vendredi 2 septembre 2016

Québec — Lisée veut revoir le cours d’éthique et culture religieuse

L’aspirant-chef péquiste Jean-François Lisée veut faire table rase du cours d’éthique et culture religieuse enseigné dans les écoles du Québec.

Parti d’une bonne intention, le cours actuellement imposé aux élèves du primaire et du secondaire « renforce les stéréotypes » religieux, déplore le député de Rosemont.

Au Québec, la majorité des citoyens ne sont pas pratiquants, que ce soit les musulmans, les juifs ou les catholiques, plaide M. Lisée.

« Pourtant, ce qu’on apprend là-dedans, c’est qu’un juif c’est un pratiquant et qu’il a une kippa, et qu’une musulmane, c’est une pratiquante avec un voile », insiste-t-il, en entrevue avec le Journal de Québec.

« C’est excessif »

Les élèves passent dix ans, de la première année du primaire à la cinquième année du secondaire, à étudier les caractéristiques des différentes religions. « C’est excessif ! » renchérit le candidat à la direction du Parti québécois.

Jean-François Lisée propose de le remplacer par un cours d’« éthique et citoyenneté québécoise » qui permettrait aux élèves d’être mieux outillés pour faire face à la vie d’adulte.

Selon lui, les enfants et adolescents ont davantage besoin d’être sensibilisés aux valeurs de démocratie, d’égalité entre les hommes et les femmes, de laïcité, de liberté de conscience et de liberté d’expression.

Prévention de la radicalisation

Ce cours devrait également être l’occasion de prévenir la radicalisation chez les jeunes. Les élèves québécois doivent être informés des techniques de recrutement des djihadistes, pense le député de Rosemont.

Il suggère également d’y introduire graduellement des notions d’« économie personnelle » pour préparer les adolescents au monde de la consommation et du crédit.

« La question à se poser, ce n’est pas pendant dix ans comment apprivoiser les enfants aux différences religieuses, mais comment faire en sorte que les jeunes adultes québécois soient bien équipés pour être des citoyens en contrôle de leur réalité. »

La connaissance du « phénomène religieux » devrait plutôt faire partie des cours d’histoire, soutient M. Lisée. « Je bonifierais les cours d’histoire afin qu’on y aborde les différentes facettes des religions, mais, de façon objective et dans leur contexte historique. »


Sondage — les Européens insatisfaits du système de l'#éducation

Selon un sondage mené par l’IFOP, la majorité des Italiens (64 %), des Français (63 %) et des Allemands (54 %) sont mécontents de l’enseignement primaire et secondaire dans leur pays. Parmi les citoyens de ces États seuls 31 %, 28 % et 41 % respectivement se disent satisfaits. 9 % des Français et 5 % des Italiens et des Allemands ont répondu « je ne sais pas ». L’étude a été menée par l’IFOP à la demande de l’agence d’information et radio Spoutnik.

En Italie, le nombre de citoyens mécontents de l’enseignement primaire et secondaire est important chez les 18-34 ans — 62 % de mécontents contre 33 % de personnes satisfaites — et les plus de 35 ans — 65 % contre 30 %. 5 % des représentants des deux groupes ont répondu « je ne sais pas ».

En France il y a une différence notable entre les deux groupes : 53 % contre 37 % respectivement dans le premier — et 10 % de personnes sans réponse — et 66 % contre 25 % dans le deuxième — plus 9 % de « je ne sais pas ».


En Allemagne, on constate une différence notable entre les réponses des hommes et des femmes. 57 % de ces dernières sont mécontentes de la qualité de l’éducation primaire et secondaire, contre 38 % de personnes contentes et 5 % hésitantes. Chez les hommes cette proportion est de 50 %, 45 % et 5 % respectivement. 50 % des personnes sondées ayant moins de 35 ans sont contentes de la qualité de l’enseignement contre 47 % de citoyens non satisfaits et 3 % de « je ne sais pas ». Le groupe plus âgé est plus mécontent : 56 % contre 38 % et 6 % de personnes qui ne se sont prononcées.

En Allemagne de l’Ouest, il s’agit respectivement de 51 %, 44 %, et 5 % contre 61 %, 33 % et 6 % en Allemagne de l’Est. Berlin enregistre le plus grand nombre de mécontents : 74 % contre 24 % de personnes satisfaites et 2 % de « je ne sais pas ».

