lundi 5 septembre 2016

L'école fantôme...

Les éditions Desclée de Brouwer viennent de publier un essai de Robert Redeker intitulé L’école fantôme. Philosophe, Robert Redeker, qui vit sous protection policière depuis près d’une dizaine d’années en raison des menaces de mort qu’il a reçues à la suite de la publication d’un texte hostile à l’islamisme, est l’auteur de plusieurs ouvrages comme Egobody (Fayard, 2010), Le soldat impossible (Pierre-Guillaume de Roux, 2014) ou Le progrès ? Point final. (Ovadia, 2015).



« La destruction de l’École peut se dire en quelques mots : notre École est devenue une École-méduse, une École gélatineuse, aux professeurs et instituteurs changés en animateurs socio-culturels et gentils organisateurs du vivre-ensemble, bref en urgentistes du libéralisme. Quel est le sens de ce désastre ?

Il est un lieu commun de dire que la crise de l’École indexe une crise de la société. Mais il faut prendre au sérieux le propos de Péguy [dont c'est l'anniversaire de la mort, le 5 septembre 1914], qui se montre plus profond que les travaux des sociologues et les réflexions des journalistes, en la comprenant comme une crise de vie. C’est moins la société qui est en crise, que la vie. Nous traversons une crise de la vie humaine, une crise de l’homme. Non de la vie sociale, non de la vie biologique, qui à leur façon passent par une crise aussi, mais de la vie en tant que vie humaine. Autrement dit : c’est l’homme, dans l’humanité de sa vie, qui est en question dans la triple crise épinglée par ce livre, crise de l’enseignement, crise de l’École, crise de l’éducation. C’est parce qu’on ne sait plus ce qu’est un homme, ce qu’est la vie humaine, pas plus que ce qu’est la mort humaine, qu’on ne sait plus ce qu’est l’École, ce qu’est l’éducation. »




vendredi 2 septembre 2016

Québec — Lisée veut revoir le cours d’éthique et culture religieuse

L’aspirant-chef péquiste Jean-François Lisée veut faire table rase du cours d’éthique et culture religieuse enseigné dans les écoles du Québec.

Parti d’une bonne intention, le cours actuellement imposé aux élèves du primaire et du secondaire « renforce les stéréotypes » religieux, déplore le député de Rosemont.

Au Québec, la majorité des citoyens ne sont pas pratiquants, que ce soit les musulmans, les juifs ou les catholiques, plaide M. Lisée.

« Pourtant, ce qu’on apprend là-dedans, c’est qu’un juif c’est un pratiquant et qu’il a une kippa, et qu’une musulmane, c’est une pratiquante avec un voile », insiste-t-il, en entrevue avec le Journal de Québec.

« C’est excessif »

Les élèves passent dix ans, de la première année du primaire à la cinquième année du secondaire, à étudier les caractéristiques des différentes religions. « C’est excessif ! » renchérit le candidat à la direction du Parti québécois.

Jean-François Lisée propose de le remplacer par un cours d’« éthique et citoyenneté québécoise » qui permettrait aux élèves d’être mieux outillés pour faire face à la vie d’adulte.

Selon lui, les enfants et adolescents ont davantage besoin d’être sensibilisés aux valeurs de démocratie, d’égalité entre les hommes et les femmes, de laïcité, de liberté de conscience et de liberté d’expression.

Prévention de la radicalisation

Ce cours devrait également être l’occasion de prévenir la radicalisation chez les jeunes. Les élèves québécois doivent être informés des techniques de recrutement des djihadistes, pense le député de Rosemont.

Il suggère également d’y introduire graduellement des notions d’« économie personnelle » pour préparer les adolescents au monde de la consommation et du crédit.

« La question à se poser, ce n’est pas pendant dix ans comment apprivoiser les enfants aux différences religieuses, mais comment faire en sorte que les jeunes adultes québécois soient bien équipés pour être des citoyens en contrôle de leur réalité. »

La connaissance du « phénomène religieux » devrait plutôt faire partie des cours d’histoire, soutient M. Lisée. « Je bonifierais les cours d’histoire afin qu’on y aborde les différentes facettes des religions, mais, de façon objective et dans leur contexte historique. »


Sondage — les Européens insatisfaits du système de l'#éducation

Selon un sondage mené par l’IFOP, la majorité des Italiens (64 %), des Français (63 %) et des Allemands (54 %) sont mécontents de l’enseignement primaire et secondaire dans leur pays. Parmi les citoyens de ces États seuls 31 %, 28 % et 41 % respectivement se disent satisfaits. 9 % des Français et 5 % des Italiens et des Allemands ont répondu « je ne sais pas ». L’étude a été menée par l’IFOP à la demande de l’agence d’information et radio Spoutnik.

