jeudi 18 novembre 2010

L’Association suisse des libres penseurs pour un enseignement de l’athéisme à l'école

L’Association suisse des libres penseurs demande que des cours d’athéisme soient organisés à l'école.

Selon la Sonntagszeitung du 7 novembre, l’Association veut que l’athéisme et l’agnosticisme soient abordés à l’école. Elvira Bader, conseillère nationale du Parti démocrate-chrétien s’oppose à cette demande et s’exprime en faveur du maintien de l’enseignement religieux catholique et réformé au sein des écoles du pays.

L’étude du Fonds national de la recherche scientifique « Collectivités religieuses, État et société » constate que l’enseignement religieux confessionnel est de plus en plus remplacé par un enseignement d’État sur la religion (sciences religieuses), l’éthique et la société. Le journal cite les cantons d’Argovie, de Neuchâtel, de Vaud et de Zurich qui ont déjà adopté cette manière de faire.

Ce sont les catéchistes qui soutiennent la nécessité d’un enseignement confessionnel garanti par l’État, ajoutant dans leur prise de position qu’un tel enseignement devrait aussi ouvrir sur une réflexion éthique.

La vice-présidente des Jeunes socialistes, Mattea Meyer, s’oppose, quant à elle, à cette proposition. Elle défend une séparation nette de l’Église et de l’État et se dit favorable à un « enseignement obligatoire d’éthique » amené à remplacer l’enseignement religieux dans les écoles.


Voir aussi :

Suisse — Un guide de montagne sciait les croix des sommets, les « libres penseurs » pensent qu'elles devraient disparaître





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mercredi 17 novembre 2010

Les écologistes auraient « exagéré » la menace que fait peser le réchauffement sur les forêts tropicales

Forêt tropicale humide de Guyane française
Dans notre série bonne-nouvelle-dont-Radio-Canada-n’a-pas-parlé (autre épisode ici), nous vous présentons ce résumé d’un article paru la semaine passée dans la prestigieuse revue Science.

Selon une récente étude, la menace que représenterait le « changement climatique » sur les forêts tropicales humides aurait été exagérée par certains écologistes et climatologues.

Les auteurs de cette étude démontrent que les forêts tropicales du monde ont prospéré à une époque reculée alors que la température du globe était de 3 à 5° C supérieure à celle d’aujourd'hui.

Selon eux, un futur plus humide et plus chaud devrait stimuler les plantes et les animaux vivants sous les tropiques.

Ces résultats, publiés dans la prestigieuse revue Science, proviennent d'une étude des pollens piégés dans les roches au cours d'une période naturelle de réchauffement de la planète il y a 56,3 millions d’années.

Cette vague de chaleur extrême – appelée l’Optimum thermique à la limite du paléocène et de l’éocène (OTPE) – s’est accompagnée d’une augmentation de la température de 6° C en quelques millénaires.

On ignore la cause de l’OTPE. Cependant, certains scientifiques pensent qu'elle a été déclenchée par la libération de grandes quantités de dioxyde de carbone accompagnant une forte activité volcanique pendant quelques milliers d'années.

Pour ces savants, l'injection massive de dioxyde de carbone dans l'atmosphère aurait déclenché un enchaînement d'événements qui réchauffèrent le climat et causèrent la libération dans l'atmosphère d’encore plus de gaz à effet de serre. En effet, le réchauffement initial de la température entraîne des changements dans la chimie des océans, des « rots » de méthane libérés du fond marin qui auraient rapidement augmenté la concentration de gaz à effets de serre de la fin du paléocène, renforçant le réchauffement. Ce phénomène historique est ce qui se rapproche le plus de ce que certains scientifiques imaginent être l’avenir climatique de notre Terre. Bien que cette augmentation de 5 degrés se soit produite sur 10 000 ans alors que les climatologues du GIEC pensent qu’une augmentation de 2 degrés devrait avoir lieu lors du prochain siècle, et plus par la suite.

