Comme c'est commode.
On notera ses menaces contre les journalistes qui participent à la normalisation du racisme et à la montée du Rassemblement national (RN). « Ils seront lourdement sanctionnés, y compris dans les médias ».
Quelques instants plus tôt, toujours dans la nuance, ce maire, nommé Bally Bagayoko, avait soutenu que, pour le RN, les étrangers étaient responsables de tous les maux (voir le bandeau au bas de l'écran). Il s'agit là d'une caricature outrancière. C'est ainsi que le 20 juin 2025 (à l'émission Les Grandes Gueules), Marine Le Pen a déclaré : « Je n’ai pas de problème avec les étrangers qui viennent en France, qui y travaillent et qui respectent nos lois. En revanche, ceux qui viennent sans demander l’autorisation, et qui commettent des crimes et des délits, c’est simple, c’est dehors ! » Jordan Bardella, numéro 2 du RN, le 14 juin 2024 (BFMTV/RMC) : « Je veux rassurer tout le monde : nos compatriotes d’origine étrangère ou les personnes de nationalité étrangère présentes chez nous, qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui respectent la loi, qui aiment notre pays, n’ont strictement RIEN à craindre de notre politique. »
Bally Bagayoko est né le 31 juillet 1973 à Levallois-Perret. Il grandit dans le quartier Dourdin de Saint-Denis au sein d'une famille d'origine malienne dont le père est mécanicien. Il est diplômé de l'université Paris-VIII en géopolitique et titulaire d'une maîtrise de sciences et techniques (MST) spécialité « connaissance des banlieues » de cette même université.
Lors de l'élection municipale de 2026, il remporte dès le premier tour la mairie de Saint-Denis sous l'étiquette LFI, alliée au Parti communiste français. Pendant sa campagne, il met en avant sa proximité avec les habitants de la ville et son enfance en HLM dans un quartier populaire.
Devant le lycée Paul-Éluard bloqué, en soutien aux mobilisations de certains lycéens, il a déclaré : « La violence, à un moment donné, peut être légitime. Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux. »
Dans un entretien à L’Opinion, il a déclaré : « Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire. Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas. »
Réécrire l'histoire pour justifier les pillages ? Ressentiment et ignorance
Pour des territoires comme le Soudan français (Mali), l’Oubangui-Chari ou une large part de l’Afrique occidentale française, il n’y a pas eu de pillage de richesses substantielles parce qu’il n’y en avait quasiment pas à piller à l’échelle qui aurait enrichi la métropole.
Ces régions étaient, au moment de la conquête et pendant une grande partie de la période coloniale, faiblement peuplées, sans infrastructures, sans voies de communication modernes, et avec peu de ressources immédiatement exploitables à grande échelle (contrairement à l’Indochine pour le caoutchouc ou certains minerais, ou à des zones d’Afrique du Nord). L’administration coloniale y était minimale : maintien de l’ordre, impôts locaux (souvent en nature ou en travail au début), quelques cultures de rente introduites tardivement et à faible rendement. Les flux nets vers la France restaient limités ou négatifs ; les colonies achetaient souvent plus à la métropole qu’elles ne lui vendaient, et le capital privé français ne s’y précipitait pas en masse.
L’autofinancement par la fiscalité locale que souligne Cogneau signifie exactement cela dans ces cas : les populations sur place payaient (ou étaient contraintes de payer) pour faire tourner un appareil administratif et militaire modeste, sans que cela génère un transfert de richesse significatif vers le contribuable ou l’économie française. Ce n’est pas le schéma d’un pillage extractif. Marseille et Lefeuvre aboutissent au même constat global : l’Empire, hors exceptions sectorielles et privées (souvent minoritaires), n’a pas été une source nette d’enrichissement pour la France, et pour une partie de l’Afrique noire le potentiel extractible était faible par nature. Le récit d’un pillage continu et massif de ces territoires pour justifier des politiques actuelles ne correspond pas aux données économiques de la période.
En effet, selon Jacques Marseille, l’Algérie a fonctionné comme un fardeau pour le capitalisme français en absorbant des ressources et en soutenant des secteurs peu compétitifs grâce à des préférences commerciales et des prix garantis, freinant ainsi la modernisation de l’économie métropolitaine. Daniel Lefeuvre montre que le coût fiscal a été particulièrement lourd, avec des transferts massifs qui ont atteint jusqu’à environ 20 % du budget de l’État en 1959 et un déficit structurel de la balance des paiements, transformant l’Algérie en un puits de dépenses nettes pour les finances publiques françaises.
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