dimanche 2 janvier 2022

La religion woke, une taxonomie

Alors qu’il lisait le nouveau livre de John McWhorter (Woke Racism, Racisme woke : comment une nouvelle religion a trahi l’Amérique noire), Michael Shellenberg été surpris de découvrir de nombreuses similitudes entre le racisme woke et l’environnementalisme apocalyptique. 

Ces idéologies proposent un péché originel comme cause des maux actuels (par exemple, l’esclavage, la révolution industrielle). Chacun a des démons coupables (par exemple, des Blancs, des « négationnistes du climat », etc.), des victimes sacrées (notamment des Noirs, des insulaires pauvres) et ce que McWorther nomme les élus (les militants de BLM, Greta Thunberg, etc.). Et chacun a un ensemble de tabous qu’il ne faut impérativement pas prononcer (par exemple, dire « Toutes les vies comptent », critiquer les énergies renouvelables, etc.) et des rituels de purification (s’agenouiller/s’excuser, acheter des compensations de carbone, etc.)

Shellenberg voit également des parallèles entre le racisme woke, l’environnementalisme apocalyptique et la victimologie, qu’il décrit dans son dernier livre San Fransicko comme une religion complète avec la vision métaphysique (essentialiste) selon laquelle les gens peuvent être classés comme victimes ou oppresseurs, selon la nature de leur identité ou de leur expérience.

Shellenberg a contacté son ami, Peter Boghossian, un philosophe qui a récemment démissionné de son poste à l’Université d’État de Portland en réponse à la répression wokiste, et d’autres experts de différents mouvements woke, et ensemble ils ont construit une taxonomie de la religion Woke (ci-dessous). Elle comprend sept domaines thématiques (racisme, changement climatique, les trans, criminalité, maladie mentale, drogue et sans-abrisme) couverts par Woke Racism, Apocalypse Zéro, San Fransicko, les recherches de Peter Boghossian et les écrits d’autres critiques du wokisme. Et il recoupe dix catégories religieuses (péché originel, diables coupables, mythes, victimes sacrées, les élus, croyances surnaturelles, faits tabous, paroles taboues, rites purificatoires, discours purificatoire).

La taxonomie ci-dessous identifie les mythes courants et les croyances surnaturelles. Elle permet d’expliquer pourquoi tant de gens continuent d’adhérer à ces idéologies, malgré des preuves accablantes qu’elles sont fausses.

Racisme
Péché originel 
  • L’esclavage
Démons coupables 
  • Les blancs
  • La police
    Mythes 
    • La guerre d’indépendance des États-Unis a été livrée pour assurer le maintien de l’esclavage.
    • Le racisme systémique est la cause de toutes les inégalités raciales et la seule explication possible aux différences de résultats entre les groupes raciaux.
    • La réussite des Asiatiques s’explique par leur collaboration à la suprématie blanche.
    • Les émeutes et les pillages sont des actes politiques.
    • On parle trop peu de l’esclavage et de l’histoire du racisme.
    Victimes sacrées 
    • Les noirs
    • Les autochtones
    • Les non-Blancs
    Les élus 
    • Coates, Kendi, Di Angelo
    • Black Lives Matter (Les Vies noires importent)
    • Les théoriciens de la critique de la race
    Croyances surnaturelles 
    • Les mathématiques sont racistes
    • L’emprunt par les Blancs d’éléments culturels d’autres cultures est du vol (« l’appropriation culturelle »).
    • La culture importe peu.
    • Le racisme n’a pas baissé.
    • Les blancs en vie sont responsables des torts infligés par des blancs morts.
    • Parler ou se taire équivaut à de la violence.
    Faits tabous 
    • Le racisme est en déclin.
    • La société accepte davantage les couples interraciaux.
    • La richesse des noirs augmente. 
    • L’obsession racialiste peut empirer le racisme.
    • La Loi sur les droits civiques de 1964 a mis fin au racisme systémique.
    • La police ne tue pas les hommes noirs désarmés en plus grande proportion que ceux des autres races.
    • Le succès des Asiatiques est dû au travail acharné et à leurs diplômes.
    Paroles taboues 
    • « Racisme à rebours » (inversé/anti-blanc)
    • « Agir comme un blanc »
    • « Toutes les vies importent »
    Rites purificatoires 
    • Réparations, discrimination positive, préférence raciale
    • Génuflexion 
    • Utiliser les expressions approuvées
    • Excuses publiques
    • Des Blancs qui se taisent
    • Demander aux étudiants ou aux employés de se diviser sur la base de leur race
    • Les formations diversitaires
    • Des blancs qui confessent leur racisme
    • Annoncer publiquement sa race.
    Paroles purificatoires 
    • « BIPOC » (non Blancs, Noirs, Autochtones et personnes de couleur)
    • « Latinx »
    • « Personnes de couleur »
    • Mettre une majuscule à Noir, mais une minuscule à blanc
    • « Centrage » [Centrer les personnes de couleur signifie donner le contrôle des ressources aux communautés de couleur et leur faire confiance pour utiliser les ressources à bon escient pour obtenir les meilleurs résultats.]
    • « Intersectionnalité »

    Changement climatique

    Péché originel 
    • L’utilisation des combustibles fossiles
    • La révolution industrielle
    • L’agriculture moderne
    • Le développement occidental.
    Démons coupables 
    • Total, BP, Exxon, etc. (l’industrie pétrolière)
    • “Les négationnistes climatiques”
    • Monsanto
    • Les frères Koch
    • Les entreprises.
      Mythes 
      • Le climat de la Terre était plus sûr par le passé
      • Le changement climatique cause des catastrophes naturelles plus mortelles et plus coûteuses
      • Le changement climatique est la principale cause de la forte intensité des feux de forêt.
      • On parle trop peu du changement climatique
      • L’énergie renouvelable suffira à alimenter le monde en énergie.
      Victimes sacrées 
      • Les agriculteurs de subsistance
      • Les Maldives, Tuvalu et les autres petits États insulaires
      • Les jeunes
      • Les habitants du Bangladesh
      • Le « Sud ».
      Les élus 
      • Les militants, journalistes et experts du climat
      • Les officiels de l’ONU
      • Greta Thunberg
      • Vandana Shiva
      • Thomas Malthus.
      Croyances surnaturelles 
      • Le changement climatique causera l’extinction des humains
      • L’homme est responsable de la 6e extinction de masse
      • L’étude des « points de bascule » est scientifique
      • La prospérité ne dépend pas d’une utilisation importante d’énergie
      • La prospérité n’est pas nécessaire au bonheur
      • L’agriculture bio peut nourrir la planète entière tout en protégeant la nature.
      Faits tabous 
      • Les décès dus à des catastrophes naturelles ont baissé de 90 % depuis 1900
      • L’énergie renouvelable ne peut alimenter un monde qui dépend d’une énergie abondante.
      • Les émissions déclinent dans le monde développé et pourraient bientôt atteindre un sommet et commencer à baisser au niveau mondial.
      • Les surplus alimentaires augmentent.
      • Certaines politiques climatiques nuisent aux pauvres et augmentent les émissions de GES.
      • L’énergie nucléaire est propre, sûre et efficace avec de nombreux effets secondaires bénéfiques.
      • L’énergie renouvelable est sale à produire et à distribuer.
      • La prospérité (sans inflation) est une conséquence du passage à des combustibles meilleur marché à forte énergie, pas à des combustibles plus chers et à moindre énergie.
      Paroles taboues 
      • « Le nucléaire est l’énergie la plus verte » (a le moindre impact sur l’environnement)
      • « La fracturation [fracking] réduit les émissions de carbone »
      • Le développement économique l’emporte sur l’impact du changement climatique
      • « Les renouvelables nuisent à l’environnement »
      • « La prospérité est une bonne chose »
      • « Nous n’avons jamais été autant en sécurité ».
      Rites purificatoires 
      • Compensations de carbone
      • Marcher, faire du vélo, prendre les transports en commun
      • Crédits d’énergie renouvelable
      • Taxes carbone
      • Réparations climatiques
      • Conférences climatiques
      • Manifestation militante à la Extinction Rebellion
      • Recyclage.
      Paroles purificatoires 
      • « Renouvelables »
      • « Bio »
      • « Causé par le climat » (par exemple sécheresse, désastre)
      • « Durable »
      • « Zéro émission nette »
      • « Zéro carbone »/« Empreinte carbone négative ».

