vendredi 11 janvier 2008

Benoît XVI reparle de l’enseignement catholique

Alors que certains universitaires et ministres québécois interprètent la pensée des autorités catholiques en matière éducative et morale dans le cadre du nouveau programme obligatoire d'Éthique et de culture religieuse, il nous paraît utile de rapporter les propos récents de Benoit XVI en la matière.

Recevant les élus de Rome et du Latium dans la Salle Clémentine du Vatican, jeudi, Benoît XVI est revenu sur un thème qu’il avait déjà longuement développé lors d’une convention du diocèse de Rome, celui de l’enseignement.

Parlant de « l’importance décisive » de l’éducation et de la formation de la personne aussi bien pendant l’enfance que pendant toute la vie, le Pape commenta :

« Si nous considérons la réalité de notre situation, nous ne pouvons nier que nous nous trouvons face à une véritable et grande "urgence éducative". (...) Il semble en effet toujours plus difficile de proposer de manière convaincante aux nouvelles générations des certitudes solides et des critères sur lesquels fonder la construction de leur propre vie. Ils le savent bien, les parents et les enseignants, qui pour cette raison même sont souvent tentés d’abdiquer leur rôle éducatif propre. Les mêmes, du reste, dans le contexte social et culturel actuel, empreint de relativisme et même de nihilisme, parviennent difficilement à trouver des points de référence sûrs pour les soutenir et les guider dans leur mission d’éducateurs et plus largement dans l’ensemble de la conduite de leur vie.

« Une telle urgence (...) ne peut laisser indifférente l’Église, ni votre Administration. Se trouvent clairement en jeu, en réalité, avec la formation de la personne, les bases même de la vie en société et de son avenir.

« Il existe ici une claire priorité : le respect et le soutien de la famille fondée sur le mariage. (...) Nous constatons tous les jours combien les attaques et les incompréhensions sont insistantes et menaçantes à l’égard de cette réalité humaine et sociale fondamentale. Il n’en est que plus nécessaire que les administrations publiques ne se portent pas au secours de telles tendances négatives, mais qu’au contraire elles offrent aux familles un soutien affirmé et concret, avec la certitude d’œuvrer ainsi en vue du bien commun. »

mercredi 9 janvier 2008

Les immigrés de 2e génération réussissent mieux en moyenne que les Québécois de souche et préfèrent nettement le CEGEP anglophone

Les immigrés dits « de deuxième génération » réussissent mieux que les élèves nés à l'extérieur du pays (dits « de première génération ») et la moyenne des autres Québécois. Ils sont moins nombreux à redoubler au début du secondaire et à décrocher avant l'obtention de leur diplôme. En effet, 79 % d'entre eux obtiennent leur diplôme sept ans après leur entrée au secondaire par rapport à 72 % des Québécois selon un nouveau rapport du Monopole de l'Éducation publié récemment.

Cela s'explique facilement pour une portion importante de ces enfants d'immigrants :« Les immigrants admis au Canada ont généralement un haut niveau de scolarité et sont ainsi bien outillés pour aider leurs enfants. Mais c'est aussi une question de valeurs. Ils donnent beaucoup d'importance à la réussite scolaire. Ils savent que la bonne intégration de leur enfant en dépend et vont bien l'encadrer à la maison », observe Reginald Fleury, conseiller pédagogique en relations interculturelles à la Commission scolaire de Montréal, interrogé par la Presse.

Toutefois, ces succès varient de façon importante d'une nationalité à l'autre. Les élèves les plus assidus de tous sont originaires du Moyen-Orient ou d'Asie : leur taux de réussite approche les 80 %, sept ans après leur entrée en première secondaire, par rapport à 72 % pour les autres Québécois. Ces bons résultats tirent vers le haut la moyenne des autres immigrés.

Les enfants nés ou dont les parents sont nés en Amérique centrale éprouvent plus de difficultés : à peine 51 % ont obtenu un diplôme secondaire au cours de la même période. Ce pourcentage chute à 43 % pour la région des Antilles et Bermudes.

Dans ces conditions, le ministère de l'Éducation n'a pas lieu de se réjouir de l'intégration des immigrés dans le système scolaire québécois, observe Pierre Toussaint, professeur à l'Université du Québec à Montréal. La situation, dit-il, est particulièrement critique pour les nouveaux arrivants.

