samedi 4 mai 2019

« La légende noire du clérico-natalisme »

Nous avons tous entendu l’histoire de la mère de famille canadienne française qui s’est fait refuser les sacrements, car elle n’enfantait pas suffisamment aux vues du curé. Que disent les documents historiques ?

L’historien Jean-Claude Dupuis fait la lumière sur cette question avec sa présentation : « La légende noire du clérico-natalisme. » M. Dupuis parlera aussi du problème démographique actuel.



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vendredi 3 mai 2019

Réformes Blanquer : les nouvelles épreuves d'histoire-géographie au bac sont scandaleuses



Quelques citations :

« Les programmes scolaires d’Histoire/Géographie sont faits avec une chape de plomb idéologique. »

« les élèves sont des cobayes d’une déconstruction de notre Histoire, de notre géographie et de notre culture »

« La réforme du bac [par Blanquer, à 18 ans], les épreuves histoire-géographie sont scandaleuses, cette nouvelle formule revient à des épreuves du brevet des collèges [à 15 ans], plus de composition, plus de dissertation ».

Patrick Boucheron dont il est question dans la vidéo ci-dessus est un spécialiste du Moyen Âge et de la Renaissance, particulièrement en Italie. Selon Éric Aeschimann, de l’hebdomadaire de gauche L’Obs, dans un article consacré à la leçon inaugurale de Patrick Boucheron, avec l’arrivée de ce dernier « le Collège de France vire à gauche ». En 2017, sous sa direction est publiée une Histoire mondiale de la France, encensée par de nombreux médias conformistes. Pour Alain Finkielkraut, cet ouvrage est un « bréviaire de la bien-pensance et de la soumission ». Il décrit ses auteurs comme des « fossoyeurs du grand héritage français » qui « n’ont que l’Autre à la bouche et sous la plume » mettant en doute que le fait qu’affirmer qu’il n’y a pas de civilisation française et que la France n’a rien de spécifiquement français puisse contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble. Pour sa part, Éric Zemmour dénonce dans Le Figaro une manière de faire de l’histoire qui revient à « dissoudre la France ». L’ouvrage s’inscrit, selon lui, dans une volonté de déconstruction de notre « roman national » présente dans l’Éducation nationale depuis les années 1970. Il dénonce une histoire selon laquelle il n’y aurait « pas de races, pas d’ethnies, pas de peuple », mais que des « nomades » et estime que Boucheron veut « renouer avec le roman national, mais ne garder que le roman pour tuer le national ». Dans cet ouvrage, le parti pris est évident : « tout ce qui vient de l’étranger est bon ». L’essayiste Philippe Conrad note dans La Nouvelle Revue d’histoire que si certaines collaborations sont intéressantes, la volonté de Patrick Boucheron de présenter la France uniquement comme une construction idéologique et de réduire à néant ce que les auteurs dénoncent comme un « roman national » n’échappe pas parfois au ridicule comme pour la réduction de l’année 1917 à une révolte des Canaques en Nouvelle-Calédonie ou l’assimilation du mouvement Nuit debout à la Commune de Paris.

Note sur l'école à la maison

Madame Barbara Lefebvre distingue habituellement clairement la mission d’instruction du ressort de l’école choisie par les parents et celle d’éducation qui ressortit aux parents.

Dans le cas de l’école à la maison, elle s’insurge que des parents musulmans se prémunissent de cette possibilité pour éviter une nouvelle obligation d’aller à l’école dès 3 ans. Madame Lefebvre ne s’oppose pas, paradoxalement, à ce choix des parents musulmans pour des raisons liées à l’instruction (savoir lire, écrire, compter) mais pour des raisons idéologiques (ces musulmans se replient dans un monde moralement trop rigoriste, distinct de la communauté nationale française). Cela peut se comprendre, mais cela n’a rien à voir avec l’instruction, d’autant plus que les bénéfices de l’école obligatoire à 3 ans ne sont en rien évidents... En effet, la France est déjà un pays où 97 % des enfants vont à la maternelle à 3 ans et pourtant ses résultats aux tests PISA sont mauvais, alors que la Finlande qui réussit nettement mieux que la France n’oblige la scolarisation qu’à partir de 7 ans !

