jeudi 11 juillet 2013

David Suzuki : le Canada est plein, notre politique d'immigration est écœurante

À 77 ans, il est une icône du débat public national. Sa formation scientifique (génétique de la mouche du vinaigre), son talent de vulgarisateur à la télévision comme à la radio et son message écologiste à la mode ont fait de David Suzuki un des visages les plus connus au Canada. Dans un entretien avec le magazine français L'Express, David Suzuki s'est exprimé sur l'immigration au Canada :
« Oh, je crois que le Canada est plein aussi! Même si c'est le deuxième plus grand pays au monde, notre surface utile est réduite. Notre politique d'immigration est écœurante: nous pillons les pays du Sud en les privant de leurs futurs cadres et nous voulons augmenter notre population pour favoriser la croissance de notre économie. C'est dingue! »


David Suzuki en 1972 comparant les humains à des mouches du vinaigre et à des asticots





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samedi 6 juillet 2013

Les éoliennes et les surplus d'électricité risquent de faire augmenter le prix de l'électricité de 6%

La prochaine hausse de tarifs d'Hydro-Québec risque de faire mal, surtout à cause de l'achat de production éolienne qui s'ajoutera aux surplus d'électricité existants. L'augmentation que réclamera Hydro-Québec au début d'août dépassera probablement les 6%.

C'est ce qu'a calculé l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité (AQCIE), à partir des chiffres disponibles et des dossiers tarifaires précédents.

Son porte-parole, Luc Boulanger, présent lors du lancement de la consultation sur la prochaine stratégie énergétique, estime que la question des surplus d'électricité devrait être examinée en priorité, avant le développement d'autres filières comme le solaire ou les hydroliennes.

«On a déjà des surplus énormes qui nous coûtent une fortune», dit-il, déplorant encore une fois la décision du gouvernement d'acheter 800 mégawatts supplémentaires d'énergie éolienne.

Comme l'an dernier, c'est l'achat de production privée, surtout de source éolienne, qui fera augmenter les tarifs à partir d'avril 2014. À elle seule, cette dépense se traduit par une augmentation de 2,7% des coûts d'Hydro-Québec Distribution.

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Les éoliennes coûtent un milliard aux Québécois

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Ex-ministre Brassard : Québec exploitera-t-il le gisement Old Harry ou laissera-t-il Terre-Neuve seule le faire ?

Les énergies vertes : un tonneau des Danaïdes

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne à l'école comme ailleurs



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vendredi 5 juillet 2013

Moins de liberté scolaire, mais hausse importante des taxes scolaires

Si les parents ont de moins en moins leur mot à dire dans l'éducation de leurs enfants, comme le démontre la controverse sur le programme ECR et la mise au pas des écoles dites privées qui doivent mettre en œuvre la pédagogie et le programme précis des sujets obligatoires (quasiment tous) décidés par le Monopole de l'Éducation, ils doivent payer de plus en plus pour un secteur public qui perd de son lustre.

Alors que la moyenne des contribuables verront leurs taxes scolaires augmenter de 25 %, certains d’entre eux découvriront avec stupeur qu’ils subiront une hausse allant jusqu’à 68 % de leur facture de 2013.

La Coalition avenir Québec (CAQ) dénonce ce bond de taxes « qui n’a pas sa raison d’être » dans la plupart des 72 commissions scolaires. « Cette hausse est injustifiée. Nous disons au gouvernement, obliger les commissions scolaires à puiser dans leurs surplus d’abord », a dit Nathalie Roy, la députée caquiste de Montarville.

La CAQ a mis en ligne un site web www.taxescolaire.com, qui contient une carte interactive fournissant aux propriétaires des données sur leur commission scolaire. Elle espère que les contribuables seront nombreux à se plaindre.



D’une main à l’autre

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait annoncé lors du discours du budget de l’automne 2012 qu’il planifiait de récupérer les 150 millions $ versés aux commissions scolaires. Il leur donnait alors le choix de puiser leur manque à gagner à même leur surplus accumulé ou de hausser les taxes.

