vendredi 8 mars 2019

Ces prénoms qui disent l’avenir de l'Occident

Chronique d’Éric Zemmour sur les changements dans les prénoms donnés aux enfants français. À noter que le Québec donne aujourd’hui surtout des prénoms bilingues (Jacob, Jonathan) ou même anglais (William, Logan, Noah) alors qu’aucun des prénoms parmi les dix les plus donnés n’est un prénom typique français (Guillaume, Pierre, Luc, Jean, Jacques, Thierry, etc.), voir ici.

Une analyse documentée, chiffrée et précise de l’état de la société française. Un travail remarquable et hardi, qui porte un coup très rude aux partisans des dénis de réalité.

« Le prénom est un marqueur culturel. Il est partie intégrante d’un complexe sociologique, qui renvoie à des sensibilités régionales (ou nationales), à des logiques familiales, à des modèles de conduite, à des genres de vie. Par voie de conséquence, les transformations de la prénomination se présentent à nous comme un élément notable et un indicateur précis des changements vécus par une société. »

Cette phrase est de l’historien britannique John Dickinson. Elle trône en dernière page de l’introduction du nouveau livre de Jérôme Fourquet. Le directeur du département Opinion de l’Ifop s’en sert à la fois comme caution intellectuelle et bouclier médiatique. Sa découpe sociologique de la France par l’analyse des prénoms va révéler ce que dissimulent obstinément nos élites universitaires, politiques, médiatiques à un peuple de moins en moins aveugle. Fourquet s’apprête à mettre des chiffres là où d’autres avant lui ont mis des mots. Là où ceux-ci auraient dit : « La France n’est plus la France », Fourquet, ou son éditeur, le fort bien-pensant Seuil, écrit en sous-titre : « Naissance d’une nation multiple et divisée ».


Mais la France a toujours été une nation multiple et divisée. Elle ne cessa d’être le pays des guerres civiles et des guerres de Religion ; et Emmanuel Todd, que Fourquet apprécie à juste titre, nous a appris, en reprenant les travaux de Frédéric Le Play, que la France était le seul pays d’Europe, voire du monde, où se côtoyaient autant de modèles familiaux différents et concurrents. Alors, quoi de neuf sous le soleil ? Les prénoms, vous dis-je ! Même lorsque les Français se trucidaient au nom de Dieu ou du Roi, ou de la Liberté, ou de l’Égalité, même lorsqu’ils se partageaient entre catholiques ou protestants, blancs ou bleus, bleus ou rouges, catholiques ou laïques, gaullistes ou communistes, ils donnaient à leurs enfants les mêmes prénoms, tirés du calendrier des saints. Une loi édictée par Bonaparte, le 11 novembre an XI, les y obligeait et personne n’avait l’idée d’y contrevenir. Car le peuple français était resté, malgré toutes ces divisions, ce « peuple de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-romaine » dont parle de Gaulle à Peyreffite, au début des années 1960.

C’est ce monde-là, cette France-là qui ont été détruits en quarante ans. Et c’est cette destruction — ou plutôt cette dislocation — que révèle l’analyse des prénoms. On comprend mieux les précautions matoises de Fourquet et de son éditeur !



Le basculement s’est fait en deux temps : d’abord, dans les années 1970, on abandonne le ciment catholique (la fameuse « morale de nos pères » dont parlait le pourtant anticlérical Ferry) avec les lois sur l’IVG, le divorce par consentement mutuel, puis, en 1982, la dépénalisation des relations homosexuelles entre un adulte et un mineur de 15 à 18 ans ; à la même époque, on autorise le regroupement familial des immigrés.

Le second temps a lieu dans les années 1990 : les socialistes suppriment la loi de Bonaparte sur les prénoms en 1993 ; les militants salafistes débarquent en France en même temps que la chaîne al-Jazeera ; les télés privatisées ouvrent en grand le robinet des séries américaines. Les classes populaires appellent leurs enfants Kevin et Cindy ; les immigrés musulmans continuent d’appeler les leurs Mohamed ; la bourgeoisie catholique est la dernière à respecter (paradoxe historique !) la loi de « l’usurpateur » Bonaparte ; la bourgeoisie mondialisée des métropoles envoie ses enfants dans les universités européennes ou américaines. En 2016, Marie représente 0,3 % des prénoms des enfants nés cette année-là ; les prénoms musulmans constituent 18,6 % de ces mêmes prénoms en 2016. Et ces 18,6 % font en vérité 50 % et plus dans d’innombrables quartiers, banlieues de métropoles, mais aussi villes moyennes, jusque dans des départements entiers comme la Seine–Saint-Denis, qui deviennent ce que l’écrivain algérien Boualem Sansal appelle « des républiques islamiques en herbe ». L’avenir est écrit dans ces chiffres. Chaque diaspora a sa stratégie d’« intégration » : 95 % des personnes ayant un nom arabo-musulman ont aussi un prénom arabo-musulman ; 75 % des Asiatiques nés en France ont un prénom français.