En Italie, le nombre de citoyens mécontents de l’enseignement primaire et secondaire est important chez les 18-34 ans — 62 % de mécontents contre 33 % de personnes satisfaites — et les plus de 35 ans — 65 % contre 30 %. 5 % des représentants des deux groupes ont répondu « je ne sais pas ».

En France il y a une différence notable entre les deux groupes : 53 % contre 37 % respectivement dans le premier — et 10 % de personnes sans réponse — et 66 % contre 25 % dans le deuxième — plus 9 % de « je ne sais pas ».


En Allemagne, on constate une différence notable entre les réponses des hommes et des femmes. 57 % de ces dernières sont mécontentes de la qualité de l’éducation primaire et secondaire, contre 38 % de personnes contentes et 5 % hésitantes. Chez les hommes cette proportion est de 50 %, 45 % et 5 % respectivement. 50 % des personnes sondées ayant moins de 35 ans sont contentes de la qualité de l’enseignement contre 47 % de citoyens non satisfaits et 3 % de « je ne sais pas ». Le groupe plus âgé est plus mécontent : 56 % contre 38 % et 6 % de personnes qui ne se sont prononcées.

En Allemagne de l’Ouest, il s’agit respectivement de 51 %, 44 %, et 5 % contre 61 %, 33 % et 6 % en Allemagne de l’Est. Berlin enregistre le plus grand nombre de mécontents : 74 % contre 24 % de personnes satisfaites et 2 % de « je ne sais pas ».

​Le sondage a été organisé par l’IFOP, l’institut français le plus ancien d’études de l’opinion publique, du 28 juin au 4 juillet 2016. L’échantillon était constitué de 3 006 personnes, dont 1000 Allemands, 1004 Français et 1002 Italiens âgés de plus de 18 ans. L’étude est représentative de la population du pays par sexe, âge et géographie. La marge d’erreur ne dépasse pas 3,1 % avec un intervalle de confiance de 95 %.

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lundi 29 août 2016

Ontario — Les conservateurs promettent de changer l'éducation sexuelle (Mis à jour)

Le chef du Parti progressiste (vaguement « conservateur ») de l'Ontario s'est excusé et dit qu'il n'a pas l'intention d'abolir le programme d'éducation sexuelle des libéraux s'il devient premier ministre.

Patrick Brown avait pourtant fait circuler une lettre à cet effet la semaine dernière dans la circonscription de Scarborough-Rouge River où se tiendra une élection partielle jeudi.

Dans une lettre ouverte aujourd'hui, il fait marche arrière et s'excuse : « Je pense qu'il est important d'admettre quand on fait des erreurs. J'appuie fortement un programme qui prend en compte le changement des attitudes et le monde dans lequel nos enfants grandissent. »

Le chef conservateur dit croire, entre autres, qu'il faut combattre l'homophobie et sensibiliser les jeunes aux concepts de consentement, d'intimidation et d'identité sexuelle. Exactement ce que lui reprochait le bureau du ministre de l'Éducation... Quelle force de conviction...!



Billet du 27 août 2016

Le chef du Parti progressiste conservateur en Ontario, Patrick Brown, dit qu’il se débarrassera du programme d’éducation sexuelle des libéraux ontarien si son parti remporte les prochaines élections provinciales

Dans une lettre publiée cette semaine, le chef de l’opposition affirme que les membres de son parti consulteraient les parents afin d’élaborer un nouveau programme.

Il a été mis à jour l’année dernière, pour la première fois depuis 1998. Lors de la rentrée scolaire 2015, plusieurs milliers de parents avaient manifesté pour dénoncer les changements.

En réaction, le bureau de la ministre de l’Éducation, Mitzie Hunter, a indiqué que l’Ontario a du retard comparativement aux autres provinces en ce qui a trait à l’enseignement de certains sujets comme la sécurité en ligne, le consentement et les relations saines. Réponse cousue de fils blancs ! Ce ne sont pas ce que les parents critiquent dans ce programme mais plutôt son aspect « rééducatif » en faveur de la théorie du genre, son approche hédoniste (il ne préconise pas du tout l’abstinence, insiste sur le plaisir et non plus les faits scientifiques, voir ci-dessous) et de servir souvent de porte-voix aux lobbies LGBT.

