jeudi 29 mars 2012

Alberta — La loi qui devait imposer la rectitude politique aux enfants instruits à la maison meurt au feuilleton

Une nouvelle loi en éducation en Alberta (projet de loi numéro 2) devait imposer aux parents, dans leurs propres foyers lorsqu'ils enseignent à leurs enfants, le correctivisme politique, et notamment la lutte à l'hétérosexisme qui considère l'hétérosexualité comme plus naturelle que l'homosexualité.

Lundi, le gouvernement conservateur albertain a officiellement déclenché des élections provinciales. Ceci signifie que toutes les lois qui n'ont pas adoptées en troisième lecture meurent au feuilleton. C'est le cas du projet de loi 2. S'il devait jamais être loi, il devra à nouveau être présenté en première lecture au parlement albertain après les élections. Rien n'est moins certain, les conservateurs albertains étant dépassés dans les sondages par un nouveau parti, plus conservateur, le Wildrose Party. Lors d'une manifestation (voir 3e vidéo), le Wildrose avait promis d'abrogé l'article 16 de la loi qui se lisait :

16 Tous les cours et les programmes d'études offerts, ainsi que le matériel pédagogique utilisé dans une école, doivent refléter la nature et l'héritage diverses de la société en Alberta, promouvoir la compréhension et le respect d'autrui, et honorer et respecter la Charte canadienne des droits et libertés et la Alberta Human Rights Act.


Les parents albertains (y compris des parents d'écoles catholiques) avaient tenu plusieurs manifestations contre le projet de loi n° 2.


(Vidéo en anglais, première minute est silencieuse)




Avec l'honorable Thomas Lukaszuk (Ministre de l'Éducation) et Rob Anderson (critique du parti Wildrose en éducation) en présence de la chef du Wildrose Party, Danielle Smith.





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Royaume-Uni — un adulte sur cinq est analphabète

Selon un rapport publié ce jeudi par la Fondation pour l’alphabétisation, entre 6 et 8 millions d’adultes britanniques ont des difficultés à lire une notice de médicaments ou à utiliser un chéquier. Outre-Manche, c’est donc un adulte sur cinq qui serait analphabète ! Un fléau qui coûte chaque année 81 milliards de livres au Royaume-Uni (en pertes de revenus et en dépenses sociales supplémentaires). C’est deux fois plus que l’Allemagne et trois fois plus que la France.

Dans l'Union européenne, seule l’Italie et l’Irlande parvienne à faire pire. L’auteur du rapport, Andrew Kay, ne mâche pas ses mots : « Nous devons traiter l’analphabétisme comme une maladie à éradiquer ». En effet, de tels chiffres sont « choquants en 2012 » et seule une « intervention précoce peut éviter une vie de misère, de pauvreté et de souffrance pour un enfant, un adolescent ou un adulte qui a du mal à lire ou à écrire ». La fondation préconise par conséquent de considérer « l’éradication de l’analphabétisme » comme « un investissement plutôt qu’un coût ». Dans le monde, environ 800 millions de personnes sont analphabètes.

Les dépenses en Grande-Bretagne consacrées à l'éducation ont doublé entre l'an 2000 et 2007, sans que cela ait eu le moindre effet sur l'analphabétisme. À cette même époque, alors que doublaient les dépenses, la proportion d'écoliers britanniques qui apprennent une langue étrangère a diminué des deux tiers à la suite de la décision du gouvernement de ne plus imposer l'apprentissage d'une langue étrangère dans les écoles publiques.

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Post-Thatcher Britain: Corporatist Champion of Pathologies and the Soviet Union with Supermarkets

Enfants gâtés pourris, les dégâts du sentimentalisme




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Il faut responsabiliser les parents pour qu'ils choisissent ; l’État peut les épauler, pas choisir à leur place

Parents informés, voire surinvestis, parents démissionnaires, parents simplement vigilants ou inquiets à la veille du conseil de classe… C’est peu dire que la relation entre les parents et l’école est complexe et variée. Si chacun reconnaît que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, les avis divergent quand il s’agit de leur ouvrir les portes de l’école. Anne Coffinier, normalienne, directrice de la Fondation pour l’école, et Jean-Paul Brighelli, lui aussi normalien, professeur agrégé et auteur de La Fabrique du crétin, en ont débattu pour Famille Chrétienne.

