dimanche 22 octobre 2023

Quis custodiet veritatis custodes ?

Qui garde les gardiens de la vérité ?

La BBC (comme tous les médias de grand chemin subventionnés) aime se présenter comme une source d’informations sérieuses. Elle a également publié des gazouillis sur X (ex-Twitter) sur comment reconnaître de la désinformation (message subliminal : suivez-nous).

Les abonnés de X, par le biais d’une note de la communauté, lui ont rappelé qu’elle a elle-même été prise la main dans le sac et qu’elle a dû s’excuser récemment pour des informations trompeuses.




Données mondiales sur la fécondité (2023)

Comment lire: pendant les 6 premiers de 2023, il est né au Québec 4,2 % moins de bébés qu'en 2022. Si cette tendance se maintient, l'indice synthétique de fécondité (le nombre d'enfants par femme) sera de 1,39 au Québec en 2023 alors qu'il sera de 1,03 en Colombie britannique et 1,24 pour l'ensemble du Canada.

Niveaux de fécondité par religion en Israël. Cette année, l'ISF des juifs pourrait passer à 2,98, celui des musulmans à 2,79, celui des chrétiens à 1,59, celui des druzes à 1,79 et celui des personnes non classées par religion à 1,19 enfant par femme.

L'écart de fécondité entre Juifs et Arabes en Israël et en Palestine se réduit. Entre 1950 et 2000, les Arabes ont maintenu un taux de fécondité deux fois plus élevé que celui des Juifs, mais au cours des 20 dernières années, les taux de fécondité ont presque convergé et devraient se croiser au cours de la présente décennie.

 
La baisse globale des naissances aux États-Unis a été modérée: -1,2% pour les six premiers mois de 2023 par rapport à 2022. Certains États ont connu une chute brutale (Alaska à -5,3%, Californie à -4,5%, Hawaï à -4,4%, Vermont à -7,5%), tandis que d'autres ont vu leur nombre de naissances légèrement augmenter (Kansas à +1,4%, Alabama, Iowa et Tennessee tous à +1,6%, Wyoming à +1,7%, Mississippi à +1,8%), tous ruraux. Au cours des huit dernières années, certains États, comme le Mississippi, n'ont pratiquement pas connu de baisse de la fécondité.

Variation des naissances aux États-Unis de janvier à juin 2023 p/r 2022 (% part janv-juin 2023):
 
Groupe racialVariation  Part (jan.-juin)
Blancs -2,261% (50,06%)
Noirs -2,377% (13,77%)
Hispaniques +1,416% (25,72%)
Asiatiques -1,517% (6,03%)
Amérindiens -3,070% (0,69%)
Insulaires (Polynésiens)  
+0,300% (0,28%)
2 races et +  +1,387% (2,46%)

Comment lire : la part des naissances des blancs a baissé de 2,261% pour les six premiers mois de 2023 comparé aux même mois de 2022. Très légèrement plus de la moitié des naissances aux États-Unis (50,06%) était déclarée comme celles de nourrissons blancs.

La baisse du nombre de naissances en Pologne s'accélère : Au premier semestre 2023, il y a eu 139 500 naissances, soit 9,2 % de moins qu'en 2022. En mai, la baisse était de 12,4 % et en juin de 15,4 %. Au troisième trimestre, la baisse s'est encore accélérée : Il y a eu 13,3% de naissances en moins qu'au troisième trimestre 2022 en Pologne, ce qui porte la baisse globale cette année à 10,6%. L'ISF devrait baisser à 1,22 enfant par femme, ce qui serait la valeur la plus basse jamais enregistrée pour la Pologne.

Étudiants anglophones résidents hors Québec — La hausse de leurs frais de scolarité se ferait déjà sentir

La décision du Québec d’augmenter les frais de scolarité universitaires pour les étudiants venant de l’extérieur de la province à partir de l’année prochaine pèserait [nous usons du conditionnel] déjà sur les élèves du secondaire et leurs familles.

Des centaines d’adolescents et leurs familles se sont rassemblés samedi sur le campus du centre-ville de l’Université Concordia pour assister à la journée portes ouvertes d’automne de l’école.

Malgré la forte participation, la directrice du recrutement étudiant de Concordia, Savvy Papayiannis, a eu l’impression que la foule était plus petite que les années précédentes.

