dimanche 23 août 2020

Diffuseur public : prêche, amalgame et fascination pour la politique américaine aux frais du contribuable

La mode des médias fortement subventionnés, adeptes du correctivisme politique, est de décrypter correctement l’actualité pour que leurs ouailles ne s’égarent pas dans « les bas-fonds » des réseaux sociaux peu politiquement corrects. 
 
Ces médias veulent orienter et influencer leurs lecteurs qui ont gratuitement accès à leur information puisqu’elle est payée par les contribuables. Cette volonté d’influer sur le débat politique, toujours dans le même sens, les éloigne de la raison d’être de leur financement public. Car enfin, pourquoi subventionne-t-on officiellement ces médias ? Pour permettre de rapporter de manière neutre des événements régionaux qui ne le seraient pas sans cette subvention ou offrir une diversité de points de vue. Or, lire La Presse subventionnée ou le site de Radio-Canada (qui fait concurrence aux journaux indépendants) c’est du pareil au même, nulle diversité. On peut aussi lire, grosso modo, la même chose moyennant quelques piécettes dans Le Devoir ou le Soleil. Voir à ce sujet « Je lis quatre journaux [québécois] chaque matin, la pluralité d'opinion elle existe » ...

Voilà donc que le diffuseur public a décidé de nous parler de Trump (en mal bien sûr) et d’un mouvement américain dont nous ignorions tout avant que les journalistes radio-canadiens sous perfusion constante des médias progressistes américains aient la bonté de nous en parler. 

Notons, d’une part, la fascination du diffuseur public canadien pour tout ce qui est politique américaine et, d’autre part, pour tout ce qui peut ridiculiser ou embarrasser Trump.

L’abbé Jeff Yates s’est donc fendu d’un long article sur la « conspiration QAnon » dont nous ignorions tout.

Yates amalgame « subtilement » les complotistes QAnon au président Trump en affirmant que Trump soutenait les partisans QAnon, sous-entendu à peine masqué (mais ô combien important, car il faut toujours taper sur Trump) : Trump soutient des thèses complotistes loufoques. Voilà le lecteur du diffuseur public prévenu. C'est dit dès le début de ce long article, le lecteur pressé peut donc passer à un autre article, le principal est dit.
Or qu’en est-il ? 
 
Voici ci-dessous l'extrait de la conférence de presse en question où deux questions sont posées à ce sujet. Les questions paraissent conçues pour embarrasser Trump : ces complotistes vous soutiennent qu’en dites-vous ? Trump répond ne rien connaître de ce mouvement, mais qu’il est content si des gens apprécient son travail, puis il s’appuie sur la première question pour en réalité passer à autre chose et critiquer la gestion des villes démocrates (Portland, Chicago et New York) qui connaissent du grabuge depuis des semaines. Quand la seconde journaliste lui demande si Trump est vraiment, comme le dit QAnon, en lutte contre des réseaux pédophiles et cannibales, Trump réitère son ignorance, mais demande pince-sans-rire si ce serait mal s’il luttait contre de tels réseaux ? Après tout, je suis prêt à sauver le monde du mal. Puis deuxième épaulé-jeté : en fait, nous sommes déjà en train de lutter contre la gauche radicale qui pourrait détruire les États-Unis et ensuite le monde. Et hop, on passe à autre chose : critiquer la gauche radicale et les démocrates.



À nos yeux, l’amalgame de Yates est éhonté. Trump est prudent : il ne connaît rien de ce mouvement et ne le critique donc pas, il utilise les questions tendancieuses des journalistes pour en fait parler de sa politique : lutter contre l’anarchie dans les villes démocrates et lutter contre la gauche radicale qui menace les États-Unis et, au-delà, le monde.

Notons que Yates ne permet courageusement pas que les contribuables expriment leur opinion sous son long pensum payé par leurs impôts. Pas de commentaire, petit peuple !

Quant au tropisme américain de Radio-Canada (dont la raison d’être est pourtant de valoriser les nouvelles et la culture au nord du 49e parallèle) et surtout sa fascination pour la gauche américaine, nous avons trouvé l’intervention (ci-dessous) d’Andrew Scheer très intéressante.

C’est ainsi que Radio-Canada n’a quasiment pas couvert la course à la chefferie du parti conservateur alors que les candidats se sont déplacés à travers le pays et bien sûr au Québec. Mais, en en parlant, la SRC pouvait faire de la publicité au mauvais parti et donner de mauvaises idées aux gens si mal renseignés... Le diffuseur public a donc minimisé, voire occulté, cette campagne. Par contre, la Voix d’Ottawa nous a fait tout savoir des dernières pensées parfois confuses de Biden pourtant terré le plus souvent chez lui.

