vendredi 26 septembre 2014

Les dessous de la réussite finlandaise

Le journaliste de La Presse de Montréal, Francis Vailles, se penche sur l'école finlandaise. La Finlande, une nation dont les parallèles avec le Québec seraient assez frappants selon La Presse.

Élèves finlandais
« L'enseignante Jaana Marin lit les phrases en anglais projetées sur le tableau. Les élèves répètent docilement. Ils sont tout aussi réservés lorsqu'ils répondent aux questions ou travaillent en équipe avec une tablette iPad.

Le calme de cette classe d'élèves de 15 ans aux cheveux presque tous blonds est étonnant. Ma présence y est sûrement pour quelque chose. Pourtant, pendant le dîner à la cafétéria, une demi-heure plus tôt, les 200 élèves présents n'étaient guère plus dissipés.

Est-ce l'une des raisons qui expliquent le succès du système d'éducation finlandais, vanté partout ? »

Plusieurs observateurs avaient déjà noté ces différences entre les élèves et les valeurs de la société finlandaise et la société multiculturelle, moderne de nos contrées :
« La culture de discipline de la population finlandaise la démarque en effet des autres sociétés nordiques. La Finlande a toujours été un pays frontière entre l’est et l’ouest. La naissance de la nation finlandaise a été réalisée sous l’Empire russe au XIXe siècle. D’où la présence d’éléments de l’est un peu partout en Finlande qui ne rend pas paradoxale sa situation aux côtés de la Corée et du Japon dans les comparaisons internationales. Mais encore, le passage très rapide d’une société agricole à une société industrielle, puis postindustrielle, rend compte du caractère particulier de l’État providence finlandais : d’un coté industriel et individualiste, de l’autre agraire et collectiviste. La culture finnoise connaît, pour ces raisons, un caractère discipliné et un esprit collectif forts.

[...]

Les enseignants sont décrits comme pédagogiquement conservateurs, en dépit du tournant progressiste pris par la philosophie scolaire finlandaise dans les années 1980s. En 1996, un rapport britannique a révélé le caractère traditionnel de l’organisation de l’enseignement dans les écoles malgré la réforme du curriculum. Ce dernier était dans la majorité des cas de type frontal (voir relation frontale), destiné à toute la classe avec peu de formes individualisées, « centrées sur l’élève ». [Note du carnet : Bref, les profs ne sont pas de gentils animateurs contrairement au Québec, ils enseignent surtout à l'ancienne, en maîtres.]

[...]

Il n’y a pas de « miracle » finlandais conclut Simola : le modèle d’élève décrit dans PISA 2000, très fortement orienté vers le futur, semble reposer en Finlande largement sur le passé, un monde en train de disparaître, une société préindustrielle et agraire, une éthique d’obéissance peut-être la plus forte parmi les sociétés européennes. La réforme de l’école unique pédagogiquement progressiste a par ailleurs été véhiculée en Finlande par des professeurs plutôt conservateurs, avec des résultats plus satisfaisants qu’ailleurs. »
et encore
« Autre paradoxe finlandais : la revendication de valeurs morales et religieuses fortes, et affichées dans les discours, dans les programmes et jusque dans les salles de classe (où il n’est pas rare de voir des icônes), et parallèlement une très grande tolérance. Rien d’étouffant ni de contraint dans l’éthique finlandaise, mais au contraire le sentiment que l’affirmation de ces valeurs a essentiellement pour but de favoriser l’épanouissement de la personne. » (Voir billet)
Francis Vailles poursuit :

 « La Finlande est devenue le point de mire du monde, il y a 15 ans, lors des premiers tests internationaux de langue et de mathématiques qu'ont passés les élèves de 15 ans (PISA). Depuis, la Finlande termine toujours parmi les premiers, elle dont les écoles sont pratiquement toutes publiques.

Ces résultats ont incité les autorités à faire la promotion de leur système dans le monde, faisant même payer les touristes pour visiter leurs écoles. La marchandisation irrite certains experts finlandais, pour qui les résultats de PISA ne montrent qu'une facette de la réalité.

Ainsi, en Finlande, l'écart entre les résultats des garçons et des filles est l'un des plus grands des pays industrialisés, les immigrés sont plus nombreux à décrocher qu'ailleurs et une bonne part des écoles des grandes villes du Sud, où vivent les mieux nantis, est nettement plus forte qu'en région.

