mardi 4 juin 2024

Canada — L'immigration indo-pakistanaise a quasiment quadruplé de 1996 à 2021


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Racialisation : première cérémonie de graduation des étudiants noirs de l'Université d'Ottawa

« Préparez-vous pour la première cérémonie de graduation des étudiant(e)s noir(e)s

La cérémonie de graduation des étudiant(e)s noir(e)s va rendre hommage et célébrer les réalisations des étudiants noirs diplômés de l'Université d'Ottawa. Cet événement vise à reconnaître leurs accomplissements, leur résilience et leur diversité culturelle tout en offrant un espace inclusif pour la célébration et l'autonomisation. »

Mardi 4 juin, de 14 h à 16 h



 

Source

dimanche 2 juin 2024

Que faut-il qu'un étranger fasse au Canada pour en être définitivement déporté...?

Résumé :
  • 2007: arrive du Nigéria comme réfugié avec un faux passeport.
  • 2010: Interpol informe le Canada qu’un jugement utilisé pour justifier son récit était faux.
  • 2015: expulsé et renvoyé au Nigéria.
  • 2015, 2 mois plus tard: retour au Canada avec passeport prétendument perdu.
  • 2024: sans statut au Canada, il était visé par un ordre de renvoi, mais neuf ans plus tard le processus judiciaire est toujours en cours.
  • 2024: condamné, pour avoir volé 59 véhicules accidentés à un encanteur (commissaire-​priseur) grâce à un stratagème complexe, à deux ans de prison à domicile, alors que la Couronne réclamait 30 mois de pénitencier. Il risque d'être déporté.
  • 2024: il fait appel.

Ekens Azubuike a été arrêté chez lui en 2020.

Détails:


Quelques heures de délibérations ont suffi au jury pour déclarer l’homme de 52 ans coupable de fraude de plus de 5000 $ à la mi-mai au palais de justice de Montréal. Mercredi dernier, le juge James Brunton de la Cour supérieure l’a condamné à deux ans moins un jour, de prison à domicile et à deux ans de probation.

En entrevue avec La Presse de Montréal, Ekens Azubuike se dit victime d’une « conspiration » de l’Agence des services frontaliers. Il accuse le juge d’être « biaisé » et d’avoir « protégé » l’État.

Il n’est pas question ici de vols de véhicule dans les rues, véritable fléau à Montréal. Le stratagème d’Ekens Azubuike était beaucoup plus élaboré. Les médias en avait d’ailleurs rapporté les grandes lignes en 2020. En résumé, il a acquis frauduleusement un lot de 59 véhicules vendus par un encanteur spécialisé dans la vente de véhicules accidentés rejetés par les compagnies d’assurances. Une fraude d’environ 300 000 $.

Pour ce faire, Ekens Azubuike a mis sur pied une société à numéro [sans raison sociale, sans nom d'entreprise] en utilisant l’identité d’une personne à son insu. Le fraudeur a ensuite falsifié un paquet de documents, dont une lettre d’avocate et des papiers d’identité. Sa société fantoche censément  spécialisée dans le transport de marchandises est devenue une cliente légitime de l’encanteur [vendeur aux enchères] COPART, une multinationale américaine présente à Montréal.

Entre décembre 2019 et janvier 2020, la société factice a acheté une cinquantaine de véhicules de COPART grâce à de fausses traites bancaires. Pendant cette période, Ekens Azubuike est même allé jusqu’à appeler COPART à plusieurs reprises sous un faux nom à consonance russe

Quand COPART a découvert que les traites étaient sans fond, il était trop tard. Des véhicules avaient déjà été livrés. En outre, le jour même de l'opération, l'entreprise bidon avait déjà vendu les véhicules à Ekens Foundation International. C’est par l’entremise de cette société appartenant à l’accusé que de nombreux véhicules ont pris la mer vers l’Afrique.

Selon la preuve présentée au procès, sur les 59 véhicules volés, 27 ont été retrouvés, dont 4 au port de Montréal dans un conteneur. Une quinzaine de véhicules qui étaient déjà dans un bateau en direction de l’Afrique ont pu être rapatriés. On ignore ce qui est advenu des véhicules manquants.

