lundi 6 mai 2013

Retour vers les matières fondamentales ou l'école maternante ? Le massage à l'école québécoise


De plus en plus d’élèves sont invités à se masser entre eux à l’école afin de développer un « toucher sain nourrissant ».

«Moi, ça me tente tout le temps de me faire masser, parce que ça me donne des petits frissons. Et après, tout le monde est ­calme», lance Jules Meunier.

Le garçon de sept ans est l’un des 7000 enfants à avoir suivi la formation de massage entre élèves prodiguée par l’aile québécoise de MISA (Massage in Schools Association).

L’organisme, créé en 2008, affirme sur son site internet que le massage permet aux enfants de vivre «l’expérience positive du toucher sain nourrissant».

«La massothérapie est un outil vraiment utile à plusieurs égards. Il y a une magie qui s’opère quand deux enfants sont en contacts. Ça permet de découvrir la ­différence chez l’autre», affirme Pierre Blais, massothérapeute et formateur de MISA Québec.

Le Journal de Montréal a assisté à une séance de massage à l’École primaire Albert-Schweitzer de Saint-Bruno-de-Montarville.

Pendant une vingtaine de minutes, les enfants d’une classe de première année se sont massés à tour de rôle, sous l’œil de leur ­enseignante Suzanne Coulombe.

« Je trouve ça intéressant que les enfants aient une occasion de se toucher, dit-elle. C’est un sens qu’on explore peu à l’école. Or, les enfants aiment ça. Ça les calme quand ils sont stressés. »

« Certains élèves sont plus réticents à toucher ou à se laisser toucher, mais ils peuvent choisir la personne avec laquelle ils vont le faire. »

Les élèves de Suzanne Coulombe ont ­même massé des élèves de quatrième année afin de les ­remercier de leur aide après une activité commune de lecture.

«Les enfants nous demandent sans cesse de l’affection. Si, entre eux, ils peuvent combler ce besoin en se faisant des câlins, pourquoi pas?» lance l’enseignante.

MISA Québec présente aussi le massage entre élèves comme une solution à l’intimidation.

« L’enfant qui intimide cherche de ­l’atten­tion. Le massage lui permet d’en ­recevoir et de découvrir l’autre. De plus, après un massage, on a moins envie de se bagarrer dans la cour d’école », explique Pierre Blais.

« Ça semble simpliste ou trop beau pour être vrai, mais c’est la vérité. Le massage entre élèves est quelque chose qui change profondément la nature de l’enfant. Et pour le mieux. »

L'avis très mitigé d'une psychopédagogue

Garine Papazian-Zohrabian, professeur adjointe au département de psychopédagogie de l’Université de Montréal, a livré ses impressions au Journal de Montréal sur le massage à l’école.

Question : Quels sont les avantages du massage entre élèves à l’école ?

Réponse : Les massages sont très bénéfiques. Il existe énormément de thérapies impliquant le corps qui font du bien. Plusieurs études ont aussi prouvé les bienfaits de la massothérapie, même sur les bébés. Il est vrai que le massage à l’école peut développer l’empathie et la connaissance de l’autre chez l’élève, mais il y a toutefois des limites à cette pratique.

Question : La massothérapie a-t-elle sa place à l’école ?

Réponse : Je n’en suis pas certaine. L’élève qui ne veut pas participer à l’activité peut se sentir exclu et être victime de moqueries. L’agressivité peut ressortir aussi, indirectement, pendant un massage. Une étude ­effectuée au Royaume-Uni a révélé que des élèves se faisaient pincer ou presser trop fortement pendant le massage. Aussi, le fait que l’activité soit offerte à des enfants de 12 ans me déran­ge. À cet âge, certaines filles ont déjà leurs règles et commencent leur puberté. Dans ces conditions, est-ce que le massage peut s’accompagner d’une certaine stimulation sexuelle? Il faut faire attention.

Question : Est-ce que le massage peut être un ­outil de lutte contre l’intimidation, comme le soutient MISA Québec ?

Réponse : Là encore, je ne suis pas certaine. Le massage peut relaxer l’enfant, mais il ne va pas régler ses problèmes. Ce n’est pas un outil miracle. Il y a la crainte aussi d’être massé par un autre élève qui est un ­intimidateur. Certes, le massage développe ­l’empathie, mais il existe aussi d’autres ­outils pour le faire, qui sont moins ­controversés.

Voir aussi

Le yoga : troisième volet du triptyque spirituel de la Nouvelle École québécoiseMC ?




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Québec — Taux de natalité et indice de fécondité en légère baisse pour la troisième année

Mise à jour du 6 mai 2013

Nous avions prévenu : «  les gros médias consensuels se concentreront sur ces chiffres bruts pour clamer un nouveau succès démographique dû à la généreuse politique familiale du Québec... »

Voici le titre de Radio-Canada...