Les immigrants de première génération sont nettement moins nombreux à obtenir un diplôme (59% après 7 ans d'études, contre 72% pour les autres Québécois) et redoublent plus fréquemment que tous les autres élèves.

« À leur arrivée, les enfants vivent un choc culturel qui peut compromettre sérieusement leur réussite. De même, leurs parents peuvent avoir du mal à trouver leur place dans l'organisation scolaire et le lien avec l'école sera alors très difficile à établir », explique Yamina Bouchamma, professeure à l'Université Laval, auteure d'une enquête sur les facteurs déterminant la réussite scolaire des immigrants.

La situation tendrait à se corriger avec les années, mais la composition des immigrés qualifiés est-elle vraiment restée la même depuis trente ans ? Est-on passé d'une immigration libanaise et vietnamienne, aujourd'hui tarie et de seconde génération, qui valorisait fortement les études à une immigration maghrébine, subsaharienne, antillaise et centro-américaine où cette valorisation est moins forte ?

M. Pierre Toussaint s'inquiète du sort des communautés noires, dont les taux de réussite restent très faibles. En règle générale, les enfants y grandissent dans un milieu socioéconomique plus défavorisé que la moyenne des Québécois, un facteur déterminant de la réussite scolaire. «Il faut mener davantage d'actions ciblées pour soutenir les groupes les plus à risque», dit M. Toussaint.

Par ailleurs, cette étude confirme que le CEGEP est très prisé par les immigrés, surtout s'il est anglophone. Ils sont, en effet, dix fois plus nombreux que les autres Québécois à entreprendre leurs études en anglais au collégial, et ce même s'ils ont étudié en français au secondaire. Certains groupes de défense du français, comme Impératif français, s'inquiètent d'ailleurs de cette francisation superficielle et ce manque d'attachement au français de la part des enfants immigrés.

lundi 7 janvier 2008

Radio-Canada et sa lutte contre les catholiques les plus intégristes

Petit reportage partial à la radio d'État ce matin, le 7 janvier, à 8 heures.

Aucune subtilité dans le procédé :
  1. La grande majorité du reportage est consacrée aux gens qui sont partisans du sujet choisi : le cours d'éthique et de culture religieuse.
  2. On y parle de « vestige persistant » plutôt que « de patrimoine » en parlant des cours de religion.
  3. On interroge le père de ce nouveau cours de manière flatteuse et on nous fait croire que ce cours obligatoire et unique a été décidé de manière démocratique (après une consultation, auprès de qui ? Les habitués du système ? Ceux qui partagent les mêmes opinions laïques ?).
  4. Ledit père de ce cours obligatoire, Jean-Pierre Proulx, nous ressort la même soupe : le cours a été fait dans l'intérêt des élèves (sans que les parents aient quoi que ce soit à dire apparemment donc) pour en faire des élèves « cultivés, tolérants et capables de dialogue ». Comme si, d'une part, l'État devait avoir cette mission et lui seul, et comme si, d'autre part, il n'y avait pas d'autres moyens d'arriver au même but, par exemple par des cours donnés à un âge plus avancé ou même des cours de religion.

    Mais encore faut-il savoir ce qui se cache derrière les mots « cultivés, tolérants et capables de dialogue »... Les Québécois actuels sont-ils intolérants et incapables de dialogue aux yeux de ces experts ? (J'exclus bien évidemment de la question les experts ès tolérance et dialogue du MELS qui vivent d'une rente monopolistique et de l'imposition de leurs préjugés idéologiques à tous les élèves.)

