Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Un étudiant du Collège vétérinaire de l’Ontario, Derek van de Walle (ci-contre), a encouru la colère du Collège parce qu’il avait participé à une discussion Facebook sur le racisme systémique au sein des forces de police.
Le Collège a ordonné à Derek de suivre des cours supplémentaires pour démontrer sa « compétence culturelle » et ses « capacités de communication ». Bien que Derek ait tenu un discours mesuré et rationnel et ait posé des questions raisonnables, il a été soumis à un torrent de vitriol et à la colère d’autres étudiants, qui l’ont ensuite dénoncé au doyen du collège pour leur avoir prétendument « causé du tort » en les exposant à une opinion avec laquelle ils n’étaient pas d’accord.
Au cours de deux réunions désagréables, l’administration a admis que Derek n’avait rien dit de raciste, mais que le droit à la « liberté d’expression » prenait fin lorsque quelqu’un d’autre en était offensé.
Après avoir reçu une lettre de mise en demeure ferme de la part du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (Justice Centre for Constitutional Freedoms) basé à Calgary, le Collège n’exige plus que Derek suive une formation idéologique supplémentaire.
Frédéric Lacroix, physicien de formation, chroniqueur à l’Aut’journal, s’intéresse à la question linguistique depuis plus de vingt-cinq ans, en particulier à l’impact des institutions sur la vitalité linguistique. Il a reçu, en 2017, le prix André-Laurendeau de la revue l’Action nationale pour son article « La brèche collégiale ». Il publie cet automne Pourquoi la loi 101 est un échec.
Geste politique phare du premier gouvernement du Parti québécois, la loi 101 devait rendre le Québec « maintenant et pour toujours français ». Or, affirme Frédéric Lacroix, la situation du français est catastrophique non seulement sur l’île de Montréal, mais aussi dans ses couronnes. La loi 101 serait-elle un échec ?
Pour comprendre globalement l’état du français au Québec, les impressions subjectives ne suffisent pas ; il faut passer par les chiffres, les données de recensement par exemple, afin de se faire une idée objective des tendances. C’est pourquoi Frédéric Lacroix a ici recours à une approche quantitative pour démontrer comment et pourquoi le français recule au Québec. Ce qui ressort, c’est que le français est de plus en plus rétrogradé au statut de langue seconde à Montréal alors que la langue première, le véhicule de culture, est de plus en plus l’anglais. Or, une culture ne peut se déployer et survivre en tant que langue seconde.
L’auteur pense qu’il est encore temps de renverser la tendance, mais que, pour ce faire, des gestes politiques forts devront être accomplis, sans crainte d’ébranler certains faux consensus.
Pourquoi la loi 101 est un échec
par Frédéric Lacroix,
paru le 13 octobre 2020
aux éditions Boréal
à Montréal
264 pages
ISBN-13 : 9 782 764 626 498
Code-barre : 9 782 764 626 498
29,95 $/22,00 €
Entretien de Mathieu Bock-Côté et Frédéric Lacroix sur la sortie de cet ouvrage.
Mathieu Bock-Côté — Que trouve-t-on dans ce livre ?
Frédéric Lacroix — On y trouve une synthèse complète de la situation du français (et de l’anglais) au Québec. Mon ambition, en écrivant ce livre, était de fournir à ceux qui s’intéressent à l’avenir du Québec français un portrait de la situation actuelle et de son évolution probable. Car il est difficile de se faire une tête sur la question linguistique ; les informations sont dispersées, contradictoires et souvent inaccessibles. J’ai souhaité écrire un livre qui rassemble l’ensemble des données pertinentes, de façon à permettre à chacun de comprendre ce qui se passe avec le français au Québec.
Je souhaitais également fournir un état des lieux le plus objectif possible. Pour atteindre ce but, j’ai fait appel au concept de « complétude institutionnelle », bien connu en sociologie, concept qui relie la vitalité d’une langue à l’ampleur du réseau institutionnel qui lui est attaché (hôpitaux, universités, cégeps). Le portrait que je trace est donc chiffré et quantitatif, et s’appuie sur la complétude institutionnelle propre à chaque communauté linguistique, anglophone et francophone, ce qui permet de tirer des conclusions solides. C’est ce qui distingue ce livre, à mon avis, de tous les autres qui ont été écrits sur la question linguistique. Mon livre se veut donc une synthèse exacte, scientifiquement fondée, tout en étant accessible au grand public.
MBC — Quels étaient les objectifs initiaux de la loi 101 ? Et quels objectifs lui prête-t-on aujourd’hui ?
FL — Les objectifs de la Charte de la langue française sont énumérés dans le « livre blanc » publié par Camille Laurin un peu avant le dépôt de son projet de loi. Ces objectifs sont ceux spécifiés par la commission Gendron, une commission d’étude de la question linguistique lancée par le Parti libéral du Québec en réponse à la crise de Saint-Léonard de la fin des années soixante. L’objectif majeur de la loi 101 est « d’orienter les options linguistiques des immigrants », une litote qui signifie que la charte est conçue afin que l’assimilation linguistique des immigrants se fasse principalement vers le français au lieu de l’anglais, à l’avenir (l’assimilation des immigrants se faisait à 85 % à l’anglais avant la charte). La charte souhaitait rehausser le statut du français et en faire la « langue commune », c’est-à-dire la langue utilisée lors des échanges entre groupes linguistiques au Québec. La charte venait aussi agir pour améliorer les conditions économiques des francophones et leur donner accès aux emplois bien rémunérés, emplois qui étaient quasiment exclusivement réservés aux anglophones auparavant.
Notons que la charte a été combattue vigoureusement par Ottawa dès son adoption par l’Assemblée nationale du Québec. Dès 1979, tout le chapitre III, chapitre qui faisait du français la langue officielle de la justice et du droit, a sauté. Trudeau père a ensuite procédé au rapatriement de la Constitution canadienne, en 1982, pour invalider les dispositions visant la langue d’enseignement dans les écoles primaires et secondaires. Ottawa a livré une véritable guerre juridique contre la charte, chose qui continue de nos jours.
