lundi 5 octobre 2015

UQAM — Conséquence du boycott étudiant et de l'appui de profs ? Nouvelles inscriptions en forte baisse

« L'UQAM s'est bâtie sur des grèves »
Selon Le Devoir, le scénario catastrophe redouté par le recteur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Robert Proulx se concrétise : le nombre d’entrants a chuté de 11 % cette année au niveau du baccalauréat, une situation qui plonge l’établissement du Quartier latin dans une situation financière plus précaire qu’escomptée.

Résultat possible des manifestations du printemps 2015, l’UQAM enregistre cet automne une diminution d’au moins 2,8 % des inscriptions au premier cycle. La baisse est nettement plus marquée chez les nouveaux inscrits, en particulier dans les programmes de baccalauréat, où elle atteint 10,9 %, et de certificat, où elle s’élève à 6 %.

« Toutes les facultés sont touchées par ce phénomène », a révélé le recteur, dans un courriel acheminé à la communauté universitaire.

Au deuxième cycle, les inscriptions sont relativement stables tandis qu’au troisième cycle, l’UQAM enregistre une hausse (+11,8 %). Malgré tout, la diminution du nombre des inscriptions est de 2,2 %, tous cycles confondus.

Saccage à l'UQAM lors du dernier boycott
de certains étudiants
Déjà, à la rentrée, M. Proulx avait noté une baisse de 5 % des demandes d’admission. Il évoquait alors comme explication potentielle le mouvement de grève étudiante du printemps précédent. Quoi qu’il en soit, cette réduction du nombre d’inscrits a des conséquences importantes pour l’établissement. « Cette diminution entraîne inévitablement une perte financière, évaluée à 3,1 millions pour les sessions d’automne et d’hiver, qui, ajoutée au 1,9 million pour la session d’été, totalise 5 millions. Indubitablement, ce manque à gagner vient alourdir une situation financière déjà très difficile pour l’UQAM », dit-il.

Seule à pâtir

La nouvelle a de quoi inquiéter Robert Proulx puisque son établissement est le seul, dans tout le réseau de l’Université du Québec, à faire face à une telle baisse dans les inscriptions. Les autres universités de la métropole enregistrent elles aussi une croissance.

Robert Proulx se défend d’être alarmiste. Reste que ces 5 millions en moins forment un trou béant dans le budget de l’université, forcée, depuis un certain nombre d’années déjà, de se serrer la ceinture.

Le manque à gagner pour l’année en cours atteint aujourd’hui plus de 20 millions dans le budget 2015-2016, une somme à laquelle s’ajoutera une compression additionnelle exigée par Québec aux universités. À l’échelle du réseau universitaire, ce sont des compressions de 72 millions que prévoyait le dernier budget provincial. Celle-ci s’élèverait à 7,2 millions pour l’UQAM.


Québec — Le français des étudiants en perdition ?

Le piètre français des étudiants préoccupe les enseignants du cégep, qui affirment qu’il s’agit du principal problème auquel ils sont confrontés en classe.

C’est du moins l’une des conclusions d’une étude menée par Thierry Karsenti, directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante. L’enquête a été réalisée ce printemps auprès de 166 enseignants de la formation générale répartis dans 17 cégeps à travers la province.

La quasi-totalité des enseignants interrogés (91 %) considère que la maîtrise du français est le premier défi qu’ils rencontrent en classe. La motivation des étudiants arrive au deuxième rang (89 %), suivie par leur faible habileté et leur faible intérêt pour la lecture (68 %).

Par ailleurs, les difficultés en français sont loin d’être réservées aux étudiants allophones. Des enseignants ont même affirmé que le problème est parfois encore plus présent chez les élèves francophones, souligne Thierry Karsenti, qui rappelle que les difficultés en français et en lecture ont aussi un impact important sur toutes les autres matières.

Manque de motivation

Le manque de motivation fait aussi partie de l’équation, ajoute le chercheur. « Il y a énormément de ressources d’aide qui sont mises à la disposition des étudiants qui éprouvent des difficultés, mais ils ne les utilisent pas », dit-il.

Ce n’est pas la première fois que les difficultés en français des cégépiens font les manchettes. Le Journal rapportait récemment que le nombre d’étudiants qui ont dû s’inscrire à un cours de mise à niveau en français au cégep a grimpé de 50 %, au cours des 10 dernières années.