       


      Les Trans

      Péché originel 
      • Le spectre sexuel ou du genre réduit à simplement deux sexes ou genres.
      Démons coupables 
      • Les gens qui pensent que le sexe est déterminé par la biologie
      • Les adversaires à l’imposition légale d’utiliser les pronoms trans
      • Les « TERFs » (féministes qui estiment que les luttes trans invisibilisent les luttes pour les droits des femmes).
      • Les gens qui refusent que des hommes qui se disent femmes puissent participer à des épreuves sportives féminines.
      Mythes 
      • Les hommes et les femmes trans sont identiques à des hommes et des femmes biologiques.
      • La violence à l’encontre des trans augmente, disproportionnée et due au fait que les victimes sont trans.
      Victimes sacrées 
      • Les trans
      • Les non-binaires.
      Les élus 
      • Les militants trans
      • Les organismes qui défendent les trans (GLAAD, HRC, ACLU).
      Croyances surnaturelles 
      • Les inhibiteurs de puberté (des hormones) et la chirurgie peuvent changer le sexe biologique
      • Une personne peut immédiatement changer de sexe en se déclarant simplement être du sexe opposé ou non-binaire.
      Faits tabous 
      • L’acceptation sociale des transsexuels est plus grande de nos jours
      • Les enfants qui se disent trans ou qui passent par une phase de dysphorie de genre bénéficient de l’implication de leurs parents.
      • L’activisme trans peut nuire aux enfants qui se disent trans ou qui passent par une phase de dysphorie de genre
      • Beaucoup d’enfants qui se disent trans passent en réalité par une phase de dysphorie de genre
      • Nombre de personnes qui dé-transitionnent disent qu’elles auraient voulu qu’il y ait eu davantage d’obstacles à leur « transition ».
      • La dysphorie de genre est parfois corrélée à des troubles mentaux. 
      • Il y a peu de preuves que la transition permet de réduire le risque de suicides.
      Paroles taboues 
      • « La biologie influence fortement le genre »/« Le sexe influence le genre »
      • « La dysphorie de genre est réelle »
      • « Détransitionneurs »
      Rites purificatoires 
      • Annoncer ses pronoms
      • Instruire les gens sur les transsexuels
      Paroles purificatoires 
      • « Cis- »
      • « La parole est violence »
      • « Le silence est violence »
      • « Les femmes trans sont des femmes » [c.-à-d. les hommes qui se disent femmes sont des femmes].



      Le crime

      Péché originel 
      • La propriété privée
      • Le capitalisme
      Démons coupables 
      • La police
      • Les gardes de prison
      • Les capitalistes
      Mythes 
      • Il existe un grand nombre de meurtres injustifiés de noirs désarmés tués par la police
      • Le crime n’augmente pas dans les villes progressistes (de gauche/libérales)
      • Les noirs tués par des policiers sont sacrés, mais les noirs tués par d’autres noirs ne le sont pas
      • La police prend sa source dans les patrouilles esclavagistes.
      Victimes sacrées 
      • Les personnes incarcérées
      • Les noirs
      • Les criminels.
      Les élus 
      • Les procureurs de district (DAs) progressistes
      • Black Lives Matter 
      • George Soros.
      Croyances surnaturelles 
      • Les prisonniers ne sont pas coupables, le système l’est.
      • Les prisons et autres maisons d’arrêt ne sont pas nécessaires.
      Faits tabous 
      • La police réduit le crime et prévient l’incarcération
      • L’« effet Ferguson », à savoir que les émeutes anti-police aboutissent à un retrait de la police et encouragent les criminels, est réel
      • L’activisme anti-police nuit aux noirs
      • La plupart des noirs s’opposent au définancement de la police
      • Trente fois plus de noirs sont tués par des particuliers (non-policiers) que par la police
      • Le tabou entourant la coopération avec la police et les procureurs rend plus difficile le travail de la justice contre les criminels.
      Paroles taboues 
      • « Toutes les vies comptent »
      • « La violence des noirs contre les noirs ».
      Rites purificatoires 
      • Définancer/abolir la police
      • Dé-incarcération
      • Décriminaliser le vol.
      Paroles purificatoires 
      • « Engagé dans la justice » [Avoir eu des interactions avec la justice pénale en tant qu’accusé.]
      • « L’État carcéral »
      • « L’État policier »
      • « Le complexe carcéral industriel » (voir Journal de Montréal)



      Maladies mentales

      Péché originel 
      • La psychiatrie
      • L’invention de la maladie mentale
      • Les Lumières
      Démons coupables 
      • Les psychiatres
      • Les philosophes des Lumières
      Mythes 
      • La philosophie des Lumières a conduit à la médicalisation des personnes neuroatypiques.
      • Les psychiatres ne veulent pas venir en aide aux gens, ils veulent les dominer que ce soit par des médicaments ou des thérapies.
      Victimes sacrées 
      • Les neuroatypiques
      • Les non-conformistes
      Les élus 
      • Les défenseurs des malades mentaux
      • Michel Foucault
      • Thomas Szasz
      • R.D. Laing
      Croyances surnaturelles 
      • Les maladies mentales n’existent que pour stigmatiser les personnes neuroatypiques.
      • Les malades mentaux devraient être libres de se soigner seuls comme bon leur semble.
      Faits tabous 
      • Les malades mentaux qui ne suivent pas de traitement sont nettement plus violentes que les autres.
      • De nombreuses personnes souffrant de maladies mentales disent que des traitements médicamenteux imposés sans leur consentement leur ont été bénéfiques.
      Paroles taboues 
      • « Certains malades mentaux ont besoin de traitements médicamenteux imposés sans leur consentement ».
      Rites purificatoires 
      • Fermer les hôpitaux psychiatriques
      • Exiger la libération des malades mentaux des hôpitaux psychiatriques.
      • Créer des centres de santé mentale communautaires entièrement bénévoles. 
      • Exiger que la police n’arrête pas les personnes affligées de maladie mentale quand elles enfreignent la loi.
      Paroles purificatoires 
      • « Neuroatypiques »
      • « Ordinaires » [péjoratif pour les personnes normales], « Normies » [« normaleux »]


      La drogue

      Péché originel 
      • La prohibition des drogues
      • La stigmatisation des états de conscience altérés.
      Démons coupables 
      • Les prohibitionnistes
      • La police.
      Mythes 
      • La plupart des personnes en prison y sont pour des infractions non violentes relatives aux drogues
      • On peut libéraliser, décriminaliser et normaliser les drogues addictives sans augmenter de manière important la dépendance aux drogues.
      Victimes sacrées 
      • Les personnes droguées.
      Les élus 
      Croyances surnaturelles 
      • La décriminalisation ou la légalisation des drogues est la clé pour éviter la dépendance et les surdoses.
      Faits tabous 
      • La libéralisation, la décriminalisation et la normalisation des drogues augmentent la consommation de drogues et la dépendance
      • De nombreux anciens toxicomanes attribuent leur désintoxication à leur arrestation.
      Paroles taboues 
      • « Les drogués qui enfreignent la loi doivent être arrêtés et choisir entre la prison ou une cure de désintox ».
      Rites purificatoires 
      • Distribuer des seringues propres
      • Fournir des services aux drogués sans abri.
      • Distribuer du Narcan, de la naloxone.
      Paroles purificatoires 
      • « Trouble de consommation de substances »

