mardi 7 juin 2011

Juifs et catholiques contre la directive qui interdit les allusions et explications religieuses dans les garderies

Une directive émise par le gouvernement du Québec empêchant les garderies subventionnées d’enseigner ou d'expliquer des principes religieux aux petits entre en vigueur mercredi. Estimant que cette directive est discriminatoire, une coalition, baptisée Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée et lancée jeudi dernier, a déposé mardi matin un recours en justice visant à la faire invalider. Nous en avions déjà parlé ici.

Le site Droit Inc. fournit quelques détails techniques sur les documents déposés devant les tribunaux.

Marie-Josée Hogue
La requête en nullité pilotée par les avocats Marie-Josée Hogue et Patrick Ferland, de Heenan Blaikie, et déposée au palais de justice de Montréal mardi dernier, est assortie d’une autre requête, pour une ordonnance de sauvegarde celle-là. Cette dernière sera présentée vendredi le 10 juin et demande la suspension immédiate de l’application de la directive jusqu’au jugement final.

Selon le document consulté par Droits Inc, la directive du gouvernement « … vise dans les faits à interdire presque toute forme d’expression religieuse dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées du Québec… », soutiennent les requérants, 18 parents de confessions catholique et juive, l’Association des parents catholiques du Québec et l’Association des CPE de la communauté juive.

Selon eux, la directive est inconstitutionnelle « en ce qu’elle est discriminatoire envers les personnes qui, conformément à leur droit de liberté de religion, à la liberté d’association et à la sécurité de la personne, souhaitent transmettre leurs valeurs les plus fondamentales à leur enfants ».

La requête en nullité ajoute que la directive est imprécise « au point d’être inconstitutionnelle » et que la ministre de la Famille et des Aînés n’a pas les pouvoirs pour l’imposer.

« Plusieurs CPE et garderies subventionnées offrent donc aux parents qui le désirent des services qui sont en ligne avec les croyances et les valeurs religieuses qu’ils souhaitent transmettre à leurs enfants… », avance la requête.

Or, la directive précise que les services de garde subventionnés « doivent être exempts d’activités ayant pour objectif l’apprentissage d’une religion spécifique », soutiennent les requérants. Les CPE qui ne respecteraient pas cette disposition sont passibles de perdre leurs subventions, ajoutent-ils.

« Dans les faits, la directive a pour effet d’interdire, dans le cadre des services offerts par les CPE et les garderies subventionnées, tout activité de nature religieuse et toute référence régulière à une religion spécifique ou aux valeurs qui lui sont propres ».

Un des arguments de l'ordonnance de sauvegarde, illustrant l’urgence d’agir, est à l’effet que la durée des procédures sur le fond « …ferait en sorte que (les) enfants ne pourraient fréquenter un CPE qui reflète les valeurs morales et religieuses (que les parents) souhaitent transmettre à leurs enfants, pendant leur petite enfance, période clé dans le développement, l’épanouissement et la détermination du caractère identitaire de tout enfant ».

Voir aussi

Québec — Contestation judiciaire contre l'interdiction d'explications et allusions religieuses dans les garderies (m-à-j)




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lundi 6 juin 2011

Jacques Villeneuve au sujet de ses enfants : « je n'ai pas l'intention de les faire étudier dans le système québécois »

Relevé dans une entrevue du coureur automobile Jacques Villeneuve qui parle de ses enfants :
[…]


Il les emmène en Suisse, où ils ont commencé à faire du ski. « Ils sont doués. C'est extraordinaire pour eux. Ils me l'ont demandé. Je veux qu'ils découvrent le plus de choses possibles. Qu'ils s'ouvrent. Le ski, ça nous accompagne toute la vie. Et ça donne l'occasion de leur faire découvrir la compétition. Je veux qu'ils sachent que terminer premier ou deuxième, c'est différent. Ils ont déjà cet esprit compétitif et c'est sain. D'ailleurs, je n'ai pas l'intention de les faire étudier dans le système québécois. Je trouve qu'on nivelle par le bas et qu'on n'est pas assez exigeant. Je préfère le baccalauréat français. J'y suis passé et on sait ce qu'on vaut et où on se situe. Et les millions d'enfants qui y sont passés ne se sont pas suicidés. Ils ont appris à travailler pour réussir et à se mesurer. C'est ce que je souhaite pour mes enfants », dit-il.

[…]



Source Mon Volant/La Presse




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dimanche 5 juin 2011

Incident au cours ECR relaté en marge de la Marche chrétienne 2011

Défilé de la Marche chrétienne 2011 à Québec
Hier samedi 4 juin, l'édition 2011 de la Marche chrétienne s'est tenue à Québec. Elle a rassemblé selon Le Journal de Québec près de 1000 manifestants. Notons au passage que Radio-Canada n'a fait aucun reportage à notre connaissance sur cette manifestation, mais la société d'État ne s'est pas privée le même jour pour couvrir (plusieurs fois) une protestation d'environ 150 personnes à Montréal.

On apprend le même jour que le cours d'éthique et de culture religieuse a encore créé des vagues. Un père a relaté au Journal de Québec que son fils de 14 ans avait été obligé vendredi matin à « s’inventer » une religion dans le cadre de ce cours.

L’enseignant de secondaire II du Petit Séminaire [sic!] de Québec aurait alors demandé à tous les élèves de « s’inventer » une religion qui comprendrait leurs propres valeurs, règles et normes. Ce travail était appelé à être évalué.

Il ne s'agit pas de la première fois que cette activité est dénoncée par des parents, elle est d'ailleurs « proposée » dans plusieurs cahiers d'activité (voir au bas de ce billet).


Activité d'ECR sur le thème créer sa religion, ici les judoïtes



Visiblement gêné, l’adolescent aurait alors informé le professeur qu’il n’était pas du tout à l'aise avec cette activité. Selon le père ce dernier, M. Denis Roy, on l’aurait alors menacé de lui mettre un zéro.


Offusqué, le père de famille a exhorté l’école privée – qui se veut à vocation catholique ! – de s’excuser. Il a exigé, de plus, que le ministère de l’Éducation fasse du ménage dans le cours d’éthique et de culture religieuse, qui a été imposé à tous les élèves québécois du primaire et du secondaire, en 2008.

« Le problème est là. Ce n’est pas chic. Ça n’a pas de bon sens. Si vous demandez à un jeune catholique de s’inventer une religion, c’est assez pour mettre le feu aux poudres. Ça viole les valeurs d’une famille », a-t-il plaidé.

Le théologien et ex-ministre, Louis O'Neill, avait déjà dénoncé cet exercice comme « un affront atteignant toutes les religions. Pourtant, un des objectifs du cours est, nous dit-on, d'encourager une approche inclusive et tolérante envers les croyances. Or, pour en arriver à inventer une bizarrerie pareille, il faut au moins implicitement avoir assumé les trois postulats suivants: 1) toutes les religions se valent; 2) mises ensemble elles ne valent pas grand-chose; 3) aussi bien s'en moquer et en tirer un passe-temps. »

Interrogée par le Journal de Québec, la direction du Petit Séminaire de Québec se défend d’avoir mal agi et maintient que ce travail académique respecte les objectifs du cours d’éthique et de culture religieuse tel que recommandé par le ministère de l’Éducation. L’exercice aurait d’ailleurs été fait cette année dans trois classes de secondaire II, dirigées par deux enseignants différents. On ne voit pas en quoi un exercice déplacé deviendrait bon par le simple fait qu'il est répété...

« Il n’y a pas eu d’autres incidents. Le but, c’était de permettre à l’élève de se familiariser et de comprendre les principaux éléments intégrés dans une religion. Ça fait partie du programme », a avancé Marc Dallaire, directeur de l’institution.

Pour tenter de régler le litige, des représentants de la vie étudiante de l’école disent avoir proposé à M. Roy de trouver, ensemble, un travail alternatif pour atteindre les objectifs du cours, ce qu’il aurait refusé. Denis Roy affirme cependant n’avoir jamais eu vent de cette offre.











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vendredi 3 juin 2011

Non au diplôme collégial au rabais

Un groupe de professeurs de cégep se mobilisent contre ce qu'ils décrivent comme l'octroi de diplôme d'études collégiales à rabais.

Extrait de leur manifeste :
Depuis une vingtaine d’années, les collèges mettent en place un nombre incalculable de mesures pour favoriser la réussite du plus grand nombre d’étudiants : centre d’aide, cours de mise à niveau, session d’accueil et intégration.

Dernière trouvaille : pour accueillir les étudiants de la réforme, nous devons maintenant développer une pédagogie universelle [!??] de la première session.

Des illuminés de la pédagogie s’évertuent à nous prouver, à nous qui avons fait nos classes, qu’en allant reconduire les étudiants à la porte de leur cours, en leur donnant d’avance les questions d’examen, en leur donnant des points pour être venus s’asseoir devant nous, en les tenant par la main, en les mouchant, en écoutant leurs jérémiades, nous, les professeurs, permettrons aux étudiants d'avoir de meilleures chances de réussite. Nous demandons aujourd’hui à ces pédadingos et aux patrons qui les engagent pour nous abreuver de leur illustre savoir, que vaudront ces diplômes de pacotille?


Texte de leur manifeste et de leur pétition




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jeudi 2 juin 2011

Québec — Contestation judiciaire contre l'interdiction d'explications et allusions religieuses dans les garderies (m-à-j)

Mise à jour, vendredi 3 juin

A New push to remove any reference to religion from the massively subsidized daycares in Quebec (all others are being run out of business) has people scratching and shaking their heads. Also Idaho offering more choice through school voucher.



Interdire Au Clair de la Lune dans les crèches et garderies du Québec !?



Ezra Levant : Quebec daycares and bureaucrats are going to ridiculous lengths to avoid any reference to Christmas, God or anything else. The price of the Nanny State and subsidized daycare.




Une directive émise par le gouvernement du Québec empêchant les garderies subventionnées d’enseigner ou d'expliquer des principes religieux aux petits entre en vigueur mercredi. Estimant que cette directive est discriminatoire, une coalition, baptisée Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée et lancée jeudi dernier, a déposé mardi matin un recours en justice visant à la faire invalider.

Lancé jeudi dernier, le mouvement Québécois pour l'égalité du droit à la garde subventionnée regroupe déjà plus de deux cents Québécois de divers antécédents culturels et de croyances religieuses différentes, et il est formellement appuyé par des organismes tels que l'Association des C.P.E. de la Communauté juive, Federation CJA, et l'Association des parents catholiques du Québec.


Québec a choisi, en décembre, de ne plus permettre aux garderies subventionnées d’enseigner ou d'expliquer la religion. Cette décision faisait suite à certains reportages dans les médias qui montraient que des garderies subventionnées transmettaient aux enfants les principes de la religion juive et musulmane. Des garderies catholiques (tenues notamment par des sœurs salésiennes) transmettent aussi quelques principes religieux. Rappelons que Québec financent pourtant des écoles confessionnelles.


Danielle Sabbah de Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée a déclaré que la directrice d'une garderie catholique avait été informée par des bureaucrates que les bambins pourraient continuer à chanter la populaire chanson Au Clair de la lune pour autant que le dernier vers « Pour l'amour de Dieu » soit omis...

De surcroît, pour Mme Sabbah cette politique est tellement vague qu'il sera impossible pour les gardiennes d'enfants de savoir quand elles l'enfreignent.

La ministre de la Famille, Yolande James, avait prévenu les services de garde qu’ils devraient revoir leur programme éducatif avant mercredi s’ils ne voulaient pas perdre en tout ou en partie leurs subventions. La directive prévoit que les services de garde subventionnés doivent éviter d’offrir des activités qui visent l’apprentissage d’une croyance, d’un dogme ou de la pratique religieuse précise.

La coalition Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée estime que les services de garde sont une extension du milieu familial et que les parents ont le droit de choisir quelles valeurs et quelle religion sera transmises à leurs enfants lorsqu’ils sont confiés aux soins d’éducatrices. Elle demande à la Cour supérieure de déclarer nulle la directive de Québec et d’en suspendre l’application en attendant que la cause soit entendue.

« Les parents ont le droit à la liberté de religion en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, a rappelé Isabelle Couët, coprésidente de la coalition. Nous sommes d’avis que la directive est discriminatoire à l’égard des parents qui, tout en voulant profiter du système de garderies subventionnées qui doit être offert à tous les citoyens de la province, choisissent d’envoyer leurs enfants dans une garderie qui tient compte des valeurs religieuses de leur milieu familiale. Les limites que pose la directive aux droits à l’égalité ne peuvent aucunement être justifiées. »

Le regroupement juge également que la directive est imprécise et que son application pourrait s’avérer difficile. Avant de se lancer dans une procédure juridique, Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée avait lancé une pétition qui a recueilli, à ce jour, plus de 9 000 signatures.

Ministre ferme, malgré la contestation judiciaire

La ministre de la Famille, Yolande James, a déclaré mercredi qu'il n'était pas question de faire marche arrière dans ce dossier, quelle que soit la démarche judiciaire entreprise par des groupes juifs et catholiques qui estiment leurs droits lésés.

« Le processus suit son cours. La directive - on maintient le cap - s'applique à partir d'aujourd'hui », a soutenu Mme  James, mercredi, lors d'un brève conférence de presse.

La ministre a rappelé que la directive controversée avait été annoncée en décembre dernier et que les responsables de services de garde (Centres de la petite enfance et garderies subventionnées) avaient eu six mois pour se conformer aux directives du gouvernement.

Membres d'un comité-conseil ignorés

La Presse de Montréal révélait il y a six mois que les travaux entourant cette décision ont été mouvementés au comité chargé de conseiller la ministre Yolande James sur sa directive interdisant l'enseignement religieux dans les garderies subventionnées. Un spécialiste des relations interculturelles a claqué la porte après la première réunion. La représentante des garderies juives l'a imité plus tard. Et la porte-parole des CPE catholiques s'est sentie flouée par un gouvernement qui, selon elle, a imposé ses vues au comité.

La directive avait été plutôt mal accueillie par les principales intéressées - les garderies religieuses, que les médias traditionnels n'avaient pas interrogés depuis l'annonce de la ministre. Elles reprochent au gouvernement de les avoir invitées à un comité-conseil sans écouter leurs doléances.

« Les parents ne sont pas prêts à accepter ça. Ils sont prêts à s'unir à d'autres groupes pour faire entendre leur voix », a affirmé à La Presse sœur Ethel Rousselle, responsable de trois des cinq CPE des sœurs salésiennes de Don Bosco.

Elle a siégé au comité-conseil créé par la ministre. « J'ai été déçue. J'ai accepté de faire partie de ce comité parce que je pensais qu'on pourrait travailler ensemble. Mais la directive était déjà toute tracée, les choses étaient pas mal décidées. Ç'a été difficile pour nous d'émettre des opinions », a-t-elle affirmé. Sœur Rousselle a tout de même siégé au comité jusqu'à la fin des travaux.


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mercredi 1 juin 2011

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?

Québec mène une consultation publique sur le document : « La planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015 ». La Commission sur les relations avec les citoyens a entamé des audiences publiques hier.

Le document de consultation dévoile que le gouvernement de Québec désire accueillir 200 000 immigrants au cours des quatre prochaines années, soit une moyenne de 50 000 par année. Le gouvernement fait valoir que l'immigration est nécessaire, au plan démographique, pour pallier le vieillissement de la population, et au plan économique, pour pallier à la pénurie de main-d'œuvre et favoriser l'essor économique du Québec. Les quotas par bassin géographique (régions d'où proviennent les immigrants) visent à favoriser la diversité culturelle.

Passons sur le fait que l'utilité démographique de l'immigration est marginale au mieux (elle contribue surtout à faire grossir la population totale, mais la pyramide des âges n'est pas réellement modifiée, voir l'illustration ci-dessous et le texte ici).


En jaune, la pyramide des âges réelle du Québec en 2006 (avec immigration réelle).
La ligne noire représente la pyramide des âges du Québec sans immigration pendant les 40 dernières années.

Passons sur le fait de l'utilité économique de l'immigration actuelle est loin d'avoir été prouvée. Les documents du gouvernement font l'hypothèse que tous les immigrants sont actifs et gagnent bien leur vie au Québec, ce n'est pas le cas. En réalité, les immigrants sont nettement plus au chômage que les Québécois de souche et gagnent moins d'argent en moyenne que les Québécois de souche. Voir ici, ici et . L'immigration de gens d'affaires est également un échec : six immigrants sur dix appartenant à la catégorie des gens d’affaires quittent rapidement le Québec.

Dans son dernier rapport sur la sélection des immigrants, le Vérificateur général établissait que seuls 9 pour cent (9 %) des immigrés sélectionnés ont une formation correspondant aux besoins de main-d'œuvre du Québec. Voici la conclusion de Carl Bergeron sur l'impact de ce rapport :
Il y a assez de soufre dans ce document pour incendier tout le bunker de l’inter/multiculturalisme d’État ou, à tout le moins, pour commencer à poser des “questions qui tuent” — de ces questions fondamentales qui font leur chemin, et qui, mine de rien, causent la chute des régimes. Car une fois enfoncée la porte de l’Immigration, c’est tout le reste, c’est-à-dire l’inter/multiculturalisme d’État, qui devient soudain à votre portée. Les experts. Les profs planqués. La piétaille subventionnée. Les organismes de “sensibilisation”. Les “Caravanes de l’anti-dérapage”. Les “centres de recherche” qui siphonnent l’argent public. Les contrats d’auxiliaires. Les Commissions des droits de la personne. Les journalistes-relais. Les Observatoires sur le “racisme”, la “discrimination”, la “phobie” sous toutes ses formes. Les avocats chartistes. Les industriels des “inégalités systémiques”. Les alliances académiques, médiatiques, politiques, juridiques. Tout le système grâce auquel le Québec réel est tenu en laisse.

Un récent rapport de l'Institut Fraser révélait également que l'immigration coûte près de 20 milliards de dollars par année aux contribuables canadiens.

Qu'en est-il de la diversité culturelle ?

Si dans le monde on peut arguer que cette diversité culturelle est une bonne chose (en tout cas, il n'est certainement pas bon de la réduire par la force), il n'est pas du tout évident que l'augmentation de la « diversité » soit nécessairement une bonne chose dans une petite province comme le Québec. Quel avantage y a-t-il à fragmenter davantage la société québécoise, à importer des personnes à la culture, la langue, la religion différentes ? On ne peut imaginer que l'avantage soit la diversité raciale, car cela supposerait que les races existent et que certaines populations moins métissées sont inférieures à d'autres et que la « diversité » corrigerait ce handicap. Cette diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante au Québec est-elle donc vraiment bonne ? Pas pour ceux qui disent du même coup qu'il faut intégrer ou assimiler ces étrangers, puisque par ce processus même on fera disparaître cette diversité et donc cette « richesse ». On ne peut donc considérer cette diversité culturelle, linguistique et religieuse comme un enrichissement que, d'une part, si l'on est un adepte du multiculturalisme le plus radical qui cherche à perpétuer des communautés distinctes qui ne s'intègrent pas ou, d'autre part, si l'on croit que les sociétés métissées sont meilleures que les sociétés homogènes et que l'on  cherche à changer profondément le Québec par le métissage. Or plusieurs sociologues, comme Robert Putnam et Pierre-André Taguieff, prétendent que cette diversité croissante fragilise les sociétés d'accueil.

La diversité comme prétexte pour plus d'interventions de l'État

Rappelons aussi que c'est cette diversité qui a servi de prétexte pour limiter le choix des parents à l'école québécoise et imposer un programme comme celui d'éthique et de culture religieuse. Cette diversité croissante s'accompagne également d'autres politiques de discrimination positive en faveur des minorités immigrées (voir aujourd'hui la fonction publique montréalaise serait « trop blanche »), de campagnes publicitaires pro-immigration (répétées) et de « politique de sensibilisation » qui sont autant de coûts cachés et d'ingérence de l'État pour la société d'accueil.

Sur le plan linguistique, il est évident que l'immigration actuelle diminue petit à petit la place du français au Québec et plus particulièrement à Montréal puisque les immigrants n'adoptent pas le français au minimum à 80 %. Même Louis Cornellier du Devoir l'avait noté samedi passé dans le Devoir, pour ce chroniqueur il faudrait que de 8 à 9 immigrants sur 10 s'assimilent au français pour maintenir le poids du français au Québec. On est loin du compte.

À qui profite cette politique ?

Pour Benoît Dubreuil et Guillaume Marois, auteurs de l'essai Le Remède imaginaire / Pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec cette politique d'immigration profite d'abord au parti libéral :
« Malgré la francisation relative de l’immigration, l’appui au Parti Libéral du Québec demeure proportionnellement plus fort chez les immigrants que chez les natifs. Le gouvernement a donc un intérêt objectif à faire diminuer la part relative des natifs dans la population. »
On peut encore ajouter que cette politique profite aux entrepreneurs qui peuvent tirer avantage des salaires moins importants des immigrés récents.  En effet si, en 1980, les nouveaux immigrants de sexe masculin qui avaient un revenu d'emploi gagnaient 85 cents pour chaque dollar de revenu d'emploi des hommes nés au Canada. En 2005, ils n'en gagnaient plus que 63. Chez les nouvelles immigrantes, les chiffres correspondants étaient de 85 cents et de 56 cents respectivement.

N'oublions pas parmi les personnes qui bénéficient du très haut taux d'immigration, les conseillers en immigration, et tous ceux qui espèrent qu'une société fragmentée permettra d'imposer leur vision d'une société « métissée » avec des politiques nouvelles, des programmes sociaux et rééducatifs nouveaux qui garantiront par le bras de l'État « le vivre ensemble et le bien commun ».

L'immigration bonne pour le développement durable ?

Dans le cadre de sa politique de développement durable, le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles s'est également posé la question de savoir si l'immigration de 200 000 immigrants en quatre ans est bonne pour le développement durable. La réponse pour le gouvernement (dans un document de neuf pages consacré à la question) est bien évidemment « oui ».

Mais la chose n'est pas du tout certaine.

D'une part, au niveau de la planète, faire en sorte de 50 000 personnes par an passent de sociétés moins développées économiquement, moins énergivores comme le Maghreb, l'Afrique, les Antilles ou l'Amérique  latine et viennent vivre dans une société de l'abondance comme celle du Québec qui consomme nettement plus, jette et gaspille nettement plus, n'améliorera en rien le bilan carbone de la planète.

Enfin, pour ce qui est du Québec, la Loi sur le développement durable comprend une composante « sociale » et « protection du patrimoine culturel ». Or, est-ce que la venue de 200 000 personnes en 4 ans, soit 1 million en 20 ans, sans compter leurs descendants, est la meilleure manière de protéger le patrimoine culturel et linguistique vivant du Québec ? Mieux qu'une politique nataliste axée sur la promotion de la croissance démographique interne accompagnée d'une immigration plus réduite et plus sélective ?





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mardi 31 mai 2011

Revue de l'école de droit de l'Université York pour l'exemption au programme ECR

The Court, une initiative de l'école de droit de l'Université York, qui produit des synthèses des causes entendues par la Cour suprême du Canada, a pris position pour les parents québécois qui demandent l'exemption au programme ECR.

Voici la conclusion traduite de l'article de The Court :
La religion dans notre société est une chose très personnelle et intime et elle doit le rester. L'État a certainement un rôle à jouer dans la promotion d'outils nécessaires à la tolérance et à un vivre-ensemble respectueux. Dans le cas présent, les aspects du programme ECR qui enseignent l'éthique ou la moralité constituent une cause noble et digne. Cependant, outrepasser ces zones neutres pour s'immiscer dans la présentation des religions pose un problème (tout en reconnaissant que l'éthique et la morale ont également des aspects relatifs, mais moins que la religion).

[Note du carnet: l'auteur de The Court ne semble pas avoir compris que la moralité est bannie de la composante éthique qui ne propose pas réellement de morale, mais plutôt une méthode de débats sur des questions "éthiques" épineuses. Débats qui pourront être sans doute bornés en classe de manière un peu arbitraire selon le contexte, le professeur, par le correctivisme politique.]

Même si un risque peut exister que cette non-intervention puisse favoriser l'ignorance, il s'agit d'un risque nécessaire qu'il faut assumer dans une démocratie fondée sur les droits et libertés individuels. Mais même ce risque pourrait être atténué par l'adoption d'un programme axé essentiellement sur l'éthique et la tolérance sans aborder la religion.

Pour ces raisons, les aspects religieux d'ECR devraient être éliminés de ce programme, et la partie tolérance ou « morale » devrait demeurer, quoique d'une manière plus neutre. Ceci permettrait alors aux parents et aux établissements privés de combler le vide, sans influence de l'État. Néanmoins, ce n'est pas un changement que la Cour suprême devrait exiger, car l'adoption des lois est du ressort des parlements et non des tribunaux.

Au contraire, le rôle de la Cour suprême du Canada est de s'assurer que les lois adoptées par les assemblées législatives se conforment aux normes constitutionnelles minimales. Dans ce cas, l'imposition d'un cours obligatoire sur la religion sans permettre aucune exemption viole le droit fondamental des demandeurs à la liberté de conscience et de religion. En tant que tel, la Cour suprême du Canada devrait se prononcer contre l'imposition inflexible d'ECR indépendamment de ses généreuses intentions. Le programme ECR dans sa forme actuelle va au-delà du rôle légitime de l'État et empiète sur les droits et les libertés des personnes. C'est pourquoi la Cour suprême devrait se prononcer, au minimum, en faveur d'une exemption facultative du programme ECR.





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L'État doit-il mieux soutenir les parents qui choisissent de rester à la maison ?

L'État doit-il mieux soutenir les parents qui choisissent de rester à la maison ? C'est la question posée par La Presse à plusieurs personnalités.

Notons que la Presse n'a pas demandé si l'État devrait imposer nettement moins et simplement ne plus subventionner ni garderies, ni pensions et laisser les gens choisir totalement s'ils veulent avoir des enfants tout en s'abstenant de les imposer à outrance comme aujourd'hui.

Extraits :

Pierre-Yves McSween
Comptable agréé, chargé de cours à HEC Montréal

[...] Prenons le cas des garderies subventionnées et des CPE: ce service, subventionné par tous les Québécois, tient pour acquis que les deux parents travaillent et qu'ils veulent sous-traiter la tâche de s'occuper de leurs enfants durant le jour. Cette logique, bien qu'intéressante monétairement (surtout pour un futur papa comme moi), ne laisse pas le libre-choix aux parents. De plus, elle augmente l'interventionnisme de l'État et crée des structures supplémentaires à supporter. À la place de tout ce système, nous devrions peut-être simplement verser des allocations généreuses aux parents, équivalentes à ce qui est versé aux garderies subventionnées et aux CPE. Ces derniers auraient le libre-choix d'élever leurs enfants eux-mêmes à la maison ou de travailler à l'extérieur en payant la garderie avec leur portion de subvention. Une autre possibilité serait de permettre le fractionnement partiel de revenus pour les parents dont au moins un enfant est âgé de moins de 5 ans. Ainsi, la personne qui travaille pourrait diminuer son imposition pour transférer une partie de son salaire à la personne qui a fait le choix de demeurer à la maison. Évidemment, cela semble crée une injustice pour les célibataires et les couples sans enfants. Toutefois, notre société subventionne déjà les parents, la solution proposée ne fait que donner le libre-choix à ces derniers, tout en permettant à l'État de diminuer ses responsabilités. [...]


Mathieu Bock-Côté
Chargé de cours en sociologie à l'UQAM

La famille est certainement une des institutions les plus problématiques qui existe dans notre société. Tous s'en réclament et la valorisent, même si plus personne ne sait à quoi elle réfère exactement. Ne répète-t-on pas d'ailleurs que la famille n'existe qu'au pluriel, qu'il faut moins parler de sa dislocation que de sa mutation pluraliste, de sa recomposition? Pourtant, on constate qu'ils sont de plus en plus nombreux à tâtonner pour redécouvrir certains fondements culturels tenus pour négligeables depuis une quarantaine d'années. Des hommes et des femmes se mettent à regarder avec une sympathie de moins en moins clandestine le modèle familial de leurs parents, plus exactement de leurs grands-parents. Pour le reproduire? Bien sûr que non. Qui contesterait aujourd'hui les vertus de l'émancipation féminine, la révolution égalitaire entre les sexes? Mais certains se demandent pourquoi ne pas récupérer de ce vieux modèle la part de bon sens qu'il contenait: un certain sens de la stabilité, de la durée. On nous invite à nous ouvrir à tous les modèles familiaux. Pourquoi ne pas s'ouvrir aussi à ce qui peut rester de la famille traditionnelle, à tout le moins à ceux qui y tiennent, sans les tenir pour des galeux?

Mélanie Dugré
Avocate

[...] Pendant ce temps, qu'a-t-on fait pour soutenir les parents, majoritairement des mères, souhaitant plutôt rester à la maison pour élever leurs enfants? Bien peu. Lors de la dernière campagne électorale provinciale, il y a eu cette proposition adéquiste, pas folle du tout, d'offrir un salaire aux parents au foyer. Depuis, plus rien. Le problème se pose à deux niveaux: le vide fiscal et juridique dans lequel le parent à la maison se retrouve et le manque de soutien de l'État à son égard. Entre le néant actuel et le Club Med redouté par certains, il existe certainement des mesures financières, légales et fiscales qui pourraient aider les parents qui choisissent de rester temporairement auprès de leurs enfants. Quant à l'absence de reconnaissance et de valorisation du rôle de parent à la maison, elle est malheureusement symptomatique de la société d'avoir et de paraître dans laquelle nous vivons et dont l'échelle de valeurs est parfois douteuse. En attendant d'avoir la liberté de choisir entre boulot et marmots, certaines mamans, à l'issue du congé de maternité, reprendront le chemin du travail avec motivation et enthousiasme alors que d'autres le feront la larme à l’œil et le cœur en miettes.

François Bonnardel
Député adéquiste de Shefford

Même si cela est plus rare qu'auparavant, demeurer à domicile pour élever ses enfants constitue une liberté qu'on ne doit d'aucune manière décourager par la fiscalité ou par un programme social. [...] Les papas et les mamans qui décident de demeurer à la maison sont effectivement désavantagés par un programme de garderies contraignant pour tous les parents. Ainsi, ils contribuent à la même hauteur que les autres au financement de ces coûteuses garderies subventionnées, via les taxes et les impôts qu'ils paient au gouvernement. Or, ils n'utiliseront jamais ces établissements et ont même fait le choix difficile - mais tout à fait légitime - de faire passer leur famille avant leur carrière professionnelle, ce qui comporte déjà un lot considérable de difficultés. La meilleure solution pour remédier à cette injustice est d'introduire, en complémentarité avec le système actuel, le remboursement d'un montant hebdomadaire de 100$ pour tous les enfants d'âge préscolaire qui ne fréquentent pas de garderie subventionnée. L'Action démocratique du Québec propose cette solution depuis plusieurs années, mais le gouvernement libéral a préféré suivre Pauline Marois dans ce dossier et ignorer la cause des parents qui décident de rester à la maison. Pour des raisons d'équité et de respect de la liberté de choix, cette injustice doit être corrigée au plus vite. [...]

Pierre Simard
Professeur à l'École nationale d'administration publique

Les enfants québécois sont devenus des « biens publics ». Les mères québécoises sont assujetties à une énorme bureaucratie qui décide des services qui leur seront offerts. Une bureaucratie qui s'est arrogé le droit de décider à la place des familles ce qui est bon pour leurs enfants. Une bureaucratie qui détermine et subventionne les services qu'elle juge souhaitables, et ce, sans égard à la responsabilité des parents. Des parents qu'on juge irresponsables et incompétents finalement. Présentement, nos impôts alimentent une énorme bureaucratie qui, après les avoir ponctionnés de «frais généraux», les convertit en un éparpillement de services à la famille; des services assujettis à un contingentement, une liste d'attente, une restriction, une condition particulière ou... une convention collective [...]

lundi 30 mai 2011

Belgique — Près de la moitié des enfants à l'école primaire communale sont musulmans

Près de la moitié des élèves de l'école primaire publique « communale » d'Anvers (Flandre) sont musulmans. C'est une augmentation d'un peu moins de douze pour cent par rapport à l'année scolaire 2007-2008. Le réseau d'éducation de la Communauté flamande vit le même phénomène. L'éducation publique en Flandres est composée de trois réseaux différents : le communal, le provincial et le communautaire. Il existe des écoles primaires ou secondaires communales sous la supervision d'une commune, comme il en existe des provinciales régies par une province et des écoles communautaires qui relèvent de la communauté flamande au complet. En outre, il existe un réseau d'écoles libres qui peuvent être confessionnelles ou non.

Le nombre d'élèves qui suivent des leçons de religion musulmane est en hausse constante. C'est ce que démontrent les chiffres fournis par l'échevin anversois responsable de l'Éducation, Robert Voorhamme (SP.A, socialiste).

Les écoles communales offrent des cours de religion catholique, protestante, orthodoxe, anglicane, israélite, musulmane et de morale non confessionnelle. Les parents peuvent choisir parmi ces sept options le cours de formation spirituelle et morale qui les satisfait.

Des 10 743 élèves dans les écoles primaires municipales d'Anvers, 4 890 ont choisi de suivre les cours de religion musulmane cette année, soit 45,5 pour cent. Il s'agit d'une augmentation de près de douze pour cent par rapport à l'année scolaire 2007-2008.

« Ces chiffres reflètent tout simplement l'évolution démographique » d'expliquer l'échevin Voorhamme. « Je ne trouve pas cela étonnant ou inquiétant. Les gens doivent comprendre que de nombreux nouveaux Anversois sont musulmans. D'ailleurs, que comptez-vous y faire ? Vous opposez à la liberté de conscience ? »

Le chef du Vlaams Belang, parti d'opposition à Anvers fort de ses 33 %, Filip De Winter, a suggéré que les écoles à concentration (les écoles présentant une forte concentration d’élèves issus de milieux défavorisés ou de l'immigration) servent à promouvoir l'assimilation. Dans plusieurs écoles du quartier anversois de Borgerhout, plus de 90 pour cent des élèves sont musulmans. Selon De Winter, ces écoles doivent se concentrer sur le transfert des valeurs européennes et du néerlandais. Si les élèves musulmans ne coopèrent pas, un retour au pays d'origine est alors à l'ordre du jour.

Chrétiens polonais, manque d'enseignants musulmans

Le réseau de la Communauté flamande connaît une évolution similaire. « Je ne peux vous fournir les chiffres exacts à l'instant, mais le nombre total d'élèves musulmans doit également tourner dans notre réseau aux alentours de 50 pour cent », a déclaré Marc Driesen, directeur de l'enseignement primaire pour le réseau de la Communauté flamande (GO!).

Dans l'enseignement libre catholique, le nombre de musulmans est plus difficile à mesurer parce que ce réseau n'offre qu'un seul choix en matière de cours sur la religion : le catholicisme.

Selon Driessen et Voorhamme, le catholicisme gagne toutefois aussi en popularité grâce à l'immigration. De nombreux migrants proviennent, en effet, de Pologne.

Néanmoins, le nombre de musulmans augmente également année après année dans le réseau communal secondaire. La morale laïque y demeure l'option privilégiée, mais près de 34 % des élèves choisissent  désormais l'islam. Une augmentation de 10 pour cent par rapport à 2007-2008. Ainsi, un total de 7 463 étudiants suivent les cours de religion musulmane sur un total de 18 334 élèves dans le réseau communal, primaire et secondaire confondus.

« La communauté musulmane se développe à Anvers, c'est tout simplement la réalité », a déclaré Frank Noten, directeur général de l'éducation communale d'Anvers. « Mais nous ne vivons pas des problèmes et nous ne nous attendons pas à ce qu'il y en ait. Même l'interdiction du voile islamique s'applique sans difficulté. Le seul problème est le manque d'enseignants de religion musulmane. » De Standaard mentionne qu'il n'y en aurait que 69 pour l'ensemble d'Anvers.


Sources : De Standaard





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Espagne — La « loi de l'égalité » permettra de discriminer contre les écoles non mixtes

Leire Pajín
Le Cabinet espagnol a approuvé la semaine passée le projet de Loi sur l'égalité de traitement, qui vise à supprimer les subventions aux écoles dont les élèves sont séparés par sexe. Le ministre socialiste de la santé et la politique sociale, Leire Pajín (ci-contre) a déclaré à cette occasion que  le Conseil d'État a jugé que la suppression des subsides dans les écoles « ne viole pas le droit des parents de choisir l'éducation de leurs enfants  », ni à la création de nouvelles écoles.

« Il ne s'agit pas de faire disparaître, mais de ne plus financer ce type d'école », a déclaré Mme Pajín. La ministre socialiste a prétendu que cette décision « ne viole en aucune façon le droit des parents à ce que leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, ne porte en aucune façon atteinte à la liberté de l'éducation ». Cette loi n'empêcherait pas plus la création de nouvelles écoles.

Les arguments du ministre pourraient évidemment être utilisés pour éliminer tout subside aux écoles privées en Espagne et accroître ainsi l'emprise de l'État au détriment du choix des parents qui sont imposés et taxés par l'État, mais privés en pratique de choix vu le coût des écoles privées non subventionnées.

Le centre-droit catalan s'oppose

La porte-parole du parti de centre-droit catalan CiU à la Commission pour l'égalité du Congrès, Merce Pigem, a déclaré que la suppression des subventions aux écoles non mixtes qui fait partie du projet de Loi sur l'égalité approuvé par le Conseil des ministres, viole les compétences régionales et qu'elle est « discriminatoire » puisqu'elle limite l'accès à ce type d'éducation aux familles aisées tout en empêchant ce même choix d'éducation pour les classes moyennes et populaires. Le gouvernement socialiste est à la tête d'un gouvernement minoritaire (169 sièges sur 350). Le Parti populaire (PP) de droite s'oppose à  ce projet, ils disposent de 154 sièges au Congrès espagnol. Les deux principaux tiers partis sont les partis nationalistes basque (PNV, 6 sièges) et catalan (CiU, 10 sièges). Si le CiU et PNV s'opposent à la loi, elle ne pourra être approuvée par le Congrès.

Rejet des écoles catholiques

En novembre dernier, le directeur des Services juridiques des écoles catholiques (FERE-CECA), Luis Centeno, s'était déjà prononcé contre l'initiative proposée par le gouvernement dans l'avant-projet de Loi sur l'Égalité de traitement, faisant valoir qu'« elle viole la liberté d'enseignement », car elle limite les options pour les parents lors du choix du type d'éducation qu'ils souhaitent pour leurs enfants, parce que, comme indiqué, sans soutien financier seules les personnes ayant un certain pouvoir d'achat pourraient choisir les écoles non mixtes.

Centeno avait alors déclaré : «C'est le piège. Si l'éducation non mixte est légale, pourquoi ne pas la soutenir par des fonds publics et, si c'est illégal, pourquoi ne pas interdire qu'elle soit subventionnée concertée ou non ? » Selon M. Centeno, l'éducation non mixte ne pourra jamais être déclarée discriminatoire si elle satisfait aux exigences de la Convention de l'UNESCO sur le sujet, à savoir l'exigence que le programme soit le même pour les garçons et les filles, que les enseignants aient la même formation,  que les diplômes aient la même valeur et que les installations et équipements soient semblables.

Pendant ce temps au Canada...

Pour Le Devoir, une (1!) nouvelle étude ontarienne sur les classes non mixtes viendrait dissiper les illusions qu'on avait sur la création d'écoles non mixtes. Ainsi, selon ce journal qui cite sans contradiction ce seul rapport, « séparer les garçons et les filles à l'école ne garantirait en rien la performance des premiers. Pire, laisser les jeunes messieurs entre eux les rendrait plus agressifs, voire misogynes. » Rien que cela.

Il n'est cependant pas évident que la conclusion de cette étude qui pointe vers des causes « d'ordre socioéconomique et racial » (racial?) pour expliquer l'échec des garçons plaisent beaucoup plus aux personnes opposés aux écoles non mixtes.

Écoles non mixtes : meilleurs résultats scolaires, moins de grossesses, meilleures relations ?

Rappelons que plusieurs études tendent à montrer que les garçons ne sont pas les seuls à bénéficier des écoles non mixtes, selon une étude britannique de 2009, les filles qui allaient à des écoles pour filles avaient de meilleurs résultats aux examens finaux du secondaire et progressaient le plus depuis leur sortie du primaire que les filles dans les écoles mixtes. Une étude néo-zélandaise fait ressortir des résultats similaires pour les garçons et les filles, même en éliminant des facteurs comme l'environnement familial, le comportement scolaire, etc.

Selon le Dr. Leonard Sax, les filles qui fréquentent des écoles non mixtes ont également nettement moins de grossesses non désirées que celles des écoles mixtes. Et pas parce que les garçons et les filles de ces enfants ne sortent pas ensemble hors des heures de cours. En fait, ce serait plutôt le contraire : ils sortiraient plus à deux que les adolescents des écoles mixtes qui ont plutôt tendance à faire du « hooking up », à draguer en groupe. Pour Sax, cette drague consiste à sortir en groupe, la fille la plus populaire se devant d'être physiquement intime avec le garçon le plus populaire. Ces relations sont plus instables que celles des adolescents fréquentant des écoles séparées. (Plus de détails ici.)

Voir aussi

« Les garçons se font punir pour affirmer leur virilité »

Adapter l'école québécoise aux garçons ?

Le dogme de la mixité remis en question

Le décrochage massif des garçons, une particularité québécoise




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