Formation générale obligatoire

La formation générale au niveau du cégep (fin du secondaire en Europe) est très pertinente, selon un rapport publié lundi par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante.

Dans le cadre de l’étude, 45 avantages de la formation générale, incluant notamment les cours de français et de philosophie, ont été répertoriés par 166 professeurs de formation générale au cégep. Le développement intellectuel des étudiants, le développement des compétences en lecture et en écriture et le développement de l’autonomie arrivent en tête de cette liste.

Par ailleurs, 91 % de ces professeurs interrogés ont indiqué qu’il faudrait valoriser la formation générale pour contrer l’attitude négative des étudiants face à ces cours.

Dans un deuxième temps, l’étude des recherches publiées dans le domaine effectuée par le chercheur de l’Université de Montréal Thierry Karsenti fait état d’un certain nombre d’études et d’analyses qui concluent à l’utilité de la formation générale dans le développement global des étudiants et le maintien d’un fond culturel commun. Il souligné également que le taux d’échec n’est pas seulement imputable à la formation générale et que les employeurs sont généralement satisfaits des diplômés du cégep.

Au cours de la dernière année, des voix se sont élevées pour réclamer plus de souplesse dans la formation générale offerte au cégep, où davantage de cours optionnels pourraient être offerts aux étudiants.

M. Karsenti considère toutefois qu’il y aurait un « risque énorme » à rendre les cours de français optionnels puisque les étudiants qui éprouvent des difficultés avec la langue de Molière éviteraient de s’y inscrire, par peur d’échouer.

« Donner plus de choix, ça voudrait dire permettre à des étudiants de ne pas avoir certaines compétences de base. C’est un risque important », affirme-t-il.

Être plus exigeant, plus tôt

Note du carnet : Nous pensons que cette formation générale exigeante devrait se faire nettement plus tôt dans le cursus scolaire. Le français et la culture générale (scientifique et humaniste) devraient être les priorités d’une école primaire et secondaire digne de ce nom. L’école québécoise est bien trop souvent trop peu exigeante et quand elle devient plus exigeante c’est pour imposer plus d’anglais au détriment du français.

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mercredi 30 septembre 2015

Dix trucs simples pour améliorer la capacité d’attention et la maîtrise de soi chez l’enfant

Votre jeune enfant a du mal à rester concentré, est agité et impulsif ? Ce n’est pas forcément un TDA/H. Avant de foncer chez le neuropsychologue pour une évaluation ou à la pharmacie pour des médicaments, tentez d’abord de mettre en place ces quelques conseils.

Dix trucs suggérés par Nancy Doyon :

1. Répondre au besoin de bouger : prévoir des activités où l’enfant pourra dépenser son énergie avant les périodes où il doit rester calme (matin avant l’école, avant les repas, avant les devoirs, avant d’aller au lit, etc.).

2. Réduire les sources de stress et la stimulation
Le stress est un des facteurs qui influence le plus les capacités d’attention et l’autocontrôle. Nos enfants sont aussi souvent surstimulés et leur « disque dur » est trop souvent surchargé d’informations. Limiter le bruit et réduire l’éclairage (lumière du jour lorsque c’est possible plutôt que des néons et lumière tamisée le soir). Ralentir le rythme de vie, diminuer le nombre d’activités structurées et relaxer les weekends plutôt que d’organiser des sorties familiales.

3. Augmenter les heures de sommeil

4. Adopter une saine alimentation

5.  Diminuer les heures passées devant les écrans (téléphone, ordinateur, tablette, jeux vidéo et télé) à 2 h par jour au maximum (et c’est énorme 2 h !) Si possible, les interdire la semaine.


6. Augmenter le temps de lecture
La lecture, en plus de favoriser le calme, développe les capacités attentionnelles, l’imaginaire et contribue grandement au développement des facultés cognitives. 20 à 30 minutes de lecture par jour peuvent faire une énorme différence sur les résultats académiques, quitte à lire avec lui. Déployez des efforts afin de trouver un type de lecture ou une série qui plaira à votre enfant.

7. Faire régulièrement des jeux de table et de société (30 minutes de jeu par jour)
Les jeux de société sont un excellent moyen d’entraîner, à travers le plaisir, les capacités de l’enfant à attendre son tour, réfléchir et trouver des stratégies, faire des liens de cause à effet, anticiper des situations, gérer ses émotions, etc.)

