dimanche 9 septembre 2007

Tabou: impact de l'immigration sur les résultats et coûts scolaires

Extrait de 10 + 1 questions à Claude Allègre sur l'école. Claude Allègre fut le Ministre socialiste de l’éducation français de 1997 à 2000.
« Le nombre des élèves dans l’école primaire n’a pas augmenté. [il était de 4 551 293 en 1886 avant le mythique Jules Ferry dans une France de moins de 40 millions d'habitants et de 4 002 000 en 2000 (Quid 2002)] En revanche, la population des écoliers a un peu changé, du fait de la présence de nombreux enfants d’immigrés qui viennent de contrées dont la culture est profondément différente de la nôtre. L’immigration n’est certes pas un phénomène nouveau dans notre pays [minime pendant un millénaire avant 1860].

Mais c’est l’origine de l’immigration actuelle qui ajoute une difficulté supplémentaire à l’école primaire. La France a connu, au cours du siècle dernier, une immigration massive de Polonais qui venaient dans le Nord et dans l’Est pour y être mineurs. Au risque de heurter, je dirais qu’ils avaient avec le pays d’accueil un patrimoine commun : le catholicisme. Les prêtres ont joué un rôle très important dans l’intégration des enfants qui allaient au catéchisme et y recevaient un enseignement sur des bases communes aux petits Français, qu’on le veuille ou non.

L’Église catholique a été le ciment de cette intégration. Un processus un peu différent a joué plus tard pour les Italiens et, après la guerre d’Espagne, pour les Espagnols. Les jeunes, mais aussi les parents, apprenaient aisément et rapidement le français, les trois langues ayant des racines et des structures semblables. Et là encore, il y avait une culture commune : la culture gréco-latine chrétienne.
Le même processus ne joue pas aujourd’hui avec l’immigration d’origine maghrébine. Elle appartient à une culture fondamentalement différente de la nôtre. »
Notons que la France n’est pas seule à connaître ces résultats scolaires décevants dans les zones à forte immigration allophone.

D’autres pays européens connaissent une même corrélation entre une forte immigration et des difficultés scolaires accrues. Exemple : la Belgique où, comme le relatait le quotidien de Bruxelles Le Soir,
« Les performances scolaires des élèves issus de l'immigration sont toujours plus faibles que celles des Belges de souche, même si on isole le facteur socio-économique, la langue parlée à la maison et le type d'enseignement suivi.

Voilà ce qui ressort-il d'une étude de l'ULB rendue publique jeudi à Bruxelles par la Fondation Roi Baudouin. Ces résultats approfondissent, pour la Belgique, les résultats d'une enquête internationale PISA de l'OCDE, sortie en mai dernier.

Lorsqu'on examine les scores moyens en mathématiques dans les deux Communautés, on constate dans les deux cas des écarts importants entre élèves autochtones et élèves issus de l'immigration. Il existe également des différences entre élèves de la deuxième génération et les nouveaux arrivants.

En Communauté française, 17 % des élèves autochtones ont un niveau très faible en maths. Ils sont 36 % chez les élèves de la deuxième génération. Quant aux nouveaux arrivants, la moitié d'entre eux rencontrent [sic : éprouvent] de sérieux problèmes [difficultés] en mathématiques.

En Flandre, les pourcentages sont respectivement de 7 %, 42 % et 29 %. En outre, les immigrés arrivés en Belgique avant l'âge de 6 ans obtiennent un meilleur niveau que ceux arrivés plus âgés. Les facteurs d'explication de ces chiffres sont multiples. Les élèves qui parlent le français ou le néerlandais à la maison ont de meilleurs résultats que ceux qui y parlent une autre langue.

Pourtant, même quand les immigrés parlent la même langue que les autochtones à la maison, ils ont toujours des scores plus faibles que les seconds. Par ailleurs, les écarts entre autochtones et immigrés persistent dans toutes les filières d'enseignement (général, technique et professionnel).

Enfin, plus l'élève est issu d'une famille avec un statut socioéconomique élevé, plus il aura des scores élevés en maths. Ainsi, les enfants d'employés, avec ou sans lien avec l'histoire migratoire, ont des scores plus élevés en maths que les enfants d'ouvriers. L'étude conclut dès lors que la langue et la position socioéconomique des parents n'expliquent qu'une partie des différences entre autochtones et immigrés.

