mardi 20 mars 2012

La place des parents à l'école

Anne Coffinier, directrice de la Fondation pour l’école, et Jean-Paul Brighelli, professeur agrégé et auteur de La Fabrique du crétin, débattent de la place des parents dans l'école. Extraits :

« Anne Coffinier – Les parents sont les premiers éducateurs et les premiers responsables de leurs enfants. C’est une affirmation constante du magistère de l’Église et c’est aussi une vérité expérimentale vivement ressentie par chaque parent ! Il revient en revanche à l’État et aux organismes d’intérêt général compétents de mettre à la disposition de tous une information la plus complète, honnête et exhaustive possible sur la réalité de l’offre scolaire existante. Il faut bien voir que l’on est face à un choix de société fondamental. Pour qu’il y ait une véritable État de droit, il faut tout d’abord que le choix de l’école soit reconnu et garanti constitutionnellement aux parents, que l’information sur la qualité de l’offre soit accessible à tous et que les parents aient les moyens financiers de jouir effectivement de ce droit.

Si l’État s’arroge le droit de choisir le destin de nos enfants à notre place, nous sommes dans une société de type totalitaire caractérisée par l’emprise de la sphère publique sur les familles et les consciences. C’est hélas en partie le cas aujourd’hui. Dans la mesure où l’État rend gratuit un seul type d’enseignement, impose la carte scolaire et interdit, à coup de lois, à l’école privée d’être gratuite, il pèse lourdement sur le choix des familles, surtout des plus démunies.

Aujourd’hui, l’institution scolaire entretient une relation très ambiguë avec l’autorité des parents qu’elle prétend reconnaître et même vouloir renforcer, mais qu’en pratique elle sape consciencieusement. Les parents sont infantilisés, tenus à bout de gaffe loin de la salle de cours. Leur autorité est souvent bafouée par une Éducation nationale qui s’aventure impudiquement jusque dans la formation des consciences des enfants à travers l’éducation civique ou sexuelle, ou l’invasion plurimorphe du politiquement correct dans la vie de l’école. [...]

Jean-Paul Brighelli – Les trois quarts des parents ne connaissent rien au système éducatif — par manque de formation, d’information ou de temps. Et encore moins aux matières enseignées, qui bien souvent diffèrent de celles qu’on leur a jadis enseignées. L’idée qu’ils puissent choisir librement l’école de leurs enfants est pour moi une vue de l’esprit.

Quant à la carte scolaire, elle a été largement assouplie, mais aujourd’hui encore, c’est la proximité qui est le premier facteur dans le choix des parents. Tout le monde n’a pas le loisir d’amener ses enfants dans un établissement situé à des kilomètres. Ou de les faire amener. Il y a un univers où les gens travaillent, et travaillent tôt, vous savez… Et je préfère me battre pour que toutes les écoles soient d’excellence, plutôt que de voir une foire d’empoigne pour inscrire ses rejetons dans quelques établissements réputés, que cette réputation soit ou non fondée. [...]

A. C. - Sur le rôle des parents, je reconnais qu’il y a un monde entre l’idéal et la réalité. Ils sont incarnés, faillibles. Mais attention à ne pas prendre des décisions générales à partir de cas exceptionnels. C’est toujours comme cela que l’on supprime les libertés. Confier le pouvoir éducatif à l’État sous prétexte qu’il existe des parents indignes est irrecevable. Toute société libre doit être fondée sur la confiance dans les citoyens. Si vous établissez une société sur la défiance, vous sombrez dans le totalitarisme. On ne peut pas transgresser cette règle d’or. Tout doit être fait pour responsabiliser les parents, pour les placer dans une situation où ils seront contraints à poser des choix, donc à se renseigner pour choisir au mieux de l’intérêt de leur enfant. »




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Les écoles à charte américaines

Le développement des écoles à charte aux États-Unis fait désormais partie de la réflexion éducative menée sur l’ensemble du territoire américain. Selon les propos de Robin Lake, éditeur du dernier bulletin annuel du « Centre pour la Réinvention de l’Éducation Publique » (CRPE) intitulé « Espoirs, Peurs et Réalités », « les responsables scolaires en milieu urbain se rendent compte qu’une approche centralisée, taillée selon un format unique pour tous, n’est tout simplement plus viable et qu’ils ont besoin de partenariats réunissant le talent entrepreneurial et les équipes éducatives conscientes de leur mission ».

