dimanche 10 mai 2015

Québec — une quinzaine de projets-pilotes en éducation à la sexualité seront mis en place

Un article quelque peu caricatural de Rima Elkouri de La Presse nous apprend qu’une quinzaine de projets-pilotes en éducation à la sexualité seront mis en place dans des écoles primaires et secondaires du Québec pour deux ans. Les noms des écoles seront dévoilés dans les prochaines semaines.

Son implantation fait suite à une pétition demandant le retour des cours d’éducation sexuelle à l’école « dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes ». D’une part, notons que certaines pétitions politiquement correctes semblent être vite suivies d’effet, d’autre part « hétérosexiste » signifie souvent banalisation de l’homosexualité comme une sexualité aussi valable que l’hétérosexualité et la désapprobation en classe des élèves qui oseraient dire l’inverse.

Pourquoi l’article de Mme Elkouri (« curé » en arabe) est-il quelque peu caricatural ? D’abord, parce qu’il prend fait et cause pour un futur cours dont on ignore apparemment le contenu au-delà de ses intentions non « hétérosexistes ». Ensuite, parce qu’il fait passer tous les opposants à la nouvelle mouture du cours d’éducation sexuelle en Ontario pour des imbéciles, des ignares ou des intégristes et, enfin, parce qu’il utilise des ficelles usées (la peur, la dénonciation de l’ignorance) pour tenter d’imposer un nouveau cours d’éducation sexuelle.

D’emblée, soyons clairs : nous ne sommes pas, en principe, contre des cours d’éducation sexuelle, mais il faut d’abord en connaître le contenu !

Ce n’est pas le cas de Mme Elkouri. Elle est enthousiaste...

Citons-la dans toute son objectivité journalistique :
On aurait pu craindre que ce tollé ontarien refroidisse les ardeurs de Québec, qui avait vaguement promis de ramener les cours d’éducation sexuelle à l’école, abandonnés en 2005. Heureusement, il n’en est rien. « On n’a pas l’intention de reculer », me dit Julie White, attachée de presse du ministre de l’Éducation François Blais.
Ensuite les gros clichés :
Au Québec comme en Ontario, il y aura toujours une frange de parents qui s’opposeront à l’éducation sexuelle à l’école. Le fait est qu’en matière de sexualité comme dans bien d’autres domaines, le pire danger ne vient pas tant du savoir que de l’ignorance.
Comme s’il ne s’agissait pas plutôt de savoir sous quel angle et à quel âge cette éducation à la sexualité sera prodiguée.
En examinant le discours des opposants ontariens, on réalise que certains préféreraient que leur enfant ne sache jamais que l’homosexualité n’est pas une maladie contagieuse ou que des compagnons de classe peuvent avoir deux mères ou deux pères et s’en porter très bien.
D’une part, il s’agit visiblement de ridiculiser les opposants ontariens en général au regard ce que certains penseraient. Bizzz. « Entrave au dialogue : généralisation abusive », comme on dirait en cours d’ECR...

De nombreux parents sont opposés à la précocité de certains sujets abordés dans le programme, pas au fait que les sujets soient enseignés plus tard. Prenons le sexe anal, la fellation, le cunnilingus abordé à 12-13 ans (selon le journal conformiste le Huff Post). Faut-il vraiment que les enfants de 13 ans étudient et aient l’obligation de créer un « climat d’accueil favorable » envers les « bispirituels, les transsexuels ou les intersexués » ...? Enfin que penser du peu de place laissée à la chasteté chez les jeunes dans ce programme (alors que c’est pourtant un moyen sûr d’éviter les grossesses prématurées et les maladies vénériennes) ? Apparemment, la Première ministre Wynne n’a pas pu répondre aux parents qui lui posaient personnellement ces questions lors d’une rencontre (voir vidéo en anglais avec des parents qui l’ont rencontrée).

