mardi 28 septembre 2021

Prof Peter Boghossian : les wokes ont eu sa peau

Extrait d’un article du prof. Joseph Facal :

Peter Boghossian

Pour dévoiler l’imposture intellectuelle de l’idéologie woke quand elle parle de race, de genre et d’identité, Peter Boghossian et deux complices [Helen Pluckrose et James Lindsay] écrivirent des articles délibérément farfelus. [Voir Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode et Parodier le vocabulaire des études de genre : un nouveau genre à succès ?]

Ils parlaient d’une « culture du viol chez les chiens », du « pénis comme construction sociale », disaient que les étudiants blancs devraient être enchaînés pour mieux comprendre l’oppression, etc.

Dans plusieurs revues censément scientifiques, mais contrôlées par la wokerie, leurs articles franchirent cette évaluation anonyme, furent louangés et publiés.

Quand ils dévoilèrent leur canular, les wokes ne la trouvèrent pas drôle. L’heure de la vengeance venait de sonner.

Peter Boghossian, professeur à Portland State University, raconte le calvaire subi dans une lettre ouverte que vous trouverez en ligne aisément.

Un étudiant lança la rumeur selon laquelle il battait sa femme.

Jamais il ne put confronter son accusateur et voir le détail de l’accusation, se trouvant donc privé des moyens de se défendre.

Des croix nazies avec son nom apparurent dans les toilettes. Des tracts anonymes furent distribués.

On lui cracha dessus. On déposa des excréments devant son bureau.

Des collègues déposèrent une plainte pour le manque d’éthique du canular… ayant exposé leur manque d’éthique.

Un collègue entra dans sa classe pour stopper un cours. Pendant qu’il enseignait, on déclencha l’alarme d’incendie, on débrancha les haut-parleurs.

L’administration intervint non pour le protéger et sanctionner ses agresseurs, mais pour le traîner devant un comité disciplinaire qui jugea qu’il avait besoin de « coaching ».

Fin

Au fond, il était « coupable » de quoi ?

D’abord, d’avoir démontré par le ridicule l’imposture intellectuelle du wokisme.

Ensuite, de croire que le but de l’éducation est d’enseigner comment penser et non quoi croire.

Peter Boghossian vient de remettre sa démission. Ils ont eu sa peau.

Voir aussi

Peter Boghossian : « Avec l’idéologie ‘woke’, les certitudes morales deviennent inébranlables »

Le wokisme, hérésie du progressisme et produit du nihilisme fait moralisme


Le triomphe des impostures intellectuelles
Comment les théories sur l’identité la race, le genre gangrènent l’université et nuisent à la société,
par Helen Pluckrose et James Lindsay,
publié aux éditions H&o
paru le 3 septembre 2021,
à Paris,
380 pages,
ISBN-13 : 978-2845473843

lundi 27 septembre 2021

France — La bataille est loin d’être terminée pour l’instruction en famille

Jean-Baptiste et Marie Maillard ont trois enfants instruits en famille depuis plus de 10 ans. Jean-Baptiste est secrétaire général de Liberté éducation, une association membre de l’inter-association nationale de l’instruction en famille. Observateur privilégié, il a été auditionné à l’Assemblée et au Sénat sur cette question, dans le cadre de la loi séparatisme. Ils viennent de publier un ouvrage sur L’École à la maison, une liberté fondamentale. Jean-Baptise Maillard a accepté de répondre à quelques questions.

Vous estimez que l’école à la maison est en croissance. Qu’est-ce qui explique ce phénomène ?

Comme nous le racontons dans notre livre L’école à la maison, une liberté fondamentale, lorsque mon épouse et moi nous avons commencé l’école à la maison, il y a 10 ans, notre aîné faisait partie des 5000 enfants instruits en famille : l’année dernière, il y avait 62 000 enfants, et c’est en très forte augmentation depuis la rentrée. Nous avons eu ainsi plus de 60 000 familles qui sont venues sur le site officiel de notre association, Liberteeducation.com, pendant les 15 jours avant la rentrée. Une très grande majorité d’entre elles souhaitaient commencer l’instruction en famille : nous avons donc dû mettre en place en urgence une équipe de quatre bénévoles pour répondre aux nombreuses questions (comment déclarer, etc.), par un système de discussion instantanée. Nous sommes passés de 200 familles adhérentes mi-août à plus de 900 aujourd’hui ! Ce phénomène de forte croissance de l’instruction en famille est la conjugaison d’au moins 7 facteurs :

  • la loi de 2019 obligeant l’instruction obligatoire dès 3 ans (nous sommes l’un des seuls pays d’Europe et c’est pour toute la journée !) ;
  • des expériences positives d’école à la maison pendant le premier confinement pour les familles qui ne l’ont pas vécu comme un choix subi : beaucoup ont décidé de franchir le pas non en septembre 2020 mais pour cette rentrée 2021, le temps de mûrir son choix et de bien s’y préparer ;
  • la crise sanitaire ;
  • la médiatisation autour de l’école à la maison toute l’année dernière, qui l’a fait connaître au grand public ;
  • la possibilité, encore pour toute l’année 2021-2022, de faire l’école à la maison en régime déclaratif et non d’autorisation ;
  • le fait qu’à partir de septembre 2022, l’entrée en vigueur de la loi d’autorisation prévoit une dérogation de deux ans pour les enfants instruits en famille en septembre 2021, si les contrôles de l’éducation nationale se sont bien déroulés : pour mettre toutes les chances de son côté, autant se lancer cette année !

Vous évoquez les systèmes hybrides entre système scolaire et école à la maison. Cela existe-t-il en France ?

Nous le détaillons dans notre livre : certains pays où l’école à la maison se développe depuis plus de 40 ans, comme les États-Unis, ont inventé par exemple des coopératives d’instruction en famille, qui regroupent parfois plus de 600 familles. Ce sont des espaces de liberté où, par exemple, une mère de famille peut donner des cours de sciences physiques à des enfants de familles différentes. D’autres pays établissent des contrats entre des écoles publiques et des écoles à la maison, permettant à ces dernières de profiter d’infrastructures (laboratoires de science par exemple) et donnent même des subventions aux parents qui font l’école à la maison ! Rien de tout cela n’existe encore en France, la loi ne permettant rien d’autre que l’école publique, l’école privée, le hors-contrat ou l’instruction en famille. Soulignons aussi que des pédagogies alternatives comme la pédagogie Singapour, pour l’apprentissage des mathématiques, sont arrivées dans l’Éducation nationale par les inspecteurs d’académie inspectant des familles pratiquant l’école à la maison : on est donc en train de tuer notre premier laboratoire d’innovation pédagogique qui bénéficiait même à l’Éducation nationale !

L’école à la maison a été pratiquée de force durant le confinement. Qu’est-ce qui explique l’interdiction de ce mode alternatif d’instruction, selon vous ?