Un exemple concret en est donné avec ce reportage sur la Noble Charter School de Chicago.



Le mal dont souffre le système scolaire américain est facile à définir : l’argent déversé dans les innombrables programmes d’aménagement du système est inversement proportionnel à la dégradation des conditions scolaires et des chances des élèves à développer leur potentiel personnel et à accéder aux formations universitaires qu’ils auraient envisagées. Les budgets ne cessent de progresser alors que les évaluations du niveau des élèves de l’enseignement public sont en régression au niveau national et international. Les parents, quant à eux, recherchent désespérément les écoles où leurs enfants auront la meilleure chance d’être préparés à leur vie adulte.

Pourtant, dans quarante États des États-Unis, l’expérience des écoles à charte ("charter schools") ne cesse de rallier les parents et les élèves originaires de divers milieux sociaux culturels et ethniques en raison des succès incontestables qu’elles obtiennent du point de vue de la bonne intégration des élèves et de la qualité de leur formation. Ces écoles bénéficient de par la loi d’une prise en charge financière, mais sont libres de choisir leur gestion budgétaire et pédagogique ainsi que leur forme de vie scolaire. Le directeur et ses équipes enseignantes n’ont pas seulement un emploi, mais ils se sentent également investis d’une mission éducative.

L’enquête réalisée à la Noble Charter School de Chicago depuis 1999 démontre la réussite d’une école autre, basée sur des principes de liberté, de responsabilité, de discipline, de motivation du personnel et de diminution drastique des contraintes administratives. S’ajoutent à ces critères la liberté de choix des familles et l’adhésion des élèves à leur école. L’évidence se confirme d’année en année : ce type d’écoles est de plus en plus attractif pour la seule et unique raison qu’elles « fonctionnent ». Le niveau et les résultats des élèves progressent, leurs perspectives d’accéder aux études universitaires s’améliorent, les conditions de vie scolaire sont considérablement meilleures. Le nombre d’heures d’enseignement a augmenté au point de gagner un an de scolarisation effective sur l’ensemble du cursus scolaire (journée scolaire de 7 heures par jour contre 5 heures ou 5 h 30 dans l’école publique). De par les témoignages recueillis chez les élèves, ce rythme scolaire se réalise sans malaise ni stress excessif.

La plus forte opposition au réseau des Noble charter schools provient de la Chicago Teachers’ Union, le syndicat enseignant majoritaire. Il s’agit en fait d’une résistance farouche qui se traduit par des déclarations incendiaires des délégués syndicaux, des dénonciations virulentes des privilèges que représentent de tels établissements, des manifestations de rue qui vont jusqu’aux affrontements avec les forces de l’ordre, incitant ces dernières à arrêter des manifestants pour alerter et rallier l’opinion publique à la cause syndicale. En dépit de ces vociférations, l’école continue d’attirer les enfants de toutes catégories sociales et ethno-culturelles, au grand dam de l’extravagante présidente du syndicat enseignant Karen Lewis qui se fait une gloire de faire un jour partie des représentants syndicaux arrêtés.

Bien plus, des procès sont intentés à Noble par le même syndicat, d’ailleurs sans aboutir, en raison du statut totalement légal des écoles à charte. Occasion pour le maire démocrate de Chicago Rahm Emanuel, défenseur convaincu du développement du réseau des écoles Noble, de faire remarquer que le temps des éducateurs est mieux utilisé dans les salles de classe que dans les salles de tribunal.

Bill Olsen, directeur de l’école, souligne la fausseté des arguments utilisés à l’encontre de ce type d’écoles : contrairement aux accusations qui leur sont faites, et de la bouche même des enseignants interrogés, le recrutement n’est pas basé sur le revenu des familles, mais il est aléatoire : les élèves sont sélectionnés suivant un système de loterie. L’accusation d’écrémage des élèves suivant leur niveau est contredite par le fait que le taux de renvoi ou d’abandon d’élèves est extrêmement faible. A noter que les écoles à charte sont tenues légalement par l’obligation du NCLB (No child left behind) « N'abandonner aucun enfant ».