D’autre part, sur le fond, rien ne prouve que l’homosexualité ne soit pas en partie un choix (et non une stricte destinée, une orientation innée inéluctable, le débat n'est pas tranché), pas plus qu’il n’est prouvé qu’être éduqué uniquement par deux mères ou deux pères soient aussi inoffensifs que cela (voir ici et là par exemple). Mais l’on comprend bien que pour Mme Elkouri les preuves ne sont pas nécessaires quand elle défend ses préjugés. Pour ce qui est des enfants qui vivent avec deux parents homosexuels, c’est extrêmement rare (mais cela semble être très important pour certains au point de devoir en parler au plus tôt aux enfants). Rappelons que, selon Statistiques Canada, il y avait en 2011 au Canada 6.410 couples homosexuels avec enfants comparés à 4.102.880 couples hétérosexuels avec enfants. Les couples homosexuels avec enfants représentent donc 0,15 % des couples avec enfants. La majorité des écoles primaires (elles ont moins de 300 élèves en moyenne) n’ont probablement aucun enfant élevé par des parents homosexuels, année après année. En ce qui concerne les enfants élevés par des parents homosexuels, plusieurs études tendent à prouver qu’ils ne s’en sortent, en moyenne, pas si bien que cela. Voir notamment Les filles aux parents lesbiennes sont 45 % moins susceptibles d’obtenir un diplôme d’enseignement secondaire et Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels.
Certains sont particulièrement dérangés par le fait que l’on fasse allusion dans le programme à l’identité de genre et à des orientations sexuelles autres qu’hétérosexuelles, n’hésitant pas à verser dans les commentaires homophobes, particulièrement virulents dans un contexte où leur Première ministre Kathleen Wynne est lesbienne.
On aimerait savoir si ces commentaires sont fréquents et s’ils sont vraiment homophobes. Mme Wynne qui milite pour l’imposition de cette nouvelle mouture du programme l’a prétendu, mais est-ce suffisant, n’est-il pas en quelque sorte juge et partie ?
De quoi ont-ils peur au juste ? Ils craignent que le nouveau programme révèle à leurs enfants des informations « inappropriées » pour leur âge et qu’il aille à l’encontre de leurs principes et de leurs croyances religieuses.
En quoi est-ce mal ? Et il ne s’agit pas que de « croyances » religieuses. Il y a des parents agnostiques (mais conservateurs sociaux) qui trouvent certains aspects de programme douteux.
Ce faisant, ils oublient que rien n’est plus inapproprié que l’ignorance érigée en vérité.
Et voilà ! Le sophisme tout cousu de fil blanc ! Il y a déjà un programme d’éducation sexuelle en Ontario ! Les enfants ne sont pas ignorants ! Ce sont surtout les nouveautés du programme (voir ici) qui troublent des parents.
Comme l’a bien montré lundi le Toronto Star, les arguments des opposants au programme d’éducation sexuelle sont souvent fondés sur de fausses rumeurs ou de la désinformation.
Souvent ? Il faudrait le prouver. Parfois, c’est fort possible (tout le monde ne lit pas les programmes scolaires, les parents qui sont contre le lisent souvent plus d’ailleurs que ceux qui ne se sentent pas concernés et acceptent ce que le gouvernement décide pour eux). Le Toronto Star est un journal « libéral » très en pointe pour défendre cette nouvelle version de ce programme d’éducation sexuelle. Rappelons que cette polémique sur la nouvelle version du cours d’éducation sexuelle que veut imposer Mme Wynne est impopulaire et semble entamer l’image du parti libéral, tant provincial que fédéral et que la presse libérale voit cela d’un mauvais œil.
Par exemple, selon une rumeur relayée par une lettre anonyme rédigée en arabe et distribuée en banlieue de Toronto, les petits Ontariens de 1re année apprendraient, dans le cadre du nouveau programme, non seulement à nommer leurs organes génitaux, mais aussi à les montrer et à les toucher... Vraiment ?
Non. Mais, prendre un exemple d’une regrettable rumeur excessive est-ce vraiment une manière sérieuse et honnête de répondre aux griefs des parents ?
Même si les parents qui s’opposent au programme d’éducation sexuelle le font très souvent pour des motifs religieux, on aurait tort de penser qu’ils ont le monopole de l’ignorance en la matière. Depuis 10 ans, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont en hausse dans tout le Québec, et plus particulièrement chez les jeunes.
Quel salmigondis ! De quelle ignorance parle-t-on ? Mme Elkouri parle bien des parents... Prétend-elle sérieusement qu’ils ignorent ce qu’est la sexualité ou l’existence de l’homosexualité, des préservatifs ? De quoi parle-t-elle ? Et quel rapport avec la hausse des ITS ? Mme Elkouri pourrait-elle nous démontrer que l’« ignorance » (au sujet des bispirituels, des transsexuels ou des intersexués ?) est à la base de la recrudescence des maladies sexuellement transmissibles plutôt qu’un certain laisser-aller, une certaine lassitude ou même un goût du risque ? Rappelons que les maladies vénériennes sont en recrudescence, notamment en Suède malgré des cours d’éducation à la sexualité assez explicites ? Que ces infections sont en hausse *partout* au Canada malgré la diversité des programmes scolaires et l’existence de cours d’éducation dans plusieurs provinces ?

Que faut-il penser de la très forte augmentation des maladies infectieuses parmi les homosexuels ? (Voir aussi ici.) De l’ignorance ? À quel sujet précisément ? Un manque d’éducation sexuelle à l’école donné « dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes » ? Sérieusement ?

De l’avis d’une propriétaire de sex shop, Carlyle Jansen, qui donnait en 2009 des ateliers d’éducation à la sexualité dans les écoles de Toronto, le cours actuel en Ontario ne manque pas d’informations sanitaires, bien au contraire, il lui manque l’aspect « plaisir » : « On gave les élèves d’information sur toutes les mauvaises choses qui peuvent leur arriver s’ils ont des rapports sexuels. [...] Ils me disent “Nous avons entendu parler des infections sexuellement transmissibles, nous savons que vous pouvez tomber enceinte, mais nous voulons en savoir davantage sur le plaisir et comment avoir des relations saines. » Donc, les élèves ne manqueraient pas d’informations sur les ITS, mais on a l'impression qu’on agite la peur de ces infections pour faire accepter une réforme qui, par certains aspects, est idéologique. Elle plaît d'ailleurs à la coterie LGBTTIQQ2SA (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels, transgenres, intersexuels, « queers », en questionnement, bispirituels, asexuels et alliés).

Le texte de la journaliste de La Presse se poursuit avec :
Avec le mouvement #AgressionNonDénoncée de l’automne dernier, on a aussi vu que, de façon générale, et pas juste au sein des communautés musulmanes, beaucoup de chemin reste à faire pour en arriver à une société vraiment égalitaire. Il va de soi que l’éducation reste un de meilleurs moyens d’y arriver.
Quel parent qui s’oppose à la nouvelle version du cours d’éducation sexuelle en Ontario est en faveur des agressions sexuelles ? Mais, le mot « égalitaire » utilisé avec le mot non « hétérosexiste » a des implications bien plus idéologiques. C’est souvent le prétexte pour lutter contre ce que la gauche bobo appellent les « stéréotypes sexués », à savoir les rôles traditionnels des hommes et des femmes. Cela n’a rien à voir avec la santé sexuelle des enfants, le prétexte habituel pour toujours plus d’éducation sexuelle, souvent de plus en plus crue ou plus idéologique.
Il y a urgence. Près d’une femme sur quatre et d’un homme sur dix au Québec rapportent avoir vécu au moins une agression sexuelle avant l’âge de 18 ans. C’est énorme.
Quel rapport avec l’imposition d’un programme pour des enfants de 12 ou 13 ans où l’on aborde le cunnilingus, le sexe anal, le respect envers « les bispirituels, les transsexuels ou les intersexués » ?
Il faut maintenant souhaiter que, tollé ou pas, le gouvernement du Québec ait enfin le courage d’aller de l’avant avec un programme d’éducation sexuelle digne de ce nom.
Voilà une journaliste « neutre » !

L’éducation sexuelle en France

En France, il n’existe pas, en tant que tel, de cours à la sexualité. Un peu comme au Québec, cet enseignement est intégré dans d’autres cours et quelques ateliers supplémentaires. Il prend, en fait, peu de place au-delà des cours de SVT (puberté, fécondité) au début du secondaire et quelques séances d’informations (sur d’autres aspects comme le respect). Les Français sont-ils pour autant ignorants en matière sexuelle ? D’après un sondage récent, les deux tiers des 15 à 18 ans français « pensent pourtant préservatif et pilule ». L’étude montre aussi que les adolescents sont assez conscients des risques liés à leur activité sexuelle. Notons enfin que, pour 9 adolescents sur 10, le sexe passe après l’amour.