Mais l’on comprend que le manque d’intégration de populations issues de l’immigration justifie aux yeux de Mme Lefebvre cette volonté d’éduquer par l’État les jeunes de 3 à 6 ans. Et l’on voit bien là une conséquence d’une immigration trop importante qui s’intègre mal, notamment parce qu’elle est trop nombreuse et peut ne pas ressentir la nécessité de s’intégrer à une société d’accueil parfois perçue comme étrangère ou en déclin.

On assiste au même phénomène au Québec où le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a décidé de serrer la vis à tous les parents qui instruisent leurs enfants à domicile dans le but apparent de lutter contre des élèves juifs hassidiques qui continueraient à aller à des écoles talmudiques (c’est permis pourtant !) en prétendant, selon M. Roberge, apprendre les matières scolaires de base à la maison.  Rappelons que ces élèves juifs étaient pourtant déjà suivis par leur commission scolaire (malheureusement anglophone...) et déjà évalués.

L’immigration de masse de populations très diverses aboutit à la limitation des libertés des populations historiques dans le but d’assimiler ces populations étrangères. C’était déjà l’argument utilisé pour abolir les programmes d’éducation morale ou religieuse et les remplacer par le contesté programme d’éthique et de culture religieuse. Gageons que dans le cas des juifs hassidiques ce resserrement sera sans effet au niveau de l’assimilation culturelle, mais que les parents québécois eux subiront bien des contrôles tatillons supplémentaires, le plus souvent inutiles ou mésadaptés.

mercredi 1 mai 2019

Éducation, l'échec d'un système ?

Barbara Lefebvre, enseignante dans le secondaire jusqu’à l’an passé, dresse un constat est accablant : la nouvelle génération présente tous les signes d’un individualisme grandissant.

La faute à un système d’éducation en déliquescence et démissionnaire. Elle développe cette thèse pessimiste tout au long de son ouvrage Génération « J’ai le droit » aux Éditions Albin Michel.


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Un homme qui se dit femme fracasse quatre records d'haltérophilie féminine

Un homme biologique qui s’identifie comme une femme a provoqué un scandale dans le monde du sport en battant quatre records mondiaux d’haltérophilie. Ses homologues féminins jugent qu’il est injuste de reconnaître les performances d’un sportif qui ne soit pas physiquement comme ses rivales.

« Mary » Gregory (ci-contre), un haltérophile, a suscité une réaction très négative chez certaines Olympiennes après avoir annoncé qu’il avait battu quatre records du monde d’haltérophilie féminine à une compétition de 100 % Raw Weightlifting Federation aux États-Unis.

Mary Gregory a déclaré sur Instagram qu’elle avait remporté la victoire « neuf fois sur neuf », notamment en établissant quatre nouveaux records mondiaux.

L’ancienne nageuse olympique britannique, Sharron Davies, s’était déjà prononcée auparavant contre la participation de transgenres aux compétitions, affirmant sur Twitter : « Tous les records établis par une femme transgenre (un homme né avec une biologie et des avantages masculins) doivent être effacés lorsque toute cette confusion et cette injustice sont comprises. »

​Cette fois-ci, la sportive a prétendu qu’il s’agissait d’un « terrain de jeu injuste ».

« C’est une femme transgenre, un corps masculin avec une physiologie masculine, qui établit un record mondial et remporte une compétition féminine en haltérophilie en Amérique. Une femme avec une biologie féminine ne peut pas rivaliser. C’est un terrain de jeu injuste et inutile », a-t-elle écrit.


Une autre athlète olympique britannique, Kelly Holmes, a commenté le message de Mme Davies sur Twitter, affirmant qu’elle « se préparait à ce que les femmes biologiques boycottent certains événements ». « C’est une sacrée bonne blague », a-t-elle ajouté.

Tyrannie de la modernité : Des jeux vidéo à l’école...

Texte de Mathieu Bock-Coté :

Une des plus grandes peurs de l’homme de notre temps, c’est de ne pas être assez moderne. Elle le hante. Alors il guette les modes, vestimentaires, culturelles, politiques et intellectuelles en cherchant chaque fois à se mettre au diapason de son époque. S’il n’y parvient pas, il se sentira déclassé, déphasé et ringard. On le traitera de conservateur. Et même de réactionnaire.