Bref, c’est toujours les mêmes recettes pour « rééduquer » les enfants des autres : on prétend avoir un retard dans un aspect consensuel et on oublie les aspects les plus controversés du programme pour faire passer les parents pour des ignares, des rétrogrades qui ne veulent même pas de « sécurité en ligne, de consentement ni de relations saines »...

Une porte-parole du gouvernement a aussi fait valoir que l’abolition du nouveau curriculum mettrait les jeunes à risque... Ah, ajoutons : il faut aussi jouer sur les peurs.

Rappel de 2010

À l’œuvre au secondaire, insister sur le plaisir dans l’éducation sexuelle

Comme le révélait le magazine Maclean’s en septembre dernier (You’re teaching our kids WHAT?), on assiste déjà à une nouvelle tendance dans les cours d’éducation sexuelle : l’insistance sur le plaisir sexuel plutôt que l’enseignement de la physiologie et des maladies sexuellement transmissibles. Les propriétaires de boutiques « érotiques » ontariennes voient une nouvelle clientèle : les professeurs d’éducation sexuelle qui demandent à ces commerçants de venir parler de sexe dans leur classe. Carlyle Jansen, une de ces propriétaires de boutique érotique a déjà présenté plus d’une douzaine d’ateliers dans les écoles ontariennes. Lors de ceux-ci, Mme Jansen encourage les jeunes adolescents à poser toutes les questions qu’ils veulent, qu’il s’agisse de masturbation, de la sexualité orale, de l’identité sexuelle, des sentiments homosexuels et des jouets sexuels qu’elle emporte avec elle afin d’illustrer ses propos. Comme le signale le magazine, les parents qui apprennent ce qui se passe en classe ne sont pas tous contents de cette présentation des choses.


Voir aussi

Ontario — Théorie du genre dans le nouveau programme d’éducation sexuelle

L’Ontario reporte sine die son nouveau programme d’éducation sexuelle (2010)

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »


Ontario — Ministre de l’éducation : les écoles catholiques devront enseigner le nouveau programme d’éducation sexuelle

Ontario — L’Archevêque d’Ottawa critique le projet d’éducation sexuelle : une « confiscation de l’autorité parentale »

Ex-sous-ministre responsable pour l’élaboration du programme d’éducation sexuelle au primaire accusé de pornographie juvénile (il a depuis lors déclaré qu’il plaidera coupable le 3 mars).



samedi 27 août 2016

Littérature — Perceval ou le Conte du Graal





Film d’Éric Rohmer réalisé en 1964 pour la série En profil dans le texte de collection la « Lettres » de l’Institut Pédagogique National. Découverte et lecture de larges passages du « Roman de Perceval » illustré par les miniatures conservées par la Bibliothèque Nationale de France.

Québec — Garçons décrochent plus et pourtant la priorité devrait être les filles ?

Dans une analyse publiée jeudi en collaboration avec l’organisme féministe Relais-femmes, la FAE revient sur une étude qu’elle avait réalisée en 2012 et qui détaillait les causes et les conséquences du décrochage scolaire des filles. Depuis, le monopole de l’Éducation du Québec a reconnu l’importance de la scolarisation des jeunes filles, mais n’aurait pas adapté son plan d’action, souligne la vice-présidente au secrétariat de la FAE et responsable du dossier de la condition des femmes, Joanne Bertrand.



« Rien ne se fait de manière spécifique pour le décrochage scolaire des filles. Il y a quelques éléments pour le décrochage des garçons, mais nous, ce qu’on pense, c’est que la clé de voûte concerne celui des filles parce que ça va favoriser la réussite scolaire de tous leurs enfants, peu importe leur sexe », dit-elle.


Au Québec, le décrochage scolaire est toujours plus important chez les garçons que chez les filles. Mais les répercussions du décrochage d’une élève sont plus grandes, fait valoir la FAE dans son rapport.


Selon les organismes féministes, le décrochage scolaire des garçons et des filles est grandement lié à la pauvreté et à la sous-scolarisation des mères. Une élève qui renonce aux études se retrouve par ailleurs dans une situation financière généralement plus précaire qu’un décrocheur. Cette élève devenue mère est donc plus susceptible d’avoir des enfants qui seront à leur tour moins scolarisés.