      Les sans-abri

      Péché originel 
      • Le capitalisme
      • La propriété privée.
      Démons coupables 
      • Les politiciens qui ferment les lieux de marché libre de la drogue (les « camps de sans-abri »).
      • La police.
      Mythes 
      • L’itinérance et le sans-abrisme sont causés par la pauvreté et des loyers trop chers.
      Victimes sacrées 
      • Les sans-abri.
      Les élus 
      • Les défenseurs des sans-abri
      • Les fournisseurs de services aux sans-abri.
      Croyances surnaturelles 
      • Les gens qui ne peuvent se payer un loyer et qui ne souffrent pas de maladie mentale ou de dépendance aux drogues décident tout bonnement de vivre sous la tente ou sur le trottoir.
      • Rappeler que les sans-abri sont souvent drogués ou atteints de maladie mentale causerait de la violence contre ceux-ci.
      • La plus grande partie de la violence envers les sans-abri serait due aux gens qui ne sont pas sans-abri.
      • La violence envers les sans-abri augmente.
      Faits tabous 
      • L’augmentation du nombre de sans-abri ne peut s’expliquer par un traumatisme ou la maltraitance lesquels ont baissé depuis des décennies.
      • La plupart des sans-abri sont sans abri à cause de leur dépendance aux drogues ou d’une maladie mentale non traitée.
      • Fournir d’abord un logement permet la toxicomanie.
      • Les défenseurs des sans-abri ont limité le financement des abris, aggravant le sans-abrisme.
      Paroles taboues 
      • « Un logement subventionné devrait être soumis à l’abstinence du bénéficiaire ».
      • « Les gens ont droit à un abri, pas à un logement »
      Rites purificatoires 
      • Logement gratuit sans condition
      • Accroître les activités de sensibilisation des sans-abri
      • Défendre le droit des gens à camper dans les espaces publics.
      Paroles purificatoires 
      • « Les délogés » 
      • « Les sans-logements »
      • « Les gens qui vivent le sans-abrisme »

      vendredi 31 décembre 2021

      Données suggèrent qu'Omicron semble provoquer une maladie plus bénigne chez les enfants

      Selon le New York Times : « … Les données préliminaires suggèrent que, par rapport à la variante Delta, l’Omicron semble provoquer une maladie plus bénigne chez les enfants, similaire aux premiers résultats chez les adultes. »

      Plusieurs États américains ont signalé une augmentation d’environ 50 % des admissions pédiatriques pour Covid-19 en décembre. La ville de New York a connu l’augmentation la plus spectaculaire, avec 68 enfants hospitalisés la semaine dernière, un bond de quatre fois par rapport à deux semaines plus tôt.

      Mais alors même que les experts s’inquiétaient d’une augmentation marquée des hospitalisations — une augmentation plus du double de celle des adultes — les médecins et les chercheurs ont déclaré qu’ils ne voyaient pas de preuves qu’Omicron était plus menaçant pour les enfants.

      En réalité, les données préliminaires suggèrent que, par rapport à la variante Delta, Omicron semble provoquer une maladie plus bénigne chez les enfants, similaire aux premiers résultats pour les adultes.

      « Je pense que ce qu’il faut retenir ici est que la gravité est très faible et que le risque de maladie grave et significative semble être plus faible », a déclaré le Dr David Rubin, chercheur à l’Hôpital pour enfants de Philadelphie.

      Une grande partie de l’augmentation des admissions pédiatriques résulte du grand nombre d’enfants infectés à la fois par la variante Delta et la variante plus contagieuse Omicron, ont déclaré lui et d’autres experts, ainsi que de faibles taux de vaccination chez les enfants de plus de 5 ans.

      Les enfants infectés restent beaucoup moins susceptibles de tomber malades que les adultes. Mais à travers le pays la semaine dernière, 1 200 enfants en moyenne ont été hospitalisés chaque jour avec le coronavirus, contre 800, à la fin novembre, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux. Plusieurs de ces enfants sont arrivés à l’hôpital avec d’autres problèmes médicaux.

      Ces chiffres sont bien en deçà des pics atteints en septembre dernier, bien que les experts craignent également une vague d’hospitalisations pédiatriques dans les semaines à venir, alimentées par la propagation d’Omicron, les rassemblements des fêtes de fin d’année et un retour en classe après le 1er janvier.

      Voir aussi

      Covid19 – Omicron : La bonne nouvelle venue du Royaume-Uni

       


      mercredi 29 décembre 2021

      Belgique — Pourquoi nos ministres négligent-ils notre appartenance à la Francophonie ?

      Une carte blanche de Paul-Henry Gendebien, ancien député, étudiant à l’Université de Louvain-Leuven de 1959 à 1964, publié dans La Libre (Belgique)

      Je viens de le constater : un panneau annonçant "l’University of Louvain" a été installé sur l’autoroute Namur-Bruxelles. On est en droit de s’interroger : qui a pris cette décision, qui l’a demandée ? À qui veut-elle complaire ? À un voyageur anglophone incapable de comprendre "Université de Louvain" ?

      On peut aimer et pratiquer la langue de Shakespeare et dans le même temps s’inquiéter de la promotion systématique d’innombrables anglicismes à Bruxelles et en Wallonie. C’est un phénomène en progrès constant, véhiculé par la publicité commerciale, par les médias, par la communication des pouvoirs publics, par le monde de la culture. Illustrations récentes : nous avons eu droit à un "Heritage Day" à Bruxelles, à un "Inside Magritte" à Liège, à un "Get up Wallonia", sans oublier les "testing et tracing" sanitaires, ou encore les quotidiens "booster la relance" et même un ahurissant "l’immobilier a boomé cette année"… On en conviendra, nous voici en face d’une inventivité hautement productive, aussi époustouflante que ridicule.

      Une véritable submersion

      Nous abdiquons. Nous nous résignons collectivement à une diminutio capitis de notre langue française, comme s'il était désormais gênant, voire honteux, d'en conserver l'usage, d'en assurer la défense et l'illustration. Tout se passe comme si une minorité agissante et puissante, parmi nos élites et nos dirigeants, se laissait envahir par un snobisme déplacé doublé d'un complexe d'infériorité à l'égard de sa propre langue.

      Il est grand temps de combattre ce fléau, sans quoi nous subirons une véritable submersion non seulement linguistique mais également culturelle. Une servitude volontaire. Déjà elle nous contamine, peu ou prou, non pas lentement mais sûrement, non pas sournoisement mais ouvertement. Si nous nous laissons aller, c'est une colonisation des esprits qui nous guette, suivie d'une dénaturation de notre vie sociale. Notre identité n'est pas définie par notre domicile, ni par notre origine, ni par la couleur de notre peau, mais bien par la langue que nous parlons. Albert Camus le proclamait : "La langue française est ma patrie." Plaise au ciel que cette patrie-là, au moins, soit protégée et promue.

      Je le pressens : en invoquant l’idée de patrie, j’emploie un gros mot qui fera mal aux oreilles des activistes de la "déconstruction" de notre histoire et de notre culture qui vont me qualifier d’élitiste, de passéiste, d’identitaire, de réactionnaire. Que ne voient-ils pas, comme l’ont montré une Jacqueline de Romilly et une Anne-Marie Ortese, qu’une bonne connaissance de la langue maternelle est un chemin vers plus de liberté mais aussi un sésame pour accéder à un statut personnel et professionnel, pour une meilleure insertion dans la société, un facteur d’intégration, un outil de promotion sociale ?

