mardi 16 janvier 2024

L’Algérie ferme les portes de 42 églises

L’INDEX mondial de persécution des chrétiens considère que l’Algérie est, avec le Laos, le pays du monde où « la persécution » antichrétienne aurait «le plus augmenté » en 2023. Le rapport parle de « la fin d’un rêve » dans un pays qui a « longtemps fait figure d’exception au Maghreb avec ses grandes églises de chrétiens » convertis de l’islam, « se réunissant librement ».

Ces églises étaient même « reconnues » comme membres de l’église protestante d’Algérie (EPA), qui regroupe les Églises protestantes et évangéliques. Une organisation dont les statuts d’association religieuse furent dûment enregistrés par les autorités algériennes en 1974.


Que s’est-il passé? « Ce rêve pour ces chrétiens d’arrière-plan musulman (convertis de l’islam, NDLR) touche à sa fin, alors que la campagne de fermeture des églises de L’EPA, entamée en 2017, atteint son point culminant : il ne reste plus que 4 églises ouvertes sur 46 », assure l’association Portes ouvertes, qui a publié l’index. Sans compter que «d’autres églises indépendantes ont dû également fermer sous la pression des autorités ». Cette « répression des autorités s’illustre aussi par la condamnation d’une vingtaine de chrétiens à des peines de prison, pour prosélytisme ou participation à des cérémonies religieuses non autorisées », continue l’index.

« Nous sommes des dizaines de milliers »

L’un de ces chrétiens condamnés est intervenu à distance, depuis l’Algérie, lors de la présentation à Paris le 16 janvier. Il s’agit de Yousse Ourahmane, vice-président de l’église protestante d’Algérie, converti au christianisme il y a quarante ans. Le 2 juillet 2023, il a été condamné à deux ans de prison et à 100000 dinars d’amende pour avoir organisé des activités religieuses non autorisées. Il a fait appel et sera fixé au printemps.

« Nous subissons depuis 2018 une très sévère persécution, explique-t-il. L’État algérien a beaucoup de mal à accepter des chrétiens comme nous, de sources algériennes, convertis de l’islam. Nous sommes des dizaines de milliers. La communauté est très importante, surtout en Kabylie.»

Concrètement, «l’état a trouvé les moyens d’introduire des lois de façon à nous rendre la vie très difficile. Il est par exemple très complexe de renouveler l’agrément dont bénéficie l’association religieuse Église protestante d’Algérie dont nous bénéficions depuis 1974. »

Il cite également « une cinquantaine d’affaires de justice depuis 1978, des amendes de millions et de millions de dinars et l’emprisonnement de beaucoup de frères et sœurs chrétiens. L’un d’eux vient de sortir, il a été condamné à cinq ans de prison. »

Concernant les fermetures d’églises, Yousse Ourahmane assure «essayer par tous les moyens de correspondre avec l’état algérien pour remplir toutes les conditions demandées, mais, malheureusement, la majorité des églises sont fermées ».

Conclusion de l’index : « Pour ces chrétiens, c’est la fin de la liberté de se réunir pour un culte. Dans les années à venir, ces convertis vont probablement devoir se retrouver en secret. »

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Algérie : des églises fermées…la communauté chrétienne indignée

Algérie: Les chrétiens manifestent après la fermeture de trois églises (2019)

 

Banque Nationale : «Le Canada est pris dans un piège démographique »

La population du Canada a augmenté de plus de 1,2 million en 2023, un chiffre inouï si l’on considère qu’il fait suite à un rebond de 825 000 en 2022 après la récession COVID. Ces chiffres sont stupéfiants si l’on considère qu’avant cela, il faut remonter à 1949, lorsque Terre-Neuve a rejoint la fédération, pour voir la population de notre pays augmenter de plus de 600 000 personnes au cours d’une année donnée.

Pour mettre les choses en perspective, la croissance démographique du Canada en 2023 était de 3,2 %, soit cinq fois plus que la moyenne de l’OCDE. De plus, les dix provinces ont connu une croissance au moins deux fois plus rapide que celle de l’OCDE, allant de 1,3 % à Terre-Neuve à 4,3 % en Alberta.

La croissance démographique actuelle du Canada semble extrême par rapport à la capacité d’absorption de l’économie et au fait que notre main-d’œuvre ne vieillit pas plus vite que la moyenne de l’OCDE. Ce défi de l’absorption n’est nulle part plus évident que dans le domaine du logement, où le déficit de l’offre a atteint un nouveau record, avec seulement une mise en chantier pour 4,2 personnes entrant dans la population en âge de travailler (par rapport à la moyenne historique de 1,8).

La croissance démographique est un obstacle à notre bien-être économique. Le fait que le PIB réel par habitant soit au point mort depuis six ans (et même en baisse récemment) en est un bon exemple.

La construction de logements détourne les capitaux d'investissements plus rentables

Certains économistes s’empresseront de souligner que cette stagnation est le reflet d’une productivité médiocre. Mais pourquoi les résultats du Canada en matière de productivité sont-ils si mauvais ? Serait-ce parce que ses ambitions démographiques sont trop élevées par rapport au stock de capital disponible dans le pays ? Selon les calculs de la Banque Nationale, le stock de capital par habitant du Canada s’est effondré de près de 1,5 % en 2023.

Selon le dictionnaire Oxford Reference, un piège démographique est une « Situation dans laquelle aucune augmentation du niveau de vie n’est possible, parce que la population croît si rapidement que toute l’épargne disponible est nécessaire pour maintenir le ratio capital/travail existant. »

Cela signifie que la population du Canada croît si rapidement qu’il ne reste pas assez d’épargne pour stabiliser notre ratio capital-travail et augmenter le PIB par habitant. En d’autres termes, le Canada se trouve dans un piège démographique pour la première fois dans l’histoire moderne. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que le déclin n’est pas simplement dû à un manque d’infrastructures de logement. En fait, le stock de capital privé non résidentiel par habitant diminue depuis sept ans et n’est actuellement pas plus élevé qu’en 2012, alors qu’il atteint un niveau record aux États-Unis.