Il existe bel et bien une « problématique spécifique » en ce qui concerne les élèves issus de l'immigration. Les établissements scolaires jouent un rôle. La réussite des élèves dépend aussi de l'école, a souligné Andrea Rea, chargé de cours à l'ULB. La Fondation pointe du doigt, par exemple, le manque d'interaction entre parents d'immigrés et professeurs. Elle prône notamment une meilleure connaissance du système scolaire pour les parents par, entre autres, la lecture du journal de classe et des contacts avec les professeurs. »
Autre exemple, le canton de Genève à forte immigration dont les résultats sont moins bons que les autres cantons romands à moindre immigration :
« Le Valais et Fribourg ont non seulement les meilleures performances, mais également les taux les plus faibles de non-réponses; Genève a pour sa part un taux deux fois plus élevé d'items laissés sans réponse. De plus, ces taux sont fortement dépendants de la langue parlée à la maison. »

« Quant à la proportion d'élèves dont un membre n'est pas né en Suisse, d'élèves se déclarant non-francophones et parlant à la maison une autre langue que le français, elle est nettement plus élevée à Genève que dans les cantons de Fribourg, Valais et Jura »

Un tiers des jeunes Québécois est incapable de comprendre le sens d'un paragraphe

Cité dans le Devoir du samedi 8 septembre :
« Selon les plus récentes données, 49 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans n’ont pas la capacité de lire suffisamment bien pour fonctionner dans notre monde moderne.
[...]
On compte au Québec 800 000 adultes qui sont incapables de lire une phrase au complet ou d’en dégager le sens. Il y en a également 1 700 000 autres qui éprouvent d’énormes difficultés : par exemple, ils peuvent comprendre le titre des articles d’un journal, mais pas un paragraphe. Une autre donnée importante, relate Maryse Perreault [présidente-directrice de la Fondation pour l’alphabétisation] est le fait que 37 % des jeunes adultes (16-25 ans) sont à ces niveaux. »

[Billet d’humeur : Rappelons, que chez les mennonites conservateurs que le Monopole de l’Éducation a chassés du Québec en déclarant « illégale » leur école, tous les adultes doivent lire la Bible chez eux, devant l’assemblée et doivent débattre par petits groupes à l’école du dimanche de textes religieux. Résultat : l’illettrisme y est quasi inconnu comme en Nouvelle-Angleterre révolutionnaire. Mais voilà, les enfants des mennonites n’apprennent pas à lire grâce à des institutrices ignares diplômées de l’État québécois. C’est donc illégal.]

Viens voir comment vivent les hommes  : L'Enfant qui dit non à l'école

Après avoir été professeur de français à l'étranger, Dominique Agniel est devenue réalisatrice de documentaires pour la télévision et écrivain. Elle a vécu dans différents pays, Liban, Canada, Polynésie, associant très tôt ses trois enfants à ses nombreux voyages.

À l’occasion de la sortie de son livre, Viens voir comment vivent les hommes : L'Enfant qui dit non à l'école, le Figaro l’a interrogée sur les raisons qui l’ont poussée à déscolariser son fils Axel :
« Maman, je veux pas aller à l'école. » Cette phrase, Dominique Agniel l'a entendue dans la bouche d'Axel pendant dix ans. Dix années de fièvres, bouffées d'angoisse et nausées pour son benjamin. Bref, de phobie scolaire. Distrait, hyperactif, Axel n'a jamais pu s'adapter aux impératifs scolaires. « Dès le CP [1ère année], il se mettait sous la table, ne répondait pas aux questions », raconte sa mère. Après six mois, le verdict tombe : Axel doit « consulter ». Dominique et son enfant sont entraînés dans la ronde infernale des thérapeutes. « Psys, famille, tout le monde vous juge. On culpabilise, on est désemparé ».