Autour de cette découpe par les prénoms, on retrouve toutes les divisions françaises qui sont autant de béances, économiques, sociales, sécuritaires, culturelles, scolaires, politiques. Tout l’intérêt du livre de Fourquet est de mettre ces bouleversements culturels en face des transformations économiques, sociologiques et surtout politiques qu’a connues le pays. La France des Kevin se tient chaud au Front national (comme une révolte patriotique contre leurs parents américanisés ?). La France des Mohamed a rejoint chez Mélenchon les jeunes diplômés précarisés et les ouvriers cégétistes ; elle va inexorablement lui imposer sa loi démographique. La France des « Erasmus » a fait la gloire de Macron, tandis que la France des retraités, la dernière génération à avoir connu la France d’avant, a sauvé Fillon de l’humiliation.
Bien sûr, tout cela doit être nuancé et Jérôme Fourquet le fait avec sérieux et professionnalisme ; mais les grandes tendances sont bien là. Elles se retrouvent dans toutes les démocraties occidentales et expliquent l’affrontement entre « populistes » et « progressistes ». Entre « somewhere » et « anywhere ». Le clivage droite-gauche est bien mort, et les partis politiques qui l’incarnaient aussi, car la sociologie française d’avant qui les sous-tendait a été engloutie. Macron, à la tête de son bloc libéral-élitaire, va rassembler tous ceux qui ont intérêt à ce que se poursuive ce que Fourquet appelle l’« archipélisation » de la France. Au nom d’un prétendu « rassemblement », il aggravera la dislocation du pays. Son destin politique est écrit dans les prénoms. Au nom du « vivre-ensemble », il bénira la séparation. Notre auteur s’oblige à un optimisme de bon aloi : « Les géographes définissent un archipel comme un ensemble d’îles relativement proches les unes des autres, la proximité se doublant le plus souvent d’une origine géologique commune. […] À l’image des îles d’un archipel, ces populations vivent à l’écart les unes des autres, tout en entretenant bien sûr des rapports entre elles. […] Elles partagent un certain nombre de références communes, ce qui ne serait plus le cas dans une société communautarisée. » D’avance, le pourtant socialiste François Hollande lui a répondu, en se confiant, quand il résidait à l’Élysée, à des journalistes : « Tout cela finira par une partition. »



L’Archipel français
Où allons-nous ?
par Jérôme Fourquet
publié au Seuil
à Paris,
le 7 mars 2019
384 pp.
ISBN-13 : 978-2021406023



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jeudi 7 mars 2019

« Il n'y a pas d'école neutre » et « les enfants sont variés », la liberté scolaire s'impose donc par réalisme et humilité

Interventions d’Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école depuis 2008, lors d’une conférence organisée le 13 février sur le thème « À quoi sert l’école ? » à Paris.



Sujets abordés :

— construire le commun, construire le vivre-ensemble
— neutralité de l’école impossible
— le problème n’est-il pas d’abord que l’on est dans une société du vide ?
— diversité des enfants, des besoins
— l’école publique française est trop caporaliste, n’expérimente pas ou mal
— l’école publique est en réalité inégalitaire (carte scolaire)
— l’école publique (Meirieu) prétend qu’elle seule peut être le creuset et inculquer des valeurs communes, mais est-ce le cas ? Tous les terroristes récents sont passés par l’école publique.
— profils des écoles indépendantes en France (elles sont très diverses et en rien majoritairement religieuses).
— différence entre la vision anglo-saxonne (efficacité d’abord) et expérience avec les académies et les écoles libres
— les enfants appartiennent-ils à l’État, aux parents ?
— l’école comme une petite société, lieu de passage entre la famille et la grande société
— l’école ne doit pas s’opposer aux valeurs des parents


Débat en entier : vidéo 1 (30 min) et vidéo 2 (45 min)

Compte-rendu du Monde



Débat Meirieu-Coffinier : « À quoi sert l’école ? »

Le pédagogue Philippe Meirieu et la directrice générale de la Fondation pour l’école Anne Coffinier ont débattu le 13 février du rôle de l’école aujourd’hui. Verbatim.

