mercredi 24 juillet 2024

Thierry Lentz : « Pourquoi la gauche s’est toujours opposée à l’appel au peuple »

Extrait d'un texte de Thierry Lentz, historien et enseignant. Il a notamment publié Sur les bords de la Seine… Histoire et secrets du tombeau de Napoléon et Charles Bedaux le Magnifique (1886-1944), tous deux aux éditions Perrin.

[...]

Prise du palais des Tuileries, 10 août 1792, par Jacques Bertaux, 1793. L'Appel au peuple, selon la gauche.


l'arbitrage populaire par le biais du référendum ou de la voie électorale est une idée développée «à droite», à laquelle la «gauche» s'est toujours opposée, en lui substituant l'assurance de sa supériorité, exprimée par le cercle des «pensant bien» et au besoin dans la rue. Contrairement à une idée reçue, la revendication de « l'Appel au peuple » ne date pas de la chute du Second Empire, lorsque les bonapartistes contestaient la proclamation de la IIIe République, et encore moins de la Ve République, lorsque de Gaulle le mit en œuvre dans sa pratique constitutionnelle. Il plonge ses racines dans la doctrine monarchiste des débuts de la Révolution française. Parfois évoqué au moment de la rédaction des cahiers de doléance, où chaque sujet pouvait interpeller le souverain, c'est surtout au moment du procès du roi qu'il fit son entrée, par la droite, dans le débat politique. Les royalistes demandèrent alors que les électeurs soient saisis de la condamnation à mort de Louis XVI, ce qu'ils baptisèrent nommément « l'Appel au Peuple ». On ne saura jamais ce que les campagnes et bourgs français auraient décidé en cas de votation. Une décision magnanime effraya tellement les hommes au pouvoir, qu'ils refusèrent que l'on consulte les citoyens. Et pour se justifier, ils arguèrent que les campagnes n'étaient pas encore libérées de la féodalité. Qui plus est, pour eux, le véritable «Appel au peuple» avait déjà eu lieu, lors des émeutes d'août 1792, lorsque 30.000 personnes armées amenèrent la chute de la monarchie. Ils allèrent encore plus loin en prétendant que le peuple siégeait en permanence dans leurs clubs politiques, à la commune insurrectionnelle de Paris et au sein de l'aile avancée de la Convention (nom de l'assemblée nationale, de 1792 à 1795).

L'opposition gauche-droite concernant « l'Appel au Peuple » devint dès lors un facteur permanent de la vie politique française. En gros, la droite légitimiste le réclama en vain pendant la Révolution, sous la Restauration, pendant la monarchie de Juillet, sous la IIe République et au début du Second Empire, afin que soient tranchées les questions de régime et de légitimité. Les bonapartistes récupérèrent l'héritage pour imposer Napoléon IV et tentèrent de le faire fructifier jusqu'au début des années 1930 au profit de ses héritiers. Face à ces deux courants, la gauche - qui se présentait pourtant comme respectueuse de la volonté populaire - opposa avec constance les voies qui lui avaient réussi en 1793, en 1848 et en 1870 : celles des valeurs supérieures imposées par ses élites (essentiellement parisiennes) et de la vérité forcément ignorée de la populace. Au besoin, elle légitima les insurrections menées pour son compte.

Ces racines-là, récemment documentées par une thèse de doctorat soutenue dans une université du nord de la France, gardent, on l'aura compris, une grande actualité. Toutes choses égales par ailleurs, les temps n'ont guère changé, ce qui saute aux yeux depuis quelques semaines dans les suites données aux résultats électoraux par la gauche et la minorité présidentielle désorientée : rejet du suffrage universel, opposition Paris-Province et, au besoin, manipulation de la rue. Décidément, l'Histoire n'est pas que le passé.

« Comment la testostérone explique la différence entre les sexes »


La biologiste évolutionniste explique en quoi cette hormone détermine des comportements différents en matière de compétition, de sexe et de violence. Et elle raconte pourquoi elle a dû quitter Harvard où elle était persécutée par certains étudiants pour ses prises de position scientifiques jugées transphobes.


Carole Hooven vient de publier «Testostérone. Toute la vérité sur l’hormone qui nous définit et nous divise» (Fyp). Entretien de l'auteur dans le Figaro.

LE FIGARO. — Vous consacrez votre livre à une hormone, la testostérone, que vous qualifiez de «clé des mâles». En quoi est-ce une variable déterminante dans la différence entre les sexes ?

CAROLE HOOVEN. — Cette molécule joue un rôle crucial dans la formation des corps et des comportements masculins, en particulier dans notre espèce. La testostérone explique en grande partie pourquoi, en moyenne, les hommes et les femmes diffèrent de façon significative. Pourquoi les hommes sont généralement plus grands et plus poilus que les femmes, en raison de la forte testostérone pubertaire, et pourquoi les garçons s’adonnent plus souvent à des jeux brutaux, à cause de la testostérone fœtale. Cela ne concerne pas seulement les effets physiques. Nous partageons les mêmes gènes du désir sexuel, mais un taux élevé de testostérone, typique des mâles, modifie la psychologie sexuelle, augmentant considérablement le désir sexuel. Les femmes ayant un taux de testostérone élevé développent un désir sexuel plus proche de celui des hommes. Cela se voit clairement chez les hommes transgenres , qui augmentent leur taux de testostérone pour adopter un rôle sexuel masculin.

On peut également voir les effets de cette différence entre les sexes dans les niveaux précoces de testostérone chez les enfants. Les effets comportementaux sont visibles très tôt, avec des garçons qui sont plus actifs, qui prennent plus de risques et participent à des jeux plus brutaux que ne le font les filles. Chez les animaux, ce type de jeu lié à la testostérone sert de test pour se placer dans la hiérarchie sociale adulte. Comprendre comment naviguer dans cet environnement complexe est crucial pour le succès reproductif des mâles. Cela implique d'apprendre à coopérer et à rivaliser, parfois physiquement, et à comprendre ses propres forces et faiblesses. Soulignons que cela peut aussi apprendre aux mâles à contrôler leurs impulsions agressives. Les animaux mâles privés de ce type de jeu deviennent plus agressifs, échouent à coopérer, à se faire des amis et à trouver des partenaires. Leur reproduction en souffre et ils meurent même à des taux relativement élevés.