Jouer à des jeux qui demandent de la concentration : casse-têtes, jeux de mémoire et de logique (Ottello, dames, Rummy, etc.)

8. Faciliter l’apprentissage :
Puisque tous les enfants n’ont pas les mêmes besoins ni la même façon d’apprendre et de retenir l’information.


9. L’aider à se calmer lorsqu’il est trop agité
Baisser le ton, parler peu et tamiser les lumières. L’amener près de vous, lui caresser le dos, jouer avec ses mains ou ses doigts, lui donner un bisou, etc. Les enfants agités sont souvent kinesthésiques et réagissent bien au toucher si celui-ci est doux et chaleureux.

10. Être indulgent


Plus de détails ici.

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Birmanie — Les autorités locales soutiennent les radicaux bouddhistes

Article du Myanmar Now de Rangoun, capitale de la Birmanie, sur la radicalisation de certains bouddhistes (y compris de nombreux moines) envers l’islam.

En Birmanie, où la population est majoritairement bouddhiste, la minorité musulmane représente environ 5 % des habitants. Dans le delta de l’Irrawaddy, les musulmans vivent essentiellement des activités liées aux abattoirs et au commerce du bœuf.

Actuellement, les entreprises musulmanes sont la cible des radicaux bouddhistes, dont la voix a beaucoup gagné en puissance avec l’ouverture politique de la Birmanie.



Depuis fin 2013, une campagne soutenue par Ma Ba Tha (lire ci-dessous) a entraîné la fermeture de dizaines d’abattoirs et d’usines de transformation de viande tenus par des musulmans dans la région d’Ayeyarwady. Des milliers de vaches ont été enlevées de force à leurs propriétaires musulmans. Les commerces de certains musulmans ont vu leurs revenus s’effondrer.

Des documents officiels que nous avons obtenus et des entretiens avec des représentants de l’État révèlent que les hauts fonctionnaires soutiennent cette croisade. Lwin Tun, 49 ans, a investi dans les secteurs du bâtiment, de l’immobilier et de l’hôtellerie, à la fois dans le delta et dans la région de Rangoun. Selon lui, les actions de Ma Ba Tha menacent gravement ses intérêts. « La campagne appelant à un boycott des entreprises gérées par des musulmans dure depuis quelque temps, affirme-t-il. Des tracts sont distribués. La police le sait, mais ne fait rien. »

Régis Debray fait son deuil du progressisme et des illusions de la gauche

Extraits d’un article de l’hebdomadaire Le Point où l’intellectuel français Régis Debray livre en quelque sorte son testament politique : l’humanité sans dessein, la gauche socialiste sans idées, le deuil de l’Histoire...


Le Point — Mais de quel deuil exactement parlez-vous ?

Régis Debray. — De l’Histoire comme accomplissement d’un grand dessein, comme émancipation de l’humanité en marche vers son salut. Cette idée messianique, nous la tenons, tout libre-penseur qu’on soit, du judéo-christianisme. Elle a longtemps fait de nous, les progressistes, des descendants d’Abraham et d’Isaïe sans le savoir. Or le bureau des Affaires eschatologiques a fermé. Plus aucune grande promesse n’est crédible. Avez-vous noté le raccourcissement des cycles d’espérance en Occident ? Le christianisme ? Vingt siècles. Le scientisme ? Deux siècles. Le socialisme ? Moins d’un siècle. L’européisme ? Un demi-siècle. Résultat, une première historique : la peur sans l’espoir. L’homme, ce petit mammifère prématuré à la naissance, plus malin, mais plus faiblard que les autres, a toujours eu peur, non sans raison : des rhinocéros, de l’enfer, de la peste, des Barbares, des intrus, des kalachnikovs. La peur, c’est son destin, mais l’antidestin qu’il a inventé pour tenir le coup — la résurrection des morts, la société sans classes, l’éternité par l’art ou autres tranquillisants —, a disparu. Pour la première fois, [pour l’homme occidental moderne] il n’y a plus d’après. Ni au ciel ni sur terre.

— Quel impact sur notre époque cette disparition aurait-elle ?

— C’est un peu tôt pour le savoir. Le XXe siècle a vécu du futur plus qu’aucun autre, et jusqu’au XVIIIe notre civilisation vivait du passé, sur l’imitation de Jésus-Christ, des saints ou des héros. Le présent à l’état brut, sans rien devant ni derrière, c’est de l’expérimental. Je pressens du bipolaire : hystérie et sursauts de colère d’un côté, morosité et je-m’en-foutisme de l’autre. Le déprimé survolté par dix flashs quotidiens. Les psys vont avoir du pain sur la planche.