Le Canada est pris dans un piège démographique qui a historiquement toujours été réservé aux économies émergentes. Actuellement, le pays ne dispose pas des infrastructures et du stock de capital nécessaires pour absorber la croissance démographique et améliorer son niveau de vie. Pour la Banque Nationale, si le Canada veut augmenter sa productivité, ses décideurs politiques devraient fixer les objectifs démographiques du Canada en tenant compte des contraintes liées à notre stock de capital, qui vont au-delà de l’offre de logements. À ce stade, les experts de la BN pensent que la croissance démographique annuelle totale de notre pays ne devrait pas dépasser 300 000 à 500 000 personnes afin d’échapper au piège démographique. [Même cela nous semble excessif étant donné le déficit d’infrastructure et l’arriéré dans la construction de logements.]

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Immigration : Trudeau a mis le Canada et le Québec dans le pétrin

67 % des Canadiens considèrent que les cibles d’immigration sont trop élevées (novembre 2023)

L'IA donne aux informaticiens une nouvelle occasion de transformer l'éducation

Alors que les élèves et les étudiants retournent dans les salles de classe et les amphithéâtres pour la nouvelle année, il est frappant de constater à quel point l’éducation a peu changé au cours des dernières décennies. Les ordinateurs portables et les tableaux blancs interactifs ne constituent guère une rupture. De nombreux parents, déconcertés par la façon dont leurs enfants font leurs achats ou socialisent, ne le seraient pas par la façon dont ils sont enseignés. Le secteur reste à la traîne sur le plan numérique : les écoles et les universités américaines consacrent respectivement environ 2 % et 5 % de leur budget à la technologie, contre 8 % pour l’entreprise américaine moyenne. Les informaticiens convoitent depuis longtemps une part plus importante des 6 billions (6000 milliards) de dollars que le monde consacre chaque année à l’éducation.

Lorsque la pandémie a contraint les écoles et les universités à fermer leurs portes dans de nombreux pays, l’heure de l’offensive numérique a sonné. Les étudiants se sont rués sur les plates-formes d’apprentissage en ligne pour combler les lacunes laissées par les cours Zoom. La valeur de marché de Chegg, un fournisseur de tutorat en ligne, est passée de 5 milliards de dollars au début de l’année 2020 à 12 milliards de dollars un an plus tard. Byju’s, un homologue indien, a atteint une valeur privée de 22 milliards de dollars en mars 2022 en rachetant d’autres fournisseurs à travers le monde. Les investissements mondiaux en capital-risque dans les jeunes entreprises liées à l’éducation sont passés de 7 milliards de dollars en 2019 à 20 milliards de dollars en 2021, selon Crunchbase, un fournisseur de données.

Puis, une fois le covid maîtrisé, les cours ont repris comme avant. À la fin de l’année 2022, la valeur de marché de Chegg était retombée à 3 milliards de dollars. Au début de l’année dernière, des sociétés d’investissement telles que BlackRock et Prosus ont commencé à réduire la valeur de leurs participations dans Byju’s à mesure que les pertes s’accumulaient. « Rétrospectivement, nous avons grandi un peu trop vite », admet Divya Gokulnath, cofondatrice de l’entreprise.

Si la pandémie n’a pas réussi à vaincre la résistance du secteur de l’éducation aux bouleversements numériques, l’intelligence artificielle le pourra-t-elle ? L’IA générative de type ChatGPT, qui peut converser intelligemment sur une grande variété de sujets, en a tout l’air. À tel point que les pédagogues ont commencé à paniquer à l’idée que les élèves l’utilisent pour tricher dans leurs dissertations et leurs devoirs. En janvier 2023, la ville de New York a interdit l’utilisation de ChatGPT dans les écoles publiques. Cependant, il suscite de plus en plus d’intérêt en tant que moyen d’offrir un tutorat personnalisé aux élèves et d’accélérer les tâches fastidieuses telles que la correction des copies. En mai, la ville de New York a autorisé le retour du robot dans les salles de classe.

Les élèves, quant à eux, adoptent la technologie. Deux cinquièmes des étudiants de premier cycle interrogés l’année dernière par Chegg ont déclaré avoir utilisé un agent conversationnel pour les aider dans leurs études, et la moitié d’entre eux l’ont utilisé quotidiennement. En effet, la popularité de l’intelligence artificielle a soulevé des questions embarrassantes pour des entreprises comme Chegg, dont le cours de l’action a plongé en mai dernier après que Dan Rosensweig, son directeur général, a déclaré aux investisseurs qu’il perdait des clients au profit de ChatGPT. Pourtant, il y a de bonnes raisons de croire que les spécialistes de l’éducation qui exploitent l’IA finiront par l’emporter sur les généralistes tels qu’OpenAI, le fabricant de ChatGPT, et d’autres entreprises technologiques qui s’intéressent au secteur de l’éducation.

IA, IA
 
D’une part, les dialogueurs propulsés par l’IA ont la fâcheuse habitude de débiter des âneries, ce qui n’est pas très utile dans un contexte éducatif. « Les étudiants veulent des contenus provenant de sources fiables », affirme Kate Edwards, pédagogue en chef chez Pearson, un éditeur de manuels scolaires. L’entreprise n’a pas permis à ChatGPT et à d’autres IA d’ingérer son matériel, mais a plutôt utilisé le contenu pour former ses propres modèles, qu’elle intègre dans sa suite d’applications d’apprentissage. Ses concurrents, dont McGraw Hill, adoptent une approche similaire. Chegg a également développé son propre robot d’IA, appelé CheggMate, qu’il a formé sur son vaste ensemble de questions et de réponses.