Seules quelques régions du globe ont conservé une preuve de la façon dont les plantes et les animaux se sont adaptés (ou non) à l’Optimum du paléocène-éocène, et la plupart d'entre elles se trouvent sous des latitudes tempérées ou nordiques. Dans le Wyoming, par exemple, où Scott Wing, un paléobotaniste de l’Institut Smithsonian de Washington, ainsi que d'autres chercheurs ont trouvé des fossiles qui suggèrent qu’au fur et à mesure que la température augmentait, des espèces de régions plus méridionales se sont déplacées temporairement vers le Nord pour remplacer les espèces indigènes. Mais la plupart des forêts tropicales se situent déjà dans les endroits les plus chauds de la planète, où pourraient-elles donc se déplacer ? Beaucoup d’écologistes et de nombreux scientifiques pensent que les forêts tropicales ne pourraient guère supporter des températures encore plus chaudes.
Fleur de la passion [1] apparue lors de l'OTPE
Pour vérifier cette hypothèse inquiétante, des chercheurs de l'Institut Smithsonian de recherche tropicale au Panama ont passé sept ans sur le terrain pour examiner des fossiles de plantes et le pollen piégé dans des roches en Colombie et au Venezuela avant, pendant et après l’OTPE.

Ils ont constaté que la quantité de vie végétale dans les forêts avait rapidement augmenté pendant cet épisode hyperthermique et que de nouvelles espèces végétales étaient apparues en plus grand nombre et plus que rapidement que les anciennes espèces ne disparaissaient.

C’est à cette époque que l’on retrouve pour la première fois le pollen de la famille du chocolatier et à de la passiflore (fleur de la passion).

Les chercheurs pensent que les conditions climatiques plus chaudes et plus humides – ainsi que le supplément de dioxyde de carbone dans l'atmosphère – ont stimulé la vie des plantes et qu’elles ont augmenté la biodiversité.

Ces résultats pourraient permettre de mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique actuel qui serait causé par la libération de dioxyde de carbone émis par la combustion du pétrole et du charbon et la destruction des forêts.

Les modèles informatiques les plus prudents suggèrent que la température de la planète se réchauffera d’au moins 2° C au cours du prochain siècle.

« Il est remarquable que l'on craigne tant d’effets négatifs dus à l’effet de serre sur les forêts tropicales » de déclarer le Dr Klaus Winter de l'institut.

« Nous nous attendions à observer des nombreuses extinctions rapides, un changement total dans la forêt », a expliqué le directeur de l'étude Carlos Jaramillo, un biologiste à l'Institut Smithsonian de recherche tropicale à Balboa au Panama. « Nous avons constaté tout le contraire – un accroissement très rapide du nombre d’espèces nouvelles et un énorme pic dans la diversité des plantes tropicales. »

L'étude soulève de nouvelles questions sur la faculté d’adaptation des forêts tropicales humides à l’augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère causée par la consommation de combustibles fossiles et d'autres activités industrielles.

« Ce genre de travail est extrêmement important », explique Scott Wing qui n'a pas participé à l'étude. « Nous commençons à établir ce qui s'est produit dans différents endroits au cours de cette perturbation énorme du cycle du carbone et du système climatique. C'est notre meilleure chance d’observer les résultats de quelque chose qui s’est déjà produit. »

Avant le réchauffement de la fin du paléocène, le Nord de l'Amérique du Sud était couvert d'une haute et humide forêt tropicale, elle abritait plus d’espèces encore que l'Amazonie actuelle, d’affirmer Carlos Jaramillo. Avec la hausse de la température au début de l'éocène, on retrouve encore plus de groupes de plantes dans les roches principalement des angiospermes, ces plantes à fleurs qui forment le groupe végétal le plus important et plus diversifié. À la fin du réchauffement, environ 200 000 ans plus tard, ces nouvelles plantes ont survécu pour de bon.