      L’appauvrissement de notre langue

      Faut-il ajouter que les nouvelles générations sont les premières victimes de l’appauvrissement dramatique de notre langue, sans cesse aggravé par les technologies modernes ? Je me joins dès lors à ces enseignants qui s’efforcent encore de donner un bon apprentissage du français à leurs élèves et qui refusent de se rallier à l’inqualifiable écriture inclusive déjà encouragée par certaines administrations et même par des universités…

      Par ailleurs, j’ose espérer qu’il se trouvera quelques "justes" parmi nos responsables politiques et nos journalistes pour s’attaquer à cette anglomanie qui s’infiltre partout. Nombreux sont les citoyens qui s’interrogent : pourquoi la Fédération Wallonie-Bruxelles et nos deux Régions se désintéressent-elles de ce devoir ? Pourquoi ne donnent-elles que peu de suites aux recommandations de la commission permanente de contrôle linguistique ? Pourquoi notre Conseil supérieur de la langue française et nos Académies ne s’expriment-ils pas ? Pourquoi le décret Spaak sur la protection de la langue française demeure-t-il lettre morte ? Pourquoi nos parlementaires ne réagissent-ils pas comme l’auraient fait jadis les Marcel Thiry, les Jacques Hoyaux, les André Lagasse ? Pourquoi nos ministres négligent-ils notre appartenance à la Francophonie, qui est un privilège qui nous oblige ?

      Le français expulsé de l’Université

      Je reviens au panneau installé sur l’autoroute E411 pour la gloire de l’University of Louvain. Je demande comment serait jugée cette incongruité par ceux-là mêmes qui furent les accoucheurs de Louvain-la-Neuve, de Mgr Massaut à Yves du Monceau et à Michel Woitrin. Il me semble qu’ils n’auraient pas apprécié une initative de cette espèce, même s’ils étaient largement ouverts sur le monde extérieur.

      En 1968, la section française multiséculaire de Louvain était expulsée de Leuven [en français Louvain] parce que française ; aujourd’hui notre Université francophone et wallonne expulse elle-même la langue française de l’image qu’elle donne. Puisse l’autorité compétente réparer cette bévue illégale avant que la Commission permanente de contrôle linguistique en soit saisie.

      Il faut remplacer le panneau litigieux par un autre, en français s’il vous plaît, et sans honte. [S'il n'y avait que les panneaux... Les cours en anglais y sont de plus en plus nombreux...]


      mardi 28 décembre 2021

      « Le Tour du monde en 80 jours » revisité : Phileas Fogg est un anti-héros, Passepartout est d'origine malienne, le détective Fix une femme journaliste

      Des chaînes francophones comme France 2 et la RTBF diffusent depuis la semaine dernière les premiers épisodes du « Tour du monde en 80 jours », une version « modernisée » du chef-d’œuvre de Jules Verne, portée par le Britannique David Tennant.

       

      Extraits de la version de 1956 avec David Niven dans le rôle de Phileas Fogg

      Coproduite pour l’Alliance européenne (un consortium de télévisions publiques notamment française, britannique, belge, italienne et allemande), ce feuilleton tourné en anglais met en scène David Tennant dans la peau du gentleman Phileas Fogg aux côtés de l’acteur d’origine malienne Ibrahim Koma dans le rôle de son fidèle serviteur Jean Passepartout. On a avait déjà plus tôt cette année, le très français Arsène Lupin incarné par Omar Sy, acteur d’origine sénégalaise exilé en Californie. Qui propose ces acteurs d’origine africaine dans le rôle de Français lors des « réinventions » des classiques de la littérature française ?

      Il s’agit donc d’une version « modernisée » du chef-d’œuvre de Jules Verne. C’est ainsi que le détective Fix du livre disparaît dans cette version. Il est remplacé par une journaliste intrépide et féministe, Abigail Fix. Passepartout, comme on l’a vu est un Français d’origine africaine. Quant à Fogg, c’est un antihéros. La princesse indienne sauvée in extremis d’un satî disparaît. Pas de mariage en vue entre elle et Fogg donc. L’idylle naît plutôt sous nos yeux entre Passepartout au torse nu et avantageusement brillant et Abigail Fix de plus en plus émoustillée. Idylle que Fogg, grand distrait, ne voit pas naître. On comprend sa cécité : Ibrahim Koma n’a pas le visage avenant d’un jeune premier avec son nez busqué et épaté.

      Extraits de la version 2021

      Cette version « réinventée » a visiblement bénéficié des largesses des diffuseurs publics européens : les décors, costumes, animations et trucages respirent l’argent. Elle est plus animée que la version de 1956. La version avec David Niven, assez fidèle au roman de Jules, pêchait aussi par des scènes longues qui viraient au documentaire folklorique, sans doute intéressant à une époque où très peu de gens prenaient l’avion. Malgré ces défauts, le long métrage de 1956 était un véritable divertissement familial qui ne donnait pas dans la culpabilisation.

      Ce qui nous a frappé avec le feuilleton de 2021 (la plupart de ces remarques sont illustrés par la vidéo d’extraits ci-dessus) :