« Il n’y a pas plus de monde, c’est sûr », a affirmé Mme Papayiannis [membre sans aucun doute de la communauté « historique anglophone »] au téléphone depuis l’évènement. Elle n’a pas pu confirmer les chiffres de fréquentation, mais a conclu qu’elle avait l’impression qu’il y avait une baisse de fréquentation.

Mme Papayiannis soutient que son bureau constate déjà les effets de la hausse des frais de scolarité qui devrait entrer en vigueur l’année prochaine, alors que de nombreux candidats potentiels annulent leur visite du campus et se retirent des évènements de recrutement.

Et depuis l’annonce du 13 octobre par le gouvernement provincial, des appels et des courriels ont afflué d’étudiants potentiels inquiets, a-t-elle fait savoir, dont beaucoup affirment que la hausse des frais de scolarité – de 8992 $ à environ 17 000 $ par an pour les Canadiens hors Québec – est une barrière financière insurmontable.

« Nous sommes de plus en plus critiqués chaque jour, a indiqué Mme Papayiannis.

Plusieurs élèves présents à la journée portes ouvertes ont déclaré que cette augmentation influencerait leurs décisions concernant l’université. Pour Gage Crouchman, 17 ans et originaire d’Ottawa, cela pourrait signifier renoncer à aller à l’école au Québec.

« C’est dommage, a-t-il déploré. [Pour] beaucoup d’étudiants, cela va enlever Montréal comme option. »

M. Crouchman envisageait Concordia et l’Université McGill voisine pour ses études de premier cycle. Il a dit que si le gouvernement revenait sur sa décision d’imposer une hausse des frais de scolarité, ce serait une toujours une possibilité. Autrement, « c’est définitivement non », a assuré son père, Cameron.

Coco Clément, une jeune de 17 ans qui a voyagé de Vancouver à Montréal pour visiter l’Université Concordia, soutient que les nouveaux frais de scolarité la rendent moins intéressée par le Québec en raison du fardeau financier supplémentaire.

« C’est extrêmement cher et cela fait que je ne veux pas autant venir ici simplement parce que c’est une autre chose que je dois surmonter », a raconté Mme Clément.

Bien que Kees Lokker, 16 ans, et son père originaires de Grimsby, en Ontario, disent que leur famille serait en mesure de payer les nouveaux frais de scolarité, d’environ 17 000 $, Kees Lokker craint que cette somme élimine des occasions pour ses amis.

« Cela va simplement rendre la tâche encore plus difficile pour eux d’obtenir suffisamment d’argent pour aller à Concordia, ou même dans une université comme McGill », a déclaré le jeune homme de 16 ans.

Il envisage les programmes renommés d’ingénierie et d’aérospatiale de la province, mais son père affirme que cette augmentation les encouragera à explorer plus sérieusement les options en Ontario, aux États-Unis et en Europe.

Déclin du français au Québec


Selon les données préliminaires de Statistique Canada pour l’année scolaire 2023-2024, les frais de scolarité de premier cycle d’environ 17 000 $ seraient parmi les plus élevés au pays pour les étudiants nationaux et les plus élevés en dehors des programmes spécialisés de premier cycle en droit, en gestion, en dentisterie, en médecine, en médecine vétérinaire et en pharmacie.

« Je ne pense pas que ce soit juste », a mentionné Jaco Lokker, pointant du doigt les frais de scolarité dans d’autres provinces.

Québec a fait valoir que cette augmentation lui permettrait de récupérer le coût de l’éducation des non-résidents du Québec. Le gouvernement provincial prévoit également de facturer aux universités 20 000 $ pour chaque étudiant international qu’elles recrutent. Le premier ministre François Legault a défendu cette décision, insistant sur le fait que les contribuables québécois ne devraient pas avoir à subventionner les étudiants de l’extérieur de la province.

Cette mesure devrait toucher principalement les trois universités anglophones du Québec – Concordia, McGill et Bishop’s – qui accueillent plus de non-Québécois que les écoles francophones. Des membres du gouvernement ont évoqué ce qu’ils affirment être un déclin du français dans la province dans leur décision d’augmenter les frais de scolarité. M. Legault a soutenu mardi que l’afflux d’étudiants anglophones « menace la survie du français ».

Le Québec s’est engagé à réinvestir ses fonds récupérés dans le réseau universitaire francophone.


