jeudi 16 août 2018

Portrait — James Tooley, l’aventurier de l’école perdue

James Tooley (ci-contre) est professeur à l’université de Newcastle. Il a enseigné les mathématiques au Zimbabwe de 1993 à 1996. En 2000, il découvrit les écoles privées à bas coût en Inde. Né en 1959 à Southampton, en Grande-Bretagne, James Tooley a grandi dans un milieu classique et conservateur. Son père était ingénieur dans les télécommunications, sa mère était infirmière. Il se souvient encore avec amusement de ce cocon familial typique de la petite bourgeoisie de province, à la fois simple et mû par la valeur du mérite et du travail. Esprit rebelle, il en fait son repoussoir, comme si souvent parmi les jeunes à la veille de l’âge adulte. Tooley devint donc marxiste.

Béotien gavé de léninisme, le jeune Anglais, qui obtint une licence en logique et en mathématiques, puis une maîtrise du Service de recherche sur la politique scientifique de l’Université du Sussex. Il postula alors pour aller enseigner dans un pays communiste. Ses parents rêvaient qu’il devienne professeur de mathématiques. Il l’est devenu, mais il enseignera… au Zimbabwe !

Nous sommes en 1983. Mugabé est au pouvoir depuis 1980. D’abord Premier ministre, il devint président en 1987 et le demeura jusqu’en 2017. N’écoutant que sa foi, James Tooley, qui avouera avoir également suivi une fille, y voit l’eldorado du socialisme en action. Il va vite déchanter.

Tooley découvre, ébahi, le prêt-à-penser d’un catéchisme liberticide qui assassine l’esprit critique, le recul des libertés individuelles, l’assignation à résidence de l’État de droit, les arrestations sans preuve, la confiscation des terres et les conséquences tragiques du mariage sanguinaire de l’interventionnisme extrême et de la tentation dictatoriale. Chômage explosif, hyperinflation, corruption et famine achèveront de le déniaiser.

Ce partisan du régime de Mugabé prend alors le communisme en horreur. Un livre, paru en 1986, contribue à ce revirement : South Africa, the Solution de Leon Louw, lui-même un ancien marxiste sud-africain. Le livre fut un succès de librairie en Afrique du Sud. Il le lit en cachette puis participe à deux groupes universitaires de lecture critique du Capital de Karl Marx.

Louw est une figure importante du libéralisme sud-africain. L’ANC au pouvoir depuis 24 ans ne l’a pas écouté, c’est le moins qu’on puisse dire, alors que l’Afrique du Sud devient politiquement et démographiquement de moins en moins arc-en-ciel.

En mars 1981, Louw déclara au sujet de la discrimination dite positive qui sera pourtant mise en place dans l’Afrique du Sud de l’ANC :

« L’aspect le plus offensant dans la discrimination positive est la façon dont elle humilie les Noirs. Elle sous-entend qu’ils sont inférieurs, qu’ils ne sont pas assez bons pour s’en sortir même si la loi les traite strictement comme les égaux des Blancs. C’est la forme la plus sournoise et la plus arrogante de paternalisme pseudo-libéral blanc. »

En 1987, lors d’une conférence de l’Institut des alternatives démocratiques en Afrique du Sud (IDASA) à Port Elizabeth, Louw déclara que la lutte contre l’apartheid visait à gagner la liberté et non le pouvoir pour les Sud-Africains noirs et que les Blancs craignaient qu’un gouvernement noir ne soit coercitif. [Ce qu’il devient de plus en plus, il a ainsi annoncé la spoliation des propriétaires fonciers blancs] Il a soutenu que la démocratie et la liberté économique étaient des concepts interdépendants qui ne peuvent pas exister l’un sans l’autre. La même année, lors d’un symposium en l’honneur de Martin Luther King Jr à Atlanta, en Géorgie, Louw déclara qu’une solution pacifique au conflit racial de l’Afrique du Sud de l’apartheid consisterait à accorder aux Noirs les libertés dont les Blancs avaient jusque-là bénéficié. Les Blancs, en revanche, exigeraient que soient garanties leurs libertés contre un gouvernement noir potentiellement vindicatif. [Comme si une constitution ne se changeait ou ne s’ignorait pas...] Avant tout, la solution politique devrait inclure « l’abolition de l’apartheid, la pleine égalité devant la loi et la citoyenneté pour tous »

De retour à Londres, il se lance dans un doctorat en sciences de l’éducation à l’Institute of Education. Margaret Thatcher, au pouvoir depuis presque dix ans, engage une grande réforme de l’éducation nationale. Tooley découvre au même moment un ouvrage qui va bouleverser sa vie : “Education and the State”, d’Edwin G. West.

James Tooley avait initialement décidé de lire ces travaux pour les réfuter. Comme chacun ou presque, il considérait que le gouvernement intervenait de façon légitime dans l’éducation et que l’école universelle, obligatoire et gratuite était la panacée. West plaidait l’inverse en démontrant par exemple que, bien avant deux lois de 1870 – l’Elementary Education Act, qui a rendu l’école obligatoire, et le Forster Act, qui a créé les premières écoles financées par l’impôt –, 87 % des enfants britanniques savaient lire et 53 % savaient écrire. Et ce, grâce aux bons soins de l’Église paroissiale et d’établissements philanthropiques, mais surtout des Dame schools, un terme péjoratif qui décrivait des écoles privées à bas coût tenues à leur domicile par des femmes.

Tooley y consacra sa thèse et s’interrogea sur l’état de l’enseignement dans le monde. La Société financière internationale lui offrit de parcourir le monde, mais la démarche lui parut rapidement biaisée. Les prestigieux établissements visités au Pérou, au Brésil, en Côte d’Ivoire, en Inde ou en Afrique du Sud sont réservés à l’élite. Il se sentit à distance de ceux qui ont à ses yeux le plus besoin d’émancipation. Il décida de se rendre dans les bidonvilles.

Ce fut en l’an 2000 que James Tooley fera sa grande découverte. Déambulant dans les méandres de la banlieue de Hyderabad, en Inde, notre archéologue de l’agir humain chercha à comprendre ce qu’y faisaient les enfants. Il découvrit une multitude d’écoles privées à bas coût. Dans l’enchevêtrement de tôles, d’activités manuelles et de pétarades de Mobylettes, Tooley parla aux élèves, à leurs parents, aux professeurs qu’il croisa, c’est selon, en cercle dans la rue, au fond d’un hangar ou dans des salles plus ou moins bien éclairées. Il fut saisi par leur énergie, leur désir d’apprendre. Partout, il fut accueilli avec la douceur et l’empathie de ceux qui agissent pour le bien commun sans chercher ni lumière ni reconnaissance. Ici, aux marges de la capitale du Telangana, comme ailleurs, la transmission du savoir suffit à nourrir l’existence de ceux qui ont entrepris de s’y consacrer. Et cela se voyait.

Ces écoles ne sont pas des centres de formation financés par des instances nationales ou internationales. Elles sont le fruit d’initiatives privées — et bien souvent rentables ! — payées quelques dollars par mois par les parents.

