jeudi 12 avril 2012

Bock-Coté : le multiculturalisme, l'anthropologie des progressistes et son refus du péché




« Le libéral pense que l'homme est médiocre, le conservateur croit qu'il est mauvais, le réactionnaire qu'il est terrifiant et le progressiste croit qu'il est bon. »
Pour le progressiste, la cité avilit l'homme qui est foncièrement bon. Il faut donc transformer la culture pour délivrer l'homme. Le délivrer des institutions, de la culture, qui développent chez lui des pulsions mauvaises. Il nous faut rencontrer l'homme originel.

Aujourd'hui, dans la sociologie héritée du marxisme, puisque l'ouvrier ne veut plus jouer le rôle de l'exclu par excellence — c'est la découverte du XXe siècle : l'ouvrier préfère l'abondance à la révolution — on s'est donc retourné vers un ouvrier de remplacement : c'est l'exclu, le marginal, le minoritaire. La majoritaire est alors toujours coupable, le minoritaire légitime. Pour le progressiste, il faut donc condamner les institutions et la culture majoritaire.

Si l'on croit comme les conservateurs et les libéraux que l'homme est un peu médiocre, les institutions ne répriment pas, bien au contraire, elles civilisent, elles refoulent en nous la part d'ombre.

L'authenticité, la transparence, est un mythe étrange chez les progressistes. Car, si tout est transparent, ce qui apparaîtra n'est pas nécessairement beau. Les cloisons sont nécessaires dans une vie.

« Les intellectuels ont les mains pures, mais ils n'ont pas de mains » disait Charles Péguy.

Bock-Côté se penche ensuite sur l'Éloge du sens commun par le sociologue Raymond Boudon et Marc Crapez. Dans Défense du bon sens, Marc Crapez définit le sens commun comme l’appréciation logique que porte la sagesse ordinaire. Il est combattu par un parti-pris scientiste dépréciant la perception spontanée.

La « règle du demi-savoir », fondée par Érasme, enseigne qu’une zone à risque sépare les connaissances courantes des connaissances savantes. Ceux qui méprisent le bon sens cèdent au dogmatisme d’un personnage bien connu de la philosophie et de la littérature : le pédant ou Trissotin de Molière.

Marc Crapez distingue les intellectuels, dénonciateurs du bon sens, des hommes d’étude et de réflexion que le bon sens préserve de l'esprit systématique.







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« On récolte ce que l’on sème »

Nathalie Elgrably-Lévy revient sur le boycott des collégiens et étudiants au Québec :

Le bras de fer se poursuit entre les étudiants et le gouvernement du Québec. Dans ce dossier, l’État bénéficie de la sympathie de la majorité des citoyens. Pourtant, il est partiellement responsable de l’attitude des étudiants, car il a lui-même, jadis, semé les graines du mécontentement.

En 1997, la ministre de l’Éducation, Pauline Marois, avait annoncé son plan d’action pour la réforme de l’éducation. Ses intentions étaient claires : passer de « l’accès du plus grand nombre au succès du plus grand nombre ». Elle avait même fixé des cibles pour le taux de diplomation.

Puis, en 2000, c’était au tour de son successeur, François Legault, de dévoiler sa Politique québécoise de financement des universités et d’annoncer l’instauration de contrats de performance.

Dans ces contrats, l’État obligeait les universités à se fixer des cibles de performance (dont les grands thèmes étaient imposés par le ministère de l’Éducation) et, en contrepartie, il s’engageait à augmenter le financement des institutions qui atteignent leurs objectifs.

La hausse du taux de diplomation était l’un des critères de performance.

Nivellement par le bas

Ne soyons pas naïfs ! Le nivellement par le bas est le moyen le plus simple et le plus rapide d’augmenter les taux de réussite et c’est précisément l’avenue empruntée par de nombreux établissements d’enseignement. Aujourd’hui, les nouveaux analphabètes fonctionnels ont en fait fréquenté l’école jusqu’à 16 ans. Voilà qui en dit long sur la qualité de l’enseignement au secondaire !