Le ministre abolissait alors le programme temporaire de péréquation additionnelle adopté en octobre 2006, où le gouvernement accordait à une commission scolaire un rabais fiscal allant de 2 à 12 cents, sur un compte de taxes maximum à 35 cents du 100 $ d’évaluation foncière. Si le secteur connaissait un boom immobilier, la réduction était encore plus importante.

Par exemple, sur la rive nord de Montréal, pour une propriété évaluée à 255 000 $, un résidant de Bois-des-Filion dont le compte de taxe s’élevait à 789 $ profitait d’un rabais de 315 $, tandis qu’un propriétaire de Sainte-Thérèse ne voyait sa facture réduite que de 178 $.

À compter de l’année d’imposition 2013-2014, toutes les villes d’une même commission devront payer le même montant, pour la même valeur de propriété. Le contribuable de Bois-des-Filion verra donc sa facture scolaire augmenter de 43 % alors que celui de Sainte-Thérèse paiera 10 % de plus.

Les surplus, une fausse cagnotte

Pendant que le gouvernement du Québec estime que les surplus budgétaires des commissions scolaires s’élèvent à 247 millions $, les commissions scolaires répliquent que ces surplus sont intouchables.

« Ce sont des surplus fictifs, des budgets résiduels des services éducatifs et des écoles. Si on va puiser là-dedans, on vient hypothéquer les services aux écoles », a affirmé Richard Flibotte, vice-président de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Le porte-parole ajoute que les commissions scolaires ont fait leur travail et que globalement, elles se sont imposées 360 millions $ de réduction de dépenses depuis 2011.

« On a appliqué un plan de compression extrême. À notre commission scolaire, nous dépensons seulement 3,9 % de notre budget en frais d’administration générale. Je mets au défi quiconque de trouver dans le privé un taux inférieur à 10 % pour l’administration. Aller plus loin, c’est couper dans l’os », a ajouté Daniel Trempe.

Pour ce carnet, il faudrait se pencher sur ces calculs et voir si, dans le public, certains frais sont en fait payés par d'autres structures et ventilés par exemple entre le ministère, les écoles ou d'autres structures qui ne sont pas disponibles pour l'école privée.

Entretemps, la liberté scolaire des parents diminue : imposition sans exception du controversé cours d'ECR, imposition à l'école privée sous tutelle du programme et de la pédagogie décidés par les fonctionnaires du Monopole de l'Éducation.

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Limitation de la liberté des parents : Loyola — La Cour suprême du Canada entendra la cause

Hausse des coûts :
Syndicats satisfaits : taux du nombre d'élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu'en 2015

lundi 1 juillet 2013

Le comité d'éthique vient de se prononcer majoritairement contre l'euthanasie et le suicide assisté

C'est en France. Le Parti socialiste français veut faire accepter l'euthanasie comme son pendant socialiste d'ici, le Parti québécois.

Mais, en France, il existe des contre-pouvoirs et moins d'unanimisme (« la culture du consensus québécoise »).

C'est pourquoi le Comité consultatif national d'éthique français vient de se prononcer majoritairement contre l'euthanasie et le suicide assisté. Un avis très attendu, sollicité par le président de la République. Le comité souhaite que la loi Leonetti soit mieux appliquée. La Loi Leonetti a pour objet d'éviter les pratiques d'euthanasie, et d'empêcher également l'acharnement thérapeutique (qualifié d'« obstination déraisonnable » dans le traitement des malades en fin de vie). Il permet ainsi au patient de demander, dans un cadre défini, l'arrêt d'un traitement médical trop lourd.

Le président socialiste français François Hollande avait posé trois questions au Comité consultatif national d'éthique (le CCNE).
- Comment rendre dignes les derniers moments d'un patient dont les traitements ont été interrompus ?

- Comment appliquer les directives anticipées qu'a pu rédiger ce patient ?

- Quelles pourraient être les modalités strictes qui accompagneraient un patient conscient, autonome, et souhaitant mettre un terme à sa vie ?
Légaliser l'euthanasie ?

Sans en employer les mots, il posait donc la question : faut-il à l'instar d'autres pays comme la Belgique, les Pays-Bas et bientôt semble-t-il le Québec, légaliser l'euthanasie ? Permettre à des médecins de donner la mort ? Par le passé, le CCNE qui réunit des représentants de toutes les familles de pensée, s'est déjà exprimé sur cette question. Sans jamais donner la même réponse.