Anne Coffinier – Les parents sont les premiers éducateurs et les premiers responsables de leurs enfants. C’est une affirmation constante du magistère de l’Église et c’est aussi une vérité expérimentale vivement ressentie par chaque parent ! Il revient en revanche à l’État et aux organismes d’intérêt général compétents de mettre à la disposition de tous une information la plus complète, honnête et exhaustive possible sur la réalité de l’offre scolaire existante.

Il faut bien voir que l’on est face à un choix de société fondamental. Pour qu’il y ait un véritable État de droit, il faut tout d’abord que le choix de l’école soit reconnu et garanti constitutionnellement aux parents, que l’information sur la qualité de l’offre soit accessible à tous et que les parents aient les moyens financiers de jouir effectivement de ce droit.

Si l’État s’arroge le droit de choisir le destin de nos enfants à notre place, nous sommes dans une société de type totalitaire caractérisée par l’emprise de la sphère publique sur les familles et les consciences. C’est hélas en partie le cas aujourd’hui. Dans la mesure où l’État rend gratuit un seul type d’enseignement, impose la carte scolaire et interdit, à coup de lois, à l’école privée d’être gratuite, il pèse lourdement sur le choix des familles, surtout des plus démunies.

Aujourd’hui, l’institution scolaire entretient une relation très ambiguë avec l’autorité des parents qu’elle prétend reconnaître et même vouloir renforcer, mais qu’en pratique elle sape consciencieusement. Les parents sont infantilisés, tenus à bout de gaffe loin de la salle de cours. Leur autorité est souvent bafouée par une Éducation nationale qui s’aventure impudiquement jusque dans la formation des consciences des enfants à travers l’éducation civique ou sexuelle, ou l’invasion plurimorphe du politiquement correct dans la vie de l’école.

Qu’ils soient discrets, et on décrie le caractère démissionnaire des parents ; qu’ils expriment leurs critiques, et on les qualifie instantanément d’« enquiquineurs ». Les parents ne sont peut-être pas parfaits mais ce sont encore eux qui sont les plus légitimes à agir sur le destin des enfants.

Cela ne donne pour autant pas droit aux parents de se mêler de tout et de ne pas respecter les décisions des professeurs et directeurs. C’est parfois très compliqué, y compris dans les écoles hors contrat où les parents ont payé, fait beaucoup de sacrifices, et estiment en conséquence avoir un pouvoir à faire valoir.

Jean-Paul Brighelli – Si je peux me permettre, c’est le talon d’Achille de tout le système privé payant. On se retrouve à peu près dans la même situation que les annonceurs par rapport àla presse. Impossible de déplaire à une firme à laquelle la régie publicitaire fait les yeux doux — quoi qu’elle ose…

A. C. – Sauf si vous diversifiez les annonceurs. Ce que vous dites est vrai si vous dépendez de quatre parents. Quand vous avez suffisamment de charisme et d’attractivité, ce n’est plus le cas, notamment si vous avez des listes d’attente. Le parent sait qu’il y a une règle, une charte d’établissement, et que c’est cette règle qui rend l’école féconde.

On le dit aux parents : soit vous êtes d’accord, et vous ne pouvez manifester votre mécontentement que si l’école ne tient pas ses promesses. Soit vous désirez finalement autre chose que ce qu’on vous a promis et il est préférable que vous retiriez votre enfant de l’école pour le confier à un établissement qui réponde mieux à vos attentes. C’est la règle du jeu.

L’histoire du « j’ai payé donc j’ai le droit » existe dans les boîtes à bac lucratives, mais je vous garantis que ça n’existe pas dans les écoles associatives indépendantes dont la Fondation pour l’école s’occupe.

J.-P. B. – Les trois quarts des parents ne connaissent rien au système éducatif — par manque de formation, d’information ou de temps. Et encore moins aux matières enseignées, qui bien souvent diffèrent de celles qu’on leur a jadis enseignées. L’idée qu’ils puissent choisir librement l’école de leurs enfants est pour moi une vue de l’esprit.

Quant à la carte scolaire, elle a été largement assouplie, mais aujourd’hui encore, c’est la proximité qui est le premier facteur dans le choix des parents. Tout le monde n’a pas le loisir d’amener ses enfants dans un établissement situé à des kilomètres. Ou de les faire amener. Il y a un univers où les gens travaillent, et travaillent tôt, vous savez…

Et je préfère me battre pour que toutes les écoles soient d’excellence, plutôt que de voir une foire d’empoigne pour inscrire ses rejetons dans quelques établissements réputés, que cette réputation soit ou non fondée.