De plus, comme l’affirme M. Rosensweig de Chegg, l’enseignement ne consiste pas seulement à donner une réponse aux élèves, mais à la présenter de manière à les aider à apprendre. Comprendre la pédagogie donne donc un avantage aux spécialistes de l’éducation. Pearson a conçu ses outils d’intelligence artificielle pour impliquer les étudiants en décomposant des sujets complexes, en testant leur compréhension et en leur fournissant un retour d’information rapide, explique Mme Edwards. Byju’s intègre des « courbes d’oubli » pour les étudiants dans la conception de ses outils de tutorat par IA, en leur rafraîchissant la mémoire à des intervalles personnalisés. Les agents conversationnels doivent également être adaptés aux différents groupes d’âge, afin d’éviter que les étudiants ne soient sidérés ou infantilisés. Les entreprises spécialisées qui ont déjà noué des relations avec des établissements d’enseignement peu enclins à prendre des risques auront l’avantage supplémentaire de pouvoir intégrer l’IA dans des produits qui leur sont par ailleurs familiers. Anthology, un fabricant de logiciels éducatifs, a intégré des fonctions d’IA générative dans son programme Blackboard Learn afin d’aider les enseignants à créer rapidement des plans de cours, des rubriques et des tests. Les éditeurs établis sont également mieux placés pour enseigner aux enseignants comment utiliser les capacités de l’IA.

Il ne sera pas facile d’introduire l’IA dans l’enseignement. Bien que les enseignants aient subi un cours accéléré sur les technologies éducatives, nombre d’entre eux sont encore à la traîne. Moins d’un cinquième des éducateurs britanniques interrogés par Pearson l’année dernière ont déclaré avoir reçu une formation sur les outils d’apprentissage numériques. Les budgets serrés de nombreux établissements feront de la vente de nouvelles technologies un combat difficile. Les sceptiques de l’IA devront être convaincus, et de nouveaux outils alimentés par l’IA pourraient être nécessaires pour lutter contre la tricherie induite par l’IA. Des questions épineuses se poseront inévitablement sur ce que tout cela signifie pour le travail des enseignants : leur attention pourrait devoir se déplacer vers la motivation des étudiants et l’enseignement de la meilleure façon de travailler avec les outils d’IA. « Il nous faut répondre aux questions de l’industrie sur la manière d’exploiter cette technologie », déclare Bruce Dahlgren, patron d’Anthology.

Si l’on parvient à fournir ces réponses, les entreprises comme celle de M. Dahlgren ne seront pas les seules à en bénéficier. Un article influent publié en 1984 par Benjamin Bloom, psychologue de l’éducation, a montré que le tutorat individuel améliorait les résultats scolaires moyens des étudiants et réduisait les écarts entre eux. L’IA pourrait enfin rendre les tuteurs individuels viables pour le plus grand nombre. Alors que l’apprentissage des élèves, en particulier ceux des familles les plus pauvres, a été freiné par les perturbations causées par la gestion de la pandémie, une telle évolution mériterait sans aucun doute d’être saluée.

Source : The Economist

France — La nouvelle ministre de l’Éducation nationale scolarise ses enfants dans le lycée privé catholique Stanislas

Mise à jour

Un journaliste, dont le fils a été scolarisé dans la même école publique que l'aîné d'Amélie Oudéa-Castera, affirme qu'il n'y a jamais eu d'heures non-remplacées dans cette école, contrairement à ce qu'affirmait la nouvelle ministre (voir vidéo dans le billet du 14 janvier ci-dessous). Ce journaliste confirme ainsi les dires d'une maîtresse de cette école publiés dans Libération.

Note sur l'entre-soi de l'« élite » médiatico-politique française

La journaliste qui interroge ses invités sur ce sujet - Apolline de Malherbe - est la cousine du nouveau premier ministre français, Gabriel Attal, qui a nommé la ministre à son poste. C'est de l'inceste politico-médiatique de niveau 1.

L'invité qu'elle interroge à ce sujet, Nicolas Poincaré, est un autre journaliste français célèbre qui est interrogé parce qu'il a eu ses enfants dans la même école que la ministre. Incestuosité de niveau 2. Nicolas Poincaré est d'ailleurs une représentation vivante de la reproduction des élites en France puisqu'il est l'arrière-petit-fils du mathématicien Henri Poincaré et le petit-neveu du président français Raymond Poincaré.

La ministre elle-même - Amélie Oudéa-Castera - est issue de la même petite caste de l'élite française puisque son père était le PDG de Publicis - l'une des plus grandes entreprises françaises - et sa mère la directrice des ressources humaines de l'entreprise. Elle est également la nièce d'Alain Duhamel et de Nathalie Saint-Cricq, deux des plus célèbres journalistes français. Enfin, elle est mariée à Frédéric Oudéa, ancien PDG de la Société générale et aujourd'hui PDG de Sanofi. Incestuosité de niveau 3.

Et Gabriel Attal,
le Premier ministre de 34 ans qui l'a nommée - qui pour rappel est le cousin de la journaliste ici présente - est lui-même issu de la même petite caste élitiste : son père est issu de la famille des propriétaires des Galeries Lafayette et a été journaliste au Monde ainsi que producteur de cinéma. Attal a fréquenté la très élitiste École Alsacienne dans le centre de Paris, où de nombreux enfants de cette petite élite étudient.

Et, cerise sur le gâteau, en plus de nommer Oudéa-Castera ministre de l'éducation, Attal, homosexuel avoué, vient également de nommer son ex-mari Stéphane Séjourné ministre des affaires étrangères !



Billet du 14 janvier

Les quatre derniers ministres de l’Éducation nationale :
  •         Jean-Michel Blanquer, ancien élève de Stanislas
  •         Pap Ndiaye, scolarise ses enfants à l’alsacienne
  •         Gabriel Attal, ancien élève de l’alsacienne
  •         Amélie Oudéa-Castéra, scolarise ses enfants à Stanislas

Amélie Castéra est la nièce des journalistes Alain et Patrice Duhamel et Nathalie Saint-Cricq et la cousine de Benjamin Duhamel, journaliste de BFMTV.