Et ce commentaire optimiste du gouvernement qui se concentre sur l'aspect positif de la nouvelle : « Mais malgré ce léger repli [dans le taux de natalité et de fécondité], note l'Institut, l'indice de fécondité demeure supérieur au Québec à ce qu'il était entre 1980 et 2006. »

Radio-Canada ne fournit aucun graphique du taux de natalité ou de l'indice de fécondité, tous les deux en déclin, il ne fournit à nouveau qu'un graphique se concentrant sur le chiffre brut des naissances...



On remarquera que la SRC ne fait apparaître le nombre de naissances que depuis 2000 sans doute pour  donner l'impression que celles-ci ne font que progresser. On verra ci-dessous qu'en fait il y a nettement moins de naissances qu'en 1980 alors que la population du Québec (avant trente ans d'immigrations importantes) n'était alors que de 6 505 997 contre plus de huit millions en 2012 (8 054 756 pour être exact).

Puisque Radio-Canada ne fournit pas le diagramme sur l'indice de fécondité en déclin, nous le fournissons ci-dessous (la ligne avec les losanges noirs) :


Troisième année de déclin, insistance prévisible sur les bienfaits de la politique dite familiale

L’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,676 enfant par femme en 2012, en regard de 1,691 en 2011, de  1,707 en 2010 et de 1,738 en 2009.  L’indice de fécondité diminue donc légèrement pour une troisième année consécutive.

Le site de Radio-Canada souligne : « Selon les démographes l'augmentation du nombre de naissances au Québec ces dernières années est due en partie à l'amélioration des politiques de natalité, mais également à un phénomène de rattrapage des femmes de plus de 30 ans qui n'avaient pas eu d'enfant dans la vingtaine. »

Il ne relève pas que la natalité et la fécondité continuent de diminuer au Québec malgré des investissements croissants dans la politique dite « familiale » (voir ci-dessous) et que la natalité a également crû dans le reste du Canada sans ces programmes ruineux (et injustes puisqu'ils ne visent que les femmes qui retournent au travail et qui font garder leurs enfants par des tiers).

Fécondité du Québec désormais inférieure à celle de la Russie

La fécondité québécoise à 1,676 enfant/femme est désormais inférieure à la russe (1,7 enfant/femme). Alors que la fécondité québécoise décroît lentement, la russe a connu une forte progression depuis 10 ans. L'indice  synthétique de fécondité avait atteint un nadir historique de 1,16 enfant/femme en 1999 avant d'entamer une remontée et d'atteindre à nouveau 1,59 enfant/femme en 2010.

Les grandes métropoles, très peu fécondes...

Seules les régions à forte population amérindienne ont en 2012 un indice de fécondité supérieur au taux de remplacement des générations (c.-à-d. 2,1 enfants par femme). Il s'agit de la région du Nord-du-Québec, qui se situe loin devant toutes les autres et l’Abitibi-Témiscamingue.

Montréal et la Capitale-Nationale affichent la fécondité la plus faible, avec des indices inférieurs à 1,6 enfant par femme et même moins de 1,5 enfant pour Montréal.


Doublement du nombre de bébés avec parent né à l'étranger

En 2012, près de 30 % des enfants nés au Québec ont au moins un parent né à l’étranger. Il y a 20 ans, cette proportion était d’environ 15 %.



Billet du 3 mars 2013

D'après les chiffres préliminaires publiés aujourd'hui par l'Institut de la statistique du Québec, il serait né 88.700 enfants au Québec en 2012, soit une petite augmentation de 200 enfants par rapport à 2011. Ces chiffres préliminaires sont arrondis à 50 naissances près.

Or, comme la population du Québec a crû de 76 767 personnes entre 2011 et 2012 (principalement par l'immigration), cela signifie que le taux de natalité a baissé en 2012. Il s'élève (si l'on peut dire) à 11,01 ‰. C'est-à-dire 11,01 naissances par mille habitants.

Il s'agirait de la troisième année de baisse du taux de natalité:

  Année  Taux de natalité
  2009  11,4
  2010  11,2
  2011  11,1
  2012  11,0

Le chiffre des décès atteint lui un zénith à 60.800 soit une augmentation de 2,5 % par rapport à 2011 et 4,1 % en comparaison à 2010.


Prévision : le communiqué du gouvernement (s'il y en a un) puis les gros médias consensuels se concentreront sur ces chiffres bruts pour clamer un nouveau succès démographique dû à la généreuse politique familiale du Québec...

Rappel à la réalité :

La natalité a repris du poil de la bête partout au Canada sans cette politique ruineuse québécoise : les coûts explosent et la moitié des CPE sont en déficit !

Cette politique est discriminatoire : elle favorise les femmes qui retournent au travail et pénalise les femmes qui restent à la maison. Cette discrimination est volontaire.



Le graphique ci-dessous permet de mieux apprécier l'évolution de la natalité québécoise et de mettre en perspective le prétendu « baby-boom » que nous vivrions selon certains chroniqueurs. Le « baby-boom » de l'après-guerre pendant lequel le nombre d'enfants par femme était d'environ quatre enfants y est indiqué par la mention « pic de natalité ».