La plupart de nos contemporains, qui n’ont pas l’estomac assez solide pour supporter la controverse, décident alors de suivre la vague. Faire le mouton, ça peut être très rassurant.

Technologie

Et cette très vilaine manie s’est emparée de l’école. Depuis longtemps d’ailleurs. Alors qu’elle était porteuse d’une riche tradition humaniste, l’école s’est laissée réformer au cours des dernières décennies par mille innovations pédagogiques plus loufoques les unes que les autres. Il fallait relativiser, ou même abolir, le rapport entre le maître et l’élève, et cela, au nom d’une éducation anti-autoritaire.

Il fallait aussi rendre la culture moins intimidante. On a chassé les grands textes de la littérature pour proposer une lecture plus proche du quotidien de l’élève. On a ainsi favorisé un processus de déculturation à grande échelle. La nouveauté n’est pas toujours créatrice. Elle peut être destructrice. Illusion du progressisme !

Mais cela dit, cette quête de la modernité à tout prix se révèle surtout aujourd’hui dans la volonté de connecter l’école aux nouvelles technologies. Le grand fantasme, c’est d’enseigner avec un écran. On rêve à l’école-iPad. On cherche à tout prix à transformer le téléphone portable en instrument pédagogique. Et maintenant, on veut en faire de même avec les jeux vidéo, en les intégrant au domaine des « sports électroniques ».

Dans une société cyberdépendante, où la jeunesse est soumise à un conditionnement technologique sans précédent, qui relève à certains égards de l’hypnose collective et de la manipulation des consciences, la présence hégémonique des écrans est en train de devenir un problème de santé publique.

C’est un tout autre rapport à l’éducation qu’il faudrait privilégier. Je m’imagine un instant ministre de l’Éducation. J’aurais un objectif clair : dés-écran-iser l’école. C’est-à-dire que je romprais avec la culture des écrans.


C’est autour d’un slogan qu’il faudrait se rassembler : à l’école, on se débranche ! À l’école, on renoue avec la concentration. [Lire : L'utilité de l'école : la formation de la faculté d'attention ] À l’école, on renoue avec la lecture. On renoue avec le livre. Et quand vient le temps de faire du sport, on en fait vraiment, sans la médiation d’une console de jeux vidéo. En d’autres mots, l’école devrait moins chercher à se plier à l’esprit de l’époque que résister à ses tendances destructrices.

Tradition

On nous répondra que les choses sont plus compliquées. Qu’il ne faut pas caricaturer. Qu’on peut faire un usage subtil et intelligent des jeux vidéo à l’école sans s’aplatir devant la civilisation du Nintendo.

Mais je ne le crois pas.

Un professeur qui connaît sa matière ; une classe attentive faite d’élèves au moins minimalement disciplinés ; une pédagogie fondée sur la culture et la transmission d’un patrimoine de civilisation : telle devrait être l’école québécoise.


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Fresque dans une école de Chicago : Cachez ces blancs que je ne saurais voir


Une fresque murale de l’époque de la Grande Dépression et qui représente des enfants blancs jouant à l’extérieur en hiver a été retirée de l’école moyenne (12-16 ans) Percy Julian à Oak Park dans les environs de Chicago, car, dans les mots des responsables de l’école, elle ne représentait pas la diversité actuelle de l’école.

« Enfant et sports - hiver », une fresque murale enlevée de la cafétéria de l’école moyenne Percy Julian.
Alors que d’aucuns ont déclaré que la fresque bouleversait les élèves de couleur qui se sentaient « exclus », un historien local a comparé cette suppression à un « autodafé moderne ».

Le directeur de l’école, Todd Fitzgerald, a annoncé l’élimination de la fresque en fin de semaine dans un courriel envoyé lundi au personnel de l’école.

« Des étudiants m’ont fait remarquer que cette image ne représente pas notre corps étudiant ni la diversité d’Oak Park », a écrit Fitzgerald. « Nous allons travailler avec le Cercle de justice sociale et notre Comité sur la diversité pour créer une fresque ou une toile qui représente mieux l’école moyenne Julian. »

Cynthia Brito Millan, coordinatrice du Cercle de justice sociale du collège, a déclaré que la campagne en vue de supprimer la murale avait commencé en février lors d’une réunion du conseil scolaire de district. Les élèves se sont dits frustrés par une ambiance d’exclusion à l’égard des étudiants de couleur — lesquels constituent 45 % du corps étudiant. Ces élèves ont cité la fresque comme exemple.