La Saskatchewan adopte sa loi sur les jeunes de moins de 16 ans qui se disent trans à l'école

Le projet de loi sur l'utilisation des pronoms pour les jeunes trans dans les écoles a reçu l'approbation finale de l'Assemblée législative de la Saskatchewan, vendredi.

La nouvelle loi interdit donc aux jeunes de moins de 16 ans de changer de prénom ou de pronoms à l'école sans l'accord de leurs parents.

Le gouvernement a eu recours à la disposition de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés pour outrepasser certains articles de la Charte et du Code des droits de la personne de la Saskatchewan.
 
Le Premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe

Le Parti saskatchewanais au pouvoir a déclaré que cette loi venait officialiser, en fait, des politiques déjà en place dans de nombreux districts scolaires et qu'elle garantissait que les parents sont informés au sujet de leurs enfants.

Lors du débat final en Chambre, vendredi matin, le ministre de la Société d’investissements de la Couronne, Dustin Duncan, a souligné que pour son gouvernement, «les parents sont des partenaires dans l'éducation de leurs enfants».


samedi 21 octobre 2023

Le Totalitarisme sans le goulag, le nouveau livre de Mathieu Bock-Côté

Les Occidentaux ont voulu se faire croire après la chute du communisme que l’histoire du totalitarisme était derrière eux, qu’elle ne les concernait plus. Au pire redoutaient-ils l’apparition d’un totalitarisme doux, à visage humain, mais ils ne le croyaient pas vraiment, ne le prenaient pas au sérieux. Et pourtant, le totalitarisme revient. Dans l’incrédulité générale, puisqu’il revient sans goulag, car il n’en a plus besoin. Et il revient sous une forme paradoxale.

Nos sociétés veulent croire que ce qu’elles appellent « l’extrême-droite » les menace existentiellement, comme si elle sortait des enfers pour les y ramener avec elle.

Cette catégorie politique fanto­matique, indé­fi­nis­sable, manipulée et instru­men­talisée, sert essentiel­­lement à étiqueter tous ceux qui s’opposent au régime diversitaire. Mais pas seulement : toute personnalité de gauche n’adhérant pas à la doxa ambiante est désormais frappée de cette marque de l’infamie.

La lutte contre la prétendue « extrême-droite » justifie aujourd’hui une suspension progressive des libertés, le retour de mécanismes d’ostracisme et un contrôle social croissant, prétendant éradiquer le mal du cœur de l’homme. En d’autres mots, ce n’est pas « l’extrême-droite » qui nous menace, mais la lutte contre « l’extrême-droite » qui nous conduit au totalitarisme. Je sais cette thèse contre-intuitive. Je me donne la mission ici de la démontrer.

Mathieu Bock-Côté
 
Le Totalitarisme sans le goulag
par Mathieu Bock-Côté
publié aux Presses de la Cité,
le 9 novembre 2023,
à Paris,
255 pages,
ISBN : ‎ 2 258 201 640
EAN : 9 782 258 201 644

SOMMAIRE
 
Introduction. Le retour de la question totalitaire

Chapitre 1. L’extrême-droite introuvable
  • La France, l’extrême-droite et la culture du cordon sanitaire
  • L’enjeu d’une définition : argument géographique et argument idéologique
  • Détour par l’extrême-centre macronien — une redéfinition de l’argument géographique au temps du peuple factieux
  • L’extrême-droite comme tradition idéologique
  • En quoi les thèmes de l’extrême-droite sont-ils d’extrême-droite ?
  • Faut-il parler au diable ? Faut-il aller chez lui ? Que dit-on d’un homme lorsqu’on dit qu’il est d’extrême-droite ?
  • L’extrême-droitisation comme technique de verrouillage du débat public
Chapitre 2. L’institutionnalisation du mensonge : no pasarán, le réel ne passera pas !
  • Du sentiment d’insécurité, ou l’accusation de paranoïa lancée à ceux qui découvrent la diversité compliquée
  • De la récupération politique : que faire du fait divers ?
  • L’art de nier l’existence des peuples, ou le rôle très particulier du démographe lyssenkiste dans le régime diversitaire
  • Nous sommes tous des immigrés, ou l’abolition du peuple historique : retour sur l’exemple québécois
  • De l’inexistence des sexes : le rôle du sociologue du genre
  • La théorie de la discrimination systémique — ou comment le régime diversitaire justifie une ingénierie sociale permanente
  • Une esthétique de la laideur, ou l’inversion du beau et du laid
  • Fonction de la novlangue inclusive
  • L’intelligence artificielle et le devenir de l’homme avatarisé
Chapitre 3. Les prochains prisonniers politiques d’Occident ou la radicalisation de l’extrême-centre
  • Surveiller et punir : logique de la peine de mort sociale
  • La fin de la vie privée dans un monde connecté
  • Interdire l’extrême-droite
  • Le rôle des procès politiques et le prochain registre des propos haineux
  • Interdire la critique de la théorie du genre
  • Retour sur la pandémie et réflexions sur les nouvelles modalités du contrôle social
  • Vers un contrôle politique des médias : la propagande d’État au nom du consensus scientifique et pour lutter contre la désinformation
  • Le sort des dissidents, et la punition des réfractaires
  • De l’URSS à l’EURSS ?
Conclusion. Un totalitarisme à visage humain ? Portrait de l’homme dissocié
  • Penser contre les commissaires politiques 