Ce que ne dit pas Le Devoir c'est que c'est surtout dû aux mères célibataires et à la charge des enfants. On pourrait lutter contre la monoparentalité et ses conséquences néfastes, mais cela voudrait dire qu'il faudrait valoriser le mariage, ce qui est inaudible au Devoir et à la FAE. Il est préférable d'avoir plus d'État, plus de subventions et plus de mesures qui visent en priorité les filles pour aider les garçons bien sûr...


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jeudi 18 août 2016

Anglicisation — ruée vers le cégep anglais

COLLÈGE ST. LAWRENCE

Alors que la majorité des cégeps doit composer avec une baisse démographique, le Collège St. Lawrence est quant à lui au maximum de sa capacité, ayant dû refuser environ 400 étudiants cette année. La proportion de jeunes francophones qui veulent étudier en anglais est «de plus en plus forte», soutient le directeur Edward Berryman.

L'institution anglophone de Sainte-Foy accueillera 950 élèves en ses murs cette année, soit le maximum que lui permettent ses locaux. «Depuis plusieurs années, on fait le plein au premier tour. La pression est très, très forte pour entrer à St. Lawrence», explique M. Berryman, qui se voit contraint de refuser des étudiants qui ont de très bons dossiers scolaires. Le Collège a pour mission d'accueillir en premier lieu les étudiants issus de la communauté anglophone de l'Est-du-Québec, et les francophones qui le désirent par la suite.

Ces dernières années, le Collège a même dû payer une amende au ministère de l'Éducation pour avoir accueilli entre 50 et 75 étudiants de trop. «La dernière qu'on a payée s'élevait à 75 000 $», indique M. Berryman. Heureusement pour lui et pour certains cégeps de Montréal, un moratoire de deux ans a été annoncé par le ministère de l'Éducation au printemps, moratoire qui suspend les amendes pour les élèves en surplus dans certains cégeps.

«Le désir des jeunes d'avoir de l'éducation en anglais est plus fort que jamais», croit M. Berryman. Malgré cela, le ministère de l'Éducation n'accorde pas de hausse du «quota» d'étudiants au Collège St. Lawrence.

Le Collège inaugure tout de même pour la rentrée son premier agrandissement physique en 40 ans. Il s'agit d'une nouvelle aile rattachée au bâtiment principal, située sur la rue Nérée-Tremblay. Baptisée student center, elle comprend un espace de vie pour les jeunes, des bureaux pour les associations et les clubs étudiants et une salle multifonctionnelle. Ce n'est toutefois pas de l'espace destiné à l'enseignement.

Au cours des prochaines années, le Collège St. Lawrence aimerait pouvoir prendre de l'expansion, question de répondre à la demande. «C'est dommage de ne pas pouvoir servir plus d'étudiants. Ce n'est pas pour combler nos besoins à nous, mais les besoins des jeunes, de la communauté et de la région», soutient M. Berryman.

CÉGEP DE SAINTE-FOY

Ce désir d'apprendre l'anglais et de s'ouvrir à l'international se fait également sentir au Cégep de Sainte-Foy. Pour la rentrée 2017, le cégep prépare deux nouveaux diplômes d'études collégiales doubles (double-DEC). Un en Sciences de la nature et langues, et l'autre en Sciences humaines et langues. «Il y a vraiment une demande pour ça. Les étudiants sont très préoccupés et veulent répondre aux attentes du marché du travail», explique Carole Lavoie, directrice du Cégep.

L'institution développe aussi tout un créneau d'études à l'étranger, avec des sessions de cours en Italie et en Irlande. L'an dernier, 150 étudiants ont pu compléter une partie de leur formation à l'étranger.

Pour cette année, le cégep connaît une légère hausse de ses inscriptions. Il accueille environ 50 étudiants de plus, pour un total de 6600. «On est à pleine capacité, même si ça fait cinq ans qu'on vit avec une baisse démographique et une baisse des demandes d'admission», indique Mme Lavoie.

La première pelletée de terre d'un nouveau pavillon sera donnée au Cégep de Sainte-Foy en septembre. Ce pavillon, situé près du chemin Sainte-Foy, accueillera les deux centres de transferts technologiques du Cégep, en multimédia et en foresterie. C'est également la dernière année d'ouverture de la piscine du Cégep, qui devrait être remplacée en 2017 par une salle de conditionnement physique et de spinning.