Quant à Mme Leslyn Lewis dont il est question dans la vidéo, s’il est vrai qu’elle est noire et que cela pourrait donc lui ouvrir l’antenne de la SRC, elle est Conservatrice. C’est déjà une raison suffisante, semble-t-il, pour que le diffuseur public n’en parle pas trop et n’en fasse pas la publicité (contrairement à Kamala Harris pour qui les gros médias traditionnels ont les yeux de Chimène). Mais, en outre, horresco referens, Leslyn Lewis est une conservatrice sociale contrairement à un candidat libéro-compatible comme Peter Mackay qui a tout d’un libéral bon teint exempt des scandales associés au PLC canal historique. En effet, Leslyn Lewis est pro-famille, pour restreindre l’avortement ou son financement, empêcher l’élargissement de l’euthanasie, défendre la liberté de conscience, etc.  Lire son programme.


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Les Marchands de nouvelles

Système éducatif au Japon – Définition et Explications

L’histoire

Le système éducatif au Japon est caractérisé par une sélection importante des élèves avec des concours et la cohabitation de systèmes publics et privés. Il est géré par le Ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie, tout en ayant une organisation très décentralisée puisque les collectivités locales assurent la gestion matérielle, humaine (effectifs, inscriptions, services aux élèves et aux professeurs) et pédagogique (inspection, application des programmes) des établissements, les préfectures s’occupant plus particulièrement des lycées publics, des écoles spécialisées et des établissements privés, et les communes de l’enseignement primaire (maternelles et élémentaires) et secondaire de premier cycle (les collèges) public.

Le système éducatif au Japon contemporain fut créé ex nihilo dès le début de l’ère Meiji en s’inspirant du modèle anglo-saxon. Dès cette époque, il est déconnecté des instances aristocratiques et religieuses pour être considéré comme un instrument au service de l’État ; le nouveau régime a en effet besoin à la fois de main-d’œuvre qualifiée, d’un vaste corps de techniciens et d’une élite dirigeante issue des universités impériales. « En moins de deux générations, l’ancienne stratification sociale fondée sur l’hérédité des statuts individuels fit place à une stratification largement commandée par le niveau d’éducation. Mais entre éducation et endoctrinement, la frontière est souvent ténue, nous pouvons le constater également pour ce qui est de l’histoire du système éducatif français (patriotisme, révisionnisme). Au lieu d’apprendre à penser, l’école indiquait aux jeunes ce qu’il fallait penser. Elle formait des sujets dociles acquis à l’orthodoxie officielle. L’effort machinal de mémorisation nécessaire pour maîtriser le système d’écriture contribuait en outre à développer la passivité d’esprit. Le Japon a le triste privilège d’avoir été le premier pays au monde à utiliser les techniques totalitaires de conditionnement mental et à transformer l’école en instrument du Pouvoir.

— Edwin O. Reischauer, Histoire du Japon et des Japonais, tome 1,
Éditions du Seuil, Collection Points Histoire, 1973, 251 p. 

De 2003 à 2007, selon l’OCDE, le Japon a été chaque année l’un des deux pays parmi ses membres qui ont le moins investi dans l’éducation par rapport à son PIB.

Études supérieures

Il y a deux types d’écoles d’enseignement supérieur : les écoles spécialisées (専門学校, senmongakkō) et les universités (大学, daigaku). Tandis que les écoles spécialisées fournissent une formation efficace en deux ans, les universités ont une vocation plus généraliste, et le premier diplôme ne s’obtient qu’au bout de quatre ans. La grande majorité des étudiants choisissent l’université. Pour presque tous les étudiants, il est nécessaire de passer un an, voire deux, en classe préparatoire privée avant de réussir le concours d’entrée en université. Cependant, ce n’est pas obligatoire, et certains étudiants parviennent à entrer en université dès la sortie du lycée.

Il est souvent dit des universités japonaises qu’il est difficile d’y entrer, mais facile d’en sortir diplômé. Après avoir réussi le concours, le rythme est nettement moins soutenu qu’au lycée ou qu’en classe préparatoire. La recherche d’emploi en fin d’études se fait traditionnellement de façon groupée.

Il existe trois niveaux à l’université :

  • la licence (学士, gakushi, au Québec, baccalauréat, en quatre ans) ;
  • la maîtrise (修士, shūshi, en deux ans) ; 
  • le doctorat (博士, hakase/hakushi, en trois ans). 

 Il existe trois types d’universités : 

  • les universités nationales (国立, kokuritsu), 
  • les universités privées (私立, shiritsu) et 
  • les universités publiques (公立, kōritsu).

Les universités nationales

Ce sont généralement les universités les plus prestigieuses. À un haut niveau, l’accent y est mis sur les connaissances fondamentales. Les plus célèbres sont :

  • l’Université de Tōkyō (東京大学, Tōkyō Daigaku) ou sa contraction Tōdai (東大) ; 
  • l’Université de Kyōto (京都大学, Kyōto Daigaku) ou sa contraction Kyōdai (京大). 
Université Keiō    

Les universités privées

Ce sont les plus nombreuses, et il en existe de tous les niveaux. Cependant, les plus prestigieuses rivalisent avec les plus grandes universités nationales. La majorité des politiciens japonais sont issus des plus grandes universités privées, au rang desquelles :

  • l’Université Keiō (慶應義塾大学, Keiō Gijuku Daigaku) dans le sud de Tōkyō. Jun’ichirō Koizumi est diplômé de cette université ;
  •  l’Université Waseda (早稲田大学, Waseda Daigaku), au centre de Tōkyō. L’ancien Premier ministre, Yasuo Fukuda, ou encore Yoshirō Mori sont diplômés de Waseda.

