jeudi 15 février 2018

Tout cela n'est-il qu'un jeu ? Se voiler pour s'ouvrir à la diversité... [rediff 2009]

Dans le cadre du nouveau programme d'éthique et de culture religieuse en place dans toutes les écoles de la province, enfin sauf dans le Grand-Nord, les écoles juives orthodoxes et l'école à la maison, des élèves ont été amenés à « s'ouvrir à la diversité culturelle qui particularise la société québécoise » selon la Voix Pop. Pas plus qu'ailleurs en Occident, en réalité cela ne la caractérise en rien.

C’est dans ce contexte qu’un groupe d'adolescents de IVe secondaire de l'école Honoré-Mercier a été entraîné dans un temple sikh situé sur la rue Cordner, dans l’arrondissement de La Salle. Le Gurdwara Guru Nanak Darbar est le lieu de rassemblement de la communauté sikh de La Salle. Là tous ces élèves ont revêtu un foulard (objet sans doute sans valeur réelle pour eux) afin de pouvoir visiter le temple sikh et découvrir l'histoire de cette communauté, ses croyances, ses valeurs et ses pratiques. La journée s'est terminée par un goûter préparé et servi par les hôtes, des sikhs bénévoles du Gurdwara Guru Nanak Darbar.

mardi 13 février 2018

ECR : imposture et manipulation (3)

L’ancien ministre Joseph Facal continue sa série de chroniques pour dénoncer le controversé programme d’Éthique et de culture religieuse (ECR) imposé par le gouvernement québécois à toutes les écoles (privées ou publiques) tout au long de la scolarité obligatoire (moins une année).

Je ne pourrai ici faire écho à l’avalanche de commentaires reçus, mais je note d’abord que les partisans du cours d’ECR jouent sur tous les tableaux.

Si vous critiquez un manuel, ils vous diront qu’un manuel n’est qu’un support et qu’il y en a des tas d’autres.

Si vous dites que beaucoup de manuels ont été examinés et critiqués, notamment par Nadia El-Mabrouk et le Conseil du statut de la femme, on vous dira que c’est le programme ministériel qui fait foi de tout.

Ouverture ?

Si vous critiquez les orientations énoncées dans les documents gouvernementaux fondant le cours, comme l’a fait Joëlle Quérin, on vous dit qu’il faut faire confiance aux gens sur le terrain.


Joëlle Quérin chez Mario Dumont

Si vous rapportez des témoignages d’étudiants, on vous dit que votre échantillon est trop limité.

Si vous rapportez des témoignages de parents, on vous dit que les parents défendent toujours leurs enfants.

Si vous rapportez des remarques faites par des enseignants, on vous dit qu’il ne faut pas généraliser.

De toutes les objections qu’on m’a faites, voici ma favorite : oui, il est possible qu’un prof verse dans le prosélytisme, mais il s’en fait aussi, et depuis longtemps, dans d’autres matières.

Je décerne à cet « argument » la palme d’or de l’idiotie.

Évidemment, à travers tout cela, des tas de témoignages de gens qui font de leur mieux, voient les problèmes, m’expriment leurs malaises... et me demandent parfois de ne pas dire leur nom.

Comme toujours, les gens les plus impliqués dans l’implantation et la reproduction de ce cours défendent leur statut et leur bébé.

Ils n’admettront jamais que ce cours ne devrait pas exister sous sa forme actuelle.

Pourquoi ? Parce qu’ils se considèrent — et leurs propos le révèlent — en mission purificatrice, salvatrice.

Leur cours n’est pas à mettre sur le même plan qu’un cours de biologie ou de mathématiques ou de littérature ou même d’histoire des religions.

Ils luttent pour le Bien, pour la Vertu, pour le Progrès, contre les « méchants », contre les « fermés », contre les « racistes », contre les « islamophobes », etc.

Diversité ?

À la limite, je pourrais comprendre qu’on veuille transmettre aux jeunes des valeurs morales au moyen d’un solide cours d’éthique.

Le problème est que l’étudiant retire du cours d’ECR l’impression que la morale passe forcément par la religion [Note du carnet : c’est plus ou moins vrai, que la morale passe forcément par le respect de toutes les religions, qu’il ne faut surtout pas faire de tri. Sinon, on peut craindre que la morale soit surtout l’acceptation par les volets «dialogue» et «éthique» du politiquement correct par le truchement de la recherche de consensus.]

Les religions, elles, sont généralement présentées sous l’angle de leurs récits mythiques fondateurs et de leurs rituels, rarement confrontées à la raison, à la non-croyance ou aux dérives auxquelles elles peuvent conduire.

Les partisans du cours d’ECR plaident beaucoup au nom de la « diversité ».

Mais leur amour de la « diversité » ne va pas jusqu’à embrasser la diversité intellectuelle qui permettrait d’encaisser la critique.