Agiter les peurs pour forcer l’acceptation d’un programme en partie idéologique

En résumé, il n’y a pas de preuves que les jeunes manquent d’informations sur les infections sexuellement transmissibles ni sur les moyens de contraception. Ils manquent sans doute d’un cadre moral pour avoir des relations saines. Rien ne prouve que la recrudescence des ITS soit due à de « l’ignorance ». Certains, pourtant, semblent agiter la peur liée à cette recrudescence pour imposer des cours d’éducation qui contiennent certes des informations cliniques et scientifiques, mais comprennent aussi un volet idéologique certain (« lutte contre les stéréotypes sexuées », théorie du genre, précocité de la sexualisation).

Reste à voir ce que contiendrait un éventuel programme d’éducation sexuelle au Québec : combien d’heures y seraient consacrées ? Aux dépens de quel programme existant ? Et le Monopole de l’Éducation — qui n’a souvent que le mot diversité à la bouche (entendre ici accepter la diversité des sexualités ultraminoritaires) — acceptera-t-il la diversité dans l’enseignement de ce nouveau programme d’éducation sexuelle ?

Le Monopole sera-t-il aussi souple qu’en 1992 ?

Est-ce que le Monopole de l’Éducation sera aussi souple qu’en 1992 quand viendra le moment d’octroyer des exemptions au nouveau cours d’éducation sexuelle ?

À l’époque, la position exprimée par le ministre Michel Pagé, du Ministère de l’Éducation, établissait la position officielle du MELS, sur le cours obligatoire d’Éducation sexuelle, à l’effet que bien qu’il s’agisse d’un cours obligatoire, article 15 § 4 de la Loi sur l’instruction publique pouvait toujours être appliqué et invoqué par la demanderesse pour donner un cours équivalent à la maison. Il est intéressant de noter que le ministre Pagé, en 1992, indiquait que : « l’école devra prévoir un encadrement particulier pour l’élève ainsi dispensé. Par exemple, l’élève pourrait s’adonner à des travaux à la bibliothèque. » (Voir sa lettre de l’époque)


Voir aussi

Étude : Environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite

Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?

Sondages : Les États-Uniens surestiment grandement le nombre d’homosexuels

J’utilise le cours de maths pour parler aux enfants de l’homosexualité et le « cacher » aux parents

Gare à la logique hygiéniste imposée par l’État nounou thérapeutique !

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

France — Priorité dans la crise, lutter contre le bleu pour les garçons, le rose pour les filles...

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

L’affaire Bruce/Brenda/David Reimer c. la théorie du genre

École québécoise : l’homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l’État

L’Ontario reporte sine die son nouveau programme d’éducation sexuelle You’re teaching our kids WHAT ? (Macleans 2009, en anglais sur l’éducation à la sexualité à l’école... « In her workshops, Jansen urges teens to ask about anything and everything, from masturbation, gender identity and same-sex feelings to sex toys (which they keep on hand in case the subject comes up) ».)

samedi 9 mai 2015

Le rapport du protecteur du citoyen sur la scolarisation à la maison

Le protecteur du citoyen a publié récemment un rapport sur l’instruction à domicile. Il a été relativement bien reçu par une des organisations de parents éducateurs.

Vous vous rappellerez que nous avions été convoqués à deux rencontres avec des représentants du Protecteur du citoyen au Québec, à l’automne 2013. Or, nous venons tout juste de recevoir de leur bureau l’accès au rapport qui vient d’être soumis au ministère de l’Éducation du Québec.

Nous sommes heureux de constater que plusieurs de leurs recommandations ont tenu compte de nos préoccupations. En voici quelques-unes :
  • on demande une plus grande flexibilité de la part des administrateurs scolaires pour ce qui concerne le choix de matériel et d’approche pédagogiques, ainsi que pour l’évaluation ;
  • on établit que la DPJ n’a pas à être appelée à intervenir pour un litige administratif (signature de contrat, manque d’informations quant au programme éducatif, etc.) ;
  • on recommande d’uniformiser [et de clarifier] les pratiques partout en province ;
  • on encourage une meilleure collaboration entre les parents éducateurs et leurs représentants, et les instances scolaires.

Lire le rapport au complet.

Vous lirez à la fin du rapport que le ministère de l’Éducation du Québec doit maintenant prendre en considération ces recommandations. Soyez assuré que nous sommes actifs sur ce terrain aussi. Nous vous tiendrons au courant de tout développement.

Le monopole de l’Éducation a émis un communiqué qui insiste d’abord sur le manque de suivi et une inquiétude, mais il reprend aussi des aspects de réelle protection des parents (et non simplement de surveillance) :

  • l’amélioration de l’information et du soutien offerts aux parents ;
  • d’encourager les autorités scolaires à offrir aux parents et à leurs enfants qui font l’objet d’une dispense de fréquentation scolaire un support matériel (ex. : prêt d’ouvrages didactiques, emprunts à la bibliothèque scolaire, obtention d’une carte étudiante) ;
  • d’étudier la possibilité d’élargir l’accès au programme de formation à distance aux jeunes de moins de 16 ans scolarisés à la maison et inscrits en dispense de fréquentation scolaire ;
  • en cas de litige, favoriser la médiation et non l’appel à la DPJ ni la judiciarisation.
Les médias se concentrent sur l’importance de mieux surveiller ces parents et leurs enfants

Les médias, étrangement, ont axé leurs articles relatifs à ce rapport sur les « inquiétudes » quant au manque de suivi. Le lecteur distrait en tirera surtout l’idée que de pauvres enfants sont mal instruits (plutôt que mal surveillés par le Monopole de l’éducation). Mais qu’attend le gouvernement, se demandera-t-il ?


Le rapport est pourtant nettement plus riche

Le rapport est pourtant plus riche qu’une simple demande de renforcement de la surveillance des parents qui osent ne pas envoyer leurs enfants à l’école (louche, ça).

On y apprend ainsi que, depuis 2002, les commissions scolaires recensent les enfants scolarisés à la maison sur leur territoire et les incluent dans la déclaration de leur effectif scolaire au 30 septembre de chaque année. Comme l’illustre le tableau ci-dessous, les données produites en date du 22 janvier 2015 par le Ministère révèlent que durant l’année scolaire 2012-2013, 1 114 enfants du primaire et du secondaire étaient scolarisés à la maison et que leur nombre tend à croître depuis 2007-2008. Il faut noter que les données colligées par le Ministère ne tiennent pas compte des enfants qui seraient scolarisés à la maison sans dispense formelle de fréquentation scolaire, dont le nombre demeure difficile à établir.