Il y a a contrario des familles qui ont démissionné en terme d’éducation…

J.-P. B. – La relation avec les parents, c’est en effet très complexe. D’un côté on a des parents informés, voire surinformés, qui à la limite viennent vous expliquer ce que vous devez faire en classe. De l’autre, certains sont en dessous de tout. Et au milieu, la grande masse des parents qui font confiance au système qui les a formés eux-mêmes.

Nous partageons la même idée de la culture. Quand vous connaissez l’ambiance des quartiers nord de Marseille, vous vous dites parfois qu’il n’est pas sain que les élèves rentrent chez eux le soir. Il faudrait dans certains cas les couper de la culture familiale, si on veut les arracher à un milieu totalement acculturé. Il n’y a pas quarante mille cultures, culture des quartiers, culture jeune, culture religieuse, ou que sais-je, mais une seule, la culture dominante. Bourgeoise. C’est pour ça que l’État, si son offre est fiable, a un rôle véritable. Par exemple avec les internats, qu’il faudrait multiplier.

A. C. – Sur le rôle des parents, je reconnais qu’il y a un monde entre l’idéal etla réalité. Ils sont incarnés, faillibles. Mais attention à ne pas prendre des décisions générales à partir de cas exceptionnels. C’est toujours comme cela que l’on supprime les libertés.

Confier le pouvoir éducatif à l’État sous prétexte qu’il existe des parents indignes est irrecevable. Toute société libre doit être fondée sur la confiance dans les citoyens. Si vous établissez une société sur la défiance, vous sombrez dans le totalitarisme. On ne peut pas transgresser cette règle d’or.

Tout doit être fait pour responsabiliser les parents, pour les placer dans une situation où ils seront contraints à poser des choix, donc à se renseigner pour choisir au mieux de l’intérêt de leur enfant. Là encore, des organismes d’intérêt général et l’État même peuvent les épauler, les éclairer, pas choisir à leur place.

J.-P. B. – L’État a tout à fait les moyens d’imposer nationalement à tous les établissements des règlements internes qui, par exemple, interdiraient les portables ou obligeraient à avoir une tenue correcte — sans que ce soit nécessairement un uniforme. C’est le cas dans mon établissement, ce qui met un terme aux concours de strings et décolletés plongeants comme aux petits films qu’on prend du prof quand il s’énerve ou de la copine dans les toilettes. Il faut aussi l’expliquer aux parents qui rechignent à laisser partir leur petit sans son portable pour pouvoir le joindre.

C’est un problème de société. De plus en plus de gosses vont à l’école pour se servir à l’étalage en quelque sorte. Un prof un peu exigeant devient vite un enquiquineur et un tyran, transformé par les gosses et revu par les parents. De même, les parents ont été les premiers à applaudir à la semaine de quatre jours en primaire — ça collait avec leur conception de la fin de semaine –, mais pas avec des programmes scolaires un peu exigeants.

Propos recueillis par Clotilde Hamon – Article paru dans le numéro 1784 de Famille Chrétienne daté du 24 au 30 mars 2012.




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« Les lycées mixtes ont d’abord été ouverts pour des raisons idéologiques et financières [...] sans étude scientifique »

Il est sans aucun doute le psychiatre français le plus médiatique. À 74 ans, Boris Cyrulnik, qui a grandi dans un milieu très modeste où l’aventure intellectuelle n’était pas valorisée, il revient sur son expérience d'écolier et de collégien.

Vous étiez dans un lycée de garçons. Quelles étaient vos relations avec les filles ?

Boris Cyrulnik — Nous leur parlions avec déférence. On les vénérait parce qu’il n’y avait pas de mixité à l’école. Et il y avait une sorte de barème dans les vêtements. D’abord la culotte courte, pour les petits, la culotte golf ensuite, puis le pantalon long pour les adolescents. Mettre un pantalon long impressionnait les filles ! Pour moi, la mixité est un leurre d’adulte. Les lycées mixtes ont d’abord été ouverts pour des raisons idéologiques et financières, sans que cela ne soit précédé, ni suivi, d’aucune étude scientifique. Donc, on ne sait pas ce que provoque la mixité.

J’habite aujourd’hui à Toulon et, lorsque je prends le bateau pour la rade, deux choses m’étonnent. Les filles sont plus grandes, plus matures, ont des seins, travaillent… Et les garçons sont d’une brutalité stupéfiante avec elles.