Aujourd’hui, le Québec semble avoir abandonné toute prétention de faire du français la langue commune et a sombré à nouveau dans le bilinguisme systématique qui était en place avant la charte. Le Québec semble s’être résigné au service minimum, soit à ce que la charte ne fasse qu’assurer — et pas toujours — la disponibilité de services en français au Québec. Face à Ottawa, Québec a donc complètement capitulé et a adopté, hypocritement, tout en assurant cœur sur la main que le « français est la langue officielle », la Loi sur les langues officielles fédérale, c’est-à-dire est venu assurer à l’anglais au Québec un statut à quasi-égalité avec le français. Dans les faits, le Québec est aujourd’hui, comme avant la loi 101 de 1977, une « province » quasi intégralement bilingue. Il ne faut pas se surprendre, alors, que l’anglais, langue de la majorité canadienne et continentale et langue des nouveaux empires numériques (Google, Facebook, Netflix, etc.), joue maintenant le rôle de langue commune à Montréal et que les immigrants allophones s’assimilent pour moitié au groupe anglophone.
MBC — La loi 101, un échec, vraiment ? N’êtes-vous pas trop sévère ?
La charte n’a jamais atteint son objectif principal, qui était de faire en sorte que la nette majorité des immigrants s’intègrent au Québec français. Par là, on entend que 90 % d’entre eux devraient adopter éventuellement le français comme langue parlée à la maison afin d’assurer la stabilité démographique du groupe francophone au Québec. Or nous n’en sommes qu’à 50 % environ et tout indique que le plafond est atteint, c’est-à-dire que les effets de la charte actuelle sont épuisés. De plus, on a noté, lors du recensement de 2016, une nette accélération de l’assimilation des jeunes francophones à Montréal.
Dans mon livre, je démontre que, depuis 2001, une « nouvelle dynamique linguistique » s’est installée au Québec, dynamique marquée par un recul (historique) du poids des francophones et une augmentation du poids des anglophones, augmentation qui est due principalement à l’assimilation linguistique massive, complètement hors de proportion avec le poids démographique réel des anglophones (qui est de 8,1 % seulement), des allophones à l’anglais.
Cela signifie que le français va continuer à régresser dans l’avenir prévisible et que le destin qui nous attend est celui de toutes les minorités francophones en Amérique, c’est-à-dire la minorisation et la disparition. À moins, bien sûr, que des gestes courageux et structurants ne soient accomplis.
MBC — Est-il trop tard ?
FL — Non. Comprendre la mécanique de notre déclin signifie aussi que les clés pour intervenir avec succès nous deviennent accessibles. Ces clés peuvent se résumer ainsi : revenir au « français langue commune », mettre fin au bilinguisme de l’État québécois, mettre en place une politique culturelle adaptée à la réalité numérique de notre époque et, surtout, rehausser massivement le financement des institutions francophones (cégeps, universités et hôpitaux) afin d’assurer au Québec français une « complétude institutionnelle » proportionnelle à son poids démographique.
La Mairesse de Montréal a mandaté officiellement le directeur général de la Ville pour créer d’ici l’automne un poste de fonctionnaire responsable de la lutte au racisme et aux discriminations systémiques.
Ce poste idéologique est très payant :
Minimum 118 025 $ - Maximum 147 537 $ - Maximum mérite 177 048 $
Vos défis
Relevant du directeur général, vous êtes assisté d’une équipe de professionnels aux expertises et expériences variées, dont la mission est de bâtir et d’implanter un plan stratégique en matière de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques. Votre expertise et vos réalisations dans ce domaine, votre leadership reconnu auprès des communautés Montréalaises, ainsi que votre grande capacité d’influence alliée à votre sens politique seront essentiels pour identifier les actions décisives à mener, leur planification, leur coordination ainsi que les mesures de contrôle.
Vos responsabilités
Proposer des mesures structurantes visant un appareil municipal inclusif pour toutes et tous et élaborer d’ici un an, un premier plan d’action transversal pour contrer le racisme et les discriminations systémiques à la lumière des informations recueillies au cours de la prochaine année.
Coordonner la mise en application et le suivi du plan d’action à la suite de son adoption; accompagner les unités administratives à cet effet et s’assurer de l’initiation de ces changements et en mesurer les résultats. Plus particulièrement, le SPVM où une ressource a été mandatée spécifiquement pour mettre en oeuvre les mesures du plan d’action visant les interventions policières.
Guider les instances politiques et administratives de l’appareil municipal dans l’accélération de la transformation de la culture organisationnelle en ce qui a trait à la leur responsabilisation de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques, à l’intérieur de leurs mandats respectifs.
Assurer une vigie constante des pratiques, processus et interventions des différentes instances/services municipaux ainsi que leurs impacts en matière de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques.
Sensibiliser et former les gestionnaires et employés aux formes et conséquences de la discrimination raciale; notamment les biais systémiques.
Développer des outils d’information et de sensibilisation afin que les citoyens et employés soient informés de leurs droits et recours.
Renforcer les capacités des instances, telles que l’Ombudsman, le Vérificateur général, l’Inspecteur général, le Contrôleur général et la Commission de la fonction publique de Montréal afin de mieux répondre aux personnes sujettes à vivre des incidents de racisme et de discrimination.
Guider les gestionnaires et le Service des ressources humaines dans les actions à prendre pour soutenir et accompagner les employés vivant des incidents de racisme et de discrimination.
Préparer une reddition de comptes annuelles en vue d’une présentation publique auprès de la Commission du développement social et de la Commission des budgets, et ce, dès 2021.
Profil recherché
Exigences
Posséder un diplôme universitaire (bac ou maîtrise) en droit, ressources humaines, médiation interculturelle ou toute autre formation en sciences humaines pertinente.
Détenir plus de dix (10) ans d’expérience dont au moins cinq (5) en gestion et avoir à votre actif des réalisations pertinentes en matière de lutte contre le racisme.
Exigences, connaissances et habiletés particulières
Spécialiste, expert.e senior en matière de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques.
Leadership dans la communauté ainsi que de grandes habiletés pour la collaboration et la communication orale/écrite.
Sens politique fort et forte capacité d’influence et d’analyse organisationnelle.
Orienté vers la recherche de solutions et d’impacts durables et mesurables.
Maîtrise des compétences de gestion
Afin d’exercer un rôle de gestion au sein de la Ville de Montréal, vous devez démontrer la maîtrise des compétences inscrites au « Profil de compétences génériques de gestion de la Ville de Montréal » présenté sur le site carrière de la Ville. Cliquez ici pour le consulter.