« Cette fresque occultait la présence d’élèves, car elle ne reflétait pas le corps étudiant actuel », a déclaré Brito Millan. « Comment un élève peut-il apprendre dans un environnement sain s’il se sent ignoré ? »

Brito Millan a déclaré que l’enlèvement de la fresque n’était pas un processus aisé et qu’il avait nécessité plusieurs réunions avec un conservateur. Elle espère que les élèves pourront collaborer avec un artiste local sur une future peinture murale représentant davantage de diversité.

La peinture murale — nommée « Enfant et sports - Hiver » — se trouvait dans le bâtiment depuis 2002. Elle était auparavant à l’école primaire Lowell qui a depuis lors fermé. Ethel Spears a peint cette œuvre en 1937 avec un financement de la Works Progress Administration (WPA), une agence New Deal créée en 1935 dans le but de créer des emplois pour les chômeurs et d’améliorer l’infrastructure du pays.

Dans le cadre du Projet artistique fédéral, le WPA a financé de 1935 à 1943 des artistes au chômage afin de doter d’œuvres artistiques des lieux publics tels que les écoles. La peinture murale est l’une des huit fresques réalisées à Oak Park. Une des fresques sœurs, « Enfant et sports - Été », se trouve à l’école moyenne Gwendolyn Brooks, dans la partie ouest de la banlieue. Les Blancs sont également les seules personnes représentées sur cette fresque.

D’autres peintures murales financées par WPA ont suscité l’indignation dans une autre école à Oak Park et dans d’autres villes, notamment certaines comprenant « des images stéréotypées de Noirs ou d’Amérindiens ».


La fresque était située en haut d’un mur de la cafétéria

« On ne peut pas effacer l’histoire »

David Sokol, professeur retraité d’histoire de l’art américain à l’Université de l’Illinois à Chicago, a qualifié l’enlèvement de la fresque murale d’« autodafé des temps modernes ».

«  La fresque n’a rien d’offensant ; elle montre seulement des enfants blancs qui jouent », a déclaré Sokol, auteur et résident d’Oak Park. « Ce n’est pas parce qu’il n’a pas d’enfants noirs que cela devient offensant. Elle ne contient aucun stéréotype [offensant]. C’est à cela que ressemblait Oak Park. On ne peut effacer l’histoire. »


Barbara Bernstein, fondatrice du New Deal Art Registry, a déclaré que le retrait de la fresque était une occasion manquée pour les étudiants de se familiariser avec l’histoire qui les entourait.

« Je pense que d’ôter une œuvre d’art historique c’est vraiment rendre un mauvais service », a déclaré Bernstein. « Votre environnement ne peut pas toujours vous refléter parfaitement. »

Sokol préférerait plutôt que l’école conserve la fresque et s’en serve comme d’un objet pédagogique ou l’équilibre en faisant peindre une autre fresque représentant l’Oak Park « ethnique » actuel.

Sur la façade de l’école figure déjà une mosaïque en hommage à Percy Julian, un scientifique afro-américain qui a vécu à Oak Park. L’école se nomme Julian Percy en son honneur. Un grand tableau de l’école représente également un enfant noir et un enfant blanc en train de grandir ; à un moment donné, on les montre se donnant la main.

Élèves devant la mosaïque à l’entrée de l’école


mardi 30 avril 2019

Eschyle interdit, Finkielkraut insulté: sectarisme à l’université

Faut-il s’habituer à de telles scènes ? Après avoir été chassé de Nuit debout, puis agressé en marge d’une manifestation des « gilets jaunes », c’est désormais en plein Saint-Germain-des-Prés, dans l’une des écoles les plus prestigieuses de France, que le philosophe Alain Finkielkraut a été pris à partie. Une poignée d’étudiants « antifas » du groupuscule Sciences Po en lutte Institut Clément Méric (sic) ont voulu empêcher la tenue d’une conférence organisée à l’IEP de Paris par une association d’étudiants souverainistes de l’école, Critique de la souveraineté européenne, qui avait convié l’auteur de L’Identité malheureuse.