Par ailleurs, on constate que les salaires des enseignants du public en Illinois sont en moyenne de 74 000 $ par an et de 120 000 $ pour les responsables administratifs, alors que ceux des écoles à charte sont nettement moins élevés et plus proches de la moyenne salariale en Illinois de 50 000 $ par an. Pourtant la grande majorité des enseignants préfère le statut, les conditions, l’atmosphère et les relations humaines dont ils bénéficient dans leur établissement par rapport aux écoles publiques. Cela ne diminue en rien leur motivation ; celle-ci est renforcée par le soutien des parents et la satisfaction de constater la réussite des élèves, attestée par leur taux d’inscription dans les universités les plus sélectives.

Il apparaît donc que les professeurs préfèrent être respectés et s’impliquer dans leur mission d’éducateurs plutôt qu’être rémunérés à un taux plus élevé pour un travail qui ne les satisfait pas. Ils affirment par ailleurs ne regretter nullement de ne pas être syndiqués pour la simple raison qu’ils n’en éprouvent ni la nécessité ni le besoin.

Il faut noter que des signes d’échec de ce type d’école seraient rapidement sanctionnés par la suppression de leur financement. Rester compétitives au regard des autorités éducatives de contrôle est donc pour elles une affaire de survie. Elles sont tenues de fournir annuellement leur « rapport de progression » (AYP, adequate yearly progress report) aux organismes locaux ou d’État responsables de l’évaluation éducative (LEA, local education agency, et SEA, state education agency), ce qui les oblige constamment à faire leurs preuves en termes de qualité pédagogique et de bonne gestion avec la coopération et l’engagement du corps enseignant, des élèves et de leurs familles.

Noble Charter School ne badine pas avec le règlement intérieur de l’établissement. Ce qui nous paraîtrait trop strict ne l’est pas dans le contexte des quartiers difficiles de Chicago où se trouve l’école. Pas de pantalons tombants, pas de tatouages visibles, pas de piercings, pas de boucles d’oreille pour les garçons. Le port de l’uniforme est obligatoire et lors des compétitions sportives, l’attribution de drapeaux aux différentes équipes suscite fierté et émulation dans les classes. Des heures sont consacrées à des services communautaires (community service) et renforcent la cohésion des élèves et le sentiment de leur appartenance à une communauté de vie au sein de leur établissement.

Les écoles à charte démontrent ainsi, toutes preuves à l’appui, et avec un succès grandissant, la vérité et la mise en œuvre effective de leur objectif : offrir plus d’éducation avec moins de moyens.

Nous remercions M. Pierre Barthe pour le compte-rendu de ce reportage.


Ce carnet émet, cependant, quelques réserves par rapport à ces écoles à charte :

  1. elles sont toujours redevables aux autorités politiques plutôt qu'aux parents limitant de la sorte le choix pédagogique et de programme aux options approuvées par des politiciens ou des bureaucrates et non les parents ;
  2. les places sont alloués par loterie, ce qui semble empêcher par exemple la formation d'écoles confessionnelles à charte ayant une population homogène aux niveaux des convictions, elles défavorisent donc les parents religieux. ;
  3. le recours aux tests standardisés pour les évaluer peut conduire à limiter les options éducatives  et n'est pas exempt de fraudes potentielles.

Voir aussi


Angleterre — Écoles libres : la libéralisation de l’Éducation ?

Fascination française pour l'« Amérique d'Obama » et ses écoles à charte

Suède — Le monopole de l'Éducation incapable de répondre à tous les désirs

États-Unis — fraude systématique depuis dix ans dans les écoles publiques d'Atlanta

Washington (D.C.) — Des bons scolaires pour les pauvres plutôt que des subventions pour avorter

France — les écoles libres (hors contrat) n'en font qu'à leur tête




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lundi 19 mars 2012

Trois quarts des Québécois contre une hausse d'impôts pour éviter hausse des frais de scolarité

Selon un sondage Léger Marketing mené pour le compte de l'émission Larocque Lapierre de TVA, le mouvement étudiant a perdu quelques plumes au cours des 14 derniers jours.

En effet, de moins en moins de Québécois sont en faveur d'une hausse d'impôts pour éviter une hausse des frais de scolarité universitaire que les étudiants devront payer.