Les loubavitchs représentent 12 % de la population israélienne, mais ils constituent 40 % des cas de Covid-19.
On a récemment appris qu’environ un juif orthodoxe sur trois en Israël est positif au coronavirus. En conséquence, les quartiers orthodoxes sont soumis à des mesures de police rapprochées et sont considérés comme des zones rouges.
Il semble que certaines communautés orthodoxes ont décidé de prendre les choses en main à leur façon. Elles ont opté pour une stratégie fondée sur l’immunité collective, mais elles ont été très efficaces pour la mettre en œuvre. C’est ainsi qu’au début de la semaine passée (5 octobre), de jeunes étudiants à l’école talmudique ont admis au journal télévisé israélien N 12 que leurs yéchivas servaient de centres d’infection à la covid-19.
« Nous étions enfermés dans la yéchiva, tous les 600 ». Un autre étudiant de la yéchiva a admis que la stratégie choisie était de répandre la maladie parmi les jeunes tout en protégeant leurs aînés.
« Je suis entré dans une yéchiva pour y être infecté à dessein. J’y suis resté enfermé pendant un mois — grâce à cela, quand je suis rentré à la maison, je n’ai pas infecté ma mère et ma grand-mère à la Covid-19 ». « Rien ne nous est arrivé, la peur a fait plus de dégât. La covid ne dure pas longtemps. Nous sommes restés enfermés un mois — tout le monde est tombé malade et tout le monde s’en est sorti. », a déclaré un jeune de la yéchiva à la caméra.
Il semble de plus en plus clair que la Suède souffrira d’une récession nettement plus douce que la zone euro, les États-Unis ou le Canada. Une nouvelle analyse publiée mardi dernier (6 octobre) montre que la Suède s’en tirera mieux même que ses voisins nordiques cette année et l’année prochaine.
Danske Bank, une des principales banques danoises, est le dernier prévisionniste à prédire une crise moins douloureuse en Scandinavie que dans le reste de l’Europe. Et dans ses dernières prévisions, la banque s’attend désormais à ce que l’économie suédoise se contracte moins en 2020 et qu’elle connaîtra un taux de croissance plus élevé en 2021 que dans le reste de la Scandinavie et de la Finlande.
La baisse de 3,3 % du PIB de la Suède cette année se compare à la baisse de 8,3 % que Danske prévoit dans la zone euro et à la contraction de 4,3 % qu’elle prédit pour les États-Unis. La banque s’attend à ce que l’économie britannique recule de 5,8 % cette année. Les prévisions du FMI sont nettement plus pessimistes pour le Canada (-7,1 %) et la Grande-Bretagne (-9,8 %). En revanche, la projection du FMI pour les États-Unis (-4,3 %) concorde avec celle de la Danske Bank.
Prévisions du PIB de Danske Bank
2020
2021
Suède
-3,3 %
3,8 %
Norvège
-3,6 %
3,7 %
Danemark
-3,5 %
3,0 %
Finlande
-4,5 %
2,5 %
Le fait de garder les magasins, les restaurants et les bars ouverts a contribué à soutenir les dépenses de consommation suédoises, ce n’est qu’une partie de l’explication, une autre partie de l’explication est la force des entreprises suédoises. « Les entreprises suédoises ont montré qu’elles pouvaient rebondir rapidement après une crise, comme elles l’ont fait après la crise financière », selon M. Olsen. « Cela démontre que la Suède a une économie très compétitive. »
Entretemps, sur le front médical, la Suède semble toujours éviter un rebond épidémique pour l’instant. Le nombre de décès quotidien fluctue autour de 2 (deux) depuis de la fin août.
Prévisions de croissance du PIB par le Fonds international monétaire (FMI)
Le royaume nordique, qui refuse le confinement et ne recommande pas le port du masque, n’impose aucune nouvelle mesure contre le coronavirus. Il affiche néanmoins l’un des taux de contamination les plus faibles et, sans crier victoire, est heureux de ne plus être critiqué pour son cavalier seul, comme au début de l’épidémie.
Comme c’est souvent le cas en Suède, la maison de retraite de Skärholmen partage ses locaux avec une crèche et une école. Ses 120 résidents, depuis le début de l’épidémie, ne pouvaient recevoir de visites que dans une salle dédiée, ou à l’extérieur. Mais à partir de ce jeudi, ils pourront accueillir famille et amis chez eux, dans leur chambre ou leur appartement. « Bien sûr, il faudra réserver un créneau horaire, ne pas être plus de deux personnes, se laver les mains, porter une visière, respecter une distance de deux mètres, mais tout le monde est très heureux de cette décision, détaille Emilie Engbo, la directrice. Ce sera bon pour le moral de tous. » Les maisons de retraite, où a été recensée la moitié des morts suédois du Covid-19, sont le point noir de la stratégie suédoise, mais pour le Premier ministre, Stefan Löfven, la situation épidémiologique permet cette avancée. « C’est important pour les personnes âgées de se sentir comme à la maison, assure Andreas Thorstensson, le chef du secteur. Si tout le monde suit les règles, cela se passera bien. »
Un même vent de liberté souffle sur les théâtres, les stades, ou les salles de conférences. Jusqu’à maintenant, la Suède avait mis en place l’une des restrictions les plus sévères pour les événements publics en temps de coronavirus : pas plus de 50 personnes. Mais mardi, la ministre de la Culture, Amanda Lind, a promis un assouplissement : « Si la situation épidémiologique le permet, et en respectant les distances, à partir du 15 octobre, nous pourrons monter à 500 personnes », a-t-elle déclaré. Pour Jesper Larsson, directeur du Kulturhuset, la grande scène du spectacle vivant à Stockholm, c’est un véritable soulagement : « On faisait des spectacles plus courts, plus nombreux, mais c’était devenu très compliqué. On se retrouve avec les mêmes règles que dans un bar, ou un restaurant, ce qui est finalement logique. » « Ce changement signifie beaucoup pour de nombreuses associations, ajoute Björn Eriksson, de la Confédération suédoise du sport, c’est un grand pas en avant. »
Le masque porté par les étrangers
Une ouverture certes limitée, encadrée, mais qui paraît quelque peu surréaliste au pied de cette deuxième vague qui menace l’Europe. Quand les autres pays se claquemurent à nouveau, fermant bars et restaurants, imposant des quarantaines, voire des confinements, la Suède desserre son corset et continue à afficher de simples « recommandations ». Alors que ses voisins ne jurent que par le port du masque, partout, et en toutes circonstances, le royaume nordique reste le seul à ne pas le conseiller. Que ce soit dans les transports, les écoles, les centres commerciaux, ou dans la rue, les seuls qui le portent sont souvent des étrangers, ou quelques personnes âgées. Encore récemment, Anders Tegnell, épidémiologiste en chef et architecte de la stratégie suédoise, affirmait que les preuves scientifiques de l’efficacité du masque étaient « étonnamment faibles », et qu’il pouvait entraîner « encore plus de contaminations quand les gens se touchent sans cesse le visage ». La Suède préfère miser sur des mesures durables, et pour Lena Hallengren, ministre de la Santé, « on ne va pas demander aux gens de porter le masque pendant des années ».