[Ou la présence réelle d’options différentes et vraiment diverses, d’où l’élimination des cours de religion chrétienne. Mais on comprend qu'il ne faut un seul programme non pas, bien évidemment, par amour de la diversité, mais pour imposer à tous une conception philosophique unique par rapport à la diversité non seulement religieuse, mais en bout de course ethnique et culturelle. Bref, influencer les enfants des autres pour assurer le « vivre ensemble » multiculturaliste dans une société qui, de manière délibérée de la part de nos dirigeants, devient de plus en plus hétérogène. Voir L'immigration transforme rapidement la Rive-Sud de Montréal et Démographie — En 15 ans, les minorités visibles sont passées au Québec de 7 % à 13 % de la population ]

C’est plus que troublant...

lundi 12 février 2018

France — L'Éducation nationale se dit pro-innovation mais ne l'est pas dans les actes

Une proposition de loi actuellement étudiée au Sénat vise à restreindre la liberté de création d’écoles indépendantes. Il s’agit de la proposition de loi (PPL) 589, qui reprend pour l’essentiel, le projet de Najat Vallaud-Belkacem (socialiste féministe). La PPL a cette fois été déposée par une sénatrice centriste, et est également soutenue directement par le Ministère de l’Éducation nationale.

Le ministre de l’Éducation français Blanquer
Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école répondait aux questions de Valeurs actuelles sur ce sujet. Retrouvez son entretien sur le site de Valeurs actuelles.

Directrice générale de la Fondation pour l’école, Anne Coffinier appelle à la vigilance face à une proposition de loi présentée au Sénat par les centristes et soutenue par le ministère de l’Éducation nationale, qui menace la liberté d’enseignement des écoles hors contrat.

Valeurs actuelles. — Vous êtes aujourd’hui inquiète alors qu’un texte sera lu au Sénat le 21 février prochain. De quoi s’agit-il ?

Anne Coffinier. — Il s’agit d’une proposition de loi centriste qui cherche à rendre beaucoup plus compliquée l’ouverture de classes hors contrat et à les soumettre au bon vouloir de l’Éducation nationale. L’idée n’est pas nouvelle, elle avait déjà été présentée à l’Assemblée nationale par Najat Vallaud-Belkacem avant d’être heureusement censurée par le Conseil constitutionnel. 
Mais si le projet de loi qui revient aujourd’hui au Sénat est proposé dans le cadre de la niche centriste, beaucoup s’accordent à dire que c’est bien le gouvernement, et le ministère de Jean-Michel Blanquer (ci-dessus) en particulier, qui est à la manœuvre. Le ministre parle beaucoup de liberté, mais ce texte vise à briser l’essor des écoles hors contrat qui sont précisément des lieux de liberté et d’innovation au service de tous.

— Pourquoi ces écoles indépendantes vous semblent-elles nécessaires aujourd’hui ?

— Il faudrait sans doute le demander en premier lieu aux parents des 65 000 élèves qui y sont scolarisés ! S’ils ont fait ce choix, c’est que l’école sous-contrat ne convenait manifestement pas à leurs enfants. 
La demande explose et 122 écoles ont encore ouvert cette année, on ne peut pas faire semblant de ne pas le voir ! C’est une demande démocratique.

Il faut une respiration, il est urgent d’innover. La technique, on la connaît parfaitement et le gouvernement s’en fait d’ailleurs l’écho : il faut s’appuyer sur la société civile, les entreprises, les bonnes pratiques internationales. C’est ainsi qu’on pourra donner un second souffle à notre école française.

— Mais vous le dites vous-même, c’est le discours du gouvernement !

C’est justement ce qui est inquiétant. D’un côté, le gouvernement, le ministre de l’Éducation nationale et le Président lui-même portent un discours libre et libérateur, prônent l’expérimentation, l’innovation et la différentiation. Et cela plait à chacun d’entre nous ! Mais force est de constater que ce n’est qu’un discours. Je le découvre aujourd’hui avec déception. Ce que nous constatons dans les faits, c’est l’action de l’administration qui se poursuit selon la même logique : éradiquer tout ce qui est différent. Ils continuent à ne soutenir que les initiatives qui émanent de cabinets ministériels, dans une logique archaïquement du haut vers le bas. Mais tout cela est sclérosé ! Nous n’avons qu’une seule question pour le gouvernement : comment compte-t-il rénover tout de l’intérieur avant que ça s’effondre ? Nous sommes bien obligés de leur rappeler que nous sommes déjà presque en queue de classement à l’international. Il faut que ça bouge, et vite.

— Que pourraient-ils faire concrètement ?

— Faire confiance aux professeurs sur le terrain et accepter que les écoles vraiment libres de leur pédagogie servent d’aiguillon au reste du système scolaire. Ces écoles n’ont pas le choix : elles sont connectées à la réalité des besoins de l’enfant et il serait temps de les observer. 
Sans compter qu’elles offrent le choix aux parents d’élèves qui ont des besoins spécifiques et qui sont souvent laissés sur le bord de la route dans l’Éducation nationale. Je pense aux enfants dyslexiques, précoces, etc. Pour eux, il n’y a que le hors-contrat. On peut également évoquer la question du sport-étude : c’est un fait, le système public est trop lourd pour créer des champions.