« Une directrice d'école s'est même fait demander par un parent combien il y avait d'enfants immigrés à son établissement », s'insurge Fred Dervin, professeur à la faculté d'éducation de l'Université de Helsinki.

[Sur la faible immigration en Finlande lire : Finlande — Immigration à 2 % dont beaucoup de Caréliens]

Pour prendre le pouls, je me suis rendu à l'école de Vääksy, petite ville située à deux heures au nord de Helsinki, au milieu de lacs et de forêts. [...]

Contact en direct avec les parents

La première chose qui m'a frappé, c'est l'abondance de ressources. Il n'y a que 20 à 24 élèves par classe pour les groupes de 13-15 ans, contre 28 au Québec. Et oubliez la polyvalente bétonnée: l'école lumineuse compte seulement 300 élèves de 13 à 15 ans, ce qui est typique en Finlande.

Les professeurs disposent chacun d'un ordinateur portable dernier cri. L'école est aussi dotée d'un logiciel qui permet aux enseignants de communiquer efficacement avec les parents par internet. Tout y est transmis, en temps réel: absence, comportement en classe, résultats d'examens, etc.

Cet après-midi-là, Jaana Marin a eu bien besoin de recourir au système. Six élèves étaient absents de son cours, ce qui est peut-être un signe du plus grand nombre d'enfants à problèmes qu'ailleurs.

L'école de Vääksy a une petite classe d'enfants qui ont des troubles (autisme, etc.) et une autre avec des handicaps physiques. Ils sont mêlés aux groupes ordinaires, mais pas à plein temps, explique la directrice adjointe de l'école, Sari Puputti.

Dans la section des petits (12 ans et moins), les chaises sont munies de roues pour réduire le bruit et tous se promènent « en pieds de bas », même le directeur !

Garderie: 20 $ par jour

Autre particularité: tout y est gratuit, même les dîners. Les parents d'enfants d'âge préscolaire n'ont toutefois pas cette chance, puisque les tarifs de garderie atteignent jusqu'à 20 $ par jour (7 $ au Québec) et varient selon le revenu familial. Seules les familles ayant des revenus annuels de moins de 42 000 $ ne paient pas. Tiens, tiens...

[Pas de notes avant le lycée]

Durant la formation de base obligatoire (1re à 9e année), le système éducatif finlandais prend soin de ne pas comparer les jeunes entre eux, par exemple avec une moyenne de groupe, qui peut démoraliser certains enfants. Par contre, au terme de la 9e année (notre 4e secondaire), il y a carrément un clivage : les meilleurs vont au lycée tandis que les moins forts sont dirigés vers des écoles de métiers.

Les notes de bulletin vont de 4 à 10. La note de passage est de 5, mais il faut une moyenne de 7 pour être admis au lycée (16 à 19 ans), ce qui est le cas de 55 % des élèves finlandais (40 % à Vääksy). Environ 7 % des ados finlandais décrochent avant la fin.

[Sélection à l'université]

En Finlande, les profs doivent tous avoir une maîtrise, et les trois premières années de leur formation universitaire de cinq ans portent sur leur discipline (maths, géographie, langues secondes, etc.). Les études sont gratuites à l'université, mais le taux d'acceptation des candidats à la faculté d'éducation est très faible (5 % contre 12 % en médecine).

Bref, pour le lycée comme pour l'université, le système y semble plus planifié selon les compétences des candidats et les besoins de la société. Un système gratuit, mais qui apparaît plus dirigiste qu'au Québec. Les jeunes critiquent d'ailleurs la longue liste d'attente pour entrer à l'université.

« Il y a un problème majeur d'accès à l'université. La Finlande n'a pas développé un réseau assez étendu, comme ce fut avec l'Université du Québec il y a quelques années », [prétend] Guy Pelletier, professeur au département d'éducation de l'Université de Sherbrooke, qui a comparé les deux systèmes. [Note du carnet : en quoi le système québécois est-il une référence ? N'y a-t-il pas pléthore de formations et de diplômes peu demandés ?]

Les Finlandais accordent une grande importance à l'éducation et vouent un profond respect aux enseignants. Signe de ce respect, les parents acceptent bien les notes de bulletin attribuées aux enfants, me dit Jaana Marin, même si une partie de l'évaluation est basée sur l'observation subjective des enseignants, en plus des examens.

[...]