En 1991, il se prononçait contre toute légitimation « de l'acte de donner la mort ». Dix ans plus tard, il acceptait l'idée « d'une exception d'euthanasie ». Aujourd'hui, en majorité, les membres du comité ont souhaité ne pas modifier la loi Leonetti adoptée en 2005. Une minorité a émis un avis contraire.

L'interdit maintenu

L'actuelle loi refuse avant tout l'acharnement thérapeutique, quand le patient, à bout de traitements, est manifestement au terme de sa vie. Alors les médecins, en accord avec le patient lui-même s'il est conscient, avec ses proches, acceptent de le « laisser mourir ».

Mais « laisser mourir » n'est pas « faire mourir ». L'interdit est maintenu. De même que l'assistance au suicide n'est pas légalisée.

En revanche, le Comité d'éthique émet six recommandations pour que la loi soit réellement appliquée. Trop de patients sont encore abandonnés à leurs souffrances physiques et morales. « Il faut cesser cette indignité », écrit son président Jean-Claude Ameisen. Les soins palliatifs pour les patients en phase terminale, y compris à domicile, doivent être accessibles à tous. Avec notamment « la sédation profonde », qui plonge le malade dans une sorte de coma.

Passant outre, les socialistes...

Nonobstant cet avis défavorable, le socialiste François Hollande n'a retenu que ce qu'il voulait bien et a annoncé :
« Le Comité national d'éthique a souhaité avoir un débat national, c'est également ma démarche ». « Au terme de ce débat, il y aura, sans doute à la fin de l'année, un projet de loi qui sortira, fort de ce qui aura été dit et précisé à l'occasion de cette réflexion. »

Ce projet de loi
« complétera et améliorera la loi Leonetti qui est déjà un premier pas dans la direction qui est celle de la dignité humaine ». Comme au Québec, on veut imposer ce pas qui complètera les soins palliatifs par une euthanasie vue comme « digne ».
Rappelons que les opposants à l'euthanasie considère que ce qui est digne c'est la personne humaine, même chez un très grand malade, pas son euthanasie. Comme le documentaire ci-dessous le montre, c'est de moins en moins la souffrance qui est insupportable et indigne, alors que la gestion de la douleur physique est de plus en plus perfectionnée, mais c'est la sénescence, le fait de vieillir, de ne plus avoir d'avenir qui devient une douleur psychique et morale de plus en plus « indigne ». On risque alors de glisser de plus en plus au suicide assisté qui contraint des tiers, des médecins, de participer à ce suicide.
 
 


Il y a tout juste dix ans, les Pays-Bas puis la Belgique dépénalisent l'euthanasie, lançant ainsi un processus de plus en plus à la mode 
 



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vendredi 28 juin 2013

Canada — aborder des questions susceptibles d'exposer à un potentiel mépris n'est plus punissable

Nous n'avons pas trouvé de nouvelles en français sur ce sujet dans les médias conformistes. Pourtant les parties abrogées avaient conduit à un scandale important relayé uniquement par la presse anglophone du pays.

Un député de l'Alberta a réussi dans sa tentative d'abroger une partie de la Loi canadienne sur les droits de la personne considérée par les défenseurs de la liberté d'expression comme un bâillon envers toute opinion dissidente.

La Loi canadienne sur les droits de la personne en abrogeant l'article 13 afin d’assurer qu’il ne soit pas porté atteinte à la liberté d’expression protégée par la Charte canadienne des droits et libertés.

Le Sénat a lu en troisième et dernière lecture mercredi soir le projet de loi C-304 qui abroge l'article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne, une loi qui avait été utilisée, entre autres choses, pour attaquer la publication par Ezra Levant, alors rédacteur en chef du Western Standard, des caricatures danoises de Mahomet et les écrits de Mark Steyn, chroniqueur à l'époque de Maclean's. Dans les termes du député Storseth, cette loi était nécessaire afin d’assurer qu’il ne soit pas porté atteinte à la liberté d’expression protégée par la Charte canadienne des droits et libertés.