      • une « photographie » à dominante brune sauf sous les tropiques, l'image est alors mal éclairée contrairement aux couleurs chatoyantes de la version de 1956. 
      • Des personnes « modernes » comme nous l’avons déjà mentionné (un Anglais névrosé et maladroit, un Français noir, une journaliste féministe). 
      • Aucun mariage ne conclut heureusement l’aventure (c’est vieux jeu). 
      • Étrange anachronisme, Abigail dit que « nous sommes en 1872 », mais on voit des troubles liés à la Commune, soulèvement qui dura moins de trois mois en 1871 sans rapport avec le droit de vote restreint des pauvres, contrairement à ce qu’affirme Passepartout. On ne sache pas non plus qu’il y ait eu un attentat contre Adolphe Thiers à l’époque. Tentative d’attentat dont le tireur d’élite est un noir (en 1872 à Paris !). Au même moment, un figurant planté là bien visible auprès d'Adolphe Thiers est également un subsaharien. Décidément...
      • Passepartout de gai, aimable, serviable et astucieux se transforme ici en un polyglotte souvent impertinent.
      • Scène étrange (inventée bien sûr) où Fogg interrompt un père italien à l’ancienne qui morigène son fils. Fogg sauvera la vie de ce fils par la suite. Le bobo malingre, mollasson célibataire et sans enfant qui défend mieux les enfants que le père traditionnel ?
      • Fogg et Passepartout arrivés à Suez se perdent dans le désert d’Arabie en route vers Aden (scène inventée) et sont sauvés par deux femmes : Fix et une autre Anglaise mariée à un cheikh bédouin, mais c’est l’Anglaise qui semble porter le sarouel dans le ménage. Image d'Épinal du féminisme autoritaire et du mariage « mixte », très moderne, excellent pour les enfants. Cela permet de placer la figure historique Jane Digby à la vie scandaleuse pour l’époque. Elle vivait près de Damas et non dans le désert yéménite où elle aurait pu croiser Fogg. Il n’y a pas d’épisode en Arabie dans le roman de Jules Verne ni dans le film de 1956, Fogg empruntant simplement un bateau pour aller de Suez en Inde.
      • Plus aucun satî (immolation d’une veuve hindoue) sans doute parce qu’il ne faut pas présenter des coutumes barbares. L’épisode en Inde tourne donc plutôt autour d’une joyeuse noce interrompue par la soldatesque commandée par un officier-enfant britannique. Elle recherche un déserteur. On « apprend » alors que l’Inde avait des universités depuis 2000 ans. Ce qui est très exagéré. D’une part, le plus vieil établissement d’enseignement supérieur est habituellement considéré comme le grand monastère de Nâlandâ construit au Ve siècle de notre ère (1400 ans avant Fogg) et détruit plusieurs fois, la dernière en 1202 par les mamelouks (musulmans donc) du Sultanat de Delhi. D’autre part, la plus ancienne université (au sens moderne du terme) toujours en fonctionnement en Inde a été fondée dans l’ancien comptoir danois de Sérampour en 1808. 
      • Plus aucun mariage forcé (la princesse Aouda est promise à l’âge de 7 ans à son radjah dans le roman), mais un mariage d’amour entre autochtones roturiers que le vil occupant anglais veut briser.
      • Aucune attaque des Sioux ni torture de Passepartout attaché à un poteau (c’est mal d’attribuer un mauvais rôle à des non-Blancs). 
      • L’attaque est donc remplacée par celle de méchants sudistes très racistes qui pensent que Fogg est aussi raciste (et s’opposerait donc à l’idylle entre Passepartout et Fix). Bien évidemment, le feuilleton « moderne » laisse croire que les seuls sudistes auraient pu avoir d’aussi vilaines pensées à l’époque. Rappelons qu’Abraham Lincoln déclara au cours de l’un de ses célèbres débats sénatoriaux avec son adversaire Stephen Douglas en 1858 : « Il existe une différence physique entre les races blanche et noire qui, je crois, interdira à jamais aux deux races de vivre ensemble en termes d’égalité sociale et politique. »
      • Le shérif qui a arrêté le méchant suprémaciste blanc est un noir (les shérifs noirs étaient pourtant rarissimes à l’époque). On tombe en fait, comme par hasard, sur Bass Reeves, le tout premier shérif adjoint fédéral à l’ouest du Mississippi…
      • La convoyeuse armée de la diligence où se retrouvera ce sudiste est une femme (chose rarissime à l’époque). Elle veut bien se marier un jour, mais uniquement avec un homme qui la laissera faire absolument tout ce qu’elle veut.
      • Alors que le Phileas Fogg de Jules Verne (et du film de 1956) est un maniaque de ponctualité et d’ordre, celui de 2021 bronche quand le sudiste Abernathy évoque les valeurs d’ordre (cela sent-il déjà trop le nazisme et son ordre nouveau ou encore l’ordre moral trop réactionnaire ?)
      • L’épisode inventé dans la version de 2021 à New York où Fogg rencontre celle qu’il a abandonnée des années auparavant tombe comme un cheveu dans la soupe. Cette histoire qui doit expliquer la personnalité troublée de Fogg et la carte marquée d’un « lâche » qui l’a poussé à entreprendre le périple est une addition moderne mal venue à nos yeux. Cette plongée psychologique brise le rythme du récit déjà plombé par les sentiments si métissement corrects que tissent Fix et Passepartout. S’agit-il encore d’un récit d’aventures pour la jeunesse ?
      • La scène dans la salle de bal alors qu’un passager de première classe confond Passepartout avec un serveur est assez typique de la volonté didactique antiraciste du feuilleton. Le tout est pesant, lourd, caricatural. Passepartout et Fix sont dignes, dansent bien, les blancs racistes sont guindées, odieux, heureusement leur jeune fille, Agatha, est attirée, excitée même (le geste soudain des mains sur le ventre…) par ce couple métissé qui s’amuse, danse si bien et si librement. Les parents sont perclus de préjugés, mais l’espoir antiraciste réside dans la jeunesse qui laissera parler ses pulsions.
      •  Si les gentlemen du Reform Club chez Jules Verne s’acquittent bien évidemment de leur dette, il n’en va pas de même dans la version moderne : il n’y a plus qu’un parieur, Bellamy, et c’est un fieffé fourbe, un félon failli qui ne peut honorer sa dette (mais félon il peut l’être, il est blanc après tout).
      • Très peu d’humour britannique contrairement à la version de 1956, dans la nouvelle version le comique tourne plutôt autour du ridicule qu’inspire le maladroit Fogg.
      • Le ton est souvent agressif.
      • Faisant le tour du monde où de nombreux personnages de couleur peuvent être mis en valeur pourquoi changer la race de Passepartout pour en faire un noir ? Juste pour provoquer ?
      • Dialogues fréquemment sans intérêt, didactiques ou lourds.
      •  Bref, feuilleton le plus souvent sentencieux et ennuyeux, malgré de gros moyens de production et un rythme rapide.


      Le journal 20 Minutes nous relate la genèse de cette « modernisation » :

      Tout a commencé il y a cinq ans chez un bouquiniste. « Nous cherchions de grandes histoires avec du souffle. Le Tour du monde en quatre-vingts jours s’est imposé », se souvient le producteur Simon Crawford Collins, que 20 Minutes a rencontré au festival Canneséries [l’anglais « series » a remplacé le mot français « feuilleton » dans le sens d’histoire découpée en épisodes]. En pleine crise des [im] migrants [illégaux], alors que le Royaume-Uni se déchire sur le Brexit et que Trump est élu aux États-Unis, « nous avions l’impression que des murs se construisaient un peu partout dans le monde », explique-t-il. Adapter le roman de Jules Verne semblait « vraiment opportun, et avant même d’avoir entendu parler du Covid. » « Une occasion de montrer le monde, d’autres peuples et cultures » [au-delà des clichés on en voit très peu, on est dans l’exotisme de pacotille], renchérit le scénariste, producteur et cocréateur de la série avec Caleb Ranson, Ashley Pharoah.

      « Des personnages authentiques avec des failles »

      La série rend hommage aux grands films d’aventures, comme on en voit trop peu, à la façon d’un Indiana Jones ou des Diamants du Nil. [C’est exact.] « C’est un peu passé de mode, mais je pense qu’après la crise du Covid, que le monde a besoin d’aventures, surtout si elles ont du cœur et peu de cynisme », estime le créateur. « Souvent tout tourne autour de l’action, et pas assez autour de l’émotion. Ashley a trouvé le moyen de mélanger l’action avec des personnages authentiques, avec des failles », considère le producteur.

      Phileas Fogg dans l’édition Hetzel. Jules Verne le décrit comme un « fort galant homme », « l’un des plus beaux gentlemen de la société anglaise », « haut de taille », « blond de cheveux et de favoris ».

      Cette adaptation prend [beaucoup !] des libertés tout en respectant l’esprit de l’œuvre d’origine. « Je pense que faire de Phileas Fogg un antihéros blessé, un peu naïf, presque enfantin, est une idée moderne [mais justement pas fidèle à l’esprit originel]. Il va au même club tous les jours, il y mange la même chose et il voit les mêmes personnes… Et une petite carte postale va changer tout cela », raconte le scénariste. Passepartout est tout l’opposé. [Normal, Fogg est blanc donc décadent, névrosé, tourmenté et faible, ce Passepartout est noir donc débrouillard, plein de vitalité, dynamique, etc.] « C’est un homme qui ne se pose jamais, qui a peur de tomber amoureux, peur de s’installer », continue-t-il.

      Si le rôle de Phileas Fogg n’a pas été écrit spécialement pour David Tennant, l’acteur s’est vite imposé comme le seul capable d’incarner parfaitement ce gentleman. « Il fallait qu’on saisisse les traumatismes qu’ils cachent. Nous devions trouver un capable d’être drôle, et d’avoir cette profondeur. On s’est dit : “David Tennant serait parfait pour cela” ».

