mercredi 4 décembre 2019

Greta Thunberg : le colonialisme, le racisme et patriarcat ont causé la crise climatique

Greta Thunberg a cosigné une tribune. Dans ce texte, les signataires — dont Greta Thunberg est la première — reviennent sur le réchauffement climatique : « la crise climatique ne concerne pas que l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Ce texte publié dans Project Syndicate identifie trois causes qui peuvent être à l’origine du réchauffement climatique, dont le racisme et le système patriarcal entre autres.


Des jeunes filles en colère

Cette action doit être puissante et de grande envergure. Après la crise climatique, il n’y a pas que l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Les systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons tous les démanteler. Nos dirigeants politiques ne peuvent plus se dérober à leurs responsabilités.

Certains disent que la conférence de Madrid n’est pas très importante ; les grandes décisions seront prises à la COP26 à Glasgow l’année prochaine. Nous ne sommes pas d’accord. Comme le prouve la science, nous n’avons pas un seul jour à perdre.


Source

Photo dans la famille Thunberg, notez le prix du mobilier :


Enquête PISA : des résultats qu’il faut savoir nuancer

Extraits d’un texte de Pedro De Bruyckere est pédagogue et chercheur postdoctoral à la Arteveldehogeschool, à Gand, et à l’université de Leiden, aux Pays-Bas, paru dans De Morgen en Belgique.

Fin du suspense : l’OCDE a publié les résultats de l’enquête PISA, mardi à 9 h. Durant l’année précédente, des jeunes de quinze ans issus des pays et régions partenaires ont rempli une batterie de tests et de questionnaires et, après des mois de traitement des données recueillies, nous avons enfin la première partie du verdict. Vient à présent le temps des conclusions [...] Qui succède à la Finlande, la Pologne et l’Estonie en tant que premier de classe ?

Toujours est-il qu’il est utile de garder certains éléments à l’esprit à la vue des résultats du PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves). Pour vous, mesdames et messieurs, j’en ai dressé le résumé.

Tout d’abord, le PISA ne mesure ni les objectifs finaux ni les programmes d’étude d’un pays donné. Tous les pays ont leur propre cursus, raison pour laquelle le PISA s’attèle plutôt à évaluer l’aptitude des étudiants à résoudre des problèmes. Concrètement : les élèves sont aux prises avec des problèmes qui peuvent être résolus de diverses manières, par exemple avec ou sans règle de trois, sans que cela ne soit précisé. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un test de connaissances.

Ce programme d’évaluation se penche non seulement sur les performances des élèves en mathématiques, en compréhension à la lecture, en sciences, en économie ou en compétences numériques, mais prend également en compte des facteurs tels que le nombre de cours particuliers dispensés au sein d’un pays ou d’une région, la propension des élèves à collaborer entre eux et l’enthousiasme avec lequel ils se rendent à l’école. Autant d’éléments de comparaison souvent négligés.

Le PISA établit en outre et avant tout des corrélations, et non pas des liens de causalité irréfutables. Voilà une idée fausse qui tend à se répandre et Andreas Schleicher en personne, homme fort du PISA, s’est lui-même fourvoyé alors qu’il dévoilait récemment les nouvelles grilles du programme. Dans une interview accordée au quotidien britannique The Times, il a déclaré que le fossé existant entre filles et garçons en matière de lecture aurait diminué, faisant un lien avec l’utilisation des réseaux sociaux. Or si le PISA permet de constater que les garçons utilisent plus ou moins les réseaux sociaux que les filles et de dresser le tableau des performances des deux sexes dans ce domaine précis, peut-il établir un lien de causalité entre les deux données pour autant ? Rien n’est moins sûr. De nombreux autres facteurs non pris en compte par l’étude PISA peuvent avoir joué un rôle sur les aptitudes en lecture des uns et des autres. Démontrer de réels liens de causalité à l’aide de chiffres issus du PISA est une mission pour le moins délicate.