Comme les élèves qui terminent le secondaire sont moins bien formés, les cégeps doivent ensuite adapter leurs program­mes à cette nouvelle clientèle.

Ensuite, c’est au tour des universités de revoir leurs exigences à la baisse, d’une part pour tenir compte des capacités des étudiants et, d’autre part, pour atteindre le taux de diplomation visé. C’est ainsi qu’au lieu de réformer l’éducation, notre ministère l’a plutôt déformée.

Le nivellement par le bas est d’ailleurs confirmé par ce qu’il est convenu d’appeler « l’inflation des notes », un phénomène amplement documenté.

Deux chercheurs canadiens, James Côté et Anton Allahar, ont d’ailleurs montré que la note moyenne qui était de C il y a 30 ans oscille aujourd’hui entre B+ et A-. [voir Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?]

Dévalorisation des diplômes

La classe politique voulait démocratiser l’éducation. Force est de constater que ses initiatives se sont soldées par la dévalorisation des diplômes.

Or, les employeurs ne sont pas dupes, ils ont ajusté les salaires en conséquence. L’Annuaire québécois des statistiques du travail indique d’ailleurs que, de 2000 à 2010, des diplômés universitai­res ont vu leur rémunération horaire croître plus lentement que n’importe quel autre groupe. C’est aussi le groupe où le nombre de chômeurs a augmenté le plus vite.

Nul doute que les étudiants doivent payer pour leur éducation. Mais, de grâce, ne banalisons pas les diplômes ! Quand les établissements d’enseignement ne seront plus obligés de privilégier le taux de diplomation, quand ils abandonneront le nivellement par le bas et qu’ils privilégieront la qualité des diplômes plutôt que le pourcentage de diplômés, les étudiants pourraient alors accepter plus facilement une hausse des frais de scolarité !




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Québec — À nouveau une légère baisse de la fécondité en 2011

Comme nous l'avions déjà mentionné, selon les données démographiques provisoires de l'Institut de la statistique du Québec, 88 500 enfants sont nés au Québec en 2011, un nombre à peu près semblable à celui enregistré en 2010 (88 300). Le nombre de naissances a entamé un lent déclin après avoir connu une sommet en l’année 2009 pour atteindre 88 891 naissances. Rappelons que la population du Québec a continué de croître pendant cette période (principalement en raison de l'immigration) et que, en conséquence, même avec 200 naissances supplémentaires en 2011 par rapport à 2010, le taux de natalité a légèrement baissé.

L’indice synthétique de fécondité est estimé à 1,691 enfant par femme en 2011, loin du taux de remplacement des générations fixé à 2,1 enfants par femme.

En 2010, il était de 1,704 alors qu'en 2008 et 2009 il s'élevait à 1,738 enfant par femme.

Seules trois régions québécoises ont un indice supérieur ou égale à 2,1 enfants par femme : Nord-du-Québec (2,8), Abitibi-Témiscamingue (2,1) et Côte-Nord (2,1). Toutes des régions à forte population autochtone.



Entretemps, le nombre de décès au Québec ne fait qu'augmenter :

20072008200920102011
   56 748 57 14957 20058 40059 300



Voir aussi

Taux de natalité du Québec à nouveau légèrement en baisse en 2011

Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

L'État-providence québécois insoutenable sans les transferts fédéraux

Natalité québécoise toujours à plat, plus de vieux que de jeunes désormais

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Assurance parentale : la facture explose de 400 millions de $

Québec — taux de natalité baisse, coûts de la politique dite familiale augmentent sans cesse





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mercredi 11 avril 2012

France — Forte croissance des écoles juives

En soixante ans, les écoles juives ont connu en France un développement tout à fait remarquable. En 2010, le Fonds Social Juif Unifié répertoriait 102 groupes scolaires, soit 283 établissements, dont 148 en cours de contractualisation. Ces écoles accueillent aujourd’hui plus de 30 000 élèves dont 15 % dans le hors-contrat, non subventionné et moins soumis au programme d'études de l'école publique.