      Jean Passepartout dans l’édition Hetzel. Jules Verne le décrit comme « de physionomie aimable », « les yeux bleus », « le teint animé », « la taille forte, une musculature vigoureuse ».

      « Nous voulions un personnage féminin fort »

      Pas de détective Fix dans cette version, mais une journaliste intrépide, jouée par l’Allemande Leonie Benesch. « Abigail Fix est notre invention. Nous voulions un personnage féminin fort. En tant que reporter, elle représente un peu le public. Quand Phileas Fogg est malpoli avec ses hôtes en Inde, elle le remet en place et lui rappelle les bonnes manières. Mettre en avant son féminisme nous sert, à la fois en tant que thème, mais aussi pour apporter de l’humour comme lorsqu’elle balance “une femme a autant besoin d’un homme qu’un poisson d’une bicyclette” », glisse le créateur. [Quelle saillie drolatique ! De l’humour féministe à n’en point douter…]

      L’humour joue la carte du choc des cultures, notamment entre le Britannique Phileas Fogg et le Français Jean Passepartout, en revanche, pas question de moquer les autres cultures [sauf de l’Anglais incarnant l’Occidental maladroit ou malpoli ?]. « Le colonialisme est un sujet brûlant. Voilà, un aristocrate Anglais qui fait le tour du monde. Nous devions donc trouver un sens de l’humour pour permettre un contrepoint. Nous ne rions pas des gens qu’il rencontre, mais nous rions de sa réaction embarrassante », analyse Ashley Pharoah.

      Et d’ajouter : « David Tennant apporte lui-même beaucoup d’humour, parce qu’il est hyperprécis. Il a parfaitement saisi toutes les nuances. C’est le rêve des scénaristes d’avoir un acteur qui apporte beaucoup plus que ce qu’il y a sur le scénario. » « Ibrahim et Leonie sont beaucoup moins expérimentés que David. Il leur a servi de modèle extraordinaire à suivre, en apportant à chaque fois une petite touche en plus. Ils se sont révélés tous deux brillants et professionnels », se réjouit Simon Crawford Collins. L’alchimie du trio à l’écran est telle qu’une saison 2 a d’ores et déjà été commandée !  

      [Aïe ! Les sous des contribuables seront à nouveau investis dans la « modernisation » des classiques qui n’en demandaient pas tant.]


      dimanche 26 décembre 2021

      Faut-il vacciner les 5-12 ans contre le SARS-CoV-2 ? Entretien avec une épidémiologiste

      Avec Alice Desbiolles,  médecin épidémiologiste spécialiste de la santé publique. Selon la Haute Autorité de Santé, la vaccination contre le Covid-19 est désormais recommandée dès l'âge de 5 ans pour les enfants « qui présentent un risque de faire une forme grave de la maladie, de décès et ceux qui vivent dans l'entourage d'une personne immunodéprimée ou vulnérable non protégée par la vaccination et n'ayant pas pu être vaccinée. »


      La stratégie axée sur le seul vaccin et le passeport vaccinal est-elle efficace contre le variant Omicron ? (m à j)

      Données islandaises, les double vaccinés (bleu foncé) proportionnellement beaucoup plus sujets à un infection par omicron que les non-vaccinés (bleu clair), les triples vaccinés (noir) voient aussi leur taux d'infection monter vite.


      Le Dr. Kierzek contre la stratégie du tout-et-seul vaccin et du passe vaccinal.


      Dre Alice Desbiolles : « Le Sars-CoV-2 n’est pas un bon candidat à l’éradication », car il ne faudrait pas de réservoir animal de cette maladie (or ils existent) et que ce vaccin soit stérilisant (comme pour la variole ou la polio par exemple où il met fin à la transmission), ce n’est pas le cas. » Plusieurs chevreuils au Québec auraient contracté la Covid. En Iowa, plus de 82 % des chevreuils ont contracté la Covid. Rappelons que sept principaux coronavirus sont généralement cités comme pouvant contaminer l’humain, quatre d’entre eux sont considérés comme sources d’infection bénignes : 229E, NL63, OC43 et HKU1. Ils seraient la cause de 15 à 30 % des rhumes courants. Aucun vaccin n’a jamais été mis au point et inoculé en grand nombre contre ceux-ci avant la Covid-19. En effet, les éléments viraux produisant l’immunité ne sont souvent pas assez conservés dans la même famille virale. « Ainsi, s’il y avait eu un vaccin contre le coronavirus de 2003, il est pratiquement certain qu’il n’aurait pas marché de manière satisfaisante contre le Covid-19 », selon Bruno Canard, directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) à l’Université Aix-Marseille. 

      « Nous devons nous concentrer sur la protection des personnes à risque de formes graves », de conclure Alice Desbiolles.


      Ce qui désorganise le pays, ce n’est pas le virus, mais des protocoles disproportionnés, peu efficaces et non ciblés qui abiment les indicateurs sanitaires, sociaux et économiques.

      Étude JAMA citée : https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2787098

      Nous allons très certainement vivre avec ce virus. Il faut renforcer le système de santé et ne pas réduire la santé aux seuls indicateurs Covid. Il est très important d’avoir une lecture globale de cette gestion de crise. 5/5 Sur l’endémicité, lire : https://www.nature.com/articles/d41586-021-00396-2

      Pour Véran en juillet, les vaccins suffiraient à protéger de l’infection au Covid-19

      « Si nous étions tous vaccinés, le virus ne pourrait plus cheminer. La protection collective c’est ça. »

      Déclaration du Dr Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé de la France en date du 13 juillet 2021.

      À opposer à ceux qui disent aujourd’hui à la Noël 2021 que : « Il n’a jamais été prétendu que les vaccins étaient efficaces contre la transmission. »

      Pour Rachel Maddow la passionaria de l’extrême gauche le vaccin empêcherait la propagation

      La présentatrice phare de MSNBC, la très gauche et toujours très sûre d’elle-même, Rachel Maddow disait la même chose le 29 mars 2021 : le virus empêchera la propagation du virus. Aucune mention des formes graves, la simple propagation.


      Transcription du début de la vidéo ci-dessus : « Cela signifie au lieu que le virus puisse sauter d’une personne à l’autre, se propager et se propager, rendant certains d’entre eux malades, mais pas tous, et ceux qu’il ne rend pas malades ne savent pas qu’ils l’ont et ils le donnent à plus de gens parce qu’ils ne l’ont pas reconnu, n’est-ce pas ? Au lieu que le virus puisse passer d’une personne à l’autre, muter potentiellement et devenir plus virulent et résistant aux médicaments en cours de route, nous savons maintenant que les vaccins fonctionnent suffisamment bien pour que le virus s’arrête avec chaque personne vaccinée. Une personne vaccinée est exposée au virus. Le virus ne les infecte pas. Le virus ne peut alors pas utiliser cette personne pour aller ailleurs. Il ne peut pas utiliser une personne vaccinée comme hôte pour infecter plus de personnes. » 

      Les pleinement vaccinés attrapent désormais la Covid autant que les non-vaccinés en Ontario

      Les deux courbes (non-vaccinés, entièrement vaccinés) se rejoignent le 24 décembre. Avec une forte augmentation des cas de personnes entièrement vaccinés ces derniers jours alors que le variant omicron se propage.




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      Noël, le Jour de l'An, les Étrennes, la bénédiction du pater familias au Canada français


      Article du Devoir de 2006 en question

      Il est un jour entré dans nos vies en passant par la cheminée. Depuis ce jour, on ne remet plus, ou si peu, son existence et son pouvoir en question. Le père Noël, tel qu'on le connaît aujourd'hui, n'a pourtant pas toujours vécu parmi nous. Dans Hourra pour Santa Claus, un essai qui paraît chez Boréal, le sociologue Jean-Philippe Warren retrace l'histoire de l'arrivée au Québec, à la fin du XIXe siècle, du gros bonhomme vêtu de rouge, qui a supplanté le petit Jésus dans nos maisons comme distributeur de cadeaux.