Les universités publiques

Bien que les universités nationales soient publiques, lorsqu’on parle d’universités publiques elles sont généralement exclues. Elles ont une réputation supérieure à la moyenne des universités privées. Il s’agit d’universités gérées par une instance locale. Deux d’entre elles sont : 

  • l’université métropolitaine de Tōkyō (東京都立大学, Tōkyō Toritsu Daigaku) ou simplement Toritsu, célèbre en particulier pour sa faculté d’architecture ; 
  • l’université de la ville de Yokohama (横浜市立大学, Yokohama Shiritsu Daigaku), référence nationale en matière de médecine. »
Source

samedi 22 août 2020

Mystification par des chiffres dûment sélectionnés (m-à-j vidéos)

Tiré de l’éditorial du Soir de Bruxelles du 16 août qui nous rappelle une leçon de base quand on cite des chiffres et qu’on les sélectionne à dessein.

Un chiffre seul, sans contexte et avec un brin de mauvaise foi, on peut facilement lui faire raconter tout et son contraire.

Vous voulez convaincre que la situation actuelle est dramatique ? Piochez parmi les éléments suivants :

– Le nombre de lits occupés aux soins intensifs a quadruplé en un mois.

– Le nombre de décès a progressé de 104 % en une semaine.

– Il y a quasi autant de cas à Bruxelles que lors de la première vague.

Vous voulez démontrer l’exact opposé ?

Tout aussi simple :

– Il y a 15 fois moins de malades aux soins intensifs qu’au mois d’avril.

– Le coronavirus ne représente aujourd’hui que 2 % des décès quotidiens.

– Il n’y a chaque jour que 5 nouveaux cas par 100 000 habitants.

Toutes les affirmations qui précèdent sont vraies, mais orientées.

Et elles ne donnent qu’une vision tronquée de la situation.

Maintenant, demandez-vous quels chiffres vous entendez dans les médias chaque jour...

Voir aussi

Le Pr Toussaint explique les statistiques récentes. Professeur de physiologie à l’Hôtel Dieu (Université de Paris), directeur de l’IRMES (Institut de recherche médicale et d’épidémiologie du sport), ce médecin réputé et bon connaisseur du terrain a fondé en 2015 le Groupe Adaptation et Prospective au sein du Haut Conseil de la santé publique.


 
Pr Raoult, “plus on s’affole, moins on soigne bien” 
 
 
 Entretien intégral Raoult (19 août) + analyse par journalistes et experts
 
 
Dr. Blachier : « Le port du masque à l’extérieur ne repose sur aucun fondement scientifique ! »


Le Professeur Laurent Toubiana, épidémiologiste, chercheur à l’INSERM, accuse les médias de générer un drame psychologique. Pour lui le masque en extérieur est au mieux inutile.  Il n’y a plus d’épidémie pour l’instant en France.




Si vous vous demandez pourquoi seuls des médecins européens osent dire ce qu’ils pensent, voici ce que révélait Éric Duhaime : 

« Bonjour Monsieur Duhaime !
J’ai reçu, ce matin, un 2e appel de mon ordre professionnel (l’autre remonte à 6 semaines) pour me menacer de passer devant un comité disciplinaire si je continue à partager des posts sur les masques. Mon devoir de réserve qu’ils disent. Je ne peux donc plus rien dire, ni poster, ni partager, tout ce qui crée un débat, tout ce qui conteste les décisions du gouvernement.
Nous sommes bâillonnés et menacés. »
 


Québec, pays du consensus mou et des pressions centralisatrices. Sur ce sujet voir : Votes et motions unanimes, une spécialité québécoise ?
 

L'épidémie est-elle terminée ? Apparemment, oui, pour l'instant selon le Dr Taubiana.



« Anatomie d’une crise sanitaire », un livre d’utilité publique ? 

Extrait de la recension par Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS : 
« Le livre de Jean-Dominique Michel est d’utilité publique tant sont nombreuses et cruciales les questions discutées : connaissance statistique de l’épidémie et de la mortalité en général, critique de la stratégie politico-sanitaire du confinement, état actuel de la recherche médicale, corruption par l’industrie pharmaceutique, question du traitement du Covid, questions de santé publique en général.