— Qu’espérez-vous aujourd’hui ?

La proposition a été rejetée en commission, en l’état, dans sa version modifiée par le rapporteur. Pour des raisons différentes, les socialistes et les Républicains s’y sont opposés. Elle sera en lecture le 21 février prochain.
 Désormais la question est : le gouvernement va-t-il être raisonnable ou poursuivre la vieille politique de guerre larvée à tout ce qui peut renouveler l’enseignement en France ?

Cet évènement peut sembler anecdotique, mais ce n’est pas rien : il concerne l’un des secteurs les plus dynamiques de la société civile. Cela illustre malheureusement la déconnexion entre le discours très séduisant de Jean-Michel Blanquer et la réalité des faits : la poursuite des bonnes vieilles habitudes technocratiques de l’Éducation nationale française.

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France — Nouveau bac : fin de l'anonymat et du diplôme national, davantage de bachotage, pas plus d'excellence ?

France — La droite conservatrice se trompe-t-elle au sujet de Blanquer ?

France — le ministre de l'Éducation Blanquer bouscule la « gauche pédago »

Moins d'heures de français à l'école : le niveau de grammaire et d'orthographe baisse

Le niveau d’orthographe et de grammaire des Français a chuté depuis 2010. Un phénomène qui n’épargne pas les entreprises et qui peut leur coûter cher.

Les fautes d’orthographe gangrènent les entreprises françaises. Les salariés obtiennent une note moyenne de 10,73/20 en orthographe en 2015, selon le dernier baromètre du Projet Voltaire, un organisme de remise à niveau orthographique créé par la société Woonoz en 2008 et à l’origine du désormais réputé Certificat Voltaire. Ils font certes mieux que les collégiens (5,22/20), lycéens (6,9/20) ou étudiants (8,76/20) mais le résultat n’est pas glorieux : au bureau, les Français maîtrisent à peine plus de la moitié des règles grammaticales et lexicales (54 %). Globalement, le niveau d’orthographe des Français a chuté de 6 points entre 2010 et 2015. Ils maîtrisaient il y a cinq ans 51 % des règles, contre 45 % aujourd’hui.

« L’Éducation nationale a réduit de moitié la part du français dans les programmes à l’école primaire ces 30 dernières années, ce qui explique la baisse de niveau chez les salariés quadragénaires », explique Pascal Hostachy, cofondateur de Woonoz. « Quant à la génération Y, qui arrive sur le marché du travail, le langage des textos et des réseaux sociaux est presque leur langue maternelle. Ces jeunes n’ont jamais autant écrit, mais dans une autre langue que le français classique. » Au bureau, ces lacunes ne sont pas sans conséquence. « Avec les [courriels], les salariés écrivent beaucoup plus qu’avant et leurs faiblesses sont exposées. »

Un futur savant.
Peinture de 1880 Jean Geoffroy (1853-1924)

Marché de la chasse aux fautes d’orthographe

Au final, les fautes d’orthographe peuvent coûter cher à l’entreprise. « La concurrence est rude dans des secteurs comme la banque, l’assurance ou l’immobilier. Des contrats et courriers commerciaux bourrés de fautes peuvent saper la crédibilité d’un service et faire perdre des clients », selon Pascal Hostachy. Une étude britannique a récemment démontré qu’une seule faute d’orthographe peut diminuer de moitié les ventes d’un site de cybercommerce. « L’orthographe est désormais un problème collectif au sein d’une entreprise », résume le dirigeant. Dès le recrutement, la maîtrise écrite de la langue de Molière peut faire la différence. « Entre deux profils équivalents, l’orthographe sera un critère discriminant », confiait récemment Jacques Froissant, fondateur du cabinet de recrutement Altaïde.

La chasse aux fautes de français est devenue un vrai marché. Les offres de logiciels de remise à niveau ou de coaching pullulent. « Les correcteurs d’orthographe n’étant pas toujours pertinents, les salariés ont besoin d’un réel accompagnement », selon Anne-Marie Gaignard[*], formatrice en orthographe.

Le Projet Voltaire, qui a mis au point un cursus de formation individuelle pour les salariés et un logiciel de remise à niveau que les entreprises peuvent proposer à tous leurs employés, compte aujourd’hui 700 sociétés partenaires, plus de trois fois plus qu’en 2013, et 1000 établissements scolaires. Pour Pascal Hostachy, toutefois, il est urgent de « revoir les bases de l’enseignement à l’école ». Selon lui, les offres d’accompagnement et autres sont « efficaces », mais « un traitement curatif l’est toujours moins qu’un traitement préventif. Apprendre la grammaire à 40 ans est plus difficile qu’à 8 ans. »

* Anne-Marie Gaignard est l’auteur de La revanche des nuls en orthographe publié par Calmann-Lévy

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dimanche 11 février 2018

Tyrannie du « genre » : école annule la traditionnelle danse père-fille

Un des pères et sa fille dont la fête a été annulée
Une école élémentaire de Staten Island (New York) a abandonné sa traditionnelle danse père-fille en raison des nouvelles directives sur le genre émise par le Ministère de l’Éducation de l’État de New York.