​Le sondage a été organisé par l’IFOP, l’institut français le plus ancien d’études de l’opinion publique, du 28 juin au 4 juillet 2016. L’échantillon était constitué de 3 006 personnes, dont 1000 Allemands, 1004 Français et 1002 Italiens âgés de plus de 18 ans. L’étude est représentative de la population du pays par sexe, âge et géographie. La marge d’erreur ne dépasse pas 3,1 % avec un intervalle de confiance de 95 %.

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lundi 29 août 2016

Ontario — Les conservateurs promettent de changer l'éducation sexuelle (Mis à jour)

Le chef du Parti progressiste (vaguement « conservateur ») de l'Ontario s'est excusé et dit qu'il n'a pas l'intention d'abolir le programme d'éducation sexuelle des libéraux s'il devient premier ministre.

Patrick Brown avait pourtant fait circuler une lettre à cet effet la semaine dernière dans la circonscription de Scarborough-Rouge River où se tiendra une élection partielle jeudi.

Dans une lettre ouverte aujourd'hui, il fait marche arrière et s'excuse : « Je pense qu'il est important d'admettre quand on fait des erreurs. J'appuie fortement un programme qui prend en compte le changement des attitudes et le monde dans lequel nos enfants grandissent. »

Le chef conservateur dit croire, entre autres, qu'il faut combattre l'homophobie et sensibiliser les jeunes aux concepts de consentement, d'intimidation et d'identité sexuelle. Exactement ce que lui reprochait le bureau du ministre de l'Éducation... Quelle force de conviction...!



Billet du 27 août 2016

Le chef du Parti progressiste conservateur en Ontario, Patrick Brown, dit qu’il se débarrassera du programme d’éducation sexuelle des libéraux ontarien si son parti remporte les prochaines élections provinciales

Dans une lettre publiée cette semaine, le chef de l’opposition affirme que les membres de son parti consulteraient les parents afin d’élaborer un nouveau programme.

Il a été mis à jour l’année dernière, pour la première fois depuis 1998. Lors de la rentrée scolaire 2015, plusieurs milliers de parents avaient manifesté pour dénoncer les changements.

En réaction, le bureau de la ministre de l’Éducation, Mitzie Hunter, a indiqué que l’Ontario a du retard comparativement aux autres provinces en ce qui a trait à l’enseignement de certains sujets comme la sécurité en ligne, le consentement et les relations saines. Réponse cousue de fils blancs ! Ce ne sont pas ce que les parents critiquent dans ce programme mais plutôt son aspect « rééducatif » en faveur de la théorie du genre, son approche hédoniste (il ne préconise pas du tout l’abstinence, insiste sur le plaisir et non plus les faits scientifiques, voir ci-dessous) et de servir souvent de porte-voix aux lobbies LGBT.

Bref, c’est toujours les mêmes recettes pour « rééduquer » les enfants des autres : on prétend avoir un retard dans un aspect consensuel et on oublie les aspects les plus controversés du programme pour faire passer les parents pour des ignares, des rétrogrades qui ne veulent même pas de « sécurité en ligne, de consentement ni de relations saines »...

Une porte-parole du gouvernement a aussi fait valoir que l’abolition du nouveau curriculum mettrait les jeunes à risque... Ah, ajoutons : il faut aussi jouer sur les peurs.

Rappel de 2010

À l’œuvre au secondaire, insister sur le plaisir dans l’éducation sexuelle

Comme le révélait le magazine Maclean’s en septembre dernier (You’re teaching our kids WHAT?), on assiste déjà à une nouvelle tendance dans les cours d’éducation sexuelle : l’insistance sur le plaisir sexuel plutôt que l’enseignement de la physiologie et des maladies sexuellement transmissibles. Les propriétaires de boutiques « érotiques » ontariennes voient une nouvelle clientèle : les professeurs d’éducation sexuelle qui demandent à ces commerçants de venir parler de sexe dans leur classe. Carlyle Jansen, une de ces propriétaires de boutique érotique a déjà présenté plus d’une douzaine d’ateliers dans les écoles ontariennes. Lors de ceux-ci, Mme Jansen encourage les jeunes adolescents à poser toutes les questions qu’ils veulent, qu’il s’agisse de masturbation, de la sexualité orale, de l’identité sexuelle, des sentiments homosexuels et des jouets sexuels qu’elle emporte avec elle afin d’illustrer ses propos. Comme le signale le magazine, les parents qui apprennent ce qui se passe en classe ne sont pas tous contents de cette présentation des choses.