Enthousiasmé par ce chapelet interminable de classes de rue, Tooley se rendit, de 2003 à 2005, au Ghana, au Nigeria, au Kenya, en Sierra Leone et en Chine. Chaque fois, il se plongea dans les zones les plus fragilisées et reculées. Chaque fois, son intuition fut confortée : le scénario indien n’était pas un phénomène isolé. Où qu’il allât, la même mécanique humaine était à l’œuvre. Les travaux de Tooley levèrent alors le voile sur un pan considérable de l’action spontanée des hommes. Il devint à l’éducation informelle des plus pauvres ce que son collègue péruvien Hernando de Soto Polar est à l’économie des bidonvilles. Fort de nombreuses missions sur le terrain, le Britannique démontra que, dans les zones urbaines et périurbaines des pays étudiés, la majorité des enfants allant à l’école sont scolarisés dans des écoles privées. Pour la plupart d’entre eux, on les pensait errant ou travaillant dans les rues, sans autre bagage que l’école de la vie. Avant Tooley, seules les statistiques des écoles publiques faisaient foi, comme si le reste n’existait pas. Pourtant, le phénomène est massif. Dans les bidonvilles de Hyderabad comme dans le district Ga, au Ghana, 65 % des enfants scolarisés se rendent tous les jours dans des écoles privées. À Monrovia, au Liberia, 71 % des enfants de 5 à 14 ans sont scolarisés dans des écoles privées, 8 % dans des écoles publiques et 21 % sont déscolarisés. Ils sont 75 % à aller à l’école à bas coût dans trois des zones les plus pauvres de l’État du Lagos, au Nigeria.

Recensant méticuleusement les témoignages et reconstituant le parcours des anciens élèves, Tooley découvrit que ces populations avaient souvent été déçues, quand elles l’avaient connue, par l’éducation publique : absentéisme des professeurs, classes surchargées, manque de suivi et dépenses misant davantage sur les bâtiments que sur le projet pédagogique.

Dès lors, même s’il faut payer quelques dollars, même si les locaux sont parfois vétustes, de nombreux parents préfèrent mettre leurs enfants dans l’école privée du coin. Là, ils peuvent contrôler ce qui s’y passe en retour de ce qu’ils consentent à sacrifier pour assurer un avenir à leurs enfants. Tooley se souvient ainsi d’une mère en burqa lui disant : « Dans les écoles publiques, nos enfants sont abandonnés. »

Parce que la qualité de l’enseignement privé était le premier argument avancé par les parents, Tooley entreprit de la mesurer. Ces écoles sorties de nulle part n’ont, par nature, ni charte, ni programmes unifiés, ni consignes gouvernementales ou internationales. Le pédagogisme y est, par nature, inconnu. On y enseigne sans doute comme on apprenait chez nous avant que l’éducation devienne « nationale ». En 2005, à Kibera, le plus grand bidonville d’Afrique, au Kenya, où Tooley dénombra 76 écoles privées enseignant à 12 000 enfants, pour 8 000 élèves se rendant dans l’une des 5 écoles publiques et gratuites créées par les fonds internationaux, il testa et compara le niveau en anglais, en mathématiques et en souahéli. Sur un échantillon de 3 000 enfants, la moitié provenant du public, l’autre du privé, et de questionnaires précis, les résultats étaient plus de 20 % meilleurs en mathématiques et en souahéli dans les écoles spontanées.

Comble absolu, ces écoles privées ont un coût de fonctionnement considérablement plus faible que les écoles subventionnées. Cela n’empêche en rien la solidarité privée, car la plupart de ces écoles sont gratuites pour certains enfants, notamment les orphelins. Pour autant, l’argent n’y est pas tabou. Au contraire, le fait, pour les parents, de verser une part importante de leurs revenus accroît leur degré d’investissement dans la réussite des élèves.

Quand on l’interroge sur les leçons à tirer de ses années de recherche, Tooley développe plusieurs axes. Le premier n’est pas tendre avec l’aide publique au développement, qu’il trouve aveugle et sourde aux réalités du terrain. Plutôt que de créer des écoles ab initio, comme s’il n’y avait rien sur place, ne peut-on faire le pari de l’existant et contribuer à aider ce qui a fait ses preuves ? S’il imagine un système de bons, ce n’est que pour les distribuer aux plus pauvres des plus pauvres et leur permettre d’inscrire leurs enfants dans l’école privée de leur choix. Sinon, insiste-t-il, il faut surtout laisser les parents payer, car c’est cela qui maintient la dynamique de qualité.

Il invite également nos dirigeants à prendre conscience de leur myopie pour qu’ils cessent de tirer des conclusions hâtives quant à ces zones si éloignées de leur regard. De même que Thomas Piketty décline, avec l’apparence de la scientificité, ses théories contre les inégalités sur le fondement de statistiques et de projections occidentocentrées ignorant tout de l’immense « capital mort » que constitue l’économie informelle des bidonvilles, raisonner sur l’avenir de l’alphabétisation dans le monde nécessite de mesurer pleinement le pourcentage d’enfants non scolarisés. Or celui-ci, par exemple, tombe de 50 à 26 % dans l’État du Lagos, si l’on inclut les écoles non déclarées.

Parce que « tout ce qui dégrade la culture raccourcit le chemin qui mène à la servitude », comme l’écrivait Camus, trouver une école pour son enfant, c’est lui offrir un chemin d’émancipation, une route de liberté. Cela ne nous prive évidemment pas de vigilance quand l’école se mue soudainement en entreprise d’endoctrinement. Mais ce qui tracasse le plus James Tooley, c’est la fièvre interventionniste frappant ce monde. Certaines écoles privées sont menacées. Des dirigeants politiques cherchent à les anéantir par souci d’uniformisation. Ainsi, dans l’État du Penjab, en Inde, 3 000 d’entre elles ont été fermées. Il faut mettre fin à ce massacre, prévient le professeur. En Occident, enfin, Tooley imagine non la privatisation totale de l’éducation, mais une libération réglementaire et fiscale des écoles privées à bas coût afin de venir en aide aux plus démunis. Il perçoit aussi pleinement l’apport de la numérisation pour permettre à chacun, où qu’il soit, d’apprendre et de grandir en confiance.

Le véritable enseignement de l’œuvre de Tooley pourrait bien aller au-delà de son secteur d’expérience : en démontrant l’existence de cet ordre spontané identifié par les scolastiques espagnols au XVIe siècle puis redécouvert par Friedrich Hayek, il nous invite à interroger la manière dont est pensée l’action publique, fût-elle tendue vers des objectifs louables. Le fait qu’une activité soit portée par un acteur public et même qu’elle soit en apparence gratuite ne garantit pas qu’elle soit la meilleure. Il faut donc s’assurer que le constructivisme n’intervient qu’en dernier ressort, quand on a établi que l’action humaine n’est pas déjà en train de répondre à l’impératif que l’on se fixe.

Source : Le Point

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« Les écoles privées, c’est pour les riches »

mardi 7 août 2018

G-B : école primaire catholique a fait courir ses élèves en pleine canicule « pour qu’ils sachent ce que ça fait d’être un migrant »

Une école primaire privée catholique est sous le feu des critiques après que les élèves ont été « invités » à manifester leur solidarité avec les migrants en faisant cinq fois le tour d’un terrain, en pleine canicule. On notera que les travailleurs de la construction ou les agriculteurs qui travaillent dehors par la même température ne semblent pas mériter de solidarité.