— Vous avez été confrontée à des théoriciens du genre au cours de votre carrière académique. Votre point de vue sur la biologie était-il minoritaire ?

— Oui, en tant que biologiste évolutionniste, j’ai été persécutée. J’ai été amenée à quitter Harvard en raison de la culture d’intolérance qui y règne. J’ai été accusée de transphobie parce que j’ai exprimé mes doutes sur l’emploi de termes tel que « personne enceinte » plutôt que « femme », et la disparition des mots « mâle » et « femelle » dans le vocabulaire des professeurs de médecine qui ne voulaient pas offenser des étudiants. D’ailleurs, j’ai été citée lors de l’audience de Claudine Gay , la présidente de Harvard, après les manifestations antisémites sur le campus. Le représentant Tim Walberg lui a demandé, lors de l’audience : «Carole Hooven, une biologiste évolutionniste, a été contrainte de démissionner parce qu’elle a affirmé que le sexe d’une personne est biologique et binaire. … et donc, madame la présidente, dans quel monde un appel à la violence contre les Juifs est-il un discours protégé, mais une croyance que le sexe est biologique et binaire ne l’est-il pas ?»


— On parle beaucoup de « masculinité toxique ». Pourtant, vous montrez dans votre livre que le taux d’agression physique est assez similaire entre conjoints. Comment expliquer alors que les femmes sont plus susceptibles de mourir entre les mains de leur mari que l’inverse ? En quoi l’agressivité masculine diffère-t-elle de l’agressivité féminine ?

— C’est une question importante et sensible que j’aborde dans mon livre. J’ai été surprise de découvrir, en approfondissant mes recherches, l’étendue de la violence conjugale perpétrée par les femmes. Les sexes ne diffèrent pas en termes de colère ; les femmes peuvent être tout aussi explosives que les hommes. Ce qui diffère, ce sont les risques physiques que chaque sexe est prêt à prendre et leur réaction face à l’escalade de la violence. Chez les humains et la plupart des autres mammifères, les femelles sont moins disposées à risquer leur sécurité physique, car leur succès reproductif dépend davantage d'une longue vie en bonne santé. Les mâles, quant à eux, peuvent obtenir des avantages reproductifs en prenant des risques pour augmenter leur statut social et acquérir des ressources et des partenaires ; l'équilibre coût-bénéfice est donc différent.

Ainsi, si les femmes peuvent ressentir une colère aussi intense que les hommes, cela se traduit moins souvent par une violence extrême. Les femmes sont tout aussi susceptibles de s’engager dans une agression physique « de bas niveau » ; frapper, lancer des objets, donner des coups de pied, etc., mais moins d’en arriver à une violence sévère ou à un meurtre. Par conséquent, les hommes sont plus susceptibles de frapper violemment leurs partenaires intimes , voire de les tuer, mais les taux globaux d’agression sont à peu près égaux. Bien sûr, cela varie selon la géographie et la culture.

— Les femmes n’excellent-elles pas dans d’autres formes de compétition et d’agression ?

— Si. Alors que les garçons et les hommes sont plus enclins à se confronter directement, via des insultes ou des combats physiques, les filles et les femmes rivalisent de manière plus indirecte et ont plus de difficultés à résoudre les conflits. Les études montrent que les garçons et les hommes sont simplement meilleurs pour naviguer et résoudre les conflits, potentiellement parce qu'ils peuvent se fier à des signaux indiquant leur statut ; c'est une manière assez efficace de réduire la violence au sein des communautés (principalement masculines) qui doivent coopérer pour, par exemple, défendre un territoire ou leurs familles. Regarder trop longtemps dans les yeux d'un autre homme, draguer sa copine ou marcher vers lui avec le torse bombé sont, en un sens, des défis à son statut. Une confrontation directe, verbale ou physique, est une manière simple de déterminer qui est le chef et, une fois cela réglé, le conflit est résolu.

L’agression directe n’est évidemment pas idéale, et certains mâles peuvent ne pas avoir les capacités d’y participer et se retrouvent en bas de l’échelle sociale. Certains appellent cela la « masculinité toxique », mais je n’aime pas trop ce terme. Les filles et les femmes ont leurs propres méthodes de compétition, moins idéales, mais nous ne les qualifions pas de « toxiques ».

Les filles et les femmes sont plus susceptibles de rivaliser pour un statut de manière indirecte, comme par le commérage ou en dénigrant une rivale sur les réseaux sociaux. Cela rend plus difficile la résolution des conflits, souvent parce que l’identité de l’attaquante est inconnue. Cette forme de compétition permet aux femmes de rivaliser pour un statut ou pour une personne d’une manière qui réduit les risques de préjudice physique, mais elle peut être aussi très cruelle et nuire à la santé mentale.

— Mettre en avant la dimension biologique des différences entre les sexes, n’est-ce pas encourir le risque du fatalisme ? Cela signifie-t-il que nous ne pouvons rien changer à la violence masculine ?

— C’est une question extrêmement importante. Premièrement, il faut rappeler que les différences sexuelles existent selon une moyenne. Certaines femmes ont un fort désir sexuel et peuvent être violentes, tandis que certains hommes sont extrêmement pacifiques et n’aiment pas le sexe. Nous sommes tous des individus. Certaines personnes croient que, la biologie, c’est le destin. Que, si les hommes sont plus volages ou plus violents que les femmes, cela est dû à des différences évolutives et hormonales, et que nous devons donc l’accepter. Que les gens ne pourraient pas changer. C’est le concept de « déterminisme biologique », et il est faux. Il suffit de regarder comment les sexes se comportent dans votre culture, puis de comparer avec d’autres cultures à travers le monde.