En somme, un système d'éducation à l'image de la société finlandaise: moderne, efficace, égalitaire, respectueux des règles, mais réservé. »

[Notons que le journaliste n'ose pas dire « conservateur, discipliné, centré sur le respect dû au maître, à pédagogie souvent traditionnelle »...]


Comparaison Québec-Finlande
FinlandeQuébecCanadaÉtats-UnisOCDE
Taux d'obtention d'un
diplôme secondaire (2010)
93 % 
88 % 
85 % 
77 % 
84 % 
Test de math, ados de 15 ans
(2012, note sur 650)
519 
536 
518 
481 
494 
Test de lecture, ados de 15 ans
(2012, note sur 650)
524 
520 
523 
498 
496 
Salaires maximums des enseignants 
($ américains PPA, 2011)
 45 900 $ 
 54 865 $ 
 56 569 $ 
 56 303 $ 
 50 119 $ 

Source: ministère de l'Éducation du Québec, OCDE, Conseil des ministres de l'Éducation, et PISA

Ces chiffres sont quelque peu trompeurs. Le diplôme secondaire s'obtient un an plus tôt au Québec que dans la plupart des pays occidentaux. En France, par exemple il n'y a qu'un diplôme à la fin du lycée, après 12 ans de scolarité, c'est le bac, l'équivalent du D.E.C. (cégep) québécois !

Voir aussi

Les traits du système finlandais que copie l'étranger n'expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes

Finlande — Valeurs religieuses et morales fortes revendiquées à l'école, présence d'icônes en classe

Nathalie Bulle sur le modèle finlandais et les tests PISA

Finlande — Immigration à 2 % dont beaucoup de Caréliens

Les écoles privées du Québec écoperont...

Québec entend revoir à la baisse les subventions versées aux écoles privées. La coupe serait au minimum de 50 %. Ces écoles sont financées à 60 % par l'État, croyait-on, mais un comité de travail a plutôt conclu le printemps dernier qu'elles le seraient à hauteur de 75 %. Ce comité, présidé par Pauline Champoux-Lesage - ancienne sous-ministre à l'Éducation et ex-protectrice du citoyen - a recommandé au gouvernement de revoir les règles de financement. Selon les informations obtenues par La Presse de Montréal, le gouvernement Couillard prépare la création d'un ordre professionnel des enseignants, un dossier qui fait l'objet d'un débat. Autre mesure susceptible de soulever la controverse : il envisage de réduire le nombre d'épreuves ministérielles, ces tests obligatoires en français et en mathématiques par exemple.


Le gouvernement Couillard a élaboré des scénarios afin de réduire les coûts au ministère de l'Éducation. Il n'a pas encore tranché, mais ces scénarios sont suffisamment avancés pour être pris au sérieux, a-t-on indiqué à La Presse. Ainsi, l'abolition pure et simple des commissions scolaires est dans les cartons. La seule autre option étudiée est de faire passer leur nombre de 72 à 46. Québec a déjà préparé des cartes délimitant les nouvelles frontières. Le gouvernement Marois, qui avait les mêmes intentions que les libéraux, calculait que la fusion de commissions scolaires pourrait engendrer des économies de 125 millions de dollars.


Québec envisage également de transférer certains pouvoirs des commissions scolaires aux municipalités et aux MRC. Il s'agit du transport scolaire et de la gestion des infrastructures, par exemple. La Fédération québécoise des municipalités (FQM) réclame d'ailleurs ces pouvoirs dans un document sur la décentralisation qu'elle vient de transmettre au gouvernement. « Cela permettrait une meilleure utilisation des locaux et des équipements. À cet élément indissociable de l'occupation dynamique du territoire s'ajoutent des arguments d'équité et de maximisation des ressources », peut-on lire dans Un gouvernement de proximité. Selon elle, « certains territoires seraient prêts à faire l'expérience de l'exercice de cette compétence et il apparaît pertinent de pousser la réflexion plus loin en s'inspirant des modèles existants ailleurs dans le monde, notamment en France ». Dans ce pays, les communes, les départements et les régions ont obtenu des responsabilités dans la gestion du réseau scolaire à la suite d'une décentralisation.