Évolution de la natalité au Québec de 1900 à 2010


Le taux de natalité n'est pas la meilleure mesure de la vitalité démographique puisque l'espérance de vie influe sur ce taux : une population nombreuse de femmes âgées qui n'a plus d'enfants déprime le taux de natalité. L'indice synthétique de fécondité est une meilleure mesure puisqu'il permet d'établir le nombre moyen d'enfants par femme. Ces chiffres ne seront pas disponibles avant quelques mois.

Investissements croissants dont le rendement diminue ?

Très fortes subventions aux garderies,
rien pour les parents qui gardent leurs enfants[1]
La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées.

En effet, une garderie privée subventionnée reçoit de l'État 34,50 $ par jour pour chaque enfant de plus de 18 mois et 51,70 $ pour chaque poupon, d'après les données de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ). C'est 37,80 $ et 58,60 $ dans le cas d'un centre de la petite enfance (CPE).

À ces subventions s'ajoutent les aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.
La politique familiale du Québec :
pénaliser les femmes qui restent au foyer ?[2]

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période, le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.

Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2011 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.

Emprunter pour payer les garderies, frais des ententes de la fin 2010

Le gouvernement québécois a emprunté 219 millions $ en 2009 (dernière année disponible pour les chiffres du vérificateur général) pour financer les services de garde à l’enfance et leurs immobilisations. Ces emprunts augmentent de façon constante depuis 2006.

En outre, le régime de retraite des employés des CPE et des garderies privées conventionnées accusait un déficit de 66,7 millions $ au 31 décembre 2009. Il s’agit d’une promesse de paiements futurs que le gouvernement devra un jour honorer. Soit en puisant dans les poches de contribuables, soit en haussant le tarif des garderies.

Pire : ces chiffres n’incluent pas les coûts de l’entente collective des quelque 10 000 éducatrices en milieu familial nouvellement syndiquées par la CSN et la CSQ à la fin 2010. Selon les estimations, cette convention collective coûtera au bas mot 200 à 300 millions $ supplémentaires à l’État, dès 2011.

Perte de libertés

Rappelons enfin que la « politique familiale » étatiste du Québec s'accompagne d'une perte de liberté et de choix des parents. C'est ainsi qu'on interdit désormais tout acte religieux ou explication d'un fait religieux dans les garderies subventionnées mêmes dans les petites garderies familiales alors que si les parents recevaient directement des allocations de garderie (ou étaient moins imposés) égales aux subventions perçues par les garderies ils pourraient plus facilement choisir des garderies religieuses ou non, selon leur préférence.




[1] Affiche soviétique des années 30. « À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »

[2] Affiche soviétique de 1932. Traduction : « Le 8 mars, jour de l'insurrection contre l'esclavage des travailleuses de cuisine. À bas l'oppression et la mesquinerie de la vie domestique ! »


Voir aussi

Québec — À nouveau une légère baisse de la fécondité en 2011

Taux de fécondité au Québec selon la langue maternelle et le lieu de naissance

Nettement plus d'enfants par femme mariée québécoise que par femme en union libre ou sans conjoint

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« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Taux de natalité du Québec à nouveau légèrement en baisse en 2011

(en 2010) Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

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Québec — taux de natalité baisse, coûts de la politique dite familiale augmentent sans cesse





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dimanche 5 mai 2013

Que peut nous apporter la pédagogie Montessori ?


Le collectif français SOS Éducation a organisé un atelier du mercredi, le 27 mars dernier, réunissant une vingtaine d’enseignants venus de tous les horizons, public, privé, privé hors contrat, autour d’une intervenante Maryline Maugin, éducatrice Montessori.

Maryline a enseigné pendant plusieurs années dans des écoles Montessori, aujourd’hui elle s’est tournée vers la transposition de cette pédagogie sur iPad et sur iPhone.

Elle intervient dans le cadre de cet atelier avec une question en tête : Maria Montessori a créé cette pédagogie pour les enfants déficients, souvent nécessiteux et aujourd’hui on ne la retrouve proposée que dans des écoles réservées à une élite.

Pourrait-on faire évoluer les choses ?

Découvrez le compte rendu de l’atelier « Que peut nous apporter la pédagogie Montessori ? »




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Afrique du Sud — Les enseignants en colère

Plusieurs milliers d’enseignants étaient en grève et ont manifesté mercredi à Pretoria et au Cap. Ils dénoncent un secteur de l’enseignement à la dérive, qui manque cruellement de ressources. Les enseignants évoquent notamment des bourses trop faibles pour les étudiants, et la persistance des écoles de boue dans les régions rurales.

Kobus Markee, enseignant :
« Les problèmes qui existaient sous l’apartheid sont toujours là. Nous attendons toujours beaucoup de changements. Plus que tout, il faut que davantage d’étudiants noirs terminent leur cursus ».
Les grévistes reprochent également au gouvernement de ne pas avoir tenu sa promesse d’augmenter les salaires des enseignants. Des accusations rejetées par le ministère de l’Éducation, qui les estime injustes.

