mercredi 16 décembre 2015

Œuvres de bienfaisance : les plus religieux donnent le plus, le Québec le moins

En 2013, le montant total des dons versés par les Canadiens à des organismes de bienfaisance ou sans but lucratif s’est établi à 12,8 milliards de dollars, en hausse de 23 % par rapport à 2004.

Les dons des plus grands donateurs, soit les 10 % de donateurs qui versent le plus d’argent au cours d’une année donnée, représentaient 66 % du montant total des dons versés en 2013. La contribution de ces grands donateurs était en hausse et est principalement à l’origine de la croissance du montant total des dons versés de 2004 à 2013.

Les montants les plus importants sont versés à des organismes religieux

À l’instar des années précédentes, les donateurs ont versé en 2013 les sommes totales les plus élevées à des organismes religieux, c’est-à-dire des organismes qui mettent en valeur les croyances religieuses et qui célèbrent des services et des rites religieux.

En 2013, 5,2 milliards de dollars ont été versés à des organismes religieux, ce qui représente 41 % de tous les montants versés par les donateurs au cours de l’année.

Venaient ensuite les organismes du secteur de la santé, qui ont reçu 1,7 milliard de dollars ou 13 % de tous les dons, et ceux fournissant des services sociaux (1,6 milliard de dollars ou 12 % de tous les dons). Les organismes internationaux (1,3 milliard de dollars) et les organismes d’octroi de subventions, de collecte de fonds et de promotion du bénévolat (690 millions de dollars) occupaient les quatrième et cinquième rangs.

Plus un donateur fréquente une église, plus il donne



Les caractéristiques des Canadiens les plus susceptibles d’effectuer un don en argent à des organismes de bienfaisance ou sans but lucratif sont assez bien connues. Il s’agit des femmes, des personnes de 35 ans et plus, celles qui possèdent un niveau de scolarité et un revenu plus élevés ainsi que celles qui sont actives sur le plan religieux.

Plus encore que leur niveau de revenu et leurs autres caractéristiques personnelles, c’est la fréquence de la participation à des activités religieuses qui différenciait le plus les plus grands donateurs des autres donateurs et des non-donateurs. En effet, en 2013, 54 % des plus grands donateurs avaient participé à des activités religieuses au moins une fois par semaine, comparativement à 14 % des autres donateurs et à 8 % des non-donateurs.


Les Québécois versent nettement moins de dons aux organismes de bienfaisance que les autres Canadiens :


Voir aussi

Les athées sont-ils moins altruistes ? ( «ces personnes pratiquantes sont nettement plus enclines à faire des dons à des organismes de bienfaisance et sans but lucratif et à faire des dons nettement plus importants à des organismes religieux et non religieux que ceux qui ne vont pas régulièrement à l'église.»

Les enfants religieux seraient plus heureux

« L’école doit redevenir un lieu qui stimule l’esprit créatif et le bonheur d’exister »

Sous-titre de l’ouvrage :
la trahison de nos enfants
par le système éducatif
Très populaire outre-Rhin, Richard David Precht est un philosophe allemand démontre l’archaïsme du système scolaire occidental... Extraits d’un entretien, avec quelques commentaires.

Votre dernier livre, « Anna, l’école et le bon Dieu » (pas encore traduit en français, couverture ci-contre), utilise les récentes découvertes sur le cerveau pour s’attaquer férocement au système scolaire occidental dont vous dites qu’il « trahit nos enfants »…

— Absolument. Pourquoi diable l’école resterait-elle obstinément étanche à toutes les découvertes des neurocognitivistes, des psychologues du développement, des évolutionnistes, des linguistes, des anthropologues ? Le monde des grandes entreprises est souvent plus éclairé que nos écoles qui continuent à fonctionner, au fond, sur le modèle de la société industrielle, vieux de plus d’un siècle.

Cet archaïsme est conforté par la majorité des parents qui rêvent que leurs enfants soient préparés à une spécialité pointue, rare et rémunératrice. Comme si le monde n’avait pas changé ! Comme si, au fond, il fallait toujours s’adapter au système pyramidal tayloriste qui fabrique des chefs impeccables au sommet et de bons chevaux de trait à la base, alors qu’il s’agit désormais d’inviter tous les enfants à devenir des « créateurs de projets de vie » imaginatifs et autonomes, conviviaux et polyvalents.

Pourquoi dites-vous qu’il faut, non pas réformer, mais révolutionner l’école ?

— Pour au moins deux raisons. Primo, parce que 70 % des métiers qu’exerceront les enfants qui entrent aujourd’hui à l’école n’existent pas encore — d’où la nécessité d’une éducation très différente, beaucoup plus ouverte à l’imagination et à l’intelligence relationnelle, conduisant à épanouir une curiosité polyvalente plutôt qu’une spécialisation de type industriel. Secundo, parce que l’école a perdu son monopole. Jadis, c’était l’endroit où l’enfant apprenait à connaître le monde. Aujourd’hui, nourri d’informations par mille autres biais, l’enfant né dans le numérique ne voit plus du tout l’intérêt d’aller s’enfermer dans ce lieu si peu excitant, qui ne suscite en lui qu’un mortel ennui.