    On a la nette impression que ce « dialogue » doit passer par la perte de repères religieux ancrés et l'acquisition d'un relativisme tous azimuts qui pourrait très bien aboutir à l'effet inverse : tout se vaut, seul mon plaisir compte du moment que j'embête pas les autres, c'est le début du tribalisme et non le début d'une société tolérante québécoise qui doit assimiler les immigrés de plus en plus nombreux. Voir l’échec de la France qui pourtant enseigne déjà un cours d’instruction civique. On ne sache pas que cela y empêche les heurts ethniques. C'est une conception pour le moins partisane et naïve de l'éthique et de la formation d'une citoyenneté commune québécoise par l'État.
  5. On nous présente ce cours imposé par le Monopole de l'Éducation comme inéluctable et allant dans le sens du progrès (valeur que l'on aurait pourtant pu croire dépréciée depuis la fin des régimes socialistes). Pas la peine de lutter, pauvres auditeurs et parents, des « experts » ont déjà décidé pour vous et vos enfants.
  6. Les adversaires de ce cours sont stigmatisés par l’annonceur de la radio d’État comme étant les catholiques les plus intégristes, pas uniquement intégristes, mais les plus intégristes !
  7. Le cours est déjà donné à titre expérimental et tout le monde l'aime, enfin semble-t-il, car on regrette que les parents n'en savent pas plus. On aurait donc procédé à ces expérimentations sans les informer ?
Écoutez le bref reportage

Évidemment, Radio-Canada, dans sa partialité qui suinte de toute part, oublie quelques petites choses :
  1. Il n'y a pas que les catholiques qui sont opposés à l'imposition par un monopole d’État d’un cours touchant à la moralité et la religion;
  2. Un sondage CROP-La Presse révèle que 57 % de la population serait d’accord pour que les parents «aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse», qui sera imposé partout dès septembre 2008.

Cinquante-sept pour cent d'ultra-intégristes donc....

mercredi 19 décembre 2007

La sacralisation de la laïcité

Article intéressant paru dans Le Journal de Montréal le 13 décembre dont voici quelques extraits :
[...]
Le débat est donc ouvert et tous se demandent si l'école devrait être confessionnelle ou laïque. Or, cette question en élude deux autres infiniment plus importantes. Tout d'abord, pourquoi faut-il absolument que toutes les écoles se conforment à un modèle d'éducation unique imposé par Québec ? Croyants et athées étant incapables de prouver la justesse de leurs théories, le débat ne sera jamais clos. Ainsi, que l'on impose la laïcité ou une quelconque confession, une partie de la population sera nécessairement lésée.

Ensuite, pourquoi devrions-nous accepter que des fonctionnaires décident si nos enfants devraient ou ne devraient pas recevoir un enseignement religieux ? Leur jugement est-il mieux fondé que le nôtre ? Sont-ils devenus les « sages » des temps modernes ? C'est la responsabilité des parents d'élever leurs enfants, et non de la ministre Courchesne ! Faut-il lui rappeler que l'école a pour fonction de transmettre des connaissances et de répondre aux attentes des parents ? Elle n'est pas là pour permettre aux fonctionnaires et aux groupes de pression d'imposer leurs idéaux aux Québécois!

À l'époque où je fréquentais le secondaire, les élèves pouvaient opter pour des cours d'espagnol ou de latin. Chacun choisissait selon ses goûts personnels. Pourquoi ne pas appliquer le même principe en permettant aux écoles d'être flexibles et d'offrir à la fois des cours de religion et d'éthique ? Certaines le font déjà. Quand les parents d'une école s'unissent pour réclamer, par exemple, des cours de musique, ils les obtiennent. Pourquoi en serait-il autrement quand il s'agit de cours de religion ? La liberté de choix est-elle limitée à l'enseignement séculier ?
[...]
Pour évacuer la religion, certains ont sacralisé la laïcité. Ils n'ont fait que troquer une croyance pour une autre et remplacer la domination de l'Église par celle de l'État. En voulant imposer leurs opinions à toute la population, les fonctionnaires se comportent comme les ecclésiastiques de l'époque. Il est temps de réhabiliter la liberté de choix, surtout dans un contexte où elle est facile à implanter et ne cause de préjudice à personne.

Personne ne dit à madame Courchesne comment elle devrait éduquer ses enfants. Alors pourquoi devrions-nous accepter qu'elle prenne des décisions qui reviennent aux parents ?

dimanche 16 décembre 2007

On ignore l'effet des programmes gouvernementaux pour aider les parents à mieux élever leurs enfants

Selon le Conseil canadien sur l'apprentissage, les parents n'apportent non seulement affection et sécurité à leurs enfants, mais ils participent à leur apprentissage et leur servent de modèles comportementaux. Rien de neuf ici. Ils jouent donc un rôle essentiel auprès de l’enfant, particulièrement durant ses jeunes années.