Les enfants ont participé à la campagne « Partagez le chemin » lancée par le pape François, malgré des températures atteignant 33 °C et les avertissements du Ministère de la Santé de rester à l’écart du soleil.

Lundi, le jour de l’événement, était le jour le plus chaud de l’année.

Les parents d’élèves de l’école catholique St Gregory à Margate, dans le Kent, ont déclaré que cela n’aurait jamais dû se passer..

Un grand-père a qualifié l’événement de « dégoûtant ».

Il fulmine : « Alors, ma petite-fille est rentrée de l’école aujourd’hui en disant qu’ils devaient se promener et faire le tour du champ cinq fois pour se mettre à la place d’un réfugié »

Un autre parent déclare : « On n’a pas demandé aux enfants s’ils voulaient participer ou non, on leur a dit que c’était ce qu’ils devaient faire. Quelques membres du personnel étaient en désaccord avec le fait de faire cette activité en pleine chaleur, mais apparemment la hiérarchie a insisté. »

Ils avaient aussi un gars de CAFOD (l’Agence catholique pour le développement outre-mer) qui leur a fait un discours.

« Une de mes filles m’a dit que chaque fois qu’ils se promenaient, ils devaient s’arrêter et dire une prière et ce n’était pas fait à l’ombre ». Pour les « migrants » ?

Source

lundi 6 août 2018

Afrique du Sud — volonté de spolier les terres et d'angliciser les écoles malgré la constitution

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a paru mardi soir à la télévision pour annoncer que son parti, l’ANC, comptait amender la Constitution pour y faire entrer le principe de spoliation des fermiers blancs.


Lors d’une allocution télévisée du mardi 31 juillet, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui avait promis de « rendre » les terres appartenant aux fermiers blancs depuis les années 1600 à la population noire après son entrée en fonction en février de cette année, a déclaré que le Congrès national africain (ANC) devait lancer un processus parlementaire pour apporter un amendement approprié à la Constitution. Notons le verbe « rendre », beaucoup de ces terres ont été rachetées par des Blancs depuis la fin de l’apartheid sans opposition du gouvernement, que des terres ont été concédées par des rois (Zoulous) aux Boers pour services rendus et qu’au XVIIe siècle les Hollandais (et Huguenots) n’ont pas volé les terres à des Bantous qui n’avaient pas encore atteint le Cap-Occidental. Lesquels Bantous, eux-mêmes, poussaient vers le Sud le long de la côte de l’Océan indien en en chassant, massacrant ou assimilant les populations autochtones bochimanes et hottentotes (khoïsanes). Les tribus bantoues, pastorales, ne pénétrèrent l’Afrique du Sud ni par le Namib ni par le Kalahari, deux régions désertiques. Hollandais et Bantous se rencontrèrent sur la rivière Fish, vers 1750. Soit un siècle après l’établissement des blancs au Cap.

« L’ANC va proposer un amendement de la Constitution qui précise de manière plus claire et explicite les modalités exactes de l’expropriation des terres sans compensation », a-t-il ainsi annoncé.

L’ex-homme d’affaires a fait valoir qu’« il est devenu clair que notre peuple voulait que la Constitution soit plus explicite » sur la question, considérée par la minorité blanche sud-africaine comme une expulsion forcée capable d’inciter à la violence contre les agriculteurs.

Des craintes existent cependant que l’expropriation projetée ne porte atteinte à l’agriculture commerciale en Afrique du Sud et provoque une crise de la production alimentaire, à l’instar de celle qui a frappé le Zimbabwe lorsqu’il avait pris une décision similaire envers les fermiers blancs en 1999 et 2000.

En avançant son plan de redistribution des terres en mars, le président sud-africain avait cherché à rassurer les citoyens blancs, qui représentent environ 9 % de la population totale. Cette proportion était encore de 23 % en 1911, de 19 % en 1969 et de 17,5 % en 1985. La fin de l’Apartheid fut marquée par un déclin rapide de la proportion de blancs dû à quatre principales causes : la faible natalité des Blancs depuis 50 ans, une natalité plus importante d’autres groupes ethniques (y compris les métis afrikaansophone), l’émigration importante des Blancs et l’immigration de millions de subsahariens en Afrique du Sud.

Le mois dernier, un appel du ministre australien des Affaires intérieures, Peter Dutton, à fournir des visas d’urgence pour les fermiers blancs d’Afrique du Sud menacés de persécution avait déclenché un scandale diplomatique. Le chef de file de l’opposition sud-africaine avait même qualifié l’Australie de « pays raciste » pour avoir accordé un refuge aux agriculteurs blancs à la fois pendant l’ère Mandela et aujourd’hui.

Quant au dossier scolaire, il existe une politique d’anglicisation des écoles qui enseignent encore en afrikaans. Elle a cependant connu un coup d’arrêt à la fin juillet.

Manifestations noires demandent l’anglicisation
d’une autre école afrikaans
 (Hoërskool Overvaal)
Le ministre de l’Enseignement du Gauteng (la province la plus puissante en Afrique du Sud)  et vice-président du parti au pouvoir, Panyaza Lesufi a perdu la bataille pour obliger la Hoërskool Overvaal, une école secondaire afrikaans, à accueillir 55 élèves anglophones. C’est le stratagème devenu habituel pour bilinguiser les écoles et universités afrikaans, avant de passer au seul anglais afin de ne pas créer de clivages et de divisions dans la « Nation arc-en-ciel ». Voir Uniformiser les universités de la « nation arc-en-ciel » au nom de l’« unité » ?

Dans un jugement unanime, la Cour constitutionnelle a rejeté le recours de Lesufi et a appuyé la décision du tribunal de grande instance de Pretoria. Toutefois, le numéro 2 de l’ANC semblait impénitent à la suite de cette décision. Il a ainsi déclaré : « cette décision ne remet pas en cause la politique du Ministère et le non-racialisme dans l’enseignement. » Semblant vouloir dépasser la décision du tribunal, il a ajouté : « Nous n’avons pas besoin d’un tribunal pour nous aider à construire une Afrique du Sud non raciale. Ceux qui veulent construire une société non raciale doivent le faire où ils sont ». Étant donné la virulence des extrémistes noirs de l’EFF de Julius Malema pour qui école en afrikaans équivaut à une école raciste, il y a fort à parier que la pression sur l’ANC sur ce dossier se fera de plus en plus forte. Si des obstacles juridiques empêchent l’anglicisation de toutes les écoles, il y a fort à parier que l’EFF poussera l’ANC à modifier les lois et la constitution comme il l’a fait dans le dossier des terres.

Dans ce cas-ci, le tribunal constitutionnel a même refusé d’entendre l’affaire de l’école secondaire Overvaal, affirmant que le ministère n’avait aucune chance de l’emporter. Il a également condamné le ministère de l’Éducation aux dépens.

En janvier, la Hoërskool Overvaal s’était rendue devant les tribunaux pour bloquer les tentatives du ministère de l’Éducation visant à le contraindre à admettre 55 élèves anglophones. Le tribunal a statué en la faveur de l’école.

La Cour constitutionnelle a déclaré que Lesufi n’avait pas suffisamment pris en compte la capacité d’autres écoles dans le même bassin scolaire que la Hoërskool Overvaal qui offrent déjà des classes en anglais.