Voir aussi

Ontario — Théorie du genre dans le nouveau programme d’éducation sexuelle

L’Ontario reporte sine die son nouveau programme d’éducation sexuelle (2010)

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »


Ontario — Ministre de l’éducation : les écoles catholiques devront enseigner le nouveau programme d’éducation sexuelle

Ontario — L’Archevêque d’Ottawa critique le projet d’éducation sexuelle : une « confiscation de l’autorité parentale »

Ex-sous-ministre responsable pour l’élaboration du programme d’éducation sexuelle au primaire accusé de pornographie juvénile (il a depuis lors déclaré qu’il plaidera coupable le 3 mars).



samedi 27 août 2016

Littérature — Perceval ou le Conte du Graal





Film d’Éric Rohmer réalisé en 1964 pour la série En profil dans le texte de collection la « Lettres » de l’Institut Pédagogique National. Découverte et lecture de larges passages du « Roman de Perceval » illustré par les miniatures conservées par la Bibliothèque Nationale de France.

Québec — Garçons décrochent plus et pourtant la priorité devrait être les filles ?

Dans une analyse publiée jeudi en collaboration avec l’organisme féministe Relais-femmes, la FAE revient sur une étude qu’elle avait réalisée en 2012 et qui détaillait les causes et les conséquences du décrochage scolaire des filles. Depuis, le monopole de l’Éducation du Québec a reconnu l’importance de la scolarisation des jeunes filles, mais n’aurait pas adapté son plan d’action, souligne la vice-présidente au secrétariat de la FAE et responsable du dossier de la condition des femmes, Joanne Bertrand.



« Rien ne se fait de manière spécifique pour le décrochage scolaire des filles. Il y a quelques éléments pour le décrochage des garçons, mais nous, ce qu’on pense, c’est que la clé de voûte concerne celui des filles parce que ça va favoriser la réussite scolaire de tous leurs enfants, peu importe leur sexe », dit-elle.


Au Québec, le décrochage scolaire est toujours plus important chez les garçons que chez les filles. Mais les répercussions du décrochage d’une élève sont plus grandes, fait valoir la FAE dans son rapport.


Selon les organismes féministes, le décrochage scolaire des garçons et des filles est grandement lié à la pauvreté et à la sous-scolarisation des mères. Une élève qui renonce aux études se retrouve par ailleurs dans une situation financière généralement plus précaire qu’un décrocheur. Cette élève devenue mère est donc plus susceptible d’avoir des enfants qui seront à leur tour moins scolarisés.

Ce que ne dit pas Le Devoir c'est que c'est surtout dû aux mères célibataires et à la charge des enfants. On pourrait lutter contre la monoparentalité et ses conséquences néfastes, mais cela voudrait dire qu'il faudrait valoriser le mariage, ce qui est inaudible au Devoir et à la FAE. Il est préférable d'avoir plus d'État, plus de subventions et plus de mesures qui visent en priorité les filles pour aider les garçons bien sûr...


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jeudi 18 août 2016

Anglicisation — ruée vers le cégep anglais

COLLÈGE ST. LAWRENCE

Alors que la majorité des cégeps doit composer avec une baisse démographique, le Collège St. Lawrence est quant à lui au maximum de sa capacité, ayant dû refuser environ 400 étudiants cette année. La proportion de jeunes francophones qui veulent étudier en anglais est «de plus en plus forte», soutient le directeur Edward Berryman.

L'institution anglophone de Sainte-Foy accueillera 950 élèves en ses murs cette année, soit le maximum que lui permettent ses locaux. «Depuis plusieurs années, on fait le plein au premier tour. La pression est très, très forte pour entrer à St. Lawrence», explique M. Berryman, qui se voit contraint de refuser des étudiants qui ont de très bons dossiers scolaires. Le Collège a pour mission d'accueillir en premier lieu les étudiants issus de la communauté anglophone de l'Est-du-Québec, et les francophones qui le désirent par la suite.