Le printemps dernier, les maires de Montréal et de Québec, Denis Coderre et Régis Labeaume, ont rendu public un document dans lequel ils demandent au gouvernement d'avoir des compétences en éducation, entre autres. Ils se retrouveront d'ailleurs aux côtés du président de la FQM, Richard Lehoux, aujourd'hui, pour une conférence de presse portant sur leur demande de transfert de pouvoirs. Denis Coderre et Régis Labeaume réclament non seulement d'obtenir la gestion des immeubles mais aussi celle de la taxe scolaire. « Un débat existe sur le rôle des commissions scolaires que certains voudraient voir éliminées. Une solution difficile à appliquer si on ne confie pas à d'autres les activités centrales que les écoles ne peuvent pas assumer, comme le bâtiment ou la gestion fiscale. La toile de fond de ce débat est l'échec de la démocratie scolaire, qui fait que les dirigeants de la plupart des commissions scolaires ont une légitimité fragile. Assez pour croire que les élus municipaux, qui incarnent la seule démocratie locale fonctionnelle, pourraient prendre le relais », peut-on lire dans Un nouveau pacte pour les grandes villes. En juin, un comité de travail a recommandé au gouvernement de fixer un taux unique de taxe scolaire pour l'ensemble du Québec. Le gouvernement Couillard privilégie plutôt un taux unique pour chaque région, selon ce qu'a appris La Presse.




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mardi 23 septembre 2014

France : reportage sur les méthodes d'apprentissage de la lecture.

« Education : la lecture, quelle [sic] apprentissage ? », c'est le titre d'un reportage de France 2 diffusé ce lundi 15 septembre au journal de 20 heures. La conclusion scientifique selon la chaîne publique : la méthode traditionnelle syllabique est nettement plus efficace que les méthodes globales et semi-globales privilégiées par l'Éducation nationale.



Voir le reportage.






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Les premières cohortes de la réforme seraient plus faibles en mathématiques

Alors que le Québec se targue d'obtenir de bons résultats aux examens internationaux de mathématiques, une étude réalisée par des économistes québécois vient jeter un pavé dans la mare. Les premières cohortes d'élèves, en particulier les plus faibles, concluent-ils, ont pâti de la réforme en mathématiques lancée en 2000, du moins du point de vue des procédures mathématiques (calcul, algèbre linéaire simple, etc.). « Tout nous porte à croire que la réforme a été porteuse d'impacts négatifs sur les compétences mathématiques », peut-on lire dans cette étude signée Catherine Haeck, Pierre Lefebvre et Philip Merrigan, qui vient d'être publiée dans l'Economics of Education Review.

Les chercheurs ont constaté que la réforme a eu des effets négatifs sur les résultats des élèves sur la répartition de toutes les compétences et que, plus l'exposition à la réforme était longue, plus les effets négatifs étaient plus importants.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont penchés sur des tests administrés par Statistique Canada, de même que sur les examens TIMMS administrés dans toutes les provinces canadiennes. Les résultats des enfants ayant commencé l'école en 1re année entre 1999 et 2005 ont été scrutés à la loupe tout au long de leur parcours scolaire jusqu'en 2011. Ce faisant, les chercheurs ont constaté à titre d'exemple que les résultats aux tests de Statistique Canada des élèves de 5e et 6e année de 2004 étaient inférieurs de 4 % à ceux des élèves de 5e et 6e année de 2000. Une fois arrivés en 1re et 2e secondaire, ces mêmes élèves avaient des notes inférieures de 6,6 % par rapport aux élèves de 1re et 2e secondaire de 2004 et inférieures de 4,5 % par rapport à ceux de 2002. Les résultats du test TIMSS ont donné des baisses comparables. Ce qui est particulièrement troublant pour les chercheurs, c'est que la réforme, constatent-ils, a tout particulièrement touché les élèves les plus faibles de l'école primaire. Au secondaire, elle n'aurait vraiment réussi qu'aux premiers de classe.

Période d'ajustement ?

Cela ne signifie pas qu'il faille jeter la réforme en pâture et encore moins qu'il faille douter des compétences des enseignants en mathématiques, prévient Catherine Haeck. « Sans doute y a-t-il eu des ajustements par la suite, mais il serait bon, quand on se lance dans une réforme de cette importance, d'y aller prudemment, progressivement. »

Interrogée par la Presse, Hélène Paradis, responsable des programmes de mathématiques au monopole de l'Éducation, admet qu'il y a certainement eu une nécessaire période d'ajustement. N'empêche, aujourd'hui, signale-t-elle, les Québécois arrivent en tête de toutes les provinces canadiennes en mathématiques.