— La mondialisation ne pourrait-elle pas faire office de nouvelle espérance ?

— Je ne vois pas trop en quoi. Les marchandises circulent mieux, les signes et les images aussi, vivent la Toile et le conteneur. Mais, du même coup, les traditions, les cultures et les religions se côtoient bien davantage, se frottent l’une contre l’autre, et cela fait de l’irritation et de l’inflammation aux jointures. Des réactions allergiques, et donc des replis, des paniques identitaires çà et là. La mondialisation techno-économique fomente une balkanisation politico-culturelle — 193 États à l’ONU quand il n’y en avait pas 50 en 1946. Et plus les outillages progressent, plus les imaginaires régressent. Le passé revient en force, avec les fantasmes d’origine. Voyez le Moyen-Orient : les frontières modernes s’effacent, on remonte de l’État à l’ethnie. Le plus récent est le plus fragile. Quand il y a crise économique ou politique, ce sont les couches les plus anciennes qui affleurent : le clanique, le tribal, l’ethnique, le religieux. L’archaïsme, ce n’est pas le révolu, c’est le refoulé. Et la postmodernité, en ce sens, sera criblée d’archaïsmes. Pourquoi ? Parce que le nivellement crée un déficit d’appartenance, un désarroi existentiel, d’où le besoin d’un réenracinement traditionaliste, d’un affichage de singularité. On croyait jusqu’à hier que l’évolution du niveau de vie nous débarrasserait du religieux — une école qui s’ouvre, c’est un temple qui ferme. Erreur. Les informaticiens sont plus fondamentalistes que les littéraires, en Inde comme en islam. L’utopie libérale espérait que la Carte bleue gomme les cartes d’identité, en réalité, elle les fait sortir au grand jour. En somme, la pacification par le doux commerce, l’OMC comme solution de l’énigme enfin trouvée, ça a beau être bardé de statistiques, cela reste le doigt dans l’œil. Le technocrate domine à Bruxelles, mais il est à côté de la plaque. Disons qu’il n’a que la moitié du programme.

— Mais l’Europe, face à Daech, face au problème des migrants, pourrait très bien retrouver une nouvelle identité ?

— Oui, bien sûr, rien n’est plus précieux qu’un bon et vrai ennemi. Et Staline a autant fait pour l’Union européenne que Jean Monnet. Mais souvenez-vous : on a construit l’Europe à l’Ouest pour ne plus avoir à faire la guerre. Pour ne plus avoir même à y penser. Et en remettant sa défense entre les mains de l’Amérique, laquelle espionne sans vergogne ses protégés, qui ne protestent même plus. Le projet était viable tant qu’il y avait juste en face un ennemi mortel, ou jugé tel. Daech, c’est écœurant, épouvantable, mais 20 000 hommes dans un désert, sans aviation, sans drone, sans labos et sans usines, ce n’est pas le IIIe Reich ni l’Armée rouge. L’antiterrorisme, ça ne fait pas une identité, la chose est d’ailleurs préemptée et dirigée par Washington. Le mot d’Europe comme entité politique et non géographique apparaît dans les grimoires après Poitiers, puis après Lépante, face au Turc. L’affrontement, ça réveille. L’Iran, c’était loin. La Chine aussi.

[...]

— Depuis votre Éloge des frontières, votre position a-t-elle évolué ?

— Nullement. Une frontière, c’est une ligne consentie, faite pour être franchie, à certaines conditions légales mutuellement agréées. La frontière est une conquête de la civilisation, et quand il n’y en a pas, c’est la loi du plus fort, qui dresse un mur, sans rien demander à personne. Une frontière peut mal tourner, mais l’absence de frontières, c’est la jungle assurée, tôt ou tard.

— Revenu de toutes vos illusions, c’est aussi un adieu à la politique que vous rédigez ?