Lesufi avait accusé l’école de racisme, même si elle accueille des élèves noirs et blancs.

L’école a déclaré à l’époque qu’elle ne pouvait pas se permettre d’embaucher une poignée d’enseignants d’anglais pour les 55 élèves et a demandé pourquoi les écoles anglophones voisines ne pouvaient pas les admettre. Elle a ajouté qu’elle était pleine et ne pouvait admettre d’autres élèves.

Des manifestations violentes ont éclaté dans ce dossier. Des foules de militants noirs ont manifesté à plusieurs reprises devant l’école alors que les plus tôt dans l’année. Ceci alors que les élèves étaient à l’école. Un cocktail Molotov avait été lancé sur un véhicule de police garée devant l’école, apparemment par des partisans du Congrès des étudiants sud-africains (Cosas).

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Zimbabwe : l’analyse radio-canadienne sur Mugabe d’« authentique héros » bâtisseur à « dictateur » (M-à-j)

Uniformiser les universités de la « nation arc-en-ciel » au nom de l’« unité » ?

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Afrique du Sud – Pour la sixième année de suite, le taux de réussite aux examens de fin d’études secondaires diminue.

Curiosité du jour : augmenter de 25 % les notes de tous les finissants sud-africains ?

« Unir plutôt que diviser » ou comment imposer un monopole en jouant sur les sentiments (fermeture des écoles francophones au Canada au début du XXe siècle)

Les langues en Afrique du Sud depuis 1994 (écrit en 2010)


jeudi 2 août 2018

Histoire — Montréal n'est pas un territoire agnier (« mohawk ») occupé

Lettre ouverte de Luc-Normand Tellier, professeur émérite au Département d’études urbaines et touristiques, ESG-UQAM, parue dans Le Devoir.

L’anniversaire de la fondation de Montréal est célébré chaque année, autour du 17 mai, à la basilique Notre-Dame et à la place d’Armes. Cette année, comme l’an dernier, nous avons eu droit au discours d’une représentante de la communauté mohawk de Kahnawake qui nous a souhaité la bienvenue « en territoire mohawk ». Elle en apportait pour preuve que Montréal était entourée des villages mohawks de Kahnawake, de Kanesatake et d’Akwesasne.

L’année précédente, le maire Denis Coderre nous avait déclaré que nous étions en « territoire mohawk non concédé », thèse que reprend allègrement le film Hochelaga, terre des âmes de François Girard, où l’on voit les Amérindiens du village d’Hochelaga faire leurs discours à Jacques Cartier en langue mohawk.

De plus, cette année, comme l’an dernier, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a prononcé un discours soulignant la grande hospitalité des Amérindiens qui ont accueilli les premiers habitants de Ville-Marie, tout en évoquant la Grande Paix de Montréal, qui, en 1701, a amené le gouverneur de la Nouvelle-France et 39 nations amérindiennes à mettre un terme (temporaire) aux guerres qui opposaient régulièrement la Nouvelle-France et ses alliés amérindiens aux Iroquois et, en particulier, aux Agniers dits Mohawks. Cette évocation sous-entendait que les soixante premières années de Montréal n’avaient pas été aussi « amicales » que l’avait laissé entendre le chef Picard.

Fondation de Ville-Marie (Montréal)

Réécrire l’histoire ?

Cette année, comme l’an dernier, les membres de la Société historique de Montréal, qui organise cette fête annuelle, sont sortis tout à fait perplexes de la cérémonie. On leur a toujours dit que :

1. le village d’Hochelaga visité par Jacques Cartier était habité par des Iroquoiens du Saint-Laurent, lesquels parlaient des dialectes « cousins, mais distincts » des langues mohawk et huronne ;

2. ni les Agniers-Mohawks ni les Hurons ne vivaient dans la vallée du Saint-Laurent lors des voyages de Jacques Cartier ;

3. les villages actuels de Kahnawake, de Kanesatake et d’Akwesasne ont tous les trois été fondés par des missionnaires, jésuites (dans les cas de Kahnawake et d’Akwesasne) ou sulpiciens (dans celui de Kanesatake) ;

4. ces villages n’ont jamais été exclusivement mohawks ; on y trouvait aussi des Onnontagués faisant partie de la Confédération iroquoise, dite Ligue des cinq-nations, ainsi que des Hurons, des Andastogués et des Andastes (Susquehannocks) qui avaient refusé de se joindre à cette Ligue et qui étaient en guerre avec cette dernière, de même, à Kanesatake, que des Algonquins et des Nipissings ;

5. les débuts de Ville-Marie furent tout sauf pacifiques, le nombre de « Montréalistes » tués par les Iroquois étant élevé (23 de mes propres ancêtres ont subi ce sort).

Tous souhaitent la bonne entente, la paix et l’harmonie. Cependant, au nom de cette recherche, peut-on inventer de toutes pièces une « fake history » ? Voilà la question. Que les spécialistes nous éclairent…

Par ailleurs, comment le Parlement canadien peut-il, presque unanimement (à 269 voix contre 10), demander au pape des excuses (Benoît XVI a déjà exprimé des regrets à ce propos en 2009) concernant les pensionnats autochtones sans jamais en demander à la reine d’Angleterre, « suprême protecteur, seigneur et chef de l’Église d’Angleterre », alors que le tout premier pensionnat autochtone, nommé le Mohawk Institute Residential School, fut fondé en 1834 par l’Église anglicane près de Brantford, en Ontario, que 25 % des pensionnats autochtones fédéraux relevaient de l’Église anglicane et que le réseau fédéral de pensionnats autochtone fut établi en 1883 par un bon anglican, sir John A. Macdonald, premier ministre et surintendant des Affaires indiennes du Canada ?



Pour Robert Laplante, directeur des «Cahiers de lecture», le slogan rappelant que Montréal est en « territoire mohawk non cédé » ne repose sur rien d’autre que la contrition.

Dans un billet tout court, sobrement rédigé, mais avec une précision chirurgicale, Luc-Normand Tellier publiait dans le journal Le Devoir du 23 mai dernier un billet (« Montréal, territoire mohawk ? ») qui aurait mérité un accueil retentissant. L’historien n’a pourtant pas lancé un message banal. Il a tout simplement démontré l’ignorance abyssale dans laquelle la rectitude politique et les postures de repentance sont en train de faire plonger le discours public. À l’heure où politiciens et notables en tous genres rivalisent de vertus pour s’excuser de l’histoire, le geste est méritoire et il porte bien au-delà de l’anecdote qui l’a déclenché.

Tellier a tenu à faire un simple rappel des faits : le slogan des bien-pensants qui se croient du bon côté de la morale en rappelant que Montréal est en territoire mohawk non cédé ne repose sur rien d’autre que la contrition. La documentation historique et les recherches archéologiques ne laissent place à aucune ambiguïté. Les trois villages actuellement occupés par des Mohawks aux alentours de Montréal ont été fondés par les missionnaires qui y ont accueilli ou qui y ont rejoint des groupes plus ou moins en dissidence avec la ligue des Cinq-Nations et qui y ont trouvé refuge. Il y avait bien des Iroquoiens du Saint-Laurent pour accueillir Jacques Cartier, mais ils n’étaient plus là quand Maisonneuve et les Montréalistes ont fondé Ville-Marie.