Si vous avez beaucoup voyagé ou simplement suivi les actualités, vous savez que les hommes dans certaines cultures sont beaucoup plus violents entre eux ou que les agressions sexuelles y sont presque encouragées. Dans d’autres régions, vous pouvez laisser votre maison ouverte ou ne pas vous inquiéter si vous êtes une femme marchant seule en ville. Les standards sexuels varient également énormément. Dans certains endroits, il est accepté que les femmes aient de nombreux partenaires sexuels, tandis que, dans d’autres, elles peuvent être exécutées pour cela. Mais, ce qui n’existe pas, ce sont des cultures où les femmes ont une totale liberté sexuelle, avec de nombreux partenaires sexuels et où on attend des hommes qu’ils soient fidèles à une seule partenaire ; ou encore des cultures où les femmes violent et tuent et où les hommes restent à la maison avec les enfants. La direction de ces grandes différences sexuelles en matière de sexe et d’agression est presque toujours la même, mais la nature et l’ampleur de ces différences varient.

Le sophisme naturaliste conduit à la croyance que nous devrions accepter plus facilement ce qui est naturel que ce qui est culturel. Bien sûr, c’est une fausse dichotomie, car nature et culture contribuent tous deux au comportement.

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Royaume-Uni : pas de hausse notable des suicides depuis la restriction des bloqueurs de puberté

Selon un rapport indépendant rendu par le professeur de psychiatrie Louis Appleby, conseiller en prévention du suicide au département de la santé et des affaires sociales de l’université de Manchester, les affirmations selon lesquelles le taux de suicide chez les jeunes souffrant de dysphorie de genre a fortement augmenté depuis que le NHS a restreint l’accès aux bloqueurs de puberté sont fausses.

Le conseiller du Gouvernement a été chargé de mener cette étude par le secrétaire à la Santé suite aux allégations formulées par le Good Law Project. L’organisation contestait la décision de l’ancien ministre de la Santé de mettre fin à la prescription par les cliniques privées de médicaments bloquant la puberté d’enfants ou d’adolescents atteints de dysphorie de genre.

Les données issues du NHS England relatives aux jeunes suivis au Tavistock and Portman NHS Foundation Trust montrent un total de 12 suicides : 6 chez les moins de 18 ans, 6 chez les 18 ans et plus. Au cours des 3 années précédant 2020-21, 5 suicides ont été recensés, contre 7 au cours des 3 années suivantes. « Compte tenu des fluctuations attendues sur de petits nombres », ces écarts ne sont pas significatifs d’un point de vue statistique, explique Louis Appleby. De plus, parmi les jeunes décédés, certains souffraient de troubles mentaux ou avaient vécu des « expériences traumatisantes », des ruptures familiales. Certains avaient été pris en charge par les services de protection de l’enfance.

Louis Appleby souligne en outre que cette question a été discutée sur les réseaux sociaux « de manière insensible, inquiétante et dangereuse », à l’opposé de la façon dont il faudrait signaler les suicides. En effet, il existe un risque que « des adolescents déjà en détresse entendent le message selon lequel “des gens comme vous, confrontés à des problèmes similaires, se suicident”, ce qui les conduirait à imiter le suicide ou l’automutilation ».

 

Sources : Observatoire de la petite sirène (19/VII/2024) ; The Guardian, Denis Campbell (19/VII/2024) ; BBC (19/VII/2024) , via Généthique.

Association mondiale pour la santé des personnes transgenres « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

Dans une tribune parue dans Le Point le 23 juillet, Dominique Crestinu, gynécologue-endocrinologue, Beryl Koener, pédopsychiatre, Céline Masson, professeur des universités en psychologie de l’enfant et de l’adolescent, et Jacques Robert, professeur émérite de cancérologie, PUPH, tous membres de l’Observatoire de la Petite Sirène (OPS), réagissent à la « fraude scientifique » entourant les protocoles médicaux prescrits par l’Association mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH).

« Deux sexes et seulement deux »

Alors qu’une proposition de loi « visant à encadrer les pratiques médicales mises en œuvre dans le prise en charge des mineurs en questionnement de genre » a été adoptée par le Sénat français le 28 mai dernier, et qu’un rapport réalisé par le Dr Hilary Cass, ancienne présidente du Royal College of Paediatrics and Child Health a été rendu public le 10 avril, l’Observatoire de la Petite Sirène a organisé un congrès international les 28 et 29 juin, en partenariat avec la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM). Réunissant près de cinquante médecins, pédopsychiatres, psychologues et chercheurs de toutes disciplines et de différents pays, ce congrès avait pour objectif de faire le point et d’échanger des informations récentes sur le traitement des enfants et des adolescents souhaitant changer de genre (cf. Genre : 140 médecins et intellectuels appellent à informer les jeunes objectivement).

Rappelant qu’il « existe deux sexes et seulement deux », mâle et femelle, les membres du Bureau de l’OPS expliquent qu’« on ne peut parler de “sexe assigné à la naissance” » car « ce n’est pas une question d’appréciation » (cf. Théorie du genre : un ancien transgenre dénonce « un prosélytisme général »). « Taille des gamètes, chromosomes, caractères sexuels primaires et secondaires visibles ou non, il est impossible de se tromper dans l’immense majorité des cas » précisent-ils. Ainsi, « l’idée que véhiculent certaines associations que “le sexe est un spectre” ou que les enfants peuvent “choisir le sexe qui leur convient” relève de la pure idéologie ».

Des « traitements irréversibles et dangereux »


Cependant, à l’approche de l’adolescence, certains jeunes souffrent de dysphorie de genre, autrement appelée « angoisse de sexuation pubertaire ». Il s’agit d’un trouble caractérisé par le sentiment d’appartenir à l’autre sexe. Alors que certains pays ont développé des structures spécialisées comme la clinique Tavistock en Angleterre, des organismes nationaux et internationaux, comme la WPATH (World Professional Association for Trangender Health) ou la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SGEM), ont été mis en place pour coordonner ce type de traitement et élaborer des directives a priori consensuelles afin de faire bénéficier les adolescents de tous les pays des meilleures approches disponibles.