Dans l'étude TIMMS de 2011, administrée en 4e primaire, les élèves Québécois ont une place honorable mais nullement exceptionnelle :
PaysNote
Singapour606
Corée, rép. de605
Hong Kong RAS602
Formose (Taïpei)591
Japon585
Irlande du Nord562
Caroline du Nord554
Belgique (Flandre)549
Finlande545
Angleterre542
Fédération de Russie542
États-Unis541
Pays-Bas540
Danemark537
Lithuanie534
Québec533
Portugal532
Allemagne528
Ontario518


Avec la réforme, poursuit Mme Paradis, l'accent a beaucoup été mis sur la résolution de problèmes et non pas sur la mémorisation de tables de multiplication, par exemple, « ce qui n'empêche pas que les élèves doivent les connaître aussi». Stéphane Cyr, professeur de didactique des mathématiques à l'UQAM, croit, comme le démontre l'étude, que les premières cohortes d'une réforme « sont un peu des cobayes ». « Il y a eu des problèmes logistiques dans le lancement de la réforme, il n'y a pas eu d'école pilote et certains élèves en ont sûrement souffert. »

Voir aussi

Québec — L'apprentissage des tables de multiplication repoussé de deux ans





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vendredi 19 septembre 2014

Ces retraités américains qui n'ont pas fini de rembourser leurs prêts... étudiants

« Aux États-Unis, la dette étudiante des 65 ans et plus a atteint en 2013 quelque 18,2 milliards de dollars, contre 2,8 milliards en 2005. Difficile de rembourser une éducation extrêmement coûteuse aux Etats-Unis, y compris pour les personnes âgées, dont certaines n'ont toujours pas fini de payer leurs prêts étudiants et voient désormais leurs retraites ponctionnées par l'État, qui veut récupérer son argent. […] Cette dette a rapidement grossi depuis 2005, où elle n'était encore pour cette tranche d'âge "que" de 2,8 milliards de dollars, souligne le GAO. La plupart de ces personnes âgées ont emprunté pour rembourser leur propre éducation, pas même celle de leurs enfants ou de leurs petits-enfants, et beaucoup peinent encore à rembourser leurs prêts. Ainsi, dans plus de la moitié des cas, les individus de plus de 75 ans font défaut sur le remboursement de leur prêt, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas effectué de paiement depuis au moins 270 jours. »




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lundi 15 septembre 2014

Convocation de la CLÉ à une assemblée générale

 La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) convoque ses sympathisants à une assemblée.
« Cher sympathisant,

Notre campagne de financement étant terminée, nous aimerions vous inviter personnellement à participer à la prochaine assemblée générale de la CLÉ.

Cette réunion aura pour but de dresser un bilan de nos actions, d’échanger de l’information et de parler des futures activités de la CLÉ. Depuis plusieurs années déjà, plusieurs personnes se sont impliquées dans la coalition pour la défense du droit des parents pour leurs enfants dans le milieu scolaire. Il est important de permettre un renouvellement du personnel de la CLÉ. Ces nouvelles personnes sauront apporter leurs idées et leur énergie. Il faut continuer à représenter les parents et protéger leurs droits dans l’éducation de leurs enfants. Rôle crucial que s’est assigné la CLÉ depuis sa fondation. L’implication des parents est essentielle à cette défense commune. C’est pourquoi nous comptons sur votre présence lors de cette assemblée générale extraordinaire de la Coalition pour la liberté en éducation. Venez vous faire entendre, partagez vos attentes, prenez connaissance de toute l’information nécessaire afin de réunir nos forces et défendre vos droits de premiers éducateurs de vos enfants.

Voici les détails de la réunion :

Date : samedi le 27 septembre 2014

Heure : 13 h à 17 h

Lieu : Restaurant Ti-Père B.B.Q. – salle privée au 2e étage (accès aussi par le côté de la bâtisse)

2995, boulevard Laframboise, St-Hyacinthe, QC, J2S 4Z3

Sortie 130 de l’autoroute 20, direction centre-ville

Il est important de confirmer votre présence à marthe-sylvain@cooptel.qc.ca ou par téléphone au 450-532-5606, avant le 25 septembre 2014.

Sylvain Lamontagne

Président de la Coalition pour la liberté en éducation

RSVP à l'adresse indiquée.




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samedi 13 septembre 2014

La « Khan Academy » maintenant complètement traduite en français

Depuis début septembre, Bibliothèques sans frontières, avec le soutien de la Fondation Orange, propose aux élèves et enseignants francophones du monde entier une nouvelle plateforme numérique d’éducation : la Khan Academy (en « chinois » dans le texte).