CÉGEP GARNEAU

Le Cégep Garneau a aussi déployé de «nouvelles stratégies» pour remplir ses classes cette année, avec succès. Il accueillera environ 150 étudiants de plus que l'an dernier, pour un total de 6200, indique Sylvie Fortin, directrice des communications.

Par exemple, le Cégep, qui a déjà une bonne réputation dans le domaine sportif, a bonifié son offre en ouvrant une équipe de compétition en natation (40 inscriptions) et une autre en tennis (12 inscriptions). «On sait que le taux de réussite des sportifs est de 92 %, alors c'est quelque chose qu'on veut continuer à valoriser», indique Mme Fortin.

Garneau mise également sur l'entrepreneuriat pour attirer les jeunes du secondaire, qui ont déjà démarré des entreprises à l'école ou qui veulent le faire. L'institution inaugurera la semaine prochaine l'École d'entrepreneuriat de Québec, un incubateur d'entreprises.

Déjà en chantier, la nouvelle bibliothèque de Garneau devrait ouvrir ses portes en janvier 2017. Des travaux de 5 millions $ auront permis de lui donner une tout autre allure.

CÉGEP LIMOILOU

Pour la rentrée, le Cégep Limoilou a tout misé sur l'accueil des nouveaux étudiants. Plus ceux-ci seront bien guidés, «plus ils auront le goût de persévérer», croit le directeur, Louis Grou. Le Cégep doit composer cette année avec une baisse de 3 % de ses effectifs, pour un total de 5325 étudiants.

D'où l'importance de bien encadrer les jeunes lorsqu'ils récupèrent leur horaire, cherchent leurs locaux ou achètent leurs fournitures scolaires. «La marche entre le secondaire et le cégep, elle est haute. Et c'est stressant pour certains», croit M. Grou. En début d'année, le Cégep avait l'habitude de «perdre» environ 200 étudiants. Un chiffre qui a baissé autour de 75 l'an dernier et que l'institution cherche encore à faire diminuer.

«On a 700 étudiants issus de l'immigration, on a des étudiants qui sont aussi des parents et qui ont des besoins différents au niveau de l'accueil», explique M. Grou. Depuis un an, le Cégep a mis sur pied le programme Connaître pour accompagner (CPA +), qui vise à mieux déceler les difficultés des jeunes et faire en sorte qu'ils réussissent.

mercredi 17 août 2016

Humour — Respecte tes parents...


Vulgarisation : l’éducation dans la Rome antique

À mille lieues de l’éducation pédagogiste actuelle, l’éducation à la romaine reposait, malgré quelques coups de bâton superflus, sur un socle solide. À l’époque, il était avant tout question d’apprendre la vertu par l’imitation du père, de reproduire le modèle familial et de légitimer l’Empire par l’étude des grands hommes. Aussi son but était-il de former les futures élites. Autant dire que nous nous trouvions alors aux antipodes de notre modèle éducatif actuel, où le professeur n’a plus d’autorité, où l’enfant doit apprendre par lui-même et surtout où la haine de soi et le nivellement par le bas, aussi appelé égalitarisme, font figure de fondamentaux.



Québec — Le programme ECR est peu enseigné

Nancy Bouchard (ci-contre), professeur titulaire et directrice du Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation à l’UQAM — au centre donc du dispositif étatique qui a imposé le programme d'Éthique et de culture religieuse à tous les élèves captifs du Québec — se demande si « nous » avons échoué dans l'enseignement du « vivre ensemble ».

L'éminente professeur demande un bilan. Ce carnet demande également depuis des années une évaluation sérieuse du controversé programme d'ECR imposé il y a 8 ans à tous les élèves du Québec, sans exception. Une évaluation sérieuse dont nous voudrions voir divulgués la méthodologie et les formulaires qui serviront à l'évaluation, afin de mieux cerner route l'idéologie sous-jacente à ce programme : « Trouves-tu que toutes les religions sont dignes d'un même respect ? », « L'immigration est-elle toujours bénéfique ? », « La diversité d'une société est-elle toujours bonne ? », « Faut-il que l'immigrant fasse plus de concessions culturelles que les membres de la société historique québécoise ? », etc.

Extraits de la lettre ouverte de Nancy Bouchard dans Le Devoir du 17 août 2016 :
Depuis sept ans, une période à l’horaire de l’élève est spécifiquement dédiée au développement de rapports sociaux harmonieux avec le cours d’Éthique et culture religieuse : sa visée ultime étant d’apprendre à vivre ensemble dans la diversité. Implanté simultanément à tous les niveaux du primaire et du secondaire en 2008, il y a fort à parier que ce projet de formation au vivre-ensemble requiert des ajustements.