 
Après la polémique d’Amélie Oudéa-Castéra, les professeurs appellent à la grève

Deux jours après les propos de la nouvelle ministre de l’Éducation nationale sur les établissements publics, la polémique continue de s’enflammer. À tel point que plusieurs syndicats d’enseignants ont lancé un appel à la grève, le 25 janvier prochain.

Il n’en aura pas fallu davantage pour déclencher la colère des enseignants. Deux jours après la polémique déclenchée par les propos de la nouvelle ministre de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra, sur les établissements publics, plusieurs syndicats de professeurs ont lancé des appels à la grève. Ils souhaitent dénoncer la « provocation » et le « mépris » de la nouvelle ministre. Selon les informations de BFMTV, le Fnec-FP-FO a appelé à « manifester sous les fenêtres » du ministère, le 25 janvier prochain.

Le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES) et le FSU avaient déjà lancé un appel à la grève pour le 1er février prochain. À l’origine, la grève avait été mise en place pour protester contre les conditions de travail du corps enseignant, mais après les propos d’Amélie Oudéa-Castéra, la liste des revendications a été revue à la hausse, afin de pointer du doigt la « violente charge contre l’enseignement public ».

Vendredi 12 janvier, lors d’une visite à Andrésy (Yvelines), Amélie Oudéa-Castéra avait exprimé son mécontentement face aux « paquets d’heures pas sérieusement remplacés » dans les établissements publics. Et d’ajouter : « On en a eu marre, comme des centaines de milliers de familles qui ont fait le choix d’une solution différente. » De fait, vendredi 12 janvier, Mediapart avait révélé que les trois enfants de la ministre de l’Éducation étaient scolarisés dans l’établissement privé et catholique Stanislas, situé dans le 6e arrondissement de Paris. Devant les critiques, la ministre de l’Éducation nationale avait assuré que le collège-lycée Stanislas était un « choix de proximité ». « Nous nous assurons que nos enfants sont non seulement bien formés mais aussi heureux », avait-elle ajouté.
 
Gabriel Attal a dénoncé « l’hypocrisie » de cette polémique

Immédiatement, les propos d’Amélie Oudéa-Castéra avaient provoqué un tollé. À tel point que la nouvelle locataire de la rue de Grenelle avait dû s’excuser. « Mes propos ont pu blesser certains enseignants de l’enseignement public, ce que je regrette. Je n’avais aucunement cette intention », a-t-elle écrit, samedi 13 janvier, dans une déclaration transmise aux médias. Elle a indiqué avoir répondu « sans détour », « avec sincérité et transparence », à une question posée.

« Le SNES, avec la FSU, rencontre Amélie Oudéa-Castéra lundi 15 janvier matin. Il reviendra sur cet épisode et se fera le porte-parole des personnels choqués par ces propos », a indiqué un communiqué paru le 13 janvier.Le Premier ministre, Gabriel Attal, a quant à lui dénoncé « l’hypocrisie » de cette polémique. « La ministre s’est exprimée en transparence sur les choix qui ont été les siens […]. Pour ce qui est de la question des absences non remplacées, je trouve qu’il y a beaucoup d’hypocrisie chez certains commentateurs ou chez certains politiques », a-t-il expliqué lors d’un déplacement à Dijon.
 
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lundi 15 janvier 2024

David Engels sur la migration de masse, baisse de la natalité, crise religieuse, mondialisation

Dans son ouvrage intitulé Le Déclin, David Engels scrute minutieusement les nombreuses analogies entre le déclin de la République romaine et la crise actuelle au sein de l'Union européenne. De la question des avortements aux défis du mariage et à la baisse de la natalité jusqu'à la célèbre maxime Panem et circenses, toutes ces similitudes sont explorées.

Nous évoquons aussi à la possible cyclicité des époques, avec ses phases distinctes de croissance et de déclin, offrant ainsi une perspective temporelle et historique.

Enfin, nous soulevons la question cruciale de savoir s'il convient de décrire le destin de l'Europe comme un acte suicidaire ou un meurtre délibéré.

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Pourquoi le patriarcat a de l’avenir 

Pro renovatione occidentis

Pologne — Le tournant autoritaire du « libéral » Donald Tusk

L’arrestation de deux ex-ministres marque la reprise en main des médias publics par le nouveau Premier ministre.

Dans la nuit glaciale du mois de janvier, au milieu des lumières scintillantes de l’enfilade de l’avenue du faubourg de Cracovie et de Nowy Swiat, sorte de Champs-Élysées locaux, des manifestations se sont formées devant le palais Koniecpolski, siège officiel de la présidence de la République polonaise.

Devant ce lieu où fut signé le pacte de Varsovie et où se sont tenues les réunions de préparation des premières élections libres à la fin de l’ère communiste, les partisans du PIS (Parti droit et justice) s’étaient rassemblés pour se dresser contre l’arrestation, mardi 9 janvier, de Mariusz Kamiński et Maciej Wąsik, respectivement ancien ministre et vice-ministre de l’Intérieur.

L’affaire remonte à 2015, quand un tribunal de première instance les condamne à trois ans de prison pour une ténébreuse affaire de déstabilisation d’un parti membre de la coalition au pouvoir huit ans plus tôt.

Sans attendre la fin de la procédure judiciaire, une grâce est prononcée par le chef de l’État. Jugée illégale par la Cour suprême, une deuxième condamnation à deux ans de prison ferme a été prononcée cette fois au mois de décembre dernier, moyennant quoi un mandat d’amener a été délivré à leur encontre, et leur élection en tant que députés annulée.

Mardi après-midi, juste avant leur arrestation, effectuée à la faveur de l’absence du président de la République, Andrzej Duda, qui devait se rendre à une réception, les intéressés avaient fait une déclaration à la presse, filmée dans la cour du palais présidentiel. Se sachant cernés par les forces de l’ordre, ils ont été les premiers à prononcer les mots de prisonnier politique et de dictature qui, qui, par la suite, allaient faire tache d’huile.