Ce cavalier seul du royaume nordique a suscité autant d’admiration que de condamnations. Admiration, et envie, quand les Européens confinés regardaient ce printemps les Suédois prendre des bains de soleil dans les parcs et se retrouver aux terrasses des cafés. Condamnation, avec parfois le plaisir non dissimulé de voir le « modèle suédois » mis à mal, quand le nombre de morts a augmenté pour s’approcher de la barre des 6000, soit un taux de mortalité de 581 pour un million d’habitants, plus élevé que le taux français, et bien supérieur à celui des voisins scandinaves. Autant d’outrances qui empêchent de saisir la véritable originalité de cette stratégie : sa constance, et sa vision à long terme. « La grande différence avec les autres pays, c’est que nous n’avons pas changé nos recommandations ni la façon dont nous organisons cette distanciation sociale, souligne Anders Tegnell. Nous ne devons donc pas encore affronter la deuxième vague que connaissent ces pays où l’on a confiné, puis déconfiné. » De fait, le message depuis le début de l’épidémie est toujours le même : restez à la maison au moindre symptôme, lavez-vous les mains, gardez vos distances, travaillez chez vous, évitez les transports en commun, avec une mention spéciale pour les plus de 70 ans : isolez-vous !
Un mantra auquel il est difficile d’échapper : il est répété au cours des deux conférences de presse hebdomadaires de l’Autorité suédoise de santé, retransmises en direct à la télévision et sur les réseaux sociaux. Avant les vacances d’été, il y en avait même… cinq par semaine. Les Suédois font confiance à leurs dirigeants, suivent généralement les recommandations. Les autorités les ont convaincus que la lutte contre le coronavirus était « un marathon, pas un sprint », et qu’il fallait attendre pour avoir des résultats. Début juin, le pays était celui où l’on avait le plus de chances de mourir du Covid-19, et les courbes ont mis très longtemps à descendre de ce « plateau » statistique. Mais depuis juillet, la plupart des indicateurs sont au vert. Selon le Centre européen de contrôle des maladies infectieuses (ECDC), la Suède affiche l’un des taux de contamination les plus faibles, avec 42 nouveaux cas de Covid pour 100 000 habitants ces deux dernières semaines, contre 231 en France. Seuls 130 patients sont hospitalisés, une vingtaine en soins intensifs, et le nombre de morts s’est stabilisé autour d’une moyenne de deux par jour.
Pourquoi ? C’est la question que tout le monde se pose. Anders Tegnell met en avant la pérennité des mesures prises, qui sont de ce fait mieux comprises et acceptées par les citoyens. Il reste en revanche très prudent lorsqu’il évoque l’immunité collective, permettant de mettre fin à une épidémie quand environ 60 % de la population a été en contact avec le virus. « Il n’y a que deux façons d’arrêter une épidémie qui se diffuse de façon aérienne comme celle du coronavirus : avec un vaccin, ou en atteignant l’immunité collective, rappelle-t-il. Cette dernière n’a jamais été notre stratégie, même si une meilleure immunité peut être une des conséquences des mesures que nous prenons. »
Mais d’autres, comme Johann Giesecke, ne prennent pas ces précautions oratoires. Pour ce mentor d’Anders Tegnell, ancien épidémiologiste en chef, aujourd’hui membre du groupe restreint de douze experts qui conseillent le directeur général de l’OMS, l’immunité ne se limite pas à la seule présence d’anticorps, et peut jouer un grand rôle dans la maîtrise de l’épidémie : « S’il faut une immunité de 60 % pour arrêter une épidémie, un seuil plus faible — autour de 25 % peut contribuer à beaucoup la ralentir. L’explication des chiffres très bas que connaît la Suède en ce moment, c’est l’immunité de la population. »
Le retour du modèle suédois
Adepte du lagom, cet art de vivre prônant la modération en toute chose, la Suède ne crie pas victoire, mais se félicite de ne plus être vilipendée en place publique comme au début de l’épidémie. L’Europe vient de rouvrir ses écoles, alors que les siennes n’avaient jamais fermé. Les gouvernants clament qu’il faut vivre avec le virus, comme elle le fait depuis le début. La presse locale [en fait The Spectator avait fuité l’affaire] a même rapporté que le Premier ministre britannique Boris Johnson — devenu un adepte du télétravail à la suédoise — s’était entretenu avec Anders Tegnell avant son intervention télévisée du 22 septembre. « Aujourd’hui, tous les pays d’Europe s’inspirent plus ou moins du modèle suédois, mais personne ne l’admet, car ce n’est pas politiquement correct, expliquait récemment au Svenska Dagbladet Antoine Flahault, professeur d’épidémiologie à l’université de Genève. Il permet aux citoyens de participer eux-mêmes à la lutte contre le virus, sans lois ni réglementations obligatoires. »
Pour Kim Sneppen, de l’Institut Niels Bohr à Copenhague, « l’immunité » suédoise ajoutée aux mesures prises pour limiter l’épidémie signifierait même qu’elle « pourrait être finie » dans ce pays. Rien n’est moins sûr. Depuis trois semaines, la Suède constate une hausse des contaminations, avec plus de 2000 nouveaux cas la semaine dernière. Le taux de positivité des tests est passé de 1,2 à 2,4 %. Pour Anders Tegnell, la Suède va « lentement mais sûrement dans la mauvaise direction », et le Premier ministre Stefan Löfven s’en est inquiété jeudi dans une conférence de presse. Il s’est adressé aux citoyens — « Lavez-vous les mains soigneusement et faites-le souvent, évitez de serrer vos amis dans les bras, n’organisez pas de fêtes chez vous… Nous devons persévérer, et persévérer » — et a demandé aux employeurs de « créer des opportunités pour que les salariés travaillent à distance ». Il a envisagé la possibilité d’adopter des mesures plus ciblées, notamment pour Stockholm, comme la quarantaine familiale, c’est-à-dire l’isolement total des personnes vivant dans le même foyer qu’une personne contaminée. Mais en fin de compte, une fois de plus, il s’est contenté de rappeler ces fameuses recommandations suédoises… sans en annoncer de nouvelles.