France — enfin plus de liberté pour les directeurs d'école ?

Texte de Michel Valadier, directeur général de la Fondation pour l’école se réjouit de la plus grande liberté octroyée aux directeurs d’école primaire grâce à un décret publié le 14 août dernier. C’est un pas dans la bonne direction, estime-t-il, et cela laisse espérer davantage d’autonomie pour les établissements scolaires, à l’exemple de ce qui se fait dans les écoles indépendantes dites hors contrat. La Fondation pour l’école est une association qui milite pour la liberté scolaire et soutient notamment les écoles indépendantes dites hors contrat. Ce texte a été publié le 29 août 2023 dans Le Figaro.


Le 14 août dernier a été publié un décret très important qui porte sur les « dispositions relatives aux missions du directeur d’école primaire ». S’il reprend en partie un décret de 1989, il présente plusieurs évolutions majeures qui vont dans le bon sens :

  • Un pas de plus est franchi pour aller vers la création d’un vrai corps de directeurs dans le primaire.
  • Désormais, le directeur « a autorité sur l’ensemble des personnes présentes dans l’école pendant le temps scolaire… pour la bonne marche de l’école ».
  • Et enfin, ce qu’aucun observateur n’a relevé, la place des parents est mieux reconnue : « Le directeur veille à la qualité des relations avec les familles, les représentants légaux des élèves. »

Certains accusent le gouvernement d’avoir « abattu la petite république des professeurs voulue par Jules Ferry » en mettant à la tête de l’école un chef, ce qui serait « contraire au fonctionnement démocratique voulu par les pères fondateurs ». L’anachronisme [radical-socialiste, syndicaliste] en histoire est décidément une plaie… Au lieu de cette bataille idéologique, il peut être intéressant de se poser la question centrale : à quoi sert l’école ? L’école est un lieu où des professeurs enseignent à des enfants par un acte de transmission, confiés à l’institution par leurs parents, sous la conduite d’un directeur qui veille à la réalisation de ce bien commun.

Pour cela, il faut donc un directeur qui… dirige. C’est-à-dire qui ait le pouvoir de décider ce qui est bon pour ses élèves : transmettre et faire grandir tous les élèves, chaque élève et tout l’élève. Diriger au service des familles, cela veut dire créer un lien étroit avec les parents, qui doivent rester les premiers éducateurs de leurs enfants.

Diriger, cela veut dire pouvoir embaucher les professeurs, le personnel éducatif et administratif. Mais aussi pouvoir s’en séparer. Ce qui revient à leur donner la responsabilité hiérarchique du personnel.

Diriger, cela veut dire avoir une vision pour la communauté éducative, une ambition qui permet de fixer des objectifs. Cela veut dire pouvoir reconnaître les progrès accomplis et accompagner le personnel dans les difficultés.

Diriger, enfin, c’est aussi pouvoir renvoyer les élèves qui posent de graves problèmes de comportement et nuisent au bien commun.

En résumé, cela n’est que l’application d’un principe efficace en toutes circonstances : le principe de subsidiarité. Appliquer ce principe dans les écoles permettrait ce que nous souhaitons tous : un authentique renouveau éducatif au service des familles.

L’école, publique ou privée, n’a pas besoin de gestionnaires, mais de chefs à qui l’on donne le pouvoir afin qu’ils puissent assumer la responsabilité de leurs décisions ; des chefs qui annoncent les règles du jeu aux parents et les font respecter en soutenant leurs professeurs ; des chefs qui exigent des élèves une tenue et un comportement exemplaires chaque jour.