Dans la tête des parents, les questions affluent : a-t-on surprotégé ou trop gâté le petit dernier ? Avec ses aînés, pourtant, l'ex-enseignante de français, aujourd'hui auteur de documentaires, n'a jamais eu de difficultés. « Mais pour Axel, ça bloque. Je crois que certains n'arrivent pas à entrer dans le moule scolaire, ont plus de mal avec l'abstraction sur laquelle est fondé l'enseignement en classe, et s'enferment dans le rôle du cancre. Quelques profs sont rassurants, d'autres n'hésitent pas à humilier. » Comme cette maîtresse de CE2 [3e année] qui « craque », et jette les cahiers de l'enfant à travers la classe. Malgré tout, Axel passe, bon an mal an, dans la classe supérieure jusqu'en 5e.

« Si un prof lui plaisait, il décrochait une bonne note, on le considérait comme paresseux, mais intelligent. » La souffrance, elle, reste.
Pendant dix ans, Axel va fréquenter psychologues, orthophonistes et thérapeutes. Sans succès. Sa mère décide alors de faire une pause, de le sortir du système scolaire pour aller voir ailleurs comment vivent les hommes. À l'école de Jules Ferry, Dominique Agniel substitue l'appel du grand large. Le voyage devient un apprentissage, une thérapie contre l'échec. À l'âge où les adolescents se replient sur eux-mêmes et se réfugient devant des écrans de télévision ou d'ordinateur, Axel va découvrir le monde, loin des cartes postales : la vie des enfants nomades du Niger, des jeunes Inuit du Grand Nord, des Maoris des îles Marquises.

Esquimaux, Touaregs et Maoris

Dominique décide donc de sortir Axel de l'école et de partir à la rencontre des jeunes de son âge à travers le monde. « Je voulais offrir mon temps à Axel tout en créant une rupture pour prendre du recul, dédramatiser le poids de la pression scolaire focalisée sur la réussite. » L'idée : « Montrer la beauté du monde et redonner le plaisir d'apprendre en étudiant autrement ». Pendant six mois, l'adolescent et sa mère mènent la vie des Touaregs au Niger, d'Esquimaux du Grand Nord, rencontrent les Maoris aux Marquises. « Des conditions plutôt sommaires, voire dures, Axel a parfois voulu renoncer, mais je n'ai pas cédé ».

Parallèlement, l'adolescent, qui suit les cours du CNED, voit son niveau augmenter. Il passe en 4e, reprend confiance. Aujourd'hui en seconde, Axel, après une autre tentative infructueuse de scolarisation, étudie par correspondance. Avec une certitude : « Je ferai un métier qui me permettra de voyager. »

Entre humour et émotion, le livre de Dominique Agniel retrace le parcours d'une mère désemparée devant son fils réfractaire à toute discipline scolaire. Il pose les questions qui taraudent tout parent : Que laissons-nous à nos enfants ? Pourquoi les confie-t-on si vite à des étrangers ? Que peut-on leur transmettre ? Le système d'enseignement obligatoire est-il une machine à broyer ? Viens voir comment vivent les hommes est aussi un récit d'aventures, au bout duquel une mère et un fils finiront par se retrouver.

Un précepteur pour ses enfants, le nec plus ultra

Dans son édition du 8 septembre 2007, le Figaro décrit le succès croissant d’un établissement, la Vladimir School (on ne refera pas nos cousins français anglomanes), qui prodigue une scolarisation complète de haut niveau à domicile. L’école qui rassemble plus de 70 percepteurs triés sur le volet et bardés de diplômes fait recette : qu’il s’agisse de chefs d’entreprises cotées en Bourse, d’ambassadeurs, de juristes ou d’artistes, tous se ruent sur le nec plus ultra en matière d’enseignement à domicile.

Après un bilan de ces compétences, l’élève se voit désigner un précepteur principal entouré d’une équipe de professeurs. Le programme suivi est cousu main, et reprend en condensé le meilleur des programmes français et internationaux. L’objectif est de façonner un « honnête homme » version XXIe siècle d’une vaste culture dont les savoirs ne sont plus cloisonnés. Le prix est à l’avenant : 33 000 euros (47 000 dollars) par an pour un écolier, jusqu’à 70 000 euros (100 000 dollars) pour un lycéen. Soixante pour cent des élèves obtiennent leur baccalauréat avec une mention.