Ces dernières années, le Collège a même dû payer une amende au ministère de l'Éducation pour avoir accueilli entre 50 et 75 étudiants de trop. «La dernière qu'on a payée s'élevait à 75 000 $», indique M. Berryman. Heureusement pour lui et pour certains cégeps de Montréal, un moratoire de deux ans a été annoncé par le ministère de l'Éducation au printemps, moratoire qui suspend les amendes pour les élèves en surplus dans certains cégeps.

«Le désir des jeunes d'avoir de l'éducation en anglais est plus fort que jamais», croit M. Berryman. Malgré cela, le ministère de l'Éducation n'accorde pas de hausse du «quota» d'étudiants au Collège St. Lawrence.

Le Collège inaugure tout de même pour la rentrée son premier agrandissement physique en 40 ans. Il s'agit d'une nouvelle aile rattachée au bâtiment principal, située sur la rue Nérée-Tremblay. Baptisée student center, elle comprend un espace de vie pour les jeunes, des bureaux pour les associations et les clubs étudiants et une salle multifonctionnelle. Ce n'est toutefois pas de l'espace destiné à l'enseignement.

Au cours des prochaines années, le Collège St. Lawrence aimerait pouvoir prendre de l'expansion, question de répondre à la demande. «C'est dommage de ne pas pouvoir servir plus d'étudiants. Ce n'est pas pour combler nos besoins à nous, mais les besoins des jeunes, de la communauté et de la région», soutient M. Berryman.

CÉGEP DE SAINTE-FOY

Ce désir d'apprendre l'anglais et de s'ouvrir à l'international se fait également sentir au Cégep de Sainte-Foy. Pour la rentrée 2017, le cégep prépare deux nouveaux diplômes d'études collégiales doubles (double-DEC). Un en Sciences de la nature et langues, et l'autre en Sciences humaines et langues. «Il y a vraiment une demande pour ça. Les étudiants sont très préoccupés et veulent répondre aux attentes du marché du travail», explique Carole Lavoie, directrice du Cégep.

L'institution développe aussi tout un créneau d'études à l'étranger, avec des sessions de cours en Italie et en Irlande. L'an dernier, 150 étudiants ont pu compléter une partie de leur formation à l'étranger.

Pour cette année, le cégep connaît une légère hausse de ses inscriptions. Il accueille environ 50 étudiants de plus, pour un total de 6600. «On est à pleine capacité, même si ça fait cinq ans qu'on vit avec une baisse démographique et une baisse des demandes d'admission», indique Mme Lavoie.

La première pelletée de terre d'un nouveau pavillon sera donnée au Cégep de Sainte-Foy en septembre. Ce pavillon, situé près du chemin Sainte-Foy, accueillera les deux centres de transferts technologiques du Cégep, en multimédia et en foresterie. C'est également la dernière année d'ouverture de la piscine du Cégep, qui devrait être remplacée en 2017 par une salle de conditionnement physique et de spinning.

CÉGEP GARNEAU

Le Cégep Garneau a aussi déployé de «nouvelles stratégies» pour remplir ses classes cette année, avec succès. Il accueillera environ 150 étudiants de plus que l'an dernier, pour un total de 6200, indique Sylvie Fortin, directrice des communications.

Par exemple, le Cégep, qui a déjà une bonne réputation dans le domaine sportif, a bonifié son offre en ouvrant une équipe de compétition en natation (40 inscriptions) et une autre en tennis (12 inscriptions). «On sait que le taux de réussite des sportifs est de 92 %, alors c'est quelque chose qu'on veut continuer à valoriser», indique Mme Fortin.

Garneau mise également sur l'entrepreneuriat pour attirer les jeunes du secondaire, qui ont déjà démarré des entreprises à l'école ou qui veulent le faire. L'institution inaugurera la semaine prochaine l'École d'entrepreneuriat de Québec, un incubateur d'entreprises.

Déjà en chantier, la nouvelle bibliothèque de Garneau devrait ouvrir ses portes en janvier 2017. Des travaux de 5 millions $ auront permis de lui donner une tout autre allure.