Des études démontrent que les premières années de la vie de l’enfant sont déterminantes pour la suite de son existence. Au cours de cette période, chaque instant est en effet porteur d’une nouvelle expérience, d’une nouvelle occasion d’apprendre et d’évoluer. Ces premières années revêtent une importance clé sur le plan de l’acquisition par l’enfant des aptitudes dont il aura besoin tout au long de sa vie, qu’elles soient émotionnelles, sociales ou physiques ou encore liées au langage ou à la réflexion. Selon leurs propres attitudes et la façon dont ils se comportent, les parents peuvent soit favoriser, soit au contraire entraver le développement social et émotionnel du jeune enfant. Tout cela est frappé au coin du bon sens, chaque parent le ressent bien.

Ce qui est plus intéressant c'est qu'il existe depuis de longues années des programmes destinés à aider les parents à élever leurs enfants le mieux possible pour « renforcer les aptitudes parentales positives ». (On se demande bien comment le gouvernement vérifie ces renforcements et selon quels critères politiquement corrects). Mais voilà, peu de programmes du genre actuellement proposés au Canada ont fait l’objet d’évaluations adéquates. L’on ignore donc jusqu’à quel point ces programmes peuvent être efficaces... Encore un gâchis financier de l'État mêle-tout ?

mercredi 12 décembre 2007

La ministre sort d’une réunion du cabinet pour vanter le progrès et l'intelligence des enfants plus malins que leurs parents

À l’annonce de la demande de M. Mario Dumont que le gouvernement revienne sur sa décision impopulaire d'imposer le nouveau cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse à tous les élèves du Québec à la rentrée de septembre 2008, la ministre du monopole de l’Éducation, Michèle Courchesne, est sortie précipitamment d’une réunion du cabinet. Elle a ensuite réitéré que le cours obligatoire donnerait une place prépondérante à la religion chrétienne et que, selon elle, il ne s’agirait pas d’un cours d’instruction religieuse.

Mme Courchesne aurait ensuite déclaré selon la Gazette de Montréal : « Nos enfants sont intelligents, ils comprennent souvent plus que nous. » Cette flatterie destinée à faire baisser la garde des parents est cousue de fil blanc. Elle n’est fondée sur rien et elle confond allègrement intelligence et instruction. Or, l’acquisition d’une tradition culturelle, d’une foi n’est en rien du ressort de « l’intelligence » censée supérieure des enfants. En outre, cette déclaration ne peut que laisser pantois ceux qui pensent que c’est aux parents de décider de la maturité de leurs enfants et non à un ministère.

La ministre a poursuivi en prétendant que M. Dumont était totalement déconnecté de la réalité et surtout celle de Montréal. Attaque quelque peu mesquine difficile à prouver et surtout qui n’explique pas en quoi les parents ne devraient plus avoir le choix de l’instruction religieuse donnée à leurs enfants !