École à la maison : très tendance en France

Le Figaro consacre quelques articles à cette forme d'instruction, trop méconnue :
« [L]es 6-16 ans seraient aujourd'hui entre 30 000 et 40 000, d'après les estimations des associations, à apprendre loin des bancs de l'école. Habitant pour la plupart en région parisienne, ces élèves déscolarisés résident aussi en grande partie dans le sud-est de la France. Parmi ces jeunes hors norme, environ 20 000 suivent les cours du Cned, organisme d'enseignement par correspondance de l'Éducation nationale. Quelque 7 000 lui préfèrent généralement les cours d'écoles privées, dont une petite dizaine est reconnue par l'État. Mais, pour environ 3 000 enfants, les parents choisissent carrément d'établir eux-mêmes le contenu et les méthodes d'enseignement.

Dans certaines limites. Si elle est autorisée [!], l'instruction en famille est soigneusement [entendre scrupuleusement] encadrée par la législation. D'après un texte de 1998, les familles qui souhaitent scolariser leur enfant à domicile doivent effectuer une déclaration à la mairie et à l'inspection d'académie à chaque rentrée des classes. Après enquête d'une assistante sociale, un inspecteur d'académie se rend au domicile de la famille pour vérifier que le niveau d'instruction est conforme aux exigences de l'Éducation nationale.

Les raisons de ce choix parental sont aussi nombreuses que les familles concernées. Beaucoup de parents, en désaccord avec la pédagogie, préfèrent aménager des solutions plus individualisées. Quand ils ne sont pas amenés à cette solution par les circonstances. «Face à la phobie scolaire, à l'échec, certains optent pour cette solution de la dernière chance», explique-t-on à l'association Les Enfants d'abord.

Martine, qui habite près de Toulouse, a décidé il y a deux ans de retirer sa fille de son collège pour lui « épargner l'éternelle pression scolaire ». « Aujourd'hui, le milieu scolaire est une jungle. La violence touche même les établissements dits préservés. Les élèves sont écrasés par la surcharge horaire, les profs focalisés sur les notes plutôt que sur le plaisir d'apprendre », déplore la maman. Elle a choisi d'inscrire Amélie au Cned. « Les cours sont très bien faits [nous reviendrons sur les a priori philosophiques très laïques et très « modernes » de ces cours conformes], structurés clairement pour les parents, estime l'ancienne infirmière. Les enseignants poussent l'élève à la réussite en rédigeant des commentaires toujours encourageants. »
Rappelons que, à la suite d'une énième commission parlementaire française sur les sectes et d'une descente médiatique de ces parlementaires dans les locaux d’une petite secte néojudaïque, le gouvernement Villepin a interdit – pour toutes les familles de France – en février dernier le rassemblement de plus de 2 familles pour l'école à domicile. Imaginez les enfants de cette secte ne connaissaient pas « Zinedine Zidane », « ils étaient coupés du monde » ! Pourtant, cette secte faisait bien l’objet d’inspections tatillonnes d’inspecteurs de l’Éducation nationale et, sur le plan scolaire, les enfants ne présentaient pas de difficultés. En fait, selon les experts interrogés par les commissaires parlementaires (à la 4e minute de la vidéo), les enfants « des sectes » sont des enfants parfaits pour l'Éducation nationale : disciplinés et travailleurs.

C’est la « socialisation » et l’adoption de valeurs modernes qui semblaient faire défaut pour le président de cette commission, le député UMP Fenech. On reconnaît l’astuce habituelle pour imposer la mainmise et un contrôle croissant de l’État sur l’immense majorité des parents : trouver quelques exceptions « folkloriques », les médiatiser, les déclarer dangereuses et puis passer un nouveau texte de loi qui limite une fois de plus la liberté de tous les autres parents.

vendredi 7 septembre 2007

La première JIPLI aura lieu le 15 septembre 2007



Les principaux objectifs de cette manifestation sont :

    - d'informer l'ensemble de la population de cette liberté fondamentale qu'est l'enseignement libre et plus particulièrement l'instruction en famille;
    - de mettre en lumière la difficulté croissante pour la réalisation de ce choix;
    - de mieux connaître et de respecter davantage les familles ayant choisi cette liberté.

Pour organiser une manifestation, des animations, obtenir une affiche, contactez JIPLI.