L'été dernier, le projet de loi Storseth est passé à la Chambre des communes lors d'un vote libre. C'était mercredi le tour du Sénat, il a obtenu le même jour la sanction royale et l'article 13 est désormais abrogé.

L'article 13 disposait que

Propagande haineuse

13. (1) Constitue un acte discriminatoire le fait, pour une personne ou un groupe de personnes agissant d’un commun accord, d’utiliser ou de faire utiliser un téléphone de façon répétée en recourant ou en faisant recourir aux services d’une entreprise de télécommunication relevant de la compétence du Parlement pour aborder ou faire aborder des questions susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable sur la base des critères énoncés à l’article 3.

(2) Il demeure entendu que le paragraphe (1) s’applique à l’utilisation d’un ordinateur, d’un ensemble d’ordinateurs connectés ou reliés les uns aux autres, notamment d’Internet, ou de tout autre moyen de communication semblable mais qu’il ne s’applique pas dans les cas où les services d’une entreprise de radiodiffusion sont utilisés.

(3) Pour l’application du présent article, le propriétaire ou exploitant d’une entreprise de télécommunication ne commet pas un acte discriminatoire du seul fait que des tiers ont utilisé ses installations pour aborder des questions visées au paragraphe (1).

Voir notre dossier

Projet de loi fédérale C-304 visant à abroger des sections liberticides de la Loi

Extirper l'hérésie et le blasphème

Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » 

Mark Steyn — Du danger de l’indolence dans les sociétés contemporaines




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jeudi 27 juin 2013

La réforme pédagogique vue par les réformés

« Les Réformés, c'est nous: quatre finissants du collégial qui avons commencé notre parcours scolaire en 1999. C'est lors de cette année qu'une réforme majeure de l'éducation a été implantée. Très tôt, le Renouveau pédagogique s'est attiré les foudres des médias et de la population. Compétences transversales, pédagogie par projets, nouveaux bulletins: le public n'y comprenait absolument rien. Dès lors, notre génération est devenue victime de l'étiquette "Réformés". Au terme de notre parcours collégial, nous posons un regard interrogatif et rétrospectif sur notre propre éducation d'où elle vient et où elle nous mènera. »




On pardonnera aux jeunes encore récemment captifs du Monopole de l'Éducation nationale de réciter au début de la vidéo le chapelet dûment appris sur la Grande Noirceur et la Révolution tranquille.

Pour reprendre les propos de Vincent Geloso :
En fait, on observe même des signes indiquant que le rattrapage [dans la scolarité] du Québec a ralenti pendant et après la Révolution tranquille. Alors qu’il affichait un taux de participation aux études universitaires des 15 à 24 ans supérieur à celui de l’Ontario à partir de 1955, ce n’est plus le cas après 1964, alors que la participation commence à tirer de l’arrière, tant par rapport à l’Ontario qu’aux autres provinces.

Entre 1951 et 1961, la proportion des Québécois de 15 ans et plus qui détenaient un diplôme universitaire avait augmenté plus vite qu’ailleurs au Canada. En fait, cette proportion atteignait 98 % du niveau observé dans le reste du Canada en 1961 — c’est-à-dire que le Québec était virtuellement à parité avec le reste du pays.


[...]
Toutes choses étant égales par ailleurs, plus les écoles sont autonomes et que les parents ont un mot à dire dans les activités de celles-ci, plus la performance scolaire et la qualité de l’éducation augmentent.

En contrepartie, les régimes où l’État centralise davantage, contrôle le programme scolaire et bureaucratise le domaine de l’éducation sont marqués par des résultats décevants au titre de la performance et de la qualité.

Entre 1945 et 1960, l’État québécois intervenait très peu dans le domaine de l’éducation. Les écoles étaient largement autonomes et les parents avaient une influence importante sur le parcours scolaire de leurs enfants.

Après 1960, c’est l’inverse qui se produit : l’État intervient lourdement à tous les niveaux — des portes de la garderie jusqu’à la sortie de l’université. Et les résultats sont conformes à la théorie : lorsque l’État intervenait peu, un rattrapage s’observait, et quand il s’est mis à intervenir, il y a eu ralentissement.

