lundi 24 juillet 2023

« Crise climatique » — La production céréalière mondiale en passe d’atteindre un niveau inégalé

Cette année, selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le monde produira probablement plus de céréales (blé, maïs, riz, etc.) que jamais.

Pourtant, de manière irresponsable, les alarmistes climatiques clament que l’effondrement imminent du système alimentaire.
 
 
 
Les nouvelles prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2023 ont été relevées de 5,9 millions de tonnes (0,2 pour cent) en juillet par rapport au mois précédent et s’établissent désormais à 2 819 millions de tonnes, soit une hausse de 1,1 pour cent en glissement annuel, atteignant ainsi un niveau inégalé. 

L’ajustement à la hausse de ce mois-ci s’explique presque entièrement par de meilleures perspectives pour la production mondiale de blé, les prévisions ayant été rehaussées de 0,9 pour cent pour s’établir à 783,3 millions de tonnes, tout en restant inférieures de 18,4 millions de tonnes au record enregistré en 2022. Les prévisions relatives à la production de blé dans l’Union européenne ont été révisées à la hausse, les conditions météorologiques ayant été globalement favorables, ce qui a engendré des rendements légèrement meilleurs que prévu, en dépit des répercussions qu’ont eues les déficits pluviométriques dans la péninsule ibérique. Pour le Canada et le Kazakhstan, où l’on cultive principalement du blé de printemps, les prévisions ont également connu un léger relèvement en raison de semis plus importants que prévu, tandis que les estimations officielles récemment publiées placent la récolte de blé de la Turquie à un niveau supérieur à celui des premières prévisions. Cette progression a largement contrebalancé la forte contraction des prévisions concernant la production en Australie, les rendements attendus ayant été compromis par des conditions météorologiques plus sèches que la normale.
 
Les prévisions de 2023 concernant la production mondiale de céréales secondaires ont été légèrement revues à la baisse ce mois-ci, mais établies à 1 512 millions de tonnes, elles demeurent supérieures de 2,9 pour cent à celles de 2022. Cet ajustement à la baisse tient compte de celui des prévisions relatives à la production de maïs dans les pays d’Afrique de l’Est, la répartition inégale des précipitations ayant nui aux rendements escomptés. Ces révisions à la baisse l’emportent nettement sur les prévisions à la hausse de la production mondiale d’orge, lesquelles s’expliquent principalement par les estimations officielles de la Turquie, qui annoncent une récolte plus abondante que celle prévue au départ. Compte tenu de meilleures prévisions relatives aux rendements pour le Bangladesh et des petits ajustements apportés aux chiffres de la production dans les pays situés le long et au sud de l’équateur, où la récolte des principales cultures est désormais terminée, la FAO a légèrement relevé ses prévisions concernant la production mondiale de riz pour 2023-2024, les portant à 523,7 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), alors que les chiffres révisés pour la récolte mondiale de 2022-2023 s’établissaient à 517,6 millions de tonnes. 

Record mondial malgré la guerre en Ukraine, important exportateur céréalier

En Ukraine, la production de blé pour 2023 devrait atteindre 18,5 millions de tonnes, soit 30 % de moins que la moyenne quinquennale. Cette forte baisse résulte de l’impact de la guerre qui, parmi de nombreux autres facteurs, a entravé l’accès physique aux champs, ce qui se traduit par une baisse de près de 30 %, en glissement annuel, des semis de blé d’hiver pour 2023. Le manque de liquidités et, dans certaines régions, les perturbations des marchés des intrants ont également fortement limité la capacité des agriculteurs à se procurer des intrants, ce qui a réduit les perspectives de rendement pour 2023 malgré des conditions météorologiques généralement favorables. Pour des raisons analogues, la production de maïs de 2023, qui sera récoltée à partir de septembre, devrait atteindre 22,5 millions de tonnes, soit près de 35 % de moins que la moyenne. Au total, la production céréalière nationale de 2023 devrait se situer à un niveau nettement inférieur à la moyenne, soit 46,2 millions de tonnes.

Dans la Fédération de Russie, la production totale de blé en 2023 devrait tomber à un niveau proche de la moyenne de 82,8 millions de tonnes, après le record historique de 2022, en raison d’une contraction des superficies ensemencées en blé due à un excès d’humidité à la fin de 2022 et à une baisse des prix des cultures. La production céréalière totale de la Fédération de Russie, y compris les prévisions supérieures à la moyenne pour le maïs et l’orge, est estimée à environ 125 millions de tonnes en 2023, ce qui est comparable à la moyenne quinquennale.