Vous insistez beaucoup sur l’ennui des élèves d’aujourd’hui…

— C’est une aberration. L’enfant est naturellement d’une curiosité inouïe. La structuration de ses réseaux neuronaux fait de lui un « athlète synaptique », comparé à l’adulte. Son enthousiasme pour la nouveauté est considérable et ses capacités d’apprentissage impressionnantes. Or, que lui proposons-nous pour épanouir cette potentialité formidable ? De se forcer à s’intéresser à des matières éloignées de sa vie [Note du carnet : l’exotique, le loin de sa vie peut être très intéressant...], qui le motivent de moins en moins et qu’il voit infiniment mieux traitées ailleurs. À partir de 12 ans, cela devient dramatique. La transmission est censée se dérouler lors de séances appelées « cours » qui durent un peu moins d’une heure (durée décidée par les moines du Moyen-Âge) et auxquelles il doit assister sans bouger. Double absurdité : on sait aujourd’hui que la capacité d’attention d’un enfant (et de beaucoup d’adultes) chute au bout de 20 à 30 minutes ; d’autre part, l’immobilité physique du jeune humain est nocive pour son fonctionnement cortical si elle dépasse un quart d’heure. Bouger est pour lui vital, la ­psycho-neuro-immuno-endocrinologie l’explique bien.

Les Français citent pourtant volontiers l’école allemande, supposée très ouverte aux activités physiques quotidiennes…

— Je suis marié avec une francophone, une Luxembourgeoise déjà mère de trois enfants que j’ai vus grandir dans le système français. Il est clair que c’est le pire de tous, le plus archaïque parce que le plus « mental ». [Note du carnet : nous ne sommes pas d’accord, mais c’est certainement un système qui ne devrait pas être imposé à tous.]  Mais le système allemand ne vaut guère mieux — surtout comparé à celui des Scandinaves, beaucoup plus ouvert sur le ressenti, l’émotionnel, le relationnel. Les enfants allemands s’ennuient autant que les Français à l’école. C’est subjectivement un crime et objectivement un gaspillage que nous n’allons plus pouvoir nous permettre longtemps.

Pourquoi ?

— Les générations à venir vont devoir relever des défis que seule une éducation entièrement repensée leur permettra de relever. Comme le disait déjà le pédagogue visionnaire Wilhelm von Humboldt, fondateur de l’Université de Berlin il y a deux siècles : « Il s’agit surtout d’apprendre à apprendre. » [Critiques de ce concept quand il est appliqué trop tôt, ici et .] De toute façon, les technologies de l’information vont tout révolutionner. Prenez les nouvelles « lunettes Google » qui permettent de se brancher sur le Web tout en faisant autre chose. Une fois miniaturisées et rendues quasi invisibles, ce qui sera bientôt le cas, elles métamorphoseront les examens. Il sera impossible d’empêcher un élève de tricher. Le mot « triche » n’aura d’ailleurs plus de sens. Ni celui d’« examen ». Examens et notes participent de ce que les psychopédagogues de Stanford — Mark Lepper, David Greene et Richard Nisbett — appellent l’« effet corrupteur de la récompense ». Les recherches montrent que le fait d’étudier pour obtenir de bonnes notes et un diplôme, plutôt que par véritable intérêt pour la matière, engendre à long terme des individus à motivation plus fragile. Or, la motivation devient essentielle.

L’autre maître mot est la relation. Ayant accès à la connaissance universelle où qu’ils se trouvent, élèves et étudiants devront développer des qualités relationnelles : savoir naviguer dans la jungle du savoir, se relier à d’autres, monter une équipe, faire preuve de convivialité et de tempérance émotionnelle. Des qualités auxquelles ni l’école française, ni l’école allemande ne les préparent actuellement — alors que l’« intelligence connectée » se développe ailleurs, notamment grâce aux jeux vidéo auxquels des millions de jeunes s’adonnent avec frénésie, sans aucun cadre.

D’après vous, l’avenir se joue-t-il du côté des CLOM et de l’apprentissage en ligne ?

— J’ai bien observé ces réseaux, en particulier la Khan Academy qui a mis en ligne des milliers de cours fort intéressants. C’est surtout excellent pour des matières comme les maths ou la physique. Moins pour l’histoire, la littérature ou la philosophie qui exigent un débat interactif. Mais le gros défaut des CLOM est que, contrairement à ce que s’imaginent certains, ils sont moins démocratiques que l’école.

À quoi ressemblera l’école de demain ?

— Sans motivation, rien n’est possible. Schopenhauer disait : « Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, mais vous ne pouvez pas décider de désirer. » Les élèves d’aujourd’hui n’ont plus de désir. L’école de l’avenir doit avant tout rallumer leur adhésion, et même leur enthousiasme. Rappelons que ce fut le cas jadis — ça l’est encore dans les pays très pauvres où l’école est la seule chance de s’en sortir… et aussi chez nos propres enfants, à la maternelle et à la rigueur à l’école primaire. Mais la motivation chute ensuite dramatiquement. En quelques clics d’ordinateur, un ado reçoit plus d’infos que nos ancêtres pendant toute une vie ! L’école lui semble frustrante et inutile. Que faire ?