Ces fondamentalistes d’extrême gauche avaient appelé sur Facebook au « rassemblement contre la venue » d’un homme « dont les propos ouvertement racistes et sexistes sont aussi dangereux qu’intolérables ». « Il ne peut pas exister de dialogue lorsque des individus aussi profondément réactionnaire qu’Alain Finkielkraut, par leur propos et leurs idées, mettent nos vies et nos existences en danger », soutenaient ces activistes. Heureusement, la conférence eut bien lieu grâce à la détermination des organisateurs, et le soutien de l’administration de Sciences Po, qui, il faut le souligner, fut à la hauteur des enjeux de la liberté d’expression. Avec dignité, Finkielkraut exprima son désarroi : « Je suis fatigué, bouleversé, de ne pas pouvoir mettre le nez dehors sans que des gens veuillent me faire la peau. »

« Cela en dit long sur le climat dégradé de la vie intellectuelle française », a aussi constaté l’intellectuel. En effet, ce genre d’intimidations se multiplie : il y a un mois, une représentation de la pièce Les Suppliantes d’Eschyle, qui devait se tenir à la Sorbonne, a été annulée, sous la pression de « groupuscules antiracistes ». Motif : certains comédiens blancs se seraient rendus coupables de « blackface » en portant des masques noirs.

Répétition de la pièce d’Eschyle avec les masques

Cet inquiétant sectarisme intellectuel qui gangrène nos écoles est aussi le énième symptôme de l’américanisation de la vie universitaire française. Sur les campus américains, en effet, il est devenu banal de faire annuler la venue d’un conférencier jugé intolérable pour une minorité d’activistes, qui privatisent l’espace public au nom de la revendication du droit à un « safe space », un espace protégé de paroles estimées offensantes. Chaque année d’ailleurs, l’association conservatrice William F. Buckley Jr, à Yale, honore une figure publique qui a été « désinvitée » d’un campus. Hasard du calendrier, l’association recevait justement il y a deux jours son lauréat de l’année, qui n’était autre que l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger. À 95 ans, le diplomate a été réduit au silence par des étudiants de la New York University (NYU) qui l’ont traité de « nazi » et de criminel de guerre, lui qui a pourtant fui l’Allemagne hitlérienne pour échapper aux persécutions et a pourchassé des officiers de la Gestapo à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les étudiants lui reprochaient d’être le symbole de la « domination blanche notamment, », par dans son la implication, guerre du Vietnam.

Voilà qu’on traite des juifs de nazis, et qu’on prétend chasser le décrété « intolérant » au nom de la tolérance. « Je leur ai dit : “Les fascistes, c’est vous ; les années 1930, c’est vous ; les autodafés de livres, c’est vous” », a réagi vivement Alain Finkielkraut mardi soir. Dans les années 1960, c’était les commandos d’extrême droite qui intervenaient pendant la pièce de Genet Les Paravents, à l’Odéon. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le GUD qui perturbe pièces de théâtre et conférences. D’ailleurs, l’ancien trotskiste Edwy Plenel lui-même eut les honneurs de l’amphithéâtre principal de Sciences Po l’an dernier, sans qu’aucune protestation, et c’est normal, n’ait eu lieu. Il faut se rendre à l’évidence : ce n’est plus désormais l’extrême droite qui menace la liberté d’expression sur les campus, mais l’extrême gauche [qui continue de le faire comme par le passé].

Cet incroyable renversement de la liberté d’expression a été magistralement analysé par Mathieu Bock-Côté dans son dernier livre, L’Empire du politiquement correct (Éd. du Cerf). « Les sensibles et les offusqués réinventent à leur manière le blasphème en mettant en avant le droit de ne pas être offensés », souligne le sociologue québécois. La bataille qui a eu lieu mardi soir n’est qu’un épisode dans une guerre de longue haleine qui se mène au cœur de nos démocraties libérales. C’est l’honneur de la France de résister à ce nouvel empire et de défendre bec et ongles la liberté de penser, la faculté de débattre, et la possibilité d’une conversation qui fonde la vie civique.