— En un sens, oui. Mais si c’était la politique au sens fort du terme qui nous disait adieu ? Et si c’était la fin d’un cycle ouvert chez nous par la Révolution et qui mettait une vision du monde au cœur des luttes pour le pouvoir, et non l’autodéfense d’une province, d’une dynastie, d’un groupe d’intérêts ou d’un taux de croissance ? La division gauche-droite, ça naît en 1789, avec pour ligne de partage une idée de l’avenir et de l’être humain. On s’en était bien passé pendant des siècles. Et tout ce qui est né mérite de périr. En tout cas, je ne dis pas adieu, mais bonjour à la laïcité, sur laquelle nous préparons avec un ami un petit guide pratique, très précis et utilitaire. Pour sortir du blabla cotonneux des valeurs et des bons sentiments. Le laïque, c’est du dur et du droit. Cela ne donne pas une raison de vivre, ce n’est pas la religion des sans-religion, mais ça permet, c’est déjà beaucoup, de respirer côte à côte sans s’entre-tuer.

mardi 29 septembre 2015

France — 67 nouvelles écoles libres créées à la rentrée 2015

Communiqué de la Fondation pour l’école :

 Une fois encore, la rentrée démontre le grand dynamisme des écoles indépendantes avec un taux de croissance du nombre d’écoles de 9 %. 67 nouveaux établissements scolaires ont en effet ouvert en septembre, soit 16 de plus que l’année dernière. Malgré les difficultés financières et administratives auxquelles ils sont confrontés, les porteurs de projet continuent d’affluer vers Créer son école, à la recherche de conseils juridiques, et vers la Fondation pour l’école en vue d’un soutien financier.

Les profils d’écoles indépendantes sont toujours aussi variés : Montessori, bilingues et écoles écologiques tiennent le haut du podium. Les écoles confessionnelles restent une minorité. Aujourd’hui, en stock, sur un total de 793 écoles indépendantes en France, 2 sur 5 sont confessionnelles. Leur typologie est consultable sur l’annuaire en ligne www.ecoles-libres.fr. La spectaculaire progression de ces créations d’écoles indépendantes est, selon nous, due à deux principales raisons :
  • la prise de conscience générale, à la suite de la parution du rapport PISA notamment, du délitement de l’Éducation nationale qui laisse 40 % de ses élèves sur le bord de la route ;
  • la revendication, toujours plus forte, d’un vrai choix scolaire pour trouver une école adaptée à ses attentes éducatives et aux besoins pédagogiques de son enfant.

Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école, déclare :
La France est très en retard en matière d’innovation éducative. Nous sommes enfermés dans un système vieux de 60 ans qui n’est ni performant ni adapté aux nouveaux défis que nous devons relever. Il est temps de proposer, en plus des établissements scolaires publics ou privés existants, des écoles libres de leurs moyens, mais comptables de leurs résultats qui pourront accompagner les 40 % d’enfants mal à l’aise dans le système classique pour une raison ou une autre. Il en va de la justice sociale et de notre avenir collectif. Chaque enfant a droit à une instruction de qualité adaptée à ses besoins propres. L’Éducation nationale ne peut pas tout faire !

Québec — taux de diplomation en hausse grâce aux « qualifications »

Une nouvelle fois, cette année, le taux de diplomation est en hausse dans les écoles du Québec, a appris Le Journal de Québec. Mais cette hausse ne signifie pas nécessairement que les élèves sont plus nombreux à décrocher leur diplôme d’études secondaires (DES), souligne un expert.


Selon les plus récents chiffres du ministère de l’Éducation, la proportion d’élèves qui ont décroché un diplôme sept ans après leur entrée au secondaire est maintenant de 77,7 %, un chiffre en hausse constante au cours des dernières années. Un peu plus de 65 % d’entre eux ont obtenu leur diplôme en cinq ans.

Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval, refuse toutefois de se réjouir trop rapidement. Il rappelle que le taux de diplomation tel que calculé par le Ministère comprend le diplôme d’études secondaires (DES), mais aussi onze autres diplômes et qualifications pour lesquels il n’est pas nécessaire d’avoir terminé son cinquième secondaire. (Notons que ce cinquième secondaire correspondant à la troisième ou à la seconde en France puisque le bac équivaut au diplôme d’études collégiales conformément à l’article 2 de l’accord-cadre franco-québécois sur la reconnaissance des diplômes et la validation des études [accès au texte], signé le 20 février 1996. Les Français et les Belges présentent habituellement leur taux de diplomation pour l’équivalent de notre DEC.)