Mariusz Kamiński a entamé une grève de la faim, considérant son incarcération comme « un acte de vengeance politique ». Interrogé, Donald Tusk a préféré botter en touche en se réfugiant derrière l’indépendance de la justice et accusant ses rivaux d’avoir créé un « chaos juridique sans précédent ».

Selon David Engels, historien belge et professeur de recherche à Instytut Zachodni de Poznań, « il y a très clairement un risque autoritaire : nous sommes confrontés à une série de réformes destinées à faire taire toute velléité d’opposition et de mettre au pas la Pologne. On a muselé la télévision, effacé les documentaires négatifs sur Donald Tusk et éliminé la possibilité pour l’opposition conservatrice de faire entendre sa voix. Le but, en arrêtant un ancien ministre de l’Intérieur, est de décapiter le système sécuritaire du PIS et de l’afficher clairement pour reprendre le contrôle ».

Jeudi, le PIS a d’ailleurs contre-attaque en déployant des milliers de ses soutiens dans la rue pour s’opposer à la politique de la coalition nouvellement arrivée au pouvoir.

Cette chasse aux sorcières intervient dans un pays fracturé

Ce contexte politique explosif intervient dans le cadre du résultat des dernières élections législatives qui ont porté le dirigeant libéral pro-européen au pouvoir, mais ne lui ont pas accordé de majorité absolue.

D’un côté, le PIS, avec 35,38 % des voix et 194 députés sur 460 à la Diète, a perdu sa capacité de gouverner, n’ayant pas d’alliés assez puissants pour constituer une majorité. De l’autre, le parti de Donald Tusk, la Plateforme civique, n’a récolté que 30,70 % des voix ainsi que 157 députés et a dû constituer une coalition hétéroclite avec la gauche et les chrétiens démocrates de Troisième voie, érigés en véritables faiseurs de rois.

L’étude des cartes des résultats électoraux est à ce titre saisissante : l’Est et la Petite-Pologne, où sont concentrées les classes populaires, ont apporté leurs suffrages aux conservateurs, quand l’Ouest et Varsovie, c’est-à-dire les régions les plus riches, se sont tournés vers les libéraux.

Depuis son investiture le 13 décembre, Donald Tusk, accueilli comme un héros par Bruxelles et la classe médiatique, n’a eu de cesse d’accentuer sa mainmise sur le pouvoir en déclenchant une gigantesque purge des médias publics.

Il y a à peine plus d’un mois, le chef du gouvernement avait brutalement licencié l’ensemble des dirigeants de la radio, de la télévision et de l’agence de presse publique polonaise. Quelques semaines plus tard, ces organisations ont d’ailleurs été mises en liquidation, le tout dans le silence assourdissant de la Commission européenne.

Pour David Engels, « Tusk, en tant qu’ancien président du Parti populaire européen, est sous l’influence idéologique des gouvernements de l’Allemagne et de la France. La Pologne est d’ailleurs devenue l’hinterland économique de l’Allemagne, ce qui va de pair avec les pressions d’une Union européenne dominée par elle, La Pologne a signé le compromis migratoire voulu par Bruxelles, des demandes s’exprimant maintenant pour ouvrir les frontières avec la Biélorussie où transitent les migrants. On commence aussi à supprimer les croix et à enlever les crèches dans les lieux publics. »

 Source : Le Journal du dimanche

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Reprise en main de la Télévision publique polonaise : direction limogée, 4 chaînes cessent d'émettre

Pourquoi il faut relancer la natalité

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) français publie mardi 16 janvier son bilan démographique pour l’année 2023. Le nombre de naissances et le taux de fécondité sont encore à la baisse par rapport à 2022, une année déjà marquée par un niveau historiquement bas. Au vu de ces résultats, faut-il prendre des mesures pour relancer la natalité ?

Selon sa dernière enquête de  l’Union nationale des familles (Unaf), publiée le 11 janvier, les Français aimeraient avoir en moyenne 2,27 enfants, contre 1,7 dans les faits.  

Les chiffres, on le sait, seront mauvais. Mardi 16 janvier, l’Insee doit publier son bilan démographique pour l’année 2023 et le nombre de naissances sera encore à la baisse par rapport à 2022, une année déjà marquée par un niveau historiquement bas. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) pourrait même descendre sous 1,7 enfant par femme, contre 1,8 un an plus tôt. En novembre, date des dernières statistiques mensuelles, la baisse était ininterrompue depuis dix-sept mois. Elle est même continue depuis 2011 (1), avec un seul rebond en 2021, après une année marquée par l’épidémie de Covid.

Certes, la France reste la championne de la fécondité dans le monde occidental et notamment en Europe mais elle se rapproche de plus en plus de ses voisins. Faut-il dès lors revoir la politique familiale pour tenter d’inverser la courbe ? Pour le démographe Gilles Pison, il n’y a pas encore péril en la demeure. « La baisse observée depuis 2010 est importante mais elle n’est pas nouvelle », explique ce professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle, conseiller de la direction de l’Institut national d’études démographiques (Ined). « Les naissances fluctuent d’une année à l’autre, avec des périodes où elles ont tendance à augmenter et d’autres où elles baissent. Entre 1980 et 1995, la natalité a beaucoup diminué, avec un creux des naissances en 1993-1994 et un indice de fécondité de 1,66 enfant par femme. Puis elle est repartie à la hausse. Aujourd’hui, il est difficile de dire si nous sommes toujours dans cette période d’alternance, mais il est possible que les naissances augmentent à nouveau. »