Imaginée en 2006 par l’Américain Salman Khan, cette plateforme internet offre gratuitement des cours de soutien personnalisés interactifs en vidéo à 10 millions d’utilisateurs par mois. La Khan Academy, qui jusqu'à présent n'était que très partiellement traduite en français, vient d’être entièrement traduite en français à l’initiative de l’association Bibliothèques sans frontières, cofondée par Jérémy Lachal et par l'historien Patrick Weil, et grâce au soutien financier de la Fondation Orange.

Plus de 3 millions de mots ont été traduits en quelques mois sous la supervision d’un comité scientifique. Les leçons en ligne sont accompagnées d’exercices d’évaluation des compétences, d’outils de suivi pour les enseignants et les parents, et intègrent plus de 2 700 séquences vidéo de 10 minutes couvrant les programmes de maths du CP (1ère année du primaire) à la Terminale (dernière année du cégep), ainsi que des cours de sciences comme la biologie, la physique ou encore la chimie.



Avant tout un soutien scolaire

Un enseignement à distance qui n’a pas vocation à remplacer les cours traditionnels prodigués en classe. Il s’agit avant tout d’un soutien scolaire, jamais un programme en ligne, aussi pertinent soit-il, ne pourra rivaliser avec un professeur, affirme Jérémy Lachal, le directeur de Bibliothèques sans Frontières.

L’association Bibliothèques sans Frontières, compte également apporter les ressources éducatives et pédagogiques de la Khan Academy dans les camps de réfugiés au cœur des zones de conflits, grâce au développement de conteneurs modulables et connectés, comprenant un ensemble d’outils et de services éducatifs, informatifs et culturels qui sont destinés aux populations en situation d’urgence. Les « Ideas Box », c’est leur nom [en français ?], sont déjà déployées au Burundi, dans les camps de réfugiés congolais. L’association prévoit l’implantation prochaine d’autres modules, au Liban et en Jordanie pour les réfugiés syriens scolarisés en français.

Voir aussi

À la maison, l’étudiant suit les cours en vidéo, à l’école les enseignants surveillent les exercices

 

vendredi 12 septembre 2014

Histoire — début septembre 490 av.J.-C., la bataille de Marathon

C'était probablement un 13 septembre - Comment les Athéniens repoussèrent la puissante armée de Darius dans la plaine de Marathon et sauvèrent la Grèce de l'invasion perse.

Arrivée de Phidippidès à Athènes annonçant la victoire de Marathon
par Luc-Olivier Merson, 1869.
On l'a souvent comparée à Valmy, dont le «miracle» donna la victoire aux armées révolutionnaires de Dumouriez et Kellermann sur celle du duc de Brunswick le 20 septembre 1792. Comme elle, le véritable succès de la bataille qui opposa Athéniens et Perses dans la plaine de Marathon en 490 avant J.-C. ne fut pas militaire mais politique.

Depuis son accession au trône, Darius, «le Grand Roi», doit affronter l'agitation des cités grecques d'Asie Mineure, qui veulent se débarrasser du joug des Perses achéménides. Lorsque la révolte éclate ouvertement en 499, deux de leurs consœurs de la Grèce continentale, Athènes et Erétrie, viennent à leur rescousse. Quoique inférieurs en nombre, les coalisés prennent l'avantage sur mer puis sur terre, mettant le feu à Sardes avant d'être vaincus à Ephèse par les troupes de Darius. Malgré le désistement d'Athènes, la révolte se propage dans toute l'Asie Mineure. Mais en 494, Darius parvient à prendre Milet, qu'il brûle en représailles et dont il déporte la population en Mésopotamie.

Les choses n'en restent pas là. Darius rêve désormais de punir l'audacieuse Grèce pour avoir pris le parti des cités rebelles. Erétrie est brûlée en 490 et sa population réduite en esclavage. Reste à régler son compte à Athènes. Sur les conseils du tyran déchu Hippias, les Perses commandés par Datis et Artapherne choisissent de débarquer sur la plaine côtière de Marathon, à près de quarante kilomètres au nord-est d'Athènes. Le plan est ingénieux: il s'agit d'attirer l'armée des Grecs loin de leur cité avant de s'en emparer par la mer.