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Éric Zemmour — Eric Zemmour : « Hollande, les grandes écoles et les quotas »

Voulant accentuer la lutte contre les échecs de l'intégration des populations issues de l'immigration et des « inégalités sociales » François Hollande a confié, lors d'une émission du Bondy Blog diffusée dimanche prochain sur La Chaîne parlementaire, qu'il voulait voir 4 à 6 % des élèves de terminale (la dernière année du cégep) intégrer une classe préparatoire aux grandes écoles, quel que soit leur lycée d'origine.

Cette proposition s'inscrit dans la volonté « de démocratiser :» davantage l'accès à ces formations qui créent les élites françaises de demain. Mais, du côté de l'actuel gouvernement, on répond que la mission est déjà remplie avec, depuis 2007, le doublement du nombre de boursiers intégrant une prépa. Ils sont à présent près de 30 % en classes préparatoires.

« La démocratie, c’est merveilleux. C’est l’alibi de de toutes les démagogies, toutes les régressions, tous les renoncements. Toutes les hypocrisies aussi » remarquait mercredi Éric Zemmour. Le chroniqueur dénonce sur RTL la volonté affichée par François Hollande de « diversifier l’accès aux classes prépas ». « Diversité, c’est le nom de code pour dire "banlieues", "enfants d’immigrés", "discrimination positive" », précise-t-il à l’intention de ceux qui ne parlent pas la novlangue.

Autrement dit, c’est une « discrimination positive sournoise » que souhaite mettre en place François Hollande. Qui « n’ignore rien des conséquences » d’une telle proposition : « soit les grandes écoles abaisseront leur niveau pour laisser entrer [les jeunes des banlieues], soit elles leur fermeront la porte au nez, suscitant frustration et colère, soit, à la manière de Sciences Po, elles feront une place privilégiée aux enfants de la diversité au détriment de jeunes qui avaient le bon niveau mais pas la bonne origine ou la bonne classe sociale. Soit, dernière solution, les élèves faussement élus seront dirigés vers des prépas de catégories inférieures, les Formule 1 [des hôtels bon marché] des classes prépas qui pullulent et jamais dans les grands lycées parisiens ou de province, les quatre étoiles luxes des classes prépas qui ouvrent les vraies portes des grandes écoles. » Encore plus fort, Hollande veut que les « élèves des bacs technologiques  », « qui n’ont déjà pas le niveau pour suivre en universités où ils subissent depuis des années une véritable hécatombe », aient, eux aussi, accès aux classes préparatoires ! Des réactions à droite ? Pas du côté des amis du président-candidat, en tout cas. Comme le note avec fatalisme Zemmour, « la droite sarkozyste ne s’oppose aux socialistes que pour crier au voleur »…


La « gauche » en avait rêvé, la « droite » le fait

Comment Valérie Pécresse [ancienne ministre de l'Éducation supérieure en France, désormais porte-parole du gouvernement] peut-elle intimer l’ordre aux Grandes écoles d’édulcorer leurs concours afin de les ouvrir à la « diversité », comme elle vient de le faire dans son discours de clôture du colloque annuel de la Conférence des Grandes écoles ? Parce qu’ils sont objectifs et anonymes, ces concours sont jusqu’à présent le seul rempart de la méritocratie républicaine et la seule vraie chance de promotion sociale pour les élèves de tous milieux ayant de bonnes capacités d’intelligence et de travail. Si Mme Pécresse réussit à casser cet outil et la juste sélection qu’il permet, elle aboutira à désorganiser l’enseignement à l’intérieur même des écoles et à dégrader ainsi les derniers centres d’excellence et d’expertise existant dans le système français d’enseignement supérieur.

dimanche 25 mars 2012

La révolution silencieuse de l'école italienne

Dans son livre La fatale perversion du système scolaire français, Yves Morel s’intéresse particulièrement à la décentralisation de l’institution scolaire italienne intervenue en 1997. II revient sur ce sujet dans la présente tribune libre pour montrer en quoi cette « décentralisation scolaire », désormais mise en place, contribue à l’amélioration de la qualité des écoles italiennes.