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dimanche 18 mars 2012

Dépenses pour l'Éducation, encourager les femmes à ne pas rester au foyer, féminisme et immigration

Mesures pour encourager les femmes à ne pas rester au foyer après une naissance


« Condition féminine »

Immigrations


Monopole de l'Éducation



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Quelle est la vraie place de Lionel Groulx dans l'histoire québécoise ?

Lionel Groulx: Chanoine, enseignant, éducateur, intellectuel engagé. Il a voulu une nation fière. La révolution tranquille l'a mis de côté. Quelle est la vraie place de Lionel Groulx ?



Émission de discussions sur l'histoire du Québec, animée par Jean Barbe avec la complicité de l'historien en résidence Éric Bédard.

Invités: Mathieu Bock-Côté, Xavier Gélinas, Marie-Pier Luneau, Mathieu Noël.




Pour plus d'informations au sujet de Lionel Groulx : http://www.fondationlionelgroulx.org/






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samedi 17 mars 2012

Mathieu Bock-Côté : Bureaucratie ou démocratie ?

Le portrait de l’État québécois publié par le Journal est percutant. Il montre à quel point notre État est victime d’obésité morbide. Chacun s’indigne légitimement du coût astronomique d’une telle dérive. Nous ne savons plus comment freiner la croissance de la bête. L’État ne travaille plus pour la société. Mais la société travaille pour l’État. L’État est principalement occupé à entretenir sa propre expansion. On le voit au ministère de la Santé avec les cadres qui s’y multiplient sans raison. Depuis trente ans, nous savons pourtant que l’État s’empâte. Les gouvernements promettent de dégraisser le mammouth. Sans réussir. Pourquoi ? Parce que la démocratie a capitulé devant la bureaucratie. La première est moins forte que la seconde. Le vrai pouvoir, dans l’État, dépend de moins en moins du gouvernement élu et se trouve de plus en plus localisé dans la bureaucratie. Le peuple peut bien voter comme il veut, sa volonté est marginale dans les orientations collectives. Un peu comme s’il était de trop.

Pédagocratie délirante

Le meilleur exemple est celui de l’éducation. Depuis vingt ans, la plupart des ministres de l’Éducation ont cherché à ramener l’école à sa mission fondamentale : instruire et transmettre des connaissances. Ils ont voulu la déprendre des idéologues du Ministère. Mais ce n’est pas l’avis de ces derniers. Le ministère de l’Éducation est un État dans l’État. Une pédagocratie. Ses fonctionnaires tiennent à la réforme scolaire et à sa pédagogie délirante. Pire : ils se prennent pour des scientifiques de ­l’éducation. Alors, la bureaucratie de l’éducation se dit que les ministres finissent bien par passer. Et freinent le gouvernement. Jusqu’ici, ils ont réussi leur blocage. Ils maintiennent ainsi leur contrôle sur une école québécoise détournée de sa mission. Le problème déborde évidemment l’éducation.

Facile à retracer

Le chemin que suivent plusieurs programmes gouvernementaux est souvent facile à retracer. Une agence gouvernementale, en lien avec certains lobbies, se convainc qu’il y a un problème. Ses experts élaborent une politique « indispensable ». Ils la font remonter au ministre. Celui-ci a deux choix. Soit il la signe. Soit il refuse. Alors, on prendra son mal en patience et on la soumettra au prochain ministre. Qui finira bien par signer. Conséquence ? Trop souvent, un ministre plus ou moins compétent endossera une idée qu’il aurait critiquée avant de se retrouver en poste. Tout cela correspond au sentiment de supériorité des bureaucrates. Tant qu’ils ne l’ont pas balisé de normes et de règlements, ils s’imaginent la société victime d’un chaos anarchique. Tout ce qui n’est pas estampillé du tampon bureaucratique est suspect. Comme si l’administration publique devait recouvrir l’ensemble de la vie en société. Il ne s’agit évidemment pas de virer libertarien. L’État québécois aura toujours une mission nationale. De la Caisse de ­dépôt à Hydro-Québec à l’OQLF, il ne manque pas d’institutions à préserver. Sauf exception, les défenseurs de l’État minimal sont aussi des partisans de l’identité minimale. Débureaucratiser l’État ne veut pas dire le démanteler. Encore moins l’abolir. Mais la chose est simple : ce n’est plus dans l’intérêt des Québécois de se lover dans les replis du mammouth. Un État obèse n’est pas fort. Il est paralysé et ­finalement impuissant sur l’essentiel.




