essai écrit avec vigueur et rédigé à la lumière des dernières recherches historiques.

Pour l'Église,
Ce que le monde lui doit,
par Christophe Dickès,
paru chez Perrin,
à Paris,
le 17 janvier 2025,
272 pp.,
ISBN-10: 2262104999,
ISBN-13: 978-2262104993