Pour Adeline le Gouvello, avocat française à la Cour, la décision d’Emmanuel Macron de limiter au maximum l’école à la maison est tout à la fois en décalage avec la réalité du terrain et contraire au Droit comme aux souhaits des parents.Rappelons que l’immense majorité des terroristes islamistes franco-belges sont passés par l’école publique ou contrôlée par l’État et n’ont pas été instruits à la maison… Il existe aussi désormais en France des lycées musulmans sous-contrat (subventionnés) affiliés à l'Union des organisations islamiques de France devenue Musulmans de France. En outre, la France est déjà un des pays qui contrôlent et limitent donc le plus le droit à une instruction à domicile.
La liberté, érigée au front de tous nos monuments républicains, deviendrait-elle
bientôt lettre morte ?
Avec constance et résignation, les Français ont accepté des
réductions radicales de leurs droits et libertés dans le contexte sanitaire actuel.
L’exécutif aurait-il pris le pli de régler une question, non en s’attaquant au
problème, mais en supprimant les libertés qui s’y rattachent ? C’est ce qui semble
être le cas avec les annonces faites par le président de la République vendredi
dernier, pointant le « séparatisme islamiste » : « J’ai pris une décision forte, sans
doute l’une des plus radicales depuis les lois de 1882. » Le chef de l’État a assuré que
l’instruction à domicile sera désormais « strictement limitée » à des « impératifs de
santé ». L’annonce a consterné les familles des quelque 50 000 élèves scolarisés
à domicile qui ne se reconnaissent nullement dans le tableau d’extrémistes
religieux dépeints par le chef de l’État…
De telles affirmations dénotent en effet une profonde méconnaissance du terrain.
L’instruction à domicile recouvre des réalités très diverses, des sensibilités
multiformes et des raisons variées. De la phobie scolaire au souhait de
pédagogies alternatives, en passant par la simple envie de transmettre soi-même
à ses enfants, les facteurs de scolarisation à domicile sont multiples. Une chose
est certaine en revanche : tous les élèves étant instruits à la maison font l’objet
d’une déclaration auprès de la mairie et de l’académie, qu’ils soient rattachés à
un cours par correspondance ou instruits selon des méthodes et une progression
personnelle. Dès la première année puis tous les deux ans, ces enfants font l’objet
d’une enquête administrative faite par le maire. Ils sont aussi soumis à des
contrôles obligatoires annuels par les inspecteurs de l’académie dont ils
dépendent (art. L 131-10 code de l’éducation). Ces inspecteurs contrôlent le
travail qui a été effectué, font faire des tests aux enfants, se rendent au domicile
pour s’assurer des conditions de mise en place de l’instruction à domicile. S’ils
estiment que l’obligation d’instruction n’est pas remplie, ils peuvent mettre en
demeure les responsables d’inscrire l’enfant dans un établissement
d’enseignement privé ou public, l’absence de suite donnée à une telle injonction
faisant encourir une peine de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros
d’amende (article 227-17-1 du Code pénal). Il n’est donc clairement pas possible
que ce mode d’instruction permette à des familles de générer des enfants « hors
système ».
Au contraire, bien souvent, le niveau atteint par les enfants ainsi instruits est
plus que satisfaisant : réaliser avec un enfant le programme d’une journée
d’école se fait beaucoup plus rapidement qu’au sein d’une classe d’une trentaine
d’élèves, ce qui permet d’avancer plus vite et laisse du temps pour d’autres
formes d’apprentissage : sport, nature (jardin, animaux), visites culturelles, etc.
Avec le confinement, bon nombre de parents l’ont bien compris. Si certains ont
vu avec soulagement leurs enfants retrouver le chemin de l’école, d’autres, ayant
assuré de près le suivi du travail scolaire et ayant eu à remplir le rôle de
l’instituteur, se sont rendu compte de ce qui était exactement fait à l’école.
Aspirant à une autre qualité de vie, plus connectée à la nature et respectueuse de
l’environnement (vie à la campagne, sans conduites chronophages), ils ont
choisi de transformer l’essai en instruisant leurs enfants à domicile. Ce facteur
ne vient qu’accélérer un mouvement déjà amorcé : le nombre d’enfants
scolarisés à domicile ne cesse de croître.
Le gouvernement serait bien mal venu de réagir ainsi et de critiquer les familles
qui font le choix de l’école à la maison alors qu’il a imposé aux millions de
familles françaises de le faire pendant des mois. Cette expérience a d’ailleurs
rappelé un élément fondamental : au final, quoiqu’il advienne, quelles que soient
les circonstances, ce sont bien les parents, et non pas l’État, qui se retrouvent à
assumer leur enfant dans toutes les dimensions de leur vie… Les parents sont
donc plus que fondés à choisir librement le mode d’instruction qui convient le
mieux à leur enfant et leur famille.