Contrairement au Wyoming, où les plantes indigènes ont quitté les lieux pendant les périodes chaudes pour ne revenir qu’avec le refroidissement de ces zones, les plantes d'Amérique du Sud se sont apparemment adaptées au choc thermique en se diversifiant dans un grand élan évolutionnaire. « Ceci démontre montre que les plantes possèdent une variabilité génétique inhérente pour faire face à des températures élevées et des taux de CO2 élevés », a conclu M. Jaramillo.


Sources : Science Daily, EscienceNews, Institut Smithsonian de recherche tropicale


[1] Les jésuites voyaient dans cette fleur les instruments de la passion du Christ : ils reconnaissent dans la couronne de franges qui occupe le centre de la fleur, la couronne d’épines de la crucifixion (les cinq pétales correspondant aux cinq blessures du Christ, les trois styles aux trois clous et les couleurs blanc et pourpre bleuté à la pureté et au paradis). Et c’est ainsi qu’ils la baptisent : passiflora incarnata, la fleur qui incarne la passion. Elle fut introduite en Europe au XVIIe siècle sous le nom de grenadille.

« La formation des enseignants demeure un défi majeur dans l’implantation du programme ECR »

Photo
Marc Pelchat

Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport financera à hauteur de 85 000 $ le projet de la professeure Monique Cardinal, de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'université Laval. Ce projet de deux ans en formation à distance est destiné aux enseignants en éthique et culture religieuse (ECR) en milieu scolaire.

« Le projet s’appuie sur le constat largement partagé que la formation des enseignants demeure un défi majeur dans l’implantation du programme ECR, explique le doyen Marc Pelchat. Considérant que la formation continue est la responsabilité première des commissions scolaires, le projet veut mettre au point des parcours souples et adaptés, gratuits et non crédités qui, tout en s’adressant aux enseignants, seront d’abord mis à la disposition des conseillers pédagogiques comme outils pour la poursuite de la formation continue dans les différents milieux. »



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Entre utopie et terreur : bilan de l'expérience communiste au XXe siècle


Vous êtes invités à participer au débat-bénéfice qui se déroulera le samedi 20 novembre à 14 h 00 prochain sous le thème :

« Entre utopie et terreur: bilan de l'expérience communiste au XXe siècle »

en compagnie de l’historien français Stéphane Courtois et du politologue québécois Jacques Lévesque. L’évènement sera animé par l’historien québécois Éric Bédard.

Stéphane Courtois a dirigé Le livre noir du communisme, un ouvrage traduit dans plus de vingt langues et vendu à près d’un million d’exemplaires dans le monde. Sa préface avait suscité une forte polémique lors de la parution de l’ouvrage, en 1997. Fondateur de la revue Communisme, il est l’auteur de nombreuses autres monographies sur ce mouvement.

Politologue reconnu, membre de l’Ordre du Canada, Jacques Lévesque est professeur à l’Université du Québec à Montréal. Premier expert de l'Union soviétique au Québec, il a publié de nombreux ouvrages sur l’URSS et la Russie, dont 1989 La fin d’un Empire et Le retour de la Russie.

Réservez en ligne au www.revueargument.ca ou par téléphone au 514-743-4267.


Site Web




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mardi 16 novembre 2010

Rappel : l'ADQ en 2008 préconisait de « remettre l'apprentissage du français au premier plan »

En 2008, l'ADQ de Mario Dumont avait des priorités très différentes du parti libéral-sans-les-scandales de MM. Gérard Deltell, Jean Allaire et Jean-Pierre Bélisle (ex-député du PLQ) qui ont largement tenu le crayon lors de l'écriture du cahier des résolutions du dernier congrès de l'ADQ tenu samedi et dimanche dernier à Granby.

Rappelons que la seule résolution concernant l'éducation lors de ce congrès consistait à faire de tous les jeunes élèves francophones des bilingues et d'imposer, d'une part, un supplément d'étude de l'anglais au début primaire et, d'autre part, de laisser le choix aux écoles de faire plus d'anglais à la fin du primaire. Politique pédagogique que condamne un linguiste : elle n'est même pas efficace.