L’enseignement de ce programme contribue-t-il à l’apprentissage du vivre-ensemble, à la reconnaissance de ce Bien commun que représente la dignité humaine — de ce qui fait que l’on est à même de refuser l’intolérance comme l’intolérable ? Qu’en est-il de l’enseignement de ce programme ?

Le dialogue en culture religieuse se pratique difficilement

Un bilan s’impose ! Par exemple, au sujet du dialogue en culture religieuse, celui-ci se pratique difficilement et il est généralement absent des préparations de cours (situations d’apprentissage). À propos de l’enseignement dédié à ce cours, une enquête de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse corrobore les échos que nous avons du milieu scolaire : près de la moitié des écoles (100/211) réduisent sensiblement le temps d’enseignement recommandé par le ministère. À Montréal, ce taux grimpe aux deux tiers. Il semble aussi que des écoles placent officiellement ce cours à l’horaire mais, dans les faits, lui substituent un autre cours. [Note du carnet: nous avons les mêmes informations de source directe.] Quant au personnel qui donne ce cours au secondaire, tout porte à croire qu’il s’agit surtout d’enseignants d’autres disciplines, non formés en éthique et culture religieuse.

Si l’apprentissage du vivre-ensemble est une priorité, il est grand temps d’y voir afin d’être certains que nous n’échouerons pas à cette tâche éducative essentielle. Il importe de nous assurer que nous prenons cette responsabilité d’éduquer au vivre-ensemble suffisamment au sérieux. Les événements de l’actualité ne cessent de nous le rappeler : il reste beaucoup à faire pour vivre ensemble en paix et, éventuellement, dans l’amitié.

Apprendre à vivre ensemble est une nécessité. L’UNESCO en a fait le chantier prioritaire de l’éducation depuis de nombreuses années, la ligne générale étant d’éradiquer les causes profondes qui sont aux sources du terrorisme, parmi lesquels figurent la pauvreté, l’ignorance, le préjugé, la discrimination. [Ah, bon, ce seraient là les causes profondes...!?] Omettre ce pilier de l’éducation pourrait avoir comme conséquence l’annihilation de tous les autres efforts en faveur de l’éducation [rien de moins !], car il s’agit là de la clé de voûte de l’éducation pour le XXIe siècle.

L’école ne peut pas tout à elle seule, l’éducation des enfants est une responsabilité partagée, mais il n’en demeure pas moins que, pour apprendre à vivre avec les autres, à vivre en société, l’école doit jouer un rôle majeur.

De notre dictionnaire de la novlangue

Vivre ensemble ∙ le correctivisme politique préconise le « vivre ensemble », alors que les partis politiques qui appuient cette notion ont tout fait pour provoquer le développement du communautarisme en prônant le multiculturalisme et une immigration qui doit être sans cesse « diverse » et plus importante. L'admonestation de « vivre ensemble » vise principalement les Québécois de souche qui doivent respecter et valoriser le communautarisme des autres. ∙ Alors que les gens ne vivent plus ensemble parce qu’ils ne partagent plus la même culture commune, nos dirigeants ne parlent plus que de cela, de « vivre ensemble » ∙ « Quant au vivre ensemble, on invente des mots quand la réalité n’existe plus. Nous n’avons plus de culture commune, les mots ne sont plus que des attrape-couillons. Ils servent au contraire à effacer la réalité. Nous sommes dans une guerre idéologique. » (Éric Zemmour, 3 février 2015 à Nice)


Voir aussi


Meilleur « vivre-ensemble » grâce à la connaissance ? Vraiment ?

Novlangue : « implanter des mesures d'appui au vivre ensemble » (en clair : lutter contre la radicalisation musulmane dans les écoles de Montréal)

« La pédagogie de l’accommodement » [Selon Nancy Bouchard, la compétence en culture religieuse doit servir à fournir aux enfants une « grammaire » pour aborder le phénomène religieux, plutôt qu’un « répertoire de croyances et de coutumes religieuses ». Et certains osent prétendre que le programme ECR n'est pas idéologique !]

Les créateurs du programme ECR défilent dans les colonnes du Devoir

ECR — Éducation ou lavage de cerveau ? Pour Joseph Facal, c'est de l'endoctrinement

ECR — La surprenante ignorance de Georges Leroux et la sélectivité de Daniel Baril