Un projet contraire aux conventions internationales
Les textes fondamentaux de notre Droit ont d’ailleurs conçu les places
respectives de l’État et des parents comme telles. L’article 27 de la Convention
Internationale des Droits de l’Enfant énonce que « c’est aux parents ou aux autres
personnes ayant la charge de l’enfant qu’incombe au premier chef la responsabilité
d’assurer, dans les limites de leurs possibilités et de leurs moyens financiers, les
conditions de vie nécessaires au développement de l’enfant », rejoignant ainsi
d’autres dispositions internationales, notamment la Déclaration universelle des
Droits de l’Homme (« Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre
d’éducation à donner à leurs enfants » art. 26,3), le pacte international relatif aux
droits économiques, sociaux et culturels (« Les États parties au présent Pacte
s’engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de
choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics,
mais conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par
l’État en matière d’éducation » art. 13) et le protocole additionnel de la Convention
européenne des droits de l’homme. La Cour européenne des droits de l’homme
(CEDH) a d’ailleurs jugé que cet article 2 du protocole additionnel implique pour
l’État « le droit d’instaurer une scolarisation obligatoire, qu’elle ait lieu dans les
écoles publiques ou au travers de leçons particulières de qualité ». (CEDH, décision du
6 mars 1984, Famille H. c. Royaume-Uni, n° 10233/83). La place des parents,
premiers éducateurs de leurs enfants, est donc expressément reconnue. De là,
découle la responsabilité de poser les choix pour faire grandir son enfant vers ce
qui semble le meilleur pour qu’il puisse « développer sa personnalité » et « sa
formation » (art. 1 du code de l’éducation).
Une mesure qui porte atteinte aux droits des enfants
En outre et surtout, cette mesure porterait atteinte aux droits des premiers
intéressés : les enfants puisque, comme il l’a été rappelé, c’est la convention
internationale des droits de l’enfant, signée et ratifiée par la France, qui prévoit
la place première des parents, la liberté de création d’établissements
d’enseignement, et qui définit le contenu du droit à l’éducation comme étant le
fait de « favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement
de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs
potentialités », ce qui suppose une offre pédagogique diverse, les enfants devant
être considérés dans leur diversité et pluralité.
Un projet contraire aux principes à valeur
constitutionnelle
Le statut de l’enseignement en France s’est conformé à ces dispositions. Dès la
loi du 28 mars 1882 (rendant l’école primaire obligatoire), la possibilité de
remplir l’obligation scolaire en faisant donner l’instruction à l’école publique,
privée ou dans la famille était prévue (mesure aujourd’hui codifiée à l’art. 131-5
du code de l’éducation). La loi Debré de 1959 a distingué trois types
d’établissements : les établissements privés hors contrat, les établissements
privés sous contrat simple ou sous contrat d’association avec l’État, et les
établissements publics. Par la suite, la France a érigé la liberté de l’enseignement
en principe à valeur constitutionnelle : le Conseil Constitutionnel dans sa
décision du 23 novembre 1977 a établi « que le principe de liberté de
l’enseignement, qui a notamment été rappelé à l’article 91 de la loi de finances du 31 mars 1931, constitue l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la
République, réarmés par le préambule de la Constitution de 1946 et auxquels la
Constitution de 1958 a conféré valeur constitutionnelle ». Le Conseil d’État quant à
lui a rappelé le « droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes
éducatives alternatives à celles proposées par le système scolaire public, y compris
l’instruction au sein de la famille » (CE, 19 juillet 2017, association les enfants
d’abord, n° 406150 et avis du 29 novembre 2018).
Une attaque à une liberté à laquelle les Français sont
attachés
Si le principe de la liberté de l’enseignement est fermement ancré dans notre
ordonnancement juridique, à son plus haut sommet, il n’en reste pas moins que
certains renâclent à le considérer comme tel et que, régulièrement, des tentatives
sont mises en œuvre pour y faire échec. On se souvient encore de celle des années 80 ayant pour but de créer un « grand service public unifié et laïc de l’éducation
nationale ». Le projet de loi en 1982, qui visait la constitution d’« établissements
d’intérêt public » (EIP) devant absorber les écoles privées, fut finalement
présenté à l’Assemblée nationale dans une forme atténuée, mais ce n’est qu’à
l’issue de manifestations massives que le gouvernement a reculé, alors que le
principe de liberté de l’enseignement avait pourtant d’ores et déjà valeur
constitutionnelle.
Aussi, l’exécutif aura beau jeu de prétendre qu’il entend respecter la liberté de
l’enseignement en permettant aux parents de choisir entre l’enseignement
public et l’enseignement privé. Il ne s’agit en réalité, ni plus, ni moins, d’une
énième tentative de faire échec à la liberté constitutionnellement garantie : la
restriction des libertés, qui fait passer de trois modes d’instruction possibles, à
deux, n’est pas le respect de la liberté.La « liberté » suppose la possibilité d’un
vrai choix (tant que les solutions choisies respectent l’instruction obligatoire).
Placer les personnes face à deux solutions imposées n’implique pas une liberté
véritable et, au surplus, on ne peut miser sur la certitude du maintien de ce
pseudo-choix dans l’avenir, puisque, comme on le constate, les tentatives de
suppression d’un enseignement au sein d’établissements autres que ceux des
pouvoirs publics ont été observées au cours de ces dernières décennies.
Une mesure inefficace
En tout état de cause, la suppression pure et simple de l’instruction en famille
paraît profondément injuste à bon nombre de parents qui respectent les lois et
sont félicités par les inspecteurs de l’académie pour leur travail. Elle semble
disproportionnée dans la mesure où, à cause d’un petit nombre qui ne respecte
pas la loi, la liberté de tous est supprimée. À cet égard, il s’agit bien d’une mesure
liberticide.
Elle le serait d’autant plus que, non seulement irrespectueuse de nos principes,
elle serait inefficace : la loi offre déjà les moyens nécessaires pour lutter contre
les dérives sectaires ou l’absence d’instruction adéquate. Il conviendrait ainsi
avant toute chose de les mettre en œuvre. En effet, les personnes « hors système » visées par cette mesure ne se préoccupent pas de la loi : elles ne la respectent
pas. Si l’État, aujourd’hui, ne réussit pas à faire respecter les règles existantes,
comment le réussirait-il mieux demain ? Ce n’est pas d’un changement de règles, mais d’autorité dont il a besoin. Reconquérir cette autorité ne passe pas par un
durcissement de la règle à l’égard de tous, mais par un contrôle et des sanctions à
l’égard de ceux qui ne les respectent pas.
Le vrai problème semble donc se situer dans l’incapacité du gouvernement à faire
respecter les lois par un petit nombre d’individus qui sont, semble-t-il, loin de
constituer la majorité des familles ayant choisi l’IEF (Instruction en Famille).