Mais, la WPATH et d’autres associations professionnelles recommandent d’appliquer le « Dutch protocol », mis en place par une équipe néerlandaise, dans une situation qui n’est pas celle pour laquelle il a été élaboré. La WPATH recommande la prescription de « bloqueurs de puberté » et d’« hormones sexuelles “inversées” » alors qu’il s’agit de traitements « irréversibles et potentiellement dangereux » (cf. « La transition de genre est devenue incontrôlable » : l’alerte d’une psychiatre « pionnière » dans ce domaine). En effet, l’utilisation des bloqueurs de puberté n’a pas reçu d’autorisation de mise sur le marché de l’Agence nationale de la santé et du médicament (ANSM) et présente des risques qui n’ont pas été évalués (cf. Bloqueurs de puberté : des données « insuffisantes »). Concernant les hormones du sexe opposé, « il existe des risques à long terme dont l’incidence dans la population des adolescents est à l’heure actuelle inconnue faute d’un recul suffisant ».

Une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »

L’Observatoire s’est alarmé « des risques que faisait courir aux enfants et adolescents la prescription de traitements non validés ». Il reproche à la WPATH d’être « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable » après avoir exigé « d’un collège d’experts indépendants qu’elle avait missionné, tous chercheurs de la Johns Hopkins University à Baltimore, de faire état de ses conclusions avant de réaliser les études qu’elle lui avait commandées ».

Comme l’incite le rapport d’Hilary Cass, il faudrait « ne prendre en charge ces adolescents que sous l’angle de la psychologie ou de la pédopsychiatrie » car « nous ne disposons pas du moindre argument scientifique permettant de justifier la prise en charge de ces adolescents par des “bloqueurs de puberté” et/ou des hormones “inversées” ». « L’objectif de l’OPS est exclusivement la protection des adolescents contre la mise en place de traitements non validés dont la sécurité n’est pas assurée, cette protection dût-elle s’exercer contre les adolescents eux-mêmes », expliquent les quatre auteurs de la tribune. « Les devoirs des parents vis-à-vis des enfants sont tout aussi primordiaux que les droits des enfants (…). A nous de faire en sorte qu’ils ne nous reprochent pas de leur avoir laissé la liberté d’asservir leur corps en cédant trop vite à un désir souvent transitoire » concluent-ils.

 


Source : Le Point, tribune de quatre membres de l’Observatoire La Petite Sirène (23/VII/2024), via Généthique

Canada n’arrive pas à créer assez d’emplois pour tous les gens qui décident d'y venir

« L’augmentation du taux de chômage est plutôt attribuable au fait que le Canada n’arrive tout simplement pas à créer assez d’emplois pour toutes les personnes qu’il accueille », explique Marie-Ève Fournier dans la Presse de Montréal.

Depuis une quinzaine de mois, le taux de chômage grimpe constamment. Petit à petit, il est ainsi passé de 5 % à 6,4 %, au pays.


Les entreprises qui effectuent des licenciements collectifs parce que leurs activités roulent au ralenti sont peu nombreuses. Les fermetures et les faillites aussi. D’ailleurs, les économistes de Desjardins qualifient la baisse nette du nombre d’emplois en juin de « goutte d’eau » par rapport aux gains de la dernière année, dans une nouvelle étude qui décortique ce qui se passe dans le marché du travail.

L’augmentation du taux de chômage est plutôt attribuable au fait que le Canada n’arrive tout simplement pas à créer assez d’emplois pour la masse immense d'immigrants que le gouvernement Trudeau laisse entrer.

« L’augmentation record du nombre d’immigrants a fait en sorte que le rythme de croissance de l’emploi au cours de la dernière année, malgré sa vigueur, n’a pas suffi à maintenir le taux de chômage à un niveau stable », explique Royce Mendes, directeur général et chef de la stratégie macroéconomique de Desjardins. Dans les trois premiers mois de l’année, 121 800 immigrants se sont installés ici. Ils s’ajoutent aux 472 000 de l’an dernier.

Face à ce flot, il faudrait créer des emplois à un rythme bien plus soutenu pour que la proportion de chômeurs demeure stable. Même si on y arrivait, ce ne serait pas magique, car une adéquation parfaite entre les besoins des employeurs de chaque région et les compétences des personnes qui s’y établissent serait nécessaire.

On se retrouve donc avec un taux de chômage élevé, à 12,5 %, parmi les personnes arrivées au pays depuis moins de cinq ans, ce qui se compare à 9,1 % il y a six mois. Si l'on ignore la période pandémique, il s’agit du taux le plus élevé depuis 2015, note Desjardins. Pendant ce temps, le taux de chômage chez les travailleurs nés au Canada et ceux ayant immigré il y a plus de 10 ans demeure « très bas ».

Autrement dit, deux réalités en apparence contradictoires coexistent : le marché du travail est « assez favorable » pour ceux qui ont déjà un emploi, mais « extrêmement difficile » pour ceux qui en cherchent un. La probabilité qu’une personne rentre dans le marché du travail, ce qu’on appelle le taux de sortie de chômage, « tourne autour des niveaux observés pendant la crise financière » de 2009.

Les jeunes sont aussi touchés par cette concurrence de l'immigration

Évidemment, ce phénomène particulier ne touche pas que les immigrants. Les nouveaux diplômés se retrouvent exactement dans le même bateau. Le taux de chômage de cette cohorte est d’ailleurs en progressions « constante ».

La nouvelle réalité a aussi frappé les jeunes du secondaire qui voulaient travailler cet été. Ces dernières années, les entreprises apostrophaient pratiquement les adolescents en pleine rue pour les supplier d’accepter un boulot. Le rapport de force s’est renversé à une vitesse que personne n’avait imaginée.