Notons que l'agence turque de presse Anadolu rapporte que le président Poutine a précisé que son pays prévoit une récolte record cette année et affirme que la Russie peut fournir des céréales russes tant à travers sa commercialisation que gracieusement. Le dirigeant russe a rappelé, en outre, que son pays avait envoyé 11,5 millions de tonnes de céréales en Afrique en 2022 et 10 millions de tonnes au cours du premier semestre de 2023.

En Moldavie, les prévisions préliminaires pour la production de 2023 s’établissent à un niveau proche de la moyenne de 3 millions de tonnes. Bien que les conditions météorologiques aient été mitigées au cours de la saison de croissance, les images satellite montraient début juin des conditions de végétation généralement bonnes dans les principales zones de culture du blé et, par conséquent, la production de blé devrait se situer à un niveau proche de la moyenne de 1,1 million de tonnes.

En Biélorussie, la production céréalière totale pour 2023 devrait s’élever à 7,6 millions de tonnes, ce qui est proche de la moyenne quinquennale.

 

dimanche 23 juillet 2023

Sound of Freedom atteint 124,7 millions de $ de recette en Amérique du Nord pour un coût de 14 millions

Le Son de la Liberté vient d’atteindre des recettes de 124,748 millions de dollars sur le marché nord-américain. Le budget total de cette production n’a été que de 14 millions de dollars. À titre de comparaison, le dernier Indiana Jones aurait coûté


Le Son de la liberté résiste très bien : cette fin de semaine il a dépassé le dernier Mission impossible sorti la semaine passée et bat nettement l’ultime opus de la série Indiana Jones sorti le 30 juin.

Le chef du parti conservateur du Québec a été voir le film et il a tenu à remettre les pendules à l’heure :


Pourquoi les écoles vietnamiennes sont-elles parmi les meilleures ? (selon The Economist)

Le Vietnam n’est pas un pays riche. Son produit intérieur brut est inférieur à celui de la Malaisie et de la Thaïlande, et pourtant les petits Vietnamiens bénéficient de ce que The Economist qualifie d’« un des meilleurs systèmes scolaires du monde ». Comment expliquer cet apparent paradoxe ? s’est demandé l’hebdomadaire britannique.

Le constat d’abord : les élèves vietnamiens excellents dans toutes les évaluations internationales en lecture, en mathématiques et en sciences. Selon la Banque mondiale, leur niveau est supérieur à celui de leurs homologues au Royaume-Uni et au Canada, deux pays pourtant six fois plus riches. Et au niveau national, le Vietnam ne connaît pas de disparités régionales ou d’écarts filles-garçons aussi importants que dans d’autres pays.

The Economist avance doctement qu’il faut « bien sûr » [???] se garder des explications culturalistes qui essentialiseraient le mode de vie et la famille vietnamienne pour expliquer ce phénomène.  Mais il ne s’agit pas de « culturalisme essentialisé », mais des rapports culturels qu’entretient le Vietnam avec l’éducation, l’autorité, le respect des érudits, la discipline et qui favorisent l’apprentissage scolaire des enfants. L’idée d’éliminer les facteurs culturels nous semble très audacieuse, cela ne peut mener qu’à une réflexion hémiplégique.
 
Abhijeet Singh, chercheur à la Stockholm School of Economics, a comparé en 2020 les données des écoles au Vietnam, en Éthiopie, en Inde et au Pérou, tous des pays en voie de développement. Partout sauf au Vietnam, la qualité de l’éducation s’est détériorée depuis les années 1960. 
 

Si le Vietnam a résisté à cette tendance, c’est grâce au « calibre de ses professeurs », explique The Economist : « Non pas que les enseignants soient nécessairement plus qualifiés ; ils sont simplement plus efficaces dans leur métier. »

D’une part, les enseignants « reçoivent une formation continue et ont la liberté de rendre les cours plus attrayants ». D’autre part, ceux qui sont affectés dans des régions éloignées sont mieux payés. Par ailleurs, leur évaluation est basée sur les résultats de leurs élèves. « Ceux dont les élèves réussissent sont récompensés par des titres prestigieux », titres ensuite recherchés par les parents quand ils choisissent une école pour leur progéniture. Enfin, les provinces sont contraintes par le Parti communiste, au pouvoir, de consacrer 20 % de leur budget à l’éducation [l’éducation et la culture représentaient 23,7 % du budget 2020 au Québec], ce qui a contribué à maintenir un bon niveau sur tout le territoire. Déplaire au parti est aussi un risque que les enseignants ne veulent pas courir.