Explorant systématiquement toutes les recherches en pédagogie dans le monde, j’ai abouti au système suivant…

D’abord, quelques rares matières fondamentales, peut-être les maths et les langues, pourraient continuer à faire l’objet d’un enseignement classique, mais pris au sein d’un système de « contrats » individuels : dans ces matières, l’élève s’engagerait devant l’école à atteindre un certain niveau à certaines étapes de son parcours sur plusieurs années, libre à lui de le faire au rythme qui lui convient, en accord avec ses accompagnateurs. Vouloir faire avancer tout le monde à la même vitesse est considéré par la plupart des pédagogues comme l’un des gros défauts du système actuel : les enfants plus rapides se trouvent freinés par les plus lents qui, eux, sont humiliés et dégoûtés.

L’essentiel de l’éducation s’organiserait autour de « projets » conçus sur plusieurs mois, voire plusieurs années, regroupant les enfants par goûts, affinités, centres d’intérêt. De petits groupes d’une quinzaine d’élèves s’organiseraient autour de thèmes qui les passionnent. Comme les classes du fameux collège d’Harry Potter !

On pense aux visions de Montessori, Steiner, Freinet…

— De nombreuses pédagogies convergent dans ce sens. Elles supposent toutes des enseignants d’un nouveau genre, davantage pédagogues que spécialistes d’une matière [Nous penchons pour des spécialistes d’une matière pédagogues...]. Car une autre caractéristique de cette révolution serait que les professeurs suivraient leurs élèves pendant plusieurs années. Au lieu de se retrouver toutes les heures face à un enseignant différent qui n’a souvent pas le temps de les connaître, les enfants seraient accompagnés de près par des maîtres s’intéressant à leur parcours personnel à long terme.

L’école doit redevenir un lieu de bon temps, qui stimule l’esprit créatif et le bonheur d’exister.

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Chine — Shanghaï, les meilleurs élèves du monde ? (et pourtant s’amusent-ils ? Ils semblent plutôt animés d’une volonté de s’en sortir, souvent de patriotisme).

Belgique — Pourquoi l’école fait de vos enfants des cancres

L’obligation de scolarisation par l’État est-elle toujours bénéfique ?

Histoire du premier réseau d’écoles publiques aux É.-U. (L’instruction publique est-elle nécessaire ?)

Québec — Réformes éducatives en série sans évaluation ?

La « Khan Academy » maintenant complètement traduite en français

Apprendre à programmer dès l’école primaire ?

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Après un divorce, le niveau de vie chute

L’INSEE (institut de la statistique en France) a publié ce mercredi une étude sur les familles dites monoparentales. Dans son étude, l’INSEE se penche sur l’évolution des familles en France et en Europe. L’institut relève notamment la progression du nombre de familles monoparentales : en France, elles sont passées de 1,2 million en 1999 à 1,6 million en 2011. La plupart du temps, ce sont les mères qui ont la charge des enfants, et, après une séparation, le niveau de vie de ces femmes baisse significativement.

Après une séparation ou un divorce, le niveau de vie des femmes baisse en moyenne de 20 %, contre 3 % pour les hommes. Quand le mari de Juliette l’a quittée il y a huit ans, le quotidien a effectivement été plus difficile. « Avec le crédit de la maison et un salaire un peu au-dessus du SMIC », cette mère de quatre enfants raconte avoir dû faire des efforts. « Pendant un certain temps, on a mangé de la mauvaise qualité, j’achetais le moins cher », admet-elle.

« 40 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, alors que c’est 18 % pour les familles recomposées et 14 % pour les familles traditionnelles », explique Isabelle Robert-Bobée, chef de la division enquêtes et études démographiques à l’INSEE.

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mardi 15 décembre 2015

Québec — Toujours pas de plan pour l'amélioration du français à l'école

Une année complète s’est écoulée depuis la promesse faite par M. Bolduc et le ministère de l’Éducation n’a toujours pas annoncé de stratégie.

L’engagement visant à promouvoir une meilleure maîtrise du français à l’école figure sur la liste des promesses non tenues du gouvernement Couillard.

Disant être conscient des lacunes observées chez les élèves à la fin du secondaire, particulièrement en orthographe et en grammaire, l’ex-ministre de l’Éducation Yves Bolduc s’était engagé publiquement en décembre 2014 à adopter une stratégie destinée à renforcer l’apprentissage du français au primaire et au secondaire, et ce, dès « le début de l’année 2015 ».

Il avait élaboré un plan d’action en cinq axes et entrepris une série de consultations, avant de quitter brusquement la politique en février.

Or une année complète s’est écoulée depuis la promesse faite par M. Bolduc et le ministère de l’Éducation n’a toujours pas annoncé de stratégie.

D’abord réticent, l’ex-ministre Bolduc a accepté de mettre de côté son devoir de réserve pour se porter à la défense du français à l’école. Sans vouloir critiquer ouvertement son successeur, il réaffirme l’importance au Québec de fournir un effort additionnel si l’on veut que les jeunes quittent le secondaire en étant aptes à écrire un texte dans un français de qualité.