Rose Mokgathle, représentante du Ministère de l’Éducation :
« Maintenant tout le monde ramène tout au passé [à l'apartheid]. C’est comme un couple marié qui aurait accumulé les problèmes à travers les années, et quand finalement ils éclatent, ils parlent de problèmes qui remontent à 10 ans en arrière. C’est très injuste pour le ministère ».
Ce mouvement de grève a été lancé par le SADTU, le syndicat des enseignants. Il est affilié au Cosatu, la plus puissante fédération syndicale d’Afrique du Sud.





L’Afrique du Sud a plus que quadruplé les dépenses en éducation depuis les premières élections multiraciales tenues en 1994. Cette forte augmentation ne s’est cependant pas traduite par de meilleurs résultats. On attribue habituellement ces échecs à la mauvaise formation des enseignants, à une réforme scolaire qui a augmenté la charge administrative imposée aux enseignants et à une culture rurale qui ne privilégie pas l’étude scolaire.

Les politiques de discrimination positive en faveur des Noirs menées par le gouvernement ANC depuis 16 ans privent également l’Afrique du Sud d’enseignants qualifiés. C’est ainsi que le quotidien Beeld avait signalé en août de l'année passée que plusieurs dizaines de milliers de postes d’enseignants et de directeurs d'école sont à pourvoir dans les écoles publiques sud-africaines. Ils ne sont pas comblés, car l’Administration n’en fait pas la publicité ou quand des professeurs blancs qualifiés y postulent on rejette systématiquement leur candidature. Le grand nombre de postes à pourvoir s’explique en partie par l’épidémie de SIDA qui fauchait déjà 55 enseignantes par mois en 2000. L'épidémie de SIDA touche principalement les éducatrices noires.

L’augmentation des dépenses en éducation n'a pas réduit substantiellement le taux d’analphabétisme. L’Afrique du Sud s'est classée au dernier rang dans un classement regroupant 40 pays, derrière le Maroc et le Koweït. Ce classement a été publié en 2007 dans le cadre du Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS:2006). Cette étude vise à établir les compétences de lecture des élèves de 10 et 11 ans quand ils sont confrontés à des textes littéraires et informatifs authentiques.

L'Afrique du Sud dépense 6,1 % de son produit national brut à l'éducation, une plus grande portion que la plupart des autres pays, mais ses résultats sont constamment parmi les plus mauvais.

Selon le dernier Indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, l'Afrique du Sud se classait 129e sur 139 pays en matière d'éducation primaire et 137e en sciences et mathématiques.


Voir aussi

Nouveau scandale dans le système éducatif d'Afrique du Sud, pour Nadine Gordimer l'éducation est « un désastre »

Discrimination raciale officielle dans les universités sud-africaines

Afrique du Sud – Pour la sixième année de suite, le taux de réussite aux examens de fin d'études secondaires diminue

Curiosité du jour : augmenter de 25 % les notes de tous les finissants sud-africains ?





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jeudi 2 mai 2013

« Obliger un homme à payer des impôts pour la propagation d’idées qu’il désapprouve et abhorre est scandaleux et tyrannique »


Déclaration de Thomas Jefferson, l’un des pères fondateurs des États-Unis, sur l'obligation de payer pour la propagande gouvernementale (voir ici), les médias subventionnés par les contribuables (pensez Radio-Canada) et les programmes scolaires orientés (pensez cours d'histoire, ECR, etc.) :
« Obliger un homme à payer des impôts pour la propagation d’idées qu’il désapprouve et abhorre est scandaleux et tyrannique. »





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Les écoles à charte monopolisent les meilleures places aux États-Unis

Les écoles à charte (ces écoles publiques dont la gestion est déléguée à un prestataire privé ou à une réunion de professeurs, et qui sont libres de choisir leur profil éducatif, pédagogique et spirituel) connaissent un fort succès aux États-Unis. Vingt-huit des 100 meilleures écoles des États-Unis sont des écoles à charte selon le classement publié ces jours-ci.

US News et American Institutes for Research (AIR) ont publié la semaine passée leur classement pour 2013 des écoles secondaires les plus performantes (2013 Best High Schools Rankings). Vingt-huit sur 100 sont des écoles à charte. Trois d’entre elles comptent même parmi les 10 meilleures : il s’agit de BASIS Tucson (n° 2), Gwinnett School of Mathematics, Science and Technology (n° 3) et BASIS Scottsdale (n° 5). Les écoles secondaires publiques sont évaluées sur la base d’indicateurs complexes comme la performance de leurs élèves aux tests nationaux, la performance des élèves défavorisés, les résultats au baccalauréat international… Ce classement a été opéré à partir des résultats de l’ensemble des établissements publics soit 21 035 établissements répartis dans 49 États et le District de Columbia.

Ces écoles à charte occupent une place toujours plus importante dans le classement : ils n’étaient que 10 en 2009. Ils sont donc 28 aujourd’hui parmi les 100 meilleurs des États-Unis. Cette forte progression des établissements publics à gestion autonome et privée montre l’efficacité de ce type de gestion et d’esprit. Une efficacité qui devrait inspirer le Québec dans ses réformes.