Logiquement, « au fur et à mesure que les écoles se sont améliorées, l’économie du Vietnam s’est également améliorée ». Mais cela a entraîné un exode rural qui engorge les écoles urbaines, le départ de nombreux professeurs vers des postes plus lucratifs dans le privé et des critères de sélection dans les entreprises qui ne correspondent pas toujours aux diplômes proposés dans le pays. Autant de défis pour un pays pas riche, mais certainement ambitieux.


La SRC et les lucioles... menacées d'extinction, mais cependant particulièrement plus abondantes

Radio-Canada nous informe : 

 Les changements climatiques, qui perturbent le régime de précipitations en provoquant des phénomènes météorologiques extrêmes, menacent aussi ces insectes. Une sécheresse importante ou même des précipitations menant à des inondations peuvent nuire à leur survie.

Comme le cycle de vie de la plupart des lucioles est réparti sur deux ans, elles pourraient toutefois encore offrir un joli spectacle lumineux en 2024. « S’il y en a beaucoup cette année, on peut penser que la reproduction va être bonne pour l’an prochain, mais il est encore trop tôt pour le prédire. Tout dépend de la météo », conclut M. Drapeau Picard.
En moins d’une semaine, Radio-Canada nous dit, d’une part, que les activités humaines et les changements climatiques (les fameux et vagues phénomènes extrêmes en augmentation) menacent les lucioles et, d’autre part, que les pluies exceptionnelles récentes sont la raison de leur abondance cette année tant à la campagne qu’en ville malgré ses activités humaines :



samedi 22 juillet 2023

Élèves réfugiés ukrainiens « s'intègreront » dans une école anglaise à Québec

On apprenait hier que six membres de la formation ukrainienne qui avait soulevé les foules au dernier Tournoi international de hockey pee-wee déménageront à Québec le mois prochain.

Ils porteraient les couleurs des Fighting Irish, club de hockey de l'école secondaire anglophone Saint-Patrick, à Québec.

Sean Bérubé, l'homme qui a orchestré leur participation au tournoi de 2023, a travaillé d'arrache-pied au cours des derniers mois afin que ces joueurs puissent revenir au pays. "Ils sont tombés en amour avec Québec", relate-t-il.



vendredi 21 juillet 2023

Les batailles pour « déconstruire » les normes se livrent dans tous les domaines, y compris à l’école

Un slogan déployé pendant la Pride radicale, à Paris, le 19 juin 2022.

En France comme dans le reste du monde occidental, la notion d’identité de genre concurrence peu à peu la définition biologique des sexes. Les associations militantes « exigent » de nombreuses modifications, dont la suppression de la mention du sexe à l’état civil et sur tous les documents administratifs. La « transparentalité » émerge et franchit même une nouvelle étape avec la naissance, dans le Cher, d’un enfant conçu par un homme né femme et une femme née homme. « Mégenrage », transphobie… Les plaintes pour discrimination apparaissent, passibles de 45 000 euros d’amende et 3 ans d’emprisonnement.

La plus belle femme des Pays-Bas est née homme. Le 8 juillet, Rikkie Valerie Kolle, mannequin transgenre de 22 ans, a été élu Miss Pays-Bas. Il représentera dans quelques mois son pays à l’élection de Miss Univers, un concours justement racheté l’an dernier par… un homme d’affaires thaïlandais qui se dit femme. En Belgique, il sera bientôt possible de changer plusieurs fois de sexe et de prénom, sans aucune restriction. En Espagne, la loi dite « d’égalité réelle et effective des personnes trans », entrée en vigueur en mars, permet l’autodétermination du genre sur simple demande dès l’âge de 16 ans, et avec autorisation parentale à partir de 12 ans. Une première dans l’Union européenne.