Ce rappel des faits n’enlève rien aux communautés autochtones qui y vivent, sinon que le sauf-conduit pour la vérité qui devrait leur être accordé du seul fait de leur identité culturelle. C’est sur la base de leur condition et de leur statut politique que le Québec devrait définir ses relations avec elles. C’est chose relativement difficile, d’autant qu’elles vivent sous l’empire de la Loi sur les Indiens, une loi canadian inique, une loi d’apartheid qui ne changera pas parce que des incantations mal fondées sont servies pour agrémenter les scénarios d’ouverture d’événements en tous genres. En appeler au fait que le territoire n’a pas été cédé, c’est, du reste, utiliser un argument qui tient du même paradigme de soumission que celui qui sert de socle à la loi canadian. C’est encore représenter les Autochtones comme inscrits dans une logique de conquête et de cantonnement.

Il est plus facile de tripoter les oeuvres et les archives que de renverser un ordre qui ne demande pas mieux que de faire semblant de compatir. Les gestes d’appui symbolique qui restent prisonniers de symboles frelatés ne font que prolonger ce qu’ils dénoncent. Le visage de la folklorisation peut être changeant. Et les costumes victimaires en faire ressortir étrangement les traits.

Le hasard a voulu que le texte de Tellier paraisse le jour même où un musée canadian annonçait qu’un tableau d’une peintre célèbre en ce pays, Emily Carr, allait être renommé parce que son titre, supposément, heurterait des Autochtones. Qu’il en heurte, c’est sans aucun doute vrai, mais cela n’est en aucune manière une raison pour justifier le révisionnisme historique et attenter à l’intégrité d’une oeuvre d’art. Le tableau s’intitule Indian Church parce que c’est ainsi que son auteur l’a nommé, usant du vocabulaire en usage et de son choix à l’époque où le tableau a été produit. Le faire disparaître, c’est renoncer à l’inscrire dans son histoire pour le déporter dans le registre des bons sentiments, registre aussi variable que les courants idéologiques qui l’inspirent.

Ces anecdotes se multiplient un peu partout, en divers pays, et divers motifs sont invoqués pour les justifier, mais elles se ramènent toutes à cette idée que la culture peut désormais être envisagée, définie et vécue comme désencastrée de sa condition d’inscription, délestée de son passé et des couches de sens que le temps qui passe sédimente dans la mémoire et les institutions. Cela renvoie à une terrible et sourde bataille contre la culture savante telle qu’elle s’est constituée en Occident. Modulable au gré des excommunications et des anathèmes, cette culture et les oeuvres qui lui donnent sa densité et sa portée devraient désormais s’effacer devant la mise en scène du simulacre ? Qui décidera d’expurger les mots d’un roman de Michel Tremblay, d’une nouvelle de Madeleine Ferron ou de cacher un nu de Cosgrove ? Il n’y a pas de limites pour une telle dérive.

George Orwell (1984) a donc vu juste. François Truffaut et Bradbury (Fahrenheit 451) également. Nous campons au bord d’un véritable abîme d’inculture. Applaudir les vertueux qui prennent leurs aises avec les faits historiques, c’est brûler des livres. C’est une menace beaucoup plus grave que le numérique et la dématérialisation. Il y a là un enjeu culturel majeur qu’il importe de bien nommer pour bien comprendre le sens des batailles à livrer. S’imaginer pouvoir reconstruire les oeuvres pour se bricoler non pas du sens, mais des armes de légitimation idéologique, c’est travailler contre le lien social fondamental.


mercredi 1 août 2018

La France interdit les cellulaires dans les écoles et collèges

Le Parlement français a définitivement adopté lundi l’interdiction des téléphones cellulaires dans les écoles et collèges, une promesse de campagne du président Emmanuel Macron qualifiée de « cosmétique » par l’opposition.

Les députés de la majorité présidentielle et du centre se sont prononcés en faveur du texte lors du vote définitif à l’Assemblée nationale, Chambre basse du Parlement, tandis que droite et gauche se sont abstenues, critiquant « une opération de communication », de « l’affichage politique », « une loi de circonstance » qui « ne va rien changer ».

La proposition législative interdit l’usage de tout objet connecté (téléphone portable, tablette, montre, etc.) dans les écoles et collèges, établissements scolaires dont les élèves en France ont jusqu’à 14-15 ans.

Il y aura des exceptions « pour des usages pédagogiques », laissés à la discrétion de chaque établissement dans son règlement intérieur, ou pour les enfants handicapés. Les activités liées à l’enseignement mais à l’extérieur, comme le sport, seront aussi concernées.

Les lycées auront quant à eux la possibilité, mais pas l’obligation, d’interdire les portables et autres objets connectés, totalement ou partiellement.

Depuis une loi de 2010, le Code français de l’éducation interdit les cellulaires « durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur ».

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, selon lequel cette interdiction n’était pas effective dans tous les collèges et manquait d’un socle juridique solide, a vanté une loi « d’entrée dans le XXIe siècle » qui « envoie un message à la société française », mais aussi à l’international, avec « d’autres pays intéressés ».

Se prononçant pour une « approche moderne des technologies », caractérisée par du « discernement », il a plaidé pour avoir une approche à la fois « défensive » et « offensive ».

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lundi 30 juillet 2018

Appropriation culturelle : avant Lepage, Rameau (rediff)

Dans le cadre des « controverses » et « tourmentes » récentes autour des spectacles SLĀV et Kanata nous reproposons cette appropriation culturelle due à Philippe Rameau dans les Indes galantes en 1736.

Remarquons que ces tourmentes ont été savamment relayées par les grands médias québécois. Il a ainsi suffi d’une simple lettre ouverte d’un groupe personnalités de peu de poids pour que les médias décrètent le jour même qu’il existait une controverse et une tourmente autour de Kanata. La SRC s’est ainsi fait une nouvelle fois le porte-voix, la caisse de résonance, de ces militants.

Dès 9 h du matin le 14 juillet, Radio-Canada parle de « tourmente » et de « controverse » :





La lettre ouverte dont la société d’État s’est fait le relais et qui a été mise en ligne par Radio-Canada sur le site Espaces autochtones de la SRC a été publiée le même 14 juillet, tôt le matin, et était passée inaperçue : elle n’a suscité que 1 (un) seul commentaire en 16 jours... L’article de la société d’État annonçant dans son titre la « controverse » dès 9 h du matin le même jour  a, par contre, recueilli plus de 200 commentaires approuvés par le modérateur public...



Revenons donc à Rameau qui près de trois siècles avant Lepage met en scène des Indiens et des Européens. Le tout à Paris avec des acteurs français ou plutôt « blancs » pour parler le langage contemporain dans une époque qui prétend abolir les distinctions de races...

Lors d’une représentation le 10 mars 1736, Rameau présente un nouvel acte (« une entrée ») à son opéra-ballet Les Indes galantes. Ce nouvel acte présente une histoire qui se déroule dans une forêt de la Nouvelle-France ou de Louisiane sous le régime français. Les « Sauvages » y tiennent le beau rôle, les prétendants européens de la belle Indienne Zima sont tournés en ridicule (l’un trop jaloux, l’autre trop volage). Non, décidément, le jeune prétendant indien de Zima, Adario, aime le plus simplement. La forêt nord-américaine est également un havre de paix où « jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs ». Les deux prétendants européens de Zima sont à l’arrière de la scène dans la vidéo ci-dessous. Ils sont tout essoufflés après quelques pas de danse, alors qu’Adario reste frais et fringant.




