dimanche 31 août 2014

Violences conjugales : nettement plus fréquentes dans les couples homosexuels

Les violences conjugales seraient toujours un sujet tabou en France au sein des couples homosexuels. Dans sa vidéo, l’association AGIR affirme qu’en 2013, 11 % des homosexuels ont déclaré subir des violences conjugales.

En 2012, 2 % des femmes ont subi, en l’espace de deux ans, des violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. C'est ce que révèle une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), réalisée en partenariat avec l’Insee.



Sources : France 3 et Europe 1.

Voir aussi

Violences conjugales : les hommes battus oubliés en France comme au Québec ?

Les filles aux parents lesbiennes sont 45% moins susceptibles d'obtenir un diplôme d'enseignement secondaire

samedi 30 août 2014

L'Ouzbékistan suspend internet et les textos pour éviter la triche aux examens

L'Ouzbékistan a suspendu vendredi son réseau internet mobile ainsi que l'envoi de textos pour l'ensemble de sa population, afin d'empêcher toute tricherie aux examens d'entrée aux universités.

Source : Le Point





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mercredi 20 août 2014

Entrevue du ministère de l'Éducation : torrent d'eau tiède et de prêt-à-penser soporifique

Tania Longpré revient sur la dernière sortie médiatique du ministre de l'Éducation du Québec :

« Apprendre à apprendre», mais quoi, monsieur le ministre ? »

Dans une entrevue accordée au Journal Métro, le Dr Yves Bolduc, ministre de l’Éducation du Québec, affirmait qu’il fallait réformer l’éducation et mettre la priorité sur la persévérance scolaire.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

En tant qu’enseignante et future didacticienne, ce discours a des effets secondaires sur moi qui s’apparentent à la prise de somnifères. De même que ces trois mots, répétés comme un mantra par trop de ministres de l’éducation depuis quelques années: TBI, compétences et réformes. Déchiffrons-les:


TBI

À en croire le ministre, c’est pratiquement avec cet outil magique qu’est le tableau blanc interactif qu’on augmentera la persévérance scolaire chez les jeunes. Il a tout faux. Ce qui rend (ou pas !) une classe intéressante c’est… l’enseignant. Je ne suis pas contre le TBI, mais l’équation 1 prof plate + TBI = classe passionnante ne fonctionne pas. C’est un outil incroyable, mais il ne suffit pas de ça pour être un bon enseignant.

Pour rendre la classe intéressante, ce n’est pas dans des TBI qu’il faut investir, mais dans la formation des maîtres. [Note du carnet: dans quelle mesure devenir un prof passionnant s'enseigne-t-il ?] Ce sont eux qui jour après jour passionnent les étudiants. Pourtant, peu de cours DID du DEE (Devenir un Excellent Enseignant) dans les facultés de nos universités. Réformer la formation des maîtres ? Bof, ça, on en parle pas souvent. Que le Dr Bolduc le veuille ou non, un TBI ne remplacera jamais un enseignant passionné.

Approche par compétences

Je cite le ministre : « Si on considère l’approche par compétences combinée à l’utilisation des technologies, on se dirige vers un système où l’enfant apprend à apprendre », c’est bien beau d’apprendre à apprendre, mais pour apprendre quoi ? Les compétences sont beaucoup plus efficaces ! Apprendre à conjuguer un verbe? Trop compliqué, apprenons plutôt à utiliser Antidote ! Pourquoi apprendre à écrire à la main si on peut apprendre à se servir d’un clavier ? Pourquoi avoir une culture générale si on sait utiliser la barre de recherche dans Google?

Je suis ironique, mais vraiment, à en croire certains au ministère de l’Éducation, les connaissances sont une pure perte de temps. De cette façon, ils veulent former des petits travailleurs « en adéquation avec les besoins du marché », mais… pourront-ils penser ? Réfléchir ? Lire ? Écrire ? Discuter ? Débattre ? Créer ? Se casser la tête ?  [Carnet : il est ironique de voir un libéral dire que l'État sait prévoir les besoins du marché... Pas dans l'industrie, mais bien pour l'école ?]