Extraits du document Pour une nouvelle école autonome de 2008 :

« De nombreuses études tendent à démontrer que les élèves québécois du primaire souffrent d’une importante faiblesse en ce qui a trait à l’acquisition des connaissances en français. Elles mentionnent également que le nombre d’heures consacrées à l’enseignement du français n’est pas suffisant dans plusieurs écoles du Québec.

Dans un tel contexte, il apparaît pertinent de consacrer à l’enseignement du français, les heures d’enseignement actuellement allouées au cours Éthique et culture religieuse. »




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On n'arrête pas le « progrès » : le nombre de familles monoparentales explose en France

« Le nombre de familles monoparentales explose », titrait hier Le Parisien.

Vingt-huit pour cent des familles parisiennes sont monoparentales, contre 26 % il y a dix ans. Cela concerne 100 000 enfants. La moyenne française est de 20 %.

Le Conseil de Paris a créé une mission d’information et d’évaluation : « Malgré toutes les aides de la mairie ou des allocations familiales, on constate que ces familles, qui sont en fait à 85 % des femmes seules avec un enfant, sont de plus en plus pauvres : 40 % d’entre elles vivent avec moins de 1350 € par mois. »

Début novembre, le rapport du secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel sur la délinquance juvénile constatait que ce problème se produit surtout des familles monoparentales.


Voir aussi
France — la déliquance juvénile a plus que doublé en 20 ans, forte progression chez les filles

Zemmour sur la déliquance juvénile et le niveau scolaire des familles monoparentales et décomposées







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Le Prix des Impertinents 2010 à Michèle Tribalat


Le Prix des Impertinents 2010 a été décerné, lundi 15 novembre, à Michèle Tribalat, pour son livre Les Yeux grands fermés, paru aux éditions Denoël. « Consacré à l’immigration en France, cet ouvrage se veut une mise en garde contre le mépris des faits au nom de l’idéologie. Une prise de position courageuse, au moment où tout débat sur les phénomènes migratoires tombe sous la coupe de pétitions de principe ».


Remis au restaurant Montparnasse 1900, partenaire du prix, le Prix des Impertinents distingue un livre s’inscrivant à contre-courant de la pensée unique. Le jury, présidé par Jean Sévillia, réunit Christian Authier, Jean Clair, Louis Daufresne, Chantal Delsol, Bruno de Cessole, Paul-François Paoli, Rémi Soulié (secrétaire général du Prix), François Taillandier et Eric Zemmour.



Dans cet essai, cette démographe de l'immigration tente d'alerter les décideurs sur l'impact des politiques d'immigration. Elle milite à contre-courant, contre la tendance des médias et des ONG à prôner la libéralisation de l'immigration sans en évaluer les conséquences pour l'économie et la société. Elle se bat pour la possibilité de refaire des enquêtes permettant de mesurer, par exemple, si la proportion des mariages mixtes entre Français et personnes d'origine étrangère se sont poursuivis depuis les années 1990.

Pour Michelle Tribalat, l'« emprise morale de l’antiracisme se traduit par la rétention, l’arrangement des faits, l’abstention, sans compter la faible incitation à une connaissance dégagée de tout enjeu idéologique ».

L’immigration étrangère est généralement présentée comme ayant un effet positif sur l’économie. Elle serait nécessaire pour favoriser la croissance, occuper les emplois dont les Français ne veulent plus, pallier le vieillissement, alléger la charge des inactifs et payer les retraites. Ces arguments sont devenus des postulats au nom desquels les organisations internationales et communautaires, les ONG, la plupart des médias font pression en faveur d’une libéralisation accrue de la politique migratoire. L’économie et les bons sentiments marcheraient main dans la main.

Du même coup l’impact global, économique et humain de l’immigration n'est plus étudié. Les rares études françaises sur la question sont prudemment étouffées, y compris par leurs commanditaires. L’impact sur le peuplement des territoires, en particulier, n’est guère étudié, car il risque de révéler l’ampleur de bouleversements dont il faudrait bien finir par parler et qui pourraient conforter les réticences à la politique du fait accompli.