Pour deux des qualifications qui permettent de gonfler le taux de diplomation, il n’est même pas nécessaire d’avoir réussi la deuxième année du secondaire (âge habituel 13 ans) pour l’obtenir. Les élèves qui obtiennent ces qualifications sont souvent des garçons qui éprouvent de grandes difficultés scolaires. Il s’agit de nouveaux parcours mis en place au secondaire, comme le certificat de formation à un métier semi-spécialisé et le certificat de formation préparatoire au travail. Dans ces deux cas, il n’est pas nécessaire d’avoir réussi la deuxième année du secondaire pour y être admis.

Égide Royer trouve le phénomène très préoccupant. « On vient consacrer la sous-scolarisation des garçons en difficulté », qui obtiennent en grande majorité ces certificats. Si l’on exclut ces nouvelles qualifications qui ne sont que de la « fausse représentation », le taux de décrochage au Québec fait du surplace, souligne cet expert.

« Comment peut-on accepter comme étant un indicateur de réussite au secondaire le fait que quelqu’un de 18 ans ait un niveau de lecture de 4e année ? C’est ça, la question », lance M. Royer.

L’an dernier, le taux de diplomation était de 75,8 %, un chiffre qui chute à 71 % lorsque l’on tient compte uniquement du diplôme d’études secondaires.

Ce sont d’ailleurs ces autres diplômes – que l’on appelle des qualifications – qui sont responsables de la hausse du taux de diplomation. C’est ce qui est écrit noir sur blanc dans un autre document du Ministère rendu public au début de l’été.

L’amélioration constatée au cours des dernières années est « attribuable à l’augmentation des qualifications décernées », peut-on y lire.



Certains élèves sont plus à risque de décrocher. Ceux et celles qui accusent un retard scolaire viennent en tête de liste. Les élèves issus de milieux défavorisés et ceux qui appartiennent à la première génération d’immigrants constituent aussi des élèves à risque, mais ce risque est moins élevé. Quant aux élèves autochtones, leur taux de décrochage est très élevé, mais ils comptent pour peu dans l’ensemble des décrocheurs.

Par ailleurs, selon les plus récents chiffres, l’écart persiste entre les garçons et les filles : 83 % d’entre elles ont décroché un diplôme (DES ou qualifications jugées équivalentes), comparé à 72,5 % chez les garçons, soit une différence semblable à celle de l’an dernier.

Les élèves anglophones réussissent toujours mieux que les francophones, mais l’écart qui était de 9,5 points est maintenant de 7,4 points.

Une majorité d’élèves qui décrochent en cinquième secondaire sont en échec en français. Il s’agit de la matière qui leur donne le plus de fil à retordre. Pendant ce temps, le nombre d’heures d’enseignement du français en en français a fortement diminué dans les écoles québécoises puisqu’on a dû faire une plus grande place à l’enseignement de l’anglais.

Les dix meilleures commissions scolaires par taux de diplomation

English-Montreal : 87,9 %
Lester-B.-Pearson : 87,3 %
Western Quebec : 87,3 %
Central Quebec : 86,8 %
Des Découvreurs : 86,5 %
Sir-Wilfrid-Laurier : 84,0 %
Riverside : 83,3 %
Des Patriotes : 81,5 %
Marguerite-Bourgeoys : 81,4 %
Des Phares : 80,8 %

Les dix pires commissions scolaires par taux de diplomation

Kativik : 25,9 %
Crie : 30,0 %
Du Lac-Abitibi : 61,6 %
Des Samares : 62,2 %
De l’Or-et-des-Bois : 63,0 %
Au Cœur-des-Vallées : 64,6 %
Des Hauts-Bois-de-l’Outaouais : 64,8 %
Du Fer : 65,0 %
De Sorel-Tracy : 66,0 %
Des Chic-Chocs : 66,0 %


Liste des diplômes et qualifications pris en compte pour le calcul du taux de diplomation

• DES : diplôme d’études secondaires (formation générale) ;
• DEP : diplôme d’études professionnelles ;
• ASP : attestation de spécialisation professionnelle.

• CFER : certificat de formation en entreprise de récupération ;
• CFMS : certificat de formation à un métier semi-spécialisé ;
• CFPT : certificat de formation préparatoire au marché du travail ;
• ISPJ : certificat en insertion socioprofessionnelle des jeunes ;
• AFP : attestation de formation professionnelle.

Voir aussi

Traitement cosmétique ? Le décrochage au Québec est-il vraiment en baisse ?

Québec — anglais intensif pour tous les francophones, pas de français intensif pour les immigrés ?