Par Séverin Graveleau. Publié le 4 mars 2019.
Temps de Lecture 5 min.

Leurs deux visions de l’école sont diamétralement opposées, mais ils ont accepté de les confronter autour de la question « À quoi sert l’école ? ». D’un côté, Phillippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l’éducation, figure emblématique des pédagogues, homme de gauche convaincu du rôle central de l’école publique dans la lutte contre les inégalités. De l’autre, Anne Coffinier, énarque et directrice générale de la Fondation pour l’école qui soutient le mouvement des écoles « hors contrat », catholique revendiquée qui a longtemps dénoncé le repaire idéologique que serait devenue l’institution scolaire.

L’essor important des établissements indépendants (1 400 en 2019 selon les chiffres de la Fondation), dont le nombre augmente de 15 % par an depuis quatre ans selon le département de statistiques du ministère de l’Éducation nationale, « interroge les fondements mêmes de l’institution scolaire » selon Pascal Bouchard, journaliste du site d’information spécialisé ToutEduc qui organisait ce débat. Et ce, pour deux raisons : les écoles alternatives répondent, de fait, à des besoins auxquels l’institution scolaire ne répond pas, ou mal. Mais aussi parce que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, « a fait de l’efficacité de l’école son objectif principal, plus que ses finalités », selon Pascal Bouchard. Cette même dichotomie a opposé Anne Coffinier et Phillipe Meirieu, sur les principaux sujets abordés lors d’un débat organisé le 13 février. Verbatim.

Les besoins de l’école

Philippe Meirieu : Notre société est aujourd’hui marquée par le triomphe de l’individu, libre de ses choix, capable de décider de son propre destin, sans les contraintes et dogmes qui corsetaient notre société par le passé. Face à la montée de l’individualisme qui en découle, l’enjeu est de construire du commun et de mettre en œuvre un projet collectif. Le premier des besoins auxquels doit répondre l’école est donc de permettre aux enfants de penser par eux-mêmes, d’oser se libérer des dogmes et des carcans, des théories du complot comme des slogans publicitaires ou politiques, afin de comprendre le monde. Mais l’école doit aussi permettre la construction du commun et du collectif en favorisant la rencontre. En ne se résignant pas à voir ce commun fractionné en une multitude de petits clans incapables de collaborer.

Anne Coffinier : Il faut donc que l’école veille au vivre-ensemble. Mais il ne faut pas être obsédé par cette idée de sociabilisation, de l’école comme un creuset national. Par cette idée selon laquelle le meilleur moyen de construire du commun serait de mettre tout le monde dans le même moule, la même structure, avec le même programme et la même approche.
L’école peut-elle réellement créer du collectif alors que nous sommes profondément si différents (horizons familiaux, capitaux culturels, etc.). Ne faut-il pas mieux être réaliste ? Une approche plus humble, partant des besoins de chaque enfant, nous amène à penser qu’il faut avoir des écoles variées, précisément parce que les enfants sont variés, et que la société a besoin de cette variété, de ces différences.

L’école face à la différence


Philippe Meirieu : Il est nécessaire de prendre en compte l’altérité et la différence des enfants. C’est pour cela que mon engagement pédagogique s’est construit autour de la notion de pédagogie différenciée. Face aux différences, deux options s’offrent à nous. Soit on prend la diversité des enfants comme une richesse, et on estime que c’est au sein de l’école publique que les différences ont légitimité à devenir un outil de formation au respect de l’autre, par la rencontre et le partage. Soit on se dit que ces différences doivent s’incarner par des choix d’école, de classe ou de pédagogie. Avec le risque que cette recherche systématique d’îlots construise des homogénéités, de la clanification sociale et de l’entre-soi.