Pourtant, en dehors de l’Hexagone, les débats scientifiques sont vifs, aux États-Unis notamment. Les études réalisées sur l’impact économique, en termes de production de richesses, de répartition, d’emploi et de finances publiques ne confortent pas le postulat français d’une contribution indispensable de l’immigration. Mais l’écho de ces débats n’a guère franchi nos frontières.

En France, les inquiets sont désavoués, suspectés au mieux d’ignorance, au pire de racisme. Dans cet ouvrage, Michèle Tribalat apporte des éléments de connaissance le plus souvent évités. Évoquant les aspects bénéfiques mais aussi négatifs, elle dresse un tableau objectif du phénomène et démontre que le débat sur l’immigration ne se résume pas à une affaire de bons sentiments.

Suite : France — Pouvoirs publics, médias et experts relativisent l'immigration et présentent ses effets sous un jour favorable , entretien avec Michèle Tribalat à l'occasion de la sortie de son livre.





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lundi 15 novembre 2010

Nouvelle phase de la campagne de financement de la CLÉ

La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) entame une nouvelle phase de sa campagne de financement. Extrait de son site Internet :
Campagne de financement pour notre fonds juridique

Les décisions des tribunaux québécois dans le dossier de l'imposition du programme ECR ne constitue qu'une première étape dans un long processus juri­dique. La CLÉ organise actuellement une collecte de fonds pour les parents de Drummondville dont la cause sera entendue en Cour suprême du Canada.


La CLÉ se bat pour que les parents soient à nouveau reconnus comme les premiers éducateurs de leurs enfants. Ce combat est inéqui­table, le gouver­nement s’abreuvant à même nos taxes et impôts ! Si le combat des libertés scolaires vous tient à cœur, aidez la CLÉ à défendre celles-ci !

Cette cause citoyenne, chère aux parents du Québec, fera ulti­mement juris­prudence.

Aidez-nous à financer la défense du droit des parents de choisir la formation philosophique ou religieuse que leurs enfants reçoivent à l'école.

Faites un don déductible d'impôts ici (instructions ici).



Le thermomètre ci-dessus sera mis à jour toutes les deux semaines pendant notre campagne pour indiquer le montant de vos dons collectés pendant cette campagne. Notre objectif à ce stade est de récolter 100 000 $.






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Vers des cégeps bilingues...?

Le gouvernement Charest doit donner le feu vert à un projet pilote dans les cégeps dans le cadre duquels les cours seraient dispensés en anglais et en français « pour les élèves qui souhaitent une formation bilingue ».


La proposition des libéraux de Montréal et de la Commission des communautés culturelles du PLQ a été adoptée dimanche sans échanges passionnés par les militants réunis à Lévis. La ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, n'a pas voulu se prononcer au moment du vote, mais par la suite, elle s'est dite « tout à fait à l'aise avec la proposition ». « Il ne faut pas dramatiser, les cégépiens disent qu'ils sont mal outillés en anglais, qu'il faut faire quelque chose», a-t-elle soutenu, en soulignant qu'il s'agissait d'un « projet pilote » uniquement. On aura donc bien compris qu'il ne s'agit pas de rendre les anglophones parfaitement à l'aise en français, langue qui à une époque devait devenir la langue d'usage commune au Québec.

Madame Saint-Pierre n'a pu s'empêcher de ressortir un cliché également présenté dans la proposition de bilinguisme précoce chez les libéraux sans les scandales de M. Allaire les adéquistes de ce dimanche : « Il n'y a pas d'aspect négatif à avoir une nouvelle langue, c'est comme ajouter une nouvelle fenêtre à notre maison. »




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dimanche 14 novembre 2010

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?