Québec — Triplement du nombre d’heures d’anglais en une trentaine d’années

Québec — L’anglais intensif à toute vapeur

Priorité du nouveau ministre : renforcer l’immersion en anglais et la médicamentisation ?

samedi 26 septembre 2015

Québec — Le terme « nègre » va être banni des noms de lieux

Les noms de onze lieux comportants les mots « nègre » et « nigger » vont être renommés pour éviter de porter « atteinte à la dignité des membres de la communauté noire ».

Ils ne pourront plus aller se baigner dans le Lac du Nègre en Outaouais, ni dans la rivière du même nom près de Drummondville. Ils ne pourront d’ailleurs plus grimper la colline Rocher Nigger, à Saint-Armand en Montérégie. Vendredi, la Commission de la toponymie du Québec a annoncé la « désofficialisation » des onze noms de lieux contenant les mots « nègre » en français ou « nigger » en anglais.

Selon la Commission, « Certains de ces noms de lieux, consacrés par l’usage, témoignent d’événements historiques, écrit la commission dans un communiqué. Cependant, même si les mots “nigger” et “nègre” sont d’usage ancien, ils peuvent porter atteinte à la dignité des membres de la communauté noire. En effet, le premier a une connotation fortement injurieuse. Quant au second, il a acquis, au fil du temps, une charge péjorative. » Qu’en pensent les chantres africains et antillais de la négritude ?

Comme nous l’indique une source qui nous a fourni une copie d’un courriel envoyé le 17 juin par la Commission de la toponymie : « des représentants de la communauté noire du Québec nous ont demandé de ne pas les retirer de la nomenclature géographique du Québec. » Il semble que la demande d’interdiction du mot « nègre » émane d’associations (notamment Impératif français) et de personnes (notamment un avocat activiste « caucasien » d’origine américaine) qui ne représentent pas les Noirs.

Denys Arcand avait déjà abordé ce sujet dans L’Âge des Ténèbres quand il prévoyait que « nègre » serait décrété un « non-mot ».


mercredi 23 septembre 2015

Une nouvelle étude souligne les conséquences néfastes des garderies « universelles » québécoises


Une nouvelle étude, parue le 21 septembre 2015, indique que le système de garderies « universel » du Québec a des effets négatifs sur les enfants.

L’étude longitudinale a été effectuée par trois universitaires chevronnés : Michael Baker (Université de Toronto), Jonathan Gruber (Massachusetts Institute of Technology), Kevin Milligan (Université de Colombie-Britannique). Elle utilise quatre ensembles différents de données fiables, y compris des données de Statistique Canada. Leurs conclusions corroborent celles d’une recherche précédente qui tendait à démontrer que le système de garderies universel pourrait être néfaste pour le développement affectif des enfants.

Voici les cinq points essentiels à retenir de cette nouvelle étude :

1. Augmentation des comportements négatifs

Les enfants qui participent au programme de garderies du Québec étaient « en moins bonne santé, moins satisfaits de la vie et connaissaient un taux de criminalité plus important plus tard dans la vie. » Les auteurs écrivent que « L’impact négatif du programme de Québec sur les résultats non cognitifs des jeunes enfants semble perdurer et augmenter alors qu’ils atteignent l’âge scolaire. » (p. 21)

Qu’est-ce que les chercheurs entendent par « résultats non cognitifs » ? Ils parlent du comportement. Pour l’évaluer, ils ont mesuré des traits comme l’agression, l’hyperactivité et l’anxiété.

Ces résultats confirment une étude longitudinale antérieure soumise à l’examen d’autres scientifiques.

Notons que les filles ne sont pas affectées de la manière que les garçons. « Nous avons observé un impact nettement plus important dans le domaine de l’hyperactivité et de l’agressivité pour les garçons », écrivent les auteurs. Il y a pire : « les évaluations indiquent des impacts absolus plus importants pour les garçons pour ce qui est du taux de criminalité ».

Pour les filles, écrivent les auteurs, « l’effet le plus important porte sur le comportement prosocial qui s’aggrave de 22 pour cent d’un écart-type » (p. 28) on assiste donc à une baisse de l’empathie.