La principale conclusion causale souvent tirée au moyen des données de l’étude PISA consiste à déterminer les politiques qui sont à l’origine de l’amélioration ou de la baisse des résultats. Indépendamment du fait que les performances scolaires peuvent avoir d’autres influences que la seule politique menée par une autorité — citons notamment les crises économiques et une immigration en hausse — nous avons tendance à nous focaliser à tort sur la politique actuelle d’un pays ou d’une région.

Or si la Finlande a obtenu d’excellentes notes au PISA au début du siècle, ce n’est pas grâce à la politique d’enseignement menée durant cette période. En réalité, ces résultats sont probablement le fruit des mesures prises par Helsinki au cours des deux dernières décennies du siècle passé. [Ou même avant voir « Les traits du système finlandais que copie l’étranger n’expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes » et La Finlande a perdu des places dans le classement PISA, elle essaie de se réformer (mise à jour). Les pédagogues occidentaux voulaient copier la Finlande « moderniste » mais se refusent à copier Singapour ou les pays asiatiques trop traditionalistes avec des enseignants qui ont un rôle de maître et non d'animateur de classe, une importance accordée aux connaissances transmises et non aux seules compétences et de grosses classes. Voir Singapour — Il est permis de copier.]

Transposer le système éducatif finlandais des années 2000 tel quel, comme d’aucuns se plaisent à le suggérer, n’est dès lors pas nécessairement indiqué. De fait, lors de la dernière édition de l’enquête PISA, la Flandre a obtenu de meilleurs résultats que la Finlande en mathématiques.

Les changements dans le domaine de l’enseignement sont longs à mettre en œuvre, et leurs effets tardent des années à se manifester. La Suède, il est vrai, a récemment montré comment dégrader un système éducatif en un court laps de temps, mais cet exemple est l’exception plutôt que la règle. [...]

Pour terminer, il convient de souligner que les discussions indispensables autour de l’enquête PISA ont eu lieu au cours de ces dernières années. Lors de l’étude précédente, des dizaines de scientifiques ont corédigé une lettre ouverte, s’interrogeant sur l’influence considérable [et parfois néfaste] de ce classement international sur les politiques d’enseignement à travers le monde.

[
Extraits de cette lettre ouverte  :
Bien que les tests standardisés soient utilisés dans de nombreux pays depuis des décennies (malgré de sérieuses réserves quant à leur validité et à leur fiabilité), PISA a contribué à une escalade de ces tests et à une dépendance considérablement accrue à l’égard des mesures quantitatives. Par exemple, aux États-Unis, PISA a été invoquée pour justifier le récent programme « Race to the Top », qui a augmenté l’utilisation de tests standardisés dans l’évaluation des élèves, des enseignants et des administrateurs. Tests qui classent et étiquettent les élèves, ainsi que les enseignants et administrateurs selon les résultats de tests largement connus pour leur imperfection (voir, par exemple, le déclin inexpliqué de la Finlande du sommet du classement PISA).

Dans le cadre de la politique de l’éducation, PISA, avec son cycle d’évaluation de trois ans, a provoqué une focalisation vers des solutions à court terme conçues pour aider un pays à grimper rapidement dans les classements, malgré les recherches montrant que les changements durables dans la pratique de l’éducation prennent des décennies, et non quelques années avant de de porter des fruits. Par exemple, nous savons que le prestige de l’enseignement en tant que profession a une forte influence sur [ou plutôt est fortement corrélé, sans nécessaire causalité, avec] la qualité de l’enseignement, mais ce statut varie fortement d’une culture à l’autre et n’est pas facilement influencé par les politiques à court terme.