Son collègue Didier Breton en est convaincu. « La natalité va encore baisser pendant sept à huit ans puis remontera entre 2030 et 2035 », assure-t-il. Le démographe, enseignant à l’université de Strasbourg et chercheur associé à l’Ined, n’a pas de boule de cristal mais fait des projections. « Entre 1998 et 2013, il y a eu beaucoup de naissances, avec un pic en 2010, et les femmes nées dans ces années-là vont entrer petit à petit dans l’âge d’avoir des enfants, développe-t-il. Toutes n’en auront pas, mais comme elles sont nombreuses cela produira mathématiquement une hausse du nombre de naissances… sauf si la fécondité s’effondre totalement. »

Un taux de fécondité qui ne reflète pas le désir d’enfants des Français

Cet indice reste une inconnue mais l’Union nationale des familles (Unaf) estime qu’il pourrait augmenter si on accompagnait mieux les couples. Selon sa dernière enquête, publiée le 11 janvier, les Français n’ont pas autant d’enfants qu’ils le souhaitent. Idéalement, ils aimeraient en avoir en moyenne 2,27, contre 1,7 dans les faits. La famille idéale est constituée de deux enfants pour 49 % des parents et de trois enfants ou plus pour plus d’un tiers. « Les conditions matérielles jouent un rôle important dans le décalage entre aspiration et réalisation, notamment en reportant l’arrivée des enfants, explique Bernard Tranchand, vice-président de l’Unaf. Répondre à l’aspiration des parents constitue un véritable enjeu politique et démocratique, sans compter l’impact sur la vitalité des territoires, sur l’activité économique et sur l’équilibre du système de protection sociale. »

Une population qui décroît aurait en effet des conséquences sur « le financement des retraites mais aussi sur la fermeture d’établissements scolaires, la croissance économique, les finances publiques et l’innovation », analyse le sociologue Julien Damon. Qu’il s’agisse des pensions de retraite, de l’assurance-chômage, de l’éducation ou de la santé, le modèle de société français « relève d’un principe de répartition de la charge et du risque sur l’ensemble de la population active », relève une note stratégique du haut-commissariat au plan. Il faut donc suffisamment d’actifs pour préserver le système de protection sociale. « La question démographique est bien plus marquante pour l’avenir de notre nation qu’elle ne l’est pour toute autre », rappelle la note.

Natalité : pourquoi les Français font moins de bébés ?

« Si on veut que la fécondité augmente,il faut permettre aux parents de réaliser leur désir d’enfants et cela passe d’abord par une meilleure conciliation entre vie de famille et vie professionnelle, explique Julien Damon, auteur d’un rapport sur le sujet. Les études montrent que les allocations et le quotient familial ont un impact très limité. Les primes peuvent changer le calendrier des naissances, mais n’augmentent pas la fécondité. Aujourd’hui, les couples veulent surtout être sûrs d’avoir un mode de garde. Il faut miser sur l’accueil de la petite enfance mais aussi permettre à ceux qui le souhaitent de prendre un congé parental plus court et mieux indemnisé. » Julien Damon préconise également un soutien aux familles recomposées. « C’est dans ces foyers, dit-il, qu’il y a la possibilité d’avoir des enfants en plus. » L’économiste Marc De Basquiat propose, lui, de simplifier le « maquis » des politiques familiales « en remplaçant les 14 dispositifs actuels par une allocation unique et universelle de 250 € par enfant jusqu’à 18 ans ».

[La Croix néglige totalement les 100.000 jeunes Français, souvent diplômés, qui quittent la France pour s'établir ailleurs. Fin 2020, la présence française à l’étranger était estimée à plus de 2,5 millions de personnes.  L'absence de ces jeunes couples plombe la natalité française.]

La démographie, un enjeu écologique 

Ces deux spécialistes estiment que la solution la plus efficace serait un recours plus important à l’immigration, mais reconnaissent que le climat actuel n’est pas porteur. Elle pourrait pourtant s’avérer incontournable face à la crise climatique et à l’épuisement des ressources. « Nous sommes trop nombreux sur terre, juge l’essayiste Antoine Buéno. Il faut maîtriser la natalité mondiale aussi bien au Nord, où les habitants émettent beaucoup de gaz à effet de serre, qu’au Sud où il y a un risque d’explosion démographique. Dans les pays occidentaux, le recours à l’immigration reste un levier pour remédier aux effets du vieillissement de la population, à condition de mener une vraie politique d’accueil et d’assimilation. » [C'est tiré de la Croix....donc très à gauche]

Gilles Pison ne partage pas ces inquiétudes quant à la surpopulation. « Les projections moyennes des Nations unies annoncent autour de 10 milliards d’habitants en 2050 mais guère plus ensuite, la population diminuant même à la fin du siècle et au siècle prochain, précise-t-il. Autrement dit, la population mondiale continue d’augmenter mais le rythme décélère depuis soixante ans. Partout dans le monde, les couples veulent moins d’enfants. La question n’est pas tant de savoir si nous serons trop nombreux mais comment nous vivrons. Aux jeunes qui s’interrogent, je leur dis : ” Si vous ne voulez pas d’enfants, n’en faites pas et si vous en voulez, faites-en autant que vous le souhaitez mais éduquez-les pour qu’ils aient un mode de vie durable”. »

Source : La Croix

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La population mondiale

La population de l’Afrique subsaharienne devrait presque doubler d’ici à 2050, alors que celle de l’Europe et de l’Amérique du Nord n’augmenterait que de 0,4 %.

Huit pays représentent plus de la moitié de la croissance démographique projetée d’ici à 2050 : Congo (RDC), Égypte, Éthiopie, Inde, Nigeria, Pakistan, Philippines et Tanzanie. L’Inde a dépassé la Chine en tant que pays le plus peuplé du monde en 2023.

Les femmes ont moins d’enfants dans l’ensemble, mais les taux de fécondité restent élevés dans certaines parties du monde : Afrique subsaharienne (4,6 enfants), Océanie (3,1 – hors Australie et Nouvelle-Zélande), Afrique du Nord et Asie occidentale (2,8), Asie centrale et méridionale (2,3). Le taux de fécondité mondial, qui est passé de 3,3 enfants par femme en 1990 à 2,3 en 2021, devrait encore reculer à 2,1 en 2050.