« À la maison, je m’ennuie !
À la garderie, je suis content ! »

Affiche soviétique des années 30

2. Moindre santé et qualité de vie

Non seulement les comportements négatifs augmentent, mais selon les déclarations des participants à l’étude leur santé et leur qualité de vie seraient également moindres par rapport à ce que déclarent les enfants qui n’ont pas été exposés au programme. Les auteurs notent que « [d]ans l’ensemble, ces résultats indiquent fortement une baisse dans le domaine de santé et de la qualité de vie parmi les jeunes plus âgés exposés au programme de garderies du Québec. » (p. 24)

3. Aucune amélioration dans les résultats scolaires

« Globalement, il n’y a pas de preuves solides que la politique familiale du Québec a eu un impact durable sur le développement cognitif des enfants. » (p. 23)

On fait souvent croire qu’un apprentissage précoce en garderie améliore les résultats scolaires. Toutefois, même là où on a noté une légère amélioration, celle-ci s’estompe assez vite. Cela demeure également vrai pour les programmes de garderie et de maternelle à temps plein.


4. Les interventions ciblées auprès d’enfants ne peuvent pas être reproduites dans des programmes universels

Perry Preschool est une étude menée dans les années 1960 aux États-Unis. Il s’agissait d’un programme coûteux, à une petite échelle qui ciblait des enfants défavorisés et leurs mères. Cette étude indiquait que ces enfants avaient bénéficié des efforts intensifs consentis, y compris auprès des parents.

Les programmes universels n’ont pas les mêmes effets. Par la nature même de ces programmes, la plupart des enfants concernés ne sont pas désavantagés. Il n’y a pas d’intervention auprès de la famille. Comme le coût du programme universel constitue un obstacle, sa qualité est médiocre.

Dès 2010, Kevin Milligan, l’un des auteurs de cette étude sur les garderies du Québec, insistait sur ce point en citant le Prix Nobel d’économie James Heckman :

« [Heckman] a écrit très clairement que les bénéfices d’une intervention [ciblé] auprès des sujets à risque sont bien établis... Mais il stipule très, très, très clairement qu’il n’est pas favorable à des programmes universels. »

Un autre chercheur, le Dr Jay Belsky, a déclaré : « on est passé de la preuve établie que certaines interventions peuvent être bénéfiques, à long terme, à des déclarations selon lesquelles toutes les interventions sont bénéfiques et ne présentent aucun inconvénient. »

Selon l’étude : « l’universalité des garderies ne semble pas présenter d’avantages à court terme alors que les études sur les effets à long terme ont des conclusions contradictoires » (p. 8)


5. La recherche sur l’attachement fournit la clé, mais on l’ignore

Les docteurs Gabor Maté et Gordon Neufeld ont cosigné un ouvrage important Retrouver son rôle de parent dont le titre anglais est plus explicite : Accrochez-vous à vos enfants : Pourquoi les parents doivent être plus importants pour leurs enfants que leurs congénères.

L’ouvrage décrit à quoi ressemble un bon attachement entre parent et enfant. Pour ces auteurs, la carence d’attachement entre les parents et leurs enfants est malheureusement devenue aujourd’hui la norme.

L’attachement aux congénères (aux pairs) se produit, selon Neufeld et Maté, quand de petits enfants sont placés au sein de grands groupes d’autres petits enfants. Ceux-ci commencent alors à considérer les autres enfants, plutôt que des adultes attentionnés et mûrs, comme leurs modèles. Sans surprise, les résultats laissent fort à désirer.

L’attachement, selon le Dr Gordon Neufeld, se résume à « établir des liens émotionnels forts et riches avec ceux qui vous élèvent ». C’est un concept qui se développe organiquement au cours des premières années de la vie.

Limite inique au choix des parents pourtant plébiscité par 70 %

La politique actuelle au Québec est injuste, elle consiste à massivement subventionner les « bonnes mères » qui abandonnent leur enfant en bas âge à des tiers et à ne rien offrir aux parents « rétrogrades » qui gardent eux-mêmes leurs enfants à la maison. Des taxes élevées (pour payer ces « généreux programmes » de garderie) et moins de choix de qualité pour les parents et leurs enfants.

Pourtant, une étude d’août 2013 indiquait que, pour 70 % des Québécois, le meilleur endroit pour un enfant de moins de six ans était la maison avec un parent. Cette nouvelle étude apporte de l’eau au moulin des parents qui voudraient avoir plus de choix en matière d’éducation à la petite enfance sans devoir payer un prix exorbitant pour leur choix considéré comme rétrograde par d’aucuns.


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