mercredi 4 avril 2012

Un peu d'endoctrinement syndicalo-socialiste avec votre ECR ?

Noël Landry, prof à l’école secondaire de la Magdeleine 
de La Prairie devant son mur « polythéiste » ECR,
porte le rouge en guise de solidarité envers les étudiants,
ongle du pouce compris pour symboliser le carré rouge.
La traversée de la mer Rouge revisitée

Ce dimanche 8 avril, en dehors donc des heures de classe mais à l'initiative d'un de leurs professeurs, des élèves de l’école secondaire de la Magdeleine partiront de leur école à 10 h pour marcher dans les rues du Vieux-La Prairie. L’objectif ? Démontrer leur solidarité avec les étudiants du cégep et de l'université qui luttent contre la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement Charest.

« Le jour de Pâques est la fête de la résurrection mais il y a aussi un lien avec la Pâque juive, laquelle nous rappelle qu'il y avait des gens exploités en Égypte, qu'ils se sont sauvés pour fuir l'oppression et qu'ils ont dû traverser la mer Rouge pour échapper à leurs bourreaux », mentionne Noël Landry, enseignant en éthique et culture religieuse qui soutient les étudiants dans leurs revendications.

Les élèves ne sont pas conviés à aller à l'office de Pâques pour autant. Non. En chemin, le défilé s'arrêtera sur le perron de l'église de la Nativité afin d'inviter ceux qui sortiront de l'office religieux à se joindre à la marche qui se poursuivra sur le chemin de Saint-Jean pour se terminer par un pique-nique au Marché des jardiniers. « Nous invitons les gens à changer le Québec, car quand le gouvernement refuse de négocier avec les étudiants. Il refuse aussi de parler à tous les citoyens. Habillez-vous en rouge et joignez-vous au groupe avec vos enfants », lance M. Landry.

Noël Landry est connu pour ses sympathies envers Québec Solidaire et le mouvement du Refus global qu'il aborde dans ses classes d'ECR.

Dans une lettre ouverte du 21 mars 2012, Noël Landry répond « plusieurs d'entre vous m'ont demandé mon opinion sur ce qui se passe » sur la « grève des étudiants ». Il y offre une version très particulière de l'historique des frais d'inscriptions à l'université :
« Comme vous le savez, une des bonnes choses de la révolution tranquille a été de changer le système pour que tous puissent avoir accès à une éducation de qualité. Dans les valeurs qui ont porté le projet social de cette révolution, l'égalité a été le moteur de l'instauration de la gratuité scolaire. Ainsi, pendant plusieurs années, tous les enfants du Québec ont eu le loisir d'envisager des études supérieures. Vers la fin des années 2000, le gouvernement a augmenté les frais de scolarité qui, jusqu'alors avaient été gelés. Graduellement, le coût des études collégiales et universitaires a augmenté, pour atteindre les montants qui sont exigés aujourd'hui. »

Or, jamais l'accès aux études supérieures n'a été gratuit, les frais qui seront exigés sont en fait équivalents en dollars constants aux frais exigés à l'époque de la grande, belle et merveilleuse Révolution tranquille (violons et trémolos s.v.p.!)...

En effet, selon la FAÉCUM (association étudiante contre la hausse des frais !), en 1968 les frais de scolarité moyens étaient alors de 546,40 $ par année. En 2017, les hausses prévues porteront la facture étudiante annuelle à 3 793 $. Or, si l’on tient compte de l’inflation, la somme de 547 $ payée en 1968 est équivalente à 3 491$ en dollars de 2011...

Les statistiques indiquent que la province la moins chère pour étudier au Canada est actuellement le Québec. Si on suit la logique qui voudrait que le prix et la fréquentation universitaire et la diplomation soient directement liés, le Québec devrait aussi avoir le plus haut taux de diplômés au Canada. Or ce n’est pas le cas : le Québec arrive en dernier dans les quatre grandes provinces ! Cette non-corrélation entre frais universitaires et diplomation s’observe également entre les États américains où les États qui subventionnent le plus l’éducation universitaire font partie de ceux ayant des taux de diplomation comparativement médiocres.

Noël Landry poursuit :
« Ainsi, le mouvement de contestation évolue, des nouveaux appuis sont demandés un peu partout et il vous est apparu, à vous élèves du secondaire, qu'il fallait faire quelque chose de significatif pour indiquer votre solidarité.

Tout cela étant dit, je pense que tous ceux qui croient à l'égalité et à la justice ont le devoir de s'impliquer ou de poser un geste pour montrer à ce gouvernement qu'il ne peut impunément bafouer vos valeurs communes. »
Rappelons qu'un des buts du programme ECR est de créer une culture publique commune.

Noël Landry donne enfin ce conseil à ses élèves :
« il faut agir démocratiquement et charger votre conseil étudiant de vous réunir en assemblée générale pour donner la parole à tous afin d'examiner ensemble les moyens dont vous disposez et envisager des actions qui sont réalistes. »
Un peu d'endoctrinement syndicalo-socialiste avec votre ECR ?




Sur le plan de la culture religieuse, les notes de cours de Noël Landry font la part belle aux religions et  aux spiritualités exotiques (29 documents sur l'islam, 19 sur l'hindouisme, 10 sur le bouddhisme) et  n'hésitent pas à se montrer très circonspectes vis-à-vis du christianisme (8 documents dont 4 sur les langues de la Bible).

« L'unité » selon les notes de cours de Noël Landry
 (Quel est le plus petit symbole religieux et quel est cet œil dans ce triangle ?
Sur le thème trois religions, un Dieu, voir ici)

Voici les citations lénifiantes utilisées dans ces notes pour présenter le Coran :
« Une parole d'affection qui pardonne vaut mieux qu'une aumône qui blesse »
(Sourate II, 263)

« Celui qui sauve un seul homme, c'est comme s'il avait sauvé l'humanité tout entière »
(Sourate V, 32)

« Le Prophète a cru à ce qui est descendu sur lui de la part de son Seigneur. Lui et les croyants; tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses prophètes. »
(Sourate II, 285)

Nulle trace de sourates un peu plus polémiques comme :

« Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs. Dieu ne dirige pas le peuple injuste. »
Sourate V, 51

« Et combattez-les jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah. Puis, s'ils cessent (ils seront pardonnés car) Allah observe bien ce qu'ils œuvrent. »
Sourate VIII, 39.
Évidemment, sur le djihâd, les notes reflètent le prêt-à-penser mou :
« Mais le djihâd s'arrêta bien vite et la notion devint caduque. Les soufis intérioriseront cette notion en parlant de djihâd intérieur, le djihâd mené en soi-même contre ses propres passions. C'est le djihâd al-akbar (le djihâd majeur) par opposition au djihâd al-asghar  (le djihâd mineur). Même à l'époque coloniale le calife n'appela jamais au djihâd contre l'Europe. 
Attention: "djihâd" ne signifie pas "guerre sainte", mais tout simplement "militance". »
Selon Le Dictionnaire du Coran sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi (coll. Bouquins, p. 375), un nombre de hadiths (paroles du prophète) corrobore sans ambiguïté le sens concret du djihâd. Le martyr (chahîd) est celui qui meurt en combattant pour Dieu (et non, comme dans le christianisme, l'homme supplicié pour sa foi). Par ailleurs, qualifier le combat de « djihâd mineur » ne signifie pas son élimination et l'histoire islamique a connu nombre de soufis s'adonnant au service militaire dans les ermitages-forteresses appelés ribât. Il est donc faux de dire que la notion devint vite caduque.

Entre 1300 et 1304, lors des derniers raids en Syrie effectués par les Mongols ilkhanides, Ibn Taymiyya incita par une fatwa ses compatriotes au djihâd contre les Mongols. Il les combattit par les armes, mais également dans ses écrits. Ainsi, il met en doute la conversion à l'islam de ces derniers et de leur chef Mahmoud Ghazan Khan, les accusant de maintenir leur droit coutumier, et de pactiser avec les royaumes chrétiens. Cette même fatwa servira de justification après l'assassinat des sept moines trappistes de Tibéhirine en 1996. Le XIXe siècle connut également divers djihâds comme la guerre sainte d'Ousmane dan Fodio, un émir peul (1754 - 1817) ou de la Guerre des mahdistes (1881 à 1899) contre les Britanniques, à l'époque coloniale donc. Le Libyen Omar Al-Mokhtar refuse toute paix avec les Italiens par ces mots : « Notre foi profonde nous incite au djihâd ». Toujours à l'époque coloniale. Enfin, le Calife déclara le djihad contre la Triple-Entente (la France, l'Empire russe et l'Empire britannique) le 11 novembre 1914 (voir ici, ici, ici et là) : « Il est du plus impérieux devoir religieux de participer à lutte en corps et en biens, [ et ainsi ] de pouvoir compter en tout sur l'assistance de Dieu. »

Évidemment, les ressources de Noël Landry pour son cours ECR ne prennent pas les mêmes pincettes quand il s'agit de présenter la tradition religieuse du Québec. Là on a comme ressource pédagogique le texte intégral du Refus global qui constitue une critique virulente très partiale qui permet de caricaturer l'histoire québécoise et d'entretenir une vision largement mythique du Québec de la Grande Noirceur.

Qu'en est-il de la foi et de la superstition, de la multiplicité des religions ? Les religions sont diverses à cause de l'imagination de l'homme (voir rapport Proulx page 90, conception inacceptable pour ceux qui croient en une religion révélée). Noël Landry semble aussi justifier une croyance à la carte (nous serions de toute façon tous les jouets de notre culture) dans son document Croire ou avoir la foi ?

« J’ peux bin croire aux extra-terrestres, toi tu crois bin à Dieu », me disait une de mes élèves, il y n’y a pas longtemps.

« Mais l’existence de Dieu est plus certaine que celle des extra-terrestres », ai-je répondu.

« Pas sûr de ça, genre, les extra-terrestres, y’ont foule de dossiers au FBI, pis ton Dieu si y’existe, ya sacré l’camp parc’que les églises, genre, sont pas mal vides, non? »

Là, on dirait qu’elle n’a pas tort, la jeune fille. C’est vrai qu’ils ont des dossiers sur les extra-terrestres; c’est vrai que les églises catholiques du Québec sont plus ou moins désertes. On peut bien croire à tout ce qu’on veut; pourtant, il n’y a qu’une seule vérité. Prenons comme exemple un accident. Plusieurs témoins, plusieurs versions; et un seul fait. On pourra croire le récit de l’un ou de l’autre, mais il n’y aura toujours qu’une seule vérité, immuable.

Ainsi, il y a autant de systèmes de croyances qu’il y a d’humains sur la planète car c’est la vie qui façonne la pensée. Il y a des gens qui se retrouvent et se sentent bien dans les systèmes de croyances proposés par les religions ou les sectes; d’autres préfèrent prendre ici et là ce qui leur convient. C’est comme au restaurant chinois : il y a les numéros 1 à 10 avec des variantes de riz frit et de chow-mein et il y a le menu à la carte.

Et toi? Quel système de valeurs et de croyances penses-tu avoir choisi?

mardi 3 avril 2012

Chèque-éducation, crédit d'impôts, écoles à charte : des solutions pour réformer l'école. Synthèse et documents


Arnoux par liberte-scolaire


I — DIAGNOSTIC

L’État a le devoir constitutionnel d’assurer à tous les enfants un égal accès à l’instruction. Est-ce une obligation de moyens ou une obligation de résultat ? Une chose est en tout cas certaine : l’existence de 40 % d’enfants en échec scolaire en fin de CM2 [5e année du primaire] et de plus de 200 000 « décrocheurs » par an est le signal de défaillances caractérisées de l’offre scolaire publique. En zones d’éducation dite prioritaire, dans les campagnes peu peuplées ou pour les enfants ayant des besoins éducatifs spécifiques (handicapés, précoces, « dys », primo-arrivants…), il y a une rupture avérée de l’égalité des chances, contraire àla justice. Au moins pour ces enfants, une réforme de l’offre scolaire s’impose.

II — LES EXEMPLES ÉTRANGERS

(D’après l’étude réalisée par Ch. Arnoux et L. Debroas – mars 2012, Université d’Aix–Marseille)

Depuis les années 1990, nombre de pays performants ont conduit des réformes qui sont fondées pour l’essentiel sur le renforcement de l’autonomie des établissements et le financement public du libre choix de l’école par les parents. À ce jour, les expériences les plus importantes sont menées :

- aux Pays-Bas, au Chili, en Suède, au Danemark et en Nouvelle-Zélande pour le chèque-éducation,

- dans certains États des États-Unis pour le crédit d’impôt,

- dans 41 États états-uniens, au Royaume-Uni (Angleterre) et à Bogota (Colombie) pour les écoles à charte.




III — UN SEUL PRINCIPE, TROIS MÉCANISMES INNOVANTS

1- Le chèque-éducation (appelé voucher dans les pays anglo-saxons, ou encore « ticket scolaire » ou « bon scolaire » dans les pays francophones) : les parents reçoivent un coupon qui leur permet de payer l’établissement scolaire de leur choix (en pratique, l’argent est le plus souvent envoyé directement à l’école, au prorata du nombre d’élèves). Ce système peut couvrir les seules écoles privées (cf. États-Unis) ou bien être appliqué aussi aux écoles publiques (cf. Pays-Bas). Le montant de ce chèque est fixé par rapport au coût moyen de scolarisation d’un enfant en école publique (85 % du coût au Danemark).

2- Les crédits d’impôt : les frais de scolarité, voire les dépenses éducatives annexes (cours supplémentaires, manuels scolaires…), sont déductibles des impôts ou ouvrent droit à un remboursement, si les impôts dus sont inférieurs aux dépenses scolaires consenties. Des réductions d’impôt sont prévues aussi pour les entreprises ou les particuliers qui font des dons à des organismes octroyant des bourses scolaires.

3- Les écoles à charte (également appelées « écoles publiques sous contrat » ou « écoles conventionnées »). Ce sont des écoles publiques de gestion privée, financées par l’État au prorata du nombre d’élèves, autonomes par rapport aux autorités de tutelle ordinaires, libres de leur pédagogie et de leurs valeurs. Créées par des parents, des professeurs, des fondations, des universités, elles sont souvent spécialisées (enfants en difficulté, enfants précoces, enfants à risque, minorités linguistiques…) ou cherchent à promouvoir un meilleur niveau d’études dans une zone urbaine sensible. Elles sont généralement de petite taille, autour de 200 élèves. La moitié d’entre elles se sont spécialisées dans la scolarisation des enfants de familles à faibles revenus. Elles sont libres du recrutement de leurs professeurs, gratuites et gérées par leurs concessionnaires sans pouvoir générer de bénéfices. Les élèves sont sélectionnés par tirage au sort tant la demande des familles excède l’offre de places (on compte actuellement 400 000 enfants sur liste d’attente aux États-Unis). Ces écoles sont comptables de leurs résultats et tenues de faire passer aux élèves les tests de référence. En cas de résultats insuffisants, l’État les ferme (12,5 % de fermetures annuelles aux États-Unis). Ces écoles ont été développées à partir des années 1990 aux États-Unis. Au Royaume-Uni (Angleterre), elles ont été créées à partir de 2000 pour les Académies et de 2010 pour les Écoles libres.

Ces trois mécanismes reposent sur un même principe : « Le financement suit l’enfant. » Chaque école n’est pas financée par dotation globale d’établissement mais au prorata du nombre d’enfants qui s’y sont librement inscrits.


Le texte complet de l’étude réalisée par Charles Arnoux et Liliane Debroas, Docteurs en économie, Université d’Aix-Marseille


BILAN DES EXPÉRIENCES ÉTRANGÈRES DE FINANCEMENT PUBLIC DU LIBRE CHOIX DE L’ÉCOLE



Des propositions de réforme en France formulées par la Fondation pour l’école, 
fondation reconnue d’utilité publique




Table ronde à la suite des deux allocutions






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Les Français favorables au financement public d'écoles libres

« 49 % des Français sont favorables au financement par l’État des établissements scolaires d’enseignement complètement privé » [par opposition aux écoles privées sous contrat avec l'État], selon un sondage IFOP de mars 2012. Ce chiffre met en évidence le décalage croissant entre une population française désormais favorable au financement public des écoles libres et une classe politique encore timorée. Ce sondage met au cœur de l’actualité la question du financement public de l’école libre. Réformer en ce sens le financement de cette école pourrait contribuer utilement à résoudre le problème de l’échec scolaire qui touche 40 % des enfants. Une étude universitaire, réalisée par Charles Arnoux et Liliane Debroas (docteurs en économie, Université d’Aix-en-Provence) sur l’application au cas français des formes de financement public du libre choix vient d’être publiée. Elles s’appuient sur le bilan des expériences étrangères en ce domaine.

Près de la moitié des Français sont favorables au financement public d’établissements privés, quelle que soit leur couleur politique

« 49 % des Français sont favorables au financement par l’État des établissements scolaires d’enseignement complètement privé » selon le sondage IFOP pour l’association Audace 2012. Ce sondage a été réalisé entre le 28 février et le 2 mars 2012 auprès d’un échantillon de 973 personnes inscrites sur les listes électorales et représentatives de la population française. À la question « Êtes-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou tout à fait opposé au financement par l’État des établissements scolaires d’enseignement complètement privé ? », les Français répondent qu’ils sont favorables à 49 %. Une telle mesure séduit à gauche comme à droite, puisque 35 % des sympathisants de gauche et 63 % des sympathisants de l’UMP y sont favorables, selon ce même sondage.

L’offre scolaire ordinaire ne résout pas le problème de l’échec scolaire

En France, 40 % des enfants sont en échec scolaire. Qu’il s’agisse d’enfants des banlieues sensibles, d’enfants précoces, d’enfants souffrant de troubles de l’apprentissage…, l’offre scolaire ordinaire est impuissante à leur apporter une réponse efficace. Il en va de même pour les enfants vivant dans des zones rurales peu peuplées et menacées de perdre leur école de proximité. L’étude des expériences étrangères montre qu’il existe des moyens de financer l’égal accès de tous, même des plus démunis, à des écoles de qualité.



Expérimenté dans plusieurs pays, le financement public de l’enseignement totalement privé pourrait être introduit en France

Pour garantir une approche aussi objective, indépendante et rigoureuse que possible, la Fondation pour l’école a fait appel à Charles Arnoux et Liliane Debroas (docteurs en économie, Université d’Aix-en-Provence) pour réaliser une étude dressant le bilan des expériences étrangères. Cette étude qui sera présentée le 3 avril établit que les solutions de financement public sont techniquement envisageables et qu’elles pourraient permettre à la France d’apporter une réponse appropriée aux enfants en échec scolaire ou dépourvus d’offre scolaire accessible.





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Intimidation à l'école : insultes sur le physique, les notes, l'origine culturelle et linguistique bien avant « l'homophobie »

Les projets de loi n° 13 et n° 14 présentés devant l'Assemblée législative ontarienne visent à lutter contre l'intimidation à l'école. Jusque-là tout le monde est d'accord, bien que — comme le révélait il y a quelques jours  le Wall Street Journal — il n'y a nullement une crise de l'intimidation en Amérique du Nord. En effet, selon le National Center for Education Statistics, entre 1995 et 2009, le pourcentage d'élèves qui ont déclaré « avoir peur d'une attaque ou de coups à l'école » est passé de 12 % à 4 %. Au cours de la même période, le taux de victimisation pour 1000 étudiants a également été divisé par cinq.

Pour Chantal Longpré proche de la CAQ et l'acteur comédien Jasmin Roy,
 il faut lutter concrètement contre le décrochage
en luttant contre l'hétérosexisme...
Si tous sont d'accord pour lutter contre le harcèlement, même s'il n'y a pas d'épidémie de ce type dans les écoles, là où il n'y a plus consensus c'est quand le gouvernement veut utiliser ce projet de loi ontarien pour lutter contre l'hétérosexisme. Rappelons que l'hétérosexisme est simplement cette opinion traditionnelle qui veut que l'hétérosexualité soit en quelque sorte plus normale que l'homosexualité. Québec a déjà un plan interministériel de lutte contre l'hétérosexisme. Une priorité aussi pour des figures proches de la CAQ qui prétendent sans rire que c'est une priorité pour lutter contre le décrochage.


Le projet de loi ontarien n° 13 dans son préambule affirme que :
 La population de l’Ontario et l’Assemblée législative :


[...]
  • croient que les élèves doivent être munis des connaissances, compétences, attitudes et valeurs nécessaires pour appréhender le monde et les autres de façon critique, ce qui signifie acquérir une conscience critique qui leur permet d’agir afin de rendre leurs écoles et leurs collectivités plus équitables et inclusives pour tous, y compris les personnes LGBTTBIQ (lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, transsexuelles, bispirituelles, intersexuées, queer et en questionnement);
  • reconnaissent qu’une approche globale à l’échelle de l’école est requise et que tous — le gouvernement, les éducateurs, le personnel des écoles, les parents [Note du carnet: ah, en quatrième lieu!], les élèves et la communauté en son entier [???] — ont un rôle à jouer dans l’instauration d’un climat scolaire positif et dans la prévention de comportements inappropriés tels que l’intimidation, l’agression sexuelle, la violence sexiste et les incidents fondés sur l’homophobie;
L'ennui  c'est que le gouvernement ontarien désire « munir » les élèves de « connaissances, compétences, attitudes et valeurs nécessaires en utilisant en gros l'argumentaire et des « ressources » tout droit sorties de la bibliographie des lobbies homosexuels comme Challenging Homophobia and Heterosexism (Confronter l'homophobie et l'hétérosexisme). Des parents catholiques se sont aussi élevés contre l'obligation de créer dans leurs écoles des « alliances homos - hétéros », des cercles d'écoliers qui devront lutter contre l'homophobie.

Jack Fonseca de la Campagne catholique pour la vie a accusé « le projet de loi 13 de McGuinty d'être de l'ingénierie sociale. Il s'agit d'endoctriner nos enfants afin qu'ils rejettent les croyances morales et religieuses de leurs parents sur la sexualité humaine et adoptent plutôt l'idéologie prônée par le gouvernement. » « C'est pourquoi le projet de loi contient des choses étranges comme la théorie de 7-genres [identités sexuelles] », a-t-il ajouté.

Fonseca a poursuivi : « Dalton McGuinty veut que l'Église catholique viole ses croyances religieuses.... Où se croit-il ? Dans l'ex-Union soviétique ? »

Jack Fonseca adresse la foule lors d'une manifestation la semaine passée

Le ministre ontarien de la Formation et des Collèges et Universités, le libéral Glenn Murray, un homosexuel avoué, a déclaré la semaine passée après avoir lu un passage du catéchisme qui condamne l'acte homosexuel : « J'ai ceci à dire aux évêques : "Vous ne pourrez plus dire cela." » Un ministre ontarien qui décide de la doctrine catholique ?

Quant à Kathleen Wynne, l'ex-ministre de l'Éducation qui a lancé ce mouvement de lutte contre l'hétérosexisme, elle-même une lesbienne assumée, elle a écarté du revers de la main les protestations contre l'imposition du projet de loi 13.

« Il ne faut plus cautionner les actions de ceux qui se prétendent chrétiens, car ils ne le sont pas. Voilà ce que je dirai : ils ne sont pas chrétiens. »

Pour le chroniqueur Brian Liley, nous avons ici affaire à une prise de pouvoir du gouvernement qui prend prétexte de la lutte contre l'intimidation pour intimider les parents, les écoles confessionnelles et la hiérarchie de l'église catholique. Il s'agit d'une tentative par les progressistes d'exercer un pouvoir encore accru à l'école, dans la famille et, s'il faut en croire Glenn Murray et Kathleen Wynne, même dans la vie paroissiale.

L'autre difficulté avec le volet anti-hétérosexisme de ce plan, c'est le fait que l'intimidation liée à l'orientation sexuelle des élèves (souvent simplement supposée au début du secondaire) est loin, mais très loin, d'être une des raisons principales des brimades à l'école. En effet, le premier sujet des moqueries et insultes est lié au physique des élèves. Railleries parce qu'un élève est trop gros, trop petit, lent à la course, roux, laid, trop grand, trop maigre, etc. À la fin du  secondaire, les motifs reliés au « genre » sont même parmi les moins fréquents loin derrière l'intimidation au physique, aux notes en classe, l'origine culturelle, la langue familiale, la religion et les revenus des parents !

Source: Maria Yau et Janet O'Reilly, « 2006 Student Census, Grades 9-12 »

Source du graphique



BULLYING, IT'S NOT JUST ABOUT HOMOPHOBIA



Voir aussi

Restriction à la liberté d'expression d'un élève dans une école texane

Couple homosexuel invité en cours de mathématiques, euh ECR, exercice de « français » sur le «mariage homosexuel »

Un plan de lutte contre l'homophobie méprisant pour la population

Le Monopole de l'Éducation au service des lobbies dits progressistes avec vos sous

École québécoise : l'homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l'État

Comment créer une majorité en faveur de l'homoparentalité...dans les médias (philosophe français)

Cahier ECR : « Beaucoup de travail à faire aux groupes religieux pour accepter les homosexuels »




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lundi 2 avril 2012

Les « bébés éprouvettes » seraient davantage sujets à l'infarctus

Une recherche médicale suisse, suivie par une équipe de la télévision suisse (RTS) durant quatre ans, est arrivée à la conclusion que les bébés éprouvettes avaient une dysfonction vasculaire et une pression artérielle pulmonaire trop élevée lorsqu'ils se rendaient en montagne.

Une étude scientifique, pilotée par le Professeur Urs Scherrer, révèle que les bébés issus d'une procréation médicalement assistée ont une dysfonction vasculaire systémique et une pression artérielle pulmonaire trop élevée quand ils se rendent en montagne. A la clé, un danger de souffrir prématurément de maladies cardio-vasculaires et d’infarctus en raison de vaisseaux sanguins trop rigides.

L’équipe de tournage de l'émission 36,9°, le magazine santé de la RTS, a suivi pendant quatre ans les différentes étapes d’une recherche menée conjointement par l’hôpital universitaire de Berne, le Centre de Procréation médicalement assistée de Lausanne et le Centre hospitalier universitaire vaudois. Ce reportage sera diffusé mercredi prochain sur la chaîne suisse RTS Un.

Jusqu’à ce jour, il était documenté que la fécondation in vitro pouvait entraîner un faible risque de malformation. En revanche, les incidences négatives que ces techniques pouvaient avoir sur le système cardio-vasculaire des enfants qui en étaient issus restaient ignorées.


Hypothèses avancées

L’équipe du Professeur Urs Scherrer soupçonne que le problème survient lors de la période où l’embryon reste en culture et qu’il serait induit par des modifications chimiques sur certains gènes responsables de la bonne santé cardio-vasculaire. Selon le professeur, des modifications des milieux de culture dans lesquels se font les fécondations in vitro pourraient permettre d’éviter le problème.

Les résultats de l'étude seront publiés le 17 avril prochain dans la Revue américaine Circulation.




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La nostalgie de la politesse



Alain Finkielkraut discourt de La nostalgie de la politesse avec ses invités, Cécile Ernst, enseignante en banlieue parisienne, diplômée de Sciences-Po et agrégée de sciences économiques et Dominique Picard, professeur de psychologie sociale à l'Université Paris XIII où elle dirige la maîtrise « Travail et consultations psychosociologiques ».

(Cliquez sur les couvertures pour une description des ouvrages et des auteurs)





Dis merci à la dame : à quoi sert la politesse ?
Camille de Vulpillières
Flammarion, 2012



Pourquoi la politesse ? : le savoir-vivre contre l'incivilité
Dominique Picard
Seuil, 2007


Le goût de la politesse : petit précis des bonnes manières à l'usage du vaste monde
Bertrand Buffon
Transboréal, 2008






La ligne de courtoisie
Nicolas Fargues
P.O.L, 2012



Éloge du paraître
Renaud Camus
P.O.L, 2000









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jeudi 29 mars 2012

Alberta — La loi qui devait imposer la rectitude politique aux enfants instruits à la maison meurt au feuilleton

Une nouvelle loi en éducation en Alberta (projet de loi numéro 2) devait imposer aux parents, dans leurs propres foyers lorsqu'ils enseignent à leurs enfants, le correctivisme politique, et notamment la lutte à l'hétérosexisme qui considère l'hétérosexualité comme plus naturelle que l'homosexualité.

Lundi, le gouvernement conservateur albertain a officiellement déclenché des élections provinciales. Ceci signifie que toutes les lois qui n'ont pas adoptées en troisième lecture meurent au feuilleton. C'est le cas du projet de loi 2. S'il devait jamais être loi, il devra à nouveau être présenté en première lecture au parlement albertain après les élections. Rien n'est moins certain, les conservateurs albertains étant dépassés dans les sondages par un nouveau parti, plus conservateur, le Wildrose Party. Lors d'une manifestation (voir 3e vidéo), le Wildrose avait promis d'abrogé l'article 16 de la loi qui se lisait :

16 Tous les cours et les programmes d'études offerts, ainsi que le matériel pédagogique utilisé dans une école, doivent refléter la nature et l'héritage diverses de la société en Alberta, promouvoir la compréhension et le respect d'autrui, et honorer et respecter la Charte canadienne des droits et libertés et la Alberta Human Rights Act.


Les parents albertains (y compris des parents d'écoles catholiques) avaient tenu plusieurs manifestations contre le projet de loi n° 2.


(Vidéo en anglais, première minute est silencieuse)




Avec l'honorable Thomas Lukaszuk (Ministre de l'Éducation) et Rob Anderson (critique du parti Wildrose en éducation) en présence de la chef du Wildrose Party, Danielle Smith.





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Royaume-Uni — un adulte sur cinq est analphabète

Selon un rapport publié ce jeudi par la Fondation pour l’alphabétisation, entre 6 et 8 millions d’adultes britanniques ont des difficultés à lire une notice de médicaments ou à utiliser un chéquier. Outre-Manche, c’est donc un adulte sur cinq qui serait analphabète ! Un fléau qui coûte chaque année 81 milliards de livres au Royaume-Uni (en pertes de revenus et en dépenses sociales supplémentaires). C’est deux fois plus que l’Allemagne et trois fois plus que la France.

Dans l'Union européenne, seule l’Italie et l’Irlande parvienne à faire pire. L’auteur du rapport, Andrew Kay, ne mâche pas ses mots : « Nous devons traiter l’analphabétisme comme une maladie à éradiquer ». En effet, de tels chiffres sont « choquants en 2012 » et seule une « intervention précoce peut éviter une vie de misère, de pauvreté et de souffrance pour un enfant, un adolescent ou un adulte qui a du mal à lire ou à écrire ». La fondation préconise par conséquent de considérer « l’éradication de l’analphabétisme » comme « un investissement plutôt qu’un coût ». Dans le monde, environ 800 millions de personnes sont analphabètes.

Les dépenses en Grande-Bretagne consacrées à l'éducation ont doublé entre l'an 2000 et 2007, sans que cela ait eu le moindre effet sur l'analphabétisme. À cette même époque, alors que doublaient les dépenses, la proportion d'écoliers britanniques qui apprennent une langue étrangère a diminué des deux tiers à la suite de la décision du gouvernement de ne plus imposer l'apprentissage d'une langue étrangère dans les écoles publiques.

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Il faut responsabiliser les parents pour qu'ils choisissent ; l’État peut les épauler, pas choisir à leur place

Parents informés, voire surinvestis, parents démissionnaires, parents simplement vigilants ou inquiets à la veille du conseil de classe… C’est peu dire que la relation entre les parents et l’école est complexe et variée. Si chacun reconnaît que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, les avis divergent quand il s’agit de leur ouvrir les portes de l’école. Anne Coffinier, normalienne, directrice de la Fondation pour l’école, et Jean-Paul Brighelli, lui aussi normalien, professeur agrégé et auteur de La Fabrique du crétin, en ont débattu pour Famille Chrétienne.

Anne Coffinier – Les parents sont les premiers éducateurs et les premiers responsables de leurs enfants. C’est une affirmation constante du magistère de l’Église et c’est aussi une vérité expérimentale vivement ressentie par chaque parent ! Il revient en revanche à l’État et aux organismes d’intérêt général compétents de mettre à la disposition de tous une information la plus complète, honnête et exhaustive possible sur la réalité de l’offre scolaire existante.

Il faut bien voir que l’on est face à un choix de société fondamental. Pour qu’il y ait un véritable État de droit, il faut tout d’abord que le choix de l’école soit reconnu et garanti constitutionnellement aux parents, que l’information sur la qualité de l’offre soit accessible à tous et que les parents aient les moyens financiers de jouir effectivement de ce droit.

Si l’État s’arroge le droit de choisir le destin de nos enfants à notre place, nous sommes dans une société de type totalitaire caractérisée par l’emprise de la sphère publique sur les familles et les consciences. C’est hélas en partie le cas aujourd’hui. Dans la mesure où l’État rend gratuit un seul type d’enseignement, impose la carte scolaire et interdit, à coup de lois, à l’école privée d’être gratuite, il pèse lourdement sur le choix des familles, surtout des plus démunies.

Aujourd’hui, l’institution scolaire entretient une relation très ambiguë avec l’autorité des parents qu’elle prétend reconnaître et même vouloir renforcer, mais qu’en pratique elle sape consciencieusement. Les parents sont infantilisés, tenus à bout de gaffe loin de la salle de cours. Leur autorité est souvent bafouée par une Éducation nationale qui s’aventure impudiquement jusque dans la formation des consciences des enfants à travers l’éducation civique ou sexuelle, ou l’invasion plurimorphe du politiquement correct dans la vie de l’école.

Qu’ils soient discrets, et on décrie le caractère démissionnaire des parents ; qu’ils expriment leurs critiques, et on les qualifie instantanément d’« enquiquineurs ». Les parents ne sont peut-être pas parfaits mais ce sont encore eux qui sont les plus légitimes à agir sur le destin des enfants.

Cela ne donne pour autant pas droit aux parents de se mêler de tout et de ne pas respecter les décisions des professeurs et directeurs. C’est parfois très compliqué, y compris dans les écoles hors contrat où les parents ont payé, fait beaucoup de sacrifices, et estiment en conséquence avoir un pouvoir à faire valoir.

Jean-Paul Brighelli – Si je peux me permettre, c’est le talon d’Achille de tout le système privé payant. On se retrouve à peu près dans la même situation que les annonceurs par rapport àla presse. Impossible de déplaire à une firme à laquelle la régie publicitaire fait les yeux doux — quoi qu’elle ose…

A. C. – Sauf si vous diversifiez les annonceurs. Ce que vous dites est vrai si vous dépendez de quatre parents. Quand vous avez suffisamment de charisme et d’attractivité, ce n’est plus le cas, notamment si vous avez des listes d’attente. Le parent sait qu’il y a une règle, une charte d’établissement, et que c’est cette règle qui rend l’école féconde.

On le dit aux parents : soit vous êtes d’accord, et vous ne pouvez manifester votre mécontentement que si l’école ne tient pas ses promesses. Soit vous désirez finalement autre chose que ce qu’on vous a promis et il est préférable que vous retiriez votre enfant de l’école pour le confier à un établissement qui réponde mieux à vos attentes. C’est la règle du jeu.

L’histoire du « j’ai payé donc j’ai le droit » existe dans les boîtes à bac lucratives, mais je vous garantis que ça n’existe pas dans les écoles associatives indépendantes dont la Fondation pour l’école s’occupe.

J.-P. B. – Les trois quarts des parents ne connaissent rien au système éducatif — par manque de formation, d’information ou de temps. Et encore moins aux matières enseignées, qui bien souvent diffèrent de celles qu’on leur a jadis enseignées. L’idée qu’ils puissent choisir librement l’école de leurs enfants est pour moi une vue de l’esprit.

Quant à la carte scolaire, elle a été largement assouplie, mais aujourd’hui encore, c’est la proximité qui est le premier facteur dans le choix des parents. Tout le monde n’a pas le loisir d’amener ses enfants dans un établissement situé à des kilomètres. Ou de les faire amener. Il y a un univers où les gens travaillent, et travaillent tôt, vous savez…

Et je préfère me battre pour que toutes les écoles soient d’excellence, plutôt que de voir une foire d’empoigne pour inscrire ses rejetons dans quelques établissements réputés, que cette réputation soit ou non fondée.

Il y a a contrario des familles qui ont démissionné en terme d’éducation…

J.-P. B. – La relation avec les parents, c’est en effet très complexe. D’un côté on a des parents informés, voire surinformés, qui à la limite viennent vous expliquer ce que vous devez faire en classe. De l’autre, certains sont en dessous de tout. Et au milieu, la grande masse des parents qui font confiance au système qui les a formés eux-mêmes.

Nous partageons la même idée de la culture. Quand vous connaissez l’ambiance des quartiers nord de Marseille, vous vous dites parfois qu’il n’est pas sain que les élèves rentrent chez eux le soir. Il faudrait dans certains cas les couper de la culture familiale, si on veut les arracher à un milieu totalement acculturé. Il n’y a pas quarante mille cultures, culture des quartiers, culture jeune, culture religieuse, ou que sais-je, mais une seule, la culture dominante. Bourgeoise. C’est pour ça que l’État, si son offre est fiable, a un rôle véritable. Par exemple avec les internats, qu’il faudrait multiplier.

A. C. – Sur le rôle des parents, je reconnais qu’il y a un monde entre l’idéal etla réalité. Ils sont incarnés, faillibles. Mais attention à ne pas prendre des décisions générales à partir de cas exceptionnels. C’est toujours comme cela que l’on supprime les libertés.

Confier le pouvoir éducatif à l’État sous prétexte qu’il existe des parents indignes est irrecevable. Toute société libre doit être fondée sur la confiance dans les citoyens. Si vous établissez une société sur la défiance, vous sombrez dans le totalitarisme. On ne peut pas transgresser cette règle d’or.

Tout doit être fait pour responsabiliser les parents, pour les placer dans une situation où ils seront contraints à poser des choix, donc à se renseigner pour choisir au mieux de l’intérêt de leur enfant. Là encore, des organismes d’intérêt général et l’État même peuvent les épauler, les éclairer, pas choisir à leur place.

J.-P. B. – L’État a tout à fait les moyens d’imposer nationalement à tous les établissements des règlements internes qui, par exemple, interdiraient les portables ou obligeraient à avoir une tenue correcte — sans que ce soit nécessairement un uniforme. C’est le cas dans mon établissement, ce qui met un terme aux concours de strings et décolletés plongeants comme aux petits films qu’on prend du prof quand il s’énerve ou de la copine dans les toilettes. Il faut aussi l’expliquer aux parents qui rechignent à laisser partir leur petit sans son portable pour pouvoir le joindre.

C’est un problème de société. De plus en plus de gosses vont à l’école pour se servir à l’étalage en quelque sorte. Un prof un peu exigeant devient vite un enquiquineur et un tyran, transformé par les gosses et revu par les parents. De même, les parents ont été les premiers à applaudir à la semaine de quatre jours en primaire — ça collait avec leur conception de la fin de semaine –, mais pas avec des programmes scolaires un peu exigeants.

Propos recueillis par Clotilde Hamon – Article paru dans le numéro 1784 de Famille Chrétienne daté du 24 au 30 mars 2012.




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