Texte à méditer

« Les parents n'ont pas démissionné, ils ont été licenciés. »
Alain Touraine

jeudi 6 septembre 2007

Pour une formation grammaticale à la fois rudimentaire et solide

La maîtrise de l’orthographe n’est pas uniquement en perte de vitesse au Québec (voir la dictée à laquelle échouent lamentablement de jeunes Québécois inscrits dans une bonne école), elle l’est également en France dans les classes instruites.

Claude Duneton abordait récemment le sujet dans le Figaro littéraire :
« D'où vient, disais-je la semaine dernière, que des gens diplômés, exerçant une fonction officielle au sein de l'appareil administratif français, parsèment leurs moindres communications de grosses fautes d'orthographe ? Les exemples que je citais, émanant d'un conseil général et d'une mairie de Paris (« On ne la pas vu s'arrêter » ; « Que le bonheur et la santé enveloppe cette nouvelle année » imprimés !), ou encore l'étonnant « bonne été » (manuscrit), sont révélateurs d'un phénomène nouveau chez les gens instruits. Ces fautes grossières étaient jadis le lot des semi-illettrés, telles qu'on les trouve dans la correspondance des poilus de 14-18 écrivant à leur famille. Je crains qu'aujourd'hui ces graphies vacillantes ne soient le symptôme d'une carence plus grave.

Le français, de par sa nature vocalique, fourmille d'homophones - je rabâche, mais tant pis. Le son la n'est rien en soi, car ce peut être aussi bien l'article féminin, la truite, que le pronom, il la voit, la note la (si do), également la composition élidée avec le verbe avoir, il l'a vue, et bien sûr l'adverbe là avec sa casquette. Oh là là !... Toute l'astuce est de savoir les distinguer. Que faut-il pour cela ? C'est simple : il faut une formation grammaticale de base à la fois rudimentaire et solide, sinon il est impossible de faire le tri entre on l'a vu et on la voit.

[...]

C'est la première génération d'élèves que l'on n'a plus fait réfléchir à temps sur la langue française. En clair, ce sont des gens qui ont appris à lire plus ou moins globalement, comme qui dirait « au pifomètre » (bonne été), et n'ont jamais “fait de grammaire”, du moins pas de cette grammaire au ras des pâquerettes, répétitive, lassante - passionnante aussi ! - constituée par l'analyse des mots et l'analyse logique des phrases. Or cet entraînement est indispensable à l'acquisition complète de la langue française.

Certes, ces enfants ont appris, sous couleur de grammaire, quelques mots à coucher dehors qui leur ont fait croire qu'ils étaient savants, mais ils n'ont pas peiné sur les exercices de base terriblement recommencés, comme l'est la lecture des notes de musique. Ils sont semblables à des gens à qui on aurait, pour tout solfège, enseigné la liste des dièses et des bémols, en l'agrémentant de considérations théoriques sur les tierces et les quintes, mais à qui l'on n'aurait jamais fait chanter obstinément les notes sur la portée. »

Si j'aurais su que l'escargot est un insecte!

Pierre Foglia relate la rentrée scolaire dans une école primaire du secteur public, l'enseignante est certainement diplômée par l'État québécois :
Une petite école primaire, en banlieue, le jour de la rentrée. Pour l'occasion, les parents ont été invités à passer la première heure en classe avec leurs enfants. L'institutrice, toute jeune, souhaite la bienvenue aux enfants et leur sert le laïus que toutes les institutrices de la province doivent servir aux enfants le jour de la rentrée.

Au fond de la classe, la maman de Marius prête plus ou moins attention quand, tout à coup, elle se raidit. La maîtresse vient de dire :

— Il faut que vous faisiez...

Pardon ? Que vous fassiez, madame l'institutrice, c'est le subjonctif. Bien sûr, la maman de Marius a corrigé mentalement, silencieusement. Mais elle a maintenant les oreilles bien ouvertes et c'est ni plus ni moins l'horreur qui tombe dedans. La maîtresse vient de dire:

— Posez-vous pas la question de qu'est-ce qu'il faut faire.

Holà ! Une heure plus tard, la maîtresse a répété au moins trois fois si j'aurais, pas une seule fois elle n'a employé une négation au complet, omettant systématiquement le « ne », gênez-vous pas, parlez pas, levez-vous pas...