L’anthropologue de la santé Jean-Dominique Michel fait partie de ces rares intellectuels qui, non seulement ne partagent pas les peurs et les opinions imposées par la communication gouvernementale et les médias dominants, mais de surcroît a le courage de l’exprimer publiquement. Son propos est celui d’un chercheur en sciences sociales spécialiste des questions de santé, à cheval sur la France et la Suisse, doté d’une longue expérience. Il est très argumenté et s’appuie en notes de bas de page sur une importante bibliographie médicale internationale, inconnue de la plupart des commentateurs français. Nonobstant les quelques imperfections de forme (coquilles, références parfois données uniquement sous forme de liens hypertextes) liées à un excès de rapidité dans le processus de publication, et malgré la personnification du propos et les nombreuses digressions inutiles qui en découlent (commentaires des commentaires reçus sur son blogue, évocations de souvenirs personnels, récit anecdotique de sa propre maladie, etc.), son livre (paru mi-juin) se lit facilement et s’avère d’utilité publique tant sont nombreuses et cruciales les questions de fond discutées. Citons notamment la connaissance statistique de l’épidémie et de la mortalité en général, la critique de la stratégie politico-sanitaire du confinement, l’état actuel de la recherche médicale, la corruption par l’industrie pharmaceutique, la question du traitement du Covid, les questions de santé publique en général. On s’efforce ici d’en “extraire la substantifique moelle” selon l’expression populaire, mais on recommande à tous sa lecture.

Exagérations permanentes, panique et mauvaises décisions

Dans une partie des pays, et tout particulièrement en France, la communication gouvernementale est axée sur l’exagération permanente du danger. À plusieurs moments, c’est aussi la stratégie qu’a adoptée l’OMS, avançant des taux de létalité du Coronavirus quinze fois supérieurs à la réalité (p. 9). En fait, 98 % des personnes infectées guérissent spontanément, leur système immunitaire étant suffisamment robuste. Comme l’ont montré des recherches internationales, le taux de létalité de cette maladie se situe probablement autour de 0,2 %, ce qui est comparable à une grippe forte (p. 10). Les principales spécificités du Coronavirus sont apparemment la force de sa contagiosité et la rapidité avec laquelle il génère des complications respiratoires potentiellement mortelles chez les personnes les plus fragiles : les personnes âgées, les personnes obèses et les personnes déjà atteintes par d’autres maladies ayant sérieusement entamé leurs défenses (maladies auto-immunes, maladies respiratoires, maladies cardio-vasculaires, cancers, diabètes de type 2, etc.). Ceci est connu depuis la mi-mars. Et cela ne justifiait pas l’espèce de “psychose” qui s’est emparée de beaucoup de pays.

Pourtant, à ce moment-là, plutôt que d’écouter les épidémiologistes, les infectiologues et les virologues les plus reconnus, les gouvernements comme celui de la France ont préféré imiter la Chine et prendre au sérieux des “modélisateurs fous” (p. 17) comme l’épidémiologiste anglais Neil Ferguson (qui n’a cessé de faire des prédictions totalement erronées dans sa carrière et qui, à propos du Coronavirus, a été désavoué rapidement par beaucoup d’autres chercheurs), ce qui les a conduits à “aggraver un problème sanitaire d’ampleur parfaitement maitrisable” (p. 11). Ils ont en effet décidé de confiner l’ensemble de la population, ce qui n’a jamais fait partie des recommandations de l’OMS. D’autres gouvernements européens, comme ceux de l’Allemagne, de la Suède, des Pays-Bas ou encore du Danemark, ont entendu de véritables experts (comme le virologue allemand Christian Drosten ou le danois Peter Gotzsche) et ont fait du coup des choix bien plus pondérés et judicieux. D’autres pays asiatiques également.

 »

vendredi 21 août 2020

France — Sur 30 ans, le niveau en calcul des élèves de 11 ans est en baisse, selon étude (rediff)

Une mauvaise nouvelle pour l’éducation nationale. Entre 2007 et 2017, le niveau des élèves de CM2 (11 ans) en calcul a baissé, poursuivant une tendance amorcée trente ans plus tôt, révèle une étude de la Depp, l’agence des statistiques du ministère de l’Éducation, ce vendredi.

Lancée en 1987, cette enquête avait déjà montré une forte baisse des performances des élèves entre 1987 et 1999, avant de remonter légèrement entre 1999 et 2007. « Dix ans plus tard, on assiste à une baisse des performances des élèves, moins marquée cependant qu’entre 1987 et 1999 », souligne l’étude. Pour que les résultats soient comparables dans le temps, des échantillons représentatifs ont été tirés au sort et les consignes de passation et de correction des épreuves ont été répercutées à l’identique pour les quatre moments d’évaluation.


Sur trente ans, les résultats indiquent une baisse générale des performances : ainsi, les taux de réussite moyens pour les additions s’élevaient à 90 % en 1987 et à 77 % en 2007. En 2017, ils atteignent 69 %. Pour les soustractions, réussies autour de 83 % en 1987, elles ne le sont qu’à hauteur de 64 % en 2007 et de 55 % en 2017. La baisse est encore plus marquée pour les divisions : 74 % en 1987, 43 % en 2007 et 37 % en 2017.