« Il y a un travail à faire, vraiment, au niveau scolaire pour renforcer le français chez nos jeunes », a-t-il indiqué récemment en entrevue à La Presse canadienne.

« Le français est la langue qui est prépondérante au Québec [euh, seule langue commune et officielle en théorie !], et c’est important que les gens la maîtrisent », dit celui qui est retourné à la pratique médicale.

M. Bolduc avait soulevé la controverse en août 2014, quand il avait déclaré que les commissions scolaires devaient acheter moins de livres pour compenser les compressions budgétaires imposées par Québec. Certains y ont vu une indifférence inacceptable du ministre à la maîtrise de la lecture, ce qui l’aurait blessé.

Il soutient au contraire que la révision des cours de français avait toujours été pour lui une priorité.

Son successeur, François Blais, a écarté le plan d’action de M. Bolduc. En poste depuis 10 mois, on ne connaît toujours pas ses intentions en ce domaine, et il ne se fixe aucune échéance pour agir. Le milieu de l’éducation ne les connaît pas non plus, car il n’a consulté personne, ont indiqué plusieurs sources issues des regroupements d’enseignants et des syndicats. M. Blais a refusé une demande d’entrevue.

La faiblesse des élèves québécois en français est démontrée et le problème tend à s’accroître d’année en année.

Après 11 années de scolarité, tous les élèves doivent subir une épreuve de français écrit à la fin du secondaire. Même s’ils peuvent consulter un dictionnaire, une grammaire et un recueil de conjugaisons, 27 pour cent d’entre eux n’ont pas réussi le test en 2014. C’est 10 pour cent d’échec de plus qu’en 2009. Si l’on isole les critères de la grammaire et l’orthographe, on constate que cette année-là 45 pour cent ont échoué au test. Pratiquement un sur deux.

Le ministre Blais reconnaît le problème. Le 15 août, il déclarait ceci : « Sur le français au Québec, on ne peut pas faire de concession. Quand on regarde la performance des élèves au Québec en littératie, quand on compare avec le Canada et l’OCDE, aux grands examens internationaux, c’est là qu’on a une faiblesse. »

Dans son discours inaugural, le premier ministre Philippe Couillard avait lui aussi rappelé l’importance d’« insister sur l’apprentissage des langues. Le français qui nous définit comme peuple, l’anglais et les autres langues qui sont des fenêtres sur le monde ». [Euh, le français n’ouvre-t-il pas aussi sur le monde... la francophonie c’est 80 États et pays...] Un des engagements libéraux en campagne électorale consistait à « accentuer la promotion de la qualité du français dès l’école primaire ».

On notera que la mise en place des cours d’anglais intensif pour les élèves québécois francophones a bien eu lieu. Rappelons également que le nombre d’heures consacré à l’étude du français et à l’étude en français a fortement baissé au Québec en trente ans : le nombre d’heures d’études est limité, le triplement du nombre d'heures consacré à l'anglais en 30 ans et la multiplication d’activités et de cours non essentiels surtout au primaire n’améliorent pas les choses.

Voir aussi

Québec — Triplement du nombre d'heures d'anglais en une trentaine d'années

Québec — L’anglais intensif à toute vapeur

Priorité du nouveau ministre : renforcer l'immersion en anglais et la médicamentisation ?

L'État impose plus d'anglais dès le primaire, qu'en dit un linguiste ?

Recul du français comme langue de travail au Québec et à Montréal

Lecture — la catastrophe québécoise

La langue de travail au Québec - Le bilinguisme prend le pas sur le français

Bock-Côté : « à Montréal, les francophones ont droit à un accommodement raisonnable »

Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l'ensemble du Québec

Étude — La testostérone change la structure du cerveau

L’imagerie cérébrale montre qu’une thérapie à base de testostérone a pour effet de changer la structure du cerveau. On sait déjà que l’hormone mâle, la testostérone, exerce une influence significative sur les facultés cognitives et le comportement humain : plus la quantité de testostérone est grande, par exemple, et plus la fluidité verbale diminue. C’est la raison pour laquelle les femmes ont en moyenne une meilleure fluidité verbale que les hommes.

Des chercheurs de l’Université de Vienne et de l’Université d’Amsterdam ont examiné le cerveau de 18 transsexuels féminins désirant se « masculiniser » avant et après le traitement à la testostérone qu’ils ont subi.

L’imagerie cérébrale par résonance magnétique a révélé que, quatre semaines après le traitement, le volume de matière grise des sujets avait diminué dans deux régions précises du cerveau, la zone de Broca et la zone de Wernicke, qui sont directement responsables du traitement du langage, tandis que la matière blanche qui relie ces deux régions avait au contraire augmenté. C’est une preuve supplémentaire du caractère sexué de la distribution des zones du cerveau.