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Post-Thatcher Britain: Corporatist Champion of Pathologies and the Soviet Union with Supermarkets

In April 2011, the Flemish think tank Libera! awarded its annual Prize for Liberty, or Liberty Award, to British conservative author and social critic Theodore Dalrymple. During the ceremony at the Catholic University of Louvain, the recipient delivered the traditional Gustave de Molinari Lecture. This is his acceptance speech.

(Sound for the first minute or so is a bit faint, it is much clearer afterwards)




"Let me disabuse you of the notion peddled by the French [Blog’s note: and Canadian] press, a notion that is the sign of its laziness, its intellectual torpor and incuriosity about economic, social and political realities outre-manche. […] Mainly, that Britain is some kind of neo-liberal state where economic freedom red in tooth and claw is quite unrestrained. To the contrary, Britain is increasingly a corporatist state which could easily be redirected into a fascist direction."

"Expenditure in Britain on education doubled between 2000 and 2007 alone, yet standards almost certainly fell. And they were already very low.

In the same years that the education expenditure was doubling, the proportion of British school children learning a foreign language never, let us be frank, one of the strong points of British pedagogy, declined by at least two thirds. This was because the government while it was doubling expenditures released schools from the obligation to teach foreign languages. Why did it do so? Because it wanted schools to be able to claim that the results were improving. And, since, even in our debased times, it is difficult to give a pass to a pupil in a French examination who does not know the meaning of “bonjour”, schools switched to subjects in which it was possible to pass examinations without no knowledge whatsoever.


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vendredi 16 mars 2012

Les immigrés coûtent de plus en plus cher au Canada : ils coûtent plus de 16 milliards de dollars par an aux contribuables

Les immigrants arrivés au Canada entre 1987 et 2004 ont reçu pour 6 000 $ de plus en services publics par personne en 2005 qu’ils n’ont payé d’impôts. C’est ce que révèle une nouvelle étude publiée aujourd’hui par l’Institut Fraser, l’organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays.

« Les immigrants arrivés au Canada depuis 1987 ne réussissent pas aussi bien sur le plan économique que les immigrants antérieurs », affirme Herbert Grubel, senior fellow de l’Institut Fraser et coauteur de l’étude intitulée Fiscal Transfers to Immigrants in Canada: Responding to Critics and a Revised Estimate.

« En raison de nos politiques d’État-providence, de notre système d’impôt progressif et de l’universalité des programmes sociaux, ces immigrants imposent un lourd fardeau fiscal de 16 à 23 milliards de dollars par an aux contribuables canadiens. »

Cette étude est une mise à jour d’une étude réalisée en 2011 par Herbert Grubel et Patrick Grady. L’étude antérieure, fondée sur des données publiques, estimait que, en 2005, les politiques canadiennes de sélection des immigrants imposaient aux contribuables un fardeau fiscal moyen de 6 051 $ par immigrant arrivé au Canada entre 1987 et 2004. Elle estimait par ailleurs que le revenu moyen de ces immigrants représentait 72 % de celui des autres Canadiens.

L’étude fait également suite à une recherche commanditée par le projet Metropolis et réalisée par Mohsen Javdani et Krishna Pendakur, économistes à l’Université Simon Fraser. Ayant examiné les revenus des immigrants arrivés au Canada entre 1970 et 2004, ces chercheurs ont conclu que, sur cette période, ces immigrants n’avaient reçu que pour 450 dollars de plus en services publics qu’ils n’avaient payé d’impôts, et que le revenu moyen des immigrants représentait 89 % de celui des autres Canadiens.

« Cet écart s’explique surtout par le fait que notre étude s’est penchée sur des données allant de 1987 à 2004, tandis que celle de MM. Javdani et Pendakur remontait à 1970 », explique M. Grubel.