Concernant les problèmes, les taux de réussite moyens sont de 32 % en 2017. En 1987 et en 2007, ils s’élevaient respectivement à 52 % et 40 %, indique la Depp. À chaque enquête, les garçons présentent de meilleurs résultats que les filles. Mais l’écart se resserre en 2017, poursuit la Depp. Enfin, depuis trente ans, les résultats sont les plus élevés parmi les élèves d’origine sociale favorisée. À l’opposé, les enfants issus des milieux les plus défavorisés présentent les performances les plus faibles. Les résultats sont en baisse dans toutes les catégories sociales.


jeudi 20 août 2020

Race, genre, identité, les ferments de la violence qui vient

Vous êtes horripilé par le mouvement « woke » (« éveillé »), exaspéré par une nouvelle gauche qui ne défend plus que des particularismes de plus en plus excentriques, excédé par de jeunes activistes qui ne sont prêts à aucun compromis et qui se sentent agressés à la moindre contradiction, agacé par la construction sociale du genre ? Le dernier livre de Douglas Murray vous apprendra à connaître l’historique de ces tendances, leurs contradictions et les impasses vers lesquelles ils mènent.

Dorénavant, le « New York Times » écrira « Noir » avec une majuscule, mais continuera à écrire « blanc » avec une minuscule. Cette asymétrie Noir/blanc est un exemple inquiétant de ce que Douglas Murray, l’essayiste, journaliste et penseur conservateur, appelle la surcorrection dans son livre, La Guerre des communautés : Race, identité, genre, les ferments de la violence qui vient, qui sortira en français en octobre. Ces dernières années, on a beaucoup fait dans nos sociétés sur le plan juridique pour corriger les injustices et les inégalités dont auraient souffert différentes minorités — ethniques ou « genrées » — et une majorité, celle des femmes. Maintenant, il s’agit d’aller plus loin : plutôt que de viser la correction des inégalités, il s’agit d’infliger une correction aux majorités et surtout aux hommes. Nous vivons à l’ère de la vengeance. Même typographiquement.

Présentation de l’éditeur

Un succès de librairie international

Dans ce nouveau livre, Douglas Murray examine des questions centrales du XXIe siècle : la sexualité, le sexe, la technologie et la race. Il montre que ces sujets vont être les détonateurs principaux de la violence dans les prochaines années. Il met en lumière, exemples à l’appui, les nouvelles guerres culturelles qui se déroulent dans nos lieux de travail, universités, écoles et foyers au nom de la justice sociale, de la politique identitaire et de « l’intersectionnalité ».

À l’époque postmoderne, les grands récits religieux et politiques se sont effondrés. À leur place ont émergé un désir croisé de redresser les torts perçus et une militarisation de l’identité, toutes deux accélérées par la puissance des médias sociaux.

Des groupes d’intérêts étroits dominent désormais l’agenda alors que la société devient de plus en plus tribale.

Murray cherche à insuffler un certain bon sens dans [le débat] et termine par un appel passionné à la liberté d’expression, aux valeurs communes et à la raison, dans une époque où règne chaque jour un peu plus l’hystérie de masse.

LA GUERRE DES COMMUNAUTÉS
Race, genre, identité, les ferments de la violence qui vient
par Douglas Murray
à paraître le 13 Octobre 2020
aux Éditions du Toucan
dans la collection de l’Artilleur
à Paris,
250 pages
Genre : Essais
ISBN : 9 782 810 009 886

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« On dresse les gays contre les hétéros, les Noirs contre les Blancs, les femmes contre les hommes » 

Le Canada vu par Douglas Murray: un pays avec un singulier manque d'adultes

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Un historien canadien, « expert en études du genre », avoue avoir falsifié ses recherches

L'Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant

 

 

L'école à la maison gagne encore du terrain

SAGUENAY – Cette année, la rentrée scolaire risque d’être particulière et plusieurs parents ont d’ailleurs décidé de retirer leur enfant des établissements scolaires pour faire l’école à la maison.

« Il y a toujours une augmentation chaque année, mais en ce moment, l’augmentation elle est deux fois, même trois fois plus grosse que les années précédentes, c’est vraiment incroyable », a dit jeudi Laurence Berger, qui est membre de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile.

« Normalement, nous avons 15 familles qui font l’école à la maison. Cette année, nous en avons 20 supplémentaires », a expliqué Cynthia Tanguay, directrice chez Tutorat Saguenay.

Avec la pandémie, plusieurs ont pris goût à ce type d’enseignement.

« Il y a plusieurs familles qui ont aimé leur expérience ! Lorsque les écoles ont fermé, certains parents aimaient suivre leurs enfants dans leurs apprentissages, c’est pourquoi ils vont continuer l’école à la maison », a ajouté Laurence Berger, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Quelques familles ont déjà fait le grand saut, tandis que d’autres s’y préparent en cas de deuxième vague.

