mardi 14 septembre 2021

Étude — Plus de risques d'événement cardiaque indésirable après 2e dose du vaccin chez les garçons que d'infection à la Covid sur 120 jours

Selon une étude californienne récente : 

« Pour les garçons sans problèmes de santé sous-jacents, le risque d'événement cardiaque indésirable ou d'hospitalisation pour un tel événement, après leur 2e dose de vaccin à ARNm est considérablement plus élevé que leur risque d'hospitalisation COVID sur 120 jours, même en périodes de  grande  prévalence de la maladie »  (c-à-d. pendant les vagues).

« Les conséquences à long terme de cette inflammation cardiaque associée au vaccin ne sont pas encore complètement définies et devraient être étudiées. Au lieu d'obliger les enfants à se faire vacciner, les États-Unis peuvent : 1) envisager de récolter des données sur les infections antérieures dans ce groupe d'âge ou 2) suivre l'exemple de l'Allemagne, la Suède, la Norvège et l'OMS et s'abstenir de recommander définitivement la vaccination des enfants à faible risque contre COVID-19, ou 3) offrir une seule dose aux adolescents comme le Royaume-Uni vient de l'annoncer  tandis que plus d'informations sur les risques, les avantages, les inconvénients et le dosage ou la vaccination alternatifs les stratégies sont étudiées et considérés. »

Graphique de la BBC qui résume des avantages et risques de la vaccination des enfants et adolescents. Les risques (ceux identifiés comme les cas de myocardites) sont supérieurs pour la 2e dose aux bénéfices.

Plus du quart des étudiants au cégep échouent en orthographe. La CAQ ne propose pas d'améliorer la connaissance du français

Lors du dépôt du projet de loi 96 le 13 mai dernier, une bonne partie de la discussion lors de la période de questions à l’Assemblée nationale a tourné autour des façons d’améliorer « l’apprentissage de l’anglais ». Oui, alors que le gouvernement déposait un projet de loi « historique » pour défendre le français, on discuta beaucoup à l’Assemblée des différentes manières « d’améliorer l’anglais » des écoliers québécois francophones et allophones. On a ainsi suggéré qu’il faudrait promouvoir encore davantage l’anglais intensif au primaire (six mois d’anglais exclusif en 5e ou 6e année). 

On n’aborda donc pas ce jour-là la manière d’améliorer l’apprentissage du français, d’assurer que les jeunes Québécois maîtrisent mieux cette langue. 

Rappelons  que le gouvernement de la CAQ (censément nationaliste ou identitaire) a décidé de conserver le « libre choix » au cégep (fin du lycée en français) afin de permettre aux étudiants (francophones et allophones donc) « de mieux maitriser l’anglais ». 

 

And to speak English… le plus tôt possible si vous êtes francophone au Québec. François Legault a ainsi parlé de renforcer les programmes d’anglais intensif quand il présentait la loi 101 renforcée…

Il n’est jamais question de mettre en place du « français intensif » dans le système scolaire ou d’obliger le cégep en français afin d’améliorer le niveau de français des étudiants.

Rappelons que chaque année d’anglais intensif, c’est une année avec nettement moins de français.

Quand le gouvernement de la CAQ défendra-t-il vraiment le français à l’école québécoise ?

Voir aussi 

Québec — « On diplôme des analphabètes fonctionnels au secondaire » (En dix ans d’enseignement au collégial, elle n’avait jamais vu des lacunes aussi flagrantes en français.)

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Un nombre record de cégépiens faibles en français

 

 


L’épreuve de français est remise en question… Casser le thermomètre ?

Les cégeps plaident pour le recours à un logiciel de correction lors de l’épreuve uniforme de français, alors que plus du quart des cégépiens n’obtiennent pas la note de passage en orthographe à cet examen dont la pertinence est remise en question.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann a annoncé récemment la création d’un groupe de travail qui de proposer des solutions afin d’améliorer la qualité du français au collégial, puisque les résultats « ne sont pas à la hauteur », a-t-elle affirmé.

Selon les derniers résultats disponibles, 27,1 % des cégépiens qui passent l’épreuve uniforme de français échouent au sous-critère « orthographe d’usage et orthographe grammaticale ».

Toutefois, plusieurs autres critères font partie de la grille d’évaluation si bien que le taux d’échec global est moins élevé, se situant à 16,7 % (voir détails plus bas). La réussite de cette épreuve de français est obligatoire pour obtenir le diplôme d’études collégiales.

Logiciel de correction

Pour améliorer la qualité du français au collégial, la Fédération des cégeps propose de mettre en place différentes mesures, dont l’enseignement explicite de stratégies de révision et de correction de texte dans les cours de français.

L’utilisation d’un logiciel de correction devrait aussi être enseignée en classe et même autorisée pour tous les étudiants lors de l’épreuve uniforme de français, peut-on lire dans un document présentant des pistes d’action pour augmenter la réussite des cégépiens.

Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, se défend de niveler par le bas en mettant au jeu une telle proposition. Le logiciel de correction peut « être utilisé comme un moyen d’apprentissage » et non pas comme une « béquille », affirme-t-il.

M. Tremblay compare les réticences entourant le recours à un logiciel de correction en classe au débat sur la calculatrice, il y a plusieurs années. « Je pense qu’on peut apprendre à compter et apprendre à utiliser une calculatrice », illustre-t-il.

Autoriser l’utilisation d’un logiciel de correction lors de l’épreuve uniforme de langue ne mènerait pas vers la réussite automatique des critères de maîtrise de la langue, puisqu’un logiciel comme Antidote exige tout de même une compréhension des règles de grammaire, ajoute M. Tremblay.

Une épreuve à repenser

Le représentant du réseau collégial remet par ailleurs en question la pertinence de cette épreuve de français, sans aller toutefois jusqu’à réclamer formellement son abolition.

« Plusieurs questionnent la pertinence actuelle de cette épreuve-là. Je pense qu’à partir du moment où il y a un comité d’experts qui réfléchit à la question du français au collégial, tout doit être sur la table », affirme M. Tremblay.

Le cégep est le seul ordre d’enseignement où la réussite d’un examen de français s’ajoute à la réussite des cours de français comme exigences pour l’obtention du diplôme.

« Est-ce nécessaire ? Il faut au moins se poser la question », laisse-t-il tomber, tout en réclamant une réflexion plus large sur le rôle du collégial dans la maîtrise du français.

« C’est un leurre de penser qu’un étudiant qui sort du secondaire devrait avoir acquis une maîtrise parfaite du français. Il faut travailler sur le fait qu’il y a une poursuite de l’apprentissage du français au cégep. Ça veut dire qu’il faut revoir notre approche pour l’épreuve uniforme de langue (…) pour la voir dans une perspective plus constructive et moins pénalisante », ajoute-t-il.

LE LOGICIEL DE CORRECTION NE FAIT PAS L’UNANIMITÉ

Autoriser les cégépiens à avoir recours à un logiciel de correction lors de l’épreuve uniforme de français ne fait pas l’unanimité parmi les experts consultés par Le Journal.

Pascal Grégoire, professeur de didactique du français à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, s’intéresse de près à la question puisqu’il a réalisé une étude sur l’utilisation du logiciel Antidote dans le cadre de l’épreuve ministérielle de français de cinquième secondaire.

Il n’a toutefois pas encore été démontré que l’utilisation d’un logiciel de correction permet bel et bien aux élèves de faire de meilleurs apprentissages, puisque peu de données existent sur le sujet, dit-il. « Il est particulièrement important que l’on trouve d’abord la réponse à cette question », affirme M. Grégoire.

Si les vertus pédagogiques des logiciels de correction se confirment, il faudrait ensuite intégrer leur utilisation en classe avant d’y avoir recours dans le contexte d’un examen, pour lequel il faudrait revoir la grille de correction. « Il faut être très prudent », ajoute-t-il.

À l’Université de Montréal, la doyenne de la Faculté des sciences de l’Éducation, Pascale Lefrançois, croit de son côté qu’il s’agit plutôt d’une « bonne idée ».

« La probabilité que quelqu’un qui est très faible en français excelle dans un texte en utilisant un logiciel de correction est à peu près nulle », affirme-t-elle.

Selon cette ancienne championne d’orthographe, il est faux de croire que tous les étudiants obtiendraient automatiquement la note de passage au critère de maîtrise de la langue si un logiciel comme Antidote était utilisé.

De son côté, Érick Falardeau, professeur spécialiste en didactique du français à l’Université Laval, n’est pas contre l’utilisation d’un logiciel de correction pendant les cours de français.

Mais cet outil ne devrait pas être utilisé dans un contexte d’évaluation, dit-il.

« Si on donne accès à un outil qui corrige les erreurs, on n’a plus de moyen d’attester de la maîtrise de la langue des étudiants », ajoute-t-il.

Un logiciel de correction n’aide pas à bien structurer l’argumentation et le contenu d’un texte, reconnaît ce professeur, mais ce ne sont pas ces critères qui causent le plus de fil à retordre aux cégépiens, souligne-t-il.

M. Falardeau s’interroge d’ailleurs sur les critères d’évaluation de contenu de l’épreuve uniforme de français — qui sont « peu discriminants » puisqu’ils sont réussis par la quasi-totalité des cégépiens — alors que les lacunes des étudiants universitaires en rédaction de textes sont bien réelles, souligne-t-il.

L’ÉPREUVE UNIFORME DE FRANÇAIS AU CÉGEP

Taux de réussite global : 83,3 %

Taux de réussite par critère

Compréhension et qualité de l’argumentation : 98,0 %

Structure du texte : 99,8 %

Maîtrise de la langue : 84,1 %

Taux de réussite pour les sous-critères reliés à la maîtrise de la langue

Vocabulaire : 99,9 %

Syntaxe et ponctuation : 79,5 %

Orthographe d’usage et orthographe grammaticale : 72,7 %*

* Pour obtenir la note de passage à ces sous-critères, un étudiant doit faire moins de 31 fautes dans un texte d’environ 900 mots.


lundi 13 septembre 2021

Sous la pression du CSA (organisme étatique), CNews oblige Éric Zemmour à quitter la chaîne

 

En conséquence il lance sa chaîne YouTube:


Zemmour s'explique chez Pascal Praud (qui passe pour ami d'Éric Zemmour)...



 

Le Tribunal du prêt-à-penser (Ruquier-Salamé) instruisait, samedi 11, le procès de Zemmour devant le prévenu convoqué, le tout sur une chaîne publique grassement subventionnée mais en rien pluraliste. On y parle de Xavier Dolan et Anne Dorval.

dimanche 12 septembre 2021

Le courage face au mensonge (Alexandre Soljénitsyne)

Dans cette vidéo, nous nous pencherons sur deux petits textes politiques du grand écrivain Alexandre Soljénitsyne à partir desquels il nous encourage à ne plus nous soumettre au mensonge. Le refus du mensonge est en effet, selon lui, la clef de toute libération spirituelle et morale.

Le 11 septembre 2001, quand l'État espion était encore si jeune


samedi 11 septembre 2021

En Chine, une puce collée sur des uniformes scolaires

« Les élèves de l’école primaire Fenghuang peuvent accéder à l’établissement sans avoir à scanner leur carte ou leur visage [via un système de reconnaissance faciale] », annonce avec enthousiasme sur Wechat Zhuhai Tequ Bao, journal de la ville de Zhuhai, dans le sud-est de la Chine. « Les capteurs d’identification installés à l’entrée de l’école détectent la puce intégrée dans le col de l’uniforme scolaire » au moment où l’élève entre dans l’établissement, dévoile le journal.

Grâce à cette invention, des informations sur la trajectoire des élèves ou le temps qu’ils passent dans telle ou telle zone seront collectées puis transférées sur une plateforme d’information à disposition de la direction de l’école, des professeurs et des parents d’élèves.

« Cette technologie est le fruit de la recherche commune avec une société de technologie de l’information, après avoir étudié certaines failles de la gestion scolaire », indique Yan Wengui, le directeur de l’école, en montrant non sans une certaine fierté la puce intégrée au col de chemise des élèves.

Un autre atout de cet « uniforme numérique », avance le journal, est la possibilité pour les parents et leur enfant de communiquer par messagerie. Les enfants n’étant pas autorisés à utiliser leurs téléphones portables, « les uniformes numériques leur permettent désormais d’échanger avec leurs parents » au moyen de tablettes installées dans les couloirs de l’établissement. « Cela diminue considérablement la charge de travail des enseignants, parfois considérés comme des “messagers” », argumente le directeur.

L’article vante les mérites d’un dispositif qui renforcerait la sécurité dans l’école, soulignant que « lorsqu’un élève apparaît dans une zone dangereuse, comme sur le toit d’un immeuble, ou près du local électrique, le système envoie une alerte aux enseignants et aux parents ».

Un « bracelet électronique »

Sous cet article publié sur le compte du journal sur l’application Wechat, seuls les commentaires positifs sont affichés, comme celui d’un internaute qui souhaite que cet uniforme numérique soit généralisé à toutes les écoles de Zhuhai.

Mais sur Weibo, autre réseau social dominant en Chine, un internaute s’emporte, évoquant une « honte » et comparant le dispositif aux « bracelets électroniques » habituellement réservés aux délinquants et criminels. « Cette surveillance en temps réel équivaut aux bracelets électroniques pour les prisonniers », dénonce aussi un article d’Aboluo Wang, site d’information sino-américain.

Source : Courrier International


L'ex-ministre libérale noire Yolande James devient la directrice générale de la « diversité » à Radio-Canada

Nous avions manqué cette nouvelle.

L’ancienne ministre libérale québécoise Yolande James a été nommée directrice générale de la diversité et de l’inclusion à Radio-Canada, le 2 juin 2021.

Elle est entrée en poste le lundi 7 juin.

Dans ce rôle nouvellement créé, Yolande James « contribuera à l’atteinte des objectifs du diffuseur public en ce qui concerne le recrutement, la promotion et le développement des talents en matière de diversité, autant en programmation que dans les effectifs ».

Autrement dit : embaucher davantage de Noirs et de membres de minorités visibles, notamment au micro ou devant la caméra.

Elle agira comme « leader en matière d’inclusion et de mobilisation » pour Radio-Canada. C’est-à-dire qu’elle accompagnera les divers départements de la boîte dans leurs projets liés à l’inclusion et la diversité. De plus, elle va « développer et renforcer les liens de Radio-Canada avec les communautés ».

Yolande James « arrive à un moment critique à Radio-Canada », estime Michel Bissonnette. « Nous avons l’ambition de faire évoluer notre culture interne pour la rendre plus ouverte et inclusive ».

Avocate médiatrice, Yolande James est devenue en 2004 la première femme noire élue à l’Assemblée nationale du Québec. Elle a été ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles dans le gouvernement de Jean Charest, puis ministre de la Famille.

Depuis 2014, elle est commentatrice sur les ondes de Radio-Canada et de CBC. Elle cessera d’occuper ce rôle à son entrée en poste.

Voir aussi 

Pétition en faveur de la liberté de choix des garderies et CPE (Yolande James aux commandes)

Québec vu de France — garderies sans religion ou mort économique (Yolande James aux commandes)

 

 

« Rechristianisation » des écoles en Hongrie

Après les persécutions de l’époque communiste, le gouvernement de Victor Orban encourage la concurrence dans le domaine de l’enseignement. Il facilite donc la création d’écoles privées. On assiste à une « rechristianisation » des écoles en Hongrie.

La télé publique française n’aime pas.

Voir aussi

Entretien de Victor Orban sur Fox News (transcription et sous-titrage en français)

Viktor Orbán annonce un référendum sur la loi de protection de l’enfance

vendredi 10 septembre 2021

Commission scolaire English-Montréal : Le Québec n’est pas une nation

La CSEM presse Trudeau d'invalider le Projet de loi 96, qui enchâssera la nation québécoise et la nation québécoise et l'importance du français dans la constitution
 
En pleine campagne électorale, la Commission scolaire English-Montréal souhaite que la Cour suprême se prononce sur la légalité de la réforme de la langue française du gouvernement Legault. Elle nie par ailleurs le fait que le Québec soit une nation. 
 
L’organisme demande au fédéral de renvoyer le projet de loi 96 « à la Cour suprême du Canada ». 
 
Dans un document, la CSEM explique pourquoi elle fait cette requête. « Voici la question que nous devons poser encore et encore : pourquoi la protection de la langue française nécessite-t-elle de suspendre de façon générale les droits de la personne ? » soutient la commission scolaire, qui fait le procès du projet de loi piloté par le ministre Simon Jolin-Barrette. 
 
La pièce législative donne de « vastes mesures de perquisition et de saisie, des restrictions sur ceux et celles qui auront le droit de recevoir des services gouvernementaux dans la langue de leur choix, un plafond sur l’inscription aux cégeps anglophones, et une définition plus étroite des personnes se qualifiant comme membre de la communauté anglophone du Québec », déplore-t-on. 
 
Mais ce qui semble particulièrement irriter les élus scolaires de la CSEM, c’est la modification à la Constitution proposée par le gouvernement Legault. Elle lui reproche de « réécrire unilatéralement la constitution pour reconnaître le Québec comme une nation où la seule langue est le français ». 
 
La CSEM s’appuie sur un professeur de McGill à la retraite, Jon G. Bradley, pour affirmer que le Québec « n’est pas une nation et ne l’a jamais été ». « Ce n’est pas parce qu’on se prête une identité qu’elle devient nôtre, et l’intelligentsia québécoise utilise délibérément le mot “nation” de manière à évoquer une réalité qui n’existe que dans son propre mirage. 
 
Le seul mot précis à utiliser pour définir la réalité du Québec est “province” », écrit la CSEM. « Nous devons insister pour que le Québec soit toujours désigné comme une “province” », peut-on lire dans le document. 
 
Mettre de la pression
 
Pour le constitutionnaliste Patrick Taillon, qui a proposé au gouvernement de modifier unilatéralement la Constitution, la CSEM cherche à « mettre de la pression ».
 
« Ils ne peuvent pas contester eux-mêmes le projet de loi tant qu’il n’est pas adopté, alors ils demandent au gouvernement fédéral d’intervenir », explique-t-il. 
 
Il s’agit d’une manœuvre rarement utilisée, mais qui marque l’imaginaire. Pensons au renvoi relatif à la sécession du Québec en 1998, note Patrick Taillon, qui est également professeur à l’Université Laval. 
 

Douglas Murray : « nos politiques doivent penser aux conséquences à terme de l’immigration »

Douglas Murray
L’auteur de « L’Étrange Suicide de l’Europe », vaste enquête sur les vagues migratoires successives qui ont touché les pays d’Europe occidentale, alerte sur les conséquences du retrait des Américains d’Afghanistan. Une crise migratoire comparable à celle de 2015 est, selon lui, possible. Quoi qu’il arrive, les migrants continueront certainement à vouloir venir en Europe, assure le journaliste et essayiste britannique.

Après la crise migratoire de 2015, votre livre L’É­trange Suicide de l’Europe mettait en garde contre les conséquences des vagues migratoires successives. Le retour des talibans à Kaboul pourrait-il avoir les mêmes conséquences que la crise syrienne de 2015 ?

— Bien sûr. Il est probable que nous assisterons à un premier mouvement de véritables réfugiés, puis à un mouvement d’autres personnes se prétendant afghanes, puis enfin à un mouvement d’un autre groupe de migrants derrière elles, de toutes origines et sans doute assez nombreuses. L’Europe doit renforcer ses législations et son bras armé pour faire avec soin les distinctions qui s’imposent, chose que nous n’avons pas faite en 2015. Nous verrons dans les prochains mois si nos responsables politiques ont tiré des leçons du passé.

Y a-t-il un risque terroriste ? Plus largement, y a-t-il selon vous un lien entre insécurité et immigration ?

— Le risque de terrorisme est présent, évidemment. Notamment à cause des centaines de milliers d’armes laissées par les forces américaines lors de leur retraite ignominieuse et précipitée du pays. Il y aura certainement une insécurité supplémentaire due à une minorité parmi le grand nombre qui souhaitera à nouveau venir en Europe. Mais la menace beaucoup plus grande à mon avis n’est pas celle de la sécurité immédiate, mais celle de la sécurité de nos sociétés à long terme. Ceux qui s’opposent aux mouvements massifs de personnes vers l’Europe se concentrent souvent sur le point du terrorisme, car c’est à bien des égards l’argument le plus facile à faire valoir. Tout le monde s’oppose au terrorisme. Mais la question plus large, non violente et plus pertinente, est celle du long terme. Le sujet qui semble plus difficile à affronter pour les décideurs politiques européens, c’est celui sur lequel j’ai passé des années à essayer de les alerter : comprendre que les migrants continueront certainement à vouloir venir en Europe au cours des prochaines décennies. Il est malheureusement très peu probable que le niveau de vie et les libertés sociales de l’Afrique subsaharienne ou du Moyen-Orient rattrapent les nôtres dans les prochaines années. Mon opinion est que l’Europe ne peut pas être le point de rassemblement de tous les réfugiés et demandeurs d’asile du monde. Nous le sommes devenus en partie par accident géographique et en raison de notre réussite économique et sociétale. Mais aussi et surtout parce que nos dirigeants politiques ne réfléchissent pas assez clairement aux conséquences à long terme des migrations de masse. Ils repoussent toujours ce sujet. Ils s’en débarrassent systématiquement, même lorsqu’ils en parlent très fort sur le moment.

Qu’est-ce qui a changé depuis ? Les dirigeants européens ont-ils évolué ?

— Peut-être. De toute évidence, un certain nombre de personnalités européennes comme Matteo Salvini tiennent une ligne forte. Le gouvernement autrichien n’a pas hésité à dire qu’il empêcherait toute répétition de 2015 à ses frontières. Plus significatif, ou plus surprenant, sont les discours de Berlin et de Bruxelles en ce moment. Ce qui est ressorti de la récente réunion des ministres européens peut procurer un petit optimisme, qui sera sans doute déçu en temps voulu. Mais cela suggère qu’ils sont au moins conscients que nous ne pourrons pas tolérer de nouveau ce qui s’est passé en 2015. Très souvent, les politiciens n’admettent pas leurs erreurs, mais on comprend qu’ils savent qu’ils en ont fait une quand la deuxième fois ils ne refont pas la même bêtise. Nous verrons bien.

Comment honorer notre tradition d’asile sans créer un appel d’air ?

— Je suis tout à fait favorable à la possibilité de donner asile aux personnes qui ont aidé et soutenu nos efforts en Afghanistan. Il est vital pour notre réputation, en dehors de tout autre chose, que nous ne soyons pas seulement loyaux envers nos amis, mais que nous soyons perçus comme étant loyaux envers nos amis. Au-delà de cela, il y a une vérité que nous ne voulons pas admettre qui est que notre politique d’asile est, en elle-même, une fiction polie. Elle repose sur le mythe que, face à la loi européenne, tous les demandeurs n’obtiendront pas satisfaction. Les voyages modernes ont érodé cette fiction, mais notre politique ne s’est pas adaptée à la réalité. Par exemple, nous pourrions vouloir donner l’asile à chaque femme qui se verra désormais interdire l’accès à l’éducation en Afghanistan. Mais pouvons-nous le faire ? Bien sûr que non. Pourtant, nous le prétendons, et ce que je déteste le plus dans cette prétention, c’est que nous pourrions en fait résoudre beaucoup plus de problèmes si nous la laissions de côté. Je n’aime pas non plus le fait qu’on ait dévoyé le droit d’asile en filière d’immigration qui consiste essentiellement à donner un sanctuaire à quiconque parvient à rejoindre l’Europe.

Le premier ministre britannique a annoncé un droit de séjour illimité pour les Afghans évacués depuis le 13 août et ayant travaillé pour le Royaume-Uni. Peut-il combiner cet accueil avec une politique d’immigration ferme ?

— Certainement pas. La Grande-Bretagne a déjà pris un engagement massif envers le peuple de Hongkong. Ce qui pourrait amener des centaines de milliers de résidents de Hongkong à déménager au Royaume-Uni. Je ne pense pas que nous puissions continuer à faire cela. Si noble que soit le but. Nous sommes tous, dans le monde moderne, coincés dans la pensée désastreuse que je décris dans mon livre, et nous avons besoin d’une nouvelle génération de penseurs et de politiciens pour nous sortir de la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés. Le gouvernement britannique aura de sérieux problèmes avec son électorat s’il continue dans cette voie. Boris Johnson en particulier est en réalité très favorable à la migration de masse, mais il fait parfois des effets de manches anti-immigration quand il pense que cela l’aidera. Pourtant, il semble inquiet d’être perçu comme anti-immigration de masse. Et si vous êtes arrivé au pouvoir en promouvant une politique et que vous en menez une autre, vous ne pouvez guère vous attendre à la loyauté de vos électeurs. Mais c’est la tragédie constante du Parti conservateur. Il exige la loyauté des électeurs envers lesquels il ne montre aucune loyauté ou affection particulière en retour.

Le Brexit a-t-il permis à la Grande-Bretagne de reprendre le contrôle de ses frontières ?

— Dans une large mesure, oui. Nous pouvons maintenant faire nos propres erreurs. La plus grosse est de ne pas avoir un meilleur arrangement avec la France sur la route de la Manche. Cela n’a aucun sens que le Royaume-Uni paie les Français pour surveiller leurs propres plages. Mais nous savons tous que des deux côtés, ce sujet est un objet de mise en scène politique.

Au-delà de la question des réfugiés afghans et d’une éventuelle vague migratoire, l’Europe doit-elle revoir sa politique d’immigration légale ?

— Nous devons d’urgence reconnaître que nous ne pouvons pas être le seul endroit sur terre qui accueille tous ceux qui veulent une vie meilleure. Ce qui n’empêche pas de continuer à être ce que nous sommes. Ces dernières années, le mouvement migratoire a été trop rapide, trop intense et de nature trop éloignée de ce que nous sommes. Nous le savons tous, et nous savons que ce flux massif ne peut pas continuer. Mais on y pense mal,sans stratégie de long terme.

Une enquête de France Stratégie révélait récemment que la proportion d’enfants immigrés ou d’enfants d’immigrés d’origine non européenne a fortement augmenté au cours des trois dernières décennies dans plusieurs grandes villes de France, au point d’être parfois majoritaire. Sommes-nous à l’heure des bouleversements démographiques ? Quelles sont les conséquences ?

— C’est un changement massif - peut-être le plus important - de notre vie. Et pourtant, quiconque l’identifie, le dénonce ou même simplement le regrette, est qualifié de théoricien du complot ou de fanatique. Donc on n’avance pas. Parce que nous ne sommes pas autorisés à agir en quoi que ce soit sur des faits que, pourtant, tout le monde connaît, voire expérimente. La liste des responsables politiques français qui ont été ostracisés en la matière est aussi longue que celle que du Royaume-Uni.

Qu’est-ce qui est en jeu ?

—  Je crains que toute notre culture, je dis bien absolument TOUT, soit en jeu. J’aimerais que nous restions semblables à ce que nous étions et que nous puissions continuer à développer ce qui nous a rendus grands, ce qui donne envie au monde de venir ici. Mais je crains qu’il ne soit trop tard. Nos politiciens font de l’Europe un carrefour de rassemblement pour le monde entier. Une sorte de vaste ONU, où la Chine resterait pour les Chinois, l’Inde pour les Indiens, mais où l’Europe, elle, serait ouverte à tous. Il y a des avantages à un tel mélange s’il demeure limité dans le temps et de faible ampleur. Mais à long terme et dans de telles proportions, je pense que c’est une erreur, une très grande erreur. Tout est en jeu, pourtant on prétend à la fois que ça n’a pas d’importance et que c’est trop gros pour changer. Nous ne leurrons que nous-mêmes. ■

Source : Le Figaro Magazine