En France, de l’affiche de la Planification familiale représentant un « homme enceint » au récent amendement LFI pour permettre aux détenus d’être incarcérés dans une prison « correspondant à leur genre vécu », les polémiques sur la question trans montent en puissance. Obsession de l’époque, la notion d’identité de genre concurrence peu à peu la définition biologique des sexes. Des compétitions sportives aux toilettes des collèges, les batailles pour cette « déconstruction » se livrent en première ligne dans les espaces publics et les activités non mixtes.

jeudi 20 juillet 2023

« Les lycéens sont mauvais en orthographe parce qu’on ne leur a jamais appris »

Quelques jours après la publication des résultats au bac 2023, l’histoire se répète : les enseignants déplorent des copies truffées de fautes d’orthographe. Un constat sur lequel le ministère de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, est rapidement revenu. « À partir d’un certain niveau de langue trop problématique », des points pourraient désormais être retirés aux copies mal orthographiées, a-t-il indiqué samedi 8 juillet au micro de Radio J. Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir les syndicats et qui interroge les spécialistes comme Jean-Paul Brighelli, auteur du succès en librairie La fabrique du crétin , qui alarmait dès 2005 sur la faillite de l’école.  Entretien publié par le Figaro Étudiant.

Que pensez-vous de la proposition de Pap Ndiaye ?

Jean-Paul BRIGHELLI. -- Elle me semble complètement inutile. Les élèves qui sont aujourd’hui au lycée sont mauvais en orthographe pour la bonne et simple raison que l’école ne leur a jamais appris l’orthographe avant. Sanctionner les copies mal orthographiées au lycée reviendrait à punir quelqu’un qui ne sait pas courir alors qu’on ne lui a pas appris à marcher. Je n’y vois que de la communication politique.

— Il est donc inutile d’agir pour faire progresser les lycéens ?

Disons que ce sont des générations malheureusement perdues. Même une réforme du collège n’y changerait rien : il a été prouvé qu’il est très difficile d’apprendre un mécanisme, une structure, après ses 12 ans. Si le ministre souhaite malgré tout imposer une sévérité face aux fautes d’orthographe, il faut en tout cas qu’il transmette un vrai barème aux enseignants puisqu’aujourd’hui les professeurs peuvent retirer seulement deux points aux élèves qui font des fautes d’orthographe.

Quelle serait la réforme idéale selon vous ?

La priorité doit être l’entrée des élèves en primaire : c’est là que tout se joue et que les bases de la langue française peuvent être intégrées. Ces années clés doivent être l’occasion d’insister sur l’orthographe, mais en utilisant les bonnes méthodes, c’est-à-dire l’inverse de celles qui sont utilisées aujourd’hui. Dans le cas où l’école primaire serait ainsi réformée, il faudrait surtout être patient, puisque les effets d’une progression ne s’observent qu’après une quinzaine d’années.

Que reprochez-vous aux méthodes aujourd’hui utilisées ?

Nous assistons depuis 1989 au naufrage de nos méthodes d’apprentissage de lecture et de l’écriture. La loi dite « Jospin » a intronisé ce qu’on appelle le constructivisme, un courant de pensée selon lequel l’élève construit lui-même ses propres savoirs. L’idée était de placer l’enfant au « centre du système », sans le contraindre à intégrer des savoirs qui lui seraient étrangers. Ce qui explique les graves lacunes en orthographe des enfants depuis le milieu des années 90. À mon sens, la seule méthode qui permette vraiment aux élèves d’apprendre à lire et écrire correctement est la méthode syllabique : celle qui permet d’apprendre les mots en identifiant chaque lettre présente afin d’en faire des syllabes.

France — Qui veut la place de Pap Ndiaye ?
(Aïe, Ndiaye renvoyé, Attal le remplace)

 
Remaniement : Gabriel Attal va succéder à Pap Ndiaye au ministère de l’Éducation nationale
 
Attal (à gauche), Ndiaye (à droite)
Ancien porte-parole du gouvernement et désormais ex-ministre des Comptes publics, le trentenaire a été secrétaire d’État rue de Grenelle, auprès de Jean-Michel Blanquer, durant le premier quinquennat.

Exit Pap Ndiaye. Nommé en mai 2022 ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, succédant à Jean-Michel Blanquer qui avait passé Rue de Grenelle l’intégralité du premier mandat d’Emmanuel Macron, l’historien fait partie des sortants du gouvernement. Un départ qui n’est pas une surprise, tant son année à la tête du «mammouth» a été difficile.