« C’est un plan B pour plusieurs : si les écoles ferment à nouveau, ces familles vont se tourner vers l’école à la maison et poursuivre l’éducation de leurs enfants. Ils prennent de l’information pour se préparer », a relaté Mme Tanguay.

Mélanie Girard a commencé à scolariser ses cinq enfants à la maison quelques mois avant le début de la pandémie.

« Mon Dieu que j’ai fait un bon choix : mes enfants ont continué leurs cycles et, pour nous, ça n’a rien changé », a-t-elle témoigné.

Cette mère comprend les familles qui optent pour ce choix.

« Je ne vivrais pas la rentrée scolaire de septembre, le simple fait que les contacts sont restreints... j’aurais peur que mes enfants n’aient pas de plaisir à apprendre. »

L’éducation à la maison demeure marginale dans la région et même un peu tabou. Les familles d’ici qui envisagent cette option ont toutes décliné nos demandes d’entrevue.

« Il y a beaucoup de préjugés, c’est dommage, j’entends souvent : les jeunes à la maison ne font rien, mais non ! Il faut être dans le bateau pour comprendre. L’école à la maison, ce n’est pas juste le choix des parents, les enfants doivent avoir la motivation aussi. »

Source


Pour une écologie scientifique et non politique

Patrick Moore est l’un des cofondateurs de Greenpeace. Il raconte son parcours d’écologiste militant précoce, marqué par des expériences réussies, mais aussi de gros échecs.

Il décrit, en termes sans équivoque et appuyés sur de nombreux documents, comment Greenpeace est passée de défis courageux et avant-gardistes (notamment la lutte contre la chasse à la baleine industrielle ou les essais nucléaires atmosphériques), à des engagements anti-scientifiques essentiellement construits autour des inégalités Nord-Sud, structurés de façon dogmatique par les questions climatiques.

Selon Moore, l’Humanité fait partie de la nature et nous devons tenir compte de notre présence et de nos besoins dans l’utilisation des ressources. Le but ne peut pas être de marginaliser l’homme par respect pour la nature. La bonne question est plutôt de savoir comment affiner et renforcer un « développement durable » respectueux de l’environnement tout en répondant aux besoins humains.

Moore se bat pour que les décisions politiques soient fondées sur la science et non sur des convictions absolutistes et utopistes, comme le souhaitent les écologistes radicaux. Il déconstruit en particulier les positions antichlore de Greenpeace ainsi que l’utilisation aveugle du terme « toxique » dans leurs campagnes. Pour lui, les dangers des produits chimiques sont avant tout liés à la durée d’exposition et au dosage. Bien utilisés, ils ont prouvé dans le monde entier leur utilité pour la santé et la nutrition de millions d’êtres humains.

Un récit personnel et un exposé rationnel sur les grands défis environnementaux qui nous attendent.

CONFESSIONS D’UN REPENTI DE GREENPEACE
Pour une écologie scientifique et non politique
par Patrick Moore,
à paraître le 21 Octobre 2020,
aux éditions du Toucan,
collection de l’Artilleur,
à Paris,
556 pages 
Genre : Essais 
ISBN : 9 782 810 009 138

Voir aussi
 

Étudier en français à Montréal est parfois bien difficile

Dénoncer une injustice ou une discrimination peut prendre des allures de parcours du combattant à l’École de technologie supérieure (ÉTS). Un étudiant forcé de suivre la moitié d’un cours en anglais, ce qui contrevient au règlement de l’établissement francophone, a dû multiplier les démarches pour rectifier la situation. Jugeant ses demandes ignorées par l’ÉTS, il déplore l’absence d’un ombudsman pour traiter ce type de plaintes sans parti pris.

[Gageons qu’aux nombreuses universités anglophones du Québec, on ne force pas les étudiants subventionnés par le Québec officiellement francophone à suivre la moitié de leurs cours en français.]

« J’ai passé ma session à contacter différents paliers administratifs pour régler le problème. C’est déplorable de voir que la communication est aussi difficile et que j’ai dû me battre pour simplement faire respecter le règlement, sans succès au final », lance Vincent Bédard, qui vient de terminer son baccalauréat en génie mécanique à l’ÉTS.

L’étudiant estime avoir été victime d’une discrimination linguistique alors qu’il a dû suivre cet été un cours à moitié en anglais, une langue qu’il ne maîtrise pas. La partie théorique du cours « Robotique mobile » était donnée en français par le professeur, mais les travaux pratiques étaient, eux, en anglais. De langue maternelle espagnole, la doctorante qui dirigeait cette partie du cours ne parlait pas un mot français et donnait donc conseils et explications essentiellement dans la langue de Shakespeare. [Que fait cette doctorante qui ignore le français à l’ÉTS ? Elle anglicise l’institution ? Passe son doctorat en anglais ? Est-ce là une façon de promouvoir la science en français ? Il faudrait imposer la connaissance du français chez les doctorants.]