Dans une mise à jour de sa politique de mars 2017, le Ministère de l’Éducation a ordonné aux écoles d’« éliminer » toutes les pratiques « basées sur le genre [sexe] » comme la danse à moins qu’elles ne servent un objectif éducatif « clair ».

Une fiesta prévue pour le 9 février a été brusquement reportée au mois suivant après que l’Association parents-enseignants de l’école se soit rendu compte que la danse contreviendrait à ces nouvelles règles.

« Tant que nous ne comprenons pas ce que nous sommes légalement autorisés à faire, nous devons suspendre cet événement », a écrit sur Facebook le président de l’Association des parents-élèves, Toni Bennett, à un groupe de parents d’élèves de l’école privée.

Certains parents étaient furieux de voir la rectitude politique s’immiscer dans une tradition pittoresque.

« Ils essaient d’éliminer tout ce que nous avons connu enfant et je ne pense pas que ce soit juste », a déclaré Matthew West, le père de deux filles de l’école, Lily et Willow. « Ils devraient juste laisser les choses telles qu’elles étaient : père-fille, mère-fils. »

Sur le thème du politiquement correct, Matthew West déclare : « Je déteste ça. . . Les gens ont juste trop peur de parler. »

« Ce n’est pas juste du tout », a déclaré Jose Garcia, 37 ans, qui est allé aux deux dernières danses avec sa fille de 9 ans, Jolene. « Je n’ai rien contre quiconque, mais je ne pense pas que cela devrait affecter l’école ni les enfants d’ailleurs. »

« Toutes ces conneries du genre doivent simplement cesser », a déclaré Akaia Cameron, qui a ajouté que sa fille en troisième année avait passé un « bon moment » avec son papa l’année dernière.


Les parents ont souligné que l’école n’a pas de problèmes d’inégalité entre les sexes puisqu’elle avait organisé une partie de quille pour les mères et leur fils l’année dernière.

L’Association parents-enseignants de l’école organisera une danse reprogrammée pour les « aidants naturels » et les enfants de tout sexe le 2 mars, selon le ministère de l’Éducation de New York.

Comme le note le professeur de Brooklyn College, David Bloomfield, le ministère de l’Éducation fait de la discrimination sur la base du genre tout le temps, notamment pour ce qui est du sport à l’école ou dans la simple existence d’écoles pour garçons ou pour filles.

La porte-parole du Ministère de l’Éducation, Toya Holness, affirme que les écoles « doivent veiller à ce que ces événements soient neutres et ouverts à tous les élèves et à leurs parents ». Le contact LGBTQ2SAI+ du ministère, Jared Fox, est plus direct : « les danses père-fille par leur nature excluent des gens. »

Mais voilà les écoles offrent de nombreuses occasions pour les mamans et leurs fils — et même toutes les autres combinaisons adulte-enfant. En pratique, l’école n’exclut personne au long de l’année. En attendant, forcer l’organisation de danses « inclusives » aboutit à la fin de certains moments spéciaux entre les parents et leurs enfants.


Source

Voir aussi

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l'augmentation de ceux-ci)

À comparer à la priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres (et les envoient à la clinique de dysphorie du genre, statistiques)

samedi 10 février 2018

Histoire — « Deux siècles de régime républicain » en France

Le Cercle Pol Vandromme de Bruxelles a reçu Patrick Buisson le 31 janvier 2018. Essayiste, historien et politologue, le patron de la chaîne de télévision française Histoire brosse la fresque de plus de deux siècles de régime républicain en France en commençant par les massacres de Vendée et la très faible représentativité et légitimité de la Convention de 1792.

Il se penche ensuite sur le rôle des femmes (rejetées en partie par la Révolution et la République) et sur les fameuses « valeurs républicaines ». Il rappelle que seuls les ultra-royalistes étaient pour le suffrage universel (paysans, ouvriers et femmes) au XIXe siècle et non les républicains.



Patrick Buisson cite cet extrait de Jules Michelet, grand auteur du roman national révolutionnaire, sur les raisons pour lesquelles la Révolution devait se méfier des femmes à l’époque [1] :

La femme, qu’est-ce encore ? Le lit, l’influence toute-puissante des habitudes conjugales, la force invincible des soupirs et des pleurs sur l’oreiller... Le mari dort, fatigué. Mais elle, elle ne dort pas. Elle se tourne, se retourne ; elle parvient à l’éveiller. Chaque fois, profond soupir, parfois un sanglot. [...]