L’Italie a opéré une très importante réforme politique, administrative et pédagogique de son système d’enseignement par la loi 59 du 15 mars 1997. Il s’agit d’une décentralisation audacieuse de l’institution scolaire. L’État italien conserve des attributions importantes : cadrage des plans d’études, définition du contenu des examens et diplômes, évaluation du système éducatif, responsabilité de la formation continue des maîtres. Mais les régions ont charge du cadrage des plans d’études personnalisées, du contenu et de la garantie des examens et certifications de fin de troisième et de quatrième années, du financement des activités pédagogiques, et, pour l’enseignement professionnel seulement, du recrutement et de la formation des enseignants et chefs d’établissements. Donc, une répartition judicieuse entre l’État et les régions sur les plans administratif et budgétaire, qui constitue une nouveauté relativement à l’ancienne centralisation.

En revanche, l’enseignement lui-même et les méthodes éducatives et pédagogiques relèvent désormais, et il s’agit là de l’innovation la plus radicale de cette réforme de 1997, de la responsabilité des seules régions. Désormais, la loi définit uniquement les compétences que les élèves doivent acquérir au cours de chaque cycle de leur scolarité ; les établissements ont l’entière responsabilité des programmes et des méthodes d’enseignement.

Les établissements (les scuola elementare primaires et les scuola media, équivalents de nos collèges) assurent chacun 1 000 heures annuelles d’enseignement par classe : 800 pour les enseignements généraux à caractère « national », pourrait-on dire, et 200 pour les enseignements portant sur des sujets d’ordre régional.

Trois dispositifs assurent la cohérence du système éducatif. Il s’agit d’assurer une liaison satisfaisante entre les établissements, les familles et les pouvoirs régionaux et locaux, et, ainsi, de garantir l’adéquation de l’autonomie des écoles avec l’intérêt de leurs usagers et de la collectivité. Ces dispositifs sont le projet éducatif d’établissement (PEI), le plan de l’offre de formation (POF) et le plan d’études personnalisé (PSP). Ce dernier est élaboré à partir du PEI et suivant les objectifs éducationnels (lesquels ont remplacé les programmes nationaux du ministère), les besoins de la région et les exigences personnelles de chaque élève. Les établissements travaillent en liaison étroite avec les collectivités territoriales, les associations familiales, sociales, économiques et culturelles et les entreprises. Ils reçoivent l’aide intellectuelle, documentaire, technique de bureaux scolaires régionaux et de divers établissements publics nationaux, tels l’Institut national pour l’évaluation du système d’instruction (INVALSI) et l’Institut national de la documentation pour l’innovation et la recherche éducative (INDIRE).

Le système éducatif italien public a donc été donc décentralisé, depuis la loi du 15 mars 1997, et non pas libéralisé au sens économique du terme, non pas privatisé. Il se caractérise en vérité par une collaboration permanente et équilibrée entre l’État, les régions et les établissements et entre les intérêts les plus personnels des élèves et les besoins locaux, régionaux et nationaux.

Il existe aujourd’hui, en Italie, un consensus autour de cette réforme. La classe politique, les intellectuels, les enseignants de tous niveaux, les parents, estiment qu’elle a « désenkysté » le système éducatif de sa routine, qu’elle a mis fin à sa sclérose et à sa décrépitude et qu’elle lui a donné une dynamique, et même, carrément, une vie nouvelle. Tous les établissements ont dû innover et se montrer constamment soucieux de s’améliorer, selon une universitaire italienne, et l’Italie rejoint aujourd’hui le groupe des pays développés les plus efficaces en matière d’enseignement.

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samedi 24 mars 2012

« Même si code criminel canadien interdit formellement l'euthanasie...»

Selon le Journal de Montréal, même si code criminel canadien interdit formellement l'euthanasie, la Commission s'appuie sur le Barreau du Québec et soutient que ce n'est pas un obstacle pour aller de l'avant. La députée péquiste Véronique Hivon croit que le Procureur général pourrait émettre une directive au Directeur des poursuites criminelles et pénales afin de s'assurer qu'un médecin, qui se conforme aux lois québécoises, ne puisse faire l'objet de poursuites.

De la part de qui ? Du gouvernement québécois, mais pas d'un particulier... Un ayant-droit, par exemple.

Pour sa part, le réseau Vivre Dans la Dignité (VDD) considère le rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, rendu public hier, comme une trahison délibérée du processus démocratique.