      En fait, avant la moitié du XIXe siècle, c'est bien le jour de l'An, et non Noël, qui est la grande fête de l'hiver dans la vie des Canadiens français. C'est à ce moment-là que la parenté se retrouve et échange des cadeaux [les Étrennes]. La fête de Noël, quant à elle, passe pratiquement inaperçue. Les collégiens n'ont pas de congé scolaire à cette occasion et ne retournent pas dans leur famille pour la célébrer. Tout au plus fréquente-t-on la messe de minuit et confectionne-t-on un petit réveillon à la maison. «[...] à une exception près, aucun article de The Gazette de Montréal ne mentionne Noël entre 1785 et 1840», note Warren. Noël est alors l'une parmi d'autres très nombreuses fêtes religieuses du calendrier. Mais vient la révolution industrielle, et les patrons d'entreprise de cette époque font pression pour que le nombre de fêtes de ce calendrier, qui sont autant de congés pour les employés, diminue.

      Entre le XVIIe et la fin du XIXe siècle, le nombre de fêtes d'obligation passe, au Canada, de 40 à neuf, relève Warren. «Les temps modernes sont temps de progrès par l'accroissement du temps de travail. On ne peut tolérer que le quart de l'année (40 jours de fête et 52 dimanches) soit rendu improductif. En 1900, 85 % des jours sont disponibles pour le travail», écrit, à ce sujet, Ollivier Hubert, dans Sur la terre comme au ciel.

      Moins de fêtes, donc, et par conséquent plus de temps pour les espérer et les préparer. C'est l'une des explications que propose Jean-Philippe Warren pour justifier l'ampleur phénoménale qu'a prise la fête de Noël depuis plus d'un siècle. L'autre étant, bien entendu, la venue de la société de consommation. Quant à Santa Claus, qui deviendra ensuite le père Noël, c'est un Allemand d'origine, qui a transité à travers la Hollande pour devenir momentanément Sinter Klaas [Saint Nicolas en néerlandais], avant d'être adopté aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Contrairement à saint Nicolas, personnage mythique d'origine française et qui ressemble à Santa Claus à plusieurs égards, ce dernier donne indifféremment à tous les enfants. En effet, alors que, traditionnellement, saint Nicolas était accompagné du père Fouettard [en France, Belgique, Hollande et en Allemagne] et emmenait les enfants qui n'avaient pas été sages dans une grotte, Santa Claus est généreux sans condition.

      Rien de tel que ce gros bonhomme prodigue pour faire le bonheur d'une société de consommation en émergence, avec en ligne de front les nouveaux magasins à rayons, dont le refrain est de vendre, vendre, vendre, à tout prix et à tout le monde. Ce sont les magasins John Murphy, Scroggie's, Hamilton, S. Carsley, Au bon marché, Dupuis frères et Zéraphin Paquet qui ouvrent, à la fin du XIXe siècle, leurs édifices à étages à Montréal, rue Sainte-Catherine ou Saint-Joseph.

      «Autrefois, c'était bien le petit Jésus qui distribuait les cadeaux», précise Warren. C'est lui qui venait remplir de présents les petits souliers des enfants durant la nuit. Mais n'était-il pas devenu embarrassant de mettre en vitrine autant de petits Jésus qu'il y a de magasins, ou encore de faire monter des petits enfants sur les genoux d'un chérubin pour établir leur liste de souhaits pour Noël?

      Car ce sont les marchands, d'abord et avant tout, qui ont intérêt à importer au Canada français la folie de Santa Claus qui a gagné l'Amérique anglophone. Non contents d'attirer chez eux les milliers de consommateurs en mal d'étrennes à donner, ils forcent ensuite les parents à leur rendre visite avec leur famille en créant entre leurs murs de véritables pays des jouets, qui se reproduisent de commerce en commerce. C'est sans parler du célèbre défilé du père Noël, qui attire des milliers d'enfants dans la rue. La formule, désormais incontournable, a dû être jugée gagnante puisqu'elle a réussi à se frayer un chemin jusqu'à nous.

      Ainsi, à partir de la fin du XIXe siècle, inverse-t-on, le jour de Noël, le rapport qui régit habituellement les relations entre parents et enfants. Alors que la société traditionnelle était axée vers les besoins, la nouvelle société de consommation est orientée vers le désir, note Warren. Et qui de mieux que les enfants pour entretenir cette fièvre débridée du désir, cette envie de goûter et de toucher à tout, sans distinction et sans réserve? «L'enfant veut tout et n'importe quoi», relève Warren. En ce sens, il est tout à fait en phase avec la mentalité nouvelle des commerces, avec leur avalanche de jouets bruyants et d'objets de luxe, mêlant allègrement le nécessaire et le superflu.

      Reste que les Canadiens français n'ont pas fait la vie si facile à Santa Claus, cet Allemand d'origine à l'accent américain. À son arrivée ici, le rouge bonhomme est en fait un illustre inconnu. «Au début, il fait peur aux enfants», dit Warren en rigolant. Puis vient la Première Guerre mondiale, et le passé allemand de Santa Claus ne lui fait pas bonne presse.

      «On se sert au Québec des hostilités avec l'Allemagne pour monter une campagne contre cet immigré teuton, ce "prince de la camelote teutonne", ce "gros vieil Allemand du pôle Nord", ce fantoche "made in Germany" [in Deutschland hergestellt], ce "boche", infiltré pour ainsi dire illégalement dans le pays et qui mériterait d'en être prestement délogé», écrit Warren.

      Il fallait donc tout au moins rebaptiser Santa Claus.

      «Saint Nicolas, de par son nom, aussi de par sa figure plus émaciée et son allure plus austère, sans compter sa fréquentation du père Fouettard, continuait à être trop associé à l'univers religieux dans une société de plus en plus gagnée par la commercialisation et l'industrialisation», ajoute-t-il. C'est donc le père Noël, précédé du bonhomme Noël et du petit Noël, qui gagnera le cœur des Québécois et qui a pignon sur rue ici depuis lors.

      Il n'y a d'ailleurs pas que les origines allemandes de Santa Claus qui incommodaient les nationalistes canadiens-français. La frénésie de cadeaux qui n'ont rien de catholique fait aussi froncer les sourcils des conservateurs, qui suggèrent l'achat d'images pieuses plutôt que les oursons en peluche devenus l'usage. Mais la grande fête de la générosité et de la consommation, traînant les paradoxes les plus criants, allait avoir raison de la morale, tout en récupérant certaines de ses valeurs, dans une sorte de syncrétisme dont, il faut l'avouer, tout un chacun s'accommode depuis sans problème.

      Car la fête de Noël, avec tous ses excès, a bien fini par rallier les marchands et le clergé. Les premiers parce que la fête fait évidemment leur affaire et leur promet les ventes les plus importantes de l'année, les seconds parce que, fête religieuse d'abord et avant tout, elle supplante le jour de l'An, fête païenne, dans les mœurs de la population et redonne, malgré tout, entre le clinquant et la pacotille, une place certaine à la Nativité.