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Le stéréotype de la fluidité verbale

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Le cerveau des femmes est mieux préparé que celui des hommes pour faire face aux défauts génétiques

Boris Cyrulnik : l’école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons

Cerveau masculin et cerveau féminin

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

Étude norvégienne — Plus un homme participe aux tâches ménagères, plus il y a risque de divorce

L’affaire Bruce/Brenda/David Reimer c. la théorie du genre


L'héritage des Carolingiens


Grâce à l’école carolingienne, une partie des textes qui avaient été étudiés dans l’Antiquité est sauvée, une partie, car si nous connaissons près de huit cents noms d’auteurs latins, nous n’avons que cent cinquante œuvres. Les maîtres carolingiens ont fait recopier par les scribes les livres qui leur paraissaient importants pour les classes, ils sont devenus des « classiques » : Virgile, « le père de l’Occident », Horace, Térence, Quintilien, Sénèque, Cicéron, etc. Ainsi sont faits, dès cette époque, des choix d’auteurs, des autorités que tout écolier, tout lettré devaient suivre. Même si une petite partie de l’héritage littéraire romain nous est parvenue ainsi, la dette que l’Occident doit aux lettrés carolingiens est immense. Sur les huit mille manuscrits carolingiens que l’on a dénombrés encore existants, plusieurs milliers concernent les auteurs antiques païens et chrétiens. Sans eux, la culture européenne aurait été tout autre.

Les Carolingiens de la deuxième génération ont été des humanistes. Virgile est admis, comme Cicéron, dans la société des élus. Nous n’avons qu’à reprendre les lettres de Loup de Ferrières pour être convaincus de cette passion des auteurs classiques. Les Carolingiens ont su, selon la belle phrase de Jean Leclercq, « concilier l’amour des lettres et le désir de Dieu ».

D’autre part, l’école carolingienne a sauvé la langue latine. Avant le VIIIe siècle, le latin, libéré de la contrainte scolaire, évoluait rapidement sous une forme de latin vulgaire, latin rustique, ce qui deviendra notre langue romane. Le latin disparaissait, les langues nationales le remplaçaient. La Renaissance carolingienne a donné un coup d’arrêt à cette évolution, en obligeant les lettrés à reprendre les leçons des grammairiens romains. Un poète du IXe siècle ne disait-il pas que Charlemagne avait mis autant d’ardeur à supprimer les incorrections des textes qu’à vaincre ses ennemis sur-le-champ de bataille ? Ainsi, le latin est redevenu un instrument de communication entre les hommes cultivés de l’Occident.

Des nains sur des épaules de géants : Maîtres et élèves au Moyen Âge,
Pierre Riché et Jacques Verger, 2006, Taillandier.



Voir aussi

« Promulgué le 23 mars 789, le capitulaire Admonitio generalis est un texte de 82 articles qui aborde tous les sujets pouvant figurer dans une constitution à la fin de 8e siècle, c’est-à-dire les droits, les obligations et les missions des sujets de Charles dans les domaines religieux, moral et intellectuel ». « Le chapitre 72, spécialement adressé aux prêtres, leur enjoint de respecter les préceptes de l’Évangile, de fonder des écoles où les enfants puissent lire, et de corriger scrupuleusement les textes qu’il s’agit de transcrire avec le plus grand soin »…

Éducation et enseignement à l’époque carolingienne

La Renaissance carolingienne

Les écoles du Palais

Objectivité — Les journalistes font éclater leur joie à la signature de la COP 21 dans la salle de presse



Selon le metteur en ligne de la vidéo : « Les journalistes dans la salle de presse de la COP 21 se soulèvent et applaudissent dans une liesse généralisée à la signature de l’accord. Ces reporters sont les garants d’une information scientifique, sobre, neutre et impartiale... »

On peut, en effet, se demander si c’est là le comportement de reporters qui doivent savoir rester impartiaux quand ils rapportent des événements. Vidéo prise par la journaliste spécialisée en environnement de l’hebdomadaire The Economist de Londres, Miranda Johnson.



L’accord de la COP21 devait-il même susciter une telle liesse parmi les journalistes ?

À voir, la liesse qui s’est emparée de l’assemblée de diplomates, de juristes et de journalistes au moment où Laurent Fabius a validé le texte de l’accord de Paris, on aurait presque regretté d’avoir titré, par anticipation, dans ces colonnes : « La Cop21 accouche d’une souris ». Un tel débordement de joie devait signifier que quelque chose d’historique s’était bien produit. « Je suis beaucoup plus optimiste pour l’humanité que je ne l’étais encore samedi matin », confiait d’ailleurs au Figaro le Dr Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale.

Que trouve-t-on, pourtant, dans cet accord de Paris tellement acclamé dans les médias ? Le souhait d’un réchauffement climatique contenu « bien en deçà de 2 °C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour s’en tenir à cette limite de température, des réductions massives de gaz à effet de serre (GES) devront être décidées. Des scientifiques ont trois ans pour affiner l’équivalence entre le volume de GES et la hausse des températures — un exercice très délicat (hasardeux même) mais sur lequel repose pourtant l’essentiel des calculs et extrapolations du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat). Disposant de cette limite théorique, les pays seraient alors amenés à revoir leur baisser chaque année leur émission de GES — mais seulement à partir de 2023.

Au-delà de ces objectifs, la question de la répartition de l’effort entre les différents pays est restée volontairement floue, celle des 100 milliards de dollars annuels promis aux pays en voie de développement (à partir de 2020) a été placée en annexe pour éviter que, considérée alors comme contraignante, elle soit rejetée par le Sénat américain.

