L’immigration est devenue, plus que tout autre, un enjeu politique au sujet duquel les convictions précèdent souvent les faits. En particulier, l’idée que les étrangers de naissance feraient « le travail que les Français ne veulent pas faire » figure parmi les poncifs fréquents.
Pour la première fois, en analysant les micro-données du recensement de la population, l’observatoire de l’immigration et de la démographie a pu établir une radiographie inédite de la situation de l’emploi des personnes nées étrangères et installées en France – selon leur nationalité à la naissance, leur niveau de diplôme, leur sexe et leur âge. Il en ressort un ensemble de constats absolument saisissants.
À commencer par celui-ci: il existe non pas une, mais des immigrations, aux résultats d’intégration sur le marché du travail radicalement divergents. Hors étudiants et retraités: 82 % des Portugais de naissance occupent un emploi. Il s’agit du seul niveau supérieur à celui des Français de naissance (80 %). D’autres nationalités d’origine s’en rapprochent néanmoins fortement – originaires d’Europe pour la plupart d’entre elles, mais aussi du Vietnam ou du Liban. À l’inverse : ces niveaux d’emploi les plus élevés sont supérieurs de 30 points à ceux des Comoriens, des Haïtiens ou des Pakistanais de naissance (51 %). Bien au-delà aussi des Algériens (54 %) ou des Marocains de naissance (57 %).
L’un des facteurs identifiables tient dans la très faible intégration, sur le marché du travail, de certaines femmes nées étrangères. À quarante ans, c’est-à-dire au pic des âges actifs: plus de 40 points séparent les taux d’emploi des Françaises de naissance (très proche de celui des hommes) et des Turques de naissance. Ce fait apparaît déterminé par des traits culturels et anthropologiques structurants, qui privilégient un rôle domestique et familial des femmes.
L’analyse de la situation des « métiers en tension » met également en évidence un profond déséquilibre entre la région parisienne et le reste du pays. En Île-de-France, 66 % des employés de la restauration sont nés étrangers — contre seulement 21 % dans les autres régions. Le même contraste apparaît parmi les ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment : ils sont 59 % à être nés étrangers en Île-de-France, contre 19 % ailleurs.
Concentrés majoritairement à Paris, les responsables politiques et de nombreuses voix médiatiques semblent considérer que « l’immigration de travail » serait la seule solution pour pallier les besoins en recrutement de ces professions. Une telle vision, focalisée sur l’agglomération parisienne, offre un miroir déformant d’une réalité beaucoup plus nuancée à l’échelle nationale. Dans la majeure partie du pays, contrairement aux idées reçues : ce sont très majoritairement des Français de naissance qui occupent ces postes.
L’argument économique pour l’immigration de masse, dans un pays qui compte 4 millions de personnes au chômage ou dans son halo direct — et où les immigrés sont parmi les moins “au travail” de toute l’Europe — gagnerait à être reconnu comme ce qu’il est : une illusion aux conséquences lourdes, à dissiper rapidement.
Là où d’aucuns affirment que l’immigration contribuerait positivement au fonctionnement du système médical dans ce contexte, il convient de regarder les chiffres disponibles à cet égard.
L’analyse par profession médicale comparées à la population de plus de 15 ans (hors étudiants et retraités) montre que les étrangers de naissance originaires d’Afrique subsaharienne ou de Turquie sont nettement sous-représentés parmi les médecins, au regard de leur poids dans la population. Les personnes nées d’une nationalité d’Afrique du Nord ou d’Europe du Sud sont représentés à un niveau « normal » parmi les médecins, cohérent avec leur part démographique. Les personnes nées étrangères avec une nationalité de l’UE sont, elles, surreprésentées.
En revanche, tous les groupes étrangers de naissance sont sous-représentés (parmi les personnes employables) chez les autres professions médicales tels que la pharmacie, les sage-femmes et les infirmiers.]
📺 « Le nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME), réservée aux étrangers en situation irrégulière sur le sol français, a triplé en 20 ans. »@NPM_OID dans « 100% Politique » @CNEWS ⬇️ pic.twitter.com/no7Gj9p9to
— Observatoire de l'immigration et de la démographie (@ObservatoireID) July 29, 2026
« Le nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME), réservée aux étrangers en situation irrégulière sur le sol français, a triplé en 20 ans. »


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