Source : Ined

(1) Il y a eu un rebond en 2014 dû à l’intégration de Mayotte.


Grand effacement: faible natalité française, émigration des jeunes diplômés et poursuite de l’immigration massive

Dimitri Pavlenko : « Si vous combinez cette mutation de la natalité française à une poursuite de l'immigration massive, vous avez un scénario de mise en minorité du peuple historique français sur son sol à un horizon 2070 », dans l'émission de Face à l'Info du 10 janvier 2024.

Montréal — Médecin radié trois mois pour avoir « mégenré  » une femme qui se dit homme

Un médecin de Montréal vient de se voir imposer une période de radiation de trois mois pour avoir adopté « une attitude inappropriée et irrespectueuse » envers une patiente trans qui le consultait pour obtenir un traitement hormonal. Le Dr Raymond Brière a répété à la patiente qu’elle était biologiquement une femme « en dépit des demandes explicites de ce dernier de le désigner en utilisant le genre masculin ».

Le Conseil de discipline reproche également au Dr Brière d’avoir mis fin au suivi médical de la patiente sans la diriger vers un confrère, comme souhaité.

Le Dr Brière, qui a obtenu son droit de pratique en 1980, a pratiqué la médecine familiale aux Îles-de-la-Madeleine, à Rimouski et à Kuujjuaq avant de venir à Montréal, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Il y suit entre 700 et 900 patients, principalement vulnérables.

Il était le médecin de famille de la patiente en question depuis 2018. Cette dernière le consultait environ une fois par année.
 
Enregistré à son insu

Le 17 mai 2022, la patiente consulte le Dr Brière pour se faire prescrire un traitement hormonal. À l’insu de son médecin, elle enregistre la consultation sur son téléphone cellulaire.

Dès le début de la rencontre, la patiente indique au Dr Brière qu’elle a commencé une transition sociale depuis un an et qu’elle a changé de pronom. Elle dit être un « homme trans » et veut « passer à la prochaine étape de sa transformation qui est la prise d’hormone », peut-on lire dans la décision du Conseil de discipline.

La patiente indique au Dr Brière s’être amplement renseignée sur le processus de transformation auprès de diverses associations s’adressant aux personnes transgenres.

Le Dr Brière a « peu d’expérience avec les personnes trans et n’assume le suivi médical d’aucun autre patient ayant une identité de genre différente ou non hétérosexuelle », est-il écrit. Durant la consultation, le médecin pose différentes questions à sa patiente. Cette dernière détaille ses intentions d’y aller doucement dans le processus de transition. Elle précise aussi être suivie par un psychologue.

À un moment, le Dr Brière mentionne que la prise d’hormone mâle peut entraîner des comportements agressifs. La patiente répond que ces affirmations semblent basées sur des stéréotypes. Le Dr Brière affirme que certaines femmes prennent du gel de testostérone « pour mieux diriger un conseil d’administration et communiquer le message non verbal suivant : ‟Heille, les boys, c’est moi la patronne ! » »

« La patiente réagit en soulignant […] que sa situation de personne trans se distingue des femmes qui utilisent la testostérone pour affirmer leur autorité », est-il écrit dans la décision.

À un moment, le Dr Brière dit « qu’il n’a jamais prescrit d’hormones à une personne qui veut ‟se transformer en monsieur » ». Il affirme qu’un collègue du CLSC suit des patients désirant une transformation de genre et propose à la patiente de l’y diriger, ce que cette dernière finira par accepter.

À la page 188 du Totalitarisme sans le goulag de @mbockcote (source).

« Vous étiez une femme, chère madame »

Durant la consultation, la patiente mentionne vouloir utiliser un gel de testostérone « pour favoriser une transformation lente et progressive de son corps ».

Le Dr Brière explique que, pour une femme, les gels peuvent être appliqués à l’aide d’une pompe. Le patient indique qu’elle refuse d’utiliser une pompe. Le médecin insiste. Le patient rappelle alors au Dr Brière qu’elle est « un homme trans ». Le médecin réplique qu’elle est « génétiquement une femme ». Le patient réitère qu’elle se considère comme « un homme trans ». Le Dr Brière répond que « si une analyse chromosomique est réalisée, il sera démontré que ses chromosomes sont porteurs des gènes XX et non XY ». Le patient répète qu’elle est un homme trans. Le médecin dit : « Oui, ça, c’est dans votre cerveau. »

La tension continue de monter. Patiente et médecin se reprochent tour à tour d’être « sur la défensive ». À un moment, la patiente accuse le Dr Brière d’avoir des « opinions toutes faites ». Le Dr Brière s’impatiente et répond que « c’est parce que votre cercle, c’est la vérité absolue ».

La patiente reproche au médecin son comportement agressant. Le médecin, sous le coup de l’émotion, demande à la patiente de quitter son bureau en disant « ne pas avoir de leçon à recevoir d’une patiente ».

La patiente indique à nouveau qu’elle est « un patient ». Le Dr Brière répond : « Une patiente jusqu’à ce jour, vous étiez une femme, chère madame. »

La patiente répétera qu’elle est « un patient » et le médecin lui affirmera qu’elle est « biologiquement une femme ».

Avant de partir, la patiente demandera d’obtenir la référence pour une consultation avec le collègue du Dr Brière, ce que ce dernier refusera. Le médecin affirmera aussi ne plus vouloir l’avoir comme patiente pour cause de rupture de confiance.

Pas de confiance mutuelle

La patiente a déposé une plainte au commissaire local aux plaintes du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal en alléguant que l’intimé a fait preuve de discrimination et d’agressivité. Le médecin examinateur chargé de cette enquête a conclu à « un problème au niveau de la qualité de la relation professionnelle et un manque de respect envers le patient », mais a exclu tout comportement discriminatoire. Insatisfaite de cette réponse, la patiente a présenté une demande d’enquête au Bureau du syndic du Collège des médecins.