À sa place, Emmanuel Macron et Élisabeth Borne, confirmée à Matignon, ont choisi Gabriel Attal. A 34 ans, il devient le plus jeune ministre de l’Éducation nationale, détrônant Najat Vallaud-Belkacem qui était de trois années plus âgée lorsqu’elle avait été nommée à 37 ans.

Le benjamin du gouvernement, connaît bien la rue de Grenelle. C’est en devenant secrétaire d’État auprès du ministre de l'Éducation de l'époque, Jean-Michel Blanquer, qu’il a débuté son ascension gouvernementale. Chargé de mettre sur pied le Service national universel (SNU) d’octobre 2018 à juillet 2020, il y a gagné ses premiers galons.

Il retrouve les lieux, après trois ans d’une progression politique fulgurante. Quatrième ministre le plus populaire du gouvernement selon le dernier baromètre Ipsos-Le Point (26%), il quitte le très stratégique maroquin des Comptes publics avant un examen parlementaire du budget 2024 qui s’annonce très compliqué à l’automne. Auparavant, il s’était fait connaître des Français en occupant la très exposée fonction de porte-parole du gouvernement.

Très proche d’Emmanuel Macron, il était à ses côtés dès la campagne présidentielle de 2017 après avoir milité au Mouvement des Jeunes socialistes (MJS). Membre du cabinet de Marisol Touraine (Santé et Affaires sociales) pendant le quinquennat Hollande, il en avait profité pour faire ses armes dans les Hauts-de-Seine. Natif de Clamart, ce diplômé de Sciences Po Paris est ainsi conseiller municipal de Vanves depuis neuf ans.

À la recherche d’un «pilote»

Désormais à la tête du ministère de l’Éducation nationale, réputé difficile, Gabriel Attal devra gérer une administration dense et plus d’un million de personnels. Avide de joutes politiques, il devra faire cohabiter ses nouvelles fonctions avec une éventuelle candidature à la mairie de Paris, en 2026.

Sur son futur bureau de l’hôtel de Rochechouart l’attendent un certain nombre de dossiers cruciaux : l’éternelle question du niveau des élèves, la gestion de la crise du recrutement des enseignants, la mise en place du «pacte» pour ces mêmes professeurs, les sujets brûlants des vacances scolaires et de la laïcité... Mais aussi le suivi de la réforme du baccalauréat ou encore l’instauration du SNU en classe de seconde dans certains lycées volontaires.

Le tout sous le regard plus qu’attentif d’Emmanuel Macron, qui a fait de l’école une des priorités de son second mandat et n’a pas hésité, durant l’année passée, à s’emparer directement des sujets éducatifs, reléguant Pap Ndiaye au second plan. Ce qui avait le don d’agacer les syndicats enseignants, désireux de voir un vrai «pilote» aux manettes Rue de Grenelle.

Pour autant, ces syndicats ne se montrent pas ravis du choix d’Emmanuel Macron et Élisabeth Borne. «Il va être difficile de faire confiance en celui qui incarne très fidèlement une politique macronienne ayant mis l'École en grande difficulté ces dernières années», a tweeté Élisabeth Alain-Moreno, la secrétaire générale du SE-Unsa. «Comme un air de déjà vu... Gabriel Attal sera là pour appliquer la politique de Macron, une politique contre les enseignants et contre l'école publique», a de son côté écrit Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.


Billet du 18 juillet

Plus que jamais fragilisé, le ministre de l’Éducation nationale pourrait sortir en cas de remaniement. Mais le choix de son successeur vire déjà au casse-tête pour Emmanuel Macron.

« La gauche s’est levée avant nous pour l’applaudir. Alors on s’est sentis contraint de le faire aussi », commente après coup un député Renaissance, pour trahir l’embarras des siens quand Pap Ndiaye a reçu ce mardi une ovation debout d’une partie de l’hémicycle. Quelques instants plus tôt, le ministre de l’Éducation nationale venait d’enfoncer le clou après ses propos tenus dimanche dernier sur Radio J contre le milliardaire Vincent Bolloré, sa chaîne CNews et sa radio Europe 1, devenues selon lui « clairement d’extrême droite ». Un pavé dans la mare qui a fait polémique jusque dans les rangs de la majorité et qui pourrait finir de sceller le sort d’un ministre déjà fragilisé depuis quelques semaines.