« Selon Statistique Canada, les immigrants arrivés au Canada avant 1987 gagnaient bien plus et payaient donc plus d’impôt que les immigrants arrivés par la suite. Les calculs de MM. Javdani et Pendakur ont abouti à un fardeau fiscal nettement moindre parce que ces immigrants réussissaient mieux sur le plan économique que ceux qui les ont suivis. »

MM. Javdani et Pendakur ont justifié leur utilisation de données de cette période en avançant que les données de 1987 à 2004 utilisées par MM. Grubel et Grady sous-estimaient les revenus réels des immigrants, ces personnes étant plus jeunes.

« De nouvelles études publiées par Statistique Canada montrent que l’écart de revenu entre les immigrants récents et les autres Canadiens est à la hausse, peu importe le sexe, le niveau de scolarité, l’expérience professionnelle et, facteur important, l’âge de la personne, souligne M. Grady.

« Autrement dit, cet écart de revenus gagnés et d’impôts payés entre les immigrants récents et les autres Canadiens est susceptible de persister à toutes les étapes de leur vie. Les critiques formulées par MM. Javdani et Pendakur à l’égard de nos estimations sont donc infondées. »

MM. Grubel et Grady rejettent également les arguments selon lesquels le Canada a besoin d’immigrants pour répondre à des pénuries de main-d’œuvre, qu’ils permettent des économies d’échelle et que leurs enfants rembourseront le fardeau fiscal. Selon les calculs des auteurs, les fils d’immigrants appartenant à une minorité visible ne gagnent que deux tiers du revenu des Canadiens de souche.

MM. Grubel et Grady concluent que pour alléger le fardeau fiscal imposé aux contribuables, on devrait réformer le processus canadien de sélection des immigrants en faisant appel aux forces du marché pour remplacer le système actuel de sélection des immigrants fondé sur l’attribution de points, lequel est inefficace. Ils présentent aussi de nouvelles données selon lesquelles les travailleurs qualifiés dont la demande d’immigration a été approuvée en raison de l’existence d’une offre d’emploi au Canada bénéficient de revenus considérablement supérieurs à ceux des immigrants comparables autorisés à entrer au pays en fonction de critères précédemment en vigueur.

« L’acceptation des demandes uniquement en fonction de l’existence de telles offres d’emploi se traduirait par une diminution considérable, voire l’élimination du fardeau fiscal associé au système actuel de sélection des immigrants », conclut M. Grubel.


Voir aussi

« Bébés passeport » au Canada et au Québec

Québécois francophones sont tous des alcooliques, des fumeurs et sur le BS.

L'intégration ratée des immigrants au Québec

Lapsus de la Presse : « environnement multiculturel, de crimes haineux, de viol » ?

Début d'un petit débat sur l'immigration au Québec ?

L’immigration massive nuit au bien-être des Canadiens en général ; les politiques d’immigration doivent être revues

L'immigration essentielle pour combler le manque de travailleurs au Québec... Vraiment ?

Baisse du niveau des examens d'entrée pour intégrer plus d'immigrés à Sciences Po de Paris




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jeudi 15 mars 2012

Conférence sur l'instruction à la maison dans Lanaudière — entrée libre




Date:le lundi 26 mars 2012
Heure: 19 h 00
Lieu: Capernwray, à Chertsey 


(trajet fourni après confirmation de participation auprès de carolehslda.ca)

Cette conférence s'adresse à tous les parents faisant l'école-maison présentement, qui prévoient le faire, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à ce mode d'éducation, que vous soyez membres de la HSLDA ou non.

Carole Cardinal travaille avec la HSLDA depuis plus de 10 ans. Elle a débuté dans le rôle bénévole d'interprète entre la HSLDA et ses membres francophones au Québec ainsi que dans les autres provinces canadiennes. Depuis, on lui a offert un poste en tant qu'assistante juridique afin de gérer les dossiers pour le Québec et répondre aux nombreuses demandes provenant de la communauté de l'école-maison. Elle travaille étroitement avec Paul Faris, avocat pour la HSLDA, ainsi que les avocats au Québec, pour discuter de stratégies pouvant faciliter les libertés des parents-éducateurs dans notre province. Carole et son mari, Michel, ont aussi servi sur le conseil d'administration de l'Association chrétienne de parents-éducateurs (ACPEQ) pendant 10 ans. Ils vivent au coeur du Vieux-Québec et sont les parents-éducateurs de cinq enfants, dont deux ont terminé leurs études secondaires à la maison.