« Au début du processus de consultation de la CSQMD, on a promis aux Québécois que leurs voix seraient entendues et leurs directives suivies. À cause de cette promesse, les Québécois ont manifesté leur forte opposition à l'introduction de l'euthanasie et du suicide assisté dans le système de santé. La Commission a renié, d'une manière arrogante et irresponsable, les promesses faites aux personnes dont les opinions étaient censées l'influencer, » déclare le Dr André Bourque, président de VDD.

Le Dr Bourque attire l'attention sur une analyse impartiale des mémoires soumis à la CSQMD, démontrant que les deux tiers des personnes ayant présenté des mémoires rejettent toute introduction de l'euthanasie et du suicide assisté dans le système de santé.

Un tiers des personnes entendues par la Commission étaient en faveur de l'euthanasie et à peine deux pour cent en faveur du suicide assisté.


Le Dr Bourque ajoute que, malgré ces résultats, la CSQMD n'a tenu aucun compte des opinions exprimées de manière démocratique, et a cédé aux pressions de petits groupes cherchant (de façon obsessive) à décriminaliser l'euthanasie et le suicide assisté au Québec.

De nombreux observateurs se demandent si la décision de céder aux pressions de ces groupes a été prise avant même le début de la consultation publique. Le Dr Bourque rappelle aussi aux Québécois que des députés membres de la Commission ont fait un voyage en France, Belgique et Hollande pour se renseigner sur l'euthanasie, alors qu'ils devaient s'informer sur ce que la population québécoise en pensait.

« Pourquoi gaspiller presque un million de dollars en fonds publics pour en arriver à une conclusion déterminée à l'avance ? Les audiences étaient-elles un simple coup publicitaire ? Si oui, la prochaine élection donnera l'occasion aux Québécois de demander des comptes aux députés qui les ont trahis. »

Le Dr Bourque mentionne un autre élément : le gouvernement de M. Charest n'est aucunement lié par les recommandations du rapport et peut refuser de suivre la CSQMD, créée à l'instigation du Parti Québécois. Le cabinet doit donner aux Québécois la garantie que l'euthanasie et le suicide assisté ne seront pas considérés comme des soins en fin de vie. De plus, le gouvernement doit faire porter ses efforts sur l'amélioration des soins palliatifs et les rendre accessibles à tous les citoyens qui en ont besoin.

« Les audiences ont démontré hors de tout doute que 99 pour cent des Québécois veulent que les soins palliatifs soient financés convenablement et offerts dans toute les régions », affirme le Dr Bourque. « La plus grande trahison est que nous semblons avoir perdu deux années et beaucoup d'argent, qui auraient pu être utilisés pour donner aux habitants du Québec ce qu'ils désirent, c'est-à-dire un plan de développement des soins palliatifs et leur financement. »

Notons qu'à la page 86 du rapport de la Commission « Mourir dans la dignité :», on retrouve un passage qui oblige les médecins qui refusent d'effectuer eux-même l'euthanasie à collaborer à un acte qu'il trouve abject en référant leur patient à un médecin n'ayant pas ces problèmes de conscience...

Voir aussi

Grande Bretagne — proches non informés que leur parent est sur le chemin de l'euthanasie

Euthanasie — comité d'experts de la SRC partial ? Outil politique pour justifier un choix préétabli sur un sujet sensible ?

Sondage — 81 % des Québécois craignent que, si l’euthanasie est légalisée, on ne mette fin à la vie des malades sans leur consentement

L'Écosse rejette la légalisation de l'euthanasie

Priorité aux soins palliatifs, méfiance grandissante face à l'euthanasie





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vendredi 23 mars 2012

Plus d'inscrits pour l'an prochain à l'Université de Montréal malgré la hausse de droits annoncée

L’Université de Montréal, malgré la hausse des droits annoncée pour l’automne, a déjà, au moment où on se parle, 6 % d’étudiants inscrits pour 2012-2013 DE PLUS que l’an dernier à pareille date.

À noter que la population potentielle typique qui peut s'inscrire pour la première fois à l'Université diminue doucement au Québec (l'effet de la contraction continue de la démographie).

Nombre de jeunes au Québec en 2011

Âgés de 16 ans —   94 472
Âgés de 17 ans —   96 764
Âgés de 18 ans — 100 408
Âgés de 19 ans — 105 169
Âgés de 20 ans — 108 432
Âgés de 21 ans — 107 005

L'étudiant québécois débourse 9 000 dollars, alors qu'il en coûte 90 000 au cégep et à l'université pour lui offrir les cinq années d'études après le DES. Ce sont les deux ordres de gouvernement, et principalement celui du Québec, qui absorbent le gros de la facture. En fait, en proportion de nos moyens financiers, l'effort de notre secteur public en faveur de l'enseignement universitaire est le plus élevé de la planète, juste derrière celui du Danemark et celui de la Norvège. Subvention payée par tous  les contribuables, même ceux dont les enfants ne seront pas diplômés, des gens pourtant plus pauvres en moyenne que les parents des diplômés !