Mme Courchesne a alors ressorti l’argument usé jusqu’à la corde selon lequel « Si nous nous comprenons mieux, nous pourrons alors plus facilement vivre dans l’harmonie au Québec. » C’est le genre d'affligeantes platitudes qui ont fait tant de dégâts au Québec :
  1. Le Québec abrite dès aujourd’hui de nombreuses communautés et elles s’entendent relativement bien, sans avoir pourtant pu bénéficier des munificences pédagogiques relativistes que le monopole de l’Éducation veut imposer à tous les enfants ou même sans qu'elles comprennent réellement les croyances des autres communautés.
  2. Et puis ce cours désire faire « comprendre les religions et les croyances » des autres petits québécois, Mais les sources de tension au Québec ne sont pas principalement religieuses (pour l'instant)  : elles sont linguistiques et ethniques (les Haïtiens sont chrétiens et pourtant leur « intégration » soulève des difficultés. (Le monopole nous prépare-t-il un nouveau cours ?) Il en va de même dans les cours d’école : les gros, les intellos, les gringalets, les richards, les mal habillés, les efféminés, les rouquins ne sont pas martyrisés à cause de leur religion. Quel cours obligatoire ici ?
  3. Enfin, il n’est pas certain que ce cours conçu dans un esprit naïf, mais généreux (« l’enfer est pavé de bonnes intentions »), aura même l’effet escompté et saura rendre plus harmonieux les rapports entre Québécois. À moins, peut-être, qu’il n’impose une morale relativiste commune de substitution aux croyances diverses des Québécois d’aujourd’hui ? Bien évidemment, les auteurs du programme s’en défendent. Notons qu’il faut bien parler de relativisme, car comme le déclarait Mme la professeure Azdouz au sujet de ce cours : « le rôle des intervenants scolaires c'est d'apprendre à [l’] enfant de composer avec des enfants qui ont d’autres croyances religieuses et dire qu’elle est tout aussi légitime que la leur ou, des enfants qui n’ont pas de croyances religieuses et que cette position-là est tout aussi légitime que la leur. » Tout se vaut donc. Et si ce relativisme avait comme conséquence l’effet inverse voulu : tout se vaut, Dieu n’existe pas (l’athéisme vaut la croyance religieuse) et si Dieu n’existe pas qu’est-ce qui peut me servir de boussole morale sauf mon intérêt personnel ? Pourquoi ne serais-je pas raciste si viscéralement je n’aime pas les gens d’autres ethnies ? Pour faire plaisir au prof ? Par peur de la réprobation des autres élèves soumis au même cours ? Est-ce que ce n’est pas déjà le message appris en France depuis des années ? A-t-il empêché les violences dans les banlieues ? Bien sûr que non.
Mme Courchesne conclut son attaque contre M. Dumont par une saillie typique « Il est très négatif, il cherche à effrayer les parents par cette nouveauté. » Tactique usée jusqu’à la corde au Québec pour faire accepter toutes les modes et les expériences les plus douteuses : il faut innover, et ne pas avoir peur du neuf, tous ceux qui sont prudents sont de frileux rétrogrades, des réactionnaires qui lorsqu'ils s'expriment agissent sur les instincts les plus bas et les plus vils, alors que le retour en arrière est impossible, car la glorieuse marche en avant est irréversible. Nous avons trop entendu cette rengaine vide et vaine.

Jugeons l'arbre du progrès forcé à ses fruits. Voyons où ces valeurs modernes, dont on nous a rabâché les oreilles pendant plus de trente ans au Québec, nous ont menés au niveau social : un taux de natalité désastreux, un lent déclin du fait français, un taux de suicide parmi les plus hauts au monde, des stérilisations volontaires records, quarante pour cent d'utilisation occasionnelle de drogues au secondaire, des exploits sexuels précoces parfois dès le primaire (et Mme Courchesne de dire sans rire que les enfants comprennent nettement mieux que les adultes !), etc. Ah, les valeurs mortifères mais si modernes du Québec toujours à la pointe du progrès !

Non, toute nouveauté n’est pas bonne, Mme Courchesne ! Non, l’imposition n’est pas une valeur en soi, Mme la ministre ! La liberté, le choix et la prudence sont en revanche des valeurs qu’il faut cultiver avec plus d’assiduité au Québec.

Les évêques du Québec réitèrent qu'ils n'ont toujours pas approuvé le cours d'éthique et de culture religieuse

Contrairement à ce que plusieurs partisans du cours d'éthique et de culture religieuse clament, notamment M. le professeur Louis Rousseau, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec n'a pas pris position sur le cours d'éthique et de culture religieuse.

C'est en substance ce qu'a déclaré l'archevêque de Montréal, Mgr Jean-Claude Turcotte, lors de son passage ce mercredi 12 décembre 2007 devant la commission Bouchard-Taylor à Montréal.

« Ça part d'une idée généreuse, mais on attend de voir le contenu. Or le contenu ne nous a été révélé qu'à la toute fin de juin » et, depuis, « on n'a pas eu le temps » de l'examiner, a-t-il fait valoir, alors qu'il était interrogé après la comparution de l'Assemblée devant la Commission Bouchard-Taylor, à Montréal.

« Nous, entre nous, nous voulons avoir le temps d'y réfléchir, de le discuter à fond. Je ne connais pas personnellement très bien ce programme-là. »

L'Assemblée des évêques du Québec devrait se pencher sur ce cours obligatoire imposé par Québec en mars 2008.