En mettant l’accent sur un éventail restreint d’aspects mesurables de l’éducation, PISA détourne l’attention des objectifs éducatifs moins mesurables ou incommensurables comme le développement physique, moral, civique et artistique, réduisant ainsi dangereusement notre l’imagination quant à ce que l’éducation est et devrait être.
]

L’étude représente certes une source d’influence importante, mais il en existe d’autres. Citons par exemple le PIRLS (Programme international de recherche en lecture scolaire) pour la lecture, le TIMMS (étude internationale consacrée aux mathématiques et aux sciences), ou encore l’ICCS pour la citoyenneté [nous sommes plutôt inquiets qu’on essaie d’évaluer une matière idéologique comme la citoyenneté au niveau mondial...]. Ces indicateurs, auxquels s’ajoutent les études menées par nos propres autorités, nous permettent de prendre la température de notre enseignement. Il ne nous reste plus qu’à déterminer le degré de fièvre de celui-ci. Et les éditions précédentes du PISA ainsi que le PIRLS n’incitent pas forcément à l’optimisme.

mardi 3 décembre 2019

PISA 2018 — l'école française « est dans un état lamentable » ? (vidéos)



Une étude de l’Institut Molinari chiffre à 43 milliards les économies possibles si la France s’aligne sur les pays d’Europe les plus performants. On se demande souvent où les gouvernements pourraient réaliser des économies dans les dépenses publiques. En effet, dans chaque champ d’intervention de l’État, les moyens semblent manquer. Pourtant, les résultats obtenus dépendent tout autant de l’efficacité des politiques publiques menées que des moyens mis sur la table.



Dans une étude qui vient d’être publiée, l’Institut économique Molinari, un think tank libéral, montre que la France pourrait largement augmenter l’efficacité de son système éducatif au sens large. Si elle s’alignait sur les pays européens qui obtiennent les meilleurs résultats relativement aux dépenses engagées, elle pourrait économiser jusqu’à 43 milliards d’euros chaque année, soit 2 % du PIB ! Pour parvenir à cette conclusion, l’étude de l’Institut Molinari procède à trois comparaisons du système éducatif français par rapport à celui de ses voisins européens.



La France est l’un des pays de l’OCDE où le niveau des élèves dépend le plus de l’origine sociale, selon les résultats de l’enquête annuelle Pisa publiés mardi 3 décembre. Le sociologue François Dubet pointe la carte scolaire et le choix des familles qui cantonnent des élèves de même catégorie sociale dans les mêmes établissements.

Pourquoi le système éducatif français ne parvient-il pas à garantir une forme d’égalité des chances ?




Je crois qu’il y a d’abord des façons de regrouper les élèves qui, en France, sont particulièrement défavorables aux défavorisés. La carte scolaire et les choix des familles font que les élèves aux origines les plus modestes finissent par se retrouver entre eux dans les mêmes établissements. Et les élèves, surtout les élèves des catégories plus favorisées, se retrouvent aussi entre eux. Évidemment, le fait d’être avec des élèves plutôt faibles affaiblit le niveau moyen. C’est une sorte de loi. Et en même temps, comme la vie scolaire y est plus difficile, plus agitée, on constate que presque le tiers du temps scolaire est consacré à demander de rétablir de la discipline, ce qui fait que la manière de regrouper les élèves creuse considérablement les écarts. Cela tient aux inégalités spatiales, à la carte scolaire. Cela tient aussi au choix des familles qui fuient les écoles les plus difficiles et se regroupent ensemble. C’est une cause extrêmement lourde. […]

Il y a peut-être aussi à revoir le mode d’affectation des enseignants dans les établissements. On dit qu’il faut des équipes homogènes et soudées. Mais quand c’est un ordinateur qui nomme les enseignants, c’est quand même très difficile d’avoir des équipes homogènes !

On notera qu'aucun journaliste ne parle de la forte immigration peu choisie à Bruxelles, en France ou en Allemagne...

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« Sans les 15% de quartiers pourris qu'il y a en France nous serions classés numéro 1 dans PISA » (M-à-j)

Luc Ferrandez : demander à être euthanasier pour « raisons environnementales »...