CÉGEP LIMOILOU

Pour la rentrée, le Cégep Limoilou a tout misé sur l'accueil des nouveaux étudiants. Plus ceux-ci seront bien guidés, «plus ils auront le goût de persévérer», croit le directeur, Louis Grou. Le Cégep doit composer cette année avec une baisse de 3 % de ses effectifs, pour un total de 5325 étudiants.

D'où l'importance de bien encadrer les jeunes lorsqu'ils récupèrent leur horaire, cherchent leurs locaux ou achètent leurs fournitures scolaires. «La marche entre le secondaire et le cégep, elle est haute. Et c'est stressant pour certains», croit M. Grou. En début d'année, le Cégep avait l'habitude de «perdre» environ 200 étudiants. Un chiffre qui a baissé autour de 75 l'an dernier et que l'institution cherche encore à faire diminuer.

«On a 700 étudiants issus de l'immigration, on a des étudiants qui sont aussi des parents et qui ont des besoins différents au niveau de l'accueil», explique M. Grou. Depuis un an, le Cégep a mis sur pied le programme Connaître pour accompagner (CPA +), qui vise à mieux déceler les difficultés des jeunes et faire en sorte qu'ils réussissent.

mercredi 17 août 2016

Humour — Respecte tes parents...


Vulgarisation : l’éducation dans la Rome antique

À mille lieues de l’éducation pédagogiste actuelle, l’éducation à la romaine reposait, malgré quelques coups de bâton superflus, sur un socle solide. À l’époque, il était avant tout question d’apprendre la vertu par l’imitation du père, de reproduire le modèle familial et de légitimer l’Empire par l’étude des grands hommes. Aussi son but était-il de former les futures élites. Autant dire que nous nous trouvions alors aux antipodes de notre modèle éducatif actuel, où le professeur n’a plus d’autorité, où l’enfant doit apprendre par lui-même et surtout où la haine de soi et le nivellement par le bas, aussi appelé égalitarisme, font figure de fondamentaux.



Québec — Le programme ECR est peu enseigné

Nancy Bouchard (ci-contre), professeur titulaire et directrice du Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation à l’UQAM — au centre donc du dispositif étatique qui a imposé le programme d'Éthique et de culture religieuse à tous les élèves captifs du Québec — se demande si « nous » avons échoué dans l'enseignement du « vivre ensemble ».

L'éminente professeur demande un bilan. Ce carnet demande également depuis des années une évaluation sérieuse du controversé programme d'ECR imposé il y a 8 ans à tous les élèves du Québec, sans exception. Une évaluation sérieuse dont nous voudrions voir divulgués la méthodologie et les formulaires qui serviront à l'évaluation, afin de mieux cerner route l'idéologie sous-jacente à ce programme : « Trouves-tu que toutes les religions sont dignes d'un même respect ? », « L'immigration est-elle toujours bénéfique ? », « La diversité d'une société est-elle toujours bonne ? », « Faut-il que l'immigrant fasse plus de concessions culturelles que les membres de la société historique québécoise ? », etc.

Extraits de la lettre ouverte de Nancy Bouchard dans Le Devoir du 17 août 2016 :
Depuis sept ans, une période à l’horaire de l’élève est spécifiquement dédiée au développement de rapports sociaux harmonieux avec le cours d’Éthique et culture religieuse : sa visée ultime étant d’apprendre à vivre ensemble dans la diversité. Implanté simultanément à tous les niveaux du primaire et du secondaire en 2008, il y a fort à parier que ce projet de formation au vivre-ensemble requiert des ajustements.

L’enseignement de ce programme contribue-t-il à l’apprentissage du vivre-ensemble, à la reconnaissance de ce Bien commun que représente la dignité humaine — de ce qui fait que l’on est à même de refuser l’intolérance comme l’intolérable ? Qu’en est-il de l’enseignement de ce programme ?

Le dialogue en culture religieuse se pratique difficilement

Un bilan s’impose ! Par exemple, au sujet du dialogue en culture religieuse, celui-ci se pratique difficilement et il est généralement absent des préparations de cours (situations d’apprentissage). À propos de l’enseignement dédié à ce cours, une enquête de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse corrobore les échos que nous avons du milieu scolaire : près de la moitié des écoles (100/211) réduisent sensiblement le temps d’enseignement recommandé par le ministère. À Montréal, ce taux grimpe aux deux tiers. Il semble aussi que des écoles placent officiellement ce cours à l’horaire mais, dans les faits, lui substituent un autre cours. [Note du carnet: nous avons les mêmes informations de source directe.] Quant au personnel qui donne ce cours au secondaire, tout porte à croire qu’il s’agit surtout d’enseignants d’autres disciplines, non formés en éthique et culture religieuse.