Et cela fonctionne. À une échelle modeste certes, mais significative, cette façon de faire existe en France dans la plupart des écoles indépendantes, dites libres hors contrat. Ces écoles, dont les projets pédagogiques sont extrêmement variés, accueillent des enfants de toute condition. Elles sont libres de conserver des méthodes éprouvées, d’expérimenter des pédagogies innovantes ou d’allier les deux ; libres de leur recrutement. Les écoles indépendantes répondent aux besoins des familles et des territoires.

Au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues par des inspections à charge, par des inégalités de traitement aux examens d’état, par une absence de prise en charge des AVS et par le refus d’étudier la possibilité d’un statut d’école conventionnée, les pouvoirs publics devraient en visiter, pour s’en inspirer.

Mais ne boudons pas notre satisfaction, un verrou est en train de sauter. L’avenir proche dira si le nouveau ministre de l’éducation nationale poursuivra ou non dans la bonne direction. L’étape actuelle est intenable, nous connaîtrons soit un repli, soit une nouvelle avancée vers la responsabilité hiérarchique ; les directeurs qui s’empareront de l’autorité qui leur est accordée vont rapidement avoir besoin du soutien de leurs supérieurs… Alors, nous saurons.

En politique aussi, le pire n’est pas toujours sûr !

« Diriger, enfin, c’est aussi pouvoir renvoyer les élèves qui posent de graves problèmes de comportement commun» et nuisent au bien

En savoir d'avantage

 

jeudi 19 octobre 2023

La révolution woke au Québec


J.K Rowling préfère « aller en prison » plutôt que dire que les « femmes trans » sont des femmes

L’autrice d’Harry Potter a partagé la photo d’une phrase projetée sur le mur d’un service du ministère britannique de la Justice disant « Répétez après nous : les femmes trans sont des femmes. » J.K Rowling a commenté d’un laconique et franc « Non. »
 
 
Interpellée par un internaute sur le fait que ce commentaire lui vaudrait deux ans de prison en cas d’adoption de la loi proposée par les Travaillistes britanniques visant à transformer les propos transphobes en crime de haine, elle a répondu : « Je ferai avec plaisir deux ans de prison si l’autre option est de devoir prononcer des termes faux qui nient la réalité et l’importance du sexe [biologique]. Traînez-moi en justice. Je m’amuserai plus que je ne l’ai jamais fait sur un tapis rouge. » 
 

Favori dans les sondages pour les élections législatives prévues début 2025, le Parti travailliste britannique prévoit notamment de durcir les peines pour les personnes qui utiliseraient volontairement les mauvais pronoms pour désigner les personnes trans.

Les travaillistes ont remporté deux partielles mercredi 18 octobre de façon décisive. La circonscription parlementaire nationale du Mid Bedfordshire a toujours élu des députés conservateurs depuis les élections générales de 1931. Cependant, un changement historique s’est produit ce soir lorsque le parti travailliste a remporté la victoire dans la circonscription par 3 % alors que les conservateurs l’avaient emporté par une marge de 38 % en 2019. Pour la deuxième circonscription, Tamworth, Sky News rapporte que les résultats qui viennent de tomber montrent « la plus grande majorité jamais renversée » lors d’une élection législative partielle au Royaume-Uni, ajoutant qu’il s’agit du plus grand basculement contre les conservateurs depuis 1945. Lors de l’élection de 2019, les conservateurs avaient plus de 42 % d’avance. Cette fois-ci, les Travaillistes devancent les conservateurs par près de 5 %. La double victoire dans le Mid Bedfordshire et à Tamworth est la première fois depuis 1962 que les travaillistes remportent deux élections partielles le même jour.

Histoire — Relisons Pirenne !

Un imposant volume de la collection « Quarto » réunit les écrits de l’historien médiéviste belge rendu célèbre par son livre « Mahomet et Charlemagne ».