Commandés par Miltiade, 10.000 hoplites athéniens et 1000 platéens se portent effectivement à leur rencontre. Face aux 20.000 Perses stationnés dans la plaine, ils se postent sur deux collines, autant pour attendre un renfort de Sparte qui ne viendra jamais que pour bloquer les voies terrestres vers Athènes. Au bout de quelques jours, la cavalerie perse commence à embarquer pour Phalère, l'un des trois ports d'Athènes. C'est alors que les hoplites grecs, lourdement armés, s'élancent vers l'arrière perse, en franchissant les huit stades (1480 mètres) à pas rapides pour échapper aux flèches de ses redoutables archers. Trop étiré, leur centre est rapidement enfoncé par l'ennemi. Mais la puissance de leurs ailes fait la différence: ils parviennent à envelopper l'armée perse, qui se disloque.

Il ne reste plus aux Grecs qu'à poursuivre jusqu'à la mer les débris de l'armée perse, qui embarque en hâte au prix de multiples noyades. Le bilan est écrasant: 6400 Perses sont tués pour seulement 192 Grecs. Aussitôt, l'infanterie grecque reprend la route pour Athènes afin de devancer l'ennemi. Après huit heures de marche forcée, les hoplites entrent dans la cité. Arrivée une heure plus tard, la flotte perse renonce à débarquer. Pour modeste qu'elle soit, la victoire grecque met fin à la première guerre médique.

L'autre postérité de Marathon est sportive. Aussitôt leur victoire, les Grecs avaient envoyé un messager à Athènes. Celui-ci franchit en hâte les quelque 42 km qui séparent Marathon de la cité et s'écroula à son arrivée sur l'agora, après avoir eu le temps de dire: «Nous avons gagné.» Traditionnellement appelé Philippidès (ou Phidippidès) depuis Lucien de Samosate (IIe siècle apr.J.-C.), il est nommé Euclée par Plutarque, tandis que, chez Hérodote, notre source principale pour la bataille, Philippidès est le nom du coureur envoyé depuis Athènes demander leur aide aux Spartiates. Son exploit fut alors de 250 km en 36 heures. Quoi qu'il en soit, la première course donna naissance au marathon, inauguré aux Premiers Jeux olympiques de 1896, et la seconde au spartathlon, une course d'ultrafond organisée chaque mois de septembre depuis 1983 entre Athènes et Sparte.

Source




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jeudi 11 septembre 2014

« Non à la hausse des taxes scolaires ! »

La Coalition Avenir Québec a procédé aujourd’hui au lancement de la campagne Ça suffit !

Pour la CAQ, il s'agit d'une campagne unique permettant aux contribuables de manifester leur mécontentement face à l’inaction du ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, de freiner la hausse des taxes scolaires.

Voir le site internet casuffit.org (sans cédille, pourtant les adresses internet avec accents et cédilles sont possibles depuis plusieurs années, voir http://www.pouruneécolelibre.com).

Voir aussi

Syndicats satisfaits : taux du nombre d'élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu'en 2015 (des classes de plus en plus petites, des résultats qui diminuent dans les épreuves internationales)

Dépenser plus en éducation, est-ce la solution ?

Québec — Les coûts de gestion scolaire grimpent plus vite que ceux de l'enseignement

Québec — Dépenses par élève en hausse constante

Lecture — la catastrophe québécoise


Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

PISA 2012 : Canada perd des plumes, Asie en tête, net recul de la Finlande, la France mauvaise élève

Québec — Triplement du nombre d'heures d'anglais en une trentaine d'années

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »
 




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Institut Fraser : les écoles privées du Québec offrent un choix important aux parents

Au moment où les élèves et les enseignants québécois font leur rentrée scolaire, il vaut la peine de s’arrêter un instant pour faire le point sur l’état de l’éducation au Québec.

Il ne fait aucun doute qu’une très bonne éducation est essentielle à la réussite au XXIe siècle. Un diplôme d’école secondaire réduit considérablement le risque de connaître un faible revenu et le chômage.

Pour l'Institut Fraser, le rôle déterminant que joue l’éducation dans la réussite future d’un enfant et sa contribution à la société explique l’importance accordée par les parents et les gouvernements non seulement à l’efficacité du système d’éducation, mais à son dynamisme. À cet égard, il est crucial, d’une part, de soutenir les parents en leur garantissant des choix et la possibilité d’orienter la scolarité de leurs enfants et, d’autre part, de stimuler la concurrence entre les écoles.