Si l’apprentissage du vivre-ensemble est une priorité, il est grand temps d’y voir afin d’être certains que nous n’échouerons pas à cette tâche éducative essentielle. Il importe de nous assurer que nous prenons cette responsabilité d’éduquer au vivre-ensemble suffisamment au sérieux. Les événements de l’actualité ne cessent de nous le rappeler : il reste beaucoup à faire pour vivre ensemble en paix et, éventuellement, dans l’amitié.

Apprendre à vivre ensemble est une nécessité. L’UNESCO en a fait le chantier prioritaire de l’éducation depuis de nombreuses années, la ligne générale étant d’éradiquer les causes profondes qui sont aux sources du terrorisme, parmi lesquels figurent la pauvreté, l’ignorance, le préjugé, la discrimination. [Ah, bon, ce seraient là les causes profondes...!?] Omettre ce pilier de l’éducation pourrait avoir comme conséquence l’annihilation de tous les autres efforts en faveur de l’éducation [rien de moins !], car il s’agit là de la clé de voûte de l’éducation pour le XXIe siècle.

L’école ne peut pas tout à elle seule, l’éducation des enfants est une responsabilité partagée, mais il n’en demeure pas moins que, pour apprendre à vivre avec les autres, à vivre en société, l’école doit jouer un rôle majeur.

De notre dictionnaire de la novlangue

Vivre ensemble ∙ le correctivisme politique préconise le « vivre ensemble », alors que les partis politiques qui appuient cette notion ont tout fait pour provoquer le développement du communautarisme en prônant le multiculturalisme et une immigration qui doit être sans cesse « diverse » et plus importante. L'admonestation de « vivre ensemble » vise principalement les Québécois de souche qui doivent respecter et valoriser le communautarisme des autres. ∙ Alors que les gens ne vivent plus ensemble parce qu’ils ne partagent plus la même culture commune, nos dirigeants ne parlent plus que de cela, de « vivre ensemble » ∙ « Quant au vivre ensemble, on invente des mots quand la réalité n’existe plus. Nous n’avons plus de culture commune, les mots ne sont plus que des attrape-couillons. Ils servent au contraire à effacer la réalité. Nous sommes dans une guerre idéologique. » (Éric Zemmour, 3 février 2015 à Nice)


Voir aussi


Meilleur « vivre-ensemble » grâce à la connaissance ? Vraiment ?

Novlangue : « implanter des mesures d'appui au vivre ensemble » (en clair : lutter contre la radicalisation musulmane dans les écoles de Montréal)

« La pédagogie de l’accommodement » [Selon Nancy Bouchard, la compétence en culture religieuse doit servir à fournir aux enfants une « grammaire » pour aborder le phénomène religieux, plutôt qu’un « répertoire de croyances et de coutumes religieuses ». Et certains osent prétendre que le programme ECR n'est pas idéologique !]

Les créateurs du programme ECR défilent dans les colonnes du Devoir

ECR — Éducation ou lavage de cerveau ? Pour Joseph Facal, c'est de l'endoctrinement

ECR — La surprenante ignorance de Georges Leroux et la sélectivité de Daniel Baril


mardi 16 août 2016

Un nouveau cours d'histoire du Québec et du Canada qui diviserait

En gestation depuis deux ans, le nouveau programme Histoire du Québec et du Canada fait progressivement son entrée au secondaire. Les écoles qui veulent l’enseigner dès cette année peuvent le faire ; mais il faudra attendre la rentrée 2017 avant que ce cours, axé sur les « particularités du parcours de la société québécoise », ne devienne obligatoire.