À son congrès aujourd'hui à Granby, l'ADQ a fait approuver une résolution à la mode dans certains cercles : faire en sorte que l'anglais soit imposé par l'État à tous les jeunes Québécois dès la première année. Idée souvent reprise — comme nous avons pu le vérifier personnellement — par les mêmes qui veulent que l'État s'immisce moins dans la vie des gens, mais voilà ici l'État sert à imposer leur marotte pédagogique et linguistique. C'était au passage la seule résolution au congrès de l'ADQ parlant d'éducation ou de langue (même la  résolution sur une loi sur l'identité québécoise ne parle pas du français parmi les valeurs et coutumes propres du Québec !)

Proposition régionale 2  — adoptée

Un gouvernement de l'Action démocratique du Québec améliorera l'enseignement du français [!] et de l'anglais dans le système éducatif [public, privé ?] et ce, en rehaussant dès la première année du primaire l'apprentissage de la langue seconde tout en laissant le libre choix à la direction de l'école d'adhérer ou non aux programmes d'immersion réalisés au terme du primaire et de choisir la formule la plus appropriée pour son milieu afin de que les enfants deviennent tous bilingues.

Lors du très court débat qui a précédé l'adoption de cette résolution qui avait les faveurs du chef de l'ADQ, on entendit de nombreux slogans y compris le succès des écoles à immersion au Nouveau-Brunswick. Succès pourtant très relatif quand on sait que soixante-quinze pour cent (65 %) des étudiants inscrits en immersion francophone au Nouveau-Brunswick abandonnent le programme. ([1]) Le programme volontaire d'immersion précoce commence d'ailleurs depuis septembre 2008 deux années plus tard au Nouveau-Brunswick : il débutait en première année avant la rentrée 2008, depuis cette date il commence plus tard, en troisième année. ([2])

Mais qu'en pensent les linguistes ? Ci-dessous un article du professeur Gilles Bibeau, docteur en linguistique, Université de Montréal, sur le sujet.
« Depuis maintenant une bonne quarantaine d'années, l'idée de promouvoir l'éducation bilingue précoce, en général dans le monde occidental et en particulier au Canada, s'est répandue comme traînée de poudre. Devant les « insuccès » relatifs de l'apprentissage des langues secondes dans les écoles secondaires traditionnelles, devant l'affirmation de certaines personnes influentes, comme par exemple le neurologue québécois Wilder Penfield qui soutenait que, passé l'âge de 9 ou 10 ans, il était très difficile d'apprendre une langue seconde, devant l'expression de besoins pressant de personnels qualifiés par diverses personnes (chefs d'entreprise, fonctionnaires canadiens, travailleurs québécois, etc.), on a rappelé aux responsables de l'éducation que, dans la vie courante, plus les enfants étaient jeunes, mieux ils apprenaient une langue seconde et qu'il fallait en commencer l'enseignement le plus tôt possible. C'est ainsi qu'au Québec, et dans plusieurs régions du monde, y compris d'autres provinces canadiennes, on a commencé à reculer (ou à avancer) progressivement le début de l'enseignement de la langue seconde au primaire 6e année, 4e année, 3e année, et même 2e et 1re années.

Enfin, le système d'éducation devenait raisonnable en s'alignant sur des conceptions pragmatiques et fonctionnelles. Tout le monde sait que les enfants peuvent apprendre rapidement une langue seconde dans la rue, « sur le tas », et qu'il n'y a pas de raisons de penser qu'il en est autrement dans l'école. De plus, dans un État comme le Québec, où les francophones ne représentent que 2 % de la population de l'Amérique du Nord à grande majorité anglophone, il faut faire le maximum pour que les jeunes apprennent l'anglais. Et le plus tôt sera le mieux! Certaines personnes, moins enthousiastes que les autres quant à la précocité d'un tel apprentissage, considèrent malgré tout que l'allongement du temps consacré à l'enseignement d'une langue seconde ne peut pas nuire et peut même augmenter les chances de l'apprendre. Ces opinions favorables à l'éducation bilingue précoce sont devenues progressivement ce qu'on appelle en ethnologie des stéréotypes sociolinguistiques, c'est-à-dire des convictions toutes faites, des clichés, des automatismes à propos des langues qui finissent par faire partie des intérêts et des valeurs des membres de la communauté linguistique.