L’historien Henri Pirenne, dans son bureau, à Gand (Belgique), en 1930. La loi du 5 avril 1930 éliminera le français comme langue d’enseignement et imposera le néerlandais. Pirenne, ne parlant pas le néerlandais, dut céder son poste de professeur d’histoire à la fin de l’année universitaire. L’Université de Louvain en terre flamande sera la dernière université à être « flamandisée » en 1968

IL FUT un temps où son nom n’était plus cité qu’avec embarras. À l’époque où Samuel Huntington faisait frémir avec sa thèse sur le « choc des civilisations », il n’était pas bien vu de mentionner Henri Pirenne. Son crime ? Il avait osé affirmer, dans Mahomet et Charlemagne, publié en 1937, que les invasions arabes avaient marqué la fin de l’Europe antique, semblant donner du crédit par avance aux thèses du néoconservateur américain. 

Avant Mahomet, écrivait Pirenne, l’orient et l’occident n’étaient pas franchement divisés. L’Empire romain, qui, de la Syrie à l’Espagne, de la Baltique au Sahara, formait une magnifique unité, n’avait pas été bouleversé fondamentalement par les « invasions » barbares, car les nouveaux conquérants germaniques avaient institué, sur les ruines de l’empire, des monarchies qui, comme celles de Clovis ou des Wisigoths et des Vandales, avaient manifesté une grande révérence à l’égard de la civilisation vaincue. Clovis se fait baptiser et pousse même le zèle jusqu’à demander à être reconnu comme consul et patrice romain par l’empereur romain d’Orient Anastase.

Tout allait changer avec l’arrivée des défenseurs d’Allah au VIIe siècle. Eux n’ont aucun respect pour la romanité, car ils défendent une autre civilisation et un autre dieu. Pirenne résumait : « Tandis que les Germains n’ont rien à opposer au christianisme de l’empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. »

À Pirenne revient l’indéniable mérite d’avoir le premier exploré l’étendue de l’influence islamique dans les premiers siècles du Moyen Âge.

Geneviève Warland et Philippe Sénac
Provenant de la péninsule arabique, ils colonisent au nom d’Allah la rive sud de la Méditerranée, s’installant durablement en Palestine, en Égypte ou en Maurétanie césarienne et tingitane, puis ils franchissent le détroit de Gibraltar et remontent jusqu’au Nord, près de Poitiers, en passant par l’Espagne. 

Loin d’être restée un lac intérieur (le fameux Mare nostrum des Romains), la Méditerranée allait dès lors devenir un obstacle, une « barrière ». Pirenne parle de « cataclysme cosmique ». Le royaume wisigoth s’effondre, le royaume franc résiste de justesse. D’où la phrase célèbre et contestable : « Sans Mahomet, Charlemagne est inconcevable. »

Ce que les Anglo-saxons ont appelé, au regard de sa popularité, « the Pirenne’s thesis », n’est plus aujourd’hui reconnu par la très large majorité de la communauté historique. Elle avait déjà été nuancée dès la publication de ce livre. Un grand historien du Moyen Âge comme Marc Bloch, tout en saluant l’érudition et le style de l’auteur, ne se disait pas tout à fait convaincu par la thèse de Pirenne dans la mesure où, selon lui, Mahomet avait probablement « précipité » l’effondrement de la civilisation antique, mais il ne l’avait pas « créée », constatant avec d’autres que le commerce s’était déjà effondré à l’époque mérovingienne. D’autres historiens affirmeront ensuite que le commerce méditerranéen, qui était déjà en recul depuis la chute de Rome, ne s’effondra pas totalement avec l’arrivée des Arabes puisque certains ports de l’Italie du Sud continuèrent leurs relations avec l’orient. 

Bref, les controverses érudites feront rage, mais l’idée essentielle demeure, et, comme l’écrivent Geneviève Warland et Philippe Sénac, qui codirigent la publication de l’œuvre de Pirenne dans cette édition « Quarto », « à Pirenne revient l’indéniable mérite d’avoir le premier exploré l’étendue de l’influence islamique dans les premiers siècles du Moyen Âge ».

Insistant sur la force de sa reconstruction historique, sur son « don d’évocation hors pair », les auteurs de ce gros volume nous permettent de redécouvrir l’œuvre de Pirenne, ne se limite nullement à cette thèse sur Mahomet et Charlemagne, dont l’auteur avait eu l’intuition dès 1893 et qu’il avait commencé à défendre dans un article savant en 1922 avant d’en rédiger le texte fameux. Pirenne offre aussi à ses lecteurs une formidable histoire de l’Europe qui possède un souffle et un « art de voir », comme dira Marc Bloch, qui fait bien défaut à beaucoup d’historiens d’aujourd’hui. Pirenne [germanophone et familier de l’Allemagne] s’oppose notamment à la vision des historiens allemands et défend une ligne de démarcation entre une Europe de l’Ouest marquée par l’esprit de liberté dès le Moyen Âge, reposant sur un idéal national, et une Europe orientale, germanique, impériale, plus autoritaire et arriérée. Cette tonalité antiallemande paraîtra un peu démodée, mais elle n’est pas si erronée et elle a du souffle. Alors, ne serait-ce que pour le plaisir littéraire, il faut relire Pirenne.