L’art du mensonge

Ekens Azubuike, qui se présentait sans avocat, n’a pas témoigné pour sa défense. Le juge Brunton le décrit comme un homme « peu sincère ». « Il est difficile de lui accorder de la crédibilité », a-t-il résumé.

C’est d’ailleurs par un mensonge qu’Ekens Azubuike s’est installé au Canada. En 2007, il est arrivé comme réfugié avec un faux passeport allemand en se disant persécuté au Nigeria en raison de sa participation à un mouvement séparatiste régional. Or, en 2010, Interpol a informé le Canada qu’un jugement invoqué par Azubuike pour justifier son récit était faux.

Le fraudeur a finalement été expulsé au Nigeria en 2015. À peine deux mois plus tard, il était de retour au Canada avec un passeport qu’il prétendait avoir perdu. Il déclara alors avoir été torturé pendant son séjour au Nigeria et souhaitait obtenir le statut de résident permanent pour motif humanitaire. Sans statut au Canada, il était visé par un ordre de renvoi. Mais le processus judiciaire est toujours en cours.

Le procureur de la Couronne Me Denis Trottier réclamait de 25 à 30 mois de pénitencier et la restitution de 136 000 $ à la victime. Il a relevé de nombreux facteurs aggravants, dont la préméditation, la complexité de la machination, le vol d’identité et le montant de la perte.

Il fait appel de sa condamnation

Le juge James Brunton se montre sévère à l’égard de la Couronne : il lui reproche de n’avoir fait aucune « réelle tentative » pour établir le montant de la fraude et de la perte subie par l’encanteur. Le juge souligne que l’encanteur a d’ailleurs décidé de mettre fin à une poursuite civile contre l’accusé. C’est pourquoi le juge a refusé d’obliger Azubuike à rembourser.

Pourquoi le juge a-t-il accordé une peine de prison à domicile à Ekens Azubuike ? Son analyse est résumée en un seul paragraphe. Le juge y souligne l’absence d’antécédent judiciaire de l’accusé [et son entrée au Canada sous faux prétexte ?!], son respect des conditions de remise en liberté, ses problèmes de santé et le fait qu’il ne soit pas un danger pour la société.

« Le Tribunal souligne que les ennuis de santé de M. Azubuike ne l’ont pas empêché d’orchestrer un stratagème frauduleux prolongé et prémédité qui inclut la contrefaçon de documents », affirme le juge Brunton.

Ekens Azubuike espérait toutefois une peine de moins de six mois pour éviter son expulsion du Canada. Or, son crime méritait une peine plus sévère, malgré les impacts sur son statut d’immigration, selon le juge.

Ekens Azubuike a porté le verdict en appel. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales dit être en train de l’analyser.


Source : La Presse de Montréal

samedi 1 juin 2024

Ottawa s'attaque au « racisme environnemental »

Le ministre fédéral Steven Guilbeault annonçait tout « fièr » [sic] :

Le Canada s’apprête à se doter de sa première législation contre le « racisme environnemental ». Le projet de loi C-226 de la chef du Parti vert, Elizabeth May, fera bientôt l’objet d’un dernier vote au Sénat. Il vise à éviter que des sites toxiques soient installés près des collectivités autochtones, des collectivités racisées ou marginalisées.

Il y a la contamination au mercure de la Première Nation de Grassy Narrows dans le nord de l’Ontario causée par des rejets d’eaux usées d’une usine de pâtes et papiers, les usines pétrochimiques qui entourent celle d’Aamjiwnaang dans le sud de l’Ontario, le gazoduc Coastal GasLink qui traverse les terres des Wet’suwet’en en Colombie-Britannique, l’ancien site d’enfouissement qui a pollué la communauté noire de Shelburne en Nouvelle-Écosse pendant 75 ans et même le dépotoir illégal de Kanesatake, au Québec, qui, bien qu’il appartienne à deux membres de la communauté amérindienne locale visée.

Il semble donc que peu importe si les dépotoirs s'installent près des communautés de pauvres blancs.

Conservateurs et bloquistes contre

Le texte législatif était toutefois loin de faire l’unanimité à la Chambre des communes. Il a obtenu l’appui des libéraux et des néo-démocrates lors du vote en troisième lecture, mais les conservateurs et les bloquistes s’y sont opposés pour des raisons différentes.