Enfin, comme l’ont relevé nombre de spécialistes, le texte final fait sciemment l’impasse sur des sujets aussi cruciaux que le rôle des océans dans la régulation du climat et de la température, les transports aérien et maritime, les fleuves…

Pourquoi, alors, un tel enthousiasme ?

« Tout l’édifice de la gestion onusienne du climat était fragilisé, explique Philippe Verdier, l’ancien chef du service météorologique de France Télévisions renvoyé pour manque d’enthousiasme dans la foi réchauffiste et désormais employé par la chaîne russe RT France. Il fallait un accord pour éviter qu’il ne s’écroule. Personne n’a quitté la table, l’accord a été obtenu. De ce point de vue là, c’est donc un succès, mais ce n’est pas une surprise. »

Plutôt une condition sine qua non à la survie du système lui-même, dont la feuille de route est désormais tracée. Le texte doit être présenté par Ban Ki-moon au siège de l’ONU, à New York, le 22 avril 2016. Il pourra être ratifié durant un an et entrera en vigueur dès lors que 55 pays comptant pour au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre l’auront ratifié — ce qui peut, là aussi, augurer quelques surprises.

Le texte n’en est-il pas moins valable ?

« La plupart des termes présentés comme des progrès n’en sont pas vraiment, constate Philippe Verdier. C’est le cas de l’objectif des 2 °C, qui était déjà avancé à Copenhague, ou celui du fonds vert de 100 milliards par an qui date de Cancún en 2010. » Une somme jamais réunie depuis, même si la France, pour montrer l’exemple et conforter sa diplomatie, s’est d’ores et déjà engagée pour 5 milliards d’euros. Autre chose : c’est pour obtenir les voix de certains petits pays du Sud — notamment des îles du Pacifique ou de l’océan Indien — que l’objectif de 1,5 °C a été inscrit, provoquant le scepticisme de tous les spécialistes. « C’est totalement illusoire, reprend ainsi Philippe Verdier. Avec les projections de rejets de gaz à effet de serre actuellement disponibles, on est sur une trajectoire bien plus proche des 3 °C » si l’on doit croire les modèles informatiques.

Faut-il cependant regretter que les contraintes restent encore de réputation et ne soient pas nécessairement pourvues de sanctions ? Faut-il regretter que les mots « énergie fossile », ces réalités matérielles qui portent les croissances de la Chine, de l’Inde, du Venezuela ou de l’Arabie Saoudite, aient été soigneusement évités, pour ne fâcher personne ? Qu’aucune date n’ait été avancée pour l’arrêt de l’utilisation du pétrole ? « Parler de neutralité carbone — autant de carbone stocké ou absorbé que de carbone produit — à l’horizon 2050, c’est de toute façon irréalisable », souligne enfin Philippe Verdier.

Dans un autre registre, faut-il regretter les déceptions qui accompagnent ce texte quand elles sont ainsi exprimées : l’accord de Paris « refuse de s’attaquer à la machine à réchauffer la planète que constitue la globalisation économique et financière » (Geneviève Azam, de l’ONG Attac, citée par Libération) ; ou encore : « Le moteur fondamental de la crise climatique, c’est le capitalisme, et la nature même de l’économie extractive » (une ONG américaine) ? Faut-il réellement regretter que la COP21 ne parvienne pas « à sauver la planète », quand on se souvient qu’il paraît hasardeux de lui en laisser les clés ?

lundi 14 décembre 2015

Les femmes auraient peu d'enfants au Japon car elles se marient de moins en moins

La politique familiale a fait son grand retour au Japon au point de devenir l’une des priorités gouvernementales, la quatrième « flèche » des Abenomics. Le sujet était jusqu’alors persona non grata : le natalisme qui avait accompagné la préparation de la Seconde Guerre mondiale avait très mauvaise réputation. Mais alors que le « taux de fécondité » est tombé à 1,42 enfant par femme, très loin de la barre des 2,1 nécessaires pour assurer le renouvellement de la population, Shinzo Abe, le premier ministre, n’a pas hésité, en septembre 2015, à fixer un objectif chiffré. Une première. De même que la Banque du Japon et la BCE se donnent un objectif d’inflation de 2 %, il s’agit donc de retrouver un taux de fécondité de 1,8.
Une entreprise japonaise propose désormais
des « mariages en solo »
quand le prince charmant tarde trop

On croyait tout savoir sur les raisons de la dénatalité nippone, qui a commencé à la fin des années 1970, faisant du Japon un précurseur mondial à cet égard. La densité démographique considérable de l’Archipel, l’exiguïté des appartements, la cherté des études, la difficulté à concilier vie familiale et professionnelle pour les femmes... On avait tendance à oublier la plus essentielle : le mariage est un statut en voie de raréfaction.