Une chercheuse, Christine Brabant, souligne que si le nombre total d’enfants non inscrits auprès d’une commission scolaire pouvait être comptabilisé, l’ensemble des enfants scolarisés à la maison représenterait au moins le double du nombre d’enfants formellement dispensés de fréquentation scolaire. De son côté, le Ministère estime à quelque 2 000 le nombre d’enfants scolarisés à la maison sans dispense de fréquentation scolaire. Environ 700 de ces enfants auraient été « désinscrits » au fil du temps, c’est-à-dire qu’ils sont scolarisés à la maison sans dispense formelle de fréquentation scolaire, bien qu’ils soient connus des autorités scolaires parce qu’ils ont déjà fréquenté un établissement ou obtenu une dispense.

La seule enquête, publiée et menée par Christine Brabant, qui se soit penchée sur le profil sociodémographique des familles québécoises qui scolarisent leurs enfants à la maison a été réalisée en 2003. Elle révèle que le portrait type du parent-éducateur responsable de la scolarisation de l’enfant est une mère âgée de 38 ans qui détient, dans une proportion de 44 %, une expérience professionnelle ou une formation en éducation. Les parents ayant participé à l’étude sont proportionnellement plus nombreux que la population générale à détenir un diplôme de maîtrise ou de doctorat. Ces familles compteraient plus d’enfants que la moyenne et déclareraient des revenus annuels comparables à ceux des autres familles québécoises. Contrairement au préjugé souvent véhiculé, la transmission de valeurs religieuses, morales ou spirituelles ne serait un facteur prédominant de motivation que pour une minorité de parents québécois qui choisissent de scolariser leurs enfants à la maison.

[Bien qu’avec la volonté du Monopole de l’Éducation du Québec de fermer toutes les écoles privées trop religieuses à son goût et de transférer ces élèves au secteur de l’instruction à domicile (voir les mennonites de Roxton Falls et les juifs orthodoxes de la Yéchiva Toras Moché), ce nombre devrait augmenter rapidement.]

En gardant à l’esprit les limites méthodologiques applicables, des études observent que les enfants scolarisés à la maison réussiraient en moyenne aussi bien que ceux scolarisés en établissement. Ils n’éprouveraient généralement pas de difficultés particulières lors de leur réintégration au système scolaire ni dans la poursuite d’études collégiales et universitaires.

Plusieurs études consultées par le protecteur du citoyen observent que les enfants scolarisés à la maison, au primaire et au secondaire, ont un rythme d’apprentissage et un taux de réussite scolaire équivalents ou supérieurs à ceux des enfants qui fréquentent l’école régulière. Voir notamment MARTIN-CHANG, Sandra, GOULD, Odette N., MEUSE, Reanne E., « The Impact of Schooling on Academic Achievement: Evidence from Homeschooled and Traditionally Schooled Students », Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement, vol. 43, n° 3, juillet 2011, p. 195-202 ; MEIGHAN (1996), BASHAM (2001), LINES (2001) et BLOCK (2004) ; KUNZMAN, R. et GAITHER, M. (2013). Homeschooling: A Comprehensive Survey of the Research. Other Education: The Journal of Alternative Education, 2
(1), 4-59.

La proportion de jeunes scolarisés à la maison qui poursuivent avec succès des études supérieures serait similaire à celle des élèves diplômés ayant fréquenté une école. Enfin, dans ces études, rien n’indique que la scolarisation à la maison a des effets néfastes sur la socialisation des enfants.

Plusieurs intervenants scolaires qu’a consultés le Protecteur du citoyen reconnaissent la qualité des projets éducatifs des parents ainsi que celle des apprentissages scolaires et sociaux des enfants qu’ils « suivent ». Néanmoins, dans certaines situations où la collaboration avec les parents s’avère problématique, ils entretiennent des inquiétudes sur la réussite éducative des enfants. Ils éprouvent un malaise lorsqu’ils ne réussissent pas à obtenir l’information requise pour assurer l’évaluation de l’enseignement et de l’expérience éducative de ces enfants. 

Le protecteur du citoyen ne semble pas s’être demandé si un suivi strict améliorait vraiment les résultats des enfants instruits à la maison. Si le suivi devient trop draconien, les parents des enfants les moins bons ne vont-ils pas tout simplement devenir « clandestins » ? Pourtant plusieurs enquêtes tendent à démontrer que les enfants instruits à la maison ont d’aussi bons résultats dans les États peu contraignants que dans les États tatillons. Ce carnet n’a pas, en principe, d’objection à ce que les enfants soient suivis pour autant que les évaluations ne soient pas idéologiques, mais se contentent de s’assurer que les enfants instruits à la maison reçoivent une formation au moins équivalente à l’école publique dans des matières de base (lecture, écriture, mathématiques, sciences). Nous sommes bien évidemment opposés à toute évaluation sur des sujets subjectifs ou controversés (l’enfant est-il assez « ouvert » sur la diversité « religieuse » ?)








Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

« Humanistes » demandent au ministre qu'il abroge le volet religieux d'ECR et font planer une menace


Des associations antireligieuses, dont l’Association humaniste du Québec (AHQ) qui se décrit comme « La voix des athées et des agnostiques », le Mouvement laïque québécois (MLQ) et le groupe Pour les droits des femmes du Québec (PDF-Q), réclament, auprès du ministre de l’Éducation François Blais, le retrait du volet religieux du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR). Ces associations aiment habituellement bien le volet dialogue et « éthique » du programme puisqu’il permet d’insuffler, souvent par mimétisme, à tous les enfants les valeurs du correctivisme politique (voir aussi ici).


Pour le compte de l’AHQ et en collaboration avec le MLQ, l’ancien président du MLQ a analysé les fondements du programme ÉCR ainsi que les contenus de certains manuels destinés aux élèves du primaire et du secondaire. Selon M. Baril, « ce que l’on y trouve est ahurissant et dépasse tout ce que l’on avait imaginé lors du lancement de ce cours ». Cela ne nous surprend pas, voilà des années que nous avons publié des billets et une étude sur les manuels d’ECR. Voir des exemples non limitatifs ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et là. Relire aussi l’étude de Joëlle Quérin.