L'opposition officielle demande le retrait du cours d'éthique et de culture religieuse

Le chef de l'opposition officielle, M. Mario Dumont, accompagné du porte-parole de l'ADQ en matière d'éducation, M. François Desrochers, a exigé un moratoire sur le cours éthique et culture religieuse au niveau primaire. Le chef adéquiste s'inquiète du contenu de ce cours qui pourrait créer de la confusion chez les élèves.

« Le nouveau cours ne donne aucune prépondérance claire à l'héritage religieux du Québec, qui est partie intégrante de notre identité en tant que Québécois. On sème la confusion chez les enfants lorsque l'on nie la prépondérance de la fête de Noël ou de Pâques. Je demande donc un moratoire sur la mise en place de ce cours au primaire afin que la ministre de l'Éducation revoie son contenu pour qu'il reflète la réalité québécoise et l'importance de l'héritage religieux du Québec. »

M. Dumont reproche au nouveau cours d'éthique et culture religieuse de banaliser l'héritage culturel religieux des Québécois, en le considérant d'égale valeur, sans plus, à ceux des différentes communautés issues des autres coins de la planète.

Ce cours, qui formerait « des jeunes sans repères et sans racines », reflète en tous points, selon lui, la vision de l'ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau, une vision multiculturelle « où la réalité québécoise, c'est juste un petit légume de plus dans une grosse soupe », égale aux autres.

Or, l'école québécoise doit donner une prédominance claire au patrimoine religieux et culturel du Québec, a-t-il fait valoir, en conférence de presse, mercredi.

Les enfants ne doivent pas être des cobayes, a-t-il poursuivi, précisément à l'âge où se forge l'identité et au cours duquel on acquiert nos schèmes de valeurs.

M. Dumont propose que les comités de parents et les conseils d'établissements du réseau scolaire doivent être consultés pour déterminer le contenu d'un futur cours de culture religieuse.

S'il faut saluer la volonté M. Dumont de vouloir écouter la population, majoritairement en faveur du choix dans ce dossier, plutôt que de toujours suivre les mêmes « experts » cooptés, ne serait-il pas plus simple de proposer le libre choix du cours de morale et de religion à chaque établissement sans même songer à un cours identique imposé d'en haut par le monopole à toutes les écoles, même si la majorité des québécois y étaient en faveur ? La démocratie n'est-elle pas d'autant plus grande qu'elle respecte le choix des minorités et permet la diversité des choix ?

dimanche 9 décembre 2007

Syndicats québécois contre l'ingérence politique et la gestion partisane de l’éducation


Québec
, le 7 décembre 2007. – Réunis devant l’Assemblée nationale ce matin, une centaine de représentantes et représentants des syndicats membres de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) et de l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) y ont déposé sur le parvis une pétition comptant plus de 20 000 signatures d’enseignantes et d’enseignants, recueillies en seulement deux semaines, témoignant notamment de leur insatisfaction au regard de l’ingérence politique dans les décisions pédagogiques.

En effet, les enseignantes et enseignants déplorent à coup sûr le caractère partisan des décisions qui se prennent en éducation depuis un certain temps. « Il est certain que l’éducation est un enjeu politique de taille, mais les orientations données au système doivent l’être pour des considérations pédagogiques, visant la réussite du plus grand nombre et le respect de son personnel, et non pour des raisons partisanes et électoralistes », a déclaré Mme Maureen Morris, présidente de l’APEQ.

Le syndicats dénoncent les nombreux ratés de la réforme pédagogique, desquels le MELS ne semble jamais tirer de leçon et que la FSE dénonce régulièrement, se répètent cette année lors de l’implantation de la réforme à l’éducation des adultes, mais dans un contexte d’organisation scolaire qui la rend tout simplement irréalisable.

« Les enseignants se sentent ballotés par des annonces improvisées à des fins électoralistes alors qu’ils mettent de l’avant des solutions au plan pédagogique. Pourtant, ils sont les mieux placés pour signaler les changements nécessaires au système d’éducation et, sur cette base, méritent d’être entendus au premier chef », a déclaré Mme Johanne Fortier, présidente de la FSE.

Les enseignants de la FSE et de l’APEQ attendent principalement que le MELS respecte leur expertise professionnelle dans les décisions pédagogiques à prendre, qu’il respecte leur autonomie professionnelle dans le choix des outils d’enseignement et d’évaluation. Ils souhaitent également que le MELS reporte l’implantation de la réforme à l’éducation des adultes tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas procédé à une réelle évaluation de sa faisabilité et de sa pertinence et qu’il n’aura pas, en conséquence, apporté les changements requis.