Anne Coffinier : Nous reconnaissons tous les deux qu’il y a une hétérogénéité des besoins au sein de l’école. Mais je suis sceptique sur le fait que la solution se trouve au sein de l’école publique. Car elle est une institution centralisée, corporatiste, qui a un véritable problème avec les expérimentations et la liberté des acteurs éducatifs ; une liberté à même de s’adapter aux besoins différenciés des élèves. Les enquêtes internationales montrent qu’on a de fait, en France, un vrai problème en matière de réduction des inégalités, malgré les beaux discours autour de l’égalité des chances. Philippe Meirieu estime que dans nos écoles les gens se retrouvent dans l’entre-soi pour fuir la rencontre. La réalité est que 69 % des 1 400 établissements que nous représentons sont aconfessionnels. Parmi les établissements ouverts cette année, il y a 33 % d’écoles démocratiques, 10 % d’écoles pour les publics spécifiques, 6 % d’écoles à la pédagogie explicite ou encore 12 % d’écoles bilingues, régionalistes et internationales. Il n’y a pas de logique de balkanisation.

Les rôles de la famille et de l’État dans l’éducation

Philippe Meirieu : L’école française s’est construite sur une volonté de vouloir faire primer l’égalité des chances sur l’hérédité des privilèges, la raison sur la superstition, le collectif sur l’individuel. Cela n’a pas toujours très bien fonctionné. Mais les écoles pour lesquelles milite la Fondation pour l’école sont construites autour de l’idée ancienne selon laquelle seule la famille a le droit de légiférer sur l’éducation. Pour l’essentiel, ces établissements sont contrôlés et administrés par les familles. Nous sommes en plein dans le courant familialiste, traditionnel de la droite internationale, qui estime que l’État doit se contenter des fonctions régaliennes. Je crois que l’éducation, c’est la rupture avec la famille. Pas une rupture brutale, mais, comme le disait le philosophe Alain, la capacité de découvrir qu’il y a d’autres familles que la mienne, qui pensent autrement que mes parents. A un moment donné, l’enfant a besoin de rencontrer une autre instance, moins affective, plus centrée sur la transmission de la rationalité et de la vérité.

Anne Coffinier : Le mouvement des écoles indépendantes ne correspond pas à une affirmation familialiste ni à l’idée d’une école domestique, « propriété » de la famille. Les Britanniques estiment qu’un enfant a besoin d’appréhender le commun à travers une structure qui est à sa taille. Le rôle de l’école est d’introduire à la cité l’enfant. Avant de devenir citoyen, il devient « petit » citoyen dans une école qui est une mini-cité dans laquelle il va exercer des responsabilités, contracter des valeurs, des vertus et des habitudes. L’école doit être cette « petite société » avec des règles faciles.
Le droit international et européen pose le principe selon lequel l’enfant n’appartient pas à la famille, mais dépend de ses décisions tant qu’il est mineur. Et que ce n’est qu’en cas d’empêchement ou de défaillance de la famille que l’État peut se substituer. L’idée, héritée de la Révolution française et des Lumières, selon laquelle l’enfant doit être arraché aux déterminismes familiaux, religieux ou sociaux par l’école, ne correspond pas aux attentes de la société. L’intérêt de l’enfant est que l’école lui montre d’autres horizons sans pour autant le rendre hostile et étranger à son ancrage d’origine.

Climat — contrairement aux prévisions, aucune accélération à la hausse du niveau de la mer

En juin 1988, divers scientifiques ont témoigné devant le Congrès américain, notamment le Dr James Hansen de la NASA, affirmant que les émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme étaient responsables de la hausse des températures. Le New York Times titrait alors « Réchauffement planétaire a commencé ».




L’article du Times indiquait que « la hausse de la température mondiale causerait une dilatation thermique des océans et ferait fondre les glaciers et la glace polaire, faisant ainsi monter le niveau de la mer de 1 à 4 pieds (30 à 120 cm) d’ici le milieu du siècle prochain (éloigné à l’époque de 62 ans, maintenant de 31 ans). Les scientifiques ont déjà détecté une légère augmentation du niveau de la mer. »

Au vu des mesures les plus récentes, on n’observe pourtant aucune accélération à la hausse du niveau de la mer... Et la hausse est loin d’atteindre les 30 à 120 cm en 62 ans prédits.

Ci-dessous la plus longue série disponible aux États-Unis, celle de New York à Battery Point, c’est aussi la plus fiable. Au taux actuel, la hausse est de moins d’un pied (0,94 pi, 28 cm) en un siècle (1918-2018). Loin des 30 à 120 cm en 62 ans prévus par Hansen.