« Comprendre des concepts universitaires dans une langue qui n’est pas la mienne, ce n’était pas évident. J’avais du mal à comprendre et à me faire comprendre », raconte Vincent Bédard.

L’étudiant dit avoir vécu beaucoup de stress pendant la session, craignant même d’échouer. Pour réussir ses examens, il a dû mettre le double du temps qu’il consacre habituellement à ses études. « Ce n’est pas normal que l’ÉTS nous impose ça. Si j’ai choisi d’étudier dans un établissement francophone, ce n’est pas pour rien. J’ai le droit de recevoir mes cours en français », insiste Vincent Bédard.

S’ils ne sont pas soumis à la loi 101, les établissements d’enseignement supérieur doivent tout de même se doter d’une politique linguistique pour promouvoir la langue française. Celle de l’ÉTS est claire : « Le français est la langue normale de l’enseignement. » Une exception est faite pour les cours de langue et les conférenciers invités non francophones. La politique stipule aussi que « tout membre du personnel doit utiliser un français de qualité dans ses rapports avec ses collègues, les étudiants et le public ».

Souhaitant signaler cette infraction au règlement et demander une rectification de la situation, Vincent Bédard a multiplié les démarches pendant la session, s’adressant au professeur du cours en question, à son directeur de programme, puis à la doyenne des études.

Il a même contacté le ministère de l’Enseignement supérieur, qui lui a recommandé de formuler une plainte officielle au bureau du registraire de l’ÉTS. Ce qu’il a fait début juillet. Un mois plus tard, la registraire, Sandra Lacroix, lui a répondu que la qualité de l’enseignement relevait de la doyenne des études, qui avait déjà « trouvé des solutions » à son problème et qu’elle n’a donc « rien à ajouter ».

« La seule chose qui a changé, c’est que le professeur des cours théoriques était présent sur Zoom lors des travaux pratiques. Il faisait une introduction en français et disait être disponible si on avait des questions. Mais le reste se faisait toujours en anglais par la chargée de travaux pratiques », note Vincent Bédard.

Contactée par Le Devoir, l’ÉTS reconnaît avoir eu de la difficulté à trouver un chargé de travaux pratiques pouvant enseigner en français. Le cours étant donné pour la première fois à la session d’été, le bassin d’étudiants aux cycles supérieurs pouvant s’occuper des travaux pratiques dans ce domaine était réduit.

Devant le choix d’annuler le cours ou de le maintenir, mais en partie en anglais, l’établissement a choisi cette deuxième option, « moins dommageable sur le plan pédagogique », dit-on. « Une grande partie des étudiants en génie à l’ÉTS comprennent aussi l’anglais […] La connaissance de l’anglais est importante pour le futur ingénieur. »

L’école assure néanmoins qu’une telle situation ne se reproduira pas à l’avenir.

Absence d’ombudsman

Espérant que l’établissement tienne promesse, Vincent Bédard trouve surtout « lamentable » la façon dont sa plainte a été traitée. « Je n’avais plus d’options devant moi puisqu’il n’existe pas d’ombudsman à l’ÉTS. »

L’École est l’une des rares institutions du réseau universitaire à ne pas s’être dotée d’un service d’ombudsman, aux côtés de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et de la TELUQ. L’association étudiante de l’école en fait pourtant la demande depuis des années.

Un ombudsman permettrait de « renforcer la confiance de la communauté étudiante envers l’administration et assurerait un traitement équitable des plaintes », peut-on lire dans le Plaidoyer pour la mise en place d’un bureau d’ombudsman à l’ETS, rapport rédigé par l’association en octobre 2015.

Aux yeux de Jean Bernatchez, professeur en administration et en politiques scolaires à l’Université du Québec à Rimouski, un service d’ombudsman est pourtant essentiel. « Ça prend une personne intègre, neutre, qui ne prend pas parti, pour juger si une personne a été lésée par l’institution, dit-il. Un ombudsman aurait pu juger si les mesures prises par l’ÉTS pour régler le problème de l’étudiant sont suffisantes. Celui-ci aurait aussi économisé son temps en ne s’adressant qu’à une seule personne. »

Interrogée à ce sujet, l’École dit travailler sur « un projet de recours à un protecteur universitaire », qui pourrait « être mené à terme dans l’année 2020-2021 ». 


Source : Le Devoir


samedi 15 août 2020

Université — Liste de lecture anti-blanche de Sciences Po fait polémique

L’école de Sciences politique a partagé sa liste de livres anglais à lire pour l’été 2020. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est très orientée idéologiquement.

Sciences Po a partagé une drôle de liste de lectures sur son compte Instagram officiel. Fidèle aux préoccupations de l’année, on y retrouve des œuvres relatives à la race — George Floyd et Adama Traoré obligent — et seulement relatives à... La couleur de peau. Problème : c’est toujours à charge anti-blanc.