L’aide médicale à mourir pourrait-elle s’étendre à ceux qui désirent ne pas devenir un « fardeau » pour la société ? C’est la question que s’est posé l’ex-politicien Luc Ferrandez, lundi matin.

« Pourrions nous, pour des raisons environnementales, sociales et économiques, décider que nous voulons recevoir l’aide à mourir pour ne pas constituer un fardeau pour notre famille et la société en général ? », écrit l’ex-maire du Plateau-Mont-Royal dans une publication Facebook, lundi.

M. Ferrandez souhaite uniquement « approfondir la discussion sur l’aide la mourir ».

« Est-ce immoral de poser cette question ? », s’interroge-t-il sur son compte personnel.

Publication Facebook de Luc Ferrandez suggérant l’aide médicale à mourir comme mesure pour l’environnement.

L’ancien élu cite la possibilité que le « fardeau » devienne une condition d’admissibilité pour la Loi sur l’aide médicale à mourir. Celle-ci se limite actuellement aux critères de souffrance et de mort prévisible du patient.

« Pour l’instant, la loi ne considère pas cette possibilité ou même une discussion visant à la prendre en compte », ajoute-t-il.

Plusieurs experts ont demandé la semaine dernière d’élargir le cadre législatif de cette mesure mise en place en 2016. Le gouvernement provincial ne se dit toutefois pas prêt à la repenser dans l’immédiat.

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Si euthanasier c'est « mourir dans la dignité »...

Euthanasie — Bing, bing, bing. Pente glissante droit devant.

Suicide assisté : décision disproportionnée de la Cour suprême dans ses effets prévisibles et potentiels ?


lundi 2 décembre 2019

Piémont (Italie) — promouvoir Noël et ses traditions dans les écoles pour renforcer l'intégration

« Promouvoir des crèches, des pièces de théâtre et des chants de Noël » : voici le résumé de l’invitation adressée par la conseillère pour l’éducation de la région, Elena Chiorino, à tous les directeurs d’école du Piémont (nord-ouest près de la France). Une demande qui, dans l'esprit de la conseillère de la région, vise à renforcer les traditions, la culture et l’identité du territoire, mais qui souhaite également être inclusive pour les enfants issus de milieux aux usages, coutumes ou croyances différents.

« Je crois, écrit Chiorino, que la récurrence annuelle de Noël et les traditions qui en découlent, telles que les crèches de Noël, l’arbre de Noël et les spectacles de Noël, constituent un élément fondamental de notre identité que la région piémontaise entend protéger et préserver. Nous ne pouvons et nous ne devons pas priver nos jeunes, en particulier nos jeunes enfants, de l’atmosphère et de la magie de Noël. Pour ceux issus d’autres réalités, c’est une occasion précieuse de connaître les coutumes et les traditions du pays et ainsi rendre plus concrète cette réalité et favoriser une intégration harmonieuse ».

La décision d’écrire aux écoles de tous les niveaux, s’est cependant heurtés à l’opposition des radicaux italiens de gauche : « Nous sommes confrontés à une junte — a déclaré le président Igor Boni — qui utilise les institutions à des fins de propagande et c’est tout. En parlant d’école, je donne à la conseillère un zéro pointé en laïcité. Sa lettre aux directeurs va de pair avec ceux qui utilisent des chapelets et crucifix et les brandissent comme des armes politiques. J’espère que les écoles du Piémont jetteront cette missive au recyclage.

Sources : ANSA et Il Fatto quotidiano

Le Monde et France Culture inventent une citation de Maurice Barrès à des fins idéologiques

Cette année Le Monde, Les Décodeurs du Monde et France Culture ont répété à leur public que le terme de grand remplacement avait une origine lointaine : l’écrivain Maurice Barrès, antisémite obsessionnel. Cette affirmation ne se base sur aucune source sérieuse et est démentie par un simple ctrl+F.