Début mai, j’avais d’ailleurs échangé avec des parents qui étaient tombés en bas de leur chaise en constatant que leur adolescent n’arrivait pas à se trouver un emploi d’été, alors qu’ils entendent constamment parler de pénurie de main-d’œuvre1. Eh oui, les commerces, les restaurants et les camps de jour avaient recommencé à faire passer des entrevues et se montraient très sélectifs.

D’ailleurs, en juin, le taux d’emploi des élèves et des étudiants de 15 à 24 ans qui retourneront aux études à la fin de l’été s’est établi à 46,8 %, ce qui représente le taux le plus faible depuis juin 1998, si on exclut la période pandémique.

Au Québec

Au Québec, le taux de chômage en juin a augmenté de 0,6 point de pourcentage pour atteindre 5,7 %.

Il y avait 4514 600 personnes en emploi, en recul de 0,4 % par rapport au mois précédent. Cela se traduit par une perte de 3200 emplois à temps plein et de 14 500 emplois à temps partiel.

Les plus importants reculs au Québec ont été enregistrés dans les services publics (-5,2 %), les transports et l’entreposage (-1,8 %) et le commerce de gros et de détail (-1,5 %).

PIB/habitant en baisse

Rappelons que le PIB par habitant du Canada baisse constamment depuis près de 2 ans, « malgré » la forte immigration. En d'autres mots, chaque habitant du Canada devient plus pauvre (et consomme d'ailleurs moins).



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L’économie canadienne n’est peut-être pas en récession, mais c’est tout comme

mardi 23 juillet 2024

24 juillet 1534 — Jacques Cartier prend possession du Canada au nom du roi de France

Texte de René Maran, paru en 1968 :

Le pilote malouin brûlait de « voyager, découvrir et conquérir à Neuve-France, ainsi que trouver, par le Nord, le passage au Cathay » (la Chine), le roi de France voyant dans ce périple une façon d’entraver l’avancée de Charles Quint et, partant, de l’affaiblir financièrement

L’enfance et l’adolescence de Jacques Cartier, né en 1491 à Saint-Malo, nourries de hauts faits maritimes, l’avaient poussé à faire de bonne heure ses classes de marin, en bourlinguant le long des côtes de l’Europe et de l’Afrique. Peut-être même participa-t-il à des guerres de courses, à des abordages.

Toujours est-il qu’il est « pilote et maître de navire » en 1521. Sa notoriété, déjà grande, sa fortune solide lui assure un bel avenir. L’une et l’autre lui ont permis de se marier, l’année précédente, avec Catherine des Granches ou des Granges, l’une des plus fortunées héritières de sa ville natale, fille de Jacques, connétable de Saint-Malo et sieur de la Ville-ès-Gars, et de dame Françoise, née du Mast.

Portrait de Jacques Cartier devant une carte de la côte canadienne. Dessin (colorisé) de Pierre Gandon (1899-1990)

Le mariage, célébré en grande pompe, a été béni par Messire Lancelot Ruffier, vicaire de Saint-Malo. Jacques Cartier accède par cette union au rang de notable en vue. II a pour beau-frère Macé Jalobert, maître d’équipage, et peut désormais compter en toute occasion sur l’appui financier et moral des Maingart, puissante famille alliée à celle des Granches. Il marche, lors de la fête patronale de la confrérie malouine de Saint-Jean, aux côtés du prévôt, derrière les « sonneux et tambourins », en tête de ses confrères venus en grand nombre, « nonobstant quelque indisposition de temps et mortalité ».

Jacques Cartier ne jouit pourtant, à cette époque, que d’une renommée locale. Où et comment l’a-t-il acquise ? Les archives malouines gardent encore sur ce point le silence. On peut néanmoins avancer qu’il connaissait déjà plus ou moins les côtes brésiliennes. Les Malouins du XVIe siècle s’engageaient volontiers comme marins sur les navires espagnols ou portugais allant chercher en Amérique Équinoxiale ce bois de teinture dit « bois de Brésil ».

Sans doute Jacques Cartier y fut-il pour son propre compte, à ses risques et périls. Ceux-ci étaient grands. Les Portugais, considérant le Brésil comme leur, massacraient sans merci tous ceux qui osaient leur faire concurrence. Tant de prétention avait d’ailleurs le don de révolter le pilote Crignon, qui s’écriait : « Quoique les Portugais soient le plus petit peuple du monde, le monde ne leur semble pas assez grand pour satisfaire leur cupidité. Il faut qu’ils aient bu de la poussière du cœur d’Alexandre pour montrer une ambition si démesurée. Ils croient tenir dans une seule main ce qu’ils ne pourraient embrasser avec toutes les deux. Il semble que Dieu ne fit que pour eux les mers et la terre, et que les autres nations ne soient pas dignes de naviguer. »

Quoi qu’il en soit, il est patent que Jacques Cartier a ramené du Brésil, en 1527, une jeune indigène, Catherine du Brésil, qui fut baptisée, le 30 juillet 1528, à Saint-Malo, par Messire Lancelot Ruffier, et eut pour marraine Catherine des Granches, femme de Jacques Cartier, tandis que Guyon Jamyn, recteur de Saint-Jacut, et beau-frère de Thomase Cartier, sœur du futur découvreur du Canada, lui servait de parrain. Il est patent aussi qu’il était suffisamment versé dans la connaissance de la langue portugaise pour servir d’interprète aux Portugais pris en mer et gardés dans les prisons de Saint-Malo.

Cartier n’apparaît soudain en pleine lumière qu’en 1533. Le navigateur malouin va sur ses quarante-deux ans. L’inaction lui pèse. II a soif d’aventures, voit loin, pense grand et voudrait, sentant qu’il n’est pas fait pour n’être rien qu’un roulier des mers, qu’on lui confiât une entreprise à sa taille. Mais à qui doit-il s’adresser ? À qui peut-il faire part de ses désirs, de ses projets ? Parbleu, à Philippe de Chabot, seigneur de Brion, comte de Buzançais et Charny, amiral de France !