La liste des lectures de l’été de la prestigieuse (à la réputation surfaite à notre avis) école a, certes, été constituée par les abonnés au compte de l’école — comme précisé sur la légende, sur leurs recommandations de lecture — mais ce n’est pas tout.

Le compte de l’école assume son parti pris idéologique, en proclamant que la liste de livres « célèbre le militantisme, l’action, la diversité, et la jeunesse », avant de remercier ses abonnés pour ces bons conseils. Hélas, l’esprit critique n’est pas à l’ordre du jour : les lectures recommandées font la part belle à l’antiracisme, au militantisme de déconstruction du privilège blanc et autre... 

Au détriment même des personnes de peau blanche. Nous pouvons trouver dans cette liste prétendument éclairée : How To Be An Antiracist (Comment être antiraciste, en français), Me and White Supremacy (que l’on peut traduire par : Moi et la suprématie blanche), Why I'm No Longer Talking to White People About Race (Pourquoi est-ce que je ne parle plus de race à des Blancs, NDLR), ou encore White Fragility (La fragilité blanche, en français). Un parti pris particulièrement catégorique pour une école d’une telle envergure...

Une autre preuve de l’américanisation (et de la fascination de l’anglais) de la France.

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Covid-19: le système immunitaire a la mémoire longue

Pour mieux comprendre la mise en place de cette mémoire immunitaire, Simon Fillatreau, de l’Inserm, met en place un suivi de l’évolution des lymphocytes mémoire chez trente patients guéris. 
 
 Cellule infectée par la Covid 2019

Le fait que la majorité des populations infectées par le Sars-CoV-2 ne présente pas de symptômes notables pourrait être dû à la bonne mémoire de notre système immunitaire, selon plusieurs études indépendantes dont deux sont publiées dans la revue Nature. Ces travaux menés à Singapour, en Allemagne, aux Pays-Bas ou aux États-Unis ont découvert que le système immunitaire de 10% à 50% des personnes n’ayant jamais été en contact avec le virus était capable de le reconnaître. 

 Cette mémoire se met en place quand des lymphocytes T, cellules immunitaires dans le sang et la lymphe, se spécialisent pour reconnaître des parties du virus à la surface des cellules infectées. Pivots de la réponse immunitaire adaptative, ils activent alors les lymphocytes B, producteurs d’anticorps contre le virus, et d’autres lymphocytes T, chargés de tuer les cellules infectées. Une fois l’infection éradiquée, des lymphocytes B et T vétérans vont perdurer dans l’organisme et former la mémoire immunitaire contre le virus, prêts à intervenir rapidement en cas de nouvelle infection.

Lymphocytes vétérans

De tels lymphocytes T capables de reconnaître le Sars-CoV-2 ont bien été trouvés par les chercheurs chez des personnes vierges de tout contact avec ce virus. Ces cellules réagissaient à des parties du virus communes à quatre autres coronavirus qui circulent chaque hiver et sont responsables d’environ 20 % des rhumes. Une telle réaction croisée pourrait expliquer pourquoi le système immunitaire n’est pas toujours pris au dépourvu par le Sars-CoV-2.

Ce type de mémoire immunitaire s’avère aussi très stable dans le temps. À Singapour, par exemple, les chercheurs ont trouvé que les personnes infectées par le SarsCoV-2 en 2003 portaient encore des lymphocytes T «mémoires» capables de s’activer en présence de ce virus, soit dix-sept ans plus tard. Pour mieux comprendre la mise en place de cette mémoire immunitaire, Simon Fillatreau, de l’Inserm, met en place un suivi de l’évolution des lymphocytes mémoire chez trente patients guéris.

L’enjeu est important car leur détection s’avère une marque plus fiable d’une exposition passée au Sars-CoV-2 que celle des anticorps. C’est ce qui se dégage d’une étude mise en ligne sur le site MedRxiv menée par l’équipe du Pr Samira Fafi-Kremer, des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. « Nous avons trouvé que des personnes exposées au sein de leur couple ont eu des symptômes typiques du Covid-19 en moyenne sept jours après leur partenaire, puis développé une réponse T spécifique, mais sans produire d’anticorps », précise la chercheuse. Cette absence a été aussi rapportée par une étude chinoise montrant que certains malades peu symptomatiques du Covid-19 ne développent pas ou que très peu d’anticorps contre le virus. Des éléments qui suggèrent que la détection des anticorps dans le sang n’est pas un moyen très fiable de recenser la majorité des personnes ayant été infectées.

Deux conclusions se dégagent de l’ensemble de ces résultats. D’une part, le développement d’une immunité durable contre le Covid-19 repose en premier lieu sur la réponse des lymphocytes T mémoire. D’autre part, «le succès des vaccins anti-Covid-19 en cours de test clinique dépendra de leur capacité à induire non seulement des anticorps neutralisants mais aussi une réponse immunitaire T robuste contre le virus », souligne le Pr Fafi-Kremer. 

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