« Il a profondément déçu »

C’est un secret de polichinelle, Emmanuel Macron songe sérieusement à remplacer le locataire de la rue de Grenelle en cas de remaniement. « Il a profondément déçu, il n’est jamais parvenu à imprimer sa patte dans un ministère qui a pourtant besoin d’une incarnation très forte », tranche l’entourage du chef de l’État. Même si autour du ministre, on fait comme si de rien n’était : « Il est mobilisé sur la rentrée prochaine. Il ne se réveille pas chaque matin en pensant au remaniement, mais à ce qu’il peut faire pour les professeurs et les élèves. »

Lucide, Pap Ndiaye sait pourtant que cette année au gouvernement aurait pu être différente. « En arrivant ici, je pensais que la posture de l’intellectuel suffirait pour réussir, que je n’avais qu’à me concentrer sur mes propres dossiers pour avancer. Mais c’était une erreur. J’aurais aussi dû faire de la politique, c’est évident. J’ai trop négligé cet aspect », a-t-il récemment confié en privé.

Le député Sacha Houlié, un des rares à venir à son secours, résume l’affaire autrement : « Il a mené énormément de chantiers, comme la revalorisation des enseignants et la lutte contre les atteintes à la laïcité. En gros, on lui reproche de ne pas avoir communiqué sur ce qu’il a bien fait… c’est tout. » Alors que va faire Emmanuel Macron ? « Si le président change, il sera fortement tenté de faire entrer une personnalité politique, et pas issue de la société civile. L’école a besoin d’un retour à l’ordre, à l’autorité. C’est une priorité régalienne, qui plus est après les récentes émeutes », décrypte un soutien du président. « On a aussi un défi politique puisqu’on avait l’électorat enseignant en 2017… et on l’a perdu en 2022 », embraye une figure de la majorité.

Plusieurs noms dans la liste des prétendants

Ces derniers jours, plusieurs noms sont revenus dans la liste des possibles prétendants. Édouard Philippe, mais il a fermement récusé cette hypothèse. Bruno Le Maire également. En petit comité, le patron de Bercy n’arrête pas de réciter sa méthode « pour redresser l’Éducation nationale ». Sauf que, quand on lui demande s’il accepterait de relever le défi, la réponse est limpide : « Je n’en ai ni l’envie ni la vocation ! » Gabriel Attal figure aussi parmi les scénarios, « mais je ne suis pas sûr qu’il en ait envie », relève un homologue, en citant plus volontiers le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, ou la patronne du groupe Renaissance à l’Assemblée, Aurore Bergé.

À moins qu’une autre personnalité, dont le nom circule en coulisses ces derniers jours, ne retienne l’attention du président : Richard Ferrand, l’ancien patron de l’Assemblée nationale. « C’est un lettré, il vient de la gauche, et c’est un habile négociateur. Bref, il coche toutes les cases », relève un proche d’Emmanuel Macron. « Le côté costume trois-pièces avec montre de gousset qui rappelle le prof de CM 2 il y a quarante ans, ça peut plaire aussi », y va un autre. « Mais il n’y a aucune évidence, pour personne. C’est tout le problème », résume un Marcheur. Le casse-tête continue.
 
 
Source : Le Parisien

Voir aussi

 France — Le sort de Pap Ndiaye comme ministre de l’Éducation est-il scellé ? (m à j)

mercredi 19 juillet 2023

Radio-Canada : « Record historique de chaleur à Rome  ». Vraiment ?

Hier, Radio-Canada titrait que Rome avait connu une chaleur historique et que cela devait perdurer jusqu’à la fin du mois.

Le site officiel de l’Institut météorologique italien affichait les valeurs ci-dessous pour mardi (maximum de 40 °C) pour la station Urbe (centre). D’autres stations romaines donnent des valeurs maximales inférieures ou égales (Latina : 37 °C, Vigna di Valle : 37 °C, aéroport de Ciampino : 40 °C, aéroport de Fiumicino : 33 °C).

Observations à Rome (station Urbe) pour dimanche, lundi et mardi (avec un fond un peu plus clair)

Quant aux températures prévues, elles sont en baisse : 

Prévisions maximales : 38° C pour jeudi, 36° C vendredi, 34° C samedi, 36° C dimanche.

Il semble que certains quartiers de Rome auraient enregistré des températures de près de 43 °C, mais il ne s’agit pas à notre connaissance de mesures officielles dans des conditions précises (à l’ombre, entre 1,50 mètre et 2 mètres du sol, avec une sonde éloignée de surfaces artificielles qui risquent de réchauffer l’air comme celle de la façade de la pharmacie ci-dessus à Rome, etc.)