On comprend l’idée « Point Godwin » : un antisémite notoire aurait utilisé cette expression en parlant des Juifs avant la 2e GM, utiliser la même expression aujourd’hui ce serait « donc » préparer l’Holocauste nazi.




Pour faire la recherche dans L’Appel au Soldat : PDF ou HTML

Pour Radio-Canada, vos impôts à l’œuvre,

Le grand remplacement est l’idée voulant qu’un peuple « de souche » soit progressivement remplacé par une population qui lui est extérieure. « On retrouve cette idée partout dans l’histoire », rappelle Benjamin Ducol, chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada sur les conflits et le terrorisme ainsi qu’au Centre international de criminologie comparée et responsable de la recherche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. « On a trouvé des traces de cette pensée jusqu’au Moyen Âge, même si elle a été davantage établie et revendiquée, dans sa version moderne, par l’extrême droite à partir du début du 20e siècle. »

Il faut rappeler que c’est une idée sans fondement, qui repose sur des biais de perception erronés. Un peuple de souche ne peut pas être remplacé par un peuple extérieur, étant admis qu’un peuple n’ait jamais une identité fixe, ni établie dans le temps, ni figée. Il n’y a pas plus de Québécois de souche aujourd’hui qu’il y en avait il y a 100 ans.

Les Québécois de souche n’existent pas, c’est simple pour Radio-Canada. Les Amérindiens n’ont d’ailleurs pas été remplacés par les Européens en Amérique du Nord. C’est pourquoi des graphiques de ce genre n’ont sans doute aucun sens :


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Le déclin démographique des Canadiens français au Québec

Hongrie — 20% de mariages en plus en 2019 à la suite de la politique pro famille

Pour relancer la natalité, le Premier ministre hongrois avait décidé d’attribuer une aide de 30 500 euros (44.500 $ canadiens) à chaque couple qui se mariait avant le 41e anniversaire de la femme.

Se dirige-t-on vers un pic de natalité hongrois ? Selon l’agence de presse britannique Reuters, le nouveau programme nataliste du gouvernement hongrois semble avoir donné un nouvel élan au nombre de mariages dans le pays. Il est cependant trop tôt pour dire si les bébés suivront.

Fin juillet, pour éviter le déclin démographique qui mine son pays, le Premier ministre Viktor Orban avait annoncé un certain nombre d’avantages fiscaux pour favoriser les familles. Ainsi, depuis le milieu de l’été, un nouveau système offre aux couples qui se marient avant le 41e anniversaire de l’épouse des prêts subventionnés, pouvant atteindre 10 millions de forints, soit 30 500 euros. Un tiers de cette dette sera annulée si le couple a deux enfants et la totalité s’ils en ont trois. Selon le bureau central des statistiques (KSH), le nombre de personnes mariées a ainsi déjà augmenté de 20 % au cours des neuf premiers mois de cette année. Le nombre de mariages enregistrés est le plus élevé depuis 1990. Pour le seul mois de septembre 2019, la Hongrie a enregistré 29 % de mariage de plus que l’année précédente sur la même période.
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Plus tôt dans le mois, le gouvernement hongrois avait annoncé que plus de 50 000 couples avaient sollicité un tel prêt bonifié. Reste à savoir si les mariés de 2019 engendreront plus de bébés. Jusqu’à présent, le taux de natalité a légèrement diminué depuis le début de l’année, passant de 1,49 à 1,48 bébé par femme. Cette mesure s’inscrit dans la droite ligne de la politique anti-immigration de Viktor Orban, qui souhaite ainsi s’afficher en champion du redressement démographique d’un pays menacé par le vieillissement, et éviter un « grand remplacement ».