La climatologue Judith Curry, présidente de l’École des sciences de la Terre et de l’atmosphère au Georgia Institute of Technology, a commenté ces mesures :

« Le niveau de la mer monte, mais cela se fait progressivement depuis les années 1860 ; nous n’observons pas encore d’accélération significative de ce processus à notre époque. [...] Là encore, il faut envisager la possibilité que les causes de l’élévation du niveau de la mer soient en partie ou principalement naturelles, ce qui n’est pas surprenant, dit Curry le changement climatique est un phénomène complexe et mal compris, impliquant nombre processus. »

« La climatologie devient une science de plus en plus douteuse, au service d’un projet politique », se plaint-elle. En d’autres termes, « la politique prime sur la science. »


La montée du niveau de la mer n'est pas le même tout le long d'une côte. Voici les valeurs observées  le long de la Nouvelle-Angleterre, les mesures de The Battery à New York sont les plus anciennes et les plus fiables (leur marge d'erreur est la plus basse)

Les données des marégraphes côtiers de la NOAA sont rarement mentionnées par les militants convaincus de l’« urgence de la crise climatique ». Elles ne confirment aucun emballement climatique et contredisent les prévisions faites il y a plus de 30 ans par des savants respectés.

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mardi 5 mars 2019

Colombie-Britannique : cour suprême interdit aux parents de s'opposer au traitement hormonal de transition de leur fille de 14 ans

Le 27 février, la Cour suprême de Colombie-Britannique (Canada) a ordonné qu’une jeune fille de 14 ans reçoive des injections de testostérone contre le gré de ses parents. Le tribunal a également déclaré que si l’un de ses parents utilisait un pronom féminin ou s’adressait à elle par son prénom féminin, il serait considéré comme coupable de violence familiale.

Maxine (nom modifié*) a été encouragée par sa conseillère scolaire du district scolaire Delta de la Colombie-Britannique à s’identifier comme un garçon alors qu’elle était en septième année. À l’âge de 13 ans, le Dr Brenden Hursh et ses collègues du BC Children’s Hospital [l’Hôpital pour enfants de C.-B.] ont décidé que Maxine devrait commencer à prendre des injections de testostérone afin de paraître plus masculine.

Bien que la mère de Maxine ait finalement accepté de prendre en charge les injections hormonales, son père Clark (nom modifié*) s’est inquiété des conséquences permanentes des hormones de transition sexuelle. Suspectant que les problèmes de santé mentale de sa fille pourraient être la cause de son mal-être plus que l’effet d’une dysphorie de genre, il a finalement décidé qu’il serait préférable pour elle d’attendre qu’elle soit plus âgée avant de se lancer dans un traitement irréversible.

C’est alors que le Dr Hursh a informé Clark qu’il commencerait les injections de testostérone sur le seul consentement de Maxine, affirmant qu’il avait le droit de le faire en vertu de la BC Infants Act [la Loi sur les mineurs de C.-B.]. Clark a rapidement déposé une demande en injonction (saisi en référé) pour s’y opposer. Mercredi, toutefois, un juge a estimé que Maxine « avait le droit exclusif de consentir à un traitement médical pour dysphorie de genre », indépendamment de l’opinion de l’un ou l’autre de ses parents.

En outre, le tribunal a déclaré : « Essayer de persuader [Maxine] d’abandonner le traitement relatif à la dysphorie de genre ; s’adresser à [Maxine] par son nom de naissance ; se référer à [Maxine] en tant que fille ou avec des pronoms féminins que ce soit directement ou en parlant à des tiers ; sera considéré violence familiale au sens de l’article 38 de la Loi sur le droit de la famille. »

Le père s’est déclaré fortement déçu par la décision du tribunal. « Le gouvernement s’est emparé de mes droits parentaux », a-t-il déclaré. « Ils utilisent [Maxine] comme un cobaye dans une expérience… Le BC Children’s Hospital sera-t-il là dans 5 ans quand elle rejettera [son identité masculine] ? Bien sûr que non ! Ils s’en foutent. Ils veulent faire du chiffre. »

Dans le passé, la majorité des enfants atteints de dysphorie de genre (ou trouble de l’identité de genre) diagnostiqués par les centres de changement de sexe ont fini par adopter leur sexe natal à l’âge adulte. Clark a fait référence à des informations récentes en provenance d’Angleterre indiquant que certaines cliniques pour personnes transgenres se pliaient aux pressions intenses exercées par les activistes trans pour inciter les enfants à adopter rapidement des traitements hormonaux.