« Nous avons déjà un cadre réglementaire compliqué pour ce qui est de la réalisation des projets au Canada », avait fait valoir le député conservateur de l’Ontario Kyle Seeback, lors des débats en chambre. En comité parlementaire, son collègue Gérard Deltell avait rappelé que le projet d’oléoduc Northern Gateway de l’Alberta vers la Colombie-Britannique avait l’appui de plusieurs communautés autochtones avant qu’il soit stoppé par le gouvernement en 2016.

Le Bloc québécois aurait préféré que le concept de racisme environnemental soit remplacé par celui de justice environnementale. « Si nous instituons de nouvelles politiques fondées sur de nouveaux droits, tel le droit à un environnement sain, tout le monde devrait en jouir, sans exception », avait argumenté la députée Monique Pauzé.

Elle avait donné à titre d’exemple le quartier de Limoilou, à Québec, où les habitants respirent les poussières générées par le transbordement de minerais au port de Québec, de compétence fédérale, peu importe leur origine ethnique. « La particularité de ce quartier est d’avoir des revenus très bas », avait-elle souligné.


Source : La Presse

Ce qui ne va pas dans la formation des futurs profs

Extraits d'un long texte de Joseph Facal publié dans le Journal de Montréal cette semaine : 

Le 21 mai, dans nos pages, une chargée de cours à l’UQAM, Pascale Bourgeois, a fait sauter une bombe.

Elle s’en prenait à la faible qualité de la formation des futurs enseignants dans nos facultés d’éducation, à la faible qualité moyenne des étudiants aussi, et à leurs effets combinés sur tout notre système scolaire.


On trouve deux niveaux dans ce propos de Mme Bourgeois qui a soulevé l’ire du milieu.

À un premier niveau, elle ne fait que constater.

Il y a certes de formidables exceptions, mais les étudiants qui deviendront professeurs dans nos écoles primaires et secondaires sont, dans l’ensemble, de faible niveau, remarquablement peu curieux, et agissent en enfants gâtés plus qu’en adultes responsables.

C’est ainsi parce que les critères d’admission sont très bas et parce que ces jeunes sont eux-mêmes les produits du système éducatif et de la société tels qu’ils sont.

Les facultés d’éducation, dit-elle, réagissent en abaissant leurs exigences et en offrant des formations pauvres en contenu intellectuel, surtout axées sur des techniques de gestion de classe.

Comment en sommes-nous arrivés là? C’est le deuxième niveau de sa charge.

Dans sa lettre-coup de poing du 21 mai, Pascale Bourgeois ne se contente pas de montrer du doigt le peu de motivation et de curiosité intellectuelle de beaucoup d’étudiants qui se destinent à la profession d’enseignant.

Elle met aussi en cause la doctrine dominante dans les facultés qui les forment, ici comme ailleurs.

Les deux aspects sont liés dans un cercle autoreproducteur: ces étudiants sont partiellement le produit de cette doctrine éducative, qu’ils apprennent maintenant, et qui fondera leur pratique professionnelle ultérieure.

Doctrine

Je vous ai parlé samedi de la façon assez traditionnelle dont j’enseignais, qui était celle que j’avais connue comme écolier. Nous sommes rendus ailleurs et je n’y vois pas un progrès.

Que mange en hiver cette doctrine – appelée constructivisme, et dont il existe plusieurs variantes – qui domine désormais dans les facultés d’éducation? Voici en gros.

Chacun construit ses connaissances. L’enseignant est donc moins là pour transmettre un savoir objectif et préexistant, mais davantage pour accompagner l’enfant dans sa quête personnelle.

Tout est centré sur l’enfant et ses besoins. Tout devient personnel, donc subjectif et relatif, d’autant plus qu’il n’y a pas deux enfants pareils. C’est l’environnement scolaire qui doit s’ajuster à lui et non l’inverse.

Forcément, si les désirs ou les «besoins» de l’enfant priment, on marginalise, voire on évacue souvent, des notions comme l’efficacité, les moyennes de groupe, la validation par l’expérimentation, les évaluations comparées, etc.