Citons M. Baril :

Le contenu religieux, présenté sous une rhétorique ministérielle comme étant « culturel », est décuplé par rapport à l’ancien cours de religion et n’a en rien perdu son caractère confessionnel. On a tout simplement ajouté, aux croyances et rituels chrétiens, les croyances et rituels juifs, musulmans, bouddhistes et amérindiens, en plus du spiritisme, de l’ésotérisme et de pseudosciences telles l’astrologie.

Je reproduis ici l’introduction de ce document d’analyse publié sur le site de l’AHQ [cliquez ici pour cette analyse]. J’invite ceux et celles qui, à la suite de mes blogues précédents sur ce sujet, ont douté des orientations confessionnelles (intentionnelles ou non) de ce cours, à prendre le temps nécessaire pour parcourir ce document. Vous serez surpris.

Analyse des fondements et des contenus du programme Éthique et culture religieuse

Nous avons analysé les fondements et objectifs du programme Éthique et culture religieuse (ÉCR) ainsi que les contenus d’une vingtaine de volumes et cahiers destinés aux élèves du primaire et du secondaire.

Il en ressort que les contenus d’enseignement transmis aux élèves sont manifestement et même explicitement confessionnels. La juxtaposition de diverses religions ne change en rien ce caractère.

L’exclusion de personnes sans religion des contenus de ce programme (sauf une mention en secondaire 4) donne une image déformée de la réalité socioreligieuse et, à première vue, semble contrevenir au droit à l’égalité reconnu dans les chartes québécoise et canadienne puisque ces citoyens ne sont pas traités de façon égale par ce programme scolaire obligatoire pour tous.

À la lumière du récent jugement de la Cour suprême du Canada sur les prières dans les assemblées municipales, il semble bien que ce cours ne passerait pas plus le test des droits à la liberté de conscience et à la liberté de religion ni l’obligation de neutralité religieuse de l’État. Dans ce jugement, la Cour a en effet affirmé à plusieurs reprises que « l’État ne doit pas s’ingérer dans le domaine de la religion et des croyances. L’État doit plutôt demeurer neutre à cet égard, ce qui exige qu’il ne favorise ni ne défavorise aucune croyance, pas plus que l’incroyance. » (p. 7 de la version PDF)

Manifestement, il y a exclusion de l’incroyance dans le programme ÉCR et cette exclusion est intentionnelle. La prétendue approche culturelle du religieux, qui ne résiste pas à l’analyse des contenus, ne saurait non plus servir de caution. La Cour affirme en effet que
« Si, sous le couvert d’une réalité culturelle, historique ou patrimoniale, l’État adhère à une forme d’expression religieuse, il ne respecte pas son obligation de neutralité. » (p. 8)

Il ne nous apparaît pas souhaitable de rétablir le droit à l’exemption de ce cours même si la situation apparaît, sous certains égards, pire qu’à l’époque du régime d’exemption. Ce serait un pis-aller augmentant encore plus l’effet d’exclusion. Bien que la preuve semble avoir été déficiente [prématurée puisqu’il s’agissait de s’opposer dès le début au cours], une telle disposition a d’ailleurs été refusée par la Cour suprême aux parents de la Commission scolaire des Chênes.

Saupoudrer des contenus humanistes incroyants ici et là ne nous semble pas la solution non plus. Nous préconisons plutôt le retrait pur et simple du volet culture religieuse et l’enrichissement [sic] du volet éthique. Nous présentons ici l’ensemble des éléments qui nous conduisent à cette conclusion.

Concernant l’exemption de ce cours

[Comme] que mentionné [ci-dessus], l’exemption du cours ÉCR ne nous paraît pas la bonne solution. Le MLQ a lutté pendant 20 ans contre l’exemption de l’enseignement religieux parce que c’était une procédure discriminatoire qui ne faisait qu’aggraver l’exclusion des élèves exemptés. Nous n’allons pas revenir à ce régime.

Il nous sem[b] le y avoir matière à une plainte auprès de la Commission des droits de la personne pour violation du droit à l’égalité et du droit à la liberté de conscience. Cette procédure peut prendre quelques années.

En attendant et parallèlement à la demande du retrait du volet religieux, PDF-Q lance tout de même de son côté une invitation à demander une dérogation de ce cours pour les parents qui considèrent leur liberté de conscience brimée. Il est plus que probable qu’aucune commission scolaire n’accepte une telle demande puisqu’aucune procédure en ce sens n’est prévue par la loi et que la Cour suprême a déjà refusé ce droit aux parents catholiques. Il faut considérer cette démarche comme une solution temporaire et une mesure de pression sur les commissions scolaires visant à manifester son opposition à ce cours. Il sera aussi intéressant d’en analyser les réponses.

Exemples de confessionnalisation dénoncée par M. Baril :
2.3 Promotion de valeurs inacceptables 

En plus de contenus confessionnels, certains manuels font la promotion de valeurs totalement inacceptables. C’est le cas du cahier d’exercices Rond-Point, (2e année du 1er cycle du secondaire, éditions Lidec, 2007) qui présentait, en guise d’image de bienvenue dans le cours ÉCR, une enseignante et un groupe de trois élèves dont l’une porte le niqab. C’est une normalisation inacceptable de ce vêtement diffamant portant atteinte à la dignité et à l’intégrité physique des femmes.

 La description du hidjab présentée dans ce manuel en rend le port obligatoire au nom de la pudeur (p. 11, texte complet en Annexe 3) :



Celles qui ne portent pas de foulard islamique sont donc impures. (Ce manuel est toujours offert par Lidec, mais il ne nous a pas été possible de vérifier si ces pages y figurent toujours.) [Note du carnet : et pour cause ! M. Baril ne fait que reproduire nos extraits de ce cahier d’activités....]


Cet exemple fait ressortir une profonde contradiction dans les fondements du cours ÉCR : comment, en effet, peut-on à la fois rechercher « le bien commun » et le « respect de l’autre » en s’inspirant des chartes des droits fondamentaux et transmettre de façon plus que complaisante des systèmes de pensée qui nient les principes énoncés dans ces chartes ?

Visiter un imam pro-charia [note du carnet : ne le sont-ils pas tous en théorie ?]