Le Soleil de Québec a mis la main sur le programme de troisième secondaire de ce nouveau cours, rédigé par le ministère de l’Éducation en date du 30 mai. Visant à remplacer le controversé cours Histoire et éducation à la citoyenneté, qui est enseigné depuis 2006, le nouveau cours opte pour une approche chronologique, en troisième puis en quatrième secondaire, au lieu d’une approche par thèmes, qui a été décriée par plusieurs enseignants ces dernières années. Ces derniers avaient l’impression d’être redondants, en racontant l’histoire plusieurs fois, selon différentes perspectives.


En mai, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a annoncé qu’il faudra une année de plus avant que le programme ne soit étendu à toutes les écoles. « On veut se donner le temps d’évaluer une cohorte au complet, car le cours n’a pas encore été donné en quatrième secondaire », justifie son attachée de presse Marie Deschamps.

Ce nouveau cours a toutefois eu la faveur de plusieurs écoles, qui ont décidé de plonger et de l’enseigner en troisième secondaire cette année, selon Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d’histoire du Québec. « La réforme n’est pas reportée, le ministre Proulx a simplement permis aux écoles qui ne se sentaient pas prêtes de retarder d’un an son application. Le matériel est disponible et la majorité des écoles vont de l’avant », souligne M. Bédard dans un échange de courriels.

Le ministère de l’Éducation pourrait encore y apporter quelques modifications en cours d’année. « Comme tout autre projet pilote, on va recevoir les commentaires et on est ouverts aux rétroactions des professeurs », indique Mme Deschamps.

Ajout de la notion d’esclavagisme

Entre la version préliminaire de janvier 2016 et celle de mai 2016, il n’y a eu que peu de changements dans le programme, a constaté Le Soleil. Le seul changement significatif est l’ajout de la notion d’esclavagisme en Nouvelle-France : le moment où les premiers esclaves ont mis les pieds au Canada et celui où l’esclavagisme a été aboli.

[Note du carnet : ce fut quand même un phénomène relativement marginal (à moins que le programme parle aussi de l’esclavage chez les Amérindiens ?), aucun navire négrier n’accostera en Canada.

Pour tout le XVIIe siècle, on n’a dénombré que 35 esclaves en Canada, dont 7 Noirs. Entre 1700 et 1760, on en a recensé quelque 2 000, Amérindiens et Noirs compris. En Canada, près des trois quarts des esclaves furent d’origine non pas africaine, mais bien amérindienne. Les populations autochtones avaient coutume d’asservir des prisonniers de guerre avant l’établissement des Français, mais cette réalité prend de l’ampleur avec l’expansion vers l’ouest. À compter des années 1670, les Français reçoivent de leurs partenaires autochtones des captifs en gage d’amitié, au cours d’échanges commerciaux ou diplomatiques. Les Illinois étaient particulièrement reconnus pour les raids qu’ils menaient contre les nations du sud-ouest dont ils ramenaient des captifs.

Contrairement aux esclaves de la Nouvelle-Angleterre, qui étaient surtout exploités dans un contexte agricole, les esclaves de la Nouvelle-France étaient exploités en milieu urbain, notamment à Montréal, comme domestiques.

Après 1760, le nombre de Noirs esclaves dans la colonie a augmenté considérablement, passant de 300 à plus de 800. Cette augmentation est en grande partie attribuable à l’arrivée des Loyalistes au Québec, après 1783, qui ont amené leurs propres esclaves.

Cet ajout au programme semble être une concession à des communautés ethniques récemment immigrées, comme en France où l’on ne parle que de la traite transatlantique et l’on escamote les autres traites négrières.]

Pour le reste, les mots conquête et assimilation s’y trouvent toujours pour décrire la bataille des plaines d’Abraham, en 1759, et ses conséquences. Le cours parle aussi de « nationalisme » quand vient le temps d’aborder la révolte des Patriotes, en 1837 et 1838.

La réforme du programme d’histoire a commencé sous Marie Malavoy, ex-ministre de l’Éducation du Parti québécois. Elle est basée sur un rapport, signé par le sociologue Jacques Beauchemin et l’historienne Nadia Fahmy-Eid, qui préconisait un renforcement de l’enseignement de l’histoire au secondaire. Les deux experts proposaient que l’histoire soit racontée en suivant la « trame nationale » de la province.