C’est pour transmettre des connaissances que je suis enseignante, pas pour remplacer un mode d’emploi. Une compétence devrait être un outil, pas une fin en soi. Et lorsque j’entends les ministres parler de technologies, je me demande quand j’ai manqué l’épisode affirmant que cela remplaçait notre cerveau, nous rendant du même coup plus intelligents.

Les réformes et « l'école inversée »

Le docteur Bolduc mise aussi sur « L’école inversée », sois celle où l’enfant travaille « par lui-même et évalue ensuite ses réalisations avec un professeur », ah bon!, donc, l’enseignant ne devient « qu’une machine à évaluer », selon le ministre ? Alors, si ce n’est que ça, le maître devient… facultatif ? Pourquoi ne pas fermer les écoles, un coup parti, et faire en sorte que tous apprennent de chez eux, avec un ordinateur et un logiciel autocorrecteur ? Ça, ça règlerait les finances déficitaires de l’éducation ! Plus de financement de transport scolaire, plus de commissions scolaires, plus d’enseignants à former, plus de concierge à payer. La belle affaire&nbsp! Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? [Tania Longpré semble oublier deux fonctions de l'école moderne : la garde des jeunes par des tiers et l'apprentissage d'un certain conformisme social.]  Au-delà de l’ironie, je me pose tout de même une question: seriez-vous docteur aujourd’hui, Monsieur Bolduc, sans vos connaissances ?




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

dimanche 17 août 2014

Canada — Financement par élève serait supérieur pour les écoles autochtones aux écoles publiques

Selon l'Institut Fraser, contrairement à ce qu'on allègue souvent, le financement moyen par étudiant au Canada pour les écoles primaires et secondaires situées sur les réserves des Premières nations est égal ou, dans certaines provinces, supérieur au financement moyen de tous les autres élèves canadiens.

Entre 2006 et 2011, le financement en éducation pour les Premières Nations est passé de 1,3 milliards de dollars à plus de 1,5 milliards de dollars, contredisant de la sorte le mythe souvent répété que la croissance du financement a été limité à deux pour cent. Enfin, sur une base par élève en 2010/11, le financement global moyen pour les étudiants vivant dans les réserves s'élevait à 13 524 $. Il était plus supérieur au financement de tous les autres étudiants canadiens qui fréquentent l'école publique (11 646 $).





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

La mort de Raymond Gravel : preuve que la loi sur l'euthanasie est inutile ?

 On se rappellera que M. Raymond Gravel s'était prononcé en faveur de la loi sur l'euthanasie (projet de loi 52), allant une nouvelle fois dans le sens du vent « progressiste » cher à nos élites autoproclamées et à l'encontre de l'Église catholique à laquelle il devait fidélité.

Pour Marc Bergeron, M.D., hémato-oncologue au CHU de Québec, son décès prouve paradoxalement l'inutilité de cette loi sur l'euthanasie :
« Raymond Gravel est décédé ce matin [le 11 août 2014] d'un cancer du poumon métastatique. Il était connu du grand public pour son franc-parler et ses prises de position controversées à l'intérieur de l'Église catholique. Il avait milité entre autres pour le projet de loi 52 qui introduit l'euthanasie au Québec. Selon ses propres paroles, il n'avait pas peur de la mort, mais il craignait de souffrir de son cancer. Il est mort dignement, entouré de personnes aimantes et dévouées qui lui ont prodigué de bons soins palliatifs de qualité tout au long de sa maladie qui a duré un an. Cet exemple illustre bien la situation de milliers de Québécois qui partagent chaque année le même sort que Raymond Gravel et qui sont soignés de façon exemplaire jusqu'à la mort naturelle, sans nécessité d'accélérer celle-ci. C'est une démonstration franche de l'inutilité de l'introduction de l'euthanasie nommée « aide médicale à mourir » dans le projet de loi 52 qui a été voté au parlement du Québec le 5 juin. Les tribunaux du Québec et du Canada vont se prononcer dans les prochains mois sur la constitutionnalité de cette loi. »