Rameau a assisté aux danses de deux chefs indiens de la Louisiane sur la scène du théâtre des Italiens à Paris en septembre 1725. Toutefois, la chorégraphie de la vidéo ci-dessus est bien moderne. La diction aussi d’ailleurs (pour une prononciation plus classique de ce rondeau, voir ici).

On trouvera ci-dessous la description de la danse de Deux Sauvages exécutée pour la première fois le lundi 10 septembre 1725 sur le Théâtre des Italiens. Ce texte fut publié pour la première fois dans le Mercure du mois de septembre 1725, puis dans le Parfaict Dictionnaire (1767).

Les Comédiens Italiens, avant leur départ pour Fontainebleau, donnèrent sur leur Théâtre une nouveauté des plus singulières. Deux Sauvages venus depuis peu de la Louisiane, grands & bien faits, âgés d’environ vingt-cinq ans, dansèrent trois sortes de danses, ensemble & séparément, & d’une manière à ne pas laisser douter qu’ils n’aient appris les pas & les sauts qu’ils font, très loin de Paris. Ce qu’ils prétendent figurer est sans doute fort aisé à entendre dans leur pays, mais ici rien n’est plus difficile à pénétrer : voici ce que nous en avons pu apprendre.

Le premier Danseur représentait un Chef de sa Nation, vêtu un peu plus modestement qu’on ne l’est à la Louisiane, mais en sorte que le nu du corps paraissait assez. Il avait sur la tête une espèce de couronne, pas riche, mais fort ample, ornée de plumes de différentes couleurs. L’autre n’avait rien qui le distinguât d’un simple guerrier. Le premier fit entendre à celui-ci, par sa façon de danser, & par ses attitudes cadencées, qu’il venait proposer la paix, & présenta le calumet ou étendart à son ennemi. Ensuite, ils dansèrent ensemble la danse de la paix. La seconde danse appelée la guerre, exprime une assemblée de Sauvages, où l’on prend le parti de faire la guerre à tel ou à tel peuple, & on en voit toutes les horreurs. Ceux qui sont de ce sentiment opinent en venant se mêler à la danse. Dans la troisième le guerrier va d’abord à la découverte de l’ennemi, armé d’un arc & d’un carquois garni de flèches, pendant que l’autre assis par terre bat du tambour, ou espèce de timbale pas plus gros que la forme d’un chapeau. Après avoir découvert l’ennemi, le Sauvage revient en donner avis à son Chef. Il imite ensuite le combat, dans lequel il suppose avoir défait l’ennemi. Après quoi ils dansent ensemble la danse de la Victoire.

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Si l'histoire de France et de l'Europe est singulièrement absente des écoles québécoises, les prières autochtones et le rapprochement délibéré entre l’écologisme et la spiritualité autochtone (en partie fantasmée) sont bien présents dans le matériel scolaire québécois. Ici une prière amérindienne à la Terre-Mère, illustration du manuel d’ECR Près de moi, publié par les éditions CEC, destiné à la 2de année du premier cycle du primaire, manuel B, p. 60

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« Nos ancêtres, les Amérindiens » à l’école

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(Suite d’une autre prière amérindienne à la Terre-Mère, illustration du manuel d’ECR Près de moi, publié par les éditions CEC, destiné à la 2de année du premier cycle du primaire, manuel B, p. 61)

ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes

Québec — Le peu de place consacrée à l’Europe (à la France) dans les programmes d’histoire

Canada — Financement par élève serait supérieur pour les écoles autochtones aux écoles publiques


Illustration du manuel d’ECR Mélodie, publié par Modulo, destiné au 1er cycle du primaire, manuel B, p. 8

samedi 28 juillet 2018

Novlangue du jour : « fragilité blanche »

« Fragilité blanche » — ne pas aimer se faire traiter injustement de raciste. Terme créé par des racialistes qui sert à psychiatriser et pathologiser toute personne perçue comme blanche qui n’aime pas être culpabilisée injustement.

Voir cette chronique de la radio d’État fortement subventionnée (plus d’un milliard de $/an) qui normalise hypocritement le concept de « fragilité blanche », l'air de rien, terme relevant pourtant du racialisme décomplexé et militant.

C’est ainsi que, vendredi, la journaliste gouvernementale Rose Aimée Morin (ci-contre) derrière un effacement professionnel de façade affirmait « Je ne vous donnerai pas mon opinion ». Affirmation qui ne l'empêcha pas de donner illico son opinion,  de sermonner et de soupirer devant ceux qui ne comprennent pas le concept « super important » d’appropriation culturelle (qu’elle confond avec celui de stéréotypes surannés ou infondés comme le Québécois d’office « trappeur » ou « vivant six mois par an dans le sous-sol du centre Eaton »).

En toute impartialité, elle se fait ensuite l’interprète religieuse d’une seule « sociologue », Robin di Angelo, dont le mérite est d’avoir pondu le concept fumeux de « fragilité blanche ». Le sermon lu au micro dure sept minutes accablantes.





Robin di Angelo est une militante controversée connue comme l’égérie du multiculturalisme et du féminisme. Pour Jordan Peterson de l’Université de Toronto : « Robin di Angelo est la reine rhétorique de la pensée des “guerrières de la justice sociale” (SJW). La trame métissée du postmodernisme, du marxisme, de la théorie critique et du féminisme qu’elle tresse est probablement ce qui se rapproche le plus  d’une politique concrète ».


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Novlangue — « migrant » le mot amalgame

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Novlangue : « implanter des mesures d'appui au vivre ensemble »

Novlangue : « offrir » et « avoir droit » à la place de « imposer » et « être obligé »

Les nouvelles formes de dépendances des jeunes doivent interroger les parents…. comme les professeurs !

Une société qui détruit la jeunesse

Par Virginie Subias-Konofal, auteur de « L’Histoire (in)correcte de l’école », directrice du département Culture générale à l’ILFM, et directrice du département Français à l’Académie du Professorat.

Les résultats d’une enquête assez alarmante ont été publiés au début du mois de juin et devraient alerter tant les pouvoirs publics que les parents sur la situation délétère dans laquelle la société plonge notre jeunesse. Cette enquête centrée sur Les addictions chez les jeunes (14-24 ans) a été conçue par la Fondation pour l’innovation politique, la Fondation Gabriel Péri et le Fonds Actions Addictions, et largement relayée par les médias.

On y apprend que 38 % des 14-24 ans passent plus de deux heures par jour sur les réseaux sociaux, dont on connaît la dimension addictive, mais aussi la face sombre : immoralité, vulgarité, harcèlement, insultes, complotisme…


10 % de ces jeunes y consacrent entre 5 h et 8 h par jour, ce qui semble de l’extérieur absolument colossal. On imagine à quel point ces réseaux, qui font échanger des contenus généralement indigents, entrent en concurrence avec tous les systèmes d’apprentissage, au premier rang desquels l’école.