Source : Le Figaro


Histoires de l’Europe 
par Henri Pirenne,
paru le 28 septembre 2023,
chez Gallimard,
à Paris,
dans la collection Quarto,
1504 pp,
ISBN-10 : 2 072 828 341
ISBN-13 : 978-2072828348

Ce volume illustré contient :

  • Histoire de l’Europe 
  • Les Villes du Moyen Âge
  •  Mahomet et Charlemagne Recueils d’articles, discours, essais et journaux sur la méthodologie de l’histoire, autour des « Annales », sur la nation (belge), et sur la Grande Guerre 
  •  « Pirenne, Mahomet, Charlemagne », préface de Philippe Sénac 
  •  Vie & Œuvre.

 

Voir aussi

 « Sans l’islam, l’Empire franc n’aurait sans doute jamais existé »

La chute de Rome a bien eu lieu

Inde : la Cour suprême refuse de reconnaître le mariage homosexuel (mais oui au mariage trans)

Le 17 octobre, la Cour suprême indienne a indiqué ne pas être habilitée à légaliser le mariage homosexuel.

Selon le président de la plus haute juridiction du pays, D.Y. Chandrachud, « il relève du domaine du Parlement et des organes législatifs des États de décider de la loi sur le mariage ». En l’état actuel, la Cour considère que le « droit au mariage homosexuel » n’est pas garanti par la Constitution.

D.Y. Chandrachud a toutefois précisé que l’Inde doit accorder une forme de reconnaissance aux relations entre personnes de même sexe, et les protéger contre toute forme de discrimination.

La Cour a suivi la ligne du gouvernement nationaliste hindou du Premier ministre, Narendra Modi, qui s’oppose à la légalisation du mariage homosexuel. « Toute ingérence dans ce domaine (…) perturberait complètement l’équilibre délicat des lois relatives à la personne dans le pays et les valeurs sociétales acceptées » avait indiqué le Gouvernement dans un mémoire adressé à la Cour. « Vivre ensemble en tant que partenaires et avoir des relations sexuelles entre personnes du même sexe (…) n’est pas comparable au concept de l’unité familiale indienne, composée d’un mari, d’une femme et d’enfants » avait-il précisé.
 
« Je doute que le BJP [Bharatiya Janata Party, la formation de M. Modi au pouvoir] veuille même que la question soit débattue au Parlement, sans parler de l’adoption d’une loi », a commenté Shashi Tharoor, député du Congrès, le principal parti d’opposition, à l’issue de la décision.

La décision unanime d’un banc de cinq juges vient cinq ans après que la Cour a supprimé une interdiction des relations sexuelles homosexuelles datant de l’époque coloniale.

En Asie, seuls Taïwan et le Népal reconnaissent le mariage homosexuel. Le mariage entre personnes de même sexe est légal de jure au Népal, bien qu'il n'y ait pas de législation à l'appui, depuis le 28 juin 2023, conformément à un arrêt de la Cour suprême. Toutefois, malgré l'arrêt de la Cour suprême, un tribunal de Katmandou a rejeté la demande de mariage d'un couple homosexuel le 13 juillet.

Le même jour, la Cour suprême indienne a en revanche autorisé la reconnaissance du mariage pour les couples dont l’un des membres se déclare transgenre, à la condition toutefois qu’ils soient respectivement identifiés comme un « homme » et une « femme ».

"Bien que nous ayons constaté quelques avancées positives en termes de reconnaissance des personnes transgenres vivant dans des unions hétérosexuelles et pouvant se marier en vertu de la loi spéciale sur le mariage ou des lois personnelles existantes, il sera extrêmement difficile de voir cette reconnaissance mise en œuvre sur le terrain", a déclaré Zainab Patel, militante des droits des personnes transgenres et requérante dans l'affaire en question.