Publié dans Le Soleil, chronique Opinion le 14 août 2014

Voir aussi

Raymond Gravel poursuit pour 500.000 $ Life Site News – chronologie et sommaire de la défense

Monsieur Gravel et sa critique (peu chrétienne) des opposants à l'imposition du cours ECR

 

Transsexuelle « homme aujourd'hui » allaite en public et est « enceint »

Une transsexuelle née femme, désormais Trevor MacDonald, allaiter en public son enfant. MacDonald, de Winnipeg, est aussi enceinte de sept mois. C’est sa deuxième grossesse. MacDonald sert également d'animateur à la ligue La Leche, l’organisme qui vient en aide aux mamans qui ont de la difficulté à allaiter.

Ci-dessous, des extraits de son entretien dans le journal Métro.

Comment est-il possible d’allaiter quand on est [une transsexuelle ]?

C’est une question d’hormones. [...] Quand j’ai expliqué à mon endocrinologue que je voulais des enfants, il m’a dit que je n’avais qu’à cesser mes traitements hormonaux pour que mon cycle menstruel redevienne régulier.

Comment avez-vous réussi à conserver votre barbe ?

En cessant la testostérone, certaines personnes perdent leur pilosité faciale, d’autres non. Moi, j’ai conservé une pilosité faciale et une voix grave et ça fait quatre ans que j’ai cessé mes traitements. J’espère les reprendre, parce que ça a quand même un impact sur ma masse musculaire.

« Trevor » MacDonald, son fils et le docteur Jack Newman de Toronto
La mastectomie n’empêche pas l’allaitement?

Ça dépend de la façon dont elle est faite. Ça peut avoir un impact sur la quantité de lait. Moi, j’ai utilisé un dispositif d’aide à l’allaitement, un système utilisé par des femmes qui ont de la difficulté à allaiter. J’ai eu l’aide de la ligue La Leche, une organisation mondiale consacrée à l’allaitement. Après quelques mois, mon groupe local de La Leche m’a proposé de devenir bénévole, mais ça allait à l’encontre des règlements de l’organisation. Quelques années plus tard, La Leche s'est rendue compte que c’était discriminatoire et elle a changé ses règlements. Maintenant, partout dans le monde, même en Arabie séoudite, un homme peut devenir parrain d’allaitement !

Comment les gens réagissent-ils lorsqu’ils vous voient allaiter ?

La plupart du temps, ils ne comprennent tout simplement pas ce qu’ils sont en train de regarder. Une fois, une femme m’a demandé des renseignements parce qu’elle voyait que j’utilisais un dispositif d’aide à l’allaitement. Les commentaires en ligne sont plus violents, mais en personne, les gens sont corrects. Et je dirais que mon expérience ouvre beaucoup plus de portes qu’elle n’en ferme.

Est-ce que le fait d’être un homme enceint suscite plus de réactions ?

Non. Les gens pensent simplement que j’ai une bedaine de bière. Je ne serais pas le seul!

Est-ce que le milieu hospitalier est ouvert à votre réalité ?

Oui, mais c’est évident que, chaque fois que je rencontre un nouvel intervenant, je dois tout expliquer de nouveau. Les gens présument que, parce que je porte un enfant, je suis une femme. C’est pourquoi j’ai préféré faire appel à une sage-femme, qui m’a suivi tout le long de ma grossesse.

Voir aussi

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

jeudi 14 août 2014

Histoire — Les Gaulois au-delà du mythe







Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Ministre Bolduc et livres LGBTQ en garderie : normaliser, mais pas promouvoir...!