Dans le manuel du maître Enseigner l’Éthique et culture religieuse : les fondements et la pratique au primaire et au secondaire (éditions CEC, 2010), on retrouve la suggestion suivante : « Une visite de ces lieux et une rencontre avec un prêtre, le pasteur, l’imam ou le moine sont une excellente façon de favoriser la culture religieuse et l’ouverture à l’autre » (p. 111)

[Note du carnet : ces visites sont très fréquentes. Voir ici secte Hare Krichna à l’école en classe d’ECR, adolescents dansent au son d’Hare Krichna en classe d’ECR, visite obligatoire de la mosquée, des temples bouddhiste et sikh avec « Le coup de foudre d’Anne-Marie Bourassa : l’expérience de méditation au Temple bouddhiste ». Article qui vaut son pesant d’or avec un « Notons que 1,2 milliard de musulmans pratiquent cette religion à travers le monde, dont 101 000 à Montréal. À titre d’exemple de personnalités arabes, on retrouve René Angelil ». Mention pour rendre sympa l’islam ? L’ennui c’est que les deux parents de Réné Angelil étaient catholiques melkites ... et qu'il a baptisé son fils en 2001 selon ce rite.]


Dans cette veine, le Réseau pour le développement des compétences par l’intégration des TIC (RÉCIT), un organisme privé qui offre des ressources complémentaires entre autres aux enseignants d’ÉCR, offre une visite virtuelle de la mosquée de Brossard [ci-dessus] tenue par l’imam Foudil Selmoune. Cet imam a fait les manchettes il y a quelques années pour ses propos controversés favorables à la charia. Ces propos ont même fait l’objet d’une dénonciation à l’Assemblée nationale par l’ex-ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil. [Voir aussi ici et là.]

Rapport de M. Baril

Annexes du rapport de M. Baril

Voir aussi

Sortir le religieux de l’école pour y laisser entrer l’ésotérisme et les gourous




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mercredi 6 mai 2015

En milieu sportif, les garçons deux fois plus harcelés sexuellement que les filles

Au Québec, un adolescent sur 20 âgé de 14 à 17 ans qui dit avoir été abusé sexuellement au cours de sa vie l’aurait été par un entraîneur sportif. C’est l’une des conclusions d’une recherche menée par Sylvie Parent, professeure au Département d’éducation physique, auprès de 6 450 jeunes garçons et filles âgés de 14 à 17 ans fréquentant des écoles secondaires du Québec. « Sur les 10,2 % d’adolescents victimes d’abus sexuel, sans égard à la provenance des abus, 5,3 % l’ont été par leur entraîneur », explique Sylvie Parent.

Cette étude s’inscrit dans une enquête plus large menée par Martine Hébert, professeure au Département de sexologie de l’UQAM, et portant sur la question plus globale du parcours amoureux des jeunes. Le questionnaire incluait des questions reliées à la pratique d’un sport organisé, que ce soit à l’école ou à l’extérieur du milieu scolaire.

Par ailleurs, 0,4 % des répondants ont dit avoir subi du harcèlement sexuel de la part de leur entraîneur dans les 12 mois précédant l’étude. Le risque de subir ce genre d’abus est deux fois plus élevé chez les garçons que chez les filles. L’ensemble des participants a aussi été interrogé sur les expériences de contacts sexuels consentants. Ainsi, 1,2 % des jeunes rapporte avoir eu des contacts sexuels de ce genre avec un entraîneur au cours de la dernière année. Ce genre de contacts est plus fréquent chez les garçons que chez les filles.

Comme le rappelle Sylvie Parent, « dans ce genre de relation, où il y a un adulte en situation d’autorité et un mineur, donc de moins de 18 ans, le consentement ne peut être invoqué et est condamnable en vertu du Code criminel canadien ».
Source




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mardi 5 mai 2015

Toronto — plus 35.000 élèves absents à cause du nouveau programme d'éducation sexuelle

Mise à jour — Le Conseil scolaire du district Toronto (TDSB) a enregistré près de 35 000 élèves absents lundi. L’école la plus gravement touchée étant celle Thorncliffe Park avec 90 % d’élèves absents dans la circonscription de la Première ministre Mme Wynne, une militante LGBTQ.


Des parents expliquent (en anglais) pourquoi ils s'opposent au nouveau programme imposé par Kathleen Wynne. On notera que beaucoup de minorités visibles s'opposent à cette nouvelle mouture du programme en éducation sexuelle. La colère rentrée de ces parents envers la « marque libérale » pourrait bien avoir un impact jusque dans la prochaine élection fédérale, selon le Globe and Mail.


Billet du lundi 4 mai

La campagne de certains parents pour garder leurs enfants à la maison afin de protester contre les nouveaux cours d'éducation sexuelle en Ontario a abouti à une présence quasi nulle des élèves dans au moins une école de la région de Toronto.

Ryan Bird, un porte-parole de la commission scolaire publique de la ville, a dit que plus de 90 pour cent des élèves d'au moins une école étaient absents lundi. Il s'agit d'un moyen de pression d'une campagne pour protester contre le nouveau programme d'éducation sexuelle.

Selon M. Bird, 1220 des 1350 élèves de l'école Thorncliffe Park étaient absents des classes, alors qu'environ 100 parents manifestaient également à l'extérieur de l'édifice.

L'école Thorncliffe Park reçoit des élèves de la première à la cinquième année, dans un quartier de Toronto reconnu pour abriter une grande population immigrante.


Plusieurs opposants au nouveau programme scolaire de la province se sont opposés à son contenu pour des motifs religieux, affirmant que les cours impliquant l'enseignement de l'orientation sexuelle, l'identité sexuelle et n'étaient pas des sujets appropriés pour des enfants d'âge scolaire.

Un groupe récemment mis sur pied sur Facebook appelé « Parents and Students on strike: one week no school » encourage les parents à manifester leur mécontentement en gardant leurs enfants à la maison, et offre un modèle de lettre à envoyer à l'école pour justifier l'absence de leur enfant.

Ceux qui appuient le programme, qui sera imposé dès septembre, considèrent quant à eux que le nouveau contenu met l'Ontario à égalité avec les autres provinces en ce qui a trait à l'éducation sexuelle. Ce qui nous paraît faux : on n'enseigne pas le respect envers les six identités sexuelles au Manitoba et au Québec des chroniqueuses comme Sophie Durocher disent que le Québec doit s'inspirer du nouveau programme ontarien ! « Pour septembre 2015, l’Ontario mettra en place une réforme. Qu’est-ce que le Québec attend pour suivre la province voisine ? », se demandait-elle dans une émission récente de MAtv.