Clark a estimé qu’il ne pouvait pas se fier au diagnostic du BC Children’s Hospital : « Ces militants ont pris le dessus », a déclaré Clark, « et ce n’est pas dans l’intérêt de nos enfants. C’est dans l’intérêt de leur promotion personnelle et des choses qu’ils veulent faire et accomplir. »

Durant cet entretien, Clark a continué de parler de sa fille en tant que fille, « parce qu’elle est une fille. Son ADN ne changera pas à travers toutes ces expériences qu’ils font ».  Clark se rendait compte que cette déclaration pouvait être interprétée comme une violation de l’interdiction formulée par le tribunal de ne pas « parler de [Maxine] en tant que fille… à des tiers ».

« Nous allons nous battre jusqu’à la Cour suprême du Canada », a-t-il déclaré. « Nous n’allons pas abandonner. »

Kari Simpson, chef de l’organisme canadien pro-famille Culture Guard, qui a contribué à sensibiliser et à soutenir le cas de Clark, a convenu que le cas devait faire l’objet d’un appel. « Ne pas contester cette décision » aurait des conséquences désastreuses pour « d’autres jeunes qui tentent de survivre dans une société de plus en plus hostile et dangereuse », a-t-elle déclaré.


* Clark et Maxine ne sont pas les véritables noms du père et de la fille. Leur identité a été dissimulée par une ordonnance du tribunal. Les documents judiciaires utilisent les initiales CD et AB, respectivement, et les médias appellent Maxine « Max ».

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Québec — Vos impôts à l'œuvre : marionnette trans pour « expliquer » aux jeunes écoliers

Dans une garderie près de chez vous — Un premier jouet transsexuel créé au Québec

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Endocrinologues mettent en garde contre le traitement hormonal de la dysphorie sexuelle chez l'enfant

La sexologue de l'école québécoise accompagne les enfants « trans » dans leur transition hormonale (parfois contre l'avis des parents) (Le Devoir, commentaires d'abonnés peu enthousiastes)

Les enfants se tournent vers le marché noir des hormones de changement de sexe pour « transiter »

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s’identifier comme transgenres ?

Québec — Clinique de changement de sexe débordée (épidémie psychologique sociale ?)

La priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres.

Féminisme — Google paie moins ses informaticiens que ses informaticiennes...

L’audit interne de Google relatif à la rémunération de ses employés a révélé que ses ingénieurs logiciels mâles de niveau 4 étaient moins bien payés que les femmes occupant le même poste. Cela a conduit Google à verser 9,7 millions de dollars de compensation pour ajuster les salaires de 10 677 employés.

Il n’est pas clair combien d'employés ont reçu ces ajustements salariaux étaient des hommes (TechCrunch a contacté Google à ce sujet, mais la société a refusé de partager des données supplémentaires), mais Google cite la sous-rémunération des hommes comme une raison pour laquelle la société a payé plus de paiements de redressement en 2018 qu’en 2017. Le New York Times rapporte que les hommes ont reçu un pourcentage disproportionnellement plus élevé de l’argent.


jeudi 28 février 2019

Les États-Unis dévastés par les opioïdes

« Antidouleurs : l’Amérique dévastée » : un reportage d’Envoyé spécial diffusé sur France 2 le 21 février 2019.

Très efficaces pour soulager la douleur mais extrêmement addictifs, les opioïdes ont inondé le marché américain. Ils sont à l'origine d'une terrible crise sanitaire, avec 72 000 morts d'overdose pour la seule année 2017.

ECR révisé : davantage de place à l'athéisme ?

Selon le Soleil, le Premier ministre François Legault croit que des « changements importants » doivent être apportés au cours Éthique et culture religieuse, mais son gouvernement n’a pas l’intention de l’abolir.

M. Legault a déclaré mardi vouloir que le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge réforme ce cours d’ici la fin du mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ). « Ce cours doit être complètement revu. »

Toutefois, « on n’est pas obligés de jeter le bébé avec l’eau du bain. On a le droit d’expliquer l’histoire des religions aux personnes, aux jeunes qui viennent dans nos écoles », affirme M. Legault.

Pour M. Roberge, l’abolition pure et simple du cours est « une fausse bonne idée », car ce cours a justement été créé lorsque le gouvernement du Québec a décidé de déconfessionnaliser ses écoles (et à l’imposer également aux écoles privées confessionnelles... comme au collège Loyola qui s’est opposé à cette imposition, surtout pour la partie « éthique » du programme ECR qui ne permettait pas d’exposer clairement la vision catholique sur des questions éthiques ou morales).

Le ministre dit toutefois qu’un travail de révision de ce cours sera « éventuellement » lancé, afin de revoir les manuels et de « corriger ce cours-là ». Selon le Soleil, « une plus grande place à l’athéisme devrait y être faite ».