Sources : Public charters et Liberté scolaire

Pour en savoir plus sur la méthodologie de classement voir ici.

Voir aussi

Les écoles à charte américaines

Chèque-éducation, crédit d'impôts, écoles à charte : des solutions pour réformer l'école. Synthèse et documents

Angleterre — Écoles libres : la libéralisation de l’Éducation ?

Fascination française pour l'« Amérique d'Obama » et ses écoles à charte

Suède — Le monopole de l'Éducation incapable de répondre à tous les désirs

États-Unis — fraude systématique depuis dix ans dans les écoles publiques d'Atlanta

Washington (D.C.) — Des bons scolaires pour les pauvres plutôt que des subventions pour avorter

France — les écoles libres (hors contrat) n'en font qu'à leur tête




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mardi 30 avril 2013

Pétition et appui à la suppression du cours ECR

Une pétition circule actuellement pour la suppression du cours ECR. Elle est appuyée par l'Équipe autonomiste (que nous ne connaissons pas personnellement) :

Le cours d’éthique et culture religieuse, créé et rendu obligatoire par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, suscite beaucoup de désapprobation autant des professeurs qui l’enseignent que des parents dont les enfants le subissent. Selon les dires, cette formation ne serait qu’un cours d’accommodements raisonnables, faisant la promotion du multiculturalisme au détriment de la culture québécoise.

Équipe autonomiste a, dans son programme, une proposition (no 25) à l’étude, qui vise à abolir ce cours et à le remplacer par autre chose. Équipe autonomiste prône la culture générale mais dans le respect, entre autres, de notre valeur 5, «Le maintien et le respect des us et coutumes des Québécois».

Récemment, un citoyen motivé et convaincu, monsieur Karl Poirier, a invité le parti à signer la pétition qu’il a mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale. Comme cette action est dans le sens de l’orientation du parti, nous invitons nos membres et la population à signer cette pétition au lien https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-3801/index.html.

Équipe autonomiste félicite Karl Poirier pour son implication envers la société parce que... critiquer, c’est bien, agir, c’est mieux! 
Guy Boivin, Équipe Autonomiste

Notons que la phrase « Cela en apportant les modifications nécessaires à la mise en place d’un nouveau cours pour récupérer les 50 heures engendrées par cette abolition. » nous paraît peu précise. Personnellement, nous serions pour la possibilité de l'abolition pure et simple de ce cours dans les écoles privées et un choix d'option dans les écoles publiques selon la clientèle des écoles qui devraient gagner en autonomie.








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Déçue de la formation en éducation à l'université

Étudiante au baccalauréat en enseignement primaire et préscolaire à l'Université de Montréal, Marie-Ève Michaud quitte son programme. « Comment se fait-il que je puisse me permettre d'être absente aux deux tiers de mes cours sans que mes résultats (moyenne de 3.3) en soient affecté s? Je ne suis pas suffisamment stimulée, il n'y a pas de défis. Je paie environ 1500 $ par session universitaire pour finalement avoir à faire du « par cœur » deux jours avant l'examen. Je n'appelle pas cela une formation universitaire complète et pertinente. »


samedi 27 avril 2013

France — il ne fait pas bon s'opposer au mariage homosexuel (m-à-j, coup de pied à la tête d'un prêtre tombé)

Pour avoir attaqué une rame de train de banlieue, Mohamed Touré a été relaxé.

Pour avoir lancé une canette vide sur des policiers, un homme a été condamné à 4 mois de prison avec sursis.

Précisons que cet homme a agi en marge d'une manifestation contre la loi française sur le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe.

De même que ne voyez pas un acte politique dans la mise en garde à vue pour 48 heures de plusieurs personnes, dont un agriculteur père de famille de 10 enfants et d'un couple parents de 5 enfants, dont le tort était de n'avoir pas entendu l'appel à la dispersion des forces de l'ordre.

Ailleurs, de retour d'une manifestation légale, deux femmes rentrent chez elles. Soudain, arrestation par un policier : « cachez votre t-shirt, je vous confisque vos pancartes ».



Une jeune conductrice a été arrêtée place du Trocadéro, alors qu’elle rentrait chez elle après la manifestation. Son crime : laisser flotter sur sa voiture un drapeau de la Manif pour tous. En dressant son procès‑verbal, le policier qui l’a verbalisée a reconnu qu’il avait pour consigne d’arrêter tout véhicule portant les couleurs de la Manif pour tous.