Voir aussi

Études sur la réforme pédagogique : « plus de mal que de bien », portrait sombre

L’État a-t-il vraiment fait progresser l’éducation au Québec ?

Polémique autour d'un examen de français au rabais

Québec — Examen de français au rabais en secondaire V ?

Du Grand Rattrapage au Déclin tranquille : déboulonner la prétendue Révolution tranquille

Baisse relative du nombre de diplômés par rapport à l'Ontario après la Grande Noirceur

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

Le constructivisme radical ou comment bâtir une réforme de l'éducation sur du sable

Relativisme, déracinement et constructivisme, visiblement les critiques turlupinent les pères du cours ECR

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages d'un cahier d'ECR)





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Recul du français comme langue de travail au Québec et à Montréal

Le bilinguisme croît de plus en plus
dans les seules régions francophones
Le français est un peu moins utilisé comme langue de travail au pays que par le passé - y compris au Québec où la langue de Molière a enregistré un léger recul.

Le rapport de Statistique Canada (PDF)

Selon le dernier volet de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) , 81,7 % des Québécois ont déclaré parler français au travail « le plus souvent », 6,6 % « de façon régulière » et 5,5 % « à égalité avec l'anglais ».

Si l'on compare avec les données compilées lors du recensement de 2006, les Québécois sont un peu moins nombreux à parler principalement en français sur leur lieu de travail, et un peu plus à l'utiliser à égalité avec l'anglais.

Jean-Pierre Corbeil, de Statistique Canada, insiste sur le fait que la langue de travail - contrairement à la langue maternelle des nouveaux arrivants - est un indicateur généralement très stable.

« Il faut comprendre que l'évolution de la dynamique linguistique à l'extérieur du foyer est quelque chose qui évolue très lentement. Donc, d'un recensement à l'autre, où du recensement de 2006 à l'enquête de 2011, on peut noter de légères fluctuations« », a-t-il expliqué en entrevue.

ll a remarqué une baisse de l'utilisation unique du français chez les francophones, mais aussi de l'utilisation unique de l'anglais chez les anglophones du Québec.

« Ce qui est clair, c'est que la plus grande propension des immigrants à utiliser le français au travail, au Québec en particulier, vient compenser d'une certaine façon l'utilisation accrue des deux langues chez les francophones et chez les anglophones« », a-t-il noté.

Pour l'ensemble du Canada, l'anglais demeure largement dominant au bureau, utilisé par 84,7 % de la population. Entre 2006 et 2011, l'utilisation du français a légèrement décliné pour l'ensemble du pays, de 25,7 % à 25,3 %.

Le recul du français s'observe par ailleurs à Montréal. Le français comme langue principale au travail s'établit à 71,8 % dans la métropole québécoise, alors qu'il était à 72,2 % il y a cinq ans. En outre, on y utilise également davantage les deux langues officielles à égalité.

Aux yeux de M. Corbeil, cela s'explique par l'accueil d'un grand nombre d'immigrants, d'une vitalité économique et du statut « international » de la ville. On peut cependant douter de certaines de ces raisons : Montréal connaît-elle en 2011 une vitalité économique supérieure aux années 2000 ? A-t-elle un statut « international » plus grand depuis lors ?

Une modeste baisse de l'utilisation du français au travail s'observe également dans la région d'Ottawa-Gatineau, à Moncton, et dans le Grand Sudbury.

Source : Presse canadienne

Voir aussi

La langue de travail au Québec - Le bilinguisme prend le pas sur le français

Bock-Côté : « à Montréal, les francophones ont droit à un accommodement raisonnable »

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Élèves de l'école publique à Montréal : le français perd du terrain depuis 1998 tandis que l'anglais demeure stable





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mercredi 26 juin 2013

Les ratés des communicants du Monopole de l'Éducation

Carl Bergeron revient sur les ratés des communicants du Monopole de l'Éducation (ainsi que de Radio-Canada et la mairie de Montréal).