Des milliers de parents d'origines diverses se sont rassemblés devant Queens Park au début du mois d'avril 2015 pour protester contre le nouveau programme d'éducation à la sexualité de l'Ontario. Alan Carter de Global News (ci-dessus dans la viédo en anglais) s'est également rendu à la manifestation pour poser quelques questions pièges aux parents. Il est évident qu'il ne s'attendait pas à ce que ces parents aient lu le programme en question, en définitive c'est lui qui semble avoir été piégé.



Voir aussi

Ontario — Théorie du genre dans le nouveau programme d’éducation sexuelle

Ontario — Ministre de l’Éducation : les écoles catholiques devront enseigner le nouveau programme d’éducation sexuelle

J’utilise le cours de maths pour parler aux enfants de l’homosexualité et le « cacher » aux parents

Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe »

Fécondité du Québec : 6 années de baisse consécutives malgré des dépenses croissantes dans les CPE

Comme nous l’avions prédit plus tôt cette année quand le nombre de naissances en 2014 a été publié, l’Institut de la statistique du Québec a publié des chiffres officiels de la fécondité une nouvelle fois en baisse. Il s’élève désormais à 1,623 enfant par femme pour 2014.

L’indice synthétique de fécondité peut se définir comme le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer. Il permet de calculer le nombre moyen d’enfants auxquels les mères donneraient le jour si les générations futures avaient le même taux de fécondité par âge que les générations actuelles.

Voici les indices synthétiques de fécondité pour les 8 dernières années :



Année20072008200920102011201220132014
Indice synthétique de fécondité   1,683  1,733  1,731  1,698  1,681  1,665  1,649  1,623

(L’Institut de la statistique parle d’un « recul pour une cinquième année consécutive » parce qu’il considère les années 2008 et 2009 avec des taux respectifs de 1,733 et 1,731 comme des années de fécondité équivalente.)




L’âge des mères à la naissance ne cesse de croître

La venue des enfants a longtemps été concentrée chez les femmes dans la vingtaine, mais la période de plus forte fécondité se situe dorénavant entre 25 et 34 ans et continue de se déplacer à des âges plus avancés. Les femmes âgées de 35 ans et plus voient quant à elles leur fécondité augmenter de façon presque continue depuis la fin des années 1980. En 2014, les femmes de 35 à 39 ans présentent un taux de fécondité de 51 pour mille. Ce taux surpasse celui des femmes de 20 à 24 ans depuis l’année 2011. La fécondité de ces dernières se situe à 41 pour mille en 2014. En comparaison, elle était de près de 100 pour mille en 1975.

Cet âge croissant des parturientes participe à un lent ralentissement de la croissance de la population et à son vieillissement. Rappelons également que les grossesses survenant à 35 ans ou plus présentent des risques accrus — pour la mère et pour l’enfant — et que ces risques augmentent avec l’âge. Les différences entre ces groupes d’âge (20 à 34, d’une part, et supérieur à 35 ans d’autre part) sont considérables, et les grossesses tardives coûtent plus cher en termes de frais hospitaliers.

Forte fécondité dans le Nord du Québec, grandes villes au plus bas

Avec un indice synthétique de fécondité de 2,39 enfants par femme en 2014, le Nord-du-Québec se situe loin devant les autres. Notons cependant que c’est la seule région où l’indice de fécondité a sensiblement diminué par rapport à ce qu’il était il y a dix ans. Suivent ensuite, en ordre, la Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue, le Centre-du-Québec et Chaudière-Appalaches, avec des indices se situant autour de 1,9 enfant par femme. À l’opposé, Montréal affiche une fécondité de 1,49 enfant par femme, la plus faible de toutes les régions. En plus de cette dernière, trois régions se situent sous la moyenne québécoise, avec des indices inférieurs à 1,6 enfant par femme, soit la Capitale-Nationale, l’Outaouais et la Mauricie.

Montréal, Laval et la Capitale-Nationale présentent une fécondité relativement tardive. Elles sont notamment les seules régions où les femmes de 30 à 34 ans sont plus fécondes que les 25 à 29 ans. Ces trois régions présentent par ailleurs la plus faible fécondité dans la vingtaine. Montréal se démarque également avec la plus forte fécondité chez les 35 ans et plus. L’âge moyen à la maternité y est le plus élevé, soit 32,2 ans en 2014. Il se situe à 31,6 ans à Laval et à 30,7 ans dans la Capitale-Nationale. La Montérégie est la seule autre région où il est de plus de 30 ans (30,1 ans).

Investissements croissants dont le rendement s'effouffle ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 43 $/enfant par jour de subventions) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source non mise à jour depuis 2010, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.

Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2010 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.


Indice synthétique de fécondité du Québec (enfant/femme) de 1952 à 2014
(le taux de remplacement de 2,1 enfants/femme n'a plus été atteint depuis 1970)



Voir aussi

Québec — L’immigration, ou plus précisément la « diversité », sera vue comme une fin en soi

Québec — Chute de la fécondité pour une cinquième année de suite (en 2013)

Immigration au Québec comparée au reste de l'Amérique du Nord

La fécondité russe (à 1,75 enfant/femme en 2014) dépasse désormais celle des Québécoises. La fécondité russe était de 1,2 enfant/femme en 1999 (1,5 au Québec)

lundi 4 mai 2015

Marronnier †: Une nouvelle école juive dite « illégale » à Outremont


Une école juive « illégale » aurait fait son apparition à Outremont dans la dernière année selon la conseillère indépendante, Céline Forget, qui a porté plainte la semaine dernière au ministre de l’Éducation, François Blais.

Dans les six derniers mois, quelques citoyens ont avisé la conseillère qu’un service d’autobus scolaire avait fait son apparition dans le cul-de-sac de la rue Querbes, située à Outremont.

« Nous avons toujours assumé que le service était destiné à la garderie, mais après vérification, nous avons pu confirmer qu’il y avait des activités tous les jours entre 9 h 30 et 16 h 30, explique Mme Forget. Nous avons donc déposé une plainte au ministère de l’Éducation la semaine dernière. »

Au premier étage de l’immeuble se trouve un Centre de la petite enfance fréquenté par la communauté juive hassidique d’Outremont. C’est au deuxième étage de ce même immeuble que se trouverait l’école juive, même si le zonage ne le permet pas.

Mme Forget indique avoir vérifié le règlement de zonage avec le directeur de l’arrondissement, « mais au municipal, c’est à peu près tout ce qu’on peut faire. Maintenant, c’est entre les mains du ministère », souligne Mme Forget.