France — L'histoire à l'école, transmission ou propagande ?


jeudi 28 novembre 2019

France — échec du déboublement des classes de banlieues immigrées, sortir de la pensée magique sur l'école

Jusqu’où les nouvelles technologiques, et en particulier l’intelligence artificielle, pèseront-elles sur les métiers de demain ? Et surtout, comment adapter les formations et l’Éducation nationale devant ces bouleversements à venir ? La délégation sénatoriale aux entreprises s’est saisie de la question, en organisant ce 28 novembre une table ronde autour de différents acteurs. Parmi les profils retenus : le très médiatique chirurgien Laurent Alexandre, spécialiste de l’intelligence artificielle. Il n’a pas fait que déplorer l’insuffisance des budgets engagés, il a aussi tiré à boulets rouges sur l’école.

Le discours du scientifique, aux positions controversées, n’a pas failli à sa réputation de franc-parler. « Ce n’est pas politiquement correct et il n’est peut-être pas raisonnable de dire ça au Sénat », a-t-il prévenu d’emblée. « Plomin en Angleterre a montré que 64 % des différences de maîtrise de la lecture sont d’origine génétique et ne sont pas d’origine culturelles et environnementales comme on le pensait jusqu’à maintenant » Laurent Alexandre fait ici référence à une étude publiée en 2015 dans la revue Nature qui explique qu’environ 60 % des différences de résultats au bac britannique peuvent s’expliquer par des facteurs génétiques. Autrement dit, l’environnemental familial et culturel ne sont pas les premiers facteurs.

« Nous n’allons pas avoir de miracle »

Partant du constat de l’étude de Robert Plomin, Laurent Alexandre s’est engagé sur des perspectives très négatives dans le rattrapage français dans la course à l’innovation numérique. « Nous n’allons pas avoir de miracle pour compenser l’échec naturel de l’école et qui n’est pas de la faute de l’école ». Pour lui, aucune technologie « significative » n’est à notre disposition pour réduire les « inégalités intellectuelles ». « C’est un vrai problème dans une économie de la connaissance ».

Dénonçant la « pensée magique sur l’école » et appelant à « sortir des mensonges politiques en matière d’éducation », le chirurgien s’en est ensuite pris à ces « concepts tous plus foireux les uns que les autres ». « Tous codeurs, en imaginant qu’on allait permettre à tous les enfants d’apprendre le Python [un langage de programmation, NDLR] alors qu’il y a un enfant sur quatre ou sur cinq qui capable de faire du codage informatique. Le slogan “Tous codeurs” est aussi débile que tous astrophysiciens ou tous pilotes d’Airbus ou tous chirurgiens. C’est totalement irréaliste ».



Ces sombres perspectives et ce discours ont laissé quelques sénateurs et sénatrices sceptiques, voire pantois. « J’aurais aimé penser — mais je suis peut-être dans l’erreur, hein — que le fait de solliciter le cerveau humain dans l’apprentissage à apprendre, donc au niveau de l’éducation, pouvait le faire évoluer dans le bon sens », a réagi la sénatrice LR Catherine Fournier.

Le sénateur du groupe RDSE (à majorité radicale), Guillaume Arnell, s’est lui aussi montré gêné par le tableau dépeint par le scientifique. La réaction la plus virulente est venue du sénateur (communiste) Fabien Gay, pour qui le chiffre mis en avant par Laurent Alexandre est « extrêmement dangereux ». « Ça peut poser problème. Ce discours-là peut nous mettre face à une situation politique difficile. Je ne dis pas que nous sommes tous égaux […], mais vous vous arrêtez à la question génétique, mais vous ne dites pas qu’il y a aussi des aspects sociaux et culturels. Ça peut être laissé à interprétation. »

« On a caché l’échec des dédoublements des classes de CP », accuse Laurent Alexandre
Laurent Alexandre affirme avoir été « mal compris ». « La grandeur de l’humanité, c’est de casser les déterminismes génétiques et pas de les nier », martèle-t-il, appelant à investir « massivement » sur la recherche en pédagogie, comme la science l’a fait pour la recherche contre le cancer.