Mme Yuriko Koike, représentante à la Diète nippone, le dit sans ambages. « Dans les sondages interrogeant les jeunes Japonais sur le nombre d’enfants qu’ils souhaiteraient avoir, ils répondent 2,02 en moyenne. [Le nombre d’enfants désiré dans nos pays occidentaux est systématiquement supérieur à la descendance réelle.] On s’est donc demandé pourquoi la natalité reste si basse. Après enquêtes et analyses, on a constaté que la principale raison est qu’il n’y a pas assez de lieux de rencontres et que, de ce fait, les hommes et les femmes se marient de moins en moins. Dans les années 1970, il y avait un million de mariages chaque année ; on ne compte aujourd’hui plus que 600 000 nouveaux couples par an. » Or le mariage reste une institution quasi obligée au pays du Soleil-Levant pour fonder une famille. On est aux antipodes de la France, où plus d’un enfant sur deux naît « hors mariage », comme disent les démographes (57,4 % en 2014 selon l’Ined). Au Québec la natalité est basse (1,6 enfant/femme) et la proportion de naissances issues de parents non mariés y est de 63 % en 2014.

Les raisons de ce dépérissement ne sont pas banales. Yuriko Koike en avance deux : « Autrefois, il y avait dans les quartiers des villes des marieuses, des faiseuses de mariages, qui connaissaient les familles et arrangeaient les rencontres. Or, cette pratique a disparu. De même, dans la vie professionnelle, des courtières d’assurances démarchaient les entreprises et allaient de bureau en bureau faisant la connaissance des gens et découvrant des affinités dont elles faisaient part aux intéressés. Or, désormais, les salariés souscrivent de plus en plus leurs polices par Internet. Ces liens personnels ont disparu. » Et de s’étonner que parmi les plus de 50 ans, un homme sur cinq ne se soit jamais marié.

Cette question revêt un tel caractère d’urgence que Yuriko Koike préside, au sein du Parti libéral-démocrate, actuellement au pouvoir, une « association pour encourager le mariage ». Mais pourquoi les gouvernements n’ont-ils pris conscience que tout récemment du problème de dénatalité alors que son déclin date de 1977 ? « Quand on fait chauffer l’eau très progressivement, la grenouille ne s’en aperçoit pas et finit par cuire, alors qu’elle aurait sursauté si on l’avait directement plongée dans l’eau bouillante. »

Pour sa part, le vieillissement ultrarapide (à peine un quart de siècle pour que les plus de 65 ans passent de 15 % à 25 % de la population) a suscité une réponse rapide des pouvoirs publics. Au point que les crédits budgétaires [pour les anciens] sont environ cent fois supérieurs aux aides à la famille : « Les personnes âgées sont de fidèles électeurs ! » ajoute la sémillante représentante du 10e district électoral de Tokyo.

Place aux jeunes : le Parlement discute en ce moment de l’abaissement du droit de vote, qui pourrait être ramené de 20 à 18 ans en juillet 2016, à l’occasion des élections sénatoriales. Autre ardente obligation politique : « marions-les ». Mme Koike n’en démord pas : « Il est certes important d’aider les couples, en construisant des crèches et des écoles, mais pour cela il faut faire augmenter le nombre des mariages. » Elle est une farouche partisane des mesures fiscales actuellement en discussion à la Diète. « Les frais d’accouchement, mais également les frais de mariage, pourraient être déduits des droits de succession à concurrence de 3 millions de yens (23 000 euros), » suggère-t-elle. Tout comme les « entreprises de rencontre » , qu'elles soient réelles ou sur Internet, doivent être encouragées.

Curieusement, la société japonaise rêve du mariage. Une entreprise de Kyoto, l'ancienne ville impériale aux mille jardins, vient d'inventer le mariage en solo : pendant un ou deux jours, les femmes de tout âge peuvent vivre une cérémonie radieuse, en kimono traditionnel ou en robe de mariée occidentale. Les clientes ont en général entre 35 et 60 ans, et pas forcément célibataires : certaines regrettent de ne pas avoir vécu une telle cérémonie lors de leur mariage, faute d'argent ou de temps. Ces simulacres ne sont évidemment pas du goût de Yuriko Koike, dont la devise pourrait être « Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ».

Source : extraits du Figaro, édité

New York — Pas de Noël à l'école...

Cette année, les enfants de l’école 169 du quartier de Brooklyn à New York ne fêteront pas Noël et ne décoreront pas de sapin : à la place, ils participeront à la « fête de la récolte » et aux « festivités hivernales ». La nouvelle directrice Eujin Jaela Kim (ci-contre) est à l’origine de cette décision.

Près de 1 600 enfants étudient dans cette école, dont 95 % sont issus de familles originaires d’Asie et d’Amérique latine. Les enseignants qualifient cette nouveauté de « marque excessive de rectitude politique ».

« Il nous est absolument interdit de prononcer le mot “Noël” ou “Père Noël”. Aucune décoration de sapin sous la forme d’anges ou d’étoiles n’est autorisée, car, figurez-vous, ils représentent un système religieux comme l’étoile de David », a révélé à la presse Mimi Ferrer, présidente de l’Association de parents d’élèves de Brooklyn.

La directrice de l’école n’a pas répondu aux appels des journaux new-yorkais. Par contre, on sait que son adjoint Jose Chaparro avait rédigé il y a un mois des notes de service destinées aux enseignants et aux élèves leur recommandant de dire « fête de la récolte » au lieu de « Action de grâces », et « festivités hivernales » au lieu de Noël.

