Dans un libelle qui paraît ce 23 août, l’écrivain et enseignant Frank Andriat s’attaque aux pédagogues, idéologues et ministres qui ont mené, selon lui, l’école à sa ruine.
« Mon métier n’est plus ce qu’il était ; en des sphères où l’on rêve l’école, lentement, patiemment et, semble-t-il, passionnément, on la détruit », écrit l’enseignant en colère Frank Andriat dans Les profs au feu et l’école au milieu. Fort de sa longue expérience dans un athénée [à l'origine une école secondaire pour garçons] bruxellois, il y dénonce, en 144 pages et en dix commandements, un désastre scolaire dont l’ampleur semble être ignorée par les débats syndicaux, politiques et médiatiques.
Premiers accusés : les pédagogues, « les mérules de l’enseignement », qui empêchent les profs d’exercer leur métier et les élèves d’apprendre quoi que ce soit de solide. « Oui, le niveau baisse, même si les pédagogues affirmeront qu’on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable. Les élèves touchent à tout en ne sachant plus rien. Ce qu’on nous demande de leur enseigner est de plus en plus large. Ils ne cessent d'apprendre à apprendre, mais ils n’apprennent plus grand-chose », estime l’auteur.
Il fustige donc aussi les politiques, « souvent incompétents en la matière ». « Les ministres sont une espèce à part, surtout celles et ceux qui ont reçu la charge de l’enseignement et qui, pour la plupart, ne se satisfont pas de gérer l’école en bons pères et mères de famille », écrit l’auteur. Il y a aussi les inspecteurs : « Ils ne sont plus là pour voir ce qui fonctionne et pour encourager le prof à aller plus loin (ça, c’est la théorie !) mais, dans la pratique, ils viennent voir ce qui ne correspond pas aux nouvelles tendances édictées et qui brisent parfois, après une visite de trente minutes en classe, des enseignants qui exercent le métier avec bonheur depuis plus de trente ans ! » Les seuls que Frank Andriat épargne, ce sont ses collègues, que les « pédagogues en chambre ont transformés en gentils animateurs ».
Extraits :
«
J’aurais voulu ne jamais écrire ce livre, n’être pas saisi par l’urgence de témoigner, n’être pas envahi par la colère, par cet immense sentiment de gâchis qui, au fil des ans, gagne du terrain dans mes tripes.
J’enseigne depuis trente-trois ans. Avec bonheur. Je devrais plutôt écrire que cela fait trente-trois années que je vois mes élèves avec plaisir, que j’entre dans mes classes avec joie. Mon métier n’est pourtant plus ce qu’il était ; en des sphères où l’on rêve l’école, lentement, patiemment et, semble-t-il, passionnément, on la détruit. Plus le temps passe, plus les réformes se multiplient, plus je rencontre de professeurs désorientés, et plus j’ai le triste sentiment que l’on programme la mort de l’école.
« Mon métier n’est plus ce qu’il était ; en des sphères où l’on rêve l’école, lentement, patiemment et, semble-t-il, passionnément, on la détruit », écrit l’enseignant en colère Frank Andriat dans Les profs au feu et l’école au milieu. Fort de sa longue expérience dans un athénée [à l'origine une école secondaire pour garçons] bruxellois, il y dénonce, en 144 pages et en dix commandements, un désastre scolaire dont l’ampleur semble être ignorée par les débats syndicaux, politiques et médiatiques.
Premiers accusés : les pédagogues, « les mérules de l’enseignement », qui empêchent les profs d’exercer leur métier et les élèves d’apprendre quoi que ce soit de solide. « Oui, le niveau baisse, même si les pédagogues affirmeront qu’on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable. Les élèves touchent à tout en ne sachant plus rien. Ce qu’on nous demande de leur enseigner est de plus en plus large. Ils ne cessent d'apprendre à apprendre, mais ils n’apprennent plus grand-chose », estime l’auteur.
Il fustige donc aussi les politiques, « souvent incompétents en la matière ». « Les ministres sont une espèce à part, surtout celles et ceux qui ont reçu la charge de l’enseignement et qui, pour la plupart, ne se satisfont pas de gérer l’école en bons pères et mères de famille », écrit l’auteur. Il y a aussi les inspecteurs : « Ils ne sont plus là pour voir ce qui fonctionne et pour encourager le prof à aller plus loin (ça, c’est la théorie !) mais, dans la pratique, ils viennent voir ce qui ne correspond pas aux nouvelles tendances édictées et qui brisent parfois, après une visite de trente minutes en classe, des enseignants qui exercent le métier avec bonheur depuis plus de trente ans ! » Les seuls que Frank Andriat épargne, ce sont ses collègues, que les « pédagogues en chambre ont transformés en gentils animateurs ».
Extraits :
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J’aurais voulu ne jamais écrire ce livre, n’être pas saisi par l’urgence de témoigner, n’être pas envahi par la colère, par cet immense sentiment de gâchis qui, au fil des ans, gagne du terrain dans mes tripes.
J’enseigne depuis trente-trois ans. Avec bonheur. Je devrais plutôt écrire que cela fait trente-trois années que je vois mes élèves avec plaisir, que j’entre dans mes classes avec joie. Mon métier n’est pourtant plus ce qu’il était ; en des sphères où l’on rêve l’école, lentement, patiemment et, semble-t-il, passionnément, on la détruit. Plus le temps passe, plus les réformes se multiplient, plus je rencontre de professeurs désorientés, et plus j’ai le triste sentiment que l’on programme la mort de l’école.







