lundi 19 octobre 2026

Pilleurs et casseurs en France — On ne veut pas voir ce qui est derrière

« Une erreur d’analyse sur les protagonistes », estime Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue et chercheuse au CNRS.

Les manifestations françaises ? Elles peuvent s’exporter. Le modèle, c’est l’Intifada

Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue et chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris, compte parmi les principales spécialistes de l’islamisme. Elle analyse les événements qui se déroulent actuellement dans les rues de France.

Que se passe-t-il actuellement dans nos rues ?

« Les mouvements lycéens se sont étendus à plusieurs villes, dans le sillage de revendications scolaires. Mais ce que l’on observe dans la rue révèle une alliance entre islamistes et gauche radicale, autour de revendications confuses auxquelles semblent s’être ajoutées des provocations à la violence. »

Ces manifestations traduisent-elles un malaise réel dans les établissements scolaires ?

« Il existe des cas précis où les revendications sont fondées. Mais, dans l’ensemble, l’école française semble être en plutôt bon état. J’ai moi-même interrogé quelques jeunes manifestants : ils peinent à justifier leurs revendications. Le malaise est ailleurs. La France souffre d’un problème d’autorité : les enseignants ne parviennent plus à se faire respecter et une partie des jeunes, qui ne disposent pas d’une culture suffisante, n’est plus capable de mener un débat, car le désaccord est perçu comme une offense. »

Quelle est l’ampleur de la mobilisation ? Et quelle est la nature du mouvement ?

« Je ne dispose pas de chiffres fiables et je ne veux pas avancer de chiffres hasardeux. Ce qui frappe, c’est la nature du mouvement : une minorité mobilisée et organisée qui entraîne dans son sillage des adolescents peu politisés, rassemblés autour d’une cause — la cause palestinienne — qui sert de bannière commune. »

Les actes de vandalisme sont-ils fortuits ou font-ils partie intégrante des manifestations ?

« Ils ne sont pas fortuits. Lorsque les revendications sont confuses et que les provocations à la violence précèdent les mots d’ordre, la violence n’est pas un débordement incontrôlé : elle fait partie intégrante du répertoire d’action. »

Vous avez écrit que le modèle de ces manifestations était l’Intifada. Qu’entendez-vous par là ?

« L’Intifada constitue un modèle de mobilisation : des jeunes en première ligne face aux forces de l’ordre, un affrontement mis en scène et filmé, et un récit qui transforme toute réaction des autorités en acte d’oppression. Importer ce modèle dans les lycées français revient à faire de l’école et de la police les symboles d’une force d’occupation. C’est précisément ce qui rend ces images si inquiétantes. »

Ces manifestations peuvent-elles s’étendre à d’autres pays ?

« Oui. C’est déjà le cas en Belgique. Même profil sociologique, même phénomène d’islamisation et de “wokisation”. »

Peut-on parler d’infiltration ? Vous avez fait référence aux Frères musulmans.

« Le terme d’“infiltration” est trompeur, car il suggère une opération limitée dans le temps. Ce à quoi nous assistons est le fruit d’un endoctrinement de très longue date, amorcé dans les années 1990. Nous en sommes à la troisième génération de jeunes islamisés par les Frères musulmans. Il s’agit d’une idéologie fortement prosélyte, qui exerce également une influence sur les non-musulmans en imposant les règles du licite et de l’illicite, du halal et du haram. Les représentants de l’islamo-gauchisme savent mobiliser ces jeunes. Les Frères musulmans n’ont pas besoin de diriger le mouvement : il leur suffit d’en fournir le vocabulaire et la cause de référence. »

Le Parlement européen a voté une résolution demandant des mesures contre la pénétration de l’idéologie des Frères musulmans. Est-ce une bonne chose ?

« Oui, mais ce n’est que le début d’une prise de conscience. La fracture entre la droite et la gauche a été nette, et le centre a voté en grande partie avec la droite. Attention : il ne s’agit pas d’interdire les Frères musulmans, mais d’élaborer une stratégie pour contrer leur pénétration. Tout commence maintenant. Des divergences apparaissent déjà entre la droite et le centre sur les mesures à adopter, et la méconnaissance du phénomène chez les députés européens demeure considérable : pour certains, le voile n’est pas un symbole islamiste ; pour d’autres, la séparation des sexes dans les piscines relève de la tradition. Tout le débat portera sur la frontière entre l’islam et l’islamisme. La gauche, qui a voté contre, politisera la question à l’extrême et fera obstacle à l’adoption de mesures concrètes. Les élus doivent se former et, surtout, éviter de faire de cette question un terrain d’affrontement politique. »

Source : traduction de l’entretien de Florence Bergeaud-Blackler recueilli par Alberto Giannoni et publié dans Il Giornale le 11 octobre 2026 : « Le proteste francesi? Esportabili. Il modello è l’Intifada ».

Pour ne pas comprendre ce qui se passe, voir ce reportage de Radio-Canada (1,38 milliard de subventions en 2026). En immersion du seul côté des « manifestants », il prend pour argent comptant leurs revendications. Le tout commence au lycée Paul-Éluard délabré, apparemment, en se gardant bien de dire que sa rénovation était déjà bien engagée au coût de… 45 millions d’euros ! Le reportage laisse aussi penser que l'État dépense plus par élève dans les quartiers bourgeois dans les quartiers immigrés. C'est faux. Un élève en banlieue prioritaire (REP/REP+) coûte significativement plus cher à l’État (plus particulièrement par l'adjonction d'indemnités et d’enseignants supplémentaires, car les classes y sont plus petites) qu’un élève dans un quartier bourgeois non classé de Paris. La différence est de l’ordre de 15 à 30 % sur la composante salariale/enseignement selon les niveaux et les études. 
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