Jeunes filles opposées à la loi Taubira agitant des drapeaux séditieux de la Manif pour tous

Le Cercle des avocats contre la répression policière communique :
« Alors que le gouvernement a fait adopter dans la précipitation, et ce au mépris d’une opinion de plus en plus hostile, la loi dénaturant l’institution du mariage et fragilisant les plus faibles, les violences policières se multiplient. Hier Pascaline a été interpellée devant l’Assemblée nationale alors qu’elle était seule, un tee-shirt de la manif pour tous qui dépassait de son blouson, par deux policiers en civil. Après l’avoir contrainte à se rendre près du métro Assemblée nationale, elle a été violemment frappée par ces policiers accompagnés dans ces œuvres de basse police politique, par deux gendarmes. Cet acte de violence n’est, hélas!, pas isolé.

Depuis plusieurs jours, des jeunes gens, en majorité des jeunes filles, se font prendre à partie de manière isolée par des agents de la force publique. Ces faits de violence répétée par des personnes dépositaires de l’autorité publique à l’encontre des opposants à la loi Taubira, sont hélas suffisamment récurrents pour ne pas y voir une volonté politique de museler cette résistance pacifique en dissuadant les plus faibles des manifestants comme ce fut le cas avec la garde à vue des 67 campeurs de l’Assemblée nationale.

Pascaline et avant elle, Marie Astrid, Gabrielle, Thomas ou encore Dominique ont décidé de porter plainte. Le cercle des avocats contre la Répression policière (le Carp) demande expressément au Procureur de la république d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces violences. Alors qu’un syndicat représentatif de magistrats affiche dans ses locaux un « mur du çon » sur lequel figurent les noms des pères de victimes odieusement assassinées, il est temps que les victimes soient reconnues.

Un rassemblement sera organisé lundi 29 avril à 18 heures 30 devant le Palais de Justice de paris pour dénoncer ces violences et demander solennellement au Parquet et à Madame Taubira de rendre justice. »

Charge des policiers

Le Figaro raconte la garde à vue abusive d'un directeur financier d'un groupe industriel, qui a passé 44 heures en garde à vue pour avoir soutenu des manifestants croisés par hasard dans la rue :
« Pour avoir lancé un simple « Bon courage ! » à un jeune manifestant à l'oreille ensanglantée, interpellé par la police à l'issue de la Manif pour tous de mercredi dernier, Grégoire a passé 44 heures en garde à vue. »
Sur le PV de l'audition, « un drapeau devient une banderole, un tee-shirt vert devient kaki, avec tout l'imaginaire derrière… »
La ballerine des manifestantes BCBG bastonnées et aspergées de gaz lacrymogène
 est devenue le symbole des manifestants

Coup de pied décoché par un policier à la tête d'un curé à terre

Une vidéo publiée le 19 avril [sur YouTube] montrait une échauffourée entre les forces de l’ordre et des manifestants catholiques qui refusaient de se disperser. Vers la 4e minute du film, un jeune homme est plaqué au sol. Un curé en soutane vient à son secours et s’agrippe à lui. Les CRS séparent les deux hommes et traînent le prêtre vers leur panier à salade. Vers 4’ 41”, on voit clairement l’un des CRS lui décocher un coup de pied en pleine tête. Le geste ne dure qu’une fraction de seconde, mais je suis certain que la victime a dû le sentir passer. [Le prêtre en question, agé de 52 ans, sera jugé à une date qui n'a pas été précisée pour « violences sur fonctionnaire de police », selon une source judiciaire ! Heureusement, aujourd'hui les vidéos se multiplient et la parole des policiers qui se disent agressés ne pourra plus être crue d'office.]
Malheureusement, ce genre de scène n’a rien d’exceptionnel. Nous racontions [le 25 mars] dans nos colonnes que la police repoussait la foule par des jets de gaz lacrymogènes, et j’ai reçu plusieurs témoignages isolés faisant état d’enfants matraqués et de manifestants tabassés. La plupart des récits de ce genre n’apparaissent que sur des blogs catholiques et des sites ultraconservateurs – mais ils sont là, en rouge sang, à la disposition de tous.

Un prêtre tente de parler avec les forces de l'ordre lors de l'arrestation d'un manifestant opposé au mariage homo, à Paris, le 19 avril 2013 

Arrestations abusives 

Un lecteur du Salon Beige, François Malaquin, raconte son arrestation abusive :
« J'étais en garde à vue, sans raison, sans motif, sans cause. Relâché après quelque 18 (dix-huit) heures de pénible emprisonnement, dans une cellule insalubre, ignoré, coupé du monde, épuisé.

Vendredi 19 avril, 23h15 le commandant de la compagnie de CRS m'interpelle abusivement, gratuitement, mégaphone à la main. On me fait asseoir, on sollicite mon identité puis rien. Je n'avais pas harangué la foule. 23h20. Ni menottes, ni confiscation dudit mégaphone (qui eût dû l'être, en l'espèce, au vu du motif invoqué, inventé devrais-je dire): "incitation à la rébellion" (et quelle rébellion de jeunes de 20 à 30 ans sans armes!).