Ainsi, dans chaque famille, dans chaque maison, la contre-révolution avait un prédicateur ardent, zélé, infatigable, nullement suspect, sincère, naïvement passionné, qui pleurait, souffrait, ne disait pas une parole qui ne fût ou ne parût un éclat du cœur brisé. Force immense, vraiment invincible. À mesure que la Révolution, provoquée par les résistances, était obligée de frapper un coup, elle en recevait un autre : la réaction des pleurs, le soupir, le sanglot, le cri de la femme, plus perçant que les poignards.

Peu à peu, ce malheur immense commença à se révéler, ce cruel divorce : la femme, généralement, devenait l’obstacle et la contradiction du progrès révolutionnaire, que demandait le mari.

Pour Patrick Buisson, la démocratie actuelle en France réalise cette maxime de Valéry : « La démocratie c’est, d’une part, l’art d’empêcher les hommes de s’occuper de ce qui les regarde et, d’autre part, l’art de les faire choisir dans les domaines où ils n’entendent rien ».

Patrick Buisson souligne la fin du Progrès comme religion. « La liste des morts du progrès est interminable. Tout pouvait être justifié par la religion du progrès. » « Il ne s’agit pas de refuser le progrès, mais de mieux le canaliser ».

Enfin, l’ancien conseiller Sarkozy analyse la perte de prégnance des mythes qui ont sous-tendu la gauche pendant deux siècles : « les grandes mythologies politiques font l’histoire, ce n’est pas les guerres. Ce sont les mythes politiques. Eh bien, ceux qui ont permis le succès de la gauche pendant deux siècles sont en voie d’altération, de décomposition. »



[1] Éric Zemmour dira plus tard que la République actuelle n’a plus à craindre le vote des femmes, car l’Église n’est plus catholique aujourd’hui c’est le politiquement correct.

ECR : imposture et manipulation (2)

La chronique de Joseph Facal d’avant-hier sur le cours d’ECR lui ont suscité d’intéressants témoignages. Il relate ci-dessous le témoignage d'un élève en 3e année du secondaire au prénom fictif d'Olivier qui fréquente une école de la banlieue de Montréal et celui d'une mère d'élève.

Les profs, dit-il, « ne sont pas méchants, mais ils font quand même de la propagande ».

Au lieu de présenter objectivement le phénomène religieux, avec les arguments des croyants et des incroyants, les cours sont « profondément pro-religion ».

Les professeurs « ont peur de critiquer la religion de peur que les enfants d’immigrants aillent se plaindre à leurs parents ».

Amalgame

Le sujet de l’excision, dit Olivier, a été évoqué en classe. L’excision, c’est l’ablation partielle ou totale du clitoris.

On estime à environ 200 millions le nombre de femmes ayant subi cette mutilation dans le monde d’aujourd’hui­­­.

Quand les étudiants ont voulu en savoir plus, le professeur a dit « que ce n’était pas l’islam ».

L’excision est en effet pratiquée par des gens se réclamant de diverses religions, mais pourquoi avoir senti le besoin de faire cette précision particulière ? Je serais curieux de savoir.

On parle évidemment beaucoup de discrimination.

Le professeur, dit Olivier, amène toujours le sujet en évoquant l’apartheid sud-africain et les luttes des Afro-Américains dans les années 1960.

Puis, une fois qu’on a raconté cela aux jeunes – des pages d’histoire qu’il faut certes connaître –, le professeur, dit Olivier, fait « une association entre ça et les accommodements ».

Imaginez les amalgames, pour reprendre le mot à la mode, que vous pouvez provoquer, volontairement ou non, dans le cerveau de jeunes de 14 ans.

Les étudiants, dit Olivier, « quand ils sortent du cours font l’association être-contre-un accommodement-c’est-être-raciste ».

Tout cela est subtil : « c’est tout le long de l’année que ça se fait, petit pas par petit pas ».

Vertu ?

Une mère me raconte que sa fille a écrit dans un devoir : « Il est en droit de se demander si les paroles de vieux barbus écrites il y a plusieurs milliers d’années ont encore leurs places dans notre monde moderne où l’égalité, la liberté de penser et le droit de disposer de son corps et de sa sexualité sont un droit inaliénable ».

La mère ajoute : « Cette phrase révolutionnaire lui a valu la critique de son professeur et des élèves musulmans de sa classe. On l’a accusée d’être islamophobe, de ne pas être ouverte à la culture étrangère et d’attaquer­­­ la liberté religieuse. »

On me signale par ailleurs que les quatre attitudes face à la religion évoquées dans mon article de jeudi sont un exercice consistant à y associer le bon qualificatif. Merci pour la correction.

Mon propos demeure : ECR associe la discussion rationnelle du religieux au manque d’ouverture et de respect.

L’important est d’être du bon côté de la barrière idéologique et morale. C’est de l’endoctrinement.

Voir aussi

L'école québécoise : fabriquer un nouveau peuple

Thèse doctorale — Des enseignants d’éthique loin d’être neutres ?

ECR — Marie s’est fait violer, elle a inventé l’histoire du Saint-Esprit, Joseph a gobé son histoire.