Le Devoir, qui prétend toujours avoir révélé l'histoire des livres LGBTQ en garderie et primaire plus d'une semaine après ce carnet, nous apprend sans surprise que le ministre Yves Bolduc est d'accord pour introduire les œuvres promues par le lobby LGBTQ dans les garderies, les maternelles et les écoles primaires :
« On peut en parler sans faire la promotion d’un modèle par rapport à un autre, a dit le ministre. Les gens ont peur qu’on fasse la promotion de ce modèle. On ne le fait pas, on dit juste que ce sont des modèles tout à fait normaux. »
M. Bolduc comprend-il que, pour des gens qui désapprouvent des « familles » LGBTQ, dire que ce sont des « familles » normales, c'est en faire la promotion ?





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

lundi 11 août 2014

Monsieur Gravel et sa critique des opposants à l'imposition du cours ECR

Mise à jour du 11 août 2014

Aujourd'hui, alors que les gros médias ne tarissaient pas d'éloges pour M. Raymond Gravel dont on a annoncé le décès plus tôt dans la journée, plusieurs ont évoqué qu'« il ne jugeait jamais les gens ». Ce fut le cas par exemple de Christian Paradis, directeur adjoint du Service de sécurité incendie de Montréal, qui affirma « Il ne jugeait personne et il était disponible pour tous ». Ou encore l'abbé Robert Jolicœur qui souligne que Raymond Gravel ne jugeait personne. Nous laissons le lecteur découvrir ci-dessous si Raymond Gravel s'abstenait vraiment de juger les gens dont il désapprouvait les opinions et en quels termes choisis. Rappelons par ailleurs qu'il poursuivait un site catholique pro-vie, sans doute trop conservateur à son goût, pour la modique somme d'un demi-million de dollars.

Billet du 27 août 2010

Monsieur Raymond Gravel, ancienne escorte masculine avant son entrée au séminaire en 1982, est à nouveau dans l'actualité à la suite de ses propos assez durs contre Mgr Marc Ouellet qui avait rappelé que pour l'Église catholique l'avortement est un crime.

Critiqué par plusieurs sites anglophones, M. Gravel avait cherché secours dans les colonnes du Devoir pour condamner ces attaques qui constitueraient selon lui une véritable « chasse aux sorcières » ourdie contre lui par des « milieux anglophones du Canada et des États-Unis ».

M. Gravel prétend par ailleurs que ses propos sont déformés et que le message christique empêcherait de porter tout jugement sur ses actes... Il s'agit bien sûr d'une mésinterprétation du message évangélique : le Christ juge sévèrement les scribes et les pharisiens par exemple, tout chrétien doit juger ses actes et ceux des autres pour mener une vie juste et bonne, par contre il ne lui revient pas de juger les personnes et plus particulièrement de se prononcer sur le salut ou non de son prochain.

M. Gravel se plaint donc d'être critiqué et mal cité, mais s'est-il privé d'en faire de même avec autrui ? Il semble bien que non. Voilà près d'un an M. Gravel avait publié une lettre dans L’Express-Montcalm le 14 mai 2009, il y ridiculisait les opposants au programme ECR. Il y prenait vivement à partie la mère de Drummondville qui demandait l'exemption.  Mme  Chevrier de l'Association des parents catholiques du Québec avait à l'époque répondu à cette caricature.

Revenu dans l'actualité, se plaignant d'être mal cité et prétendant que les chrétiens ne doivent pas juger les actes d'autrui, les propos de M. Raymond Gravel n'ont pas échappé à cette dame qui lui a envoyé la lettre ci-dessous. On lira la réponse de M. Gravel en dessous de celle-ci.

dimanche 10 août 2014

Pour la lecture des classiques : « On est un meilleur ouvrier si on a lu Montaigne ou Proust »

Entretien dans le FigaroVox avec Antoine Compagnon, historien de la littérature française, spécialiste notamment de Marcel Proust. Il est professeur au Collège de France. Il est l'auteur d'Un été avec Montaigne, petit recueil de chroniques sur l'auteur des Essais, succès surprise de l'année 2013, atteignant aujourd'hui la barre des 160 000 exemplaires vendus. Extraits.