Il y a d’abord eu le cafouillage du programme collégial « Arts et lettres », que les communicants au pouvoir à Québec ont cru nécessaire de rebaptiser « Culture et communication ». Par la voix de leur porte-parole, le ministre de l’Éducation, dépêché dans tous les médias pour défendre l’indéfendable, ils ont laissé dire au peuple que ce changement de nom ne changeait presque rien sur le fond. Très bien. Alors, pourquoi faire l’effort d’un changement de nom ? Un conseiller pédagogique proche du dossier a lâché au Devoir : « Le mot lettres, ça faisait vieilli ». Il s’agissait, en somme, de rafraîchir la « marque » du programme et de la « repositionner » auprès des « jeunes ».

[...]

La bonne nouvelle malgré tout est l’ironie avec laquelle, pour une fois, l’opinion publique a accueilli les manœuvres des communicants, qu’elle ne conteste d’ordinaire à peu près jamais.

La modification du nom du programme « Arts et lettres » a suscité l’indignation et a dessillé les yeux du public sur l’alliance objective entre les communicants et les « pédagogistes », du nom de ces fonctionnaires du ministère de l’Éducation qui fabriquent en coulisses, depuis de trop nombreuses années, les réformes byzantines que l’on sait. Le public a bien compris que le changement de nom n’était pas innocent et dérivait d’un esprit qui s’opposait à la culture, autrement dit aux fondements de l’éducation. D’ailleurs, dans le nouveau programme, on ne parle déjà plus « d’œuvre » mais « d’objet culturel ».

[...]

Éducation, service public d’information et vie politique : trois piliers de la société, où, semble-t-il, le communicant continue d’imposer sa loi. Il n’y a pas de hasard.

Le communicant triomphe au milieu du confort et de l’indifférence. Mais il suffit que la communauté politique traverse une crise profonde et exige de lui de l’intelligence et de la résolution dans les actes pour que son impuissance se dévoile.

Il célèbre l’aura et la beauté de la jeunesse, mais sans consentir à ce qu’elle peut avoir de tragique : sourd à son appel moral profond, il la récupère au profit de l’hédonisme marchand le plus cynique. Il est le prêtre d’une religion civile de bazar qui n’est pas sans rapport avec « la fin de l’Histoire » et un certain matérialisme désenchanté, balisé, d’un côté, par les protections doucereuses de l’État-Providence et, de l’autre, par l’appétit insatiable du capitalisme post-industriel.

Sa psychologie répond à un drôle d’état d’esprit fait de jeunisme, de carriérisme et d’autocensure, composé peu original qui a fini, contre toute raison, par s’imposer comme le symbole du raffinement mondain et médiatique. Dans cet univers, on ne nomme pas les choses, on les embrume ; on ne s’adresse pas au peuple, on parle à des « clientèles » ; on n’a pas des vocations, mais des plans de carrière. On n’y brille qu’à la condition d’être fade.

Or, la société n’est pas qu’un marché à séduire ou une clientèle à flatter. Elle est une communauté de sens à qui il arrive, dans de graves moments de crise, de prendre une soudaine conscience de sa vulnérabilité et de sa valeur. Elle comprend alors d’un seul coup, sans qu’il soit besoin de le lui expliquer, qu’elle ne peut plus se permettre, sous l’influence du communicant : d’enseigner indéfiniment l’ignorance à ses enfants (plus la méconnaissance de l’histoire et de la langue est grande, plus le règne du communicant est fort) ; de sacrifier le nom de ses plus grandes institutions sur l’autel de la publicité ; ou encore, de remettre ses destinées entre les mains de politiciens qui ne savent pas ce qu’ils font.

Elle comprend que le communicant, derrière ses airs de séducteur vaguement inoffensif, est en fait un ennemi public.





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mardi 25 juin 2013

Date provisoire de l'audience Loyola en Cour suprême du Canada


1.     La date de l'audience de l'affaire opposant l'école secondaire Loyola au Monopole de l'Éducation du Québec est prévue pour le 23 avril 2014.




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lundi 24 juin 2013

Discrimination positive : victoire partielle d'une étudiante blanche américaine

Devant la Cour suprême à Washington, la plaignante, Mlle Fisher,
désormais diplômée d'une université de Louisiane,
 après avoir été refusée par l'université du Texas.
La Cour suprême des États-Unis a accordé une victoire partielle aujourd'hui aux opposants de la discrimination positive (« action positive » selon l'OQLF) à l'université, en renvoyant devant la justice inférieure l'appel d'une étudiante blanche qui s'était plainte d'avoir été rejetée en raison de la couleur de sa peau.