Selon le chef péquiste, cette posture de la CAQ montre que le parti ne va pas assez loin du côté de la laïcité, surtout qu’il veut faire adopter un projet de loi interdisant le port de signes religieux chez les personnes en autorité au cours des prochains mois. « C’est un test de cohérence pour le gouvernement de la CAQ », croit-il.

M. Bérubé déplore que le cours d’Éthique et culture religieuse fasse la promotion du multiculturalisme et soit « éminemment sexiste », comme l’avait jugé un rapport du Conseil du statut de la femme publié en 2016.

Québec solidaire a quant à lui adopté une position similaire à celle de la CAQ, en plaidant pour le maintien du cours, tout en corrigeant certaines lacunes.

mercredi 27 février 2019

Très faible impact du dédoublement très coûteux des classes en « banlieues difficiles »

Extrait d’une chronique de Laurent Alexandre dans l’Express de ce jour :


[E]n 2019, il n’existe toujours aucune technologie éducative pour réduire significativement les inégalités intellectuelles. Jean-Michel Blanquer a courageusement testé une baisse importante des effectifs d’écoliers pour permettre un enseignement plus personnalisé. Le dédoublement des classes de CP [1re année du primaire, 6 ans] en zones difficiles dites REP+ a bénéficié à 60.000 enfants au cours de l’année 2017-2018.

L’évaluation a porté sur 15 000 élèves répartis dans 408 écoles, avec l’aide de chercheurs internationalement reconnus. On a comparé des écoliers de REP+ appartenant à des classes dédoublées [13 enfants par classe plutôt que 26 en moyenne] avec d’autres élèves de REP+ qui n’ont pas bénéficié du dédoublement, au début et à la fin de l’année 2017-2018, en français et en mathématiques.

Sur les 60 000 enfants scolarisés en CP REP+, 40 % étaient en très grande difficulté en mathématiques et en français. Le dédoublement des classes de CP a permis de baisser la proportion d’élèves REP+ en très grande difficulté de 40 à 34 % en mathématiques et de 40 à 37 % pour le français. Sur les 24 000 écoliers en très grande difficulté, il y en a 3 000 de moins en mathématiques et 2000 en français.

L’impact du dédoublement n’est pas nul, mais est bien faible et inférieur à celui des expériences internationales. On observe un gain de 0,08 écart-type en français et de 0,13 écart-type en mathématiques, en faveur des élèves de REP+ dédoublés, par rapport au groupe témoin : il faudrait gagner 10 fois plus pour réduire de façon significative les inégalités cognitives.

Les études étrangères obtiennent un gain moyen supérieur, mais qui reste limité. Il est essentiel de comprendre pourquoi cette mesure marche moins bien en France qu’à l’étranger. Les élèves français en difficulté sont-ils culturellement, sociologiquement ou neurogénétiquement différents ? Les blocages syndicaux à l’Éducation nationale ont-ils freiné les améliorations pédagogiques ? Est-ce juste lié à la jeunesse du dispositif ?

Pour faire progresser plus manifestement les élèves, le dédoublement doit s’accompagner d’améliorations pédagogiques. Cela ne sera pas facile : l’étude américaine « The Mirage » a montré que la formation continue des maîtres donne des résultats franchement médiocres sur le niveau des élèves… Le dédoublement des classes — dont le coût est énorme — a rendu la situation un tout petit peu moins dramatique, mais ses bénéficiaires ne sont toujours pas armés pour s’intégrer dans l’économie de demain. N’oublions pas que ces enfants seront encore sur le marché du travail en 2070 !

Même pour les 10 % d’élèves qui ont progressé, passer de « très grande difficulté » à « grande difficulté », est-ce la promesse d’une compétitivité face aux intelligences artificielles de 2070 ? Non !

Le tableau périodique des éléments fête ses 150 ans

Le tableau périodique des éléments, également appelé tableau ou table de Mendeleïev [1834-1907], représente tous les éléments chimiques et il fête cette année ses 150 ans.