Beaucoup de familles ont aussi bien vécu l’école à la maison pendant le confinement, c’est le cas du président de notre association Liberté éducation qui continue depuis, et donc celles-ci ont y même pris goût ! Quant à son interdiction, Emmanuel Macron a prétexté la lutte contre le terrorisme lors de son discours des Mureaux du 2 octobre 2020 dans lequel il annoncé cette mesure, mais comme nous le montrons dans notre livre, les plus éminents chercheurs français en radicalisation, au sein du CNRS, de la Fondation de recherche stratégique, de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, etc., et même de l’Institut des Hautes Études du ministère de l’Intérieur, indiquent qu’il n’existe pas de chiffres sur une supposée radicalisation en instruction en famille. Ce que confirment les deux derniers rapports de la Direction Générale de l’Enseignement scolaire (DGESCO), au sein du ministère de l’Éducation nationale, rendus publics il y a quelques jours seulement alors que les députés, forcés de voter à l’aveugle, les avaient réclamés pendant tout le processus législatif : pas de lien entre instruction en famille et radicalisation. Ce qui est très inquiétant, c’est que le président avait évoqué aux Mureaux « un changement de paradigme qui est nécessaire », et une « mesure radicale », comme si supprimer cette liberté fondamentale des parents, premiers éducateurs de leurs enfants, était une décision totalitaire parfaitement assumée. Dans le premier chapitre de notre livre, à travers un tour du monde du phénomène, nous avons établi une classification des réglementations nationales et la France rejoint les pays les plus restrictifs sur la question, à savoir le Pakistan, la Chine, Cuba et l’Arabie Saoudite.

Le Conseil constitutionnel a validé cette mesure de la loi sur les séparatismes. Que pouvons-nous faire désormais pour défendre la primauté du rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants ?

Dans son étude d’impact, le gouvernement avait annoncé vouloir renvoyer à l’école les deux tiers des enfants instruits en famille, nous sommes donc très inquiets quant aux motifs reconnus pour poursuivre l’école à la maison avec le régime d’autorisation. À l’heure actuelle, la nouvelle loi prévoit quatre motifs très restrictifs :

  1. L’état de santé de l’enfant ou son handicap
  2. La pratique d’activités sportives ou artistiques intensives
  3. L’itinérance de la famille ou l’éloignement géographique de tout établissement scolaire public
  4. L’existence d’une situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité des personnes chargées d’instruire l’enfant à assurer l’instruction en famille dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Ce dernier motif pose problème, car la « situation propre à l’enfant », c’est très flou, et beaucoup d’amendements comme pour les enfants harcelés à l’école (700 000 le sont chaque année), souffrant de phobie scolaire ou d’autisme, ou encore à haut-potentiel, ayant des troubles de l’apprentissage (dysgraphie, dyslexie), etc. n’ont pas été pris en compte lors des débats — houleux — à l’Assemblée. C’est justement sur ce dernier point que le Conseil constitutionnel a émis une réserve d’interprétation qui nous permettra d’attaquer les décrets d’application s’ils ne sont pas conformes à « l’intérêt supérieur”  de l’enfant, dont les parents sont les premiers à pouvoir juger, et nous irons si nécessaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme. D’ailleurs, en plus de la saisine des députés et des sénateurs, les nombreuses portes étroites déposées au Conseil constitutionnel, dont la nôtre avec la Fondation pour l’école, comptaient d’excellentes argumentations juridiques, par exemple sur la liberté de conscience, dont nous nous resservirons. Dans l’immédiat, nous attendons toujours d’être reçus au ministère et plusieurs candidats à l’élection présidentielle nous ont contactés pour nous demander une note sur le sujet, avec des propositions, la première étant de revenir au régime déclaratif en cas d’alternance, sachant que nous avons des soutiens politiques sur tous les bancs de l’Assemblée. La bataille est donc loin d’être terminée pour l’instruction en famille : nous luttons pour nos enfants et pour une juste cause  (une liberté fondamentale), elle finira tôt ou tard par triompher !

La Chine veut réduire le nombre d’avortements réalisés « sans motifs médicaux »


Le gouvernement chinois a émis une directive incitant à réduire le nombre d’avortements réalisés « sans motifs médicaux » dans le pays. Une mesure prise dans un contexte de lente implosion démographique.

Pékin avait déjà mis en place des restrictions destinées à empêcher les avortements réalisés par mécontentement à l’égard du sexe du fœtus, tandis que les autorités sanitaires avaient prévenu en 2018 que recourir à l’avortement pour mettre fin à une grossesse non désirée était néfaste pour les femmes et pouvait rendre stérile.

Déclin de la natalité en Chine

Le déclin de la natalité en Chine est considéré par les groupes de réflexion et par les chercheurs comme un défi sociétal majeur pour les décennies à venir.

Après avoir cherché pendant des années à limiter la croissance de la population, le pouvoir chinois a promis de nouvelles politiques destinées à encourager les couples à avoir davantage d’enfants. En juin dernier, Pékin a annoncé qu’il autoriserait les couples à avoir trois enfants, contre deux jusque-là.

Déclin de la population

Bien que la Chine reste le pays le plus peuplé du monde, le dernier recensement a montré que la croissance démographique de 2011 à 2020 était la plus lente depuis les années 1950. La population devrait commencer à décliner d’ici quelques années. 

Augmentation des avortements ces dernières années

Les données de la Commission nationale de la santé ont montré qu’entre 2014 et 2018, il y avait eu en moyenne 9,7 millions d’avortements par an, soit une augmentation d’environ 51 % par rapport à la moyenne 2009-2013 malgré un assouplissement des politiques de planification familiale en 2015 pour permettre à chaque famille d’avoir deux enfants. Les données ne précisaient pas combien d’avortements étaient pour des raisons médicales. 

Source

Voir aussi

La Chine, un essor irréversible ? Retour du conservatisme et du nationalisme ? 

La Chine va autoriser les familles à avoir trois enfants

La population en âge de travailler a déjà baissé dans un quart des pays du monde

Chine — scolarité moins longue pour augmenter la natalité 

Chine — Malgré la fin de la politique de l’enfant unique, la natalité continue de baisser

La Chine bannit les hommes « efféminés » de la télévision 

En Inde, l’avortement sélectif des petites filles menace de plus en plus l’équilibre du pays  

Russie — aides aux familles, baisses des avortements, naissances en hausse en mars 2021  

Biden ne peut prétendre être un catholique fidèle et être un champion de l’avortement  

Erin O’Toole : sourd à sa droite conservatrice, son parti cède encore du terrain à l’issue de son congrès (sondage) 

Cabinet de Joe Biden regorge de catholiques en rupture avec l’enseignement catholique sur des questions fondamentales

 

 

 

Une semaine d'émeutes et de pillages en Afrique du Sud, lutte intestine au sein de l'ANC, racialisation et impact économique (m à j)


Des gens font la queue pour recevoir une aide alimentaire dans le campement informel d'Itireleng, près de Laudium à Pretoria, Afrique du Sud, le 20 mai 2020

Selon une étude sur le seuil de pauvreté publiée par Statistics South Africa, la pauvreté parmi les ménages du pays a bondi de 100 % au cours des 21 dernières années.

L'étude montre que COVID-19 a inversé les gains récents dans la lutte contre la pauvreté et la faim. Elle établit le seuil de pauvreté alimentaire à R624 (53 $ canadiens, 36 euros) par personne et par mois. Cependant, quand on ajoute la nourriture et d'autres articles de base, le seuil de pauvreté se situe à 1335 rands par mois (76 euros, 113 $ canadiens).


Mise à jour du 22 juillet 

Depuis l’arrestation de l’ex-président Jacob Zuma, le 8 juillet, des émeutes ont lieu en Afrique du Sud, qui ont fait 337 morts (79 autour de Johannesbourg, et 258 dans le KwaZulu-Natal), selon un bilan officiel diffusé ce jeudi 22 juillet. Cela fait 61 morts de plus par rapport à la veille. «La police sud-africaine a révisé le nombre total de décès», a souligné la ministre Khumbudzo Ntshavheni, qui attribue en partie cette augmentation à des personnes étant décédées des suites de leurs blessures.