Source : Eugénie Bastié


Maternelle : facture de quatre à neuf fois plus élevée par classe que celle estimée par François Legault

Il en coûtera de 500 000 $ à 1 million par classe pour agrandir des écoles de la grande région de Montréal et d’ailleurs dans le but d’offrir la maternelle 4 ans, promesse phare de la Coalition avenir Québec (CAQ). C’est une facture de quatre à neuf fois plus élevée que celle estimée par François Legault en campagne électorale.

En janvier, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a demandé aux commissions scolaires de lui envoyer des demandes d’ajout d’espace pour ouvrir de nouvelles classes de maternelle 4 ans. Cette opération est nécessaire parce que des commissions scolaires manquent d’espace et ne peuvent accueillir un grand nombre d’élèves supplémentaires dans les locaux actuels.

Des commissions scolaires ont soumis au ministre des modifications à des projets d’agrandissement ou de construction d’école qui avaient déjà été autorisés par le Ministère. Certaines lui ont envoyé également de nouveaux projets.

Québec refuse de divulguer le résultat de sa consultation. Il se contente de dire que les commissions scolaires ont fait jusqu’ici des demandes de financement représentant l’ajout de 467 classes. Rappelons qu’il faudrait des milliers de classes de plus pour réaliser la promesse de la CAQ.

Une recherche de La Presse sur les demandes d’ajout d’espace montre que la facture s’annonce élevée. Elle révèle également que le Premier ministre François Legault a largement sous-estimé le coût pour la construction de classes de maternelle 4 ans.

122 400 $


Coût moyen par nouvelle classe de maternelle 4 ans prévu par le Premier ministre François Legault en campagne électorale (pour la construction de 1250 classes)

Dans le cas de demandes d’ajout d’espace provenant de neuf commissions scolaires et concernant l’aménagement de 263 classes, les dépenses prévues s’élèvent à 240 millions. M. Legault disait en campagne électorale que construire 1250 classes allait coûter 153 millions.

Grande région de Montréal

À Montréal, la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) a proposé au ministre Roberge d’agrandir des écoles afin d’ouvrir 46 classes. Coût de l’opération : 44 millions.

Les 46 classes ne seraient toutefois pas suffisantes pour répondre à la commande du gouvernement, celle d’offrir la maternelle 4 ans à tous d’ici à la rentrée de 2023. La CSPI estime qu’il faudrait 150 classes de plus. La solution ? Construire de nouvelles écoles et revoir la répartition sur le territoire des classes de tous les niveaux en tenant compte des établissements déjà existants. La CSPI chiffre à environ 25 millions le coût d’une nouvelle école de 20 classes.

La construction de nouveaux établissements est de toute façon inévitable à la CSPI, maternelle 4 ans ou pas. Elle a besoin également de 156 classes supplémentaires pour répondre à l’arrivée massive de nouveaux élèves de 5 ans et plus.

À Laval, la commission scolaire a demandé 80 millions de dollars pour ajouter une cinquantaine de classes de maternelle 4 ans à des projets d’agrandissement d’école déjà approuvés par le Ministère.

La présidente Louise Lortie explique que la construction de classes pour les 4 ans implique également l’aménagement de locaux supplémentaires au service de garde, voire l’ajout d’un gymnase ou d’autres installations lorsque le nombre d’élèves supplémentaires le commande. « On n’en a pas mis trop épais, et ce n’est pas parce qu’on veut que ça coûte cher. On a juste respecté les normes du ministère de l’Éducation », explique-t-elle.

La commission scolaire fait face elle aussi à une forte augmentation du nombre d’élèves, principalement à cause de la forte immigration (le nombre de naissances ne faisant que baisser au Québec depuis près de 10 ans) Des dizaines de salles de classe modulaires, préfabriquées, doivent être installées pour répondre à la demande, faute d’espace dans les écoles.

Rappelons que l’utilité de la maternelle à 4 ans ne fait pas l’unanimité parmi les partis politiques et les experts.

Source


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Québec — La maternelle 4 ans n’a pas atteint ses objectifs, selon une étude

La maternelle à 4 ans au Québec, étude : peu d’effets positifs


Cours d'éducation à la sexualité, débat à venir à Télé-Québec






Cours d’éducation à la sexualité du Monopole de l’Éducation du Québec

L’entrée en vigueur du nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité crée de la résistance.