Sous couvert de lutter contre les excès de vitesse commis par certains, aurait-on
l’idée d’interdire à tous de prendre sa voiture ? Il semble que dans un contexte « d’urgence sanitaire » ayant succédé à l’« État d’urgence », cette logique de
suppression de la liberté, pour résoudre les problèmes, fasse son chemin… Il
appartient aux parents d’exiger le respect de leurs droits et de ceux de leurs
enfants, surtout lorsque, comme en l’espèce, « respect » rime avec « liberté »…
Et il appartient à l’État de mettre les moyens nécessaires pour contrôler et faire
exécuter la loi.
« C’est le pire revers que nous ayons connu depuis une génération. » Les
mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus auraient jeté entre
88 millions et 114 millions de personnes dans le monde dans l’extrême pauvreté,
selon la Banque mondiale.
Calcutta, des gens attendent la
distribution de nourriture
La gestion contre la pandémie de coronavirus a jeté entre 88 millions et 114
millions de personnes dans l’extrême pauvreté, selon les estimations biennales
de la Banque mondiale sur la pauvreté dans le monde.
Ce renversement est de loin la plus forte augmentation de l’extrême pauvreté
depuis 1990, depuis que les données sont tenues, et marque la fin d’une série de
plus de deux décennies de baisse du nombre de personnes extrêmement pauvres, que
la Banque mondiale définit comme vivant avec moins de 1,90 $ américains par
jour, soit environ 700 $ par an.
La Banque mondiale estime désormais qu’entre 703 millions et 729 millions de
personnes au total sont dans l’extrême pauvreté, et que ce nombre pourrait
encore augmenter en 2021.
« C’est le pire revers que nous ayons connu depuis une génération », a
déclaré Carolina Sánchez-Páramo, directrice mondiale de la pratique mondiale de
la pauvreté et de l’équité de la Banque mondiale.
Même pendant la crise financière mondiale d’il y a dix ans, alors que la
majeure partie du monde était également plongée dans la récession, le nombre de
personnes en situation d’extrême pauvreté a continué de baisser, car les
principaux marchés émergents de l’Inde et de la Chine ont continué de
croître.
Mais les impacts de la lutte contre la pandémie de coronavirus se
révèlent plus répandus et plus graves, et ils entraînent de nouveaux groupes
démographiques dans l’extrême pauvreté. Avant la pandémie, les personnes vivant
dans l’extrême pauvreté étaient généralement rurales, sous-instruites, jeunes et
travaillant dans l’agriculture. Mais la pandémie pousse la pauvreté sur les
habitants des zones urbaines congestionnées, avec des niveaux d’éducation plus
élevés et qui travaillent dans des secteurs tels que les services informels, la
construction et l’industrie.
Des bénévoles se préparent à nourrir les gens
dans une église de Johannesbourg en juillet.
« Les nouveaux pauvres sont plus urbains, mieux éduqués et moins susceptibles
de travailler dans l’agriculture que ceux qui vivaient dans l’extrême pauvreté
avant Covid-19 », a déclaré la Banque mondiale dans son rapport.
La montée de la pauvreté est susceptible de décevoir les espoirs des
objectifs de développement durable, promus par les Nations Unies, d’éliminer
l’extrême pauvreté d’ici 2030. Avant la pandémie, cet objectif était considéré
comme agressif, mais peut-être réalisable.
Les estimations de l’institution
sont plus désastreuses que celles d’un rapport similaire de la Fondation Bill
& Melinda Gates publié le mois dernier, estimant que la pandémie a plongé 37
millions de personnes dans l’extrême pauvreté.
Samuel Freije-Rodriguez, économiste principal de la Poverty and Equity Global
Practice de la Banque mondiale, a déclaré que les deux estimations sont basées
sur des méthodologies différentes et que la Banque mondiale s’appuie sur ses
propres prévisions économiques détaillées.
La Fondation Gates et la Banque mondiale se concentrent toutes deux sur la
mesure de l’extrême pauvreté à 1,90 dollar par jour. Le chiffre est comparable,
corrigé de l’inflation, au seuil de 1 dollar par jour qui est devenu populaire
dans les années 90 comme marqueur de l’extrême pauvreté. En 1990, plus de 1,9
milliard de personnes vivaient en dessous du seuil d’extrême pauvreté, soit un
taux de 36 %.
En 2020, ce taux a atteint 9,4 %, selon la Banque mondiale, par rapport à une
estimation de 7,9 % avant la pandémie.
Les 30 dernières années ont été une période d’amélioration presque
ininterrompue du niveau de vie de bon nombre des plus pauvres du monde. En 1990,
près d’un milliard de personnes dans la seule Asie de l’Est, principalement en
Chine, vivaient dans une pauvreté extrême, tout comme un autre demi-milliard de
personnes en Asie du Sud, principalement en Inde.
L’essor des économies de la Chine et de l’Inde a sorti des centaines de
millions de personnes de la pauvreté. L’Amérique latine a également vu le nombre
de personnes vivant dans la pauvreté chuter de plus de moitié.
Avant la pandémie, le revers le plus grave s’est produit en 1998, lorsque la
crise financière asiatique a plongé des dizaines de millions de personnes,
principalement en Asie, dans l’extrême pauvreté. Ce revers s’est avéré bref, les
chiffres ayant complètement rebondi en 1999.
La
majorité des personnes extrêmement pauvres du monde vivent en Afrique
subsaharienne, qui a fait moins de progrès contre l’extrême pauvreté que
d’autres régions du monde au cours des 30 dernières années.Avant la pandémie, 440 millions de la population du continent vivaient
dans une extrême pauvreté, soit un taux de près de 40 %.Ce chiffre devrait augmenter de 480 millions, soit un taux de 42 %
cette année, en raison des effets de la pandémie.
Message d’Anne Coffinier (ci-contre), présidente de Créer son école — Educ'France.
Chers amis de la liberté d’enseignement,
L’heure est grave. Si nous ne réagissons pas, demain vous n’aurez plus le droit de faire l’école à la maison à vos enfants, et vous n’aurez plus l’alternative des écoles privées hors contrat si vous en avez besoin ! Le président de la République a en effet annoncé sa décision d’interdire l’instruction en famille et d’accroître encore les contrôles sur les écoles privées hors contrat. Il se compare même à Jules Ferry en 1882. Rivaliser avec le père de l’école publique, ça a du style, c’est certain ! Ce n’est pas une petite référence dans le Panthéon républicain. Mais le projet n’en est pas moins révoltant et inacceptable. Il va nous falloir, ensemble, le contrer.