 Un CRS, courtois, au demeurant, m'accompagne, après 1/2h d'attente sans surveillance dans le dos de la ligne de CRS, vers le TCP (Camion Prison). Quel agitateur, devais-je être, pour n'avoir pas été surveillé ?... Leur attitude témoigne d'elle-même de l'absence totale de menace. Laisserait-on un réel agitateur sans surveillance ? Enfermé dans ce camion, un policier entre, nous invective gratuitement, comme on traite de dangereux malfaiteurs ! Puis, nous menotte (pour ceux qui ne l'étaient pas) sans motif apparent de révolte. il est 00h30. Attente...

 Arrivée au dépôt : 1h30 du matin. Circonspection des policiers. "Qui l'accompagne celui-là ? Personne. Quel motif ? On ne sait". Je m'attends à une vérification d'identité... On me met en garde à vue ! De la fouille au corps, au menottage, suivi d'une incarcération dans une de ces geôles Françaises à 2h30 du matin, qu'il vaut mieux observer dans un reportage : je passerai 18 heures, sans sommeil, avec une nourriture rare, une mauvaise odeur pestilentielle et l'impossibilité de savoir quel sera mon sort. Ni surtout : Pourquoi ? Pour avoir traîné un peu plus tard?...

 Police nationale ? Que fais-tu de ton blason ? Assister - protéger et servir. Police politique désormais ? Condamnée à suivre les instructions de M. VALLS, dont la procureure adjointe (on doit dire ainsi désormais) se montrera extrêmement lente à notifier l'absence de charges retenues et ma mise en liberté immédiate. Pour le plaisir ? Par instruction du ministre ? Par idéologie ? CRS forcés à "interpeller" pour faire du chiffre.. Policiers enclins à arrêter, quand ils ne provoquent pas eux-mêmes ! Mais également, une autre réalité en commissariat : OPJ et brigadiers débordés, agacés que l'on enferme des citoyens français si hâtivement !

La procédure, pour laquelle on prit mes empreintes digitales + photos, se finit à 11h. (ceci n'est pas conforme aux dispositions recommandées par la CEDH, dans le cas de l'incarcération d'un innocent). Libération samedi en fin d'après-midi après 18h d'enfermement. Sans excuses, sans autre forme de procès, puis-je dire. Ainsi l'on traite désormais les innocents s'ils ne conviennent pas à la ligne politique décidée par le gouvernement. L'Ordre républicain si cher aux gouvernants lorsqu'ils "crient" pleins d'emphase leur goût pour la Loi républicaine est surprenant ! Ne consiste-t-il pas justement à Protéger les 'Citoyens de la République de l'arbitraire ? Et quel citoyen a été menacé par nos regroupements "bon enfant" ? Quel abribus a été cassé ? Quelles portes furent enfoncées ? Quels pneus a-t-on lancés ou autocar en feu contre le mur des forces de l'ordre (cf les agriculteurs) ? Quel débordement a sérieusement eu lieu ? »
Ils demandent un référendum, ils sont des ennemis de la démocratie !

Léger incident de séance, juste avant le vote de la loi sur le mariage et l'adoption homosexuels.

Des manifestants ont demandé en chambre à ce qu'un référendum soit tenu sur la question (ci-dessus), ce qui a énervé le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui les a fait évacuer et les a décrits comme des «  ennemis de la démocratie »... Le référendum étant antidémocratique comme tout le monde le sait. Ou est-ce simplement que le scrutin à deux tours permet à 30 % des électeurs inscrits d'avoir 60 % des sièges au parlement et que cette démocratie-là arrange mieux les socialistes que l'expression directe du peuple qui est opposé à 55 % à cette loi ?



Une personne, qui aurait blessé un personnel de sécurité, a été placée en garde à vue. Les autres ont été relâchées après environ 4 heures d'attente pour contrôle d'identité...

Claude Bartolone a annoncé qu'il portait plainte « contre les ennemis de la démocratie ». En 2009, des militants de Greenpeace étaient descendus dans l'hémicycle. On ignore quelles suites judiciaires leur avaient été réservées.

Rappelons la conception particulière de la justice du rapporteur socialiste de la Commission des lois au Sénat :  « le fondement du juste c'est le rapport de force ».

Voir aussi

Manif pour tous - La police écrase une manifestante ! (vidéo)

Manif pour tous - Les photos retouchées par la Préfecture ? (vidéo)

Pauline*, 22 ans, agressée mercredi par deux gendarmes près de l’Assemblée nationale

Le syndicat de la magistrature (un tiers des magistrats français) et son mur des cons qui insultent les opposants de l'extrême gauche, y compris des parents de filles violées et tuées dans les transports publics... (vidéo)

Reportage sur la dernière grande manifestation contre la loi Taubira

Émission radio avec un gardé à vue par la police et son avocat (disponible pour quelques semaines seulement)

Voir comment soixante députés donnent plus du double de voix (vidéo) et comme faire vérifier devient un simple rappel.

De l'autonomie des écoles

Entretiens avec Maurice Berrard (ci-contre), inspecteur d'académie, docteur en anthropologie, fondateur de la revue Éducation & Management, est l'auteur d'ouvrages dans le domaine de l'éducation.