— Imaginiez-vous que la philosophie et la littérature classique pouvaient être des lectures de vacances? Cela témoigne-t-il d'une soif de savoir et d'un besoin de transmission chez beaucoup de Français?

— L'idée selon laquelle les classiques n'intéresseraient plus personne est manifestement fausse. On constate au contraire qu'il existe une demande et un public pour ce type d'œuvres, ce qui dément le discours ambiant sur la crise de la lecture, de la littérature, des grands écrivains. Il importe d'aller vers ce public et de répondre à sa demande. [...]

— Vous parvenez à remplir trois amphis (dont deux en retransmission vidéo) à chacun de vos cours sur Marcel Proust. Quel est votre secret?

— Je l'ignore. Comme beaucoup, je supporte mal de m'entendre ; je n'ai donc pas écouté ces émissions sur Montaigne. Mais, comme professeur, l'objectif qui m'a toujours guidé a été de faire comprendre à mes élèves qu'ils étaient plus intelligents qu'ils ne le croyaient. Mon but a toujours été qu'on sorte de mon cours en maîtrisant quelque chose qu'on ne pensait pas pouvoir maîtriser.

— Que peut nous apprendre Montaigne aujourd'hui? Est-il toujours aussi moderne? En quoi?

— Montaigne se pose des questions que les lecteurs du XXIe siècle se posent aussi. En lisant les Essais, ils apprennent quelque chose sur Montaigne, mais aussi sur eux-mêmes, quelque chose qu'ils ne soupçonnaient pas. Plus largement, je n'ai jamais pensé que la culture générale et la culture littéraire en particulier étaient incompatibles avec la formation professionnelle. La littérature permet de vivre mieux, mais aussi d'être plus efficace dans son métier, quel que soit ce métier. On est un meilleur architecte, plombier ou ouvrier si on a un peu de culture littéraire. Lire Montaigne introduit une distance nécessaire, critique, par rapport à toute activité.

— Vous poursuivez aujourd'hui l'aventure avec Baudelaire. Votre démarche est-elle la même?

— Baudelaire reste lui aussi très actuel. Il est par exemple l'un des premiers à avoir mis en cause le progrès, notion très débattue aujourd'hui. Mais il est moins rond, moins sympathique que Montaigne ; sa personnalité est plus sombre, plus ambiguë. Il est hostile à la démocratie, favorable à la peine de mort. Beaucoup le jugent réactionnaire. J'ai hésité à parler de ces aspérités à la radio avant de décider qu'il fallait faire la lumière sur toute son œuvre et sa personnalité. J'ai même enregistré une émission sur sa réputation d'antisémitisme. Baudelaire, c'est l'amertume et la mélancolie. Paradoxalement, l'été n'est pas sa saison et le matin n'est pas son heure. Le temps de Baudelaire, c'est le crépuscule, l'automne. Il y a donc de l'ironie à l'écouter sur la plage.

— L'attrait pour ces auteurs classiques est-il lié à la pauvreté de la littérature contemporaine? Qui sont les héritiers de Montaigne, Proust ou Baudelaire aujourd'hui?

— Les Montaigne, Baudelaire ou Proust, ne sont pas nombreux. Il n'y en a pas un par génération et la littérature contemporaine n'est pas spécialement pauvre. Ce sentiment n'a rien de nouveau ; on l'a toujours eu, parce qu'on est exigeant. En 1913, cette impression était partagée, et c'est seulement après coup qu'on a marqué l'année d'une pierre blanche, parce que c'est celle de la parution de Du côté de chez Swann, du Grand Meaulnes, etc. À toute époque, certains lecteurs sont retournés vers les classiques parce que la littérature contemporaine leur semblait insatisfaisante.

[...]



La littérature, ça paye
Antoine Compagnon, HEC Paris





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)