Tout d’abord, ne croyez pas « faire le jeu de l’islamisme » en défendant vos libertés éducatives de parents. Ne tombez pas dans ce piège ! Car la suppression du droit de faire l’école à la maison ou le renforcement des restrictions sur l’école privée hors contrat ne seront d’aucune utilité pour faire reculer l’islamisation de la France. Le président nous dit que notre pays a un problème avec au maximum 2000 enfants qui sont scolarisés à la maison ou dans des structures clandestines pour des raisons communautaristes islamistes. L’État va donc priver tous les parents de la possibilité d’instruire leurs enfants à la maison, quand ils l’estiment nécessaire, parce qu’une poignée de familles fanatiques se serviraient de cette liberté pour endoctriner leurs enfants ? Pourquoi ne supprime-t-on pas le droit de vote à tous les citoyens parce que certains votent pour des candidats dangereux pour la Nation ? Pourquoi ne supprime-t-on pas la télévision parce qu’on y diffuse des émissions avilissantes et stupides ? Bref, il en est de la liberté d’enseignement comme de toutes les autres : elles donnent lieu à des abus. Mais ce n’est pas une raison pour les supprimer. C’est la base de l’État de droit que de prendre le risque de la liberté. Et c’est notre devoir de citoyens et de parents que de nous battre pour garder nos libertés fondamentales.
On veut lutter contre l’islamisation de la société ? Faisons en sorte que les enfants sachent correctement lire et écrire, aient une solide culture qui leur permette de résister aux manipulations de bas étage. Et, surtout, rendons-leur la fierté de leur pays, de leur culture, de leurs ancêtres, et l’envie chevillée au corps de contribuer à leur place à la grandeur de la France. Nous aurons ainsi bien plus sûrement lutté contre l’islamisme qu’en nous laissant priver sans rien dire de nos libertés élémentaires.
Alors, je vous demande de m’aider à lutter contre ce projet de loi liberticide, qui est inutile pour démanteler les écoles clandestines dans lesquelles sont endoctrinés de jeunes musulmans. La preuve ? Hier la police a démantelé l’école clandestine de Bobigny. A-t-elle eu besoin de cette nouvelle loi qu’on prétend nécessaire d’adopter ? Non. Elle a simplement eu besoin de courage et de volonté politique.
Le courage et la détermination, c’est ce dont nous allons avoir besoin tout de suite pour défendre nos libertés injustement attaquées.
Educ'France et Créer son école sont mobilisées pour défendre vos libertés. Nous sommes en lien avec les parents, les associations de parents, les cours par correspondance et montons un groupe de députés et de sénateurs, tout en faisant travailler nos juristes sur la constitutionnalité problématique du projet de loi.
Mais nous ne pourrons pas réussir sans votre aide. Nous avons besoin de vous.
Pour nous aider à défendre vos libertés, nous vous demandons :
d’écrire à Madame Brigitte Macron une lettre personnelle expliquant pourquoi il faut garder cette liberté de pouvoir instruire à la maison son enfant sans avoir à se justifier, et ce dans le cadre, bien sûr, du contrôle organisé par l’État
d’écrire à votre député une lettre personnelle lui demandant de voter contre ces dispositions du projet de loi
enfin, et c’est important !, de nous faire un don dès aujourd’hui pour nous donner les moyens financiers d’agir : avant tout, il s’agit de payer les juristes et les avocats ainsi que nos équipes de lobbyistes pour défendre vos libertés de manière professionnelle et efficace
NB 1 : Ne pas sortir son enfant de l’école publique quand il est harcelé, quand il entre en dépression... c’est de la non-assistance à personne en danger. Et ces situations sont, hélas !, de plus en plus fréquentes. C’est tirer sur l’ambulance que d’interdire l’école à la maison et de vouloir freiner l’essor des écoles libres. Alors que l’école publique va mal, nous avons besoin de développer activement des alternatives, pas de les supprimer.
Les restrictions aux libertés scolaires sont-elles la rançon à payer pour l'accueil de masse d'immigrants provenant de cultures fort diverses ?
C'est certainement la question que l'on peut se poser quand on considère les restrictions qu'Emmanuel Macron veut imposer en France : interdiction de l'instruction à domicile sauf pour des raisons de forces majeures médicales et mainmise et contrôle de plus en plus pesants et tatillons des écoles non subventionnées, dites hors contrat. Voir L'instruction à domicile concerne-t-elle vraiment les familles radicalisées ?
Rappelons qu'il en va de même au Québec : l'école à la maison est de plus en plus réglementée, l'instituteur Roberge, devenu Ministre de l'Éducation du Québec, voulant que les parents enseignent la même chose qu'à l'école québécoise dont on peut sortir inculte, mais diplômé et exposé pendant des années au prêt-à-penser diversitaire et au correctivisme politique. La philosophie de Monopole de l'Éducation est de plus en plus de transformer le parent en agent du gouvernement plutôt que de servir le parent qui délègue à l'État, à des écoles privées ou à des tuteurs engagés par lui sa primauté en tant qu'éducateur de ses enfants.
Rappelons que le même ministre Roberge a défendu, depuis le congrès fondateur de la CAQ, l'imposition du controversé cours d'éthique et de culture religieuse (ECR), ce cours d'idéologie diversitaire et de relativisme religieux. Rappelons que le cours d'ECR a été imposé au nom de la diversité : il n'était plus possible nous disait-on d'assurer des cours de religions catholique ou protestantes alors que la clientèle scolaire était de plus en plus diverse. En outre, même dans les régions uniformément de souche et catholique (à Valcourt par exemple), il fallait encore plus imposer le cours ECR pour exposer les enfants dès 6 ans à la diversité culturelles, cultuelles, de formes familiales, etc. L'endoctrinement ne se limite évidemment pas qu'au cours ECR, il est diffus dans toutes les matières : lire
Pour lutter contre le séparatisme islamiste, l’école à la maison ne sera plus autorisée en France à la rentrée prochaine. Mais cette mesure est-elle appropriée ?