Enseignante d’ECR déguisée en curé... enfin pas dans la Voix de l’Est

« La vérité sur le cours ECR », une nouvelle catéchèse politiquement correcte ?

ECR — vingtaine d’adolescents dansent en récitant le mantra des Hare Krishna

Nouveau dérapage en cours d’ECR : un autre questionnaire explicite sur la sexualité

Cours d’ECR : les enseignants « marchent sur des œufs »

ECR — Les moines et les élèves ont dansé pour « éveiller la conscience de Krichna »... « Quelle belle rencontre de valeurs ! »

Chasser la religion et la remplacer par la spiritualité (suite)

Denise Bombardier sur ECR : cours de l’insignifiance, du fourre-tout politiquement correct ?

Après « Youpi, ma religion ! », « Ma religion de rêve »

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Cahier ECR : « je suis un garçon, une fille, je ne sais pas encore »
Le cours ECR, école de l'unanimisme politiquement correct

ECR 2.0 ou élimination du programme ? Des enseignants en ECR essaient-ils de protéger leur poste ?

Formateur de formateurs en ECR à L’ACFAS : beaucoup de résistances, faible réceptivité, obstacles

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques et bien sûr... ECR !


L'école québécoise : fabriquer un nouveau peuple

Mathieu Bock-Côté revient sur le programme d’éthique et culture religieuse imposé par le gouvernement québécois à tous les élèves québécois pendant toute leur scolarité (qu’ils soient inscrits dans une école publique ou une école privée catholique, voir Loyola) :

Joseph Facal a consacré une ré­cente chronique à l’endoctrine­ment de masse de la jeunesse québécoise dans le cadre du cours ECR. [Il en a consacré une seconde depuis lors.]

À la suite du témoignage d’un élève qui lui a fait parvenir des extraits troublants de son manuel scolai­re, Joseph Facal en est venu à l’essentiel : l’école québécoise est mise au service de la propagande multiculturaliste.

École

Elle fait la promotion de l’idéologie des accommodements raisonnables et caricature ceux qui s’y opposent comme des intolérants infréquentables. Grosse surprise !


Qu’on ne se demande pas ensuite pourquoi la jeunesse est aussi mal à l’aise avec la question identitaire : on l’a conditionnée à rejeter son identité, à diaboliser son histoire et à arracher ses racines. On l’a programmée dans cette perspective.


Elle a servi de génération-cobaye dans la fabrication d’une nouvelle société façonnée pour accueillir positivement l’immigration massive et la mondialisation. Et ce, même si l’intégration fonctionne mal.

Est-ce vraiment le rôle de l’école de politiser ainsi l’enseignement au service d’une idéologie ?

Derrière cela, il y a aussi une vision pas très démocratique de la société. En gros, le peuple réel, celui qui existe avec ses mœurs, ses habitudes, ses mentalités, son identité, sa culture, serait inadéquat. On le croit corrompu par le racisme, la xénophobie, l’intolérance et autres tares du même genre. Il faut donc le réformer, le rééduquer, le transformer.

Peuple

Bref, le peuple réel déçoit ses dirigeants parce qu’il ne chantonne pas l’hymne aux accommodements raisonnables, alors on va faire table rase en lui infligeant une campagne permanente de « sensibilisation à la diversité ».

Disons-le plus méchamment et plus clairement : on veut fabriquer un nouveau peuple. Et le cours ECR est au cœur du dispositif idéologique et pédagogique devant le fabriquer rapidement.

Si le PQ ou la CAQ remportent les prochaines élections, on est en droit d’espérer une chose simple dans les premiers mois de leur gouvernement : son abolition.

Voir aussi


Joëlle Quérin sur le cours d’éthique et de culture religieuse


Prof. Gary Caldwell sur le cours d’ECR (1ere partie)




L'immigration transforme rapidement la Rive-Sud de Montréal

Selon la Commission scolaire Marie-Victorin (Brossard, Saint-Lambert, Longueuil), 52 % des 35 842 élèves qu’elle accueille sont issus de l’immigration.

La proportion d’immigrants dans Montréal et ses banlieues continue de prendre de l’ampleur. Ainsi, dans son dernier rapport annuel, on apprend que la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) a accueilli 35 842 élèves jeunes et adultes dans 73 établissements pour la période 2016-2017.

Sur ces 35 842 élèves, 52 % sont issus de l’immigration selon les données présentées en printemps 2017 par la CSMV ; la majorité vient de pays comme la Colombie, la France, le Maroc, la Chine, Haïti et l’Algérie. La CSMV a recensé 108 langues maternelles ou parlées à la maison.

Les proportions d’élèves issus de l’immigration et résidant à Longueuil étaient plus variables : 57,3 % d’entre eux résidaient à Greenfield Park, 47,8 % dans l’arrondissement du Vieux-Longueuil, 40 % dans l’arrondissement de Saint-Hubert, et 42 % étaient établis dans la Ville de Saint-Lambert.