Mais les Sciences de l'Éducation, de même que les sciences humaines (psychologie, sociologie, ethnologie, linguistique) appliquées à l'éducation, comme c'est leur fonction normale, ont cherché à décrire et à comprendre ce qui se passe, ce qui favorise et ce qui défavorise l'apprentissage des langues, quels sont les facteurs qui interviennent, dans un sens ou dans l'autre, quelles sont les conclusions à tirer à ce sujet. Et les scientifiques de ces disciplines ont rempli leur fonction de manière très sérieuse et très étendue dans plusieurs régions du monde, dont le Canada, les États-Unis, le Japon, plusieurs pays d'Europe et d'Afrique. L'UNESCO même, qui avait recommandé en 1953 de faire débuter l'éducation scolaire dans la langue dite vernaculaire, a fait faire en 1974-75 des recherches descriptives sur cette question dans huit pays différents, avec la collaboration de chercheurs réputés.

Quelles sont donc les conclusions de cette expertise internationale ?

À propos de l'âge

Les résultats des recherches descriptives et des comparaisons d'expériences pédagogiques vont à peu près tous dans la même direction : à l'école, contrairement à la situation naturelle (dans la rue ou sur le tas), l'apprentissage des langues secondes réussit mieux à un âge plus avancé. Dans les systèmes scolaires institutionnalisés, les jeunes adultes (18-30 ans) apprennent mieux et plus rapidement que les adolescents et retiennent davantage ce qu'ils ont appris, et les adolescents (12-17 ans) apprennent mieux, plus rapidement et plus efficacement que les enfants du primaire (6-11 ans). Ce sont là des résultats stables, répétés dans plusieurs contextes et avec différentes méthodes d'enseignement. Il existe à ce sujet une documentation abondante et des références internationales nombreuses (Burstall, Carroll, Harley, Singleton, Stern). Ce qui peut expliquer en partie ces résultats c'est le niveau de développement intellectuel plus élevé chez les élèves plus avancés dans la scolarisation. Dans une bonne mesure, la langue seconde est une matière scolaire comme les autres.

Il en va pour l'anglais langue seconde au Québec comme pour n'importe quelle autre langue seconde : dans le milieu scolaire, on peut affirmer avec assurance que, règle générale et à conditions pédagogiques égales, les élèves du secondaire l'apprendront mieux, plus rapidement et plus efficacement que les élèves du primaire. Il n'y a pas de raisons «  sérieuses » de commencer l'enseignement de l'anglais au primaire, surtout au premier cycle du primaire, et à plus forte raison lorsque les conditions d'enseignement sont déficientes. Même les célèbres classes d'immersion canadiennes (français langue seconde) donnent d'aussi bons ou de meilleurs résultats au secondaire qu'au primaire. Et on arrivera aux mêmes conclusions avec les classes intensives d'anglais du Québec lorsqu'elles se tiendront au secondaire, comme cela se fait déjà dans quelques écoles, et qu'on pourra faire des comparaisons. Dans les deux cas, l'idée de les maintenir aussi systématiquement au primaire dépend surtout de problèmes d'organisation scolaire au secondaire et des stéréotypes sociolinguistiques évoqués plus haut. Et les décisions politiques, fondées essentiellement sur les stéréotypes sociolinguistiques, ne coïncident d'aucune manière avec les conclusions scientifiques. Dans les faits, on décide d'accorder plus d'importance aux stéréotypes des parents et de l'environnement qu'au développement personnel des enfants, ou encore davantage, comme on le verra plus loin à leur sécurité linguistique et socioculturelle.

Mais les conclusions scientifiques ne portent pas uniquement sur l'âge des apprenants. Elles touchent également plusieurs autres facteurs qui jouent un rôle souvent déterminant dans l'apprentissage des langues secondes.

Autres facteurs