Notons que les faibles frais de scolarité au Québec appauvrissent les universités québécois et ne garantissent pas une plus forte fréquentation et encore moins une plus forte diplomation qu'ailleurs.

Rien ne semble indiquer qu’une hausse des frais de scolarité réduise l’accessibilité aux études universitaires. Il suffit de se pencher sur la situation en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Ces deux provinces ont les frais de scolarité les plus élevés du Canada, tout en ayant également le plus haut taux de fréquentation universitaire. Du côté du Québec, les frais de scolarité et la fréquentation universitaire sont tous les deux parmi les plus bas au Canada.

À ce sujet, une étude de Statistique Canada a confirmé que la hausse des frais de scolarité n’avait pas d’impact sur la fréquentation des universités. Entre 1993 et 2001, les frais de scolarité ont augmenté de 77 % au Canada. S'il est vrai que le taux de fréquentation universitaire dépend fortement des revenus et des études des parents, durant cette même période, les jeunes issus de familles à revenu moyen ou faible n’étaient pas moins susceptibles de fréquenter l’université en 2001 qu’ils ne l’étaient en 1993.

En fait, comme le révèle le tableau ci-dessus, les jeunes Québécois ne souffrent pas principalement d'un problème d'accès aux études universitaires, mais bien plutôt d'un problème de persévérance jusqu'au diplôme.  Est-ce que les fortes subventions n'encouragent pas indirectement ce décrochage universitaire dont les frais sont épongés par tous les contribuables ?




Sources JdM et Stats Québec,

Voir aussi

Les faibles frais de scolarité appauvrissent les universités québécoises et ne garantissent pas un meilleur accès

Frais de scolarité, taux de diplomation et dette du Québec

Universités — Appel à la violence d'un comédien subventionné (pléonasme) de gauche (idem) ?

Belgique — Polémique autour d’une BD homosexuelle explicite présentée en classe

Une brochure comportant une bande dessinée traitant de la forte séropositivité chez les homosexuels a causé une polémique après avoir été distribuée par un bureau dit de « planification familiale » [sexuelle] dans des classes du premier degré du secondaire (12-13-14 ans) d'une école de Charleroi. L'école a retiré la brochure jugée par la plupart des personnes impliquées comme inappropriée à un si jeune public.


La BD en question, Alex et la vie d'après, publiée en 2008 par l'association homosexuelle Ex Aequo, dénonce les risques du virus du Sida. Elle comporte certaines scènes montrant des hommes en plein acte sexuel.

Le centre de limitation des naissances « Infor Famille Charleroi » l'a distribuée à des élèves du premier degré d'une école de l'entité de Gosselies au cours d'une séance de prévention, ce qui a choqué certains parents d'élèves, révélait RTL jeudi.

La coordinatrice du centre de limitation des naissances s'est défendue de toute faute.

Première plainte

Mme Nicolas affirme que cette brochure est destinée à un public âgé entre 12 et 18 ans. « Cela fait des mois qu'on utilise cette brochure et c'est la première fois que nous avons une plainte », explique-t-elle. « Nous l'avons déjà distribuée dans plus de 80 classes. Les maisons de jeunes ainsi que les autres plannings familiaux s'en servent également de la même manière que nous le faisons ».

Ex Aequo annonce cependant de son côté que la bande dessinée est destinée à un public adulte homosexuel dans le but de les sensibiliser aux dangers du HIV. La directrice de l'école concernée s'est déclarée choquée du contenu de la BD et la juge inappropriée pour de si jeunes élèves.

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« Nous avons fait appel au planning familial dans un but d'information. Après avoir dénombré de plus en plus de grossesses chez de jeunes élèves, nous avons jugé qu'il était opportun de les informer sur la vie affective et sexuelle et notamment sur la contraception », déclare la directrice.