Jose Chaparro préconisait aussi aux enseignants de « faire preuve de délicatesse envers la diversité et la particularité des familles des élèves ». « Tous les enfants ne célèbrent pas les mêmes fêtes », expliquait-il.

Dans sa dernière directive, le département de l’éducation de Brooklyn a toutefois autorisé d’installer dans les écoles des symboles religieux tels que le sapin de Noël [ce n’est pas un symbole religieux chrétien...], les chandeliers judaïques menora et des étoiles islamiques avec un croissant. Cependant, les images des divinités, des guides spirituels ou des écritures sont interdites.


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dimanche 13 décembre 2015

Laïcité à géométrie variable — Écoliers ontariens chantent un chant musulman fondateur

Une vidéo montrant des écoliers ontariens qui interprètent un chant traditionnel musulman suscite de nombreux commentaires. Elle a été interprétée à l’École secondaire publique De La Salle à Ottawa le 3 décembre, enregistrée par un parent et mise en ligne sur YouTube le 11 décembre avec le titre « Bienvenue au Canada aux réfugiés syriens ».

Ce chant, vieux de plusieurs siècles, serait celui qu’entendit Mahomet « lorsqu’il trouva refuge à Médine ».




Rappelons que la Syrie est un État multiconfessionnel en partie chrétien et druze. Comment devrait se sentir un réfugié chrétien syrien accueilli par un chant musulman ?

Voici la traduction du premier couplet du chant (nachîd) :
La pleine lune s’est levée, de la colline des adieux.
La gratitude s’impose à nous,
Aussi longtemps qu’un prédicateur appellera à Dieu.
Ô toi qui a été envoyé parmi nous !
Tu es venu avec un commandement auquel nous obéirons.
Tu es venu et tu as fait honneur à notre cité.
Sois le bienvenu ! Ô toi le meilleur des prédicateurs !

Selon Souhail Ftouh, avocat au barreau de Tunis, et délégué de l’organisation « Avocats Sans Frontières » pour la Tunisie, le contexte de ce chant est très particulier :
Le choix de ce chant islamique n’est pas innocent.

[...]

Le fait que « Tala `el-badrou`alaynâa » (la pleine lune s’est levée) a été chanté en arabe par des enfants canadiens autochtones démontre que cette initiative a été minutieusement préparée en profitant de l’ignorance des organisateurs occidentaux de la symbolique de ce chant, qui s’inscrit dans le contexte spécifique des débuts de l’Islam.

Dans le texte qui accompagne la vidéo sur YouTube, il est prétendu que ce chant avait accueilli Mahomet comme réfugié à Yathrib (future Médine).

Le 23 juin 622, à Aqaba, sur les bords de la mer Rouge, les représentants de Yathrib (une ville préislamique à 400 kilomètres au nord de La Mecque) signent avec Mahomet un pacte officiel de soumission et acceptent d’accueillir les disciples mecquois, au total 70 personnes. Peu après, le prophète s’installe à Médine en compagnie de son compagnon de guerre Abou Bakr, pour fonder les bases du premier État islamique de l’histoire.

À la suite de l’installation du prophète, Yathrib prend le nom de Medinat an-Nabi (« la ville du Prophète ») — Médine en français. Mahomet aménage, sans attendre, un lieu de prière ou mosquée (en arabe masjid) en son centre.

Depuis une décision du premier calife, Omar, l’année de l’Hégire marque le début officiel de l’islam, la nouvelle religion dont Mahomet a jeté les bases. Le nom de cette religion et celui de ses fidèles viennent d’une expression arabe qui signifie : « soumission à Dieu ».

[...]

Il n’y a donc, en principe, aucune similitude entre l’arrivée des réfugiés syriens au Canada et l’arrivée d’un conquérant pour établir un Califat et une nouvelle religion à Médine.

Le choix de ce chant historique n’a aucune raison d’être dans le contexte canadien. Mais pour les auditeurs musulmans, en tout cas, ce chant évoque indiscutablement la soumission de celui qui accueille.

On apprend par ailleurs qu’il s’agit d’une adaptation de la chanson traditionnelle et que la nachîd a été arrangée par la compositrice canadienne Laura Hawley. « La chanson a été rebaptisée Alhamdoulillah » (Dieu merci en arabe), a déclaré le directeur de la chorale Robert Filion. La chorale l’a interprétée lors d’un festival appelé « Les Choralies à De La Salle ».

Filion a déclaré que la chanson était sa tentative de valoriser la diversité culturelle et l’inclusion et qu’elle n’avait pas été prévue à l’origine pour les réfugiés syriens. En quoi un chant musulman est-il « inclusif » pour les Syriens chrétiens ? Comment expliquer un chant religieux musulman à l'école quand on bannit la dimension religieuse de Noël parce que cela ne serait pas assez inclusif ? (Voir aussi l'abandon de la crèche sous le sapin à l'Hôpital d'Ottawa suite à des plaintes de « membres de communautés culturelles » non précisées).