Dans votre récent ouvrage, vous faites de l’autonomie l’axe principal d’une refondation de l’Éducation nationale. Pourquoi ?

Maurice Berrard — L’autonomie est l’expression d’une liberté intérieure fondamentale. Elle traduit une conception humaniste, celle d’un Homme libre et responsable de ses actes. À ce titre, elle constitue à la fois la finalité  et le moyen de l’éducation. Il y a dans nos écoles trop de situations complexes, de différences entre les élèves, de problèmes inédits, d’événements inattendus, trop d’intérêts contradictoires à coordonner pour attendre qu’un pouvoir central impose « l’unique bonne façon de faire »  dont parlait Taylor. Il vaut mieux compter sur la motivation, la compétence et le pouvoir d’innovation de chaque acteur du terrain.

Vous proposez dans votre livre deux avant-projets de loi pour instaurer davantage d’autonomie et promouvoir une responsabilité effective des établissements. Pouvez-vous les résumer ?

Confier aux établissements la responsabilité directe de l’enseignement et la pleine maîtrise de leurs moyens humains et financiers. Pour cela, il faut s’appuyer sur une base législative simple et claire.

Ne serait-ce pas trop renforcer le pouvoir du chef d’établissement et affaiblir l’État ?

Il est vrai que le chef d’établissement ne représenterait plus l’État, mais l’établissement qu’il dirige, tout en restant un fonctionnaire public responsable du bon exercice de ses fonctions. Il serait alors important de définir les conditions d’un fonctionnement interne réellement démocratique, ainsi qu’une nouvelle façon de diriger. C’est pourquoi nous détaillons dans notre livre ce que peut être le « management éducatif » de demain. Pour autant, en se recentrant sur l’essentiel, l’État conforterait  ses missions : mieux préciser ce qu’il attend de l’École, organiser le système, clarifier les objectifs et les programmes du socle commun, recruter les fonctionnaires, définir les examens, évaluer les résultats, compenser les inégalités, formuler des recommandations, encourager la circulation des bonnes pratiques.

Les Français sont-ils prêts à accepter plus d’autonomie alors que le discours dominant présente l’école unifiée et centralisée comme faisant partie du patrimoine national ?

Depuis un siècle, le mouvement des institutions françaises va dans le sens d’une plus grande autonomie locale. Tout est une question d’équilibre et il ne faut pas non plus confondre un tel mouvement avec le laissez-faire, l’acceptation des inégalités ou le triomphe du plus fort. Il est primordial que ce mouvement soit souhaité par les acteurs eux-mêmes.

Quelles sont, selon vous, les clés d’une bonne gestion éducative ?

Être convaincu de l’importance de chaque personne au sein d’un travail d’équipe, comprendre le sentiment de confiance collective comme la condition essentielle d’une énergie vitale qui se renforce sans cesse en cas de coopérations réussies. Le management éducatif est fondé sur une discussion publique qui a l’entente pour horizon, comme base une définition commune du projet d’ensemble  et des problèmes à résoudre, comme moyen l’échange d’arguments rationnels et comme loi la reconnaissance du meilleur des arguments.

Pourquoi la confiance semble-t-elle tant manquer aujourd’hui ? 

Dans notre société, les valeurs de l’École et les modèles véhiculés dans les médias se contredisent souvent, ce qui rend la tâche des enseignants bien difficile. Vouloir triompher d’autrui s’oppose à l’effort de compréhension mutuelle. Former les élèves à la lecture critique de ces contradictions semble indispensable.

Que deviendraient les institutions dites représentatives dans une démarche de décentralisation accrue ?

Si vous évoquez les associations de parents d’élèves ou les représentants des personnels, leur influence s’en trouverait renforcée, mais leur intervention changerait de nature. Il ne s’agirait plus de soutenir des  positions de principe sur la grande scène du spectacle médiatique, mais d’une action concrète sur le terrain. Plus modeste, mais plus utile.

L’autonomie a-t-elle une couleur politique ?

Une radio (1) m’a interrogé : « L’autonomie est-elle de droite ou de gauche ? »  Ni de droite, ni de gauche, ni du centre. C’est un principe qui relève d’une vision humaniste  fondée sur l’obligation morale de s’adresser à la part la plus noble et la plus exigeante en chacun d’entre nous. Cela dit, Daniel Mallet et le cercle de réflexion qu’il dirige ont présenté les avant-projets de loi aux autorités politiques et syndicales  il y a déjà une trentaine d’années. Il se trouve que, depuis peu, certaines propositions ont été reprises par un parti classé à droite et un autre classé au centre. Dont acte. Au risque de paraître immodeste, c’est dans cet ordre chronologique que les événements se sont déroulés. Mais je répète qu’en l’occurrence la distinction droite-gauche n’est pas opportune. Notre livre s’explique clairement sur ce sujet et propose une véritable politique d’éducateurs.

(1) À consulter sur internet : « L’autonomie est-elle de droite ou de gauche ? », France Info, Emmanuel Davidenkoff, 24/10/2012

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