Le Dr Brière a finalement plaidé coupable aux deux chefs d’infraction qui pesaient sur lui. Il a toutefois indiqué que « l’attitude du patient, qui se présente au rendez-vous du 17 mai 2022 en enregistrant la rencontre et en ayant une certaine méfiance à le consulter pour convenir d’un plan de traitement d’hormones masculinisantes, dénote au mieux, une problématique ou l’inexistence de la confiance mutuelle nécessaire à la relation professionnelle ».

Dans sa décision, le Conseil de discipline rappelle toutefois que « c’est au médecin qu’incombe l’obligation de chercher à établir et à maintenir avec son patient une relation de confiance mutuelle et non à ce dernier ».

Le Conseil ajoute que si un patient « estime que son identité de genre ne correspond pas au sexe figurant à son acte de naissance, il peut demander qu’on le désigne par l’identité qu’il exprime. La rencontre médicale doit alors se dérouler dans le respect de cette identité de genre ».

La mégère mégenrée ? Non, elle n’aurait pas été difficile

Selon le Conseil, l’écoute de l’enregistrement effectué par le patient permet de voir que cette dernière a eu une attitude respectueuse avec le médecin. « Rien n’indique que le patient [la patiente] est ‟difficile », c’est-à-dire exigeant, tatillon, scrupuleux ou angoissé. Au contraire, il [elle] reste calme et écoute l’intimé la plupart du temps. »

Pour le Conseil, l’écoute de l’enregistrement « soulève des préoccupations au niveau des qualités personnelles » du Dr Brière « comme la capacité d’humilité à reconnaître ses limites, d’écoute, d’empathie, d’introspection et de conscience de ses biais cognitifs ainsi que la maîtrise des émotions ». 
 
Deux périodes de radiation de trois mois et de deux mois, à purger de façon concurrente, ont été imposées pour les deux chefs d’infraction qui pesaient sur le Dr Brière.

Réaction politique

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a affirmé « À la limite, le Collège des médecins aurait pu blâmer le médecin et l’inviter à appeler ces patients comme ils veulent. Mais pas le suspendre ! Si vous pensez que la femme voulant devenir un homme s’est mal senti quand il se fait appeler madame, imaginez comment se sentent les centaines de patients qui devront attendre 3 mois de plus avant de voir leur médecin… Le ministre de la Santé, @cdube_sante  doit dénoncer cette décision et rappeler que la priorité est d’avoir plus de soins, pas moins. »

Voir aussi

 La présentation sélective et tronquée des faits par Isabelle Hachey (dont la dernière partie revient sur ces événements en suivant la description qui en est faite par le Conseil de discipline qui adopte toute la terminologie militante « genriste »).


dimanche 14 janvier 2024

France — « Il faut enfin avoir le courage de briser le monopole du ministère de l’Éducation en s’inspirant de la réussite du privé »

Lisa Kamen-Hirsig (ci-contre), professeur et auteur de
La Grande garderie, réagit dans le Journal du dimanche de ce jours à la polémique sur la scolarisation des enfants du ministre de l’Éducation dans le privé.

— Ces ministres se présentent comme des ministres de l’école publique et non pas de toutes les écoles. L’argent public est monopolisé par l’Éducation nationale – un ministère qui entretient uniquement les écoles publiques ou privées sous contrat –, mais ne finance pas les initiatives privées et ne donne pas aux Français la possibilité d’inscrire leurs enfants là où ils le souhaitent. Pourtant, entre 50 et 60 % des Français souhaiteraient mettre leurs enfants dans une école privée s’ils le pouvaient. La ministre fait un choix qu’une majorité de Français aimeraient pouvoir faire. Hélas, beaucoup ne peuvent se permettre un tel sacrifice financier.

— Pour se justifier, Mme Oudéa-Castéra a invoqué le non-remplacement des professeurs absents dans le public. Est-ce une réalité ?

— Emmanuel Macron et le gouvernement avaient promis la présence d’enseignants devant chaque classe lors de cette rentrée 2023-2024. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Le non-remplacement des enseignants s’explique par le manque d’attractivité du métier lié au statut de fonctionnaire. On ne peut pas négocier son salaire ni sa localisation géographique et il n’existe pas de passerelles du public au privé ni de l’école primaire au secondaire. L’autonomie doit être totale et concerner aussi bien la gestion des établissements scolaires, les personnels éducatifs et la pédagogie qu’ils souhaitent mettre en place dans le respect de l’hygiène, de la sécurité et de l’ordre public.

— Pourquoi oppose-t-on toujours en France l’autonomie des établissements scolaires à l’idéal républicain, selon lequel « uniformité » signifie « égalité » ?

—  Depuis le début du XXe siècle, l’État estime que c’est à lui d’éduquer les enfants pour fabriquer de bons petits républicains et non pas pour former des individus libres. On a commencé par interdire aux ordres religieux d’enseigner. Puis, récemment, on a abaissé l’âge de la scolarité obligatoire à trois ans et interdit de fait l’instruction en famille. Plus le temps passe, plus l’État met la main sur l’éducation des petits Français avec cette idée que seul l’État est capable d’instruire. Or, j’estime que le rôle de l’État n’est pas de transmettre les « valeurs républicaines », mais de former l’intelligence en inculquant les savoirs fondamentaux.

— Justement, Amélie Oudéa-Castéra a indiqué vouloir poursuivre le travail de son prédécesseur, qui a tenu une position ferme sur la question de la maîtrise des savoirs fondamentaux…

— Certes, mais cela ne fonctionnera pas tant que l’on fera du jacobinisme et de la centralisation la seule réponse à nos problèmes. Il faut enfin avoir le courage de briser le monopole du ministère
de l’Éducation en s’inspirant de la réussite du privé : supprimer la carte scolaire, mettre en concurrence les établissements et ouvrir les écoles libres aux plus modestes par un financement public type chèque scolarité ou défiscalisation.