Le fameux tableau périodique des éléments fête ses 150 ans. En 1869, Mendeleïev a rassemblé dans un tableau tous les éléments chimiques – par exemple, le carbone, le cuivre, l’or et l’oxygène – connus à son époque en leur attachant leur masse atomique et quelques propriétés. Pour les classer de manière cohérente, il a décidé de les ordonner par masse atomique croissante, mais en les groupant par familles d’éléments ayant des propriétés communes. Convaincu que la science avait encore de nombreux éléments à découvrir, le génie russe a laissé quelques cases libres dans son tableau pour y placer un jour ceux qui n’étaient pas encore découverts. Au total, 118 éléments chimiques ont été observés à ce jour, de numéro atomique 1 à 118.

L’alphabet des chimistes : L’hydrogène, le carbone, l’azote, l’oxygène, le fer, le cuivre, l’argent, l’or, etc. sont des éléments chimiques, dont le numéro atomique est respectivement 1, 6, 7, 8, 26, 29, 47, 79, etc. Chacun est conventionnellement désigné par un symbole chimique : H, C, N, O, Fe, Cu, Ag, Au, et ces éléments sont dans le fameux tableau de Mendeleïev.

Émission la LA TÊTE AU CARRÉ (55 minutes) sur l'histoire de ce tableau :

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Mathieu Bock-Côté : « Il faut abolir l’ECR »

Chronique de ce mercredi 27 février de Mathieu Bock-Coté :

Alors qu’il est objectivement coincé dans une situation politique désavantageuse, le PQ vient de rappeler qu’il peut contribuer au débat public, en ramenant sur la place publique la question de l’abolition du cours d’éthique et culture religieuse (ECR).

Pascal Bérubé invite ainsi le gouvernement à être cohérent dans sa quête de laïcité. Il a tout à fait raison alors que le gouvernement caquiste a annoncé en décembre dernier qu’il ne s’aventurerait pas sur ce terrain.

PQ

Encore doit-on avoir une bonne idée de ce que représente ce cours pour savoir pourquoi il est nécessaire de l’abolir.

Officiellement, pour ceux qui suivent les choses de loin sans trop s’intéresser aux détails, l’ECR est un cours censé renseigner les élèves qui y passent sur les grandes religions du monde. Si c’est vrai, pourquoi s’y opposer ?

Sauf que c’est faux. Et en plus d’être mensonger, c’est cynique.

L’ECR, dans les faits, instrumentalise la culture religieuse pour faire la promotion active du multiculturalisme au nom de la « diversité ». Il entend pousser les jeunes Québécois vers une forme de relativisme extrême, où ils devront accepter tous les symboles religieux et identitaires, et au premier rang, le voile islamique, du simple hidjab jusqu’au niqab. En fait, ils doivent embrasser tous les symboles qui contredisent leur culture sans mettre en valeur les leurs.

Si on me permet la formule, on dira même qu’il s’agit d’un relativisme fanatique. Fanatique, car il se montrera impitoyable envers ceux qui ne s’y soumettent pas.

Derrière cela, il y a un programme antidémocratique. Les concepteurs de l’ECR l’ont souvent dit : leur cours vise à modifier la mentalité québécoise. Ils constatent une chose : les Québécois, et plus particulièrement, les Québécois francophones, s’opposent aux accommodements raisonnables et au multiculturalisme. On a beau tout faire pour les amener à s’y rallier, ils résistent. Ils n’acceptent pas de devenir des étrangers chez eux.

Alors les concepteurs du cours, qui sont des idéologues aussi militants que bornés, ont décidé de convertir les enfants à leur doctrine. Un des principaux théoriciens de l’ECR l’avait dit comme tel : après avoir constaté qu’une immense majorité de la population adulte s’opposait au kirpan à l’école, il expliquait qu’une fois passés par l’ECR, les jeunes y seraient favorables.

C’est un détournement de démocratie. L’école, ici, ne sert plus à transmettre un savoir et des connaissances. Elle sert à endoctriner la jeunesse. Elle ne devrait pourtant pas promouvoir une idéologie particulière.

Dans le cadre de l’ECR, d’ailleurs, l’élève est moins évalué à partir de ses connaissances acquises que par sa capacité à se conformer aux attitudes attendues devant le multiculturalisme. On devine que celui qui s’opposera néanmoins aux accommodements raisonnables sera jugé mauvais élève, à la manière d’un cancre idéologique.

Legault


Le gouvernement Legault verse trop souvent dans l’amateurisme, mais globalement, il est sur la bonne voie. Il voit le Québec comme une nation et non comme une province annexée au Canada multiculturaliste. Il devrait aller au bout de son raisonnement et abolir ce cours toxique. Pourquoi les jeunes Québécois apprendraient-ils à l’école à détester leur peuple ?