Sources : Le Courrier du Sud et CSMV


vendredi 9 février 2018

Professeur de cégep suspendu pour prétendue « homophobie », la haine est peut-être ailleurs

Mise à jour du 9 février

Le Cégep du Vieux-Montréal a décidé de prolonger l’enquête qu’il mène sur le professeur de philosophie Jean Laberge et prolonge par conséquent sa suspension. L’établissement dit avoir recueilli « de nouveaux éléments ».

Jusqu’à nouvel ordre, Jean Laberge n’enseignera plus au Cégep du Vieux Montréal. Suspendu le 30 janvier en raison de publications prétendument homophobes sur Facebook, le professeur a vu l’enquête à son endroit être prolongée « pour une durée indéterminée », a indiqué Guylaine Fortin, la porte-parole du Cégep.

Le Cégep du Vieux Montréal n’a pas voulu préciser quels « nouveaux éléments » ont été recueillis pour justifier cette décision. Selon nos informations, au moins une autre plainte à l’endroit du professeur a été déposée auprès de la direction ces derniers jours. Il serait cette fois question de propos prétendument sexistes tenus en classe.

Notons que les jeunes gauchistes du Vieux Cégep avaient déjà par le passé dénoncé le professeur Laberge (avec d’autres professeurs pas assez à gauche) dans un « Catalogue des intervenant·es horribles du CVM ». On aimerait donc connaître quelles sont ces accusations et qui sont les étudiants (parfois bien peu modérés) qui rapportent ces propos prétendument sexistes.

Florilège des propos « horribles » que l’extrême gauche du Cégep du Vieux Montréal a relevés


Le racisme inverse n’existe pas, pas de discussion


Comportement « transphobe » de ce professeur d’un cours dont nous doutons même de sa pertinence pour ce qui n’est que le lycée en Europe

Jean Laberge a droit a plusieurs pages dans le document de dénonciation, il est la bête noire de la coterie LGBTQ2SAI+ du Cégep du Vieux Montréal. Les insultes anonymes sont légion.

On peut se demander devant cette mise au pilori si le Cégep du Vieux Montréal ne fait le jeu d’une minorité agissante très déterminée et qui est partie en croisade pour faire rentrer dans le rang les professeurs qui lui déplaisent. Cette coterie dresse des catalogues et appelle anonymement à la délation depuis plusieurs années :








Billet original du 5 février

Le professeur de philosophie Jean Laberge a été suspendu du Cégep du Vieux Montréal en attente d’éventuelles sanctions, a appris Radio-Canada. La direction lui reproche des propos  « homophobes » tenus en dehors de l’établissement, notamment sur sa page Facebook. Le professeur y déclare avoir une aversion pour l’homosexualité. Nous ne sommes pas sûrs si cet « aveu » vaut désormais « homophobie » de nos jours. Le professeur compte plaider le droit à la liberté d’expression.

Jean Laberge est un professeur « controversé » selon Radio-Canada. Fervent catholique, de droite, il se qualifie lui-même de « mouton noir » du Cégep du Vieux Montréal.

Depuis plusieurs mois, ses publications indisposent des étudiants et des collègues. Que ce soit sur sa page Facebook, publique, ou sur le site web du Huffington Post, où il tient un blogue. C’est un texte publié le 17 janvier sur son compte Facebook qui a provoqué la réaction de la direction du cégep. (Voir L’extrême gauche anti-québécoise et le « Catalogue des intervenant·es horribles du CVM.pdf ».)

Jean Laberge exprime sur sa page Facebook et son carnet son « aversion » pour l’homosexualité. Il parle de sa « peur » et son incompréhension de l’homosexualité, même s’il précise qu’il « les respecte » [les homosexuels]. Notez la nuance qui semble ne pas être avoir été perçue par les plumitifs de Radio-Canada.

Suspendu avec salaire



Le professeur a été suspendu mardi dernier, le temps de faire enquête. Il sera entendu par la direction mercredi et une décision devrait être rendue d’ici la fin de la semaine. Le cégep n’a pas voulu commenter l’affaire pour le moment.

Jean Laberge a écrit à ses collègues du département de philosophie pour qu’ils prennent sa défense, mais ceux-ci ont refusé.

Le professeur défend sa liberté d’expression

Joint chez lui par Radio-Canada, Jean Laberge ne comprend pas pourquoi on lui reproche des écrits publiés à l’extérieur de son travail. « C’est la dictature, c’est Big Brother, ça n’a aucun sens », dit-il.

Le professeur pense que le collège « commet une grave erreur » et lui cause « un préjudice considérable », en le privant de la liberté d’expression pour des propos qu’il n’a pas tenus en classe.
La devise du collège « Ouvert d’esprit » n’est que de la poudre aux yeux, de la fausse représentation.

Jean Laberge, dans un courriel à ses collègues du département de philosophie.