Et puis il y a eu le clou de la matinée. La maîtresse est passée à un jeu. Elle a demandé aux enfants : est-ce que quelqu'un peut me citer des noms d'insectes ? Un petit garçon a levé la main :

— Un escargot, madame.

— Bravo, bien trouvé, a dit la maîtresse. Quelqu'un d'autre pour me donner d'autres noms d'insectes?

Marius s'est retourné, il cherchait sa maman des yeux. Il sait, lui, parce que son papa le lui a appris, qu'un insecte a toujours six pattes. Quand une bestiole a plus que six pattes ou pas du tout de pattes, alors ce n'est pas un insecte.

[...]

La maman de Marius a passé quelques jours à se demander si elle irait trouver le directeur. Si j'y vais, je vais passer pour une emmerdeuse. Si je n'y vais pas, je cautionne une aberration. Finalement, elle y est allée. Le directeur l'a écoutée poliment et, à la fin, il a eu ce commentaire:

— Vous pourriez facilement trouver pire, madame !

C'est tout ce que vous trouvez à me dire ? a demandé la maman de Marius. Très bien, lorsque la maîtresse reprochera à mon fils d'avoir mal travaillé, je vais lui conseiller de répondre : Vous pourriez facilement trouver pire, madame.

Le directeur a dit aussi : Vous savez, cette enseignante est une excellente pédagogue. La maman de Marius est sortie avant d'exploser. Si elle ne s'était pas retenue, ce qu'elle aurait crié au directeur aurait pu ressembler à ceci : que voulez-vous que ça me foute que ce soit une excellente pédagogue? Sa pédagogie en fait seulement une conne plus redoutable, en cela que la pédagogie la rend seulement plus efficace à transmettre que l'escargot est un foutu insecte.

[...]

Le problème n'est pas l'institutrice de Marius, mais le système dont elle est issue. Savez-vous combien de cours de grammaire pure reçoivent, durant leur formation, les étudiants qui vont avoir à enseigner le français au secondaire ? Deux. Tous les deux dans la première des quatre années du bac. Après ça, débarrassés de cette niaiserie, mon vieux, ils peuvent se concentrer sur l'essentiel : la pédagogie.

[...]

Cette réflexion d'Alain Finkielkraut dans L'imparfait du présent, à propos de l'enseignement de la littérature, réflexion que je souligne à l'intention de notre ministre de l'Éducation : « Les pessimistes ne sont pas assez pessimistes. Ils prévoient la catastrophe alors que, ni vu ni connu, elle a déjà eu lieu. Ils noircissent l'avenir quand c'est le présent qui est sinistré ».
Au sujet d'Alain Finkielkraut, lire avec délectation un extrait de L'imparfait du présent où il parle d'un sujet d'invention vu à travers certains manuels… « Transposez la situation dans le monde contemporain et réécrivez en prose le monologue d'Hermione dans Andromaque. » Ça vaut son pesant d’or.

Rappelons que cette enseignante québécoise a dû réussir son examen de français lors de sa formation de quatre ans (4!) pour pouvoir enseigner à de jeunes têtes blondes les bases de l'écriture, de la lecture et de l'arithmétique.

En effet, tous les étudiants en enseignement doivent passer un test de classement de français à leur entrée à l'université. Il varie actuellement selon les universités. Le résultat à cet examen détermine si l’étudiant doit suivre des cours de français ou non. Un bref survol des résultats en dit long sur l’état des connaissances en français des futurs enseignants. Pour l’année 2006, les étudiants du baccalauréat en éducation préscolaire et primaire ont obtenu une moyenne de 64,6 %, alors que la note de passage est de 75 %. Les étudiants du Baccalauréat en enseignement secondaire ne font guère mieux, avec 69,2 % de moyenne. En réalité, seuls 24 % et 38 % obtiennent, respectivement, la note de passage.

Pour palier les lacunes évidentes des jeunes étudiants en éducation, le Ministère a décidé que les futurs enseignants devront désormais se soumettre à un examen de français identique pour tous les étudiants en enseignement des universités du Québec. On nous le promet plus sévère. La réussite de cet examen sera obligatoire pour l’obtention du brevet d’enseignement et l’étudiant n’aura droit qu’à une reprise avant de se faire montrer la porte de sortie, temporairement.