Notons que les villes sont des îlots de chaleur (elles sont plus chaudes que les campagnes environnantes) et qu’elles tendent à le devenir de plus en plus fortes avec l’urbanisation croissante (le béton, l'asphalte, les bâtiments vitrés captent la chaleur solaire) la densification et l’utilisation de la climatisation qui s'accroît. Or, Rome est une ville très « minéralisée » avec peu despaces verts. Il faut donc prendre les valeurs « historiques » du centre-ville de Rome — et de toute autre grande ville — avec un certain scepticisme.

Et puis quelle est la température maximale enregistrée à Rome ? Prenons une source (au-dessus de tout soupçon) comme Wikipédia.

On trouve en français :

« La plus haute température à Rome fut de 44,6 °C le

En italien, Wikipédia donne ces valeurs (pour la station « Urbe »). Le maximum enregistré est de 40,7 °C l’année passée. Pas de record battu apparemment.


Quant à Wikipédia en anglais, la page consacrée spécifiquement au climat de Rome (3 stations) ne note aucun record battu cette année. Mais la page plus générale sur Rome donne (sans préciser de station…) un nouveau record sur la foi d’un article de presse : « The highest temperature ever recorded in Rome was 41.8 °C (107,2 °F) on 18 July 2023. ». L’article en question ne donne aucune source, ne mentionne aucune station météorologique : « Temperatures in Rome hit 41.8 C on Tuesday ». Où ? Dans quelles conditions ? Pourquoi le site officiel de l’Institut météorologique n’indique-t-il que 40 °C pour la station « Urbe » à 15 h et 16 h le 18 juillet 2023 ?


Et qu’en est-il du 43 °C mentionné par la SRC pour mardi ? 

Voir aussi

Wall Street Journal : « Les journées les plus chaudes jamais enregistrées ? N’en croyez rien »

Éducation — Des symptômes d’écoanxiété présents chez près d’un jeune adulte québécois sur deux

(Le titreur de Radio-Canada — vos impôts à l’œuvre — a écrit  ILÔTS plutôt que ÎLOTS)

La société progressiste nous rend-elle malades ?

Hippopotames dans la Tamise, fermes vikings au Groenland : ces réchauffements climatiques qui ont déjà marqué l’Histoire

Climat — Désormais notre sort est scellé (Greta Thunberg 5 ans plus tard)

Crise climatique — Le Sahel reverdit

 

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Facebook censure Bjorn Lomborg pour avoir écrit que la hausse des températures sauve 166 000 vies/an

 

mardi 18 juillet 2023

La dérive immigrationniste de l'Église catholique

À rebours de la récente théologie du migrant qui salue les migrations de masse comme un levier pour édifier l'unité politique du genre humain, la tradition de l’Église catholique nous enseigne que "l’histoire de toutes les nations est appelée à entrer dans l’histoire du Salut" (Jean-Paul II)


Émission entière:

Rédacteur en chef culture à VA, critique cinéma et spécialiste de l’Église catholique, Laurent Dandrieu signe "Rome ou Babel, pour un christianisme universaliste et enraciné". Un essai qui remet le chrétien au centre du village. Laurent Dandrieu démontre, à l'appui de la doctrine de l'Église et d'auteurs chrétiens, que l'universalisme catholique est aujourd'hui largement dévoyé en un cosmopolitisme qui voudrait voir le genre humain unifié et les peuples mélangés tout en culpabilisant ceux qui s'accrocheraient à leur identité.

Voir aussi

L'Église catholique — pour qui sonne le glas ? (M-à-j)

Rome ou Babel : pour un christianisme universel et enraciné

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

 Le danger d'une morale hypertrophiée (selon Arnold Gehlen)

 « Un Dieu, trois religions »

Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux actuel

Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?

Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

« L’arrivée de Muhammad [Mahomet], au VIIe siècle, améliore la situation de la femme », mais « Les femmes [dans le catholicisme] ont une place importante, mais ne peuvent devenir prêtres. » in Le rôle des femmes dans les religions selon le livre ECR d’ERPI pour la 2e secondaire

Raad Salam Naaman : « España es el objetivo primordial del islam y de los musulmanes » (l’Espagne est un objectif primordial de l’islam et des musulmans