Depuis septembre 2018, une formation sur différents aspects de la sexualité et à la théorie du genre est imposée à près d’un million de jeunes des niveaux primaire et secondaire au Québec. Une fois de plus aucune échappatoire... Le Premier ministre Legault (que certains prétendent conservateur) a brutalement fermé la porte à toute forme de contestation.

Pourtant, pour des groupes de parents inquiets et des organisations religieuses, la question n’est pas réglée. Ce programme d’éducation à la sexualité particulier doit-il être imposé à tous les élèves ?

Invités

• Jean-Yves Côté, avocat à l’Association des parents catholiques du Québec
• Martin Dubé, professeur en secondaire 5
• Israël Poulin, père de famille opposé au programme d’éducation à la sexualité
• Nesrine Bessaïh, présidente de la Fédération du Québec pour la planification des naissances
• Rébecca Thérien, mère de famille opposée au programme d’éducation à la sexualité chez les tout-petits
• Lili Boisvert, militante féministe qui fait aussi des capsules pour Télé-Québec, elle anime l’émission Sexplora, produite par Urbania.
• Julie Lemay, sexologue M.A. à la commission scolaire des Patriotes
• Célestine Uhde, élève de secondaire 5

Un peu d’amalgames bien orientés de la part des producteurs

Les producteurs insinuent sournoisement dans leur communiqué annonçant cette émission : « selon le ministère de la Santé, les cas d’infections transmises sexuellement ont augmenté depuis 2002, soit peu de temps après l’abolition du programme de formation personnelle et sociale. »

L’ennui c’est que les infections transmises sexuellement ont augmenté un peu partout en Occident ces dernières années sans qu’on y ait aboli les cours d’éducation sexuelle (voir liens ci-dessous). Voyons si la production de l’émission osera ressortir cet amalgame simpliste lors de la diffusion de l’émission.

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L’absence de nouveau programme d’éducation sexuelle explique-t-elle la hausse des MST ?

Programme d’éducation à la sexualité du Québec : lutter contre « les effets nuisibles des versions traditionnelles » des rôles sexuels

Éducation à la sexualité : « les craintes des parents sont légitimes » (Ce texte aurait mené à l’exclusion de la professeure Nadia El-Mabrouk d’un colloque syndical à cause de ses positions sur la laïcité et l’éducation à la sexualité.)

Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?




dimanche 28 avril 2019

« Progrès » : Des centaines d’adolescents se voient administrer des bloqueurs de puberté


À Londres, la clinique Tavistock and Portman NHS Trust propose un « Service de Développement de l’identité de genre ». Cinq médecins viennent de démissionner « en raison de désaccords par rapport aux traitements subis par des enfants présentés comme transgenres ». Lancé en 2010, ce programme d’expérimentation prévoit de bloquer la puberté d’enfants entre 10 et 16 ans, afin de « faciliter dans un second temps l’attribution de l’autre sexe, par voie hormonale ou chirurgicale ».

Mais, selon les médecins, « des enfants éprouvant des difficultés au niveau de leur sexualité sont erronément diagnostiqués comme transgenres », et ces expériences ne présentent pas de « résultats positifs », d’autant que « leur réversibilité fait débat, au niveau physique et psychologique ». Le pédiatre Russel Viner dénonce également ces expérimentations : « Si vous supprimez votre puberté pendant trois ans, les os ne se renforcent pas au moment où ils devraient, et on ne sait absolument pas ce que cela peut provoquer sur le développement du cerveau ».

En 2013, 800 adolescents s’étaient déjà vus prescrire des bloqueurs de pubertés par cette clinique, dont 230 avaient moins de 14 ans. En 2018, « ils arrivaient à 300 prescriptions par an, alors que la page Web du programme indique que “les preuves scientifiques de l’efficacité du traitement offert sont encore limitées” ». Cette pratique « est de plus en plus répandue dans les pays comme la Belgique, la France, les États-Unis, ou l’Italie où l’Agence du médicament a décrété le médicament entièrement remboursable par le Service de santé national, le 25 février dernier. »

Source : Institut Européen de Bioéthique 12/IV/2019

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