« Grâce et avec l’école, la communauté active s’est renouvelée, s’est développée, s’est rajeunie, est revenue à ses sources identitaires », explique Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’Enseignement du Fonds Social Juif Unifié et animateur du réseau des écoles juives en France.

Source




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France — Enseignement catholique : « 30 000 à 40 000 demandes d’inscription » non satisfaites en 2011-2012

30 000 à 40 000 demandes d’inscription ne peuvent toujours pas être satisfaites. Le phénomène s’aggrave, gagnant aujourd’hui les régions à forte implantation de l’enseignement catholique (Vendée, Morbihan…)

Source : AEF




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Allemagne — Un éminent juriste veut donner une voix aux enfants qui paieront demain

Paul cimetière - les avocats de droit constitutionnel et de l'impôt et l'ancien juge fédéral, dans un entretien avec Volker Zastrow à Schliersee
Paul Kirchhof
Un éminent juriste et ancien membre du Conseil constitutionnel allemand prône un droit de vote aménagé pour les enfants afin qu'ils puissent peser « à temps » sur leur avenir dans un pays vieillissant.

Dans une tribune publiée mercredi par la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le juriste Paul Kirchhof appelle de ses voeux une réflexion sur le droit de vote en Allemagne, afin de voir « comment les enfants, qui seront les plus durablement touchés par les décisions politiques prises aujourd'hui, pourraient gagner à temps une influence sur la politique ».

Pour Kirchhof, l'avenir des systèmes sociaux ne dépend pas de la performance économique abstraite, mais surtout de la présence d'enfants. Il publie un plaidoyer contre l'économisme aveugle.

Les impôts indirects, les taxes, frappent particulièrement les familles. Les familles ont besoin de dépenser leur revenu familial et sont fortement taxées même lorsque leurs revenus sont humbles. Les couples sans enfant sont favorisés et ont nettement plus de chances d'épargner une partie de leurs revenus et de constituer un patrimoine tout en payant peu de taxes grevant la consommation de biens de première nécessité. Il faut rétablir l'équilibre et ne plus favoriser financièrement à titre individuel l'absence d'enfants.

Pour Paul Kirchhof, le système électoral favorise les options des couples sans enfants. En effet, ceux-ci ont autant de poids électoral que les couples avec enfants alors que ceux-ci exercent une fonction essentielle à la société : sa reproduction et sa pérennité. Les couples sans enfants profiteront en outre des enfants des autres à leur retraite car non seulement la retraite est payée par répartition des actifs (et donc des enfants des autres), mais ces enfants participeront en général à une demande soutenue de l'économie et des biens (y compris les investissements mobiliers par exemple des retraités). L'éminent juriste suggère donc d'attribuer un poids supérieur aux familles fécondes et que les enfants qui sont concernés par les politiques prises en leur nom exercent leur droit de vote par l'intermédiaire de leurs parents, en attendant leur majorité : « Chaque membre du couple disposerait d'une demi-voix supplémentaire par enfant mineur. Dans les familles monoparentales, le parent obtiendrait une voix en plus », explique-t-il.

Dans sa tribune, M. Kirchhof détaille toute une série de mesures destinées à favoriser les familles, l'Allemagne luttant depuis plusieurs années contre une natalité en berne. Parmi ses propositions figurent par exemple de nouveaux avantages fiscaux pour les parents.

Depuis 2003, la population de l'Allemagne diminue en raison de la faiblesse du nombre des naissances. Son taux de fécondité, parmi les plus faibles d'Europe, stagne à 1,4 enfant par femme en moyenne et l'Office fédéral des statistiques prévoit que ce pays ne comptera plus qu'entre 65 et 70 millions d'habitants en 2060, contre 81,7 millions actuellement.