La Cour d'appel du 5e circuit, au Texas, « doit estimer si les avantages accordés par l'Université étaient appropriés », a écrit la haute Cour dans son arrêt pris à la quasi-unanimité. « Il faut encore que la justice détermine si le système d'admission (à l'université) est appliqué de manière transparente », a-t-elle ajouté, avant d'annuler la décision de justice inférieure.

La Cour d'appel du Texas avait donné raison à l'université du Texas et estimé que la jeune fille blanche n'avait pas été discriminée par une politique de quotas favorisant l'accès des minorités raciales à l'université.

Après huit mois de délibérations, la haute Cour s'est décidée par sept juges contre un, le neuvième, la juge Elena Kagan s'étant récusée en raison d'un conflit d'intérêts dans cette affaire lié à ses précédentes fonctions.

Victoire partielle, le concept de « diversité » défendu

Pour la Cour suprême des États-Unis, la Cour d'appel « doit s'assurer qu'aucune autre (politique) neutre au niveau racial ne soit réalisable », a écrit le juge Anthony Kennedy pour la majorité de la Cour.

« Il faut encore que la justice détermine si le système d'admission (à l'université) est appliqué de manière légitime », a-t-il encore déclaré.

En attendant un nouvel arrêt de la Cour d'appel, la Cour suprême accorde ainsi une victoire temporaire aux opposants de la discrimination positive à l'université.

La décision de la Cour suprême est une victoire partielle pour les opposants à la discrimination positive à l'université, même si la haute Cour n'est pas revenue sur sa décision de 2003 Grutter c. Bollinger en vertu de laquelle les quotas raciaux ne violeraient pas la Constitution.

Elle rappelle que « la diversité du corps étudiant est un principe fondateur de l'État qui peut justifier le recours à la race dans les admissions à l'université » mais ajoute que « la race ne peut être considérée tant que les procédures d'admission ne sont pas passées au crible ».

Le ministre de la Justice, Eric Holder, s'est félicité de cette décision qui reconnaît « le principe fondateur du gouvernement d'assurer la diversité dans l'éducation supérieure. L'intérêt pour l'éducation de la diversité est crucial pour l'avenir de ce pays », a dit ce haut responsable afro-américain de l'administration Obama.

« Comme la Cour l'a reconnu à plusieurs reprises, l'inscription diversifiée d'étudiants favorise la compréhension, aide à casser les stéréotypes raciaux, aide les étudiants à mieux comprendre les gens de différentes races et prépare tous les étudiants à réussir et finalement à conduire une main d'œuvre et une société de plus en plus diversifiées », a-t-il ajouté

Pour le juge Clarence Thomas, la discrimination positive est comparable à la ségrégation

Dans une fougueuse opinion concordante au jugement de la Cour suprême Clarence Thomas (ci-contre) a déclaré que la politique d'admission de l'Université du Texas à Austin constituait une discrimination. Il a également comparé ce programme de discrimination positive à l'esclavage et à la ségrégation.

« Les propriétaires d'esclaves faisaient valoir que l'esclavage était une « bonne chose », car il permettait de civiliser les Noirs civilisés et de les élever dans toutes les dimensions de la vie », écrit le juge Thomas dans son opinion annexée à l'arrêt Fisher c. Université du Texas à Austin. « Un siècle plus tard, les ségrégationnistes affirmeront de même que la ségrégation était non seulement bénigne, mais avantageuse pour les étudiants noirs. »

Le juge Thomas cite dans son opinion l'affaire Brown c. Board of Education, un arrêt historique de la Cour suprême en 1954 qui a mené à la déségrégation des écoles publiques, en comparant la ségrégation et la discrimination positive.