Plus tôt, il s’était également attaqué à la mesure phare du quinquennat en matière d’éducation : le dédoublement des classes de primaire dans les réseaux prioritaires d’éducation. « On a caché l’échec des dédoublements des classes de CP. Ça n’a fait progresser les enfants que de 0,07 et 0,13 écart-type. Ce n’est quasiment rien, malgré une dépense considérable. »

Des critiques que n’a pas laissées passer Charles Torossian, directeur de l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation, présent dans la salle. « Nous avons réduit de 8 % les élèves les plus en difficulté, de 12 % en maths. Ce n’est pas encore spectaculaire, mais laissez le temps aux mesures de s’installer », a répliqué ce représentant du ministère de l’Éducation nationale.

À quel prix ? Pourquoi uniquement en banlieue immigrée ?

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Pourquoi l’éducation jouerait un rôle moins important qu’on ne le pense (résumé notamment des travaux de Plomin).

« L’école forme des enfants qui vont être laminés par l’intelligence artificielle »

Très faible impact du dédoublement très coûteux des classes en « banlieues difficiles »

Trop d’enfants turbulents ou pénibles classés « précoces » ou « doués » ?



Belgique — 60 % des députés flamands contre l'allongement des délais de l'avortement, 90 % des députés francophones pour

En Belgique, 90 % des députés francophones votent en faveur de l’allongement des délais de l’avortement alors que 60 % des députés flamands sont contre et que deux sondages indiqueraient que 65 à 75 % de la population francophone est contre ce énième projet de loi.


On assiste à une forte mobilisation en Belgique contre le ixième projet de loi bioéthique de libéralisation totale de l’avortement porté par une majorité dite « progressiste » de 60 % du parlement tandis qu’une lettre de 750 médecins et soignants opposés au projet de loi vient d’être publiée.

Après deux premiers votes reportés en commission parlementaire en deux semaines, les partis opposés viennent de réussir à le reporter une nouvelle fois d’une semaine, voire de deux.

Le Centre d’Action Laïque, à la pointe du lobby proavortement

Derrière ce ixième projet de loi proavortement, le très puissant lobby du Centre d’Action Laïque (CAL) qui en fait une croisade depuis des années. https://www.abortionright.eu/

Le Roi Baudouin avait mis sa couronne en jeu en 1990 sur cette question.

Cette fois, le CAL a rassemblé une majorité dite « progressiste » de 60 % des voix (90 députés sur 150), familles communistes-socialistes-vertes-libérales du nord et du sud du pays, composée de :
  • D’une part, 90 % des 59 députés francophones, soit tous les partis hormis le CdH (ex-social-chrétien devenu « humaniste ») et l’un ou l’autre député MR (centre libéral).
  •  D’autre part, une minorité de 40 % des 91 députés néerlandophones. En effet, la majorité flamande constituée de la NV-A (centre droit nationaliste), du CD&V (chrétien-démocrate) et du VB (droite nationaliste) s’oppose au projet de loi. À noter que les 2 candidats à la présidence du CD&V se sont clairement exprimés contre ce projet de loi et en font une condition à leur entrée dans un gouvernement.

Ainsi, alors que le projet de loi n’est même pas encore voté, la RTBF qui ne cache pas son parti-pris diffuse déjà des sujets pour préparer les femmes à cette nouvelle loi. Hier soir encore, un « débat  cqfd » sur la RTBF avec deux invités pro-IVG et des questions non pas liées au projet de loi, mais à l’amélioration des techniques et à la prise de décision des IVG. Par contre, en Flandre, les médias se montrent plus sceptiques, reflétant leur majorité hostile à ce projet de loi.

Réaction d’experts en humanité et la lettre des 750 médecins et soignants

Fait historique en Belgique ce mardi 26 novembre : une lettre ouverte a rassemblé 750 signatures de professionnels de la santé en 4 jours et a été publiée dans la presse : 27 gynécologues, 45 professeurs d’université, médecins et personnel soignant. (Lettre publiée simultanément dans 2 grands quotidiens belges : francophone, La Libre, et néerlandophone, De Morgen).