Rappelons que certains observateurs pensent que le modèle social-démocrate s'écroulera sous ses propres contradictions (comme disaient les marxistes) : il encourage une faible natalité en mutualisant les pensions et les risques à la société entière, mais nécessite une forte natalité (toujours individuelle) pour maintenir ses généreux programmes sociaux. C'est ce qui fait penser à certains que le patriarcat a de beaux jours devant lui.







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Chine — La politique de l'enfant unique va continuer malgré les critiques

La Chine vise à stabiliser sa population à environ 1,39 milliard d'habitants d'ici 2015 en poursuivant son actuelle politique de planification des naissances selon un plan que le gouvernement central a publié sur son site Web, hier. Elle amenuise ainsi les espoirs des experts d'un allègement des règles strictes.

Selon les projections du gouvernement central, au cours des prochains cinq ans, la population du pays va croître plus lentement en raison de la baisse du nombre de femmes dans la vingtaine en âge de procréer. Le nombre de personnes âgées continuera d'augmenter, et la population active atteindra un pic avant de décliner lentement. La population âgée augmentera rapidement d'abord, étant donné que les personnes nées lors du premier baby-boom du pays, dans les années 1950, entament leur vieillesse.

L'année dernière, la Chine a atteint une étape importante lorsque le gouvernement a annoncé que, pour la première fois, la population urbaine avait dépassé la population rurale.

Actuellement, les couples peuvent avoir un deuxième enfant dans certaines conditions, notamment lorsque les deux conjoints sont issus de familles à enfant unique ou lorsque le premier enfant a une maladie non héréditaire. Dans certaines provinces, on permet aux couples ruraux d'avoir un deuxième enfant si le premier est une fille.

Cependant, des experts en démographie de Shanghai ont dénoncé cette politique de planification des naissances en soulignant qu'elle ne correspond plus à un besoin actuel de la Chine, particulièrement dans les grandes villes où les taux de natalité sont extrêmement bas.

Wang Guixin de l'Institut de recherche démographique de l'université Fudan, a indiqué que modifier la politique de planification des naissances stricte aiderait à résoudre certaines difficultés : « La planification des naissances est efficace quand la population augmente très rapidement et que le taux de natalité est élevé; d'ailleurs, elle a montré ses effets au cours des 30 dernières années », dit-il. Désormais « la situation a changé, car les couples, particulièrement ceux dans les grandes villes, ne veulent pas avoir d'enfants ou abandonner le droit d'avoir légitimement un deuxième enfant en raison du coût élevé d'élever un enfant et de la forte pression au travail. »




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lundi 9 avril 2012

Histoire — 1914. Une tragédie européenne

Yves-Marie Adeline présente son dernier ouvrage « 1914 Une tragédie européenne », paru chez Ellipses en mars 2011.


En 1914, l’Europe gouverne le monde ; un habitant sur quatre est un Européen ou de souche européenne. Mais cette civilisation est la proie de tensions idéologiques, culturelles et territoriales graves, et pour remédier à ces tensions, elle ne dispose que de valeurs qu’elle croit fortes mais qui se révéleront superficielles.

Ce livre raconte le déclenchement de la Grande Guerre de 1914 comme une tragédie, au sens que lui donnaient les Grecs anciens : dès le commencement de l’histoire, toutes les conditions sont réunies pour que les événements tournent au pire. Il n’y a donc rien à faire pour l’éviter. D’autant qu’aux tensions habituelles va s’ajouter un engrenage technique imprévu qui emporte tous les acteurs vers la catastrophe.

Après une présentation générale du théâtre du drame et des puissances d’alors, aussi bien mineures que majeures, ce récit raconte les événements depuis la fin juin à Sarajevo jusqu’au milieu du mois de Novembre (quand le piège se referme tout à fait), mettant au jour des vérités ignorées, analysant les événements sans parti pris, offrant une vision panoramique jamais atteinte, et créant peu à peu un climat de suspense qui tient le lecteur en haleine. Plutôt qu’un requiem pour une Europe défunte, il est écrit dans un esprit équitable, réconciliateur, résolument européen (note de l’éditeur).


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Yves-Marie Adeline, docteur de l’Université de Paris I, auteur d’une vingtaine d’ouvrages philosophiques ou littéraires, a publié chez Ellipses une monumentale Historie mondiale des idées politiques, une Pensée antique et une Pensée médiévale.





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mercredi 4 avril 2012

Un peu d'endoctrinement syndicalo-socialiste avec votre ECR ?

Noël Landry, prof à l’école secondaire de la Magdeleine 
de La Prairie devant son mur « polythéiste » ECR,
porte le rouge en guise de solidarité envers les étudiants,
ongle du pouce compris pour symboliser le carré rouge.
La traversée de la mer Rouge revisitée

Ce dimanche 8 avril, en dehors donc des heures de classe mais à l'initiative d'un de leurs professeurs, des élèves de l’école secondaire de la Magdeleine partiront de leur école à 10 h pour marcher dans les rues du Vieux-La Prairie. L’objectif ? Démontrer leur solidarité avec les étudiants du cégep et de l'université qui luttent contre la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement Charest.

« Le jour de Pâques est la fête de la résurrection mais il y a aussi un lien avec la Pâque juive, laquelle nous rappelle qu'il y avait des gens exploités en Égypte, qu'ils se sont sauvés pour fuir l'oppression et qu'ils ont dû traverser la mer Rouge pour échapper à leurs bourreaux », mentionne Noël Landry, enseignant en éthique et culture religieuse qui soutient les étudiants dans leurs revendications.

Les élèves ne sont pas conviés à aller à l'office de Pâques pour autant. Non. En chemin, le défilé s'arrêtera sur le perron de l'église de la Nativité afin d'inviter ceux qui sortiront de l'office religieux à se joindre à la marche qui se poursuivra sur le chemin de Saint-Jean pour se terminer par un pique-nique au Marché des jardiniers. « Nous invitons les gens à changer le Québec, car quand le gouvernement refuse de négocier avec les étudiants. Il refuse aussi de parler à tous les citoyens. Habillez-vous en rouge et joignez-vous au groupe avec vos enfants », lance M. Landry.

Noël Landry est connu pour ses sympathies envers Québec Solidaire et le mouvement du Refus global qu'il aborde dans ses classes d'ECR.

Dans une lettre ouverte du 21 mars 2012, Noël Landry répond « plusieurs d'entre vous m'ont demandé mon opinion sur ce qui se passe » sur la « grève des étudiants ». Il y offre une version très particulière de l'historique des frais d'inscriptions à l'université :
« Comme vous le savez, une des bonnes choses de la révolution tranquille a été de changer le système pour que tous puissent avoir accès à une éducation de qualité. Dans les valeurs qui ont porté le projet social de cette révolution, l'égalité a été le moteur de l'instauration de la gratuité scolaire. Ainsi, pendant plusieurs années, tous les enfants du Québec ont eu le loisir d'envisager des études supérieures. Vers la fin des années 2000, le gouvernement a augmenté les frais de scolarité qui, jusqu'alors avaient été gelés. Graduellement, le coût des études collégiales et universitaires a augmenté, pour atteindre les montants qui sont exigés aujourd'hui. »

Or, jamais l'accès aux études supérieures n'a été gratuit, les frais qui seront exigés sont en fait équivalents en dollars constants aux frais exigés à l'époque de la grande, belle et merveilleuse Révolution tranquille (violons et trémolos s.v.p.!)...

En effet, selon la FAÉCUM (association étudiante contre la hausse des frais !), en 1968 les frais de scolarité moyens étaient alors de 546,40 $ par année. En 2017, les hausses prévues porteront la facture étudiante annuelle à 3 793 $. Or, si l’on tient compte de l’inflation, la somme de 547 $ payée en 1968 est équivalente à 3 491$ en dollars de 2011...

Les statistiques indiquent que la province la moins chère pour étudier au Canada est actuellement le Québec. Si on suit la logique qui voudrait que le prix et la fréquentation universitaire et la diplomation soient directement liés, le Québec devrait aussi avoir le plus haut taux de diplômés au Canada. Or ce n’est pas le cas : le Québec arrive en dernier dans les quatre grandes provinces ! Cette non-corrélation entre frais universitaires et diplomation s’observe également entre les États américains où les États qui subventionnent le plus l’éducation universitaire font partie de ceux ayant des taux de diplomation comparativement médiocres.

Noël Landry poursuit :
« Ainsi, le mouvement de contestation évolue, des nouveaux appuis sont demandés un peu partout et il vous est apparu, à vous élèves du secondaire, qu'il fallait faire quelque chose de significatif pour indiquer votre solidarité.

Tout cela étant dit, je pense que tous ceux qui croient à l'égalité et à la justice ont le devoir de s'impliquer ou de poser un geste pour montrer à ce gouvernement qu'il ne peut impunément bafouer vos valeurs communes. »
Rappelons qu'un des buts du programme ECR est de créer une culture publique commune.

Noël Landry donne enfin ce conseil à ses élèves :
« il faut agir démocratiquement et charger votre conseil étudiant de vous réunir en assemblée générale pour donner la parole à tous afin d'examiner ensemble les moyens dont vous disposez et envisager des actions qui sont réalistes. »
Un peu d'endoctrinement syndicalo-socialiste avec votre ECR ?




Sur le plan de la culture religieuse, les notes de cours de Noël Landry font la part belle aux religions et  aux spiritualités exotiques (29 documents sur l'islam, 19 sur l'hindouisme, 10 sur le bouddhisme) et  n'hésitent pas à se montrer très circonspectes vis-à-vis du christianisme (8 documents dont 4 sur les langues de la Bible).

« L'unité » selon les notes de cours de Noël Landry
 (Quel est le plus petit symbole religieux et quel est cet œil dans ce triangle ?
Sur le thème trois religions, un Dieu, voir ici)

Voici les citations lénifiantes utilisées dans ces notes pour présenter le Coran :
« Une parole d'affection qui pardonne vaut mieux qu'une aumône qui blesse »
(Sourate II, 263)

« Celui qui sauve un seul homme, c'est comme s'il avait sauvé l'humanité tout entière »
(Sourate V, 32)

« Le Prophète a cru à ce qui est descendu sur lui de la part de son Seigneur. Lui et les croyants; tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses prophètes. »
(Sourate II, 285)

Nulle trace de sourates un peu plus polémiques comme :

« Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs. Dieu ne dirige pas le peuple injuste. »
Sourate V, 51

« Et combattez-les jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah. Puis, s'ils cessent (ils seront pardonnés car) Allah observe bien ce qu'ils œuvrent. »
Sourate VIII, 39.
Évidemment, sur le djihâd, les notes reflètent le prêt-à-penser mou :
« Mais le djihâd s'arrêta bien vite et la notion devint caduque. Les soufis intérioriseront cette notion en parlant de djihâd intérieur, le djihâd mené en soi-même contre ses propres passions. C'est le djihâd al-akbar (le djihâd majeur) par opposition au djihâd al-asghar  (le djihâd mineur). Même à l'époque coloniale le calife n'appela jamais au djihâd contre l'Europe. 
Attention: "djihâd" ne signifie pas "guerre sainte", mais tout simplement "militance". »
Selon Le Dictionnaire du Coran sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi (coll. Bouquins, p. 375), un nombre de hadiths (paroles du prophète) corrobore sans ambiguïté le sens concret du djihâd. Le martyr (chahîd) est celui qui meurt en combattant pour Dieu (et non, comme dans le christianisme, l'homme supplicié pour sa foi). Par ailleurs, qualifier le combat de « djihâd mineur » ne signifie pas son élimination et l'histoire islamique a connu nombre de soufis s'adonnant au service militaire dans les ermitages-forteresses appelés ribât. Il est donc faux de dire que la notion devint vite caduque.

Entre 1300 et 1304, lors des derniers raids en Syrie effectués par les Mongols ilkhanides, Ibn Taymiyya incita par une fatwa ses compatriotes au djihâd contre les Mongols. Il les combattit par les armes, mais également dans ses écrits. Ainsi, il met en doute la conversion à l'islam de ces derniers et de leur chef Mahmoud Ghazan Khan, les accusant de maintenir leur droit coutumier, et de pactiser avec les royaumes chrétiens. Cette même fatwa servira de justification après l'assassinat des sept moines trappistes de Tibéhirine en 1996. Le XIXe siècle connut également divers djihâds comme la guerre sainte d'Ousmane dan Fodio, un émir peul (1754 - 1817) ou de la Guerre des mahdistes (1881 à 1899) contre les Britanniques, à l'époque coloniale donc. Le Libyen Omar Al-Mokhtar refuse toute paix avec les Italiens par ces mots : « Notre foi profonde nous incite au djihâd ». Toujours à l'époque coloniale. Enfin, le Calife déclara le djihad contre la Triple-Entente (la France, l'Empire russe et l'Empire britannique) le 11 novembre 1914 (voir ici, ici, ici et là) : « Il est du plus impérieux devoir religieux de participer à lutte en corps et en biens, [ et ainsi ] de pouvoir compter en tout sur l'assistance de Dieu. »

Évidemment, les ressources de Noël Landry pour son cours ECR ne prennent pas les mêmes pincettes quand il s'agit de présenter la tradition religieuse du Québec. Là on a comme ressource pédagogique le texte intégral du Refus global qui constitue une critique virulente très partiale qui permet de caricaturer l'histoire québécoise et d'entretenir une vision largement mythique du Québec de la Grande Noirceur.

Qu'en est-il de la foi et de la superstition, de la multiplicité des religions ? Les religions sont diverses à cause de l'imagination de l'homme (voir rapport Proulx page 90, conception inacceptable pour ceux qui croient en une religion révélée). Noël Landry semble aussi justifier une croyance à la carte (nous serions de toute façon tous les jouets de notre culture) dans son document Croire ou avoir la foi ?

« J’ peux bin croire aux extra-terrestres, toi tu crois bin à Dieu », me disait une de mes élèves, il y n’y a pas longtemps.

« Mais l’existence de Dieu est plus certaine que celle des extra-terrestres », ai-je répondu.

« Pas sûr de ça, genre, les extra-terrestres, y’ont foule de dossiers au FBI, pis ton Dieu si y’existe, ya sacré l’camp parc’que les églises, genre, sont pas mal vides, non? »

Là, on dirait qu’elle n’a pas tort, la jeune fille. C’est vrai qu’ils ont des dossiers sur les extra-terrestres; c’est vrai que les églises catholiques du Québec sont plus ou moins désertes. On peut bien croire à tout ce qu’on veut; pourtant, il n’y a qu’une seule vérité. Prenons comme exemple un accident. Plusieurs témoins, plusieurs versions; et un seul fait. On pourra croire le récit de l’un ou de l’autre, mais il n’y aura toujours qu’une seule vérité, immuable.

Ainsi, il y a autant de systèmes de croyances qu’il y a d’humains sur la planète car c’est la vie qui façonne la pensée. Il y a des gens qui se retrouvent et se sentent bien dans les systèmes de croyances proposés par les religions ou les sectes; d’autres préfèrent prendre ici et là ce qui leur convient. C’est comme au restaurant chinois : il y a les numéros 1 à 10 avec des variantes de riz frit et de chow-mein et il y a le menu à la carte.

Et toi? Quel système de valeurs et de croyances penses-tu avoir choisi?