« Suivant ces précédents de mauvais augure, l'Université voudrait nous faire croire que sa discrimination est également bénigne. Je pense que la leçon de l'histoire est assez claire : la discrimination raciale n'est jamais bénigne », écrit-il dans son opinion de 20 pages. « Les bonnes intentions professées par l'université ne peuvent excuser sa discrimination raciale pure et simple, pas plus que de bonnes intentions ne justifiaient les arguments désormais discrédités des esclavagistes et des ségrégationnistes. »

Discrimination positive contre-productive

S'appuyant sur les travaux de l'économiste notre Thomas Sowell, notamment Affirmative Action Around the World (2004), le juge Clarence poursuit :
« En outre, la discrimination de l'Université n'augmente en rien le nombre de Noirs et Hispaniques qui ont accès à une éducation post-secondaire en général. Au contraire, la discrimination de l'Université suscite un effet omniprésent de déplacement. L'Université reçoit des étudiants des minorités qui, autrement, auraient fréquenté des collèges moins sélectifs, mais où ils auraient été de bons étudiants mieux adaptés à la formation. Mais, en raison de cette mauvaise sélection, de nombreux Noirs et les Hispaniques qui auraient pu exceller dans les écoles moins sélectives sont placés dans des conditions qui ne peuvent qu'entraîner la sous-performance puisque leur formation scolaire préalable est moins bonne que celle de leurs concurrents blancs et asiatiques.

Mis à part les dégâts que ceci peut causer à la confiance en soi de ces élèves dépassés, il n'existe aucune preuve qu'ils apprennent plus à l'université que ce qu'ils auraient appris dans d'autres établissements pour lesquels ils sont mieux préparés. En fait, il se  pourrait qu'ils apprennent moins. »


La discrimination positive pour l'économiste Thomas Sowell

Dans son ouvrage Affirmative action around the Word publié en 2004 et que cite le juge Clarence Thomas, Thomas Sowell analyse les effets précis des politiques de discriminations positives en Inde, en Malaisie, au Sri Lanka et au Nigéria, quatre pays à la longue histoire multiethnique et puis les compare avec l'histoire récente des États-Unis à cet égard. Il constate que « Ces programmes ont eu, au mieux, un impact négligeable sur les groupes qu'ils étaient censé aider. »

Pour Sowell, lui-même Noir américain, ces politiques risquent fort d'être perpétuelles : « Les gens sont différents — et cela depuis des siècles... Toute politique « temporaire » dont la durée est définie par un but qui consiste à parvenir à quelque chose qui n'a jamais été atteint auparavant, peu importe le pays, devrait plutôt être qualifiée d'éternelle. »

À la lumière de l'étude comparative de ces cinq pays, on peut résumer les conséquences les plus fréquentes des politiques de discrimination identifiées par Sowell de cette façon :
  • Elles encouragent les groupes non privilégiés à s'identifier aux groupes privilégiés (c'est plus facile pour les métis) pour profiter des politiques de discrimination qui favorisent ces groupes;
  • Elles ont tendance à ne bénéficier essentiellement qu'aux plus fortunés parmi les groupes discriminés (par exemple les millionnaires noirs), souvent au détriment des plus démunis parmi les groupes non privilégiés (par exemple, les Blancs pauvres);
  • Elles réduisent les incitations, à la fois parmi les privilégiés et les désavantagés par ces politiques, à mieux faire — pour les premiers parce que cela n'est pas nécessaire et pour les seconds parce que cela peut s'avérer futile — entraînant ainsi des pertes nettes pour la société dans son ensemble.

Sowell conclut : « Malgré des prétentions mirobolantes en faveur des programmes de discrimination positive, un bilan de leurs conséquences réelles ne permet pas de soutenir ces allégations ou même de dire que ces programmes ont globalement été bénéfiques ».
Voir aussi

La décision de la Cour suprême des États-Unis (en anglais, pdf)

L’affirmative action au crible des discours néoconservateurs noirs (pdf, 12 pages)

Brésil — discrimination raciale et en faveur des diplômés des écoles publiques dans les universités

France — Discrimination positive dans les grandes écoles

Université contre la discrimination à l'encontre des handicapés mentaux...

Éthique — la discrimination est-elle un droit ?

Novlangue — OQLF prescrit « action positive » plutôt que « discrimination positive »

Québec — 60 % de la fonction publique est féminine, l'État se féminise et se « diversifie »

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell