samedi 13 mars 2010

Le Cardinal Ouellet denonce l'abolition des congés scolaires communs

Le cardinal Ouellet s'est également opposé à l'abolition des congés scolaires communs dans un billet publié dans Le Soleil le 21 février.

Or, le Ministère de l’Éducation vient de décider unilatéralement d’abroger l’article 19 du Régime pédagogique, qui contient la liste des congés obligatoires, dont les samedis et les dimanches, le jour de Noël et le Vendredi saint. L’école sera désormais possible sept jours sur sept. Cette nouveauté prétend accommoder le rattrapage scolaire pour les communautés juives et pour d’autres fins, semble-t-il, que la ministre ne réussit pas à justifier face à la grande majorité.

Je fais remarquer que cette énième réforme en éducation ajoute un obstacle supplémentaire au respect du dimanche, un symbole identitaire québécois plus important que le crucifix à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi je proteste au nom de l'Église catholique et je demande à l’État de révoquer cette décision qui va à l’encontre des valeurs de la société civile.

Le rôle de l’État n’est pas d’imposer des valeurs, mais plutôt de respecter les valeurs de la société civile pluraliste en lui offrant un encadrement souple et respectueux.

Quant au gâchis qui résulte des multiples réformes de l’éducation pour en écarter la religion, je constate tristement qu’un certain refus global de notre identité catholique conduit de plus en plus à un fouillis global en éducation. Les sous-produits sont bien connus : couples fragiles, familles éclatées, avortements massifs, bientôt l’euthanasie, suicides à un taux effarant, décrochage scolaire évidemment, travail sept jours sur sept, etc., etc.






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Fédération des syndicats d'enseignement — mieux vaut attendre que les élèves soient mûrs avant d'enseigner ECR

La Fédération des syndicats d'enseignement (FSE-CSQ) recommande à la ministre de l'éducation de surseoir à son projet qui consisterait à permettre le transfert d'une partie du cours d'éthique et culture religieuse qui se donne actuellement en secondaire IV vers la classe de secondaire III. Pour l'instant, il n'y a pas de cours d'ECR en secondaire III.

Dans un document intitulé Conseil Fédéral, on peut lire :
« À première vue, il est difficile de croire que le programme Éthique et culture religieuse, qui semble demander une certaine maturité aux élèves, puisse être apprécié de ces derniers en 3e secondaire. De plus, on ignore les impacts sur les cours à options actuellement offerts en 3e secondaire. Nous aurions eu besoin de plus de temps pour analyser cette avenue offerte sans obligation. »
La Fédération recommande donc :
« soit maintenu le statu quo sur la grille-matières du 2e cycle, n’ayant pas assez d’informations pour se prononcer sur ce sujet. De plus, l’enseignement du programme Éthique et culture religieuse apparaît plus pertinente en 5e secondaire, compte tenu de la maturité des élèves. »
Via le site Éthique et culture religieuse.






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L'initiateur du Manifeste pluraliste contre la liberté de choix ?

Les multiculturalistes (qui se prétendent pluralistes et désirent imposer un programme unique scolaire, joli contradiction !) commencent à s'inquiéter comme le rapporte le journal Au Fil des événements de l'Université Laval :

« On assiste depuis quelques mois à une alliance qui semblait plutôt improbable entre des groupes qui veulent refouler le religieux hors de la sphère publique et des nationalistes conservateurs qui voient le Québec d’aujourd'hui comme ayant trop concédé à la diversité culturelle », constate Jocelyn Maclure, qui est spécialiste en éthique et en philosophie politique.

Selon lui, les coalitions en faveur d’une charte de la laïcité et les groupes qui militent pour la liberté en éducation et qui refusent le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse prennent de plus en plus d’espace. D’autant plus, souligne Jocelyn Maclure, que des chroniqueurs très influents comme Richard Martineau, Joseph Facal ou Jean-François Lisée relaient le discours nationaliste conservateur.






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Le philosophe Nestor Turcotte critique la superficialité du cours ECR

Le philosophe, théologien et politicien Nestor Turcotte critique la superficialité du cours ECR dans un récent article :

Le déplacement de l’accent mis sur ce qui est secondaire ou accidentel aux dépens de ce qui est essentiel dans le christianisme se retrouve particulièrement dans le domaine de la morale ou de l’éthique. Celle-ci, dépouillée de plus en plus de son élément de transcendance, se retrouve réduite à de bons rapports avec les hommes, à un code de convenance, à un mieux vivre-ensemble, comme on l’enseigne présentement à nos jeunes adolescents dans le nouveau cours Éthique et culture religieuse. Les règles universelles tombent. Chacun écrit ses propres règles. Ce que chacun fait est nécessairement bon puisque l’acte posé fait référence à des critères subjectifs. Et parce que l’unique commandement qui a remplacé tous les autres est celui de la tolérance, on est venu, lentement, à tolérer l’intolérable au nom de la tolérance.

Suite de l'article.






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Belgique — Enseignante musulmane peut porter son voile en classe

La Cour d’appel de Mons en Belgique a donné raison à l’enseignante musulmane de mathématique qui porte le voile en donnant ses cours. L’école publique l’avait interdit en septembre dernier alors que la jeune femme avait entamé sa carrière en 2007, sans que le voile ne pose problème.

Cette jeune femme musulmane enseignait les mathématiques et la physique dans une école communale de Charleroi (Belgique) depuis deux ans et demi, tout en portant le voile. Personne ne lui avait fait la remarque jusqu’à ce début d’année scolaire, où la direction de l’établissement la somme de retirer son voile, ce qu’elle refuse.

En référé (injonction), le tribunal avait donné raison à la Ville de Charleroi dont dépend l'école communale, au nom de la neutralité que doivent respecter les enseignants, et en se basant sur le décret neutralité de la Communauté française. Pourtant, en appel, le jugement est complètement démonté : la Cour d’appel estime en effet que ce décret ne s’applique qu’aux établissements publics de la communauté francophone de Belgique.

Or, ici, on est dans l’enseignement officiel subventionné, et le pouvoir organisateur, en l’occurrence la Ville de Charleroi, n’a pas précisé ce cas de figure dans sa réglementation. La jeune femme a donc le droit de porter le voile puisqu’il n’est pas formellement interdit. Mais les attendus de l’arrêt vont plus loin : ils précisent que le voile, au même titre que la kippa ou la croix, peut être visible mais la manière de le porter doit être empreinte de discrétion.


Extraits de journaux télévisés belges sur la chaîne publique du 11 et 12 mars 2010








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Le Cardinal Marc Ouellet critique à nouveau l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse

Lors de la Montée Ados 2010, un jeune a questionné le Cardinal Ouellet à propos du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse. À la question « Que penser du cours d’éthique et culture religieuse ? » le Cardinal a répondu aux jeunes sur place que ce cours « devrait être libre, laisser la possibilité de choisir un autre cours. ».

Le cardinal s'inquiète de la qualité du cours d'éthique et de culture religieuse. Il explique qu'il est difficile pour un enseignant qui connait peu sa religion d'en savoir beaucoup sur toutes les religions. Il s'explique mal aussi comment on peut mettre de coté les convictions personnelles en prodiguant un tel cours.

Il rappelle aux jeunes qu'ils ont servi et servent encore de cobayes, et qu'on pourra éventuellement voir les résultats de cette « expérimentation » qu'il a depuis le début dénoncée. Il invite les jeunes à avoir un véritable enseignement catholique en paroisse les soirs ou la fin de semaine, puisque les écoles publiques québécoises ne forment plus complètement les élèves du Québec conformément aux vœux de leurs parents.







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vendredi 12 mars 2010

De plus en plus d'églises vandalisées en France

Certains partisans d'une laïcité stricte aiment à parler d'un retour du religieux dans la société qu'il faudrait juguler par des balises claires. Que faire d'une tendance qui semble se dégager dans certains pays où l'on voit de plus en plus de lieux de culte et cimetières vandalisés ou recouverts d'inscriptions satanistes, anarchistes ou néonazies férocement antireligieuses ?

Le Figaro souligne le fait qu'en France les églises catholiques de plus en plus vandalisées :
Vingt-quatre lieux de cultes ont été profanés depuis le 1er janvier et les responsables religieux se mobilisent.

Vandalisées, cambriolées et profanées… Les églises catholiques sont les cibles d'attaques répétées. Ainsi, dans la nuit du 5 au 6 mars dernier, la porte de la basilique Saint-Donatien de Nantes et les murs d'enceinte du lycée catholique éponyme ont été maculés de slogans anarchistes. On pouvait y lire « Brûle ton église », « Les curés au bûcher, les sorcières en liberté » ou « Ni Dieu ni maître ». Ces dégradations, qui ont provoqué l'ire du député maire (PS) Jean-Marc Ayrault, sont intervenues après la mise à sac de l'église voisine Saint-Clément : des inconnus y ont fait voler en éclats des chaises, brisé la main d'une statue de saint Pierre et dérobé une « station » du chemin de croix. La veille, des inconnus avaient fait irruption dans l'église de Saint-Étienne-des-Oullières (Rhône), jetant au sol des livres de prières, renversant le mobilier et brûlant une banderole arrachée d'un pilier sur l'autel. Dans la nuit du 11 au 12 février, l'église Saint-Michel de Morangis (Essonne) était à son tour pillée par des cambrioleurs, piétinant à même le sol les hosties après avoir forcé le tabernacle. Dans le même temps, deux sculptures ornant les rouleaux d'archivolte de la baie centrale de l'église Sainte-Eulalie, à Benet (Vendée) étaient vandalisées tandis que la rambarde du XVI e siècle de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) était détruite à la masse et que l'église Saint-Bonnet de Bourges (Cher) était incendiée. Les vandales avaient empilé et enflammé des chaises dans la chapelle du Saint-Sacrement, tel un bûcher.

Un édifiant état des lieux dressé par la gendarmerie nationale, dont la zone couvre 95 % du territoire, révèle que pas moins de 184 faits de profanations ont été recensés en 2009. Les départements du Bas-Rhin, de la Somme, d'Ille-et-Vilaine, de la Gironde, du Gard et des Vosges concentrent le plus grand nombre de violations.

Porté à la connaissance du Figaro, ce bilan précise qu'une cinquantaine d'affaires, impliquant 106 vandales, ont été résolues dans la même période. Si les saccages visant les églises - mais aussi les cimetières - se maintiennent à un niveau élevé depuis une montée en puissance en 2004, avec plus de 140 cas constatés, les militaires ont remarqué des « pics » sur les douze derniers mois qui « correspondent, en partie, aux dates ou périodes symboliques célébrées par des groupuscules sataniques ou néonazis ». Ainsi, les profanateurs sont pris d'une singulière frénésie le 30 avril, date anniversaire de la fondation de l'«Église de Satan» aux États-Unis et de la mort d'Adolf Hitler. Ils se manifestent aussi davantage le 31 octobre, fête de Halloween et jour de l'an sataniste, ainsi que lors des solstices et des équinoxes. « Près de la moitié des faits ont été recensés le week-end », ajoute un gendarme, estimant par ailleurs que ce « nombre est certainement plus élevé, compte tenu de la découverte tardive de certains délits ». Rappelant que les sacrilèges recensés en zone gendarmerie touchent « principalement des cimetières ou des églises d'obédience chrétienne », les enquêteurs ont noté « cinq violations de sépultures ou de tombeau », dont deux exhumations l'année dernière.






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Commission scolaire contre la réforme du calendrier scolaire

Selon le projet de règlement soumis par la ministre Michelle Courchesne, l'année scolaire ne se calculerait plus en jours, mais en heures. Plutôt que d'avoir 180 jours d'enseignement, les écoles auraient l'obligation d'offrir entre 900 et 1000 heures de cours par an, selon un calendrier de leur choix.

La commission scolaire du Val-des-Cerfs (région de Granby) déplore que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, ne l'ait pas consultée avant de publier son projet de loi qui aurait pour effet de modifier le calendrier scolaire. Voir dépêche.

Le conseil des commissaires a adopté une résolution, hier soir, dans laquelle il témoigne de son mécontentement à la ministre. « La ministre a toujours dit que les commissions scolaires étaient des partenaires, alors qu'elle n'a pas agi du tout en partenariat », a dénoncé Guy Vincent, président de Val-des-Cerfs, au cours d'une entrevue hier après-midi.






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« Le problème central, c'est la montée de l'islam politique, et non les signes religieux »

Marc Lebuis, éditeur du site Point de bascule, offre son analyse de la crise des accommodements et du mirage d'une solution à la crise de la « diversité » croissante par la publication d'une Charte de la laïcité.

Imprécision

En souhaitant endiguer l'expression institutionnelle du religieux, les promoteurs d'une Charte de la laïcité escamotent un problème fondamental : l'islamisme. Le problème actuel, au Québec et encore plus ailleurs, ce n'est pas la religion en général, mais bien l'islam politique, une idéologie politique rétrograde aux visées clairement expansionnistes et aux ambitions totalitaires. Le problème, ce ne sont pas « les signes religieux » ou le « retour du religieux ». Le problème central, c'est la montée de l'islam politique, l'influence de groupes islamisants sur certains partis politiques, la présence de militants islamistes dans certaines institutions publiques, l'emprise de l'islam politique sur les musulmans d'ici et l'insouciance jovialiste de nos dialoguistes patentés.

Incohérence

Une proportion significative des partisans d'une charte de la laïcité approuverait le retrait du crucifix de l'Assemblée nationale du Québec. Paradoxalement, ces laïcistes conséquents défendent ainsi une position que soutiendrait allègrement la quasi-totalité des intégristes musulmans de la province. En s'attaquant aux racines religieuses de la majorité nationale, plusieurs laïcistes promeuvent ainsi involontairement un programme allant bien souvent dans le sens des souhaits et intérêts les plus profonds de l'islam militant.

Ligne Maginot

L'approche laïque « à la française » souffre en général du syndrome de la ligne Maginot. Du sable pour les autruches. Car, en vérité, endiguer en partie l'expression de certains symboles ne court-circuite aucunement le dynamisme des mouvements politico-religieux qui s'y rattachent. Il ne suffit pas de voter des lois et d'instaurer des règles pour voir certaines valeurs et allégeances s'incarner par magie dans la réalité. Si, demain matin, les caissières de la SAAQ ne pouvaient plus porter de voile, est-ce que cela changerait quelque chose sur l'essentiel? Non. L'islam politique continuera d'endoctriner les musulmans du Québec en se passant de ses étendards. L'interdiction du voile, de la burqa, du niqab et du djilbab pourrait être jugée positive, mais cela ne réglera en aucun cas le problème de fond. Cacher le symptôme est parfois souhaitable, mais ce n'est jamais un bon remède.

Victoire à la Pyrrhus

L'islam politique n'est pas une danseuse de ballet. Si vous le frappez de la main gauche, il sera toujours debout. Si vous le frappez de la droite, il sera encore debout. Si l'on interdit le voile dans le secteur public, les islamistes en profiteront pour exacerber les sentiments victimaires des musulmans, les ghettoïser et les radicaliser encore plus. À l'inverse, si l'on n'interdit pas le voile dans le secteur public, les islamistes clameront que la pression fonctionne et qu'en s'ouvrant aux signes ostentatoires de l'islamisme, les infidèles font une fois de plus preuve de faiblesse et de couardise. Ils ouvriront ensuite de nouveaux fronts. L'islam politique n'est pas une problématique simple. Défaite et victoire sont pour lui deux tremplins distincts pour progresser. À ce phénomène, il n'y a pas de solution simple ou magique.

L'État total

La laïcité « fermée » telle que certains la conçoivent vise bien souvent à neutraliser un faux problème - le religieux en général - en instaurant un nouveau culte, soit un culte civique ou un culte de l'État, sapant ainsi les libertés individuelles classiques. Étatisation d'un nouveau pan de la vie sociale et bureaucratisation accrue du monde vécu, voilà ce qu'entraînerait en partie l'instauration d'une charte de la laïcité. À cause de quelques-uns, tous doivent payer. À cause de quelques-uns, accroissement du pouvoir de l'État sur tous. Ainsi, d'une certaine manière, l'islamisme triompherait. À cause de lui, les libertés occidentales, fondement de nos sociétés, devraient reculer.

[...]

En conclusion

Charte de la laïcité ou pas, de nombreux jeunes musulmans continueront, après les classes, d'aller à l'école coranique et dans des centres islamiques. Ils continueront de se faire dire, pour une bonne part, que leur principal devoir est de se battre pour l'islam. Ils continueront de se faire dire, pour une immense part, que les Occidentaux sont des dégénérés décadents. Ils continueront de se faire dire, tous et toutes, que rien n'est plus important que de ne pas se mélanger avec les infidèles...

[...]

Selon Point de Bascule...

1) L'État devrait déclarer que l'islamisme, hard et soft, est une doctrine politique antidémocratique et totalitaire. Le système d'éducation, quant à lui, devrait relayer à tous et toutes cette vérité élémentaire.

2) Les acteurs publics et médiatiques qui relativisent le phénomène islamiste devraient recevoir le même traitement que s'ils faisaient l'apologie de la malaria.

3) Les politiques d'immigration devraient être réformées de manière à minimiser autant qu'humainement possible la quantité de musulmans fondamentalistes au Québec.






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mardi 9 mars 2010

Suisse — L'école publique genevoise introduira l'étude des grands textes, de Karl Marx au Coran

Dès la rentrée scolaire 2011, l'école publique du canton de Genève en Suisse introduira l'enseignement des « grands textes fondateurs » constitutifs de traditions, croyances et modes de pensée, religieux ou non.

Des extraits de la Bible, du Coran, mais aussi de l'Odyssée, de Montaigne, de Marx ou encore de la Déclaration universelle des droits de l'homme seront abordés selon une approche historique, culturelle et comparative. Ce programme sera dispensé dans l'école obligatoire (principalement au Cycle d'orientation, c'est-à-dire de 12 à 15 ans), dans diverses disciplines : éducation citoyenne, sciences humaines, français.


Alors que, dans certains cantons suisses, la tendance est de transformer l'enseignement biblique en cours d'histoire des religions, l'école publique genevoise (dépourvue d'enseignement biblique) offrira une alternative à la partie « éthique et culture religieuse » proposée, mais pas imposée, par le Plan d'étude romand (un programme commun à tous les cantons francophones). Genève suit ainsi le choix du Grand Conseil de Genève, le parlement local, qui, en 2006, avait clairement rejeté l'introduction d'un cours spécifique sur le fait religieux. Le parlement privilégiait un renforcement de cet enseignement dans les divers disciplines où la question était déjà évoquée, afin de permettre aux élèves d'appréhender le monde qui les entoure dans le sens du vivre ensemble. Des formations continues sur les religions ont été proposées aux enseignants qui, à en croire le Département de l'instruction publique (DIP), ont eu beaucoup de succès.

Le nouveau programme collera à la vision d'une « laïcité engagée », précise le secrétaire général adjoint du DIP, Patrick Hess : « Il respectera la séparation de l'État et des Églises consacrée dans la Constitution genevoise et le principe d'un enseignement laïque, tout en prenant en considération la très grande diversité culturelle des élèves dans notre canton. » On notera que si l'Église n'a plus son mot à dire dans l'école publique, il n'est pas certain que l'État n'intervienne pas dans la question de la religion par le biais de la formation au fait religieux et philosophiques.

Visée idéologique : lutter contre « l'ethnocentrisme »

« Il ne s'agira ni d'un cours d'éthique ni de leçons de morale, ajoute M Hess. Cette approche des grands textes évitera tout ethnocentrisme et toute limitation aux monothéismes. L'objectif est de permettre aux élèves de comprendre les valeurs fondatrices d'une communauté en leur apprenant à mieux identifier les références et les valeurs véhiculées par ces textes; les aider à mieux comprendre qu'une bonne partie de leurs camarades ne se réfèrent pas à la même culture, à découvrir et accepter, par exemple, que tout le monde n'a pas la même réponse aux questions sur l'origine de la vie, sur la mort, etc. »


Le programme est en cours d'élaboration au sein du DIP. Un groupe consultatif, notamment formé d'experts en sciences des religions et de membres du groupe citoyen « culture religieuse et humaniste à l'école laïque », à l'origine du lobbying pour un cours sur le fait religieux, aurait également été mis en place afin recueillir « l'avis de représentants de la société civile. »






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