      Présentation de l'éditeur

      On s'imagine d'ordinaire que le Noël qui fait désormais partie de notre culture nord-américaine est de création récente. C'est pourtant dans le dernier quart du XIXe siècle qu'a été progressivement moulé, dans les officines commerciales, le nouvel esprit de Noël. Cet esprit s'impose à travers deux grandes batailles. D'une part, le petit Jésus a progressivement été remplacé par Santa Claus. D'autre part, au fur et à mesure que l'on avance dans le siècle, la fête de Noël tend à supplanter le jour de l'An dans la culture populaire. En cherchant à comprendre comment la fête de la Nativité est devenue l'événement mercantile par excellence de la société contemporaine, l'auteur nous invite à nous interroger sur l'origine et la genèse de coutumes qui nous semblent immémoriales. Le sociologue Jean-Philippe Warren nous donne ici un livre aussi divertissant qu'érudit.

      Hourra pour Santa Claus !
      par Jean-Philippe Warren,
      paru en octobre 2006,
      chez Boréal,
      à Montréal
      Pages : 304 pp
      ISBN : 9782764604861 (2764604866)

      jeudi 23 décembre 2021

      Québec — des médecins et chercheurs sont-ils censurés ?


      Au Québec, alors que la vaccination des enfants a commencé, certains experts concernés dénoncent l’absence de débat sur le sujet et sur le prolongement des mesures sanitaires. Le professeur Patrick Provost fait partie de ces rares voix dissidentes.

      « Dans les médias, les seuls médecins qui osent remettre en question des décisions du gouvernement sont retraités. De peur d’être sanctionnés, les médecins qui pratiquent n’osent rien dire ! Ça en dit long sur la liberté des médecins au Québec actuellement », fustige Patrick Provost.

      Professeur et chercheur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, à Québec, M. Provost dirige depuis vingt ans un laboratoire de recherche sur la biologie des ARN. Il y a mené des travaux de recherche sur l’ARN de plusieurs virus, parmi lesquels le VIH, l’hépatite C, Ebola et plus récemment le SARS-CoV-2, qui provoque la Covid-19.

      Vaccination des enfants, [autre] sujet tabou ?

      Patrick Provost déplore le « climat de censure » qui empêcherait les chercheurs dans le domaine de la santé de prendre position sur les mesures sanitaires et autres décisions liées à la pandémie :

      « Il est aberrant qu’aucune discussion n’ait eu lieu sur la vaccination des enfants, alors que la balance risques-bénéfices est clairement désavantageuse. C’est une loterie, puisqu’on ne connaît pas encore les effets secondaires à long terme […] On voit que les décisions sont souvent plus politiques que scientifiques », tonne le professeur au Département de microbiologie-infectiologie et immunologie de l’Université de Laval.

      Le 29 novembre dernier, la direction cette même université a annoncé qu’elle se « dissociait entièrement » des propos tenus par l’un de ses professeurs de biologie, Nicolas Derome, au sujet des risques que pouvait selon lui représenter la vaccination des 5 à 11 ans. Aucune sanction n’a toutefois été annoncée à l’encontre du chercheur pour sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

      « Ces propos ne reflètent d’aucune façon les positions de l’Université Laval et de sa Faculté des sciences et de génie quant à la crise sanitaire », a déclaré Andrée-Anne Stewart, porte-parole de cette institution.

      Pour Patrick Provost, cette nouvelle affaire s’ajoute au retrait quelques heures après sa publication d’une lettre signée par le docteur René Lavigueur, parue le 26 octobre dernier dans le journal La Presse.

      Un grand journal retire la lettre d’un médecin

      Intitulée « Les dilemmes d’un médecin de famille en temps de pandémie », la lettre mettait l’accent sur l’importance du consentement libre et éclairé des patients pour recevoir un vaccin. Toutefois, elle contiendrait un certain nombre de fausses informations concernant la vaccination des enfants, selon une réplique parue deux jours plus tard. Un argument qui ne convainc guère notre interlocuteur, pour qui les experts qui critiquent certaines mesures font l’objet d’une bien plus grande vigilance de la part des médias que ceux qui soutiennent la politique sanitaire des autorités. Un exemple de deux poids, deux mesures ?

      « L’Université Laval va toujours se dissocier des opinions contraires de ses professeurs qui ne reflètent pas la politique officielle du gouvernement du Québec sur la pandémie. […] La plupart des médecins que l’on interroge répètent que le système de santé est sur le point de s’effondrer, mais la Covid est seulement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Accuser une goutte au lieu de vider le vase n’a pas de sens », tranche Patrick Provost.

      Fin juillet 2021, le journaliste Stéphan Bureau a été étrillé par l’ombudsman (médiateur chargé de recevoir les plaintes des citoyens) du réseau Radio-Canada pour avoir invité le médecin Didier Raoult à son émission Bien entendu.

      La polémique Didier Raoult

      L’ombudsman a estimé que le célèbre journaliste avait enfreint les normes et pratiques journalistiques en se montrant trop complaisant envers le directeur de l’IHU Méditerranée Infection. Une autre affaire illustrant le manque d’ouverture envers les points de vue divergents au Québec, estime le professeur Patrick Provost :

      « Je ne suis pas une marionnette. Pourquoi ne parle-t-on pas à des chercheurs indépendants qui ne sont pas en situation de conflit d’intérêts ? […] De quoi ont-ils vraiment peur, les scientifiques qui portent la parole du gouvernement ? Si un argument évoqué par un collègue ne tient pas la route, ils ont juste à le contredire. »
      Le gouvernement québécois de François Legault a décrété l’état d’urgence sanitaire le 13 mars 2020 durant la première vague de la pandémie. Il n’a jamais été levé depuis, ce qui lui permet de contourner nombre de procédures à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a annoncé qu’il n’abandonnerait pas les pouvoirs exceptionnels qui lui sont confiés avant la fin de la vaccination des 5 à 11 ans, courant 2022.

      Source

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      Bel unanimisme idéologique des syndicats québécois : « Adapter l’école aux garçons nuirait à leur réussite »
       
      Les Québécois veulent un unanimisme complet. Le déficit démocratique est énorme et l’on n’est déjà plus capable de tolérer qu’une dizaine de chroniqueurs critiquent certaines mesures en réclamant davantage d’équilibre.  Covid — L’Occident paralysé par la peur de la mort ?
        

       

       

      mardi 21 décembre 2021

      Titania, le compte woke parodique

      « La parodie n’est qu’un wokisme avec un peu d’avance. »

      En publiant des gazouillis woke parodiques, le compte Titania McGrath, tenu par le comédien Andrew Doyle, a prédit une quinzaine de réelles polémiques.

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      Stratagème pour éviter le concours à Sciences Po : les profs inscrivent leurs enfants dans écoles de banlieue sélectionnées

      Dans son dernier livre La France n’a pas dit son dernier mot, Éric Zemmour relate un entretien qu’il a eu l2 septembre 2016 avec Frédéric Mion, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) de 2013 à 2021. Il a démissionné en 2021 dans le cadre d’une affaire d’inceste qu’il avait cachée. La macronie sachant protéger les siens, Mion a réintégré le Conseil d’État à partir du 10 février 2021.

      Dans sa conversation avec Zemmour, Mion concède que certaines critiques de Zemmour à l’encontre de Sciences Po étaient fondées :

      À un moment, il baissa la voix : « je vous avoue que le système mis en place par Richard Descoings [prédécesseur de Mion à la tête de Sciences Po] est un peu à bout de souffle. Les profs ont repéré les lycées de banlieue que nous avons sélectionnés et y mettent leurs enfants pour qu’ils soient dispensés des épreuves écrites. Autant les supprimer pour tous.

      […] Il faut bien que vous compreniez, un parcours comme le vôtre serait impossible aujourd’hui. Il y a une trop grande différence entre un élève d’un lycée de banlieue et celui d’un grand lycée parisien. Il lui faudrait cent ans pour rattraper ce retard. »

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