Le ministère de l’Éducation s’est donc entendu avec les universités québécoises pour concocter un examen national qui sera obligatoire pour tous les nouveaux étudiants en enseignement, et ce, probablement dès l’automne 2007. Les étudiants devront se soumettre à cet examen à mi-parcours, soit après deux ans d’études. Un premier échec entraînera une reprise, mais un deuxième échec forcera l’étudiant à interrompre ses études pour au moins un an.

mercredi 5 septembre 2007

L’État s’immisce dans le rôle des parents

Lettre de l'Association des parents catholiques du Québec 
Jean-Pierre Proulx prend le cardinal Marc Ouellet à partie parce qu’il a traité le gouvernement de totalitaire dans l’imposition d’un cours d’éthique et de culture religieuse et tente de démontrer que le processus de laïcisation est tout ce qu’il y a de plus démocratique au Québec (Le Soleil, 26 & 16 février 2007).

L’histoire ne lui donne pas entièrement raison. La laïcisation des écoles n’a pas fait l’objet d’une plate-forme électorale ni d’un référendum et la population n’a pas été suffisamment informée. Les articles de la Charte et de la constitution canadiennes (29 & 93) qui protégeaient le droit à des commissions scolaires (et par le fait même à des écoles et programmes) catholiques et protestantes, ont été abolis en 1997 sans consultation populaire. C’était du jamais vu! À ce moment la ministre Pauline Marois a assuré les parents qu’ils continueraient d’avoir le choix des cours d’enseignement moral et religieux en fonction de l’article 41 de la Charte québécoise.

Pourtant, en juin 2005, l’Assemblée nationale a aboli à l’article 41 les protections pour les parents en ce qui concerne l’enseignement moral et religieux, sans en informer la population, sans consultation et sans débat. Elle refuse aussi de recourir aux clauses dérogatoires des chartes pour protéger, après 2008, les droits religieux de la majorité.

En contrepartie, environ 80% des parents choisissent chaque année le cours optionnel d’enseignement moral et religieux catholique pour leurs enfants. Le gouvernement ignore ce message clair des parents. Il va abolir ce cours et refuse de rendre optionnel le nouveau cours d’éthique et culture religieuse qui couvre huit approches religieuses, spirituelles et séculières, en passant par le sikhisme, l’islam et les visions athées. Le catholicisme et le protestantisme en sont cependant absents, étant réduits au « christianisme ». Il n’accepte d’exempter aucun enfant. Il impose ce cours même aux écoles privées confessionnelles. C’est un abus de pouvoir de la part du gouvernement qui peut ainsi être considéré totalitaire.

« À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d'un esprit plus élevé que leurs sujets, qu'ils savent donc mieux qu'eux ce qui leur est profitable. » (Ludwig Von Mises, Wikipedia). Le gouvernement pense savoir mieux que les parents ce qui est profitable pour leurs enfants. Par l’imposition d’un cours multi-religieux, il s’immisce dans le rôle des parents et interfère avec l’éducation générale qu’ils donnent, puisque la religion et la moralité guident l’ensemble des comportements de l’enfant.

Une accommodation qui respecterait la liberté de religion reconnue par les chartes permettrait des options d’enseignement religieux pour toute confessionnalité où le nombre le justifie, et accepterait le choix confessionnel des écoles privées.

En ce qui concerne le programme d’éthique et culture religieuse : que le gouvernement en rende publics les éléments de contenus et les thèmes, et la population pourra ensuite se prononcer à son sujet en connaissance de cause ! N’est-ce pas ce qu’un gouvernement démocratique voudrait pour ses citoyens ?

Jean Morse-Chevrier, présidente
Association des parents catholiques du Québec
Coordonnées :
Association des parents catholiques du Québec
7400 boul St-Laurent, suite 406
Montréal QC, H2R 2Y1
Téléphone : (514) 276-8068, sans frais : 1-866-376-8068; cellulaire : (514) 292-8068
Télécopieur : (514) 948-2595
Courriel : apcq406bellnet.ca
Site web : apcqc.net
Téléphone à domicile : (819) 685-1812