L’enquête révèle aussi que 21 % de ces jeunes regardent des images pornographiques au moins une fois par semaine. Là encore les chiffres sont inquiétants, quand on sait l’impact nocif de ces images sur le développement de l’esprit et de la sensibilité des adolescents. Ils sont d’autant plus inquiétants que 63 % des sondés ont déclaré ne jamais regarder d’images pornographiques sur écran… Sérieusement ?

Qui a déjà eu affaire à des lycéens, voire à des collégiens, sait ce qui circule sur les téléphones des adolescents dans les cours de récréation, les vestiaires de sport ou les bus scolaires… haut lieu de, disons, communication.

Tous les éducateurs sont horrifiés par la prolifération de ces contenus pornographiques, qui polluent tous les sites de jeux pour enfants, et leurs messageries. Et 63 % d’entre eux, purs agneaux, auraient réussi à s’en préserver totalement jusqu’à 24 ans et à ne jamais, même par inadvertance, tomber sur des sites douteux, sur lesquels leur curiosité les aurait amenés à circuler un peu ? C’est tout de même assez peu probable, et le chiffre peut paraître nettement surestimé.

Une enquête IFOP de mars 2017 indiquait qu’un adolescent sur deux (52 % des 15-17 ans) avait déjà vu des vidéos pornographiques, généralement sur son téléphone, et que 18 % en avaient vu une au cours des trois mois précédant l’enquête. Voilà qui paraît plus réaliste. Et internet est pour cela l’outil rêvé : 12 % des sites internet mondiaux ont un contenu pornographique, tandis que 25 % des recherches sur les moteurs de recherche concernent des sites pornographiques. Finalement, l’offre ne couvre pas la demande…

30 % des jeunes boiraient de l’alcool au moins une fois par semaine. Là encore, il faut regarder la réalité en face. Le chiffre est, en soi, assez élevé. Mais surtout il ne s’agit certainement pas du petit verre de rosé bien frais qui agrémente l’apéritif dominical de leurs parents.

Les alcools prisés par nos jeunes sont des alcools forts, consommés dans un but d’ivresse avéré et associés généralement à des ingrédients sucrés (sodas, Redbull…) de manière à produire de petites bombes cérébrales. Que les parents pour lesquels cela reste obscur demandent à leurs ados ce qu’est la « beuverie » express, ou une « lampée »…

L’alcool qu’ils consomment prend plus souvent la forme de vodka ou de Tequila, que du porto de mamie et quand ils apportent des bouteilles de coca à une soirée, ils ont rarement l’intention de le boire seul.

Quant à la consommation de drogues, là encore on reste songeur. L’étude, qui est en réalité un simple sondage, annonce 6 % de consommateurs hebdomadaires de cannabis, et 85 % de jeunes n’y ayant jamais touché. Leurs parents étaient-ils près du téléphone lors de l’enquête ?

Pourtant, ces derniers ne semblent pas dupes, et 75 % d’entre eux pensent que la consommation de cannabis est « répandue » chez les jeunes (18 % « très répandue », 57 % « assez répandue »). En revanche, lorsqu’on les interroge sur la consommation de leur propre enfant, ils sont 75 % à penser qu’il n’y a jamais touché. C’est bien connu : les bêtises, ce sont toujours les enfants des autres qui les font…

Le site drogue -info-service ne donne pas les mêmes chiffres. Il parle de 41 % des jeunes de 17 ans ayant déjà fumé (2011), et déclare que les jeunes Français sont parmi les plus gros consommateurs d’Europe. Il souligne par ailleurs que 33 % des adultes français ont aussi touché au cannabis, et que plus de 3 % sont des consommateurs réguliers.

Le site de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies indique une augmentation constante et donne pour 2014 le chiffre de 47,8 %, soit près d’un jeune de 17 ans sur deux qui aurait déjà « goûté ». 9 % de ces jeunes de 17 ans disent fumer au moins 10 joints par mois.

Voilà les données qu’il faut prendre en compte lorsque l’on enseigne, si l’on ne veut pas, par angélisme, passer à côté du réel. Il faut garder à l’esprit que les élèves auxquels on parle en cours, et auxquels on donne des devoirs, vont passer l’essentiel de leur temps, hors des cours voire pendant les cours, à consulter leur messagerie et leurs réseaux sociaux (Snapschat et Instagram essentiellement, Facebook étant « pour les vieux » aux dires de mes élèves…), qu’ils se feront un petit joint le soir avant de se mettre au travail pour se détendre après une journée d’attente passive à l’école, et que leur dimanche sera consacré à se remettre de leur « biture express » (beuverie) du samedi soir…

Il faut donc que les adultes sains renouent le contact avec ces jeunes que l’État laxiste abandonne aux griffes de tous ceux qui veulent les corrompre et les dégrader, quelles que soient leurs motivations. Pour cela il faut s’informer, puis se former et ne pas avoir peur d’affronter la réalité pour redonner à cette jeunesse l’amour du Beau, du Vrai et du Bien et la confiance en l’avenir.

Source : Liberté scolaire

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samedi 21 juillet 2018

Histoire — Centenaire de l'assassinat de Nicolas II de Russie, célébrations

La vidéo ci-dessous rend compte de la procession, avec le patriarche Cyrille, qui a eu lieu dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, à Ékaterinebourg en Russie, pour le centenaire de l'assassinat du tsar Nicolas II et de la famille impériale. Une foule de plus de 100.000 personnes y a participé.



Documentaire sur la mort de la famille impériale, si la mort de Nicolas II dans la maison de l'ingénieur Ipatieff à Ékaterinebourg ne fait pas de doute, certains doutes subsisteraient sur le sort et le lieu de décès des autres membres de la famille impériale. L'Église de Tous-les-Saints a été bâtie sur les ruines de la maison Ipatieff (Ipatiev selon la graphie moderne). En 2008, à la suite d'analyses ADN, le laboratoire de la faculté de médecine de l'université du Massachusetts a publié ses résultats, confirmant que tous les membres de la famille Romanov ont bien été exécutés. Le peloton d'exécution était sous les ordres du chef de la Tchéka locale, Iakov Iourovski. En l'honneur de Iakov Sverdlov qui aurait ordonné l'exécution collective ou solitaire, la ville fut rebaptisée Sverdlovsk en 1924. Ékaterinebourg retrouve son ancien nom en 1991 après la chute du régime communiste.





vendredi 20 juillet 2018

Québec — Éducation à la sexualité et « aux relations égalitaires » imposées dès la garderie

Communiqué de la Presse Canadienne (avec le manque de distance habituelle envers les mesures gouvernementales imposées, pardon, offertes aux enfants captifs) :

Ce ne sont pas que les écoles primaires et secondaires du Québec qui offriront [novlangue pour « imposeront », car normalement on peut refuser une offre] cet automne des cours d’éducation sexuelle, certaines garderies et maternelles accueilleront [imposeront] un programme similaire spécialement adapté aux tout-petits.

Quelque 1200 enfants âgés de 0 à 5 ans seront ainsi exposés à certaines notions touchant à la sexualité et aux relations égalitaires dans le cadre d’un projet-pilote déployé par la Fondation Marie-Vincent.

Si cette première phase d’implantation est couronnée de succès [elle le sera, car il n’y a aucun objectif vérifiable défini à l’avance et vérifié par la suite par des gens qui ne sont pas juges et parties du projet, ces innovations du gouvernement sont généralisées peu d’années après leur introduction. À moins que la mesure du succès soit le silence des parents.], le projet Lanterne/Awacic pourrait par la suite être étendu à davantage de garderies, maternelles et centres communautaires.