Il a déjà eu l’occasion de deviser nombre de fois avec ce grand seigneur, notamment le jour où il lui a fait don de quelques-uns des singes et des perroquets qu’il avait rapportés du Brésil, en 1527. Les grands de ce monde ne sont pas insensibles aux présents. Les cadeaux entretiennent leur mémoire. L’appétit de l’or tiendra celle de Philippe de Chabot en éveil. Son zèle — car il est la vénalité même — croîtra en raison des richesses qu’on fera miroiter à ses yeux. Lui seul peut, en tout cas, vu le crédit dont il jouit à la cour de François Ier, faire aboutir la demande qu’il lui adresse. Celle-ci tend à obtenir l’autorisation de poursuivre les recherches que Giovanni Verrazzano n’a pu qu’ébaucher naguère.

La demande formulée par le père adoptif de Catherine du Brésil tombait à merveille. En favorisant ses desseins, le roi de France dispose d’un moyen propre à entraver l’expansion coloniale de Charles Quint, et à lui créer, ce faisant, de pénibles embarras financiers. L’autorisation que sollicite Jacques Cartier sert par conséquent sa politique. D’où il découle qu’il se doit de lui prêter tout son appui pour lui permettre d’aller « aux Terres Neuves découvrir certaines îles et pays où l’on dit qu’il se doit trouver quantité d’or ».

Itinéraire du premier voyage de Jacques Cartier en 1534

Il mande à cet effet à son trésorier, le 12 mars 1534, de verser entre les mains de Jacques Cartier, navigateur et maître pilote, la somme de six mille livres. Le royal commanditaire met, en outre, à sa disposition, deux navires. Chacun de ces navires jauge soixante tonneaux. Leur équipage ne comprend que soixante hommes en tout.

Leur recrutement ne s’opéra pas sans difficulté. Tout fut mis en œuvre pour l’enrayer. Force fut au vice-amiral Charles de Moüy, seigneur de la Meilleraye, d’intervenir avec énergie, au nom du roi, pour faire entendre raison aux matelots que les armateurs malouins débauchaient en sourdine. Il y parvint, en mettant l’embargo sur tous les navires ancrés en rade de Saint-Malo. Celui-ci ne fut levé qu’au départ de l’expédition que le roi de France avait placée sous le commandement de Jacques Cartier.

Au dire de Léon Ville, qui a romancé un agréable Jacques Cartier à l’usage de la jeunesse, des deux vaisseaux que commande le marin breton, l’un s’appelle le Triton, l’autre le Goéland. Selon le même auteur, le voyage d’aller dura quatre-vingt-dix jours. En réalité, parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, Jacques Cartier atteint le cap terre-neuvien de Bonavista le 10 mai suivant, mouille à cinq lieues de là, au sud, dans un port auquel il donne le nom de Sainte-Catherine, s’y ravitaille en viandes et en poissons, prend alors la direction du nord, s’engage dans le détroit de la Baie des Châteaux, qui s’appelle aujourd’hui le détroit de Belle-Isle.


Il serre ensuite de près la côte méridionale du Labrador, dans la direction du sud-ouest, « jalonnant çà et là sa route, souligne M. d’Avezac, l’un de ses meilleurs et plus consciencieux biographes, de quelques noms bretons, tels que Havre de Brest, Havre de Saint-Servan, au milieu de beaucoup d’autres, jusqu’à la baie de Chicataka, qui fut appelée Havre de Jacques Cartier. »


Jacques Cartier prend possession de la Baie de Gaspé le 24 juillet 1534. 
Illustration de Louis-Charles Bombled (1862-1927) publiée dans Histoire de la Nouvelle-France par E. Guénin (1904)

Comme le golfe allait s’élargissant de plus en plus, il voulut en reconnaître la rive opposée, et vint aborder au cap Double, la pointe Riche de nos jours, pour descendre ensuite jusqu’à un cap qu’on atteignit le 24 juin et qu’on appela pour cette raison cap Saint-Jean, aujourd’hui cap de l’Anguille. De là, tournant à l’ouest, on toucha successivement à diverses îles, dont l’une reçut le nom de Brion, en l’honneur du grand amiral qui avait patronné l’expédition, et l’on arriva au fleuve des Basques : la rivière de Miramichi. Puis on remonta au nord, en explorant la Baie-des-Chaleurs, dont l’entrée est signalée au-delà par le cap de Prato, aujourd’hui Cap Forillon.

De là, toujours serrant la côte qu’il remonte vers le nord, il arrive à Gaspé et prend possession, le 24 juillet 1534, du sol de la Nouvelle France. Voici le texte authentique de cette prise de possession :

« Le XXIVe jour dudit mois, nous fîmes faire une croix, de trente pieds de haut, qui fut faite devant plusieurs d’eux [il s’agit des indigènes de Gaspé], sur la pointe de l’entrée dudit havre ; sous le croisillon de laquelle mîmes un écusson en bosse, à trois fleurs de lys, et dessus, un écriteau en bois, engravé en grosses lettres de forme, où il y avait : VIVE LE ROY DE FRANCE

“Et icelle croix plantâmes sur ladite pointe devant eux, lesquels la regardaient faire et planter. Et après qu’elle fut élevée en l’air, nous nous mîmes tous à genoux, les mains jointes, en adorant icelle devant eux ; et leur fîmes signe, regardant et leur montrant le ciel, que par icelle était notre rédemption.”

La Gaspésie est désormais terre française. Le roi de France a dorénavant droit de regard sur les provinces qui l’entourent. Leur ensemble forme le Canada. En donnant à François Ier ces terres nouvelles, leur découvreur a rempli l’essentiel de sa mission. Voilà ce que signifie, aux yeux de Cartier et de ses gens, le “padron” fleurdelisé dominant la baie de Gaspé.