Pendant cette conférence, les sujets suivants seront traités:
  • Ce que la Loi sur l'instruction publique dit au sujet de l'école-maison... et ce qu'elle ne dit pas;
  • Les "Orientations" du Ministère de l'Éducation et leur application dans diverses commissions scolaires au Québec;
  • Les exigences des commissions scolaires et les contrats;
  • La Loi sur la protection de la jeunesse et son application à l'école-maison;
  • L'admission au postsecondaire;
  • Mise à jour sur les procédures judiciaires en cours.

Nous prévoyons amplement de temps pour vos questions.

*Il n'y a aucuns frais fixes pour cette conférence. Toutefois, un don serait apprécié pour couvrir les frais de déplacement et de local. 
*Vous devez confirmer votre inscription à carole  hslda.ca (minimum de 12 participants requis) afin que nous préparions suffisamment de documentation et aussi pour faciliter le montage de la salle. Le trajet pour vous rendre à Rawdon vous sera communiqué quelques jours avant le 26 mars. 
*Prenez note qu'aucun service de garde n'est prévu et nous recommandons fortement que vous prévoyiez d'autres arrangements pour vos enfants plus vieux. Toutefois, les bébés et bambins qui doivent vous accompagner sont les bienvenus et nous faisons confiance aux parents de prendre les mesures nécessaires si leur besoin de bouger ou de s'exprimer pouvaient déranger le bon déroulement de notre rencontre. :-) 
*SVP envoyer ce message à vos contacts d'école-maison. Le bouche-à-oreille et le clavier sont des moyens efficaces pour annoncer cette rencontre.

Au plaisir de vous y rencontrer!

Carole Cardinal
Assistante juridique / Law Clerk
HSLDA (Association juridique canadienne pour l'école-maison / Home School Legal Defence Association of Canada)
www.hslda.ca
carolehslda.ca




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lundi 12 mars 2012

Essai — Denys Arcand et le Québec

Présentation de l'éditeur

« J’ai lu votre texte. Il m’a beaucoup touché. C’est, de toute ma vie, parmi les plus exacts que j’aie lus sur mon travail. » Tels ont été les premiers mots de Denys Arcand à Carl Bergeron, jeune essayiste de quarante ans son cadet, après qu’il a pris connaissance de Un cynique chez les lyriques. En effet, c’est un portrait sensible du cinéaste que l’auteur ébauche ici à travers une lecture et une interprétation serrées de son travail, des premiers films pour l’ONF jusqu’aux films de consécration. Lettré casanier et ironique, lecteur de Gibbon et de Machiavel, pré-boomer étranger au nationalisme canadien-français comme au lyrisme de la Révolution tranquille, Arcand cultive une sensibilité en porte-à-faux avec les grands mythes collectifs qui ont forgé la société québécoise.

Cette sensibilité, que d’aucuns ont qualifiée avec raison de « cynique », sans avoir toujours conscience de la signification du mot (qu’ils attribuent à un trait de caractère plus qu’à une intelligence des choses), révèle une vision du monde profondément marquée par le poids des rapports de force et de l’Histoire. À l’origine de nombreux malentendus blessants, elle a valu à Arcand d’être accusé, selon l’idole lyrique du moment, de mépriser les prolétaires, la nation, la social-démocratie ou les jeunes, et au final d’être indifférent au sort du Québec.

Scène de la série Duplessis réalisée par Denys Arcand. En une quinzaine de minutes, Duplessis et Godbout y abordent le passé, le présent et de l’avenir des Canadiens français.

Dans une langue claire et élégante, Carl Bergeron remonte aux sources intimes du cynisme philosophique d’Arcand et montre au contraire la filiation trouble et émouvante qui n’a cessé d’unir celui-ci à son pays natal, dans une tension permanente entre le sentiment d’appartenance et la nécessité de faire une œuvre. En complément de lecture, un Denys Arcand attentif lui fait écho par des annotations mordantes et éclairantes, évoquant tantôt des anecdotes, proposant tantôt des explications sur son parcours.

Un cynique chez les lyriques
Denys Arcand et le Québec
par Carl Bergeron
chez Boréal
à Montréal
144 pages
Paru le 13 mars 2012,
ISBN-13 : 9782764621738
19,95 $


Le modèle québécois vu par Denys Arcand dans L'Âge des ténèbres




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