« Jean Laberge justifie son dégoût des homosexuels » [dixit Radio-Canada... il parle en réalité de l’homosexualité]

« J’ai un malaise depuis toujours envers l’homosexualité, nous dit-il au téléphone. Mais je ne déclare pas la guerre aux homosexuels. »

Il justifie son sentiment de dégoût de l’homosexualité par des raisons « d’inspiration chrétienne » et affirme n’avoir jamais partagé cela dans ses cours au cégep. « J’ai toujours observé un devoir strict de réserve. »

« J’ai des raisons de penser que l’homosexualité est une vision des choses qui est limitée, qui ne mène pas à l’épanouissement des êtres humains », dit le professeur de philosophie.

J’ai le droit de ne pas préférer l’homosexualité et j’invite les gens à ne pas choisir cette voie-là.

Jean Laberge, en entrevue à Radio-Canada.
« Je parle en tant que croyant », explique le professeur qui s’est déjà présenté au cégep avec une grande croix autour du cou, à l’époque du projet de Charte des valeurs. « Je ne cherche pas à convaincre, je cherche simplement à faire réfléchir », ajoute-t-il.

Ce n’est pas la première fois que Jean Laberge tient de tels propos. Sur le site du Huffington Post, en juillet 2017, il critiquait « le lobby des groupes LGBT », qui expliquerait, selon lui, « l’émasculation des hommes ».

Selon Radio-Canada « En 2013, la Cour suprême avait rabroué [[sic] étrange notion juridique... “condamné” est le terme] un militant anti-homosexualité (lui-même ancien homosexuel) pour ses écrits en statuant que tout n’était pas permis au nom de la liberté d’expression. » Il s’agit de l’arrêt de Whatcott. Selon cet arrêt, même dire la vérité et rappeler le taux important de maladies infectieuses liées à la sodomie (il y a d’excellentes raisons physiologiques à cela) peut être condamné si cela vise de manière « véhémente » un groupe particulier protégé par la loi. Voir Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction ».

La Cour avait toutefois précisé que, pour être interdits, les propos devaient avoir un caractère « haineux ». Mais cette notion est extrêmement vague et très subjective (cela fait du mauvais droit) et le juge Rothstein semble se contredire, car les tracts de Whatcott étaient laconiques et citaient surtout des annonces placées dans certains magazines LGBT, des statistiques et des passages de la Bible, mais ce juge parvient à condamner les simples citations que Whatcott en fait, qui seraient haineuses, et dire que ces mêmes passages dans la Bible ne sont pas haineux. Voir Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ? Reproduire une annonce d’une revue homo et un verset biblique : un discours haineux ?

Le professeur en droit des libertés de la personne à l’Université Laval, Louis-Philippe Lampron, rappelle que la Cour suprême ne considère pas comme haineux les propos qui portent atteinte à la dignité d’un groupe, qui les méprisent ou les ridiculisent.

« Ce n’est pas suffisant pour équivaloir à de la propagande haineuse, dit-il. Il faut qu’on s’approche de propos qui incitent les gens à la détestation et/ou la violence physique à l’égard de ce groupe-là. »

Notons qu’il y a dans le chef des juges canadiens un amalgame entre la détestation du péché (l’homosexualité ici) enseignée par les grandes religions et la détestation des homosexuels. L’argument sous-tendant cet amalgame serait que le comportement homosexuel (l’homosexualité condamnée par Whatcott) ne serait pas un choix, qu’il serait aussi enraciné en quelque sorte que la couleur de la peau, qu’il serait un comportement réflexif inné et inaltérable et qu’on ne peut donc discuter de sa validité. Argument discutable.

Arrêt Whatcott « controversé » et les craintes de l’époque semblent se réaliser

Gwen Landolt, vice-présidente nationale de REAL Women of Canada, avait qualifié la décision du juge Rothstein de « très déprimante » et de « mauvaise nouvelle ».

Mme Landolt a accusé la Cour suprême de « danser sur des charbons ardents, un pied ici et un pied là, en essayant de faire croire qu’elle fait une chose, alors qu’elle en fait une autre. »

« D’un côté, les juges disent : “Oh, non, non, non, nous ne bâillonnons pas vraiment la liberté de religion et la liberté d’expression et la liberté d’opinion”, mais en fait, ce qu’ils disent faire n’est pas ce qu’ils ont fait », a ajouté Gwen Landolt.

« Dans les faits, ce qu’ils ont fait, c’est de s’attaquer aux croyances religieuses et de donner préséance, à nouveau, comme ils ne cessent de faire, aux droits des homosexuels. »

Selon Landolt, la Cour a sévèrement brimé la liberté de religion en « manipulant et en déformant » la véritable intention de cette liberté « pour servir leur propre objectif, à savoir protéger les homosexuels. »

Pour Mme Landolt, les chrétiens feraient mieux de considérer cette décision comme un « coup de semonce », car ils vont être assaillis s’ils osent défendre la morale sexuelle chrétienne sur la place publique.

Haine et jubilation malsaine

Entretemps, sur la page Facebook du prof Laberge certains internautes s’en donnent à cœur joie avec des arguments qui valent leur pesant de cacahouètes (mal orthographiées).