Source : d’après Voyages de découverte au Canada entre les années 1534 et 1542, suivis d’une biographie de Jacques Cartier par René Maran, paru en 1968

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lundi 22 juillet 2024

L’économie canadienne n’est peut-être pas en récession, mais c’est tout comme

La forte croissance démographique a permis d’éviter une chute pure et simple du produit intérieur brut canadien, mais la production par personne [PIB/habitant] diminue tandis que le taux de chômage augmente, et habituellement c’est quelque chose qui ne survient qu’en période de récession. Les réductions de taux d’intérêt de la Banque du Canada finiront par alléger une partie de la pression qui pèse sur les ménages. Avec la normalisation du pouvoir d’achat, nous prévoyons que la croissance par habitant deviendra positive d’ici le deuxième semestre de l’an prochain.


[...]

  • Cependant, la vigueur de la croissance démographique [en moins politiquement correct : l'immigration effrénée ] – la plus forte en plusieurs décennies – a camouflé les aspects récessionnistes de la conjoncture économique. Le Canada a gagné 2,1 millions de consommateurs depuis le milieu de 2022.
  • La production réelle par personne a décliné pendant six des sept derniers trimestres, et parallèlement le chômage a augmenté.

La taille totale de l’économie canadienne a continué de croître, ce qui a permis d’éviter de justesse les baisses consécutives du PIB qui constituent normalement la définition d’une récession, dans la foulée de la flambée de l’inflation et des énergiques hausses de taux d’intérêt de la Banque du Canada en 2022-2023. Néanmoins, cela est uniquement dû à la vague de nouveaux consommateurs en provenance de l’étranger. La population du Canada a augmenté de 6 % entre le deuxième trimestre de 2022 et le premier trimestre de cette année, ce qui représente 2,1 millions de nouveaux consommateurs de plus dans l’économie. Les dépenses de consommation représentent plus de la moitié du PIB, et bon nombre des nouveaux arrivants (dont la part est plus élevée que celle de la population née au Canada [manquerait plus que les immigrants en bonne part soient des retraités!] sont aussi des travailleurs qui contribuent à la capacité de production de l’économie.


[...] Par personne et sur une base corrigée de l’inflation, les dépenses des ménages sont inférieures de 2,6 % à leur sommet d’après la pandémie, et de 2 % à leur niveau d’avant la pandémie en 2019, étant donné que les prix et les taux d’intérêt plus élevés réduisent le pouvoir d’achat. Le PIB par habitant a diminué pendant six des sept derniers trimestres à 3,1 % pour s’établir sous le niveau de 2019.

La hausse de 1,6 point de pourcentage du taux de chômage est plus faible que celle qui a été observée pendant les récessions plus importantes, et la base comparative est le niveau d’après la pandémie, soit le plus bas en un demi-siècle. Cependant, depuis les années 1970, le Canada n’avait pas connu d’écart aussi important entre le taux de chômage le plus bas et le taux le plus haut en dehors des périodes de récession. À la suite de l’éclatement de la bulle Internet en 2000, cette augmentation avait atteint 1,5 point de pourcentage.

Environ la moitié de l’augmentation du taux de chômage par rapport à son creux d’après la pandémie est attribuable aux mises à pied, lesquelles ont augmenté de 20 % par rapport à l’an dernier en juin. Et environ 40 % de l’augmentation du chômage est attribuable aux étudiants et nouveaux diplômés qui ont du mal à trouver un emploi.

Le déclin du PIB canadien par habitant est moins marqué que lors des ralentissements plus récents. En 2008, la production réelle par habitant a chuté de 5 % entre son sommet et son creux, ce qui est comparable à la contraction du début des années 1990. La chute des années 1980 a été plus importante, à 7 %. Mais la baisse actuelle du PIB par habitant est plus importante que lors des périodes précédentes considérées comme des récessions.


Source : Banque royale du Canada, RBC

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samedi 20 juillet 2024

Éoliennes: du rêve aux réalités

Les éoliennes sont en quelques années devenues le symbole de la transition écologique. Quels enseignements politiques, sociaux, économiques et environnementaux peut-on tirer de leur multiplication ? Le rêve est-il en phase avec la réalité ? Professionnels, experts et riverains nous dévoilent les envers du décor.

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Il faut mettre fin à la « cécité énergétique »

jeudi 18 juillet 2024

Il faut mettre fin à la « cécité énergétique »

Il existe un décalage entre l'ambition du Canada (et du Québec) d'électrifier notre réseau électrique et notre réticence à augmenter la capacité de production d'électricité, écrit Phillip Cross dans le National Post.

Dans sa mise à jour mensuelle sur les tendances énergétiques, Statistique Canada a indiqué plus tôt ce mois que cette année, pour la première fois, le Canada est devenu un importateur net d'électricité. Ce changement dans la balance commerciale de l'électricité révèle les lacunes d'une stratégie énergétique qui privilégie désormais la décarbonation au détriment de la sécurité énergétique, laissant les consommateurs vulnérables aux pénuries d'approvisionnement et à l'augmentation des prix.

Traditionnellement, le Canada a produit un surplus d'électricité qu'il a exporté vers les États-Unis. Mais en avril, la production totale d'électricité a baissé de 6,9 % par rapport à l'année précédente, poursuivant une tendance amorcée au début de l'année. Cette baisse est due à la sécheresse qui a touché une grande partie du pays et qui a réduit la production hydroélectrique, ainsi qu'aux travaux de maintenance prévus dans les centrales nucléaires.

L'hydroélectricité et le nucléaire représentent un peu plus des deux tiers de la production totale d'électricité au Canada. L'hydroélectricité a contribué à hauteur de 26 millions de mégawattheures (MWH) et le nucléaire à hauteur de 5,2 MWH à la production totale d'électricité, qui s'est élevée à 45,7 MWH en avril. La baisse de la production d'électricité d'origine hydraulique et nucléaire au Canada nous a obligés à importer 2,6 millions de MWH des États-Unis en avril, tandis que nos exportations ont chuté de 64,4 % pour atteindre 1,7 million de MWH.