La FSE a choisi de déposer sa pétition sur le parvis de l’Assemblée nationale et non en son sein justement pour s’assurer que le message livré aujourd’hui aux élus québécois se situe au-delà de toute partisannerie politique.
Quand ces syndicats seront-ils enfin en faveur de la liberté scolaire et de la fin du monopole étatique en matière d'enseignement ? Plus d'autonomie et la fin de ce monopole permettraient à tous de faire les choix pédagogiques qu'ils privilégient et d'éviter ainsi l'ingérence politique constante.

vendredi 7 décembre 2007

Enseignement religieux : les Québécois veulent avoir le choix

Un sondage CROP-La Presse révèle que 57 % de la population serait d’accord pour que les parents « aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse », qui sera imposé partout dès septembre 2008.

Un sondage CROP-La Presse révèle que 57 % de la population serait d’accord pour que les parents «aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse», qui sera imposé partout dès septembre 2008.

En dehors des centres urbains de Québec et Montréal, cette proportion grimpe jusqu’à 62 %, constate la maison de sondages. « On voit qu’en régions, les gens sont plus conservateurs sur la question de l’enseignement religieux à l’école », estime Claude Gauthier, président de CROP, qui par ailleurs ne se dit pas surpris que les gens préfèrent avoir un libre choix.

La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne rappelle sa vision progressiste du monopole de l’Éducation : « Ça fait partie d’une évolution de société qui est en train de se vivre au Québec, comme ailleurs », dit-elle, réitérant qu’il n’est pas question de revenir en arrière, d’autant plus que la laïcisation des écoles publiques a fait l’objet d’une « décision unanime » à l’Assemblée nationale. Cette décision intervenue en dernière minute à l'Assemblée nationale ne prouve que le divorce entre les politiciens et le peuple sur un sujet qui n'a jamais fait l'objet de la campagne électorale précédente.

Les électeurs ou sympathisants du Parti libéral du Québec sont par une faible majorité (51 %) d'accord avec le fait de permettre aux différentes religions d’être enseignées dans une même école, contrairement aux répondants péquistes et adéquistes. Or, sur le terrain, certains intervenants souvent laïques affirment qu’il serait impraticable d’avoir une multiplication de cours de confessions religieuses différentes en même temps. Rappelons que la Belgique applique ce système de multiplicité des cours de religion et de morale dans une même école, là où le nombre des élèves est suffisant.

M. Jean-François Lisée trouve que le nombre de Québécois en faveur de ce choix est sans doute sous-estimé par la manière dont les questions ont été posées qui y associait le nom du cardinal Ouellet.

Ces chiffres ne surprennent pas Jean-Pierre Proulx, professeur au département d’éducation de l’Université de Montréal, qui présidait aussi le groupe de travail sur la place de la religion à l’école, à la fin des années 90.

« Les gens veulent transmettre une partie de leur héritage catholique à leurs enfants, c’est normal, souligne M. Proulx, Mais le cours d’éthique et de culture religieuse répond parfaitement à ce besoin-là », selon le président du comité qui a accouché de ce cours obligatoire.

M. Jean-Pierre Proulx trouve normal que les Québécois soient en faveur du choix, mais il réitère son refus d’accorder ce choix parce que, selon lui, l'école doit être le lieu de vivre ensemble et de formation des futurs citoyens. Bref d’uniformiser la culture de tous les Québécois, même au niveau de la morale et de la religion ? Quelle tolérance ! M. Proulx s'en est pris à plusieurs reprises à l'antenne de Radio-Canada au cardinal Ouellet le désignant comme « un dissident » alors que les autres évêques catholiques du Québec avaient été, en quelque sorte, de bons élèves qui avaient simplement pris acte (pas nécessairement de gaîté de cœur) de la décision unilatérale du gouvernement.

L’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) estime pour sa part que le nouveau cours fait fausse route en réduisant « l’appartenance chrétienne », contre la volonté des parents. « quatre-vingts pour cent des parents inscrivent toujours leurs enfants à l’enseignement religieux catholique », rappelle la présidente de l’APCQ, Jean Morse-Chevrier.