Des anglophones déçus du peu de changements

« On aurait aimé mieux que l’histoire soit enseignée de façon plus neutre. Que ça ne reflète pas les bons [francophones] et les méchants [anglophones], mais la contribution des différentes communautés à la construction du Québec », commente Rita Legault, directrice des communications du Quebec Community Groups Network (QCGN). [Note du carnet : est-ce que le rôle des Loyalistes et des Anglais est dépeint de manière « neutre » dans les manuels d’histoire américains quand il traite de leur guerre d’indépendance & amp ; nbsp;?]

Son organisme, qui avait fait des pressions au printemps pour que des modifications soient apportées au programme, est « déçu » de constater que peu de changements ont été faits. Selon Mme Legault, tous les élèves québécois auraient bénéficié d’un enseignement plus inclusif, « qui ne raconte pas seulement l’histoire du Québec, mais les histoires du Québec », souligne-t-elle. [Note du carnet & amp ; nbsp ; : voudrait-on que les immigrés s’identifient à une autre histoire que celle de la majorité francophone ? Afin d’encore moins bien les intégrer ?]

Le QCGN a encore espoir que de petits changements puissent s’opérer dans le programme d’avant 1840, mais mise maintenant sur le projet-pilote qui démarre en quatrième secondaire et qui touche à l’histoire plus récente. « On espère qu’après la Seconde Guerre mondiale, on va parler de l’apport des Juifs, des Italiens et des Grecs, par exemple », explique-t-elle.

Ces préoccupations sur la façon dont l’histoire est racontée n’ont toutefois par ralenti les neuf commissions scolaires anglophones du Québec, qui ont toutes décidé d’aller de l’avant et d’enseigner le nouveau programme d’histoire en septembre. Selon ces commissions scolaires, le nouveau programme est meilleur sur le plan pédagogique et plus facile à enseigner que l’ancien.

« L’ancien cours n’était pas parfait, on le reconnaît. Mais même si on a un meilleur contenant, on trouve qu’il manque des bouts dans le contenu », justifie Mme Legault.

Le cours de 3e secondaire divisé en quatre périodes
DES ORIGINES À 1608

L’expérience des Amérindiens et le projet de colonie

Expliquer comment les relations entre les peuples amérindiens et leur connaissance du territoire ont contribué à l’exploitation de ses ressources par les Français ainsi qu’à leurs tentatives d’établissement. Concepts : alliance, échange, environnement

DE 1608 À 1760

L’évolution de la société coloniale sous l’autorité de la métropole française

Expliquer les relations entre la société coloniale et la France. Concepts : adaptation, évangélisation, mercantilisme

DE 1760 À 1791

La Conquête et le changement d’empire

Expliquer comment le changement d’empire a marqué la réalité de la société coloniale. Concepts : allégeance, assimilation, constitution

DE 1791 À 1840

Les revendications et les luttes nationales

Expliquer la montée du nationalisme dans une colonie en quête d’autonomie politique. Concepts : bourgeoisie, nationalisme, parlementarisme

Extraits du programme

« Les jalons de l’expérience singulière du Québec se posent dès les premiers contacts avec le territoire nord-américain. La nation n’est jamais achevée ; elle est ouverte et changeante. »

« Au fil de leur apprentissage de l’histoire du Québec et du Canada, les élèves se questionnent sur leur identité et sur leur inscription en tant que sujet de l’histoire. »

« Le cours d’histoire est un espace de discussion et de recherche où l’esprit d’ouverture et la curiosité intellectuelle sont valorisés. »

« L’année 1840 constitue le point de bascule entre les deux années du programme en raison de l’importance des changements, par ailleurs complexes, qu’elle rappelle, cette date correspondant à l’émergence d’un État libéral moderne. »

« Alors que se développe la colonie, les populations amérindiennes se fragilisent, en proie aux guerres et aux épidémies. »

« Les Britanniques contrôlent une importante partie du territoire de la Nouvelle-France, dévastée par plusieurs années de guerre au détriment des populations, exténuées. »

« Les rébellions de 1837 et 1838 sont matées, des centaines de rebelles sont appréhendés, certains sont condamnés à l’exil et d’autres sont exécutés. »

En bref
Histoire du Québec et du Canada
Cours donné sur 2 ans de façon chronologique
3e secondaire : des origines jusqu’à 1840
4e secondaire : de 1840 à nos jours
100 heures de cours d’histoire par année

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