La ministre du Cabinet Khumbudzo Ntshavheni a déclaré mardi lors d'une conférence de presse que 161 centres commerciaux, 11 entrepôts et huit usines avaient été gravement endommagés rien que dans la seule province du KwaZulu-Natal.Une association immobilière locale collecte toujours des données sur l'étendue des dégâts dans le Gauteng, l'autre province touchée par les émeutes, mais l'impact sur l'économie du KwaZulu-Natal est estimé à 20 milliards de rands (1,4 milliard de dollars américains), a-t-elle poursuivi.

D'autre part, une semaine d'émeutes meurtrières en Afrique du Sud pourrait coûter au pays environ 50 milliards de rands (3,4 milliards de dollars américain) en perte de production, tandis que 150 000 emplois sont menacés, a déclaré la présidence sud-africaine, citant des estimations de la South African Property Owners Association.

Des économistes, parmi lesquels Michael Kafe de Barclays Bank Plc, pensent que les dégâts causés par les émeutes réduiront d'un point de pourcentage la croissance du PIB en 2021, initialement prévue à 4 %.


Billet originel du 19 juillet

À la suite d’une série de pillages la semaine passée en Afrique du Sud, plus 200 personnes ont perdu la vie dans des échauffourées et des mouvements de foule. Les vidéos apocalyptiques inondent Twitter. Voir quelques exemples ci-dessous. Elles montrent des scènes de pillages qui ont ensanglanté l’Afrique du Sud il y a quelques jours, dans la foulée de l’incarcération de l’ex-président sud-africain, Jacob Zuma. Le président Cyril Ramaphosa a évoqué lundi 12 juillet des actes « rarement vus dans l’histoire de notre démocratie », comprendre les 27 ans pendant lesquels l’ANC a succédé à lui-même à la tête du pays. Ces violents incidents ont été déclenchés après l’emprisonnement de Jacob Zuma, poursuivi pour corruption et condamné le 8 juillet à une peine de 15 mois de prison pour « outrage à la justice », car il avait refusé de se rendre au tribunal pour y témoigner.

Le dernier bilan officiel fait état d’au moins 215 personnes tuées et plus de 2 500 arrestations au cours de ces six jours de violences. Cyril Ramaphosa s’est rendu vendredi 16 juillet au KwaZulu-Natal, épicentre des violences, où 95 personnes ont trouvé la mort. Les troubles et les pillages « ont été provoqués, il y a des gens qui les ont planifiés et coordonnés », a-t-il accusé. Il a déclaré depuis Durban, le grand port du KwaZulu-Natal (Est), que les fomenteurs de ces violences seraient poursuivis. « Nous en avons identifié un bon nombre, nous ne permettrons pas l’anarchie et le chaos » dans le pays, a-t-il ajouté, alors que la police enquête sur 12 personnes soupçonnées d’être derrière le déchaînement de violences.

À Phoenix (à 85 % indo-pakistanais) et Durban, les habitants des quartiers souvent assez homogènes ethniquement se sont armés eux-mêmes et se sont engagés contre les pillards présumés », explique Ryan Cummings, Directeur de Signal Risk, spécialiste des risques politiques et sécuritaires en Afrique.

Une société sous haute pression

Depuis vingt ans, la violence ne cesse de croître dans la patrie de Nelson Mandela. « Toutes les statistiques montrent que la colère ne cesse de grimper depuis des années, il est logique qu’on arrive à des situations de violences émeutières aujourd’hui et de plus en plus souvent », déplore Thierry Vircoulon.

Depuis plus de dix ans, l’Afrique du Sud est un pays aux émeutes récurrentes. Voir le graphique ci-dessous. 


Le taux de chômage officiel pour le premier trimestre 2021 était de 32,6 % alors qu’il était de 30,1 % au premier trimestre 2020. Le taux de chômage élargi était de 43,2 % contre 39,7 % pour la même période l’année passée. La pandémie a accentué la crise économique du pays. « L’Afrique du Sud est une véritable Cocotte-Minute, il y a des similitudes avec la situation dans certains pays d’Amérique latine où la situation sociale est intenable. Le gouvernement n’a rien à offrir, car la classe politique est discréditée par les querelles internes à l’ANC. Ce parti est devenu le symbole de la corruption en Afrique du Sud », analyse Thierry Vircoulon.

À la révolte des pauvres des derniers jours s’ajoutent les tensions ethniques toujours importantes depuis la fin du régime d’apartheid. Des agressions racistes ont été constatées dans plusieurs zones du pays, en particulier à Phoenix.

 À la source, une lutte intestine intra-ANC, seules les zones zouloues ont bougé

L’ancien président Jacob Zuma est zoulou, ethnie dominante au KwaZulu-Natal et avec une forte diaspora dans le Gauteng, le cœur industriel de l’Afrique du Sud autour de Johannesbourg et Prétoria. 

Les violents incidents ont été déclenchés après l’emprisonnement de Jacob Zuma. Ils ont touché quasi exclusivement les zones de fort peuplement zoulou. Ils semblent avoir eu pour objectif de déstabiliser la présidence de Cyril Ramaphosa, un Venda qui évinça le clan Zuma en 2018. La présidence sud-africaine a d’ailleurs parlé de « conspiration ethnique » et a accusé plusieurs cadres zoulous de l’ANC qui, selon elle, seraient impliqués dans l’organisation de ces émeutes. Duduzile Zuma, une des filles et Duduzane Zuma, un des fils de Jacob Zuma ont été accusés d’incitation à l’émeute. Duduzane affirme ne pas avoir de compte Twitter, les appels à l’émeute lancés sur les réseaux sociaux en son nom ne seraient pas de lui. Jacob Zuma a quelque 20 enfants de quatre épouses différentes.

Les troubles sont partis du pays zoulou, le KwaZulu-Natal. Dans la région du Gauteng, seules les cités à dominante zouloues ont été touchées. Il est remarquable de constater que les zones non zouloues n’ont pas suivi le mouvement. Contrairement aux émeutes xénophobes récurrentes qui, par le passé, se propageaient avec le temps à travers le pays.

Les partisans principalement zoulous de Zuma (il n’est guère populaire à l’échelle du pays) n’acceptent pas l’évincement du clan Zuma en 2018 par son vice-président de l’époque Cyril Ramaphosa. Ils n’acceptent pas que ce coup de force fut suivi de poursuites judiciaires contre Jacob Zuma dans le cadre des scandales liés à la corruption au sommet de l’État (voir Propagande, racialisation, dénigrement pour cacher le népotisme et l’incompétence en Afrique du Sud). Ils considèrent qu’il s’agit là d’une vengeance contre un chef zoulou au sein de l’ANC. Le clan Cyril Ramaphosa est mal placé selon eux pour jouer le rôle de l’incorruptible : en effet l’actuel président, un ancien syndicaliste, a bâti sa colossale fortune grâce à sa nomination dans les conseils d’administration des sociétés minières blanches. Il troqua ainsi les revendications des mineurs noirs dont il fut le représentant avant 1994 pour des costumes bien taillés et de généreux émoluments.

 

Sélection de vidéos de la semaine de pillages

Impact économique immédiat

Alors que les opérations de nettoyage sont en cours dans certaines régions, l’organisation patronale Business Leadership South Africa estime que les dommages pour le secteur de la vente au détail s’élèvent à plus de 5 milliards de rands (292 millions d’euros, 435 millions de dollars canadiens). Plus de 200 centres commerciaux ont été ciblés, plus de 800 magasins ont été pillés et 100 ont été complètement incendiés, a déclaré à Bloomberg le directeur général Busi Mavuso de l’organisation patronale.

Citant des sources industrielles crédibles, Attard Montalto a déclaré que dans la seule zone économique de Durban, 1,5 milliard de rands en stock ont été perdus, avec 15 milliards de rands (1,3 milliard de dollars canadiens, 877 millions d’euros) en dégâts matériels. Il a déclaré que 50 000 commerçants informels et 40 000 entreprises ont probablement été touchés par la violence et les pillages.

Il a averti que jusqu’à 150 000 emplois étaient menacés, ce qui signifie que jusqu’à 1,5 million de foyers est sans revenu.

Des entreprises telles que Cashbuild, Clicks, Mr Price et l’opérateur de restauration rapide Wimpy, Famous Brands, ont déjà commencé à comptabiliser les dégâts causés à leurs opérations dans le Gauteng et au KwaZulu-Natal.

L’entreprise en habillement Mr Price a déclaré que 109 de ses magasins avaient été pillés et 539 autres ont été fermés, tandis que l’opérateur de restauration rapide Famous Brands a déclaré que 99 de ses magasins ont été endommagés et ne sont palus opérationnels. Cashbuild a déclaré que 36 magasins ont été endommagés et pillés et sont actuellement incapables de commercer.

Attard Montalto a déclaré que l’impact sur le PIB de Durban pourrait atteindre 20 milliards de rands. Dans l’ensemble, il a évalué l’impact total sur le PIB du pays à environ 50 milliards de rands (3 milliards d’euros, 4,3 milliards de dollars canadiens) et la perte de PIB à environ 40 milliards de rands, soit environ 0,7 % du PIB. 

Impact de la gestion du coronavirus

Déjà en juin 2020, la Chambre de commerce et d’industrie sud-africaine craignait que le taux de chômage n’atteigne 50 %. Eskom, la compagnie d’électricité gérée par l’État, a réintroduit des coupures d’électricité planifiées, car elle ne peut fournir assez d’électricité. Les finances publiques, déjà mises à mal par des années de corruption, de dépenses inutiles et de faible croissance, sont dans un état périlleux. Les prévisions du Trésor concernant le déficit budgétaire pour 2020/21 ont été révisées de 6,8 % du PIB à 15,7 %. Près d’un sixième du budget sera consacré au service de la dette.

La stratégie anti-coronavirus par l’ANC (des confinements successifs) a eu un impact économique grave sur la richesse du pays. Selon les estimations d’AfrAsia, la richesse privée en Afrique a chuté d’environ 9 % au cours de la dernière année (2020).

Destruction de la richesse en Afrique du Sud depuis 2010

La banque AfrAsia a qualifié la performance de la richesse de l’Afrique du Sud de « médiocre », la richesse privée totale détenue dans le pays ayant diminué de 25 % au cours de la dernière décennie, mesurée en dollars américains.

Le groupe a déclaré que les performances étaient affectées négativement par :

La plupart de ces personnes sont allées au Royaume-Uni, en Australie et aux États-Unis. Les autres ont émigré vers la Suisse, Israël, l’île Maurice, la Nouvelle-Zélande, les Émirats arabes unis, le Canada, le Portugal, l’Espagne, Chypre et Malte. 

Bienvenue à Jobourg, une métropole africaine de classe mondiale (avant que « classe » ne devienne ... bousillée, en termes polis) par le caricaturiste sud-africain Zapiro

Pour Magnus Heystek, gestionnaire en patrimoine, qui s’exprimait dans un article intitulé « L’effondrement immobilier d’un billion (mille milliards) de rands » (soit 84 milliards de $ canadiens et 57 milliards d’euros) : «  Il n’existe pas d’autre domaine d’investissement en Afrique du Sud qui soit plus exposé aux politiques brutales et destructrices de richesse de l’ANC et à sa politique de déploiement de cadres [dirigeants noirs via la discrimination positive dans tous les rouages de l’économie et l’administration] que le marché immobilier local, qu’il soit commercial ou résidentiel, peu importe. Seules les zones résidentielles à bon marché avec des prix autour de la marque R1m (57 000 euros, 84 000 $ canadiens) semblent résister — sans croître, remarquez. Dans pratiquement toutes les autres catégories, dans toutes les régions du pays, les propriétaires ont subi une destruction massive de richesse qui, à mon avis, semble permanente. La valeur des propriétés dans la plupart des petites et moyennes villes dans 8 des provinces du pays — pour diverses raisons — s’est évaporée. Ce n’est que dans certaines parties du Cap occidental [où se replient de nombreux blancs et non administré par l’ANC] que les propriétés ont conservé des valeurs, dans une certaine mesure. » Magnus Heystek est co-fondateur de Brenthurst Wealth Management, sa société de gestion de patrimoine gère environ 14 milliards de rands d’actifs pour le compte de particuliers (800 millions d’euros, 1,2 milliard de dollars canadiens).

Situation économique avant la pandémie

Ces pillages sont le révélateur de la faillite économique et sociale de la « nation arc-en-ciel ». Le bilan économique de près de trois décennies de pouvoir ANC est en effet très peu rassurant. Le PIB baisse depuis plusieurs années. Il n’a augmenté que de 18 % depuis 1994. Le PIB actuel par habitant en dollar constant est inférieur à celui de l’Afrique du Sud en 1980, en plein apartheid, avant que les sanctions internationales, depuis levées, ne mettent à mal l’économie sud-africaine jusqu’en 1993 et la prise du pouvoir par l’ANC en 1994. Prise du pouvoir qui fut suivie d’une levée des sanctions d’un regain d’intérêt des investisseurs étrangers et, paradoxalement, de l’évincement des blancs de la fonction publique. Ces blancs qualifiés se sont vus forcés de se tourner vers l’entreprise privée où leur expérience et expertise ont pu être mises à contribution de façon plus productive.

La définition étendue comprend également les Sud-Africains sans emploi qui n'en cherchent plus

 
Comme on l’a dit, le taux de chômage officiel en Afrique du Sud est de 32,6 % (officieusement, il dépasserait les 50 % au niveau national avec des pointes à 80 % dans certaines régions). Le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire est inférieur d’environ 50 % à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant. Un habitant sur trois survit grâce aux aides sociales.
 
Les mines, premier employeur du pays ont perdu près de 300 0000 emplois depuis 1994. Elles contribuent pour 10 % au PIB national. Quant aux pertes de production et de revenus du secteur minier, elles se conjuguent avec des coûts d’exploitation en hausse constants alors que de dramatiques et récurrentes coupures d’électricité ont eu pour conséquence la fermeture des puits secondaires et la mise à pied de dizaines de milliers de mineurs.
 
Le PIB/habitant de l’Afrique du Sud (en rouge) a été rattrapé par celui de son voisin le Botswana (en gris). Il est inférieur, par habitant en dollar constant, à celui de l’Afrique du Sud en 1980, en plein apartheid, avant que les sanctions internationales, depuis levées, ne mettent à mal l’économie sud-africaine jusqu’en 1993 et la prise du pouvoir par l’ANC en 1994.

Depuis 1994, l’ANC n’a pas réalisé les nécessaires et colossaux investissements qu’il était pourtant urgent de faire dans le secteur minier afin de maintenir les capacités de production.

L’agriculture a, elle aussi, perdu plusieurs centaines de milliers d’emplois. Le mardi 27 février 2018, le parlement sud-africain a voté le commencement d’un processus de nationalisation-expropriation sans compensation des 35 000 fermiers blancs déjà aux prises avec des vagues d’assassinats depuis des années qui ont provoqué plusieurs milliers de morts dans l’indifférence totale de l’Occident culpabilisé.

Les industries protégées sous l’apartheid sont en net recul ou en faillite. Les fabricants de chaussures, de textile, de vêtements n’ont pu résister aux importations chinoises. Le secteur mécanique qui produisait avant 1994 la majeure partie des pièces pour l’industrie a quasiment disparu.

Le naufrage est tel que la compagnie aérienne historique, la SAA, a été déclarée en faillite ; le producteur national d’électricité Eskom ― au personnel pléthorique ― ne parvient pas à fournir l’énergie nécessaire au pays et manque cruellement de liquidités : au dernier trimestre 2020 Eskom devait 29 milliards de dollars américains à l’État ; la SABC (le diffuseur national) a dû recevoir en urgence, en 2020, 100 millions de $ américains pour continuer d’exister. Pour la poste, il lui fallait 300 millions. En outre, 81 % des municipalités étaient en faillite, car les habitants, à majorité noire, ne payaient pas leurs impôts et taxes. Les municipalités les mieux tenues sont dans le Cap occidental, région à forte population blanche et métisse, elle échappe pour l’instant à l’ANC.

L’éducation publique en Afrique du Sud est un échec. Seuls 4 % des enfants réussissent l’épreuve des mathématiques à la fin du secondaire avec une note supérieure à 50 %. Si la chose avait relativement peu d’importance dans les années 50, ce n’est plus du tout le cas dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui fortement automatisée, intégrée dans l’économie mondiale et qui a un besoin accru d’employés hautement qualifiés.

Au lieu de se résorber, comme l’ANC le promettait en 1994, les inégalités se sont au contraire davantage creusées. Aujourd’hui 75 % des familles noires vivent en dessous du seuil de pauvreté. Notons que des noirs, une minorité, propulsés par les politiques de discrimination positive et leur embauche préférentielle dans une fonction publique surnuméraire et très bien payée en comparaison avec les autres secteurs de l’économie, font désormais partie de la bourgeoise. Les données montrent qu’en Afrique du Sud, entre 37 % et 42 % des 10 % des salariés les plus riches font partie de la fonction publique élargie (fonction publique, enseignement, entreprises nationalisées comme Eskom). L’Afrique du Sud est un pays à forte pression fiscale, à forte redistribution des revenus et à très fort chômage. Ces trois aspects sont en partie liés les uns ou autres. En effet, les taux d’imposition élevés poussent les entreprises à investir ailleurs, ce qui entraîne encore moins d’emplois à mesure que la population augmente. Des impôts élevés se traduisent également souvent par un bon salaire d’une petite partie de la population — la fonction publique, massivement noire depuis la venue au pouvoir de l’ANC. L’Afrique du Sud doit créer plus de richesse avant de la distribuer selon l’économiste Mike Schüssler, elle doit cesser de penser qu’elle peut juste dépenser et redistribuer l’impôt pour lutter contre les inégalités.

Ces échecs répétés ont fait dire à un célèbre chroniqueur noir, Simon Mwewa Lane, qu’au rythme auquel se décompose le pays, si les noirs sud-africains ne parviennent pas à se ressaisir, il vaudrait sans doute mieux « rendre les rênes aux Boers ». Voir la vidéo ci-dessous.


La discrimination à rebours, le racisme est toujours la loi, mais à l’avantage d’autres

L’application de la discrimination anti-blanche dans la vie économique a eu des conséquences délétères. 

Dans le secteur privé, l’Employment Equity Act de 1998 établit des quotas raciaux et, pour les entreprises de plus de 50 personnes, l’obligation de recruter des noirs et des personnes discriminés sous l’apartheid. De lourdes amendes sont prévues pour imposer ce « rééquilibrage racial ». En conséquence, on a assisté à une surévaluation artificielle des diplômés noirs car, peu nombreux, les entreprises se les arrachèrent pour se conformer à la loi. L’on assista alors à une véritable inflation des salaires chez les Noirs qualifiés, un diplômé noir occupant une fonction de direction, qu’elle soit réelle ou fictive, étant en moyenne payé 30 % de plus que leurs homologues blancs, sans compter divers avantages comme une voiture, un logement de fonction et des primes. Souvent la chaîne de direction des grandes entreprises fut dédoublée, et ce pour un résultat économique nul. 

Pour éviter ces surcoûts, les petites et moyennes entreprises blanches ont souvent préféré licencier du personnel ou limiter leur développement pour rester sous la barre fatidique des 50 employés. Bien évidemment, cela n’a eu aucun effet bénéfique pour la croissance économique et le chômage en Afrique du Sud.

En outre, la politique du Black Economic Enpowerment (BEE), devenue en 2003 Broad-based Black Economic Enpowerment (BBBEE) oblige les banques à prêter aux entrepreneurs noirs afin qu’ils puissent créer ou racheter des entreprises. Cette politique a certes créé des riches dans la bourgeoisie noire, mais aucune richesse pour le pays.

La fin de l’ANC ? Racialisation de la politique 

Aujourd’hui, l’ANC n’est plus qu’une coquille vide ayant perdu toute forme idéologique et politique. Fragmenté par une infinité de facteurs, il ne survit plus que comme machine électorale destinée à distribuer des prébendes. Quant aux masses noires totalement paupérisées, elles constituent un bloc explosif potentiel dont la colère explosera un jour ou l’autre.

Qui recueillera cette colère ? Sera-ce l’EFF de l’extrémiste Julius Sello Malema ? Coutumier des propos provocateurs, début , il déclarait ainsi vouloir faire tomber le maire de Port Elizabeth parce qu’il est « un homme blanc ». « On coupe les têtes de la blancheur », ajoutait-il. Ce mois-ci, il accuse une « cabale indienne » (indopakistanaise) soutenue par des métis de détourner le pouvoir légitime qui devrait revenir aux Noirs. Voir vidéo ci-dessous.


Devant son échec de 30 ans, les difficultés économiques, le chômage endémique, la corruption, l’EFF qui lui souffle dans le dos, l’ANC parviendra-t-il à ne pas accuser les minorités ethniques ? L’Afrique du Sud évitera-t-elle le piège du Zimbabwe qui racialisa les échecs des politiques de Mugabe et qui saisit les terres des fermiers blancs quand l’économie s’effondra afin de satisfaire une base militante appauvrie ? L’ANC ou l’EFF tenteront-ils de diriger la colère légitime de la masse noire qui souffre vers les blancs, les Indo-Pakistanais ou les métis afin de faire oublier son bilan désastreux et détourner les accusations d’incompétences et de corruption ?

Après une société séparée, une société d’enclaves ?

 

Habitants indo-pakistanais en voiture tirent sur des noirs

Pour Frans Cronjé, un analyste financier sud-africain, l’Afrique du Sud se dirige de plus en plus vers une société faite d’enclaves :

  • il y a 20 ans environ, il y avait approximativement le même nombre de policiers sur le terrain que d’agents de sécurité, aujourd’hui on trouve trois plus d’agents de sécurité privée que de policiers sur le terrain (si le propre de l’État est son monopole de la violence légitime, en Afrique du Sud il semble avoir renoncé à ce monopole) ;
  •  les enfants blancs et ceux de la bourgeoisie non blanche ont déserté les écoles publiques, il en va de même pour ce qui est de la santé qui est privatisée pour les nantis ;
  • des milices privées se sont vite formées de façon décentralisée pour défendre la propriété privée ;
  • les décisions de la Banque de réserve sud-africaine (la banque centrale) ont nettement moins d’effets désormais sur les gens qui ont du capital, car ils ont dollarisés leurs avoirs, il en va différemment des gens peu aisés qui voient leur pouvoir d’achat baisser à chaque dévaluation fréquente du rand, la monnaie locale ;
  • le gouvernement central est peu efficace, il est décrédibilisé, sa réaction fut très lente, les policiers sont sous-équipés, on a appris que certains agents de la paix à court de munitions priaient les agents de société de sécurité privée de leur en fournir.
Indiens brûlent bidonville noir à Pietermaritzburg (Natal) près de Khan Rd.
 
L’Afrique du Sud aurait donc, paradoxalement, abandonné un modèle de développement ethnique et géographique séparé pour une société violente faite d’enclaves, de « communautés » à forte base ethnique, mais intégrant cette fois un élément financier plus important qu’auparavant.

Évolution de la population blanche en Afrique du Sud depuis 1904
  Année     Population   %
1904   1 116 805     21,58
1970 3 751 000 18,3
1991 5 068 300 13
1996 4 434 697 10,9
2001 4 293 640 9,6
2011 4 586 838 8,9
2020 4 586 680 7,8

Entretemps, la part des blancs diminuera en Afrique du Sud : on estime qu’un quart sont partis depuis 1994, les plus jeunes. La démographie de ceux qui restent est sous le taux de remplacement. La proportion des noirs ne fera qu’augmenter notamment par l’arrivée d’Africains des pays voisins. L’Afrique du Sud « la nation arc-en-ciel » sera de moins en moins diverse, mais elle promet d’être violente, inégalitaire et moins prospère.

 
 
 
La carte AfricaGo, pas de queue, pas de soucis, servez-vous !
 
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Les langues en Afrique du Sud depuis 1994 (écrit en 2010, ça n’a fait qu’empirer)
 

dimanche 26 septembre 2021

Allemagne — les socialistes en tête grâce à l'électorat de plus de 60 ans

Les socialistes allemands ont remporté de justesse dimanche les élections législatives marquant la fin de l’ère Merkel, mais le pays se prépare à une longue période d’incertitude sur la succession de la chancelière.

Tant le centre gauche que le centre droit de Mme Merkel, devancé de peu selon les estimations des chaînes de télévision, revendiquent en effet de former le prochain gouvernement.

Les sociaux-démocrates du SPD et leur chef de file Olaf Scholz devancent d’une faible marge, avec entre 25,9 % et 26 % des voix, soit un léger avantage sur les conservateurs CDU/CSU de la chancelière et leur candidat Armin Laschet, qui obtiennent entre 24,1 % et 24,5 %, sur la base de projections des sondeurs.

Aucune coalition n’a la préférence des électeurs

Selon un sondage des plus récents, aucune coalition parmi les principaux partis n’a l’assentiment des Allemands. Ainsi, 46 % des Allemands s’opposent à une coalition CDU/CSU (centre droit) avec le SPD (socialiste) alors que 49 % s’opposent à une coalition formée du centre droit (« Union »), des Verts et du FDP libéral.


Les jeunes ne pèsent guère dans l’électorat

On pourrait penser que les gains du SPD sont dus aux jeunes désireux de changement. Ce n’est pas le cas. Le SPD a en fait perdu du soutien chez les 18-34 ans, mais cet appui a considérablement augmenté chez les 60 ans et plus (+ 9 points pour une moyenne de 33 % par rapport à 2017).

 

Le SPD (socialiste) a perdu 5 points d’appui chez les 18-24 ans depuis 2017 et gagné 9 points chez les plus de 60 ans.  
 

Les deux partis traditionnels (Union + SPD) qui remportent le plus de voix lors de ces élections sont des partis soutenus par les personnes âgées en Allemagne. Même le parti nationaliste de droite AfD, fort dans l’ancienne Allemagne de l’Est, est un parti qui fait mieux chez les jeunes que chez les plus de 60 ans.

Mais, comme nous le rappelons ici souvent, arithmétiquement, les jeunes ne comptent plus vraiment en Allemagne. Ils sont très peu nombreux.

Les 18-20 ans représentent 3,4 % des électeurs, les 21-29 ans 11 % alors que les plus de 60 ans représentent 38,2 % des électeurs

C’est le reflet de la pyramide des âges de l’Allemagne.

Le mot islam absent des débats télévisés, l’immigration à peine mentionnée

Cela peut paraître incroyable, mais le mot « islam » n’a pas été prononcé une seule fois dans les grands débats télévisés de la campagne législative allemande. Le terme « immigration » n’a été utilisé que rarement, dans la plupart des cas par des représentants du parti d’extrême droite AfD. Bref, ces thèmes obnubilant la précampagne présidentielle française sont quasi-absents outre-Rhin. Loin, bien loin derrière l’obsession du changement climatique, où l’Allemagne relance ses centrales à charbon, l’aggravation des inégalités sociales, la modernisation des infrastructures ou la conversion au numérique. L’exemple de ces centres de santé contraints d’échanger leurs données par… fax durant la crise du Covid-19 a été abondamment ressassé.

Il faut se rappeler cependant que les Verts allemands prônent depuis plus d'un an la "tolérance zéro" face au terrorisme islamiste... Le président du parti, Robert Habeck, avait présenté l'an passé un plan en onze points proclamant «la tolérance zéro» à l’égard du terrorisme islamiste. Les menaces islamistes doivent être constamment surveillées, lit-on dans le document, notamment via un renforcement des forces sécuritaires. Les mandats d’arrêt contre les individus dangereux doivent être exécutés avec plus de célérité, les associations salafistes interdites, et les flux de financement étroitement traqués.


samedi 25 septembre 2021

Voter 15 fois, c’est possible au Canada. Une journaliste de Métro l’a vu de ses yeux.

Quand une source — appelons-la Claude — m’a contactée lors du déclenchement des élections fédérales pour me dire qu’elle avait l’intention de voter 15 fois afin de prouver la faiblesse de la sécurité du scrutin, je me suis dit qu’elle se trompait et qu’elle ne pourrait pas mener à bien ce projet.

Mais Claude avait confiance en son plan : une de ses connaissances a voté quatre fois aux élections de 2015, puis dix fois à celles de 2019. Cette personne a réussi la fraude deux élections de suite sans jamais être embêtée d’aucune façon après. « C’est facile. Je t’explique… »

Des objections me venaient en tête tout au long des explications de ma source. Elle les démontait toutes.

Je restais quand même perplexe. Si c’était vraiment si simple, frauder le système électoral pour voter plusieurs fois, comment se faisait-il que personne n’en parle ? J’avais l’impression que ce qu’on me décrivait relevait du Far West.

En faisant des recherches sur le sujet, je suis tombée sur un reportage de 2019 de Radio-Canada. Lors des dernières élections, la société d’État a fait l’exercice de tester s’il était possible de voter deux fois : une fois par anticipation, puis une fois le jour du scrutin.

La tactique qu’utilisait la connaissance de Claude, elle, permettait de voter encore plus de fois. Bien plus.

Claude et moi avons convenu qu’il n’était pas nécessaire de se rendre jusqu’à l’isoloir pour prouver le problème du système. À partir du moment où on peut s’inscrire plusieurs fois sur la liste électorale et que, chaque fois, le fonctionnaire nous offre de voter, la démonstration est faite.

Le jour du scrutin, Naomie, une journaliste de Métro, s’est rendue au premier bureau de vote choisi par Claude, dans une circonscription de Montréal. Elle a vu Claude s’y inscrire une première fois sur la liste électorale. Claude avait pourtant déjà voté par anticipation. Personne ne le lui a fait remarquer. Jusqu’ici, donc, Claude aurait pu voter deux fois.

Nous avons poursuivi l’exercice.

Claude et Naomie ont marché jusqu’au prochain bureau de vote de l’itinéraire, où Claude a pu s’inscrire et se faire offrir de voter à nouveau, en utilisant le même nom qu’au bureau de vote précédent : son vrai nom. La stratégie comportait un mensonge, oui, mais pas à propos de son identité.

Puis, Claude et Naomie ont cheminé vers le troisième bureau de vote, où le même exercice a été refait sans le moindre souci. Claude l’a répété une quatrième fois. Et une cinquième. Et une sixième. Et une dixième… Naomie me faisait le compte-rendu de leur parcours, et je n’en revenais pas. Le 20 septembre 2021, Claude a pu s’inscrire sur la liste électorale 15 fois.

À un moment, les deux bureaux de vote étaient dans des bâtiments l’un à côté de l’autre. On est entré dans le premier faire l’inscription, puis on est entré dans l’autre sans que personne ne remarque.

Naomie

Leur parcours a commencé à 9 h 30, à l’ouverture des bureaux de vote, et s’est terminé en fin d’après-midi. Ce n’est pas la fermeture des bureaux qui a mis un terme à leur balade, ce sont leurs autres obligations à tous les deux. Naomie, notamment, devait se préparer pour couvrir les résultats électoraux en soirée.

Quinze fois. Claude a pu s’inscrire 15 fois sur la liste électorale.

Comment est-ce possible ?

Comment se fait-il que personne, à aucun de ces bureaux de vote, n’ait remarqué que quelque chose clochait, qu’une personne se baladait à travers la ville et réclamait un peu partout des bulletins de vote qu’on ne lui refusait pas ?

Pour ne pas donner l’impression d’inciter les citoyens à reproduire la fraude, nous n’allons pas donner le détail de la méthode utilisée par l’ami de Claude en 2019 et 2015, et testée ici. Disons tout de même que l’exercice nécessite moins d’imagination qu’il en faut au personnage de DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux

. Sans tout dévoiler, nous pouvons quand même identifier le cœur du problème qui permet ces potentiels votes successifs. D’une part, la faille est due au fait qu’on peut s’inscrire le jour même du scrutin sur la liste électorale. D’autre part, elle est attribuable au fait que les bureaux de vote ne communiquent pas entre eux par le biais d’un système informatisé qui signalerait qu’une personne a déjà voté. Le système ne voit pas les doublons.

[La faille réside sans doute dans le fait qu’on peut s’inscrire le jour même en présentant successivement des preuves d’adresse établies à des adresses différentes correspondant au bassin de chaque bureau de vote ou en se faisant accompagner d’un tiers dûment documenté qui certifie l’adresse de la personne qui n’a pas de pièce d’identité adéquate. La liste de ces preuves d’adresse est très longue… Voir ci-dessous.

]

Aujourd’hui, en 2021, je dois avoir un code QR pour aller au restaurant, mais à l’échelle du Canada, personne ne peut savoir si je vote plus d’une fois.

Scrutin aux élections québécoises plus sûr

J’ai demandé à Claude si la même chose était possible avec les élections provinciales.

« Non. À cause du référendum, les règles provinciales ont été resserrées et on ne peut pas s’inscrire le jour du scrutin. »

Les Canadiens, nous aimons bien nous voir comme des personnes gentilles et polies, qui disent s’il vous plait et merci. Mais est-ce suffisant pour se fier à la bonne foi de tous ?

Les systèmes ne sont jamais parfaits, d’accord. Mais la facilité avec laquelle ma source a bel et bien réussi sa démonstration est frappante. Claude aurait pu voter 15 fois à cette élection (en plus de son vote par anticipation) sans que personne ne l’arrête. Sans que personne ne remarque non plus la redondance de son identité sur la liste électorale.

Depuis hier, je me demande combien d’autres Canadiens, comme la connaissance de Claude, passent leur après-midi à voter quand vient le temps d’élire le prochain gouvernement.

Et je me demande aussi, à côté, j’ai l’air de quoi, moi, avec mon petit bulletin de vote unique ?

Source : Métro


La population en âge de travailler a déjà baissé dans un quart des pays du monde

« Une bombe démographique. » Nikkei Asia consacre son dossier de la semaine au ralentissement spectaculaire du taux de croissance de la population à l’échelle mondiale depuis la fin des années 1960.

Le taux de croissance démographique a atteint un pic à la fin des années 1960 avec 2,09 %, un chiffre qui va passer sous la barre des 1 % en 2023. La population en âge de travailler a déjà baissé dans un quart des pays. Selon les prévisions, à l’horizon 2050, la population de 151 des 195 pays du monde sera en baisse.

Une situation qui devrait entraîner à cette date un déclin démographique et un vieillissement général.

Le Nikkei Asia souligne combien les politiques publiques doivent être redéfinies afin de trouver un nouvel équilibre face à ce paradigme du vieillissement des populations.


Zemmour c. Mélenchon : débat, florilège, fausses vérifications de BFMTV

Le débat en entier

La vérif des vérificateurs de BFMTV

1) Charles Prats remet la pendule à l’heure après le «#factchecking» [c'est Paris anglomane] de BFMTV sur la fraude sociale dont parlait Éric Zemmour lors du son débat avec Jean-Luc Mélenchon.

2) La vérificatrice de BFMTV et les chiffres de la déliquance

 

3) pour Hervé le Bras (l'« expert » militant cité par BFMTV) ceux qui quittent la France sont principalement des immigrés, les chiffres démontrent le contraire 



Un succès d'audience qui laisse dans la poussière un débat entre droite classique et ministre

20 heures. Place au direct. BFM TV interrompt son programme pour filmer l’arrivée dans ses studios des deux bretteurs : Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon. Ces images rappellent les débats présidentiels d’entre-deux-tours. La mise en scène est travaillée. Mélenchon arrive avec des notes, Zemmour, quant à lui, avec son allant naturel. 21 heures. Le match s’engage. C’est parti pour deux heures de débat.

Immigration, insécurité, fracture sociale et écologie, les deux débatteurs campent sur leurs positions. Elles sont connues. Malgré quelques envolées et un ton parfois élevé, Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour proposent un échange de qualité. Le leader de La France insoumise se montre parfois agressif et aux antipodes de son adversaire. Toutefois, une certaine complicité se dégage entre les deux protagonistes, qui, jadis, se fréquentaient.