Plusieurs ministères sont partenaires du projet, qui a été spécialement conçu pour s’arrimer aux nouveaux cours d’éducation sexuelle qui seront offerts [à nouveau !] dans les écoles québécoises dès la prochaine rentrée scolaire.

Dans le cadre de ce projet-pilote, environ 300 intervenants gravitant autour des enfants seront formés par des professionnels de la Fondation Marie-Vincent, un centre spécialisé dans la prévention de la violence sexuelle touchant les enfants et les adolescents.

Des éducatrices en garderie, des intervenants en milieu communautaire, des gestionnaires de services de garde et des enseignants de maternelle 4 et 5 ans seront ainsi outillés pour répondre aux questions des tout-petits et aborder certains thèmes touchant à l’éducation sexuelle.

Le pari que l’on fait, c’est de se dire qu’en offrant une éducation sexuelle saine [qui est contre la vertu ? Mais que recouvre précisément ce terme, on chercherait en vain des exemples dans la dépêche de la Presse canadienne, c’est très flou. À dessein ?] et en éduquant les enfants aux relations égalitaires [c’est-à-dire ?] dès le plus jeune âge, on prévient la violence sexuelle.

[Ceci est sujet à débat : en quoi traiter mieux les filles : ne pas se battre physiquement avec elles, les traiter en petites demoiselles, alors qu’on se bat entre garçons, augmenterait la violence sexuelle ? On a la désagréable impression, comme d’habitude, qu’on utilise la peur justifiée des parents que leurs jeunes enfants soient victimes de sévices sexuelles pour faire passer un tout autre ordre du jour plus politisé, plus polémique, anti-différence des sexes : « les relations égalitaires ». Le même truc a été utilisé avec le nouveau cours d’éducation à la sexualité : on utilise de nouvelles craintes des parents liées aux sextos, à la pornographie sur internet pour faire passer un ordre du jour féministe, hédoniste, de normalisation de plus en plus évidente des thèses de la théorie du genre, du transgenderisme et de la coterie LGBTQQ2SAI+.]

« Si on commence à aborder tranquillement ces thèmes-là dès la garderie et par la suite, quand les enfants arrivent à l’école, on continue d’en parler, ça va devenir des discussions plus faciles et plus ouvertes », croit Annie Fournier.

Le projet a d’ailleurs été coiffé du titre « Lanterne » pour imager la lumière qui sera faite sur l’éducation à la sexualité et aux relations égalitaires. Quant à « Awacic », il s’agit d’un terme attikamek qui signifie « petit être de lumière », un mot couramment utilisé pour désigner un enfant.  

[Comme c’est mignon ! Jouer sur les sentiments, y a rien de tel.]

Des outils qui seraient adaptables

Les outils développés ont été pensés pour s’arrimer aux différentes réalités de la province. Ils seront d’ailleurs publiés en quatre langues : français, anglais, attikamek et innu [montagnais].

« Ce qui est intéressant avec ce programme, c’est qu’il se fait dans des milieux qui sont très différents pour essayer d’avoir des outils de prévention les plus adaptés et les plus adaptables possible aux différents contextes », souligne Annie Fournier.

Une chargée de projet, elle-même Attikamek, veille à adapter le projet aux besoins identifiés sur les réserves de Manawan, dans Lanaudière, et de Wemotaci, en Mauricie, ce qui facilitera par la suite l’élargissement du programme à d’autres communautés autochtones.

Une autre chargée de projet s’occupe d’adapter les outils aux quartiers multiculturels de Côte-des-Neiges et Parc-Extension à Montréal. Et une troisième intervenante harmonise le projet aux réalités du quartier Sacré-Cœur à Longueuil, un milieu défavorisé, ainsi qu’à la municipalité de Saint-Rémi en Montérégie, un secteur rural plus homogène.

Le déploiement du projet-pilote sur ces trois sites initiaux est financé par l’organisme à but non lucratif Avenir d’enfants, né d’un partenariat entre le gouvernement du Québec et la Fondation Lucie et André Chagnon.

Déjà, deux autres sites d’implantation se sont ajoutés. Le Secrétariat à la condition féminine finance un volet de l’initiative pour la rendre accessible aux enfants de la nation [montagnaise] de Natashquan sur la Côte-Nord. Et la Ville de Montréal soutient l’accès au programme pour les jeunes du quartier Saint-Pierre à Lachine.

Ce n’est jamais un jeu

Annie Fournier s’attend évidemment à ce que certains parents soient réticents face au programme. « Ça fait peur à certaines personnes parce qu’elles ont l’impression qu’on va parler de sexe, mentionne-t-elle. Mais le programme n’a pas du tout cette prétention-là, on va plutôt parler des notions de frontière, des émotions, des relations égalitaires. »

[Ne pas parler de sexe ? Mais de quoi parle-t-on alors quand plus haut on parle d’« offrir » « une éducation sexuelle saine »... ?]

Ce projet répond d’ailleurs à une demande formulée par des éducatrices lors de consultations menées il y a deux ans par la Fondation Marie-Vincent. « Dans le développement psychosexuel, il y a un pic de comportements sexuels entre 3 à 5 ans et un deuxième à l’adolescence. Les éducatrices nous rapportaient se sentir un peu démunies et ne pas savoir quoi dire et jusqu’où aller », rapporte Mme Fournier. [On aimerait avoir l’avis d’un docteur qui mettrait en perspective ces affirmations : peut-on vraiment comparer le pic sexuel à l’adolescence avec l’intérêt pour des parties intimes entre 3 et 5 ans (« jouer au docteur ») ?]

Pour les accompagner, plusieurs outils ont donc été développés. Ceux-ci seront malléables, en ce sens qu’ils permettront aux éducatrices d’approfondir le sujet selon leur degré de confort.

Faire peur aux parents en parlant des agresseurs sexuels pour, en même temps, lutter contre les « stéréotypes »

Mme Fournier rappelle que de nombreux agresseurs font croire aux enfants qu’ils ne font rien de mal puisqu’il ne s’agit « que d’un jeu ».

Deux livres ont été rédigés pour les enfants de 3 à 5 ans, l’un portant sur les frontières interpersonnelles (la « bulle ») et les limites que l’on peut poser et l’autre traitant des relations égalitaires entre les garçons et les filles.

[Quel est le rapport entre cette lutte aux stéréotypes chère à certaines féministes et les agresseurs sexuels ?]

Un livre a également été conçu pour les enfants âgés de 0 à 24 mois. « C’est un imagier qui démontre que peu importe si on est un garçon ou une fille, on peut rire, pleurer, avoir peur et jouer aux jeux que l’on veut », détaille Mme Fournier.

Les notions seront donc introduites de manière informelle, par le biais de causeries ou encore lors de périodes de jeux.

Un jeu de prévention sur la violence sexuelle a notamment été créé pour apprendre aux enfants à déceler les situations inacceptables.

[On aimerait avoir plus de détails, de quelles situations inacceptables s’agit-il ? Évidemment, chacun peut penser à certaines situations inacceptables qu’il faut déceler, mais sont-elles vraiment uniquement celles que vise ce programme ?]