Les « 750 » demandent une pause sur ce sujet, a fortiori en l’absence d’un gouvernement avec une majorité assise. D’ailleurs, le CAL profite explicitement de l’absence de gouvernement pour « enfin faire passer cette loi qui pourrait être bloquée par un des partenaires de la future majorité ».

Le texte dépénalise complètement l’avortement aussi bien pour les femmes que pour les médecins, allonge à 18 semaines le délai dans lequel un avortement peut être pratiqué et réduit à 48 heures le délai de réflexion. « À 18 semaines, nous nous trouvons face à un être humain déjà formé », affirment ces signataires dans une tribune libre publiée mardi par le journal La Libre. « À l’heure où médecins et éducateurs s’efforcent d’éduquer les jeunes en les encourageant à vivre une sexualité responsable — pour eux-mêmes et pour les autres — l’allongement du délai légal à 18 semaines envoie un signal contre-productif de déresponsabilisation et banalisation », ajoutent-ils.

Par ailleurs, des signes indiquent une forte différence entre le choix des partis francophones à 90 %  favorables au projet de loi et l’opinion publique (rappelons que l’élection n’a évidemment pas tourné autour de cette extension à l’avortement) :

  • 75 % des 1 600 votants d’un sondage RTL s’opposent à l’avortement à 18 semaines, 4,5 mois
  • 65 % des 7 783 votants sur la question du jour, le sondage de La Libre s’opposent à la nouvelle loi
Le député MR (Mouvement Réformateur, principal parti « de droite ») Michel De Maegd a prudemment retiré sa signature de la proposition de loi vendredi dernier pour temporiser

Les positionnements bioéthiques ne font cependant pas l’unanimité au sein des différents partis ayant déposé la proposition de loi.

La suite, une loi pour Noël ou pour le Carnaval ?

Le projet de loi est toujours en discussion à la commission de la chambre des députés. Une majorité le soutient, mais les opposants suscitent le nécessaire débat. Vers le 16 décembre, le projet de loi arrivera à la chambre. À ce moment, il suffira de l’accord de 50 députés sur 150 pour envoyer le projet à l’analyse du conseil d’État, ce qui prendra encore un peu de temps. D’ici là, peut-être aurons-nous un gouvernement belge ? Il se sera mis d’accord sur un programme commun. Il est possible que ce projet de loi ait été « avorté » dans ces négociations qui auront duré plus de 18 semaines si un des partis flamands opposés à cette extension est inclus dans cette coalition gouvernementale.

À noter l’éditorial de Francis Van de Woestyne (la Libre) qui dit notamment ceci :

Il est cependant regrettable que cette proposition (...) n’ait pas fait l’objet d’un très large débat entre parlementaires issus des dernières élections qui aurait permis, peut-être, de mieux cerner les enjeux éthiques, philosophiques, chirurgicaux de cette proposition. Aujourd’hui, le discours dominant impose l’idée que l’avortement est une intervention médicale ordinaire et que tout qui s’oppose à l’allongement du délai est, nécessairement, un conservateur, peu soucieux de l’intérêt des femmes. Ce serait une erreur de le croire. Car il ne s’agit pas, en l’occurrence, d’un simple débat entre le monde laïque et les catholiques. La société est ici face à un débat de civilisation qui touche à la définition même de l’être en devenir. L’argument avancé par les tenants de cette proposition, soulignant qu’en Grande-Bretagne le délai est de 24semaines, est partial. Plus de la moitié des pays européens ont fixé la limite à 12 semaines. Dans les centres prénataux, en Belgique et ailleurs, on sauve les prématurés de plus de 24 semaines... Cette question mérite un vrai débat de fond, sans caricatures, de part et d’autre.
Rappelons qu’au Canada, une femme peut avorter son enfant jusqu’à quelques instants de sa naissance puisqu’aucune loi ne restreint les délais de l’avortement.

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