Le plan canadien de réduction des émissions de gaz à effet de serre repose en grande partie sur l'énergie hydroélectrique, qui couvre la majeure partie de nos besoins énergétiques en croissance rapide. Nous restons ambivalents à l'égard de l'énergie nucléaire, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick étant les deux seules provinces à en produire après que le gouvernement du Parti québécois a fermé l'unique centrale nucléaire du Québec en 2012.

Les détracteurs des énergies éolienne et solaire soulignent souvent leur caractère intermittent lorsque le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas. Les sources d'électricité intermittentes comme celles-ci nécessitent le maintien de sources d'énergie de secours fiables, notamment les centrales électriques qui brûlent des combustibles fossiles tels que le pétrole, le gaz naturel ou le charbon. La récente réduction de la production d'hydroélectricité montre qu'elle aussi peut parfois être une source d'énergie peu fiable.

Les événements récents soulignent l'importance fondamentale de la sécurité de l'approvisionnement énergétique pour les clients. La sécurité énergétique signifie un approvisionnement fiable et abordable. Toute interruption prolongée de l'approvisionnement serait catastrophique. En février 2022, le Texas a été à quelques minutes de l'effondrement de son réseau électrique lors d'une tempête de verglas, une calamité qui n'aurait pas pu être entièrement réparée avant le mois de mai. Chez nous, le réseau de l'Alberta a été poussé presque au-delà de ses limites lors d'une vague de froid intense en janvier dernier. Cela aurait eu plus de conséquences et aurait mis davantage de vies en danger qu'un effondrement du réseau au Texas, compte tenu du froid extrême que connaissait l'Alberta.

L'électricité est essentielle à la vie et au mode de vie de la plupart des Canadiens. Comme l'a fait remarquer l'ancien ministre ontarien Dwight Duncan lors d'une récente conférence sur la politique énergétique, l'Ontario et le Québec ont la demande d'énergie la plus élevée au monde en raison des pics de demande en hiver et en été. Mais il y a un décalage entre l'ambition du Canada d'électrifier son réseau électrique et sa réticence à augmenter sa capacité de production d'électricité. L'électrification de nos maisons et de nos véhicules tout en utilisant des technologies gourmandes en énergie implique une augmentation massive de notre consommation d'électricité.

Ce n'est que récemment que les gouvernements ont commencé à se rendre compte que la demande d'électricité prévue dépasse de loin l'offre. C'est pourquoi l'Ontario et le Québec ont récemment annoncé des plans ambitieux et coûteux pour augmenter la production d'électricité. L'Ontario agrandit et remet en état son vaste réseau de centrales nucléaires. Au Québec, le gouvernement provincial a nommé l'année dernière Michael Sabia à la tête d'Hydro-Québec pour mettre en œuvre un plan visant à augmenter considérablement l'énergie hydraulique et éolienne afin de répondre à la demande future, en écartant des plans qui mettaient l'accent sur la conservation de l'énergie et qui auraient inévitablement nécessité des hausses de prix impopulaires. L'expérience de l'Alberta, qui a frôlé la catastrophe, l'a amenée à restructurer son réseau pour réduire la priorité accordée aux sources d'énergie renouvelables imprévisibles.

Le fait que le Canada soit devenu un importateur net d'électricité depuis le début de l'année nous rappelle qu'il nous reste beaucoup à faire pour augmenter la production, d'autant plus qu'importer de l'électricité des États-Unis signifie dépendre de combustibles fossiles à fortes émissions pour produire de l'énergie. La lenteur avec laquelle nous avons construit des mégaprojets au cours des dernières décennies soulève de sérieuses questions quant à notre capacité à réussir.

L'Union européenne a mis un terme à sa volonté de décarboniser son approvisionnement énergétique avant même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, alors que le coût pour les ménages, l'industrie et les gouvernements ne cessait de croître. Richard Norris, du Canadian Global Affairs Institute, qualifie de "cécité énergétique" notre propre refus de reconnaître l'importance primordiale d'une énergie abondante et bon marché. Cette cécité doit cesser.

mercredi 17 juillet 2024

Le Canada, 3e pays où les ménages sont les plus endettés

Le Canada se trouve en troisième position mondiale en ce qui concerne l’endettement chez ses citoyens, selon une nouvelle étude de Desjardins. Ceux-ci feraient face à une hausse de taux directeur historique.

« La [Banque du Canada] a récemment amorcé une réduction graduelle de son taux directeur, mais à 4,75 % celui-ci demeure à un niveau élevé d’un point de vue historique », ont indiqué Maude Drapeau et Lorenzo Tessier-Moreau, économistes et auteurs du rapport publié mardi.

Le pays figure donc au troisième rang du podium, derrière l’Australie et la Suisse qui obtient la médaille d’or.

Avec la hausse des taux d’intérêt, combinée à l’augmentation du coût de la vie, les Canadiens ont encore plus de mal à épargner. Près de trois individus sur cinq estiment que leur revenu n’a pas suivi le coût de la vie.

Ceux avec un revenu plus faible doivent aussi se priver dans leur budget. Celui-ci se concentre principalement sur des besoins primaires comme le logement, le transport et l’alimentation, selon l’étude.

Le revenu des ménages a généralement diminué pour tous les Canadiens, sauf pour les plus fortunés. « Depuis 2021 [ils] sont les seuls à avoir enregistré une hausse de leur revenu disponible réel », a mentionné le rapport.

Les taux d’intérêt plus élevés, notamment sur l’habitation et les véhicules, sont l’une des raisons qui influencent la distribution des revenus à l’avantage des plus riches.

Ce sont ces mêmes personnes qui auraient d’ailleurs accumulé la majorité de la dette globale, selon Desjardins. Elles possèdent néanmoins plus d’actifs financiers et d’investissements, ce qui explique leur revenu supérieur.

Le coût des intérêts sur la dette affecte le plus les 20 % les moins riches (1er quintile) des ménages (en vert foncé).