Prévention

Dans ce genre d'échange entre les élèves et les assistantes des plannings familiaux, les écoles restent généralement en retrait et ne vérifient pas ce qui est donné aux élèves. « C'est leur travail et nous leur faisons confiance. Mais nous regrettons que ce document ait choqué certains parents , termine la chef de l'établissement scolaire qui a fait retirer la brochure de ses classes.

« Il est clair que cette BD n'avait rien à faire entre les mains de si jeunes adolescents », précise-t-on au cabinet de la ministre de l'Enseignement obligatoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Dominique Simonet, où on insiste pour dire que ce cas malheureux ne doit pas entacher le bon travail fait de manière générale en matière de prévention dans les écoles...

jeudi 22 mars 2012

Cour suprême : Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner

Plusieurs se demandent ce qu'il en est de la cause au Québec en faveur d'une famille à qui la cour avait ordonné d'envoyer ses enfants à l'école et à la garderie comme « mesure temporaire ».

Rappelons les faits.

En novembre 2010, lors d'une comparution à la Chambre de la jeunesse, les autorités interdisent aux parents le droit de présenter une contre-expertise, alors que les témoins experts des procureurs de la prétendue direction de la « protection » de la jeunesse (DPJ) eux sont autorisés, même s'ils n'ont jamais rencontré les enfants en question ! Cette contre-expertise était nécessaire pour contrer les allégations  de négligence parentale exprimées par les fonctionnaires québécois qui bénéficient d'une immunité. Lorsque l'avocat des parents a insisté sur le fait que la déposition de ce témoin était nécessaire dans le but d'assurer un procès équitable, il s'est fait menacé d'outrage au tribunal.

Mars 2011 — La Chambre de la jeunesse rend son jugement qui stipule que les enfants étaient , selon elle, en situation de compromission et qu'ils doivent fréquenter l'école et la garderie, à moins que les parents soumettent un plan de scolarisation et de socialisation qui puisse être approuvé par la DPJ.

Les parents, la HSDLA et leurs avocats tentent alors d'expliquer à la DPJ qu'il n'est pas de leur ressort d'approuver des plans de scolarisation. Les parents devaient se soumettre à cette prérogative de la cour et ont présenté un plan très élaboré, qui leur a permis de poursuivre chez eux l'instruction et l'éducation de leurs enfants.

Ceci constituait en soi une victoire pour les parents. Toutefois, cette cause n'aurait jamais pas dû aller aussi loin et aboutir devant un juge.

En outre, ceci ne s'est pas fait sans de continuelles intrusions dans la vie des parents. La DPJ a toujours droit d'accès à leur domicile et les parents sont étroitement supervisés pour ce qui est des nombreux rendez-vous médicaux qui faisaient déjà partie de leur quotidien, compte tenu de l'état de santé de leurs enfants.

Avril 2011 - Appel est fait à la Cour supérieure du Québec à la suite du refus d'entendre le témoin-expert des parents.

Novembre 2011 - Le tribunal statue qu'une deuxième opinion n'est ni utile ni nécessaire. Les parents en appellent à la Cour d'appel du Québec.

Janvier 2012 - La permission d'en appeler dans le but d'obtenir la déposition du témoin-expert est refusée sur la base que cette procédure ne s'applique pas encore puisqu'aucun jugement final n'a encore été rendu. Toutefois, bien évidemment, le refus d'expertise a pu déjà avoir un effet préjudiciable pour les parents..

Pour la HSLDA, il est donc primordial d'empêcher qu'une situation semblable ne se reproduise encore et que les droits des parents de faire entendre leurs experts est fondamental.

Vendredi 9 mars 2012 — la HSLDA a donc déposé à la Cour suprême du Canada une requête pour aller en appel dans cette cause. Notre plaidoyer s'appuie sur la violation subie par cette famille de leur liberté fondamentale d'être entendue par la cour, en raison du refus des instances juridiques d'entendre leurs témoins. La Direction de la « protection » de la jeunesse (DPJ) a présenté en cour un témoin qui n'avait jamais rencontré les enfants et qui prétendait que les enfants devaient être protégés. D'autre part, quand la famille a tenté de présenter comme témoins leurs propres experts médicaux qui allaient à l'encontre de ce témoignage, la cour a refusé de les entendre. Selon la HSLDA, il s'agit d'une erreur de justice et une erreur que nous espérons voir corrigée par la Cour suprême, non seulement pour cette famille, mais pour toutes les familles au pays qui pourraient se retrouver dans une situation semblable.

Contexte détaillé (notre billet de mai 2011 et 3 vidéos)