Julie White, l’attachée de presse du ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et ministre responsable du Loisir et du Sport, François Blais, confirme que des démarches sont actuellement en cours concernant cette école. « Il est primordial que l’ensemble des enfants de de 6 à 16 ans puisse avoir accès à l’éducation selon le régime en place », indique-t-elle.

À nouveau, on donne l’impression que c’est un choix avec cet inoffensif « puisse avoir accès » alors qu’il s’agit d’une obligation imposée par la bureaucratie. L’attachée de presse aurait donc dû dire « que l’ensemble des enfants doive suivre le régime scolaire décidé par le ministère pour les enfants juifs orthodoxes ».

On se demande bien ce que les autorités pourront faire devant des parents résolus qui ne se laissent pas soudoyer par des subventions ni intimider par des menaces d’intervention de la DPJ. Qu’est-ce qui les empêchera de refonder de nouvelles écoles au fur et à mesure que le gouvernement « laïc » fermera les précédentes ? Que cherche le gouvernement ? À forcer ces juifs à l’exil ?




† Marronnier : Article de circonstance publié traditionnellement à certaines dates ou pendant les périodes creuses.

Voir aussi nos autres billets sur les écoles juives (ici, ici et là).

dimanche 3 mai 2015

Ontario — Des parents feront la grève contre le nouveau programme d'éducation sexuelle

Des parents ontariens menacent de retirer leurs enfants de l’école cette semaine pour protester contre le nouveau programme provincial d’éducation sexuelle.

Un groupe Facebook appelé « Parents and Students on strike: one week no school » (Parents et élèves en grève : une semaine sans école, en français) encourage les parents qui s’opposent au nouveau cursus éducatif à garder leurs enfants à la maison cette semaine. Dimanche soir, ils étaient plus de 9800 à avoir « aimé » cette page.

Le groupe propose également une lettre type que les parents peuvent remettre aux établissements scolaires pour leur signifier que le cursus en question contient des informations qu’ils considèrent comme « inappropriées » pour l’âge de leurs enfants et que le programme « ne correspond pas aux principes et aux valeurs » de leur famille.

La porte-parole du Conseil scolaire public anglais de Toronto (Toronto District School Board), Shari Schwartz-Maltz, a affirmé qu’il était « presque impossible » de déterminer combien de familles participeront au mouvement de protestation, car certaines d’entre elles leur ont déjà remis la lettre type, alors que d’autres ont signifié verbalement leur désaccord. Tout le personnel du conseil scolaire a été mis au courant de l’initiative.

Mme Schwartz-Maltz rappelle que les enfants qui ne seront pas en classe cette semaine seront considérés comme absents et que leurs parents seront responsables de leur faire reprendre les apprentissages manqués, car l’enseignement continuera comme à l’habitude et les règles prévues en cas d’absence seront appliquées.

Dans la lettre type, les parents font valoir qu’il est « de leur responsabilité d’enseigner ces valeurs » à leurs enfants et qu’il leur appartient de décider quand et comment aborder « ces sujets délicats » avec eux.

La présidente du Conseil scolaire public anglais de Peel, Janet McDougald, s’attend quant à elle à ce qu’un « nombre important » de parents retirent leur enfant de l’école au moins pour la première journée de la semaine.

Ce conseil, établi à Mississauga, couvre un secteur multiculturel. Des milliers de personnes ont manifesté le mois dernier à Toronto contre le nouveau programme d’éducation sexuelle, et plusieurs ont déclaré qu’elles provenaient du comté de Peel.

La semaine dernière, la Première ministre ontarienne Kathleen Wynne a finalement rencontré en privé (après avoir refusé de le faire pendant des mois) un groupe de parents qui demandent le retrait de ce programme, dont la précédente mise à jour datait de 1998. La politicienne libérale a réaffirmé que la nouvelle mouture entrerait en vigueur en septembre prochain, comme prévu.


Pour les opposants à ce nouveau programme, si la question est « clivante » la faute en revient à la Première ministre Wynne qui veut imposer ce nouveau programme à tous les élèves


Voir aussi

Ontario — Théorie du genre dans le nouveau programme d’éducation sexuelle

Ontario — Ministre de l’Éducation : les écoles catholiques devront enseigner le nouveau programme d’éducation sexuelle

Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe »

samedi 2 mai 2015

Allemagne — Ne plus interdire l'inceste ?


Le philosophe Ruwen Ogien défend la pratique de l’inceste en direct sur le plateau de l’émission Ce soir ou jamais.


Un futur combat pour la Cour suprême du Canada ? (Nous n'avons pas très bien compris pourquoi la Loi ne peut pas, ne doit pas défendre un ordre moral particulier.)

Voir aussi

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité pour des experts

jeudi 30 avril 2015

Le conservatisme, le progressisme et leur impact en éducation


Extrait d'un article de Mathieu Bock-Côté sur « qu'est-ce que le conservatisme ? » :

Il y a au cœur du progressisme une prétention à la maîtrise absolue de la vie, et plus particulièrement de la vie sociale, comme si on pouvait abolir son mystère, comme si une société absolument transparente était possible et désirable. On assiste alors à une technicisation à outrance de la vie politique. On entend resocialiser complètement l'homme, le soumettre à un conditionnement idéologique tout azimut. Un homme nouveau devrait en sortir. Mais en transformant l'homme en pure créature de la société, on écrase philosophiquement les conditions mêmes de sa liberté, de son épanouissement. L'homme n'a pas à se faire démiurge. Il ne doit pas créer le monde, encore moins créer un homme nouveau, mais conserver le monde, l'aménager et l'améliorer.

On voit alors qu'une certaine gauche, incarnée par des figures comme Christiane Taubira ou Najat Vallaud-Belkacem, fait preuve d'un véritable fanatisme dans la déconstruction. On comprend pourquoi l'homme de gauche, raisonnable, désillusionné par son propre camp, devient souvent conservateur par la question de l'école. N'est-ce pas en bonne partie à travers la question de l'école qu'Alain Finkielkraut est venu au conservatisme, non pas à la manière d'une doctrine, mais en reprenant à son compte ses inquiétudes fondamentales? C'est à travers elle qu'il découvre jusqu'où va la tentation de la table-rase qui rattrape inévitablement le progressisme, désireux d'en finir avec un monde trop vieux. Le petit individu supposé se construire intégralement par lui-même, comme s'il ne devait rien aux œuvres et à la mémoire, a toutes les chances d'être un futur barbare.





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