Sur Twitter, l’avant-garde des deux parties s’écharpe. Les deux camps veulent savoir si leur champion triomphe ou gît à terre. Égalité parfaite. Le niveau de l’émission fait l’unanimité. « On peut critiquer le débat #ZemmourVsMelenchon, mais les débats ne sont pas si fréquents où sont cités Talleyrand, Rabelais, Bainville, Marx, Glissant, Montesquieu, Rousseau, de Gaulle… », commente Jean-Christophe Buisson, directeur-adjoint du Figaro Magazine.

L’audience est assez éloquente : 3 810 000 téléspectateurs, 18,7 % de part de marché, selon Médiamétrie. Le débat Zemmour-Mélenchon est une réussite. Devançant le programme de TF1, il a totalement occulté celui de France 2. Le face-à-face entre la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, n’a attiré que 5,1 % d’audience. Un très faible résultat pour l’émission Élysée 2022 animée par Léa Salamé et Thomas Sotto. Entre Zemmour et Mélenchon, le match pour la présidentielle est lancé.


Ces Kényans qui aident les étudiants anglophones à tricher

Votre prof vient de vous rajouter un énième devoir à faire pour la semaine prochaine. Et en plus de ça, vous avez toujours votre mémoire à boucler, celui sur lequel vous n’avancez plus depuis des semaines. 

Vous vous demandez comment vous allez arriver à tout gérer. Ce sentiment, on l’a tous déjà vécu. Pour résoudre ce problème, certains étudiants peu scrupuleux n’hésitent pas à faire appel à des services de « rédaction universitaire ». 

Un euphémisme pour parler de triche. En résumé, cela consiste à faire faire ses travaux scolaires ou universitaires par des rédacteurs à l’autre bout du monde, contre rémunération. Si le phénomène existe aussi en francophonie à très petite échelle, il est surtout répandu dans le monde anglo-saxon. La BBC a donc décidé d’y consacrer une grande enquête. Celle-ci l’a conduite au Kenya, véritable plaque tournante de ce commerce très particulier.

Des profils « blancs » pour rassurer

Bien sûr, le Kenya n’est pas le seul pays à s’engouffrer dans la brèche de la triche organisée, on peut par exemple également citer l’Inde ou encore l’Ukraine. Mais il est l’un des plus actifs, pour plusieurs raisons. Il s’agit d’un pays anglophone, avec un bon système éducatif, mais où les perspectives économiques sont souvent très faibles, surtout pour les jeunes.

Pourtant, les étudiants qui font appel à ce type de services ne savent souvent pas que leurs travaux sont rédigés à l’autre bout du monde. En effet, les plateformes de mises en relation entre étudiants et rédacteurs mettent souvent en avant des profils d’universitaires blancs. Mais, derrière ces faux comptes et les fausses photos, se cachent parfois plusieurs Kényans qui triment pour réaliser le plus de devoirs possible afin de s’assurer des revenus supérieurs à la moyenne. « C’est une question de survie », disent-ils.

Beaucoup de ces sites sont basés aux États-Unis et en Europe de l’Est et la part payée à ces sites peut représenter jusqu’à la moitié des frais. Le montant payé par le client varie selon qu’il s’agit d’une simple rédaction ou, à l’autre bout de l’échelle, d’une thèse de doctorat complète. 

Sortir de la pauvreté

« Mes parents ne peuvent pas me permettre de continuer mes études. J’ai donc compris que je devais chercher un moyen de subvenir à mes besoins et peut-être aussi de contribuer aux revenus de la famille dans son ensemble », explique David, un étudiant kényan en dernière année à l’université. Tout son temps libre, il le consacre à son activité de rédacteur. « Je peux travailler du lundi au vendredi, de jour comme de nuit, mais la fin de semaine, je me la garde pour mes études ». En aidant les Occidentaux à tricher, il peut non seulement poursuivre ses études, mais il peut également investir dans son avenir. « J’ai pu louer des terres agricoles dans mon village et engager de la main-d’œuvre pour faire pousser des cultures. »

Kennedy, un trentenaire, explique gagner « beaucoup plus qu’avant » depuis qu’il enchaine rédactions et autres dissertations. Aujourd’hui, il gagne 1710 dollars canadiens (1150 euros) par mois, soit un peu plus que le salaire moyen. Ironie de l’histoire, cet homme était auparavant… enseignant. « Parfois, il faut d’abord survivre avant de penser à la morale », explique-t-il. Lorsque la BBC lui demande si ça ne lui fait pas mal de penser que les étudiants qu’il aide gagneront plus que lui, il répond simplement : « nous ne luttons pas contre eux, mais contre la pauvreté ».

Selon Kennedy, les rédacteurs qu’il emploie peuvent compléter jusqu’à 200 rédactions ou examens en ligne par mois. « Vous vous connectez en utilisant les nom et mot de passe d’un étudiant et passez les examens à sa place », ajoute-t-il. 

Malgré tout, certains sont conscients d’œuvrer contre la société. Certains de leurs clients font en effet partie du milieu médical. « C’est vraiment dangereux, ça donne la chair de poule », confie un autre rédacteur qui souhaite laisser tomber tout cela dès qu’il aura trouvé un travail dans son domaine.

Sous-traitance

David est sous-traitant pour quelqu’un de plus expérimenté dans l’industrie qui a un compte de rédacteurs sur l’un des grands sites Web de rédacteurs étrangers. Mais obtenir un compte n’est pas facile. 

Certaines entreprises insistent pour que les candidats passent des examens universitaires. 

 

Une publicité avec un visage occidental placé sur le compte Facebook d’une « fabrique à rédactions » par des rédacteurs kényans

Un d’un groupe Facebook placé par un écrivain kényan vendant un compte d’usine d’essai avec une photo de profil blanche. source de l’image, Facebook Légende de l’image

Les comptes cotés cinq étoiles par les clients sont des produits très recherchés. Ils s’achètent et se revendent dans des groupes de rédaction universitaires. 

C’est ainsi que les étudiants tricheurs sont eux-mêmes bernés. Ils peuvent penser qu’ils font rédiger leurs essais par un rédacteur bénéficiant de témoignages élogieux. Mais en réalité, il peut s’agir simplement de quelqu’un qui a racheté un compte avec une bonne réputation. « J’ai acheté plus de 10 comptes », dit Kennedy. « Certains coûtent jusqu’à 500 000 shillings kényans (3 800 euros ou 5 700 $ canadiens). Il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir des clients. » 

Posséder un tel compte est une chose à laquelle David aspire une fois diplômé. À seulement 23 ans, il forme déjà la prochaine génération. Il apprend les ficelles du métier à des rédacteurs débutants et leur refile de petits boulots pour les lancer. « De là, nous avons noué des amitiés et nous nous entraidons. C’est donc une industrie qui se développe. » 

Un fléau dur à combattre

Même si elles sont conscientes de l’existence de telles plateformes, les universités anglophones ne parviennent pas à endiguer le phénomène, plus difficile à détecter que le simple plagiat. 

Certains pays prennent des mesures. L’année dernière, l’Australie a interdit les services de vente de rédactions. Une législation similaire est également envisagée en Angleterre. Mais on ne sait pas encore dans quelle mesure ces lois parviendront à arrêter un commerce qui traverse si facilement les frontières internationales. 

Si ces pays ne trouvent pas un moyen d’interdire purement et simplement le recours à ces pratiques, celles-ci risquent donc de perdurer de nombreuses années.

Sources : La Libre et la BBC