Quand il arrive à l’université, ce jeune est tout étonné de voir qu’on n’y fonctionne pas comme à l’école qu’il connaît depuis la maternelle. Il se met alors à exiger que l’environnement s’adapte à lui... et obtient souvent gain de cause.

Cette doctrine prédomine non seulement dans les facultés d’éducation, mais au ministère, chez les conseillers pédagogiques, les syndicats, les organismes chargés de conseiller les élus, etc.

Dans le monde universitaire, ceux qui ne la partagent pas auront du mal à trouver des postes ou à obtenir du financement pour leurs recherches.

S’y opposer, c’est évidemment être «nostalgique», «réactionnaire», de «droite», «élitiste», adepte du «bourrage de crâne», etc.

On comprend donc la levée de boucliers suscitée par la décision de Bernard Drainville de créer un institut d’excellence qui recenserait les pratiques éducatives les plus efficaces en se fondant sur des données probantes.

Suites

Incidemment, pour ce qui est des résultats impressionnants des enfants québécois aux tests PISA, ils sont à prendre avec un grain de sel de gros calibre en raison des hauts taux de non-participation de beaucoup d’écoles publiques et de la difficulté à réconcilier ces scores avec des taux de diplomation beaucoup moins spectaculaires.

[Voir aussi:
 
PISA évaluerait-il plus l'intelligence que les acquis ?

  
 

 ]

Espérons que la sortie de Mme Bourgeois déliera les langues, secouera cette orthodoxie, permettra de faire entrer de l’air frais.

Il faut aussi souhaiter qu’elle ne subisse pas de conséquences fâcheuses pour avoir dit le fond de sa pensée.

La liberté académique et la loi 32, il faut que cela veuille dire quelque chose pour vrai.

Plus de lois raciales aujourd'hui en Afrique du Sud qu'au pic de l'apartheid ?

La législation raciale est bien vivante en Afrique du Sud. C'est une chose que la plupart des Sud-Africains savent, même si, étonnamment, ce n'est pas le cas de tous. Mais une grande partie du reste du monde pense que la discrimination par la loi a pris fin en 1994.


L'Index des lois raciales recense les nombreuses lois sud-africaines - à l'heure actuelle, uniquement les lois du Parlement - qui font (ou ont fait) de la race, de la couleur de peau ou de l'appartenance ethnique des sujets de droit des éléments pertinents en droit, généralement en créant des handicaps et des fardeaux raciaux. L'index couvre la période allant de la création de l'Union sud-africaine en mai 1910 à nos jours.

L'index est une initiative de l'Institut sud-africain des relations raciales (SAIRR).

L'index a été mis à jour pour la dernière fois le 24 octobre 2023, de sorte que toutes les références à son état actuel se rapportent à cette date.

À cette date, 141 lois du Parlement sud-africain pouvaient être considérées comme des lois raciales.

Au total, le Parlement a adopté 313 lois raciales entre 1910 et aujourd'hui.

37 % d'entre elles, soit 116, ont été adoptées pendant et depuis 1994.

Bien entendu, nombre de ces 313 lois ont été abrogées. Mais, à l'heure actuelle, il y a 141 lois du Parlement qui font référence à la race ou à la couleur de peau. Cela représente 45 %, soit près de la moitié, de toutes les lois raciales jamais adoptées.

Une partie de ces lois sont donc antérieures à 1994.

Quelques notes sur ces chiffres.

Pendant l'apartheid, l'année 1980 a été l'année où le plus grand nombre de lois raciales du Parlement figuraient dans le corpus législatif, à savoir 123 lois raciales.

Depuis 1980, le nombre de lois raciales du Parlement a commencé à diminuer régulièrement, reflétant le gouvernement du Parti national dans sa phase réformiste.

La législation raciale en vigueur en Afrique du Sud a atteint son point le plus bas en 1996, lorsqu'il n'y avait « que » 52 lois raciales du Parlement.

Mais depuis 1996, le nombre de lois raciales a augmenté de façon spectaculaire, l'année 1998, deux ans plus tard, étant la pire année de l'histoire de l'Afrique du Sud en termes de nombre brut de lois raciales adoptées.  Vingt (20) lois raciales ont été adoptées cette année-là par le nouveau corps législatif aux mains de l'ANC.

L'année 2000 est la deuxième année la plus prolifique en termes d'adoption de lois raciales dans l'histoire sud-africaine, avec 17 lois du Parlement qui font de la race une réalité juridique.

L'année 1976 arrive en troisième position, avec « seulement » neuf lois raciales adoptées au cours de cette année. 1976 est l'année au cours de laquelle le gouvernement de l'apartheid a adopté le plus grand nombre de lois raciales. 1998 et 2000 sont les années au cours desquelles le gouvernement ANC a adopté le plus grand nombre de lois raciales.

En 2007, on a atteint à nouveau le pic de 1980, avec un total de 123 lois raciales du Parlement dans le livre. Depuis, le nombre de lois raciales a grimpé jusqu'à atteindre le niveau actuel: 141 lois raciales adoptées par le Parlement sud-africain qui pourraient être décrites comme des lois « opérationnelles » ou « actives ».

Il convient toutefois de noter qu'il n'existe aujourd'hui aucune loi sur l'enregistrement de la population permettant de classer les Sud-Africains en fonction de leur race, de sorte que ce système discriminatoire est largement tributaire de déclarations des intéressés, comme l'est la discrimination « positive » aux États-Unis.

De la complexité du comptage des lois raciales

La construction de l'index des lois raciales a constitué un exercice complexe.

Cette complexité pourrait expliquer pourquoi l'Index des lois raciales est la première initiative de ce type dans l'histoire de l'Afrique du Sud. Après tout, l'Afrique du Sud est et a été un haut lieu mondial du droit racial depuis au moins un siècle, et pourtant aucune tentative n'a jamais été faite pour rendre compte de manière exhaustive des lois raciales en vigueur dans ce pays.

La Fondation Nelson Mandela a effectué un travail sur les lois raciales antérieures à 1994, mais ce travail n'a guère qu'effleuré la question et n'a répertorié que les « grandes » lois de l'apartheid. Après 1994, le professeur Koos Malan et le Dr James Myburgh ont également effectué un travail utile sur la comptabilisation des lois raciales importantes de la soi-disant nouvelle Afrique du Sud, mais ces exercices ont également omis un grand nombre de lois moins importantes.

Trouver toutes les lois raciales n'a pas été une mince affaire. Même aujourd'hui, il est possible que l'index omette certaines lois raciales du Parlement.

Toutefois, si on souhaite consulter l'index, il faut le faire de manière holistique. Si vous le faites sans enthousiasme, vous risquez de vous faire une fausse idée de la réalité du droit racial en Afrique du Sud.

Prenons un exemple.

La loi sur l'insolvabilité a été adoptée en 1936. Il s'agissait alors d'une loi non raciale du Parlement.

Toutefois, en 2003, la Loi sur l'insolvabilité a été racialisée par le biais d'un amendement.

Cet acte de racialisation ne change toutefois pas le fait que la Loi sur l'insolvabilité est une loi de 1936 qui contient des dispositions raciales.

En d'autres termes, la Loi sur l'insolvabilité est considérée comme une loi raciale antérieure à 1994 dans l'index, même si elle n'a été racialisée qu'après 1994.

Il s'agit là d'un élément à prendre en compte. L'autre concerne le double comptage.

Il y a eu, par exemple, une certaine confusion récemment autour de la Loi d'amendement sur l'équité en matière d'emploi (Employment Equity Amendment Act).

Pour ceux qui l'ignorent, cette loi modifie évidemment la Loi sur l'équité en matière d'emploi. L'amendement a considérablement aggravé les aspects raciaux de cette loi. Certaines personnes ont estimé que cet amendement aurait dû être comptabilisé comme une autre loi raciale.

Mais l'index exclut les lois portant modification, par nécessité.

Une loi d'amendement, dans 99 cas sur 100 - il y a des exceptions, reflétées dans l'index - ne fait qu'introduire de nouvelles dispositions dans des lois déjà en vigueur.

Si l'on comptait à la fois la loi modifiée et la loi qui la modifie, cela signifierait qu'une loi sur les races serait comptée en double. Et si on procédait ainsi, on surestimerait considérablement l'étendue de la législation raciale en Afrique du Sud.

Ainsi, chaque fois qu'une loi d'amendement racialise une loi non raciale, elle est comptabilisée comme une seule loi raciale, et chaque fois qu'une loi d'amendement racialise davantage une loi déjà raciale, comme la loi sur l'équité en matière d'emploi, elle n'est pas comptabilisée du tout.

Voir aussi

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Vivre-ensemble : chef du 3e parti (13 %) en Afrique du Sud chante « Tirez pour tuer, Tuez le Boer, tuez le fermier » devant stade comble

 
 
 
 

Uniformiser les universités de la « nation arc-en-ciel » au nom de l’« unité » ?

Afrique du Sud — volonté de spolier les terres et d’angliciser les écoles malgré la constitution

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Les langues en Afrique du Sud depuis 1994 (écrit en 2010, ça n’a fait qu’empirer)

 

 

vendredi 31 mai 2024

« Le climato-pessimisme est devenu un objet cinématographique »

Selon une étude publiée par des chercheurs du Colby College du Maine,  les films hollywoodiens ne parlent pas assez des changements climatiques. Mais est-ce qu’il est dans le devoir d’Hollywood de parler absolument de cet enjeu ? Et en parle-t-il vraiment peu ?

Entrevue avec Arthur de Watrigant, directeur de la rédaction du magazine L’incorrect et chroniqueur sur CNEWS.

Mathieu Bock-Côté : Emmanuel Macron découvre le racisme anti-blanc


jeudi 30 mai 2024

« Nous évoluons vers une démocratie [sic] anti-majoritaire »

« Je crois que nous évoluons vers une démocratie anti-majoritaire. Les citoyens en déduisent, assez logiquement, que ça ne sert strictement à rien d’aller voter », affirme l'historien et sociologue français Marcel Gauchet.

Émission au complet

L'État de droit est-il le rempart de la démocratie ou est-il devenu l'adversaire de la souveraineté populaire ? Le Conseil d'État et le Conseil Constitutionnelle s'érigent-ils en gouvernement des juges ? Le Coup d’État de droit permanent est-il l'avenir de l'Union Européenne ?

Pour en débattre, Alexandre Devecchio reçoit Marcel Gauchet et Arnaud Montebourg.

 

Voir aussi

L'État de droit international aux dépens de la démocratie (suisse)

Cour de « justice » européenne interdit de refouler les immigrants qui traverse illégalement la frontière

Jordan Peterson : « Je savais que le pouvoir judiciaire au Canada avait été saisi politiquement », « les thérapeutes sont obligés de mentir sur l'identité de genre »

« Valeurs européennes » : la promotion de contenus LGBT auprès des mineurs ?

Juges européens : droit de blasphème contre christianisme, mais délit de blasphème contre l’islam ?

Zemmour (vidéos) : gouvernement des juges, concordances entre hier et aujourd’hui, Napoléon, Algérie, sentiments dans la politique

Dicastocratie [le gouvernement des juges] — « La réinvention du despotisme éclairé »

« État de droit » (gouvernement des juges) contre démocratie ?

Les juges-prêtres (sur le livre L’emprise contemporaine des juges)

Colombie-Britannique : trois parents pour un enfant  

Cour supérieure du Québec : vers l’effacement des concepts immémoriels comme le sexe, le père et la mère ? (m à j)  

Père : ma fille de 14 ans a été détruite par des hormones de transition imposées par un tribunal

 

mercredi 29 mai 2024

Augmentation de 33 % des vomissements liés au cannabis depuis la légalisation du cannabis au Canada en 2018

« La prévalence du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde a augmenté du tiers avec la légalisation du cannabis au Canada en 2018 », explique Christopher Andrews, un gastroentérologue de l’Université de Calgary qui a fait le point sur la question il y a un an dans la revue Alimentary Pharmacology & Therapeutics. « Au début de la pandémie, il y a eu une forte augmentation, avec une prévalence deux fois plus importante qu’avant la légalisation. » Une autre étude, menée en Ontario, met en lumière une multiplication par 13 du nombre d’admissions à l’urgence de personnes avec le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde, qui se traduit par des nausées et vomissements causés par le cannabis.

Ce syndrome se caractérise par des vomissements incontrôlables qui amènent les patients aux urgences. « On voit de plus en plus ça depuis une dizaine d’années », confirme Martin Laliberté, urgentologue et toxicologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). « Ce sont des patients difficiles à suivre. Après leur départ des urgences, souvent on n’entend plus parler d’eux. »

Comment une substance associée aux fringales peut-elle susciter de telles nausées ? « C’est un dérèglement du système endocannabinoïde dû à une forte consommation de cannabis avec une haute concentration de THC », explique la sommité mondiale de ce syndrome, la gastroentérologue Thangam Venkatesan, de l’Université d’État de l’Ohio.

La Dre Venkatesan, qui suit 1600 patients présentant ou ayant présenté ce syndrome aux États-Unis, au Canada et en Inde, a découvert que cette forte consommation rend le système endocannabinoïde plus vulnérable au stress.

« C’est un système qui aide à la réponse aux stresseurs, dit-elle. Le cannabis l’active, ce qui diminue la réponse au stress. Mais si on consomme trop de cannabis avec un fort taux de THC, les récepteurs du système endocannabinoïde deviennent moins nombreux, parce qu’ils sont surstimulés par le cannabis. Alors on devient paradoxalement plus vulnérable au stress. Parfois, simplement se lever le matin devient trop stressant et on se met à avoir des vomissements incontrôlables. »

Selon le Dr Andrews, environ six consommateurs de cannabis sur mille au Canada ont ce problème. Mais comme seulement 18 % des consommateurs de cannabis en consomment chaque jour, selon les données de Statistique Canada, le risque est plus élevé chez les utilisateurs fréquents. « Et si on consomme des concentrés de THC, avec des taux dépassant 75 % plutôt que 20 % dans du cannabis normal, le risque est encore plus élevé, dit la Dre Venkatesan. On a vu apparaître ce problème parce que même dans le cannabis normal, les taux de THC sont beaucoup plus élevés qu’avant. Il y a 30 ans, le cannabis ne contenait que 4 ou 5 % de THC. »

Douches chaudes
 
La chaleur peut amenuiser les symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde. « Les gens peuvent prendre jusqu’à 10 ou 15 douches chaudes par jour », dit la Dre Venkatesan.

Bien que certains antipsychotiques pourraient potentiellement aussi amenuiser les symptômes, la seule solution est d’arrêter le cannabis pour permettre aux récepteurs du système endocannabinoïde de se remettre de la surstimulation, selon le Dr Andrews.

« Après six mois d’abstinence, normalement le nombre de récepteurs du système revient à la normale, dit le Dr Andrews. Il y a des études sur des molécules qui pourraient stimuler les récepteurs pour aider à contrôler le vomissement, sans entraver la réactivation des récepteurs pendant l’abstinence. »

Il commence à y avoir des ressources pour aider les fumeurs réguliers de cannabis à arrêter, comme pour l’alcool et les autres drogues, rapporte Didier Jutras-Aswad, psychiatre au CHUM.

Hérédité

Il existe aussi un syndrome d’hyperémèse non cannabinoïde, moins fréquent, selon la Dre Venkatesan. « Une bonne partie des cas sont pédiatriques et liés à l’hérédité, dit-elle. Ça semble lié à des antécédents familiaux de migraine. »

Grossesses, enfants, accidents

Le nombre de femmes enceintes qui ont exposé leur fœtus au cannabis pendant leur grossesse a aussi doublé, tandis que le nombre de visites à l’hôpital pour des enfants qui ont ingéré du cannabis a triplé.

Une étude menée en Colombie-Britannique avait aussi démontré que deux fois plus d’accidentés de la route qui s’étaient retrouvée en salle de traumatologie dans les hôpitaux de la province avaient du THC dans le sang. Ce taux a bondi de 3,8 % des automobilistes accidentés, avant la légalisation, à 8,6 % après la légalisation.
 
Chiffres sur le cannabis
  • 37 %, proportion des Canadiens de 16 à 19 ans qui ont consommé du cannabis en 2022
  • 50 %, proportion des Canadiens de 20 à 24 ans qui ont consommé du cannabis en 2022
  • 25 %, proportion des Canadiens de plus de 24 ans qui ont consommé du cannabis en 2022