Force est de constater, nous rappelle l'Institut, les avantages d’offrir aux parents de tels choix qui favorisent la concurrence entre les écoles. Grâce aux recherches novatrices de Caroline Hoxby au début des années 1990 et aux études publiées par la suite, on s’aperçoit de plus en plus des bienfaits qu’en tirent les élèves, le système d’éducation dans son ensemble (y compris les écoles publiques), l’économie en général, et même les enseignants.

Heureusement, le système d’éducation primaire et secondaire au Canada est relativement bon selon les résultats d'épreuves internationales. Toutefois, on devrait y apporter des améliorations. Non seulement le Canada recule dans le classement international aux enquêtes PISA, mais nous avons encore de grandes difficultés, notamment en ce qui concerne l’éducation des Autochtones et des populations à risque, et les écoles des quartiers défavorisés. Ajoutons un bémol : ces épreuves internationales n'évaluent que des compétences simples, elles n'évaluent pas la culture générale (trop diverse de par le monde) ni des notions complexes en mathématiques et en sciences. Les élèves n'y font pas de dissertation ou de démonstration mathématiques, pas plus qu'ils ne mobilisent des notions complexes comme les intégrales ou le calcul différentiel en mathématiques. Cela explique que certains pays font très bien dans le test PISA (la Finlande par exemple) alors que les universités se plaignent de voir débarquer des études avec un faible bagage mathématique.

La décentralisation du système d’éducation primaire et secondaire au Canada est l’un des principaux facteurs qui contribuent à son succès. En dehors de l’éducation des Autochtones, le gouvernement fédéral ne joue aucun rôle. Les provinces sont donc libres d’essayer différents modèles de financement, de règlementation et de prestation des services dans ce domaine.

Le système d’éducation québécois est unique et fonctionne relativement bien. Contrairement à l’Ontario et aux provinces de l’Atlantique, le Québec s’en remet à des écoles privées dynamiques, qui sont séparées et distinctes du système scolaire public, pour offrir aux parents une bonne partie des choix nécessaires à une éducation efficace. Il faut cependant regretter le manque de liberté pédagogique des écoles québécoises privées.

Un élève québécois sur huit fréquente une école privée : c’est le taux de fréquentation le plus élevé au pays. Selon le classement PISA, les élèves québécois qui fréquentent les écoles privées obtiennent de meilleurs résultats en mathématique que ceux qui fréquentent les écoles publiques.

Les écoles privées proposent une solution de rechange au système public. Ces établissements offrent notamment différentes méthodes d’enseignements (dans certaines limites puisque par exemple le monopole de l'éducation du Québec ne permet pas d'enseigner le programme ECR d'un point de vue catholique). Le Québec et les quatre provinces de l’Ouest offrent du financement aux écoles privées. Cela fait près de cinquante ans que le Québec finance ses écoles privées. Au début, près de 80 % du financement par élève était public alors qu’aujourd’hui il est de l’ordre de 55 à 60 %.

Contrairement à l’Ontario, à la Saskatchewan et à l’Alberta, qui ont des écoles publiques catholiques, le Québec ne propose plus d’enseignement religieux particulier dans les écoles publiques. En Ontario et en Alberta, on trouve également des écoles publiques catholiques francophones. Par ailleurs, le système public québécois ne comporte pas d’écoles à charte entièrement financées par les contribuables, comme c’est le cas en Alberta. Ces écoles se distinguent par le fait qu’elles ont plus d’autonomie et de souplesse pour établir les programmes scolaires, et pour embaucher et licencier les enseignants.

Pour l'Institut Fraser, ce manque relatif de choix au sein du système public par rapport à certaines autres provinces canadiennes rend les écoles privées du Québec d’autant plus importantes. Celles-ci répondent non seulement aux préférences linguistiques, religieuses et en matière de philosophie de l’enseignement des parents québécois, mais contribuent aussi à la bonne performance scolaire globale des élèves québécois.

Le choix des parents en matière d’éducation, qui requiert la concurrence entre établissements scolaires, est un élément incontournable d’un système d’éducation efficace, qui fonctionne bien. On peut cependant en faire plus en s’inspirant des autres provinces canadiennes et d’autres pays. L’amélioration des choix et la concurrence – au sein du système public ainsi qu’entre écoles publiques et indépendantes